
Thème principal : charmes de protection et de prospérité qui neutralisent les forces néfastes, rétablissent l’ordre juste et assurent le bien-être dans la vie domestique et publique. Sous-thèmes : apaisement du mal issu des rêves et élimination de l’impureté ; autoprotection contre les blessures et la mort prématurée ; souveraineté juste et relèvement de la communauté par le kṣatra légitime (puissance royale/guerrière) ; prospérité par des dons licites (bétail, accroissement) sous l’égide de Varuṇa ; alignement sur la daivya vāc (parole divine, guidée par la vérité) et sur la bonne direction (praṇīti) ; prāyaścitta — acte d’expiation et de purification pour les fautes et les ruptures d’ordre.
Ce charme atharvavédique en un seul vers neutralise le résidu néfaste d’un mauvais rêve, en particulier l’angoisse que le fait de « manger en rêve » ou d’agir en rêve puisse entraîner, dans le monde éveillé, une perte ou une souillure. En plaçant l’ensemble de l’événement onirique sous le signe de Śiva — l’auspiciosité bienveillante — il transforme ce qui demeure invisible le jour en innocuité et en bonne fortune.
Ce charme atharvavédique en un seul vers est une formule concise d’autoprotection contre la blessure et la mort prématurée (ātmano’ hiṃsanam). En offrant une salutation révérencieuse aux appuis cosmiques — le Ciel et la Terre, l’Espace intermédiaire et la Mort elle-même — le récitant cherche la « délivrance » (mekṣāmi) et demande qu’aucune puissance redoutable ne lui nuise tant qu’il se tient debout, ferme et protégé.
Cet hymne d’un seul mantra présente le bien-être social et la longévité comme dépendant d’une autorité protectrice légitime : le Kṣatriya qui recherche le bien commun et peut tirer la communauté d’une hostilité nuisible, chargée de reproches. Il demande qui, par le yajña et la pūrti (œuvres publiques pieuses/achèvements de mérite), peut obtenir parmi les Dieux dīrgham āyuḥ (une longue vie), reliant ainsi devoir royal, mérite rituel et bien commun.
Cet hymne paustika d’un seul vers sollicite le don d’une vache laitière tachetée, richement productive et toujours en veau — emblème d’une prospérité soutenue — accordé sous la sanction légitime de Varuṇa. En affirmant une alliance amicale avec Bṛhaspati (la parole sacrée et la puissance sacerdotale), le récitant revendique la capacité de « mettre en ordre » la santé du corps et le bien-être du foyer selon son désir.
Cet hymne śānti-paustika en un seul vers détourne la personne d’une parole et de desseins simplement humains, fabriqués par soi (pauruṣeya), vers la daivya vāc — une parole accordée à la vérité sacrée. En invoquant Praṇīti (la juste guidance), il vise à rétablir la bonne orientation de la pensée, de la parole et de l’action, et à ramener le pratiquant vers une compagnie soutenante et un conseil salutaire.
Cette prière à Agni en un seul vers tient lieu de prāyaścitta condensé : elle confesse même les manquements subtils — défaillances de mémoire ou dépassement de la juste mesure — dans le rite ou la conduite, et demande à Agni de préserver l’adorant de leurs conséquences. En invoquant Agni comme Jātavedas et Prācetas (l’Omniscient), l’hymne recherche purification, protection et le don d’« amṛtatva » — continuité vitale, longévité et bien-être de bon augure — pour soi-même et pour ses compagnons.
Ce charme thérapeutique en un seul vers invoque les sept rayons du Soleil et les eaux/courants nés de l’océan comme des forces secourables qui « font passer en sûreté » au-delà du danger. Il fonctionne aussi comme un sort d’extraction : on prie les eaux courantes de desserrer et d’arracher une « écharde/épine » (śalya) logée — qu’il s’agisse d’un corps étranger réel ou d’une métaphore de la douleur, de l’infection ou de l’affliction.
AV 7.108 est un charme rakṣoghna‑abhicārika concis, qui mobilise Agni à la fois comme protecteur du foyer et comme destructeur des forces hostiles. Il vise les voleurs, les ennemis dissimulés de l’intérieur et les agresseurs extérieurs, les repoussant « en arrière » (pratīcī) et les dépouillant d’une demeure stable et d’une lignée. La puissance de l’hymne est présentée comme immédiate et agissante à toute heure : qu’on dorme ou qu’on veille, qu’on soit immobile ou en mouvement, Agni renverse l’assaut et brûle l’intention de l’attaquant en la retournant contre lui.
Cet hymne apaise les puissances personnifiées qui régissent le jeu de dés — surtout le redoutable Babhru et la funeste Kali — afin que leur action dangereuse soit contenue et réorientée vers la prospérité. En les nommant, en les honorant et en « disciplinant » rituellement Kali avec du ghee, l’officiant recherche la fermeté de la main, la victoire sur des rivaux trompeurs et la sauvegarde des richesses ainsi que de l’ordre social (rāṣṭra).
Ce bref hymne martial invoque la puissance jumelée d’Agni–Indra, irrésistibles tueurs de Vṛtra, afin d’écraser obstacles et forces hostiles au profit du patron-offrant. Leur victoire cosmique primordiale (la conquête de la lumière et l’établissement des mondes) est transposée dans le présent comme un triomphe concret dans le conflit. L’invitation finale fait venir Indra au rite sous la conduite sacerdotale de Bṛhaspati, scellant la présence divine et l’élan de la victoire.
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