
Protection restauratrice : guérir les afflictions tout en assurant la victoire, un passage sûr et une souveraineté stable par des rites atharvaniques. Expulsion de la maladie de dépérissement (yakṣman/rapas) et suppression de aṃhas (souillure rituelle et morale) ; thérapeutique par les plantes (Kuṣṭha) et remèdes composés (préparation d’orge) ; consécration contre le poison (viṣadūṣaṇa) ; victoire martiale, protection au combat et retournement de la violence ennemie ; marche de bon augure (svastyayana) et protection du périmètre domestique.
Ce bref hymne de guérison vise un mal dépérissant de type yakṣman (rapas) en le « retournant » rituellement et en l’expulsant du corps du patient. Il associe un remède concret — une préparation composée d’orge — à une formule d’expulsion directionnelle calquée sur des mouvements cosmiques vers le bas, puis scelle la guérison en invoquant les Eaux comme médecine universelle et dispersatrice des maladies.
AV 6.92 est un bref charme de victoire pour un cheval de course (vājī), destiné à éveiller une vitesse cachée, à assurer un départ net et à porter le coureur jusqu’à l’arrivée. Il attelle le cheval à l’impulsion d’Indra, à la force des Maruts et à la perfection corporelle de Tvaṣṭṛ, transformant souffle, membres et élan en triomphe assuré, sans dommage.
Ce bref hymne de svastyayana (« marche sûre ») dresse un périmètre protecteur autour des hommes de la maison — surtout en voyage, en situation d’exposition ou de conflit — en enrôlant même des puissances mortifères et de type rudrien comme gardiens disciplinés. Il détourne du sacrifiant le « venin mauvais » (nuisance hostile, de nature d’arme ou de sorcellerie) par la révérence (namas), l’oblation et la mise en mouvement des armées divines. Sa force tient à l’énumération nominative : nommer, c’est lier ; lier, c’est rejeter le danger au dehors et sceller la sûreté au dedans.
AV 6.94 est un hymne Saṃmanasya concis qui forge l’unité communautaire en alignant les esprits (manas), les vœux (vrata) et l’intention partagée (ākūti), tout en ramenant de force les dissidents à la conformité. Il va de la révérence envers la concorde à un acte explicite de « saisie » mentale et de domination, puis à un « tissage » cosmique qui stabilise le rite par Sarasvatī et les grandes divinités.
Ce bref hymne de guérison consacre Kuṣṭha comme un remède divinement conquis, né de l’amṛta, dont l’origine se situe dans le plus haut ciel et dans le monde-source himavantique des plantes médicinales. En relatant son acquisition céleste (comme le « signe/la fleur de l’immortalité ») et en le nommant le « sein » de toutes les herbes, le sūkta active rituellement Kuṣṭha afin qu’il devienne un agada — un antidote efficace et une panacée contre les afflictions tenaces.
AV 6.96 est un bref hymne de purification et de guérison, qui traite la maladie et le malheur comme le signe extérieur d’une souillure morale et rituelle (aṃhas, devakilbiṣa) contractée par la vue, la pensée et la parole, à l’état de veille comme en sommeil. Il mobilise la puissance collective des Oṣadhis (plantes médicinales) sous la souveraineté purificatrice de Soma et avec l’autorisation sacerdotale de Bṛhaspati afin de « délivrer » le souffrant de ses liens — malédictions de serment, châtiments de Varuṇa et lacet de Yama — pour culminer dans l’acte purificateur de Soma.
Cet hymne atharvanique en trois vers est un bref charme de victoire qui sacralise le succès martial en déclarant la « victoire » comme qualité intrinsèque du héros, du sacrifice et des principales puissances rituelles — Agni, Soma et Indra. Il fortifie le kṣātra (force souveraine/guerrière), attache les alliés au chef et repousse Nirṛti (malheur, ruine), ainsi que même la souillure d’une faute commise — par une douceur de bon augure et une offrande accomplie selon la règle.
Ce bref hymne royal de tradition atharvanique intronise Indra comme adhírāja (roi suprême) et le supplie d’établir pour le patron l’ajara kṣatra — une souveraineté qui ne vieillit pas, invincible. Il sacralise la suprématie politique en plaçant la royauté sous la puissance victorieuse d’Indra, étend la domination aux quatre directions et assure l’obéissance et l’allégeance des clans comme des souverains rivaux.
Ce bref charme de bataille invoque Indra comme le redoutable ordonnateur des issues et établit ses « bras » comme une enceinte protectrice contre un péril martial imminent. Il transforme le coup meurtrier levé par l’ennemi en une menace contenue et neutralisée, puis scelle le rite par une prière de bien-être (svasti), en accordant l’esprit de l’officiant à la faveur divine. Bien qu’abhicārika dans un cadre guerrier, sa tonalité opérative relève d’une contre-magie protectrice plutôt que d’un dommage agressif.
AV 6.100 est une brève formule apotropaïque contre le poison (viṣa) qui consacre une puissance antidotale appelée Viṣadūṣaṇa — « le destructeur du poison » — comme un don émanant des plus hauts dispensateurs cosmiques. En invoquant le Soleil, le Ciel, la Terre et les trois Sarasvatī, l’hymne fait de l’eau et de l’agent antidotal une contre-force divinement autorisée, qui retire au venin sa « sève » (sa virulence) et rend la sécurité à l’affligé.
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