
Parīkṣit’s Questions and the Prelude to Kṛṣṇa’s Advent (Earth’s Burden, Viṣṇu’s Order, and Kaṁsa’s Fear)
Après les généalogies des dynasties Sūrya et Candra et de la lignée des Yadu, le Mahārāja Parīkṣit tourne l’entretien vers la Kṛṣṇa-līlā et demande à Śukadeva un récit complet du caractère et des actes de Śrī Kṛṣṇa, de Sa naissance à Son départ. Il présente la hari-kathā comme un remède transmis par la paramparā contre le saṁsāra, et rappelle la grâce salvatrice de Kṛṣṇa—guidant les Pāṇḍava à Kurukṣetra et protégeant Parīkṣit dans le sein maternel de l’arme d’Aśvatthāmā—donnant ainsi une urgence dévotionnelle. Il interroge aussi sur des points précis : le transfert de Balarāma de Devakī à Rohiṇī, le déplacement de Kṛṣṇa vers Vraja, Son séjour à Vṛndāvana/Mathurā, et la question de dharma concernant la mise à mort de Kaṁsa. Śukadeva ouvre alors le contexte de l’avatāra : Bhū-devī, accablée par des souverains démoniaques, s’adresse à Brahmā ; les devas adorent Kṣīrodakaśāyī Viṣṇu à l’Océan de Lait et reçoivent l’ordre de naître dans la dynastie des Yadu. Le récit descend ensuite dans la crise politique de Mathurā : mariage de Devakī, prophétie annonçant que son huitième enfant tuera Kaṁsa, raisonnement de Vasudeva sur la mort et la transmigration, duplicité de Kaṁsa, emprisonnement et meurtre des enfants de Devakī ; il s’achève sur la tyrannie de Kaṁsa, préparant l’apparition de Kṛṣṇa dans la suite des chapitres.
Verse 1
श्रीराजोवाच कथितो वंशविस्तारो भवता सोमसूर्ययो: । राज्ञां चोभयवंश्यानां चरितं परमाद्भुतम् ॥ १ ॥
Le roi Parīkṣit dit : Mon seigneur, tu as décrit en détail l’expansion des dynasties de la lune et du soleil, ainsi que le caractère sublime et merveilleux des rois des deux lignées.
Verse 2
यदोश्च धर्मशीलस्य नितरां मुनिसत्तम । तत्रांशेनावतीर्णस्य विष्णोर्वीर्याणि शंस न: ॥ २ ॥
Ô meilleur des munis, tu as aussi décrit les descendants de Yadu, si fermes dans le dharma. À présent, je t’en prie, raconte-nous les actes glorieux et merveilleux de Bhagavān Viṣṇu—Śrī Kṛṣṇa—descendu dans cette dynastie avec Baladeva, Son expansion plénière.
Verse 3
अवतीर्य यदोर्वंशे भगवान् भूतभावन: । कृतवान् यानि विश्वात्मा तानि नो वद विस्तरात् ॥ ३ ॥
Bhagavān Śrī Kṛṣṇa, l’Âme de l’univers et le purificateur des êtres, descendit dans la dynastie des Yadu ; je t’en prie, raconte-moi en détail Ses actes glorieux et Son caractère, du commencement jusqu’à la fin.
Verse 4
निवृत्ततर्षैरुपगीयमानाद्भवौषधाच्छ्रोत्रमनोऽभिरामात् । क उत्तमश्लोकगुणानुवादात्पुमान् विरज्येत विना पशुघ्नात् ॥ ४ ॥
La glorification d’Uttamaśloka, transmise par la paramparā, est le remède au mal de naître et mourir, et charme l’oreille et l’esprit. Qui cesserait de l’entendre, sinon un boucher ou celui qui tue son propre soi?
Verse 5
पितामहा मे समरेऽमरञ्जयै-र्देवव्रताद्यातिरथैस्तिमिङ्गिलै: । दूरत्ययं कौरवसैन्यसागरंकृत्वातरन् वत्सपदं स्म यत्प्लवा: ॥ ५ ॥ द्रौण्यस्त्रविप्लुष्टमिदं मदङ्गंसन्तानबीजं कुरुपाण्डवानाम् । जुगोप कुक्षिं गत आत्तचक्रोमातुश्च मे य: शरणं गताया: ॥ ६ ॥ वीर्याणि तस्याखिलदेहभाजा-मन्तर्बहि: पूरुषकालरूपै: । प्रयच्छतो मृत्युमुतामृतं चमायामनुष्यस्य वदस्व विद्वन् ॥ ७ ॥
Prenant pour barque les pieds de lotus de Kṛṣṇa, mon grand-père Arjuna et les autres traversèrent l’océan de l’armée Kaurava à Kurukṣetra, où des chefs tels que Bhīṣma ressemblaient à d’énormes poissons prêts à les engloutir ; mais par la miséricorde du Seigneur, ils le franchirent aussi aisément qu’on enjambe l’empreinte d’un veau. Parce que ma mère s’était réfugiée à Ses pieds de lotus, le Seigneur, tenant le Sudarśana-cakra, entra dans son sein et sauva mon corps—dernière semence des Kurus et des Pāṇḍavas—presque consumé par l’arme de feu d’Aśvatthāmā. Ce même Śrī Kṛṣṇa, apparaissant comme homme par Sa māyā, se manifeste au-dedans et au-dehors de tous les êtres incarnés sous la forme du Temps éternel, accordant la délivrance à tous : pour les uns comme une mort implacable, pour les autres comme une vie immortelle. Ô sage, éclaire-moi en décrivant Ses attributs transcendants.
Verse 6
पितामहा मे समरेऽमरञ्जयै-र्देवव्रताद्यातिरथैस्तिमिङ्गिलै: । दूरत्ययं कौरवसैन्यसागरंकृत्वातरन् वत्सपदं स्म यत्प्लवा: ॥ ५ ॥ द्रौण्यस्त्रविप्लुष्टमिदं मदङ्गंसन्तानबीजं कुरुपाण्डवानाम् । जुगोप कुक्षिं गत आत्तचक्रोमातुश्च मे य: शरणं गताया: ॥ ६ ॥ वीर्याणि तस्याखिलदेहभाजा-मन्तर्बहि: पूरुषकालरूपै: । प्रयच्छतो मृत्युमुतामृतं चमायामनुष्यस्य वदस्व विद्वन् ॥ ७ ॥
Prenant pour barque les pieds de lotus de Kṛṣṇa, mon grand-père Arjuna et les autres traversèrent l’océan de l’armée Kaurava à Kurukṣetra, où des chefs tels que Bhīṣma ressemblaient à d’énormes poissons prêts à les engloutir ; mais par la miséricorde du Seigneur, ils le franchirent aussi aisément qu’on enjambe l’empreinte d’un veau. Parce que ma mère s’était réfugiée à Ses pieds de lotus, le Seigneur, tenant le Sudarśana-cakra, entra dans son sein et sauva mon corps—dernière semence des Kurus et des Pāṇḍavas—presque consumé par l’arme de feu d’Aśvatthāmā. Ce même Śrī Kṛṣṇa, apparaissant comme homme par Sa māyā, se manifeste au-dedans et au-dehors de tous les êtres incarnés sous la forme du Temps éternel, accordant la délivrance à tous : pour les uns comme une mort implacable, pour les autres comme une vie immortelle. Ô sage, éclaire-moi en décrivant Ses attributs transcendants.
Verse 7
पितामहा मे समरेऽमरञ्जयै-र्देवव्रताद्यातिरथैस्तिमिङ्गिलै: । दूरत्ययं कौरवसैन्यसागरंकृत्वातरन् वत्सपदं स्म यत्प्लवा: ॥ ५ ॥ द्रौण्यस्त्रविप्लुष्टमिदं मदङ्गंसन्तानबीजं कुरुपाण्डवानाम् । जुगोप कुक्षिं गत आत्तचक्रोमातुश्च मे य: शरणं गताया: ॥ ६ ॥ वीर्याणि तस्याखिलदेहभाजा-मन्तर्बहि: पूरुषकालरूपै: । प्रयच्छतो मृत्युमुतामृतं चमायामनुष्यस्य वदस्व विद्वन् ॥ ७ ॥
Prenant pour barque les pieds de lotus de Kṛṣṇa, mon grand-père Arjuna et les autres traversèrent l’océan de l’armée Kaurava à Kurukṣetra, où des chefs tels que Bhīṣma ressemblaient à d’énormes poissons prêts à les engloutir ; mais par la miséricorde du Seigneur, ils le franchirent aussi aisément qu’on enjambe l’empreinte d’un veau. Parce que ma mère s’était réfugiée à Ses pieds de lotus, le Seigneur, tenant le Sudarśana-cakra, entra dans son sein et sauva mon corps—dernière semence des Kurus et des Pāṇḍavas—presque consumé par l’arme de feu d’Aśvatthāmā. Ce même Śrī Kṛṣṇa, apparaissant comme homme par Sa māyā, se manifeste au-dedans et au-dehors de tous les êtres incarnés sous la forme du Temps éternel, accordant la délivrance à tous : pour les uns comme une mort implacable, pour les autres comme une vie immortelle. Ô sage, éclaire-moi en décrivant Ses attributs transcendants.
Verse 8
रोहिण्यास्तनय: प्रोक्तो राम: सङ्कर्षणस्त्वया । देवक्या गर्भसम्बन्ध: कुतो देहान्तरं विना ॥ ८ ॥
Ô Śukadeva Gosvāmī, tu as déjà expliqué que Saṅkarṣaṇa, du second catur-vyūha, apparut comme Balarāma, fils de Rohiṇī. S’il n’y eut pas de transfert d’un corps à un autre, comment se fait-il qu’il ait d’abord été dans le sein de Devakī puis dans celui de Rohiṇī ? Je t’en prie, éclaire-moi.
Verse 9
कस्मान्मुकुन्दो भगवान् पितुर्गेहाद् व्रजं गत: । क्व वासं ज्ञातिभि: सार्धं कृतवान् सात्वतांपति: ॥ ९ ॥
Pourquoi Mukunda, le Seigneur, quitta-t-Il la maison de Son père Vasudeva pour aller à Vraja, dans la demeure de Nanda ? Et où le Maître des Sātvatas vécut-Il à Vraja avec Ses proches ?
Verse 10
व्रजे वसन् किमकरोन्मधुपुर्यां च केशव: । भ्रातरं चावधीत् कंसं मातुरद्धातदर्हणम् ॥ १० ॥
Lorsque Keśava vécut à Vraja et aussi à Madhupurī (Mathurā), qu’y fit-Il ? Et pourquoi tua-t-Il Kaṁsa, le frère de Sa mère ? Un tel meurtre n’est pas approuvé par les śāstras.
Verse 11
देहं मानुषमाश्रित्य कति वर्षाणि वृष्णिभि: । यदुपुर्यां सहावात्सीत् पत्न्य: कत्यभवन् प्रभो: ॥ ११ ॥
Bien que le Seigneur n’ait pas de corps matériel, Il apparaît comme un homme. Combien d’années vécut-Il avec les descendants de Vṛṣṇi à Yadupurī ? Combien d’épouses prit-Il, et combien d’années demeura-t-Il à Dvārakā ?
Verse 12
एतदन्यच्च सर्वं मे मुने कृष्णविचेष्टितम् । वक्तुमर्हसि सर्वज्ञ श्रद्दधानाय विस्तृतम् ॥ १२ ॥
Ô grand muni, toi qui sais tout de Kṛṣṇa, daigne décrire en détail toutes Ses activités, celles que j’ai demandées et celles que je n’ai pas demandées. Je suis plein de foi et brûle du désir de les entendre.
Verse 13
नैषातिदु:सहा क्षुन्मां त्यक्तोदमपि बाधते । पिबन्तं त्वन्मुखाम्भोजच्युतं हरिकथामृतम् ॥ १३ ॥
Par mon vœu à l’approche de la mort, j’ai renoncé même à l’eau; pourtant, tandis que je bois le nectar de la Hari-kathā s’écoulant du lotus de votre bouche, la faim et la soif, si dures à supporter, ne peuvent m’entraver.
Verse 14
सूत उवाच एवं निशम्य भृगुनन्दन साधुवादंवैयासकि: स भगवानथ विष्णुरातम् । प्रत्यर्च्य कृष्णचरितं कलिकल्मषघ्नंव्याहर्तुमारभत भागवतप्रधान: ॥ १४ ॥
Sūta dit : Ô fils de Bhṛgu, après avoir entendu les questions pieuses du roi Parīkṣit, Śukadeva Gosvāmī—fils de Vyāsa et bhāgavata éminent—honora le roi avec grand respect; puis il commença à exposer les récits de Kṛṣṇa, remède aux souillures de l’âge de Kali.
Verse 15
श्रीशुक उवाच सम्यग्व्यवसिता बुद्धिस्तव राजर्षिसत्तम । वासुदेवकथायां ते यज्जाता नैष्ठिकी रति: ॥ १५ ॥
Śrī Śukadeva dit : Ô meilleur des rois-sages, ton intelligence est solidement établie dans la juste résolution, car en la Vāsudeva-kathā est née en toi une rati ferme et ininterrompue.
Verse 16
वासुदेवकथाप्रश्न: पुरुषांस्त्रीन् पुनाति हि । वक्तारं प्रच्छकं श्रोतृंस्तत्पादसलिलं यथा ॥ १६ ॥
La question sur la Vāsudeva-kathā purifie vraiment trois catégories : l’orateur, celui qui interroge et les auditeurs, tout comme l’eau issue des pieds du Seigneur purifie.
Verse 17
भूमिर्दृप्तनृपव्याजदैत्यानीकशतायुतै: । आक्रान्ता भूरिभारेण ब्रह्माणं शरणं ययौ ॥ १७ ॥
La Terre, accablée par l’immense fardeau de centaines de milliers de phalanges militaires de daityas orgueilleux déguisés en rois, alla chercher refuge auprès de Brahmā.
Verse 18
गौर्भूत्वाश्रुमुखी खिन्ना क्रन्दन्ती करुणं विभो: । उपस्थितान्तिके तस्मै व्यसनं समवोचत ॥ १८ ॥
La Terre-Mère prit la forme d’une vache; accablée, les yeux pleins de larmes, elle sanglota avec compassion, se présenta devant Brahmā et lui exposa son malheur.
Verse 19
ब्रह्मा तदुपधार्याथ सह देवैस्तया सह । जगाम सत्रिनयनस्तीरं क्षीरपयोनिधे: ॥ १९ ॥
Après avoir entendu la détresse de la Terre-Mère, Brahmā, accompagné d’elle, de Śiva et de tous les autres devas, se rendit au rivage de l’Océan de Lait.
Verse 20
तत्र गत्वा जगन्नाथं देवदेवं वृषाकपिम् । पुरुषं पुरुषसूक्तेन उपतस्थे समाहित: ॥ २० ॥
Parvenus au rivage de l’Océan de Lait, les devas adorèrent, l’esprit recueilli, Jagannātha, Devadeva, Vṛṣākapi—le Seigneur Viṣṇu—en récitant les mantras védiques du Puruṣa-sūkta.
Verse 21
गिरं समाधौ गगने समीरितांनिशम्य वेधास्त्रिदशानुवाच ह । गां पौरुषीं मे शृणुतामरा: पुन-र्विधीयतामाशु तथैव मा चिरम् ॥ २१ ॥
En état de transe, Brahmā entendit les paroles de Viṣṇu résonner dans le ciel. Il dit alors aux devas : « Ô dieux, écoutez de moi l’ordre de Kṣīrodakaśāyī Viṣṇu, la Personne Suprême, et exécutez-le avec soin, sans tarder. »
Verse 22
पुरैव पुंसावधृतो धराज्वरोभवद्भिरंशैर्यदुषूपजन्यताम् । स यावदुर्व्या भरमीश्वरेश्वर:स्वकालशक्त्या क्षपयंश्चरेद् भुवि ॥ २२ ॥
Brahmā informa les devas : Avant même que nous présentions notre requête, le Seigneur connaissait déjà la détresse de la terre. Ainsi, tant que le Souverain des souverains parcourra le monde pour alléger le fardeau de la terre par Sa puissance sous la forme du Temps, vous tous devez apparaître comme des portions plénières, naissant comme fils et petits-fils dans la lignée des Yadus.
Verse 23
वसुदेवगृहे साक्षाद् भगवान्पुरुष: पर: । जनिष्यते तत्प्रियार्थं सम्भवन्तु सुरस्त्रिय: ॥ २३ ॥
Dans la demeure de Vasudeva, le Seigneur suprême, Śrī Kṛṣṇa, apparaîtra en personne comme son fils; afin de Lui plaire, que les épouses des devas descendent aussi.
Verse 24
वासुदेवकलानन्त: सहस्रवदन: स्वराट् । अग्रतो भविता देवो हरे: प्रियचिकीर्षया ॥ २४ ॥
La première expansion de Vāsudeva est Ananta, aux mille visages et souverain; pour plaire à Hari, Il apparaîtra d’abord comme Baladeva.
Verse 25
विष्णोर्माया भगवती यया सम्मोहितं जगत् । आदिष्टा प्रभुणांशेन कार्यार्थे सम्भविष्यति ॥ २५ ॥
La puissance du Seigneur, appelée Viṣṇu-māyā, qui envoûte les mondes, apparaîtra sur l’ordre de son Maître, avec ses diverses énergies, afin d’accomplir l’œuvre divine.
Verse 26
श्रीशुक उवाच इत्यादिश्यामरगणान् प्रजापतिपतिर्विभु: । आश्वास्य च महीं गीर्भि: स्वधाम परमं ययौ ॥ २६ ॥
Śukadeva dit : Après avoir ainsi instruit les devas et apaisé la Terre par ses paroles, le puissant Brahmā, maître des Prajāpatis, retourna à sa demeure, Brahmaloka.
Verse 27
शूरसेनो यदुपतिर्मथुरामावसन् पुरीम् । माथुराञ्छूरसेनांश्च विषयान् बुभुजे पुरा ॥ २७ ॥
Autrefois, Śūrasena, chef de la dynastie Yadu, vint demeurer dans la cité de Mathurā; là, il jouit des territoires appelés Māthura et Śūrasena.
Verse 28
राजधानी तत: साभूत्सर्वयादवभूभुजाम् । मथुरा भगवान् यत्र नित्यं सन्निहितो हरि: ॥ २८ ॥
Dès lors, Mathurā devint la capitale de tous les rois de la lignée des Yadu. Là, le Seigneur Hari, Śrī Kṛṣṇa, demeure éternellement; ainsi la cité et le pays de Mathurā sont intimement liés à Lui.
Verse 29
तस्यां तु कर्हिचिच्छौरिर्वसुदेव: कृतोद्वह: । देवक्या सूर्यया सार्धं प्रयाणे रथमारुहत् ॥ २९ ॥
Un jour, Vasudeva, issu de la lignée de Śūra, épousa Devakī. Après les noces, il monta sur son char pour rentrer chez lui avec son épouse nouvellement mariée.
Verse 30
उग्रसेनसुत: कंस: स्वसु: प्रियचिकीर्षया । रश्मीन् हयानां जग्राह रौक्मै रथशतैर्वृत: ॥ ३० ॥
Kaṁsa, fils du roi Ugrasena, voulant plaire à sa sœur Devakī, prit lui-même les rênes des chevaux et devint le cocher. Il était entouré de centaines de chars d’or.
Verse 31
चतु:शतं पारिबर्हं गजानां हेममालिनाम् । अश्वानामयुतं सार्धं रथानां च त्रिषट्शतम् ॥ ३१ ॥ दासीनां सुकुमारीणां द्वे शते समलङ्कृते । दुहित्रे देवक: प्रादाद् याने दुहितृवत्सल: ॥ ३२ ॥
Le roi Devaka, plein d’affection pour sa fille, donna à Devakī, au moment du départ, une dot : quatre cents éléphants ornés de guirlandes d’or, dix mille chevaux, mille huit cents chars, et deux cents jeunes servantes d’une grande beauté, richement parées de bijoux.
Verse 32
चतु:शतं पारिबर्हं गजानां हेममालिनाम् । अश्वानामयुतं सार्धं रथानां च त्रिषट्शतम् ॥ ३१ ॥ दासीनां सुकुमारीणां द्वे शते समलङ्कृते । दुहित्रे देवक: प्रादाद् याने दुहितृवत्सल: ॥ ३२ ॥
Le roi Devaka, plein d’affection pour sa fille, donna à Devakī, au moment du départ, une dot : quatre cents éléphants ornés de guirlandes d’or, dix mille chevaux, mille huit cents chars, et deux cents jeunes servantes d’une grande beauté, richement parées de bijoux.
Verse 33
शङ्खतूर्यमृदङ्गाश्च नेदुर्दुन्दुभय: समम् । प्रयाणप्रक्रमे तात वरवध्वो: सुमङ्गलम् ॥ ३३ ॥
Ô fils bien-aimé, lorsque les mariés furent prêts à partir, les conques, les clairons, les tambours et les timbales résonnèrent tous de concert pour leur départ de bon augure.
Verse 34
पथि प्रग्रहिणं कंसमाभाष्याहाशरीरवाक् । अस्यास्त्वामष्टमो गर्भो हन्ता यां वहसेऽबुध ॥ ३४ ॥
Alors que Kamsa tenait les rênes des chevaux et conduisait le char, une voix incorporelle s'adressa à lui : « Espèce d'imbécile, le huitième enfant de la femme que tu transportes te tuera ! »
Verse 35
इत्युक्त: स खल: पापो भोजानां कुलपांसन: । भगिनीं हन्तुमारब्धं खड्गपाणि: कचेऽग्रहीत् ॥ ३५ ॥
En entendant cela, le méchant Kamsa, la honte de la dynastie Bhoja, saisit sa sœur par les cheveux et leva son épée pour la tuer.
Verse 36
तं जुगुप्सितकर्माणं नृशंसं निरपत्रपम् । वसुदेवो महाभाग उवाच परिसान्त्वयन् ॥ ३६ ॥
Voulant apaiser Kamsa, qui était si cruel et envieux qu'il était sans vergogne prêt à tuer sa sœur, la grande âme Vasudeva lui parla en ces termes.
Verse 37
श्रीवसुदेव उवाच श्लाघनीयगुण: शूरैर्भवान् भोजयशस्कर: । स कथं भगिनीं हन्यात् स्त्रियमुद्वाहपर्वणि ॥ ३७ ॥
Vasudeva dit : Mon cher beau-frère Kamsa, tu es la fierté de la dynastie Bhoja, et les grands héros louent tes qualités. Comment une personne aussi qualifiée que toi pourrait-elle tuer une femme, ta propre sœur, surtout à l'occasion de son mariage ?
Verse 38
मृत्युर्जन्मवतां वीर देहेन सह जायते । अद्य वाब्दशतान्ते वा मृत्युर्वै प्राणिनां ध्रुव: ॥ ३८ ॥
Ô vaillant héros, celui qui naît doit mourir, car la mort naît avec le corps. Qu’elle survienne aujourd’hui ou au terme de cent ans, la mort est certaine pour tout être vivant.
Verse 39
देहे पञ्चत्वमापन्ने देही कर्मानुगोऽवश: । देहान्तरमनुप्राप्य प्राक्तनं त्यजते वपु: ॥ ३९ ॥
Quand ce corps retourne aux cinq éléments, l’âme, soumise au karma, reçoit un autre corps et abandonne l’ancien.
Verse 40
व्रजंस्तिष्ठन् पदैकेन यथैवैकेन गच्छति । यथा तृणजलौकैवं देही कर्मगतिं गत: ॥ ४० ॥
Comme le voyageur pose un pied puis avance avec l’autre, ou comme le ver passe sur une nouvelle feuille et quitte l’ancienne, ainsi l’âme conditionnée, selon son karma, prend appui sur un autre corps et abandonne le précédent.
Verse 41
स्वप्ने यथा पश्यति देहमीदृशंमनोरथेनाभिनिविष्टचेतन: । दृष्टश्रुताभ्यां मनसानुचिन्तयन्प्रपद्यते तत् किमपि ह्यपस्मृति: ॥ ४१ ॥
Comme dans le rêve, l’esprit absorbé par ses désirs, en ruminant ce qu’il a vu et entendu, se voit dans d’autres corps et oublie le présent; de même, par cet oubli, l’âme quitte ce corps et en accepte un autre.
Verse 42
यतो यतो धावति दैवचोदितंमनो विकारात्मकमाप पञ्चसु । गुणेषु मायारचितेषु देह्यसौप्रपद्यमान: सह तेन जायते ॥ ४२ ॥
À l’instant de la mort, l’esprit, poussé par la destinée et fait de fluctuations, court vers les cinq qualités tissées par māyā; l’âme reçoit alors un corps conforme. Le changement de corps vient du vacillement de l’esprit.
Verse 43
ज्योतिर्यथैवोदकपार्थिवेष्वद:समीरवेगानुगतं विभाव्यते । एवं स्वमायारचितेष्वसौ पुमान्गुणेषु रागानुगतो विमुह्यति ॥ ४३ ॥
De même que la clarté de la lune, du soleil et des étoiles, reflétée dans l’huile ou l’eau, paraît tantôt ronde tantôt allongée sous l’agitation du vent, ainsi le jīva, entraîné par les guṇa façonnés par sa propre māyā, s’égare par attachement et ignorance, prenant des formes diverses pour son identité.
Verse 44
तस्मान् कस्यचिद्द्रोहमाचरेत् स तथाविध: । आत्मन: क्षेममन्विच्छन् द्रोग्धुर्वै परतो भयम् ॥ ४४ ॥
Ainsi, qu’on ne commette envers personne ni trahison ni jalousie. Celui qui recherche son propre bien ne doit pas devenir malveillant, car le malveillant vit dans la crainte des ennemis, en cette vie comme dans la suivante.
