
Ce chapitre rapporte l’enseignement d’Īśvara à Devī sur la manière d’approcher et de vénérer Chandīśa dans le Prabhāsa-kṣetra. Le sanctuaire est situé par des repères d’orientation et de proximité : près de Somēśa/Īśa dig-bhāga, et non loin au sud de la demeure de Daṇḍapāṇi. La sainteté du lieu est établie en rappelant que Chandā et un gaṇa, après de rudes tapas, l’avaient jadis installé et adoré, faisant naître le célèbre liṅga de Chandēśvara. Le texte énumère ensuite une pūjā structurée : abhiṣeka avec lait, caillé et ghee ; onctions de miel, de jus de canne et de safran ; onguents parfumés tels que camphre, uśīra, essence de musc et santal ; offrandes de fleurs, d’encens et d’aguru ; tissus selon ses moyens ; naivedya (notamment le paramānna) avec des lampes ; et dāna/dakṣiṇā aux dvijātis. Il précise des fruits propres au lieu : les dons offerts en faisant face au sud deviennent inépuisables pour Chandīśa ; le śrāddha accompli au sud de Chandīśa procure une satisfaction durable aux ancêtres ; et une observance d’uttarāyaṇa avec un « ghṛta-kambala » (manteau/couverture de ghee) est liée à l’évitement de renaissances pénibles. La conclusion enseigne que le pèlerinage dévot à Śūlin est expiatoire, délivrant des fautes liées au nirmālya, à l’ingestion involontaire, ainsi que d’autres défauts nés du karma.
Verse 1
ईश्वर उवाच । ततो गच्छेन्महादेवि चण्डीशं देवमुत्तमम् । सोमेशादीशदिग्भागे धनुषां सप्तके स्थितम्
Īśvara dit : Alors, ô Mahādevī, qu’on se rende auprès de l’excellent dieu Caṇḍīśa, situé à sept longueurs d’arc dans la direction du nord-est depuis Someśa.
Verse 2
दण्डपाणेस्तु भवनाद्दक्षिणे नातिदूरगम् । चंड्या प्रतिष्ठितं पूर्वं चण्डेनाराधितं ततः
Au sud de la demeure de Daṇḍapāṇi, non loin de là, ce lieu fut jadis établi par Caṇḍī, puis ensuite honoré par Caṇḍa.
Verse 3
गणेन मम देवेशि तत्कृत्वा दुष्करं तपः । तेन चण्डेश्वरं लिंगं प्रख्यातं धरणीतले
Ô Déesse, là mon gaṇa (serviteur) accomplit une austérité difficile ; grâce à lui, ce Liṅga devint célèbre sur la terre sous le nom de « Caṇḍeśvara ».
Verse 4
स्नापयेत्पयसा पूर्वं दध्ना घृतयुतेन च । मधुनेक्षुरसेनैव कुंकुमेन विलेपयेत्
D’abord, qu’on baigne le Liṅga de lait; puis de caillé mêlé de ghee; et, avec le miel et le jus de canne également, qu’on l’oigne de safran (kesar).
Verse 5
कर्पूरोशीरमिश्रेण मृगनाभिरसेन च । चन्दनेन सुगन्धेन पुष्पैः संपूजयेत्ततः
Ensuite, qu’on accomplisse la pūjā pleinement avec du santal parfumé, avec un mélange de camphre et d’uśīra, avec l’essence de musc, et avec des fleurs.
Verse 6
दग्ध्वा धूपं पुरो देवि ततो देवस्य चागुरुम् । वस्त्रैः संपूजयेत्पश्चादात्मवित्तानुसारतः
Après avoir d’abord offert le dhūpa (encens) devant la Divinité, ô Déesse, qu’on offre ensuite au Seigneur l’aguru parfumé; puis, selon ses moyens, qu’on l’honore par l’offrande de vêtements.
Verse 7
नैवेद्यं परमान्नं च दत्त्वा दीपसम न्वितम् । ततो दद्याद्द्विजातिभ्यो यथाशक्त्या तु दक्षिणाम्
Après avoir offert le naivedya — surtout la nourriture cuite la plus exquise — accompagné d’une lampe, qu’on donne ensuite, selon ses forces, la dakṣiṇā aux dvija (deux-fois-nés).
Verse 8
दक्षिणां दिशमास्थाय यत्किंचित्तत्र दीयते । चण्डीशस्य वरारोहे तत्सर्वं चाक्षयं भवेत्
Ô toi aux hanches gracieuses, tout ce qui est donné là en faisant face au sud, en l’honneur de Caṇḍīśa, devient un mérite impérissable.
Verse 9
यः श्राद्धं कुरुते तत्र चण्डीशस्य तु दक्षिणे । आकल्पं तृप्तिमायांति पितरस्तस्य भामिनि
Quiconque accomplit là le śrāddha, au sud de Caṇḍīśa, ô dame rayonnante, procure à ses ancêtres une pleine satisfaction durant tout un kalpa.
Verse 10
अयने चोत्तरे प्राप्ते यः कुर्याद्घृत कम्बलम् । न स भूयोऽत्र संसारे जन्म प्राप्नोति दारुणम्
Lorsque survient l’uttarāyaṇa, le solstice du nord, quiconque accomplit le rite du « ghṛta-kambala », le “manteau de ghee”, n’obtient plus de naissance redoutable dans ce cycle du saṃsāra.
Verse 11
एवं कृत्वा नरो भक्त्या यात्रां देवस्य शूलिनः । निर्माल्यातिक्रमोद्भूतैरज्ञानाद्भक्षणोद्भवैः । पापैः प्रमुच्यते जंतुस्तथाऽन्यैः कर्मसंभवैः
Ainsi, après avoir accompli avec dévotion la yātrā vers le Seigneur au trident (Śūlin), l’être est délivré des péchés : ceux nés de la transgression du nirmālya (offrandes sacrées), ceux nés du fait de les manger par ignorance, ainsi que d’autres péchés issus des actes (karma).
Verse 42
इति श्रीस्कांदे महापुराण एकाशीतिसाहस्र्यां संहितायां सप्तमे प्रभासखण्डे प्रथमेप्रभासक्षेत्रमाहात्म्ये चण्डीशमाहात्म्यवर्णनंनामद्विचत्वारिंशोऽध्यायः
Ainsi s’achève le quarante-deuxième chapitre, intitulé « Description de la grandeur de Caṇḍīśa », dans le Prabhāsa Khaṇḍa—au sein du Prabhāsakṣetra Māhātmya—du vénérable Skanda Mahāpurāṇa, dans l’Ekāśītisāhasrī Saṃhitā.