
Īśvara conduit Devī vers le sanctuaire de Kumāreśvara, situé au sud de Mārkaṇḍeśvara à faible distance, identifié comme un liṅga établi par Svāmī (un dévot) dans le paysage sacré. Le chapitre présente ce lieu comme un nœud d’expiation : une tapas rigoureuse, liée à Kārttikeya, y est donnée comme moyen d’éradiquer les péchés nés d’un désir transgressif, notamment les fautes concernant l’épouse d’autrui. Un exemple paradigmatique raconte qu’un dévot installe le liṅga et se trouve délivré de l’impureté, retrouvant par le renoncement un état nommé « kaumāra », pureté juvénile renouvelée. Un second exemple évoque Sumāli : après l’acte grave d’avoir tué ses ancêtres, il y rend un culte et est libéré du péché de violence envers le père/les aïeux. Le texte signale aussi un puits devant la divinité : s’y baigner et adorer le liṅga établi par Svāmī accorde la délivrance des fautes et l’accès à la grande cité divine, Svāmīpura. Enfin, une règle de don est énoncée : offrir à un dvijāti, au nom de Svāmī, un objet « tāmracūḍa » en or śātakaumbha (d’une haute pureté) procure le fruit du pèlerinage.
Verse 1
ईश्वर उवाच । ततो गच्छेन्महादेवि कुमारेश्वरमुत्तमम् । मार्कण्डेश्वरतो देवि दक्षिणे नातिदूरतः । धनुर्विंशतिभिस्तत्र स्थितं स्वामिप्रतिष्ठितम्
Īśvara dit : Ensuite, ô Grande Déesse, qu’on se rende au très excellent Kumāreśvara. Ô Déesse, il se tient non loin au sud de Mārkaṇḍeśvara ; là, à vingt dhanu de distance, il fut consacré par Svāmī (le Seigneur).
Verse 2
ततः कृत्वा तपो घोरं कार्त्तिकेयेन भाभिनि । परदारापहारोत्थपापानां नाशहेतवे
Alors, ô dame rayonnante, Kārttikeya y accomplit une austérité terrible, afin d’anéantir les fautes nées de l’enlèvement de l’épouse d’autrui.
Verse 3
लिंगं स्थापितवांस्तत्र स मुक्तः किल्विषात्ततः । वैराग्याद्यौवनं त्यक्त्वा कौमारं पुनराददे
Ayant établi là un liṅga, il fut délivré du péché. Et, par le détachement, rejetant la jeunesse, il recouvra de nouveau l’état d’enfance.
Verse 4
पितॄन्हत्वा सुमाली च तमाराधितवान्पुरा । सोऽपि मुक्तोऽभवद्देवि पापात्पितृवधोद्भवात्
Et Sumālī aussi—qui jadis avait tué ses ancêtres—l’adora (Śiva) avec dévotion. Lui aussi, ô Déesse, fut délivré du péché né du meurtre des aïeux.
Verse 5
कुमारेश्वरनामैतत्पूजितं वै सुरासुरैः । तस्याग्रतः कुमारस्य कूपस्तिष्ठति भामिनि
Ce liṅga porte le nom de Kumāreśvara et il est, en vérité, vénéré par les dieux comme par les asuras. Devant ce Kumāra, ô belle dame, se tient là un puits.
Verse 6
तत्र स्नात्वा पूजयेद्यः शूलिनं स्वामिपूजितम् । स मुक्तः पातकैः सर्वैर्गच्छेत्स्वामिपुरं महत्
Celui qui s’y baigne et y vénère le Seigneur au Trident (Śiva), que Svāmī lui-même adore, est délivré de tous les péchés et parvient à la grande cité de Svāmī, la demeure suprême du Seigneur.
Verse 7
शातकौंभमयं यस्तु ताम्रचूडं द्विजातये । दद्यात्स्वामिनमुद्दिश्य स तु यात्राफलं लभेत्
Mais celui qui, l’offrant au Seigneur, donne à un deux-fois-né (brāhmaṇa) un « tāmra-cūḍa » fait d’or pur, obtient assurément le fruit entier du pèlerinage.
Verse 215
इति श्रीस्कांदे महापुराण एकाशीतिसाहस्र्यां संहितायां सप्तमे प्रभासखण्डे प्रथमे प्रभास क्षेत्रमाहात्म्ये कुमारेश्वरमाहात्म्यवर्णनंनाम पञ्चदशोत्तरद्विