
Ce chapitre rend le foyer « lisible » pour l’État en fixant des seuils de capacité, en imposant des devoirs d’entretien et en bornant le châtiment domestique afin que les conflits privés ne deviennent pas des troubles publics. Le foyer est traité comme une unité de gouvernance : les litiges sont catégorisés pour une adjudication rapide. Des seuils de capacité/d’âge réduisent l’ambiguïté des services et obligations domestiques. Les règles de Śuśrūṣā préservent la discipline du travail par des peines graduées en cas de désobéissance. Les règles de Bharma répartissent la charge d’entretien selon des conditions temporelles et des limites, notamment lors de l’intégration/séparation des alliés (belle-famille). Les règles de Pāruṣya autorisent une correction minimale mais criminalisent les coups excessifs et l’escalade abusive. Des déclencheurs probatoires à seuils nets abaissent les coûts d’exécution et dissuadent la violence de représailles. Effet macro pour le vijigīṣu : une conformité plus régulière du janapada, moins de griefs factionnels et des relations d’héritage/de travail plus prévisibles.
Sutra 1
द्वादशवर्षा स्त्री प्राप्तव्यवहारा भवति षोडशवर्षः पुमान् ॥
Une femme devient apte à des actes juridiquement reconnus à douze ans ; un homme à seize ans.
Sutra 2
अत ऊर्ध्वमशुश्रूषायां द्वादशपणः स्त्रिया दण्डः पुंसो द्विगुणः । इति शुश्रूषा ॥
Par la suite, en cas de manquement au service/à l’assistance due, l’amende est de 12 paṇas pour une femme et du double pour un homme. Telle est la règle concernant le « service/assistance » (śuśrūṣā).
Sutra 3
भर्मण्यायामनिर्दिष्टकालायां ग्रासाच्छादनं वाधिकं यथापुरुषपरिवापं सविशेषं दद्यात् ॥
Lorsque l’entretien est dû et qu’aucune durée n’a été précisée, il doit fournir nourriture et vêtements, avec un soutien supplémentaire proportionné au rang/aux besoins de la personne, assorti de dispositions particulières appropriées.
Sutra 4
निर्दिष्टकालायां तदेव संख्याय बन्धं च दद्यात् ॥
Lorsqu’une durée a été précisée, il doit fournir exactement la quantité ainsi calculée, et donner en outre une garantie/caution.
Sutra 5
शुल्कस्त्रीधनाधिवेदनिकानामनादाने च ॥
Et (ces règles) s’appliquent aussi en cas de non-paiement/non-remise du prix de la mariée (śulka), des biens de la femme (strīdhana) et du règlement/don lié à la prise d’une épouse supplémentaire (adhivedanika).
Sutra 6
श्वशुरकुलप्रविष्टायां विभक्तायां वा नाभियोज्यः पतिः । इति भर्म ॥
Si elle est entrée dans la maison de la famille du beau-père, ou si elle vit séparément, il ne faut pas engager de poursuites contre le mari (sur ce point). Telle est la règle en matière d’entretien (bharma).
Sutra 7
नष्टे विनष्टे न्यङ्गे अपितृके अमातृके इत्यनिर्देशेन विनयग्राहणम् ॥
Dans des cas tels que disparition, ruine/absence de moyens, invalidité, absence de père ou absence de mère—énoncés de manière générale sans autre précision—il convient de recourir à une garde/tutelle disciplinaire (vinaya-grāhaṇa).
Sutra 8
वेणुदलरज्जुहस्तानामन्यतमेन वा पृष्ठे त्रिराघातः ॥
Avec l’un de ceux-ci—bambou fendu, corde ou la main—(la limite prescrite est) trois coups dans le dos.
Sutra 9
तस्यातिक्रमे वाग्दण्डपारुष्यदण्डाभ्यामर्धदण्डाः ॥
Si cette limite est dépassée, des peines s’appliquent à hauteur de la moitié des amendes prévues pour l’injure verbale (vāgdaṇḍa) et l’agression physique (pāruṣyadaṇḍa).
Sutra 10
तदेव स्त्रिया भर्तरि प्रसिद्धदोषायाः ॥
La même règle/peine s’applique lorsque c’est l’épouse qui est en faute envers son mari, pour une faute publiquement établie/connue.
Sutra 11
ईर्ष्यया बाह्यविहारेषु द्वारेष्वत्ययो यथानिर्दिष्टः । इति पारुष्यम् ॥
Lorsque, par jalousie, (injure/agression) se produit lors de sorties à l’extérieur ou aux seuils des portes, l’augmentation de peine s’applique comme déjà prescrit. Cela relève du « pāruṣya » (conduite injurieuse/violente).