Verse 45
एषा तवानुजा बाला कृपणा पुत्रिकोपमा । हन्तुं नार्हसि कल्याणीमिमां त्वं दीनवत्सल: ॥ ४५ ॥
Elle est ta sœur cadette, une jeune fille sans défense, semblable à ta propre fille. Toi qui es compatissant envers les malheureux, il ne te sied pas de tuer cette femme vertueuse; protège-la plutôt avec tendresse.
Verse 46
श्रीशुक उवाच एवं स सामभिर्भेदैर्बोध्यमानोऽपि दारुण: । न न्यवर्तत कौरव्य पुरुषादाननुव्रत: ॥ ४६ ॥
Śukadeva poursuivit : Ô le meilleur des Kuru, bien qu’on l’instruisît par des paroles apaisantes et des arguments, le cruel Kaṁsa ne renonça pas, car il suivait la nature des rākṣasas. Il ne se souciait pas du fruit du péché, ni en cette vie ni dans l’autre.
Verse 47
निर्बन्धं तस्य तं ज्ञात्वा विचिन्त्यानकदुन्दुभि: । प्राप्तं कालं प्रतिव्योढुमिदं तत्रान्वपद्यत ॥ ४७ ॥
Voyant que Kaṁsa était déterminé à tuer sa sœur Devakī, Vasudeva (Ānakadundubhi) réfléchit très profondément. Pour parer au danger de mort imminent, il adopta sur-le-champ un autre dessein.
Verse 48
मृत्युर्बुद्धिमतापोह्यो यावद्बुद्धिबलोदयम् । यद्यसौ न निवर्तेत नापराधोऽस्ति देहिन: ॥ ४८ ॥
Tant que demeurent l’intelligence et la force du corps, l’homme avisé doit s’efforcer d’écarter la mort; tel est le devoir de tout être incarné. Mais si, malgré ses efforts, la mort ne se détourne pas, celui qui l’affronte ne commet aucune faute.
Verse 49
प्रदाय मृत्यवे पुत्रान् मोचये कृपणामिमाम् । सुता मे यदि जायेरन् मृत्युर्वा न म्रियेत चेत् ॥ ४९ ॥ विपर्ययो वा किं न स्याद् गतिर्धातुर्दुरत्यया । उपस्थितो निवर्तेत निवृत्त: पुनरापतेत् ॥ ५० ॥
Vasudeva songea : En livrant tous mes fils à Kaṁsa, incarnation de la mort, je sauverai la pauvre Devakī. Peut-être mes fils ne naîtront-ils pas, ou Kaṁsa mourra-t-il avant; ou bien, selon la marche impénétrable du destin, l’un de mes fils le tuera. Pour l’heure, je ferai vœu de les remettre afin que la menace immédiate s’apaise; et si, en son temps, Kaṁsa meurt, je n’aurai plus rien à craindre.
Verse 50
प्रदाय मृत्यवे पुत्रान् मोचये कृपणामिमाम् । सुता मे यदि जायेरन् मृत्युर्वा न म्रियेत चेत् ॥ ४९ ॥ विपर्ययो वा किं न स्याद् गतिर्धातुर्दुरत्यया । उपस्थितो निवर्तेत निवृत्त: पुनरापतेत् ॥ ५० ॥
Vasudeva songea : En livrant tous mes fils à Kaṁsa, incarnation de la mort, je sauverai la pauvre Devakī. Peut-être mes fils ne naîtront-ils pas, ou Kaṁsa mourra-t-il avant; ou bien, selon la marche impénétrable du destin, l’un de mes fils le tuera. Pour l’heure, je ferai vœu de les remettre afin que la menace immédiate s’apaise; et si, en son temps, Kaṁsa meurt, je n’aurai plus rien à craindre.
Verse 51
अग्नेर्यथा दारुवियोगयोगयो-रदृष्टतोऽन्यन्न निमित्तमस्ति । एवं हि जन्तोरपि दुर्विभाव्य:शरीरसंयोगवियोगहेतु: ॥ ५१ ॥
De même qu’un feu, pour une cause invisible, franchit un morceau de bois et embrase le suivant, ainsi agit le destin. Pareillement, la cause par laquelle l’être vivant s’unit à un corps et se sépare d’un autre est difficile à concevoir : il n’en est point d’autre que la destinée cachée.
Verse 52
एवं विमृश्य तं पापं यावदात्मनिदर्शनम् । पूजयामास वै शौरिर्बहुमानपुर:सरम् ॥ ५२ ॥
Après avoir ainsi réfléchi selon la mesure de sa compréhension, Śauri Vasudeva s’approcha du pécheur Kaṁsa avec une grande déférence et lui soumit sa proposition avec respect.
Verse 53
प्रसन्नवदनाम्भोजो नृशंसं निरपत्रपम् । मनसा दूयमानेन विहसन्निदमब्रवीत् ॥ ५३ ॥
Voyant Devakī en danger, l’esprit de Vasudeva brûlait d’angoisse; pourtant, pour plaire à Kaṁsa, cruel, impudent et pécheur, il afficha un sourire et lui parla ainsi.
Verse 54
श्रीवसुदेव उवाच न ह्यस्यास्ते भयं सौम्य यद् वैसाहाशरीरवाक् । पुत्रान् समर्पयिष्येऽस्या यतस्ते भयमुत्थितम् ॥ ५४ ॥
Vasudeva dit : Ô homme au cœur apaisé, tu n’as rien à craindre de ta sœur Devakī à cause de l’oracle invisible entendu; ta peur vient de ses fils. Ainsi, lorsque naîtront les fils d’où s’est levée ta crainte, je te les remettrai tous entre les mains.
Verse 55
श्रीशुक उवाच स्वसुर्वधान्निववृते कंसस्तद्वाक्यसारवित् । वसुदेवोऽपि तं प्रीत: प्रशस्य प्राविशद् गृहम् ॥ ५५ ॥
Śukadeva Gosvāmī poursuivit : Kaṁsa, comprenant la substance des paroles de Vasudeva et ayant pleine foi en elles, renonça à tuer sa sœur. Vasudeva, satisfait de Kaṁsa, l’apaisa davantage par des louanges puis entra dans sa propre demeure.
Verse 56
अथ काल उपावृत्ते देवकी सर्वदेवता । पुत्रान् प्रसुषुवे चाष्टौ कन्यां चैवानुवत्सरम् ॥ ५६ ॥
Puis, au fil du temps, chaque année en son heure, Devakī —mère des devas— enfanta successivement. Ainsi mit-elle au monde huit fils l’un après l’autre, ainsi qu’une fille.
Verse 57
कीर्तिमन्तं प्रथमजं कंसायानकदुन्दुभि: । अर्पयामास कृच्छ्रेण सोऽनृतादतिविह्वल: ॥ ५७ ॥
Craignant de devenir menteur en rompant sa promesse, Vasudeva (Ānakadundubhi) fut profondément bouleversé; ainsi, dans une grande douleur, il remit à Kaṁsa son premier-né, nommé Kīrtimān.
Verse 58
किं दु:सहं नु साधूनां विदुषां किमपेक्षितम् । किमकार्यं कदर्याणां दुस्त्यजं किं धृतात्मनाम् ॥ ५८ ॥
Pour les saints établis dans la vérité, quelle souffrance serait insupportable ? Pour les dévots purs qui connaissent le Seigneur Suprême comme l’essence, que pourraient-ils encore attendre ? Pour les êtres de nature vile, quel acte serait interdit ? Et pour ceux qui se sont abandonnés aux pieds de lotus de Śrī Kṛṣṇa, qu’est-ce qui ne peut être renoncé pour Lui ?
Verse 59
दृष्ट्वा समत्वं तच्छौरे: सत्ये चैव व्यवस्थितिम् । कंसस्तुष्टमना राजन् प्रहसन्निदमब्रवीत् ॥ ५९ ॥
Ô Roi, voyant que Vasudeva, établi dans la véracité, demeurait parfaitement égal d’esprit en lui remettant l’enfant, Kaṁsa fut très heureux ; et, souriant, il dit ceci.
Verse 60
प्रतियातु कुमारोऽयं न ह्यस्मादस्ति मे भयम् । अष्टमाद् युवयोर्गर्भान्मृत्युर्मे विहित: किल ॥ ६० ॥
Ô Vasudeva, reprends cet enfant et rentre chez toi. Je n’ai aucune crainte de lui. Ma mort est destinée à venir du huitième enfant né de toi et de Devakī.
Verse 61
तथेति सुतमादाय ययावानकदुन्दुभि: । नाभ्यनन्दत तद्वाक्यमसतोऽविजितात्मन: ॥ ६१ ॥
Vasudeva, appelé Ānakadundubhi, répondit : « Ainsi soit-il », puis emporta l’enfant chez lui. Mais, Kaṁsa étant sans vertu et sans maîtrise de soi, Vasudeva ne pouvait se fier à sa parole.
Verse 62
नन्दाद्या ये व्रजे गोपा याश्चामीषां च योषित: । वृष्णयो वसुदेवाद्या देवक्याद्या यदुस्त्रिय: ॥ ६२ ॥ सर्वे वै देवताप्राया उभयोरपि भारत । ज्ञातयो बन्धुसुहृदो ये च कंसमनुव्रता: ॥ ६३ ॥
Les habitants de Vraja, conduits par Nanda Mahārāja—les gopas et leurs épouses—et de même les descendants de la dynastie Vṛṣṇi, avec Vasudeva et Devakī en tête, ainsi que les femmes de la lignée des Yadu, ô meilleur des Bhārata, étaient en vérité des êtres célestes. Les parents, amis et bienveillants de Nanda et de Vasudeva, et même ceux qui, extérieurement, semblaient suivre Kaṁsa, étaient tous des demi-dieux.
Verse 63
नन्दाद्या ये व्रजे गोपा याश्चामीषां च योषित: । वृष्णयो वसुदेवाद्या देवक्याद्या यदुस्त्रिय: ॥ ६२ ॥ सर्वे वै देवताप्राया उभयोरपि भारत । ज्ञातयो बन्धुसुहृदो ये च कंसमनुव्रता: ॥ ६३ ॥
O Mahārāja Parīkṣit, les habitants de Vṛndāvana, dirigés par Nanda Mahārāja, y compris les vachers et leurs épouses, ainsi que les descendants de la dynastie Vṛṣṇi, dirigés par Vasudeva et Devakī, n'étaient autres que des habitants des planètes célestes. Même ceux qui semblaient extérieurement être des partisans de Kaṁsa étaient tous des demi-dieux.