Sutra 12
भर्तारं द्विषती स्त्री सप्तार्तवान्यमण्डयमाना तदानीमेव स्थाप्याभरणं निधाय भर्तारमन्यया सह शयानमनुशयीत ॥
Une épouse qui hait son mari—par exemple, ne se parant pas durant sept périodes menstruelles puis, à ce moment même, mettant des bijoux—doit être tenue pour coupable si elle se couche (pour provoquer/offenser) alors que le mari est couché avec une autre femme.
Sutra 13
भिक्षुक्यन्वाधिज्ञातिकुलानामन्यतमे वा भर्ता द्विषन् स्त्रियमेकामनुशयीत ॥
Un mari qui hait (son épouse) commet une conduite fautive s’il fait coucher une femme (dans le lit) avec quiconque est lié à des mendiants, à des dépendants/serviteurs, à des parents ou à des groupes de clan (comme acte d’humiliation ou de contrainte).
Sutra 14
दृष्टलिङ्गे मैथुनापहारे सवर्णापसर्पोपगमे वा मिथ्यावादी द्वादशपणं दद्यात् ॥
Dans une affaire où des signes sont visibles—qu’il s’agisse d’alléguer un viol/rapport forcé, un enlèvement en vue d’un rapport, ou une fuite/le fait d’aller vers un autre de la même varṇa—celui qui ment paiera une amende de douze paṇas.
Sutra 15
अमोक्ष्या भर्तुरकामस्य द्विषती भार्या भार्यायाश्च भर्ता ॥
Une épouse qui hait (son mari) ne peut être libérée si le mari ne souhaite pas la séparation ; et de même, le mari (ne peut être libéré) contre la volonté de l’épouse.
Sutra 16
परस्परं द्वेषान्मोक्षः ॥
Lorsque la haine est réciproque, la séparation (mokṣa) est permise.
Sutra 17
स्त्रीविप्रकाराद्वा पुरुषश्चेन्मोक्षमिच्छेद् यथागृहीतमस्यै दद्यात् ॥
Si, en raison de la mauvaise conduite de l’épouse, le mari demande la séparation, il doit lui rendre tout ce qu’il a reçu d’elle (tel qu’il l’a reçu).
Sutra 18
पुरुषविप्रकाराद्वा स्त्री चेन्मोक्षमिच्छेन्नास्यै यथागृहीतं दद्यात् ॥
Si, en raison de la mauvaise conduite du mari, l’épouse demande la séparation, il ne doit pas lui rendre ce qu’il a reçu d’elle (selon la règle énoncée ici).
Sutra 19
अमोक्षो धर्मविवाहानाम् । इति द्वेषः ॥
Il n’y a pas de séparation (mokṣa) pour les mariages de dharma (dharmavivāha). Ainsi s’achève le sujet de ‘dveṣa’ (inimitié conjugale).
Sutra 20
प्रतिषिद्धा स्त्री दर्पमद्यक्रीडायां त्रिपणं दण्डं दद्यात् ॥
Une femme soumise à interdiction/restriction, si elle est surprise à se livrer à la vanité/ostentation, à l’ivresse ou aux divertissements, devra payer une amende de trois paṇas.
Sutra 21
दिवा स्त्रीप्रेक्षाविहारगमने षट्पणो दण्डः पुरुषप्रेक्षाविहारगमने द्वादशपणः ॥
Le jour, aller à la promenade de spectacle/divertissement des femmes entraîne une amende de six paṇas ; aller à la promenade de spectacle/divertissement des hommes entraîne une amende de douze paṇas.
Sutra 22
रात्रौ द्विगुणः ॥
La nuit, la peine est doublée.
Sutra 23
सुप्तमत्तप्रव्रजने भर्तुरदाने च द्वारस्य द्वादशपणः ॥
Pour être sortie de la maison tandis que le mari dort ou est ivre, et pour être sortie sans le consentement/autorisation du mari, le portier/la porte de la maison est passible d’une amende de douze paṇas.
Sutra 24
रात्रौ निष्कसने द्विगुणः ॥
Pour une sortie de nuit, la peine est doublée.
Sutra 25
स्त्रीपुंसयोर्मैथुनार्थेनाङ्गविचेष्टायां रहोऽश्लीलसम्भाषायां वा चतुर्विंशतिपणः स्त्रिया दण्डः पुंसो द्विगुणः ॥
Si une femme et un homme se livrent à des gestes corporels en vue d’un rapport sexuel, ou tiennent en privé des propos obscènes, la femme est condamnée à une amende de vingt-quatre paṇas ; l’homme, au double.
Sutra 26
केशनीविदन्तनखालम्बनेषु पूर्वः साहसदण्डः पुंसो द्विगुणः ॥
Pour avoir saisi les cheveux, le vêtement/la ceinture, mordu avec les dents ou griffé avec les ongles, l’amende est la peine sāhasa «du premier degré» ; pour un homme, elle est doublée.
Sutra 27
शङ्कितस्थाने सम्भाषायां च पणस्थाने शिफादण्डः ॥
Pour avoir conversé dans un lieu suspect, la peine est un śiphā-daṇḍa ; dans un lieu de jeu/de monnaie, la peine est d’un paṇa.
Sutra 28
स्त्रीणां ग्राममध्ये चण्डालः पक्षान्तरे पञ्चशिफा दद्यात् ॥
Si un caṇḍāla est trouvé parmi des femmes au milieu du village, il devra, à la fin de la quinzaine, payer cinq śiphā.
Sutra 29
पणिकं वा प्रहारं मोक्षयेत् । इत्यतीचारः ॥
Ou bien il peut être relâché moyennant un paiement en argent ou une bastonnade ; cela est considéré comme un atīcāra (excès/irrégularité).
Sutra 30
प्रतिषिद्धयोः स्त्रीपुंसयोरन्योन्योपकारे क्षुद्रकद्रव्याणां द्वादशपणो दण्डः स्थूलकद्रव्याणां चतुर्विंशतिपणः हिरण्यसुवर्णयोश्चतुष्पञ्चाशत्पणः स्त्रिया दण्डः पुंसोर्द्विगुणः ॥
Lorsqu’un homme et une femme dont l’union est interdite se livrent à une gratification/transaction réciproque, l’amende est de 12 paṇas pour des objets de faible valeur, de 24 paṇas pour des objets de valeur importante, et de 54 paṇas lorsque la contrepartie est de l’or/de l’argent ; la femme paie l’amende indiquée et l’homme paie le double.
Sutra 31
त एवागम्ययोरर्धदण्डाः तथा प्रतिषिद्धपुरुषव्यवहारेषु च । इति प्रतिषेधः ॥
Pour les unions «inaccessibles/interdites», ces mêmes amendes sont réduites de moitié ; de même, (la règle s’applique) dans les transactions impliquant des hommes interdits. Ceci conclut la règle de prohibition.
Sutra 32
राजद्विष्टातिचाराभ्यामात्मापक्रमणेन च । स्त्रीधनानीतशुल्कानामस्वाम्यं जायते स्त्रियाः ॥
En raison de l’hostilité envers le roi, de la transgression, et aussi de la désertion/la fuite, (certaines capacités ou prétentions juridiques sont affectées). Dans de tels cas, la femme perd ses droits de propriété sur son strīdhana et sur le śulka (paiement matrimonial) qui avait été apporté/reçu.
Households generate recurring conflicts—service disobedience, maintenance obligations, and domestic verbal/physical violence—where unclear capacity thresholds and unchecked chastisement can escalate into abandonment, retaliatory feuds, and public disorder, while imposing high adjudication costs on the state.
Convert domestic life into justiciable categories with bright-line triggers: (i) age/threshold rules for capacity and household-service/sexual maturity; (ii) graded penalties for disobedience in service (śuśrūṣā) to preserve labor discipline; (iii) time-conditioned, liability-limited maintenance rules (bharma) that allocate responsibility depending on whether the wife is integrated into or separated from the in-laws’ household; and (iv) calibrated permissions and prohibitions for chastisement and abuse (pāruṣya), setting limits on blows and punishing excess to deter private violence while allowing minimal household correction.
By standardizing evidence and penalties inside the household, the king prevents private coercion and neglect from spilling into public instability, achieving low-cost enforcement that stabilizes labor, inheritance expectations, and janapada compliance—thereby denying rivals exploitable grievances.
Territory (Janapada) — social order, family stability, and predictable dispute-resolution within the realm
Low-cost governance of the household through standardized capacity rules, enforceable maintenance duties, and bounded domestic coercion to prevent private disputes from becoming public disorder.
Prescriptive (tariffed rules with conditions, exceptions, and penalty-schedules).
Household stability becomes a public good: dependents receive enforceable maintenance, domestic violence is bounded by clear limits, and disputes are settled with predictable fines—reducing feuds, abandonment, and disorder that weaken the janapada’s productivity and loyalty.
Key penalties include: 12 paṇa fine for a woman’s non-service/insubordination after the legal threshold, double for a man; confinement (bandha) when time-bound maintenance is defaulted after accounting; half-fines for exceeding the permitted three blows; and 12 paṇa for false statements in specified sexual/infidelity-related allegations.
Answers come straight from the texts, with the shlokas they draw on. Ask in your own words.
A free sign-in with Google or Apple keeps your chat saved across web and the app.