Verse 64
एतत् कंसाय भगवाञ्छशंसाभ्येत्य नारद: । भूमेर्भारायमाणानां दैत्यानां च वधोद्यमम् ॥ ६४ ॥
Une fois, le grand sage Nārada s'approcha de Kaṁsa et l'informa de la manière dont les personnes démoniaques qui étaient un grand fardeau pour la terre allaient être tuées. Ainsi, Kaṁsa fut plongé dans une grande peur et un grand doute.
Verse 65
ऋषेर्विनिर्गमे कंसो यदून् मत्वा सुरानिति । देवक्या गर्भसम्भूतं विष्णुं च स्ववधं प्रति ॥ ६५ ॥ देवकीं वसुदेवं च निगृह्य निगडैर्गृहे । जातं जातमहन् पुत्रं तयोरजनशङ्कया ॥ ६६ ॥
Après le départ du grand sage Nārada, Kaṁsa pensa que tous les membres de la dynastie Yadu étaient des demi-dieux et que n'importe lequel des enfants nés du ventre de Devakī pourrait être Viṣṇu. Craignant sa mort, Kaṁsa arrêta Vasudeva et Devakī et les enchaîna avec des fers. Soupçonnant chaque enfant d'être Viṣṇu, Kaṁsa les tua l'un après l'autre à cause de la prophétie selon laquelle Viṣṇu le tuerait.
Verse 66
ऋषेर्विनिर्गमे कंसो यदून् मत्वा सुरानिति । देवक्या गर्भसम्भूतं विष्णुं च स्ववधं प्रति ॥ ६५ ॥ देवकीं वसुदेवं च निगृह्य निगडैर्गृहे । जातं जातमहन् पुत्रं तयोरजनशङ्कया ॥ ६६ ॥
Après le départ du grand sage Nārada, Kaṁsa pensa que tous les membres de la dynastie Yadu étaient des demi-dieux et que n'importe lequel des enfants nés du ventre de Devakī pourrait être Viṣṇu. Craignant sa mort, Kaṁsa arrêta Vasudeva et Devakī et les enchaîna avec des fers. Soupçonnant chaque enfant d'être Viṣṇu, Kaṁsa les tua l'un après l'autre à cause de la prophétie selon laquelle Viṣṇu le tuerait.
Verse 67
मातरं पितरं भ्रातृन् सर्वांश्च सुहृदस्तथा । घ्नन्ति ह्यसुतृपो लुब्धा राजान: प्रायशो भुवि ॥ ६७ ॥
Les rois avides de gratification sensorielle sur cette terre tuent presque toujours leurs ennemis sans discernement. Pour satisfaire leurs propres caprices, ils peuvent tuer n'importe qui, même leurs mères, pères, frères ou amis.
Verse 68
आत्मानमिह सञ्जातं जानन्प्राग् विष्णुना हतम् । महासुरं कालनेमिं यदुभि: स व्यरुध्यत ॥ ६८ ॥
Apprenant de Nārada que, dans une naissance antérieure, il avait été le grand asura Kālanemi, tué par Viṣṇu, Kaṁsa devint envieux de tous ceux liés à la dynastie des Yadu.
Verse 69
उग्रसेनं च पितरं यदुभोजान्धकाधिपम् । स्वयं निगृह्य बुभुजे शूरसेनान् महाबल: ॥ ६९ ॥
Kaṁsa, d’une force redoutable, fit emprisonner de sa propre main son père Ugrasena, souverain des lignées Yadu, Bhoja et Andhaka, et régna lui-même sur les pays de Śūrasena.
Parīkṣit treats Kṛṣṇa-kathā as the direct remedy for saṁsāra (repeated birth and death) and as the consummation of paramparā knowledge. Facing imminent death, he demonstrates the Bhagavata’s ideal: exclusive absorption in Vāsudeva through hearing, which eclipses bodily hunger and thirst and fixes consciousness in the true goal (puruṣārtha) of liberation through bhakti.
Kaṁsa’s reaction to the prophecy shows adharma rooted in envy and fear: he is ready to murder his own sister, violating basic kṣatriya and human ethics. Vasudeva counters with dharmic reasoning—inevitability of death, transmigration, and the karmic consequences of envy—yet Kaṁsa’s rākṣasa-like disposition makes him indifferent to sin, illustrating how power divorced from dharma becomes destructive.
The chapter states that many associates in the Yadu-Vṛṣṇi line and Vraja community are devas taking birth by Viṣṇu’s order to assist the Lord’s mission of reducing the earth’s burden and participating in His līlā. This frames Kṛṣṇa’s advent as a coordinated cosmic event (poṣaṇa/rakṣā) while preserving the intimacy of humanlike relationships central to līlā.
In many transmitted editions and compiled datasets, repetitions can appear due to recension overlaps, formatting duplication, or editorial aggregation. Interpreting the chapter’s intent, the repeated passage reinforces Parīkṣit’s personal indebtedness to Kṛṣṇa’s protection and his urgency to hear the Lord’s transcendental qualities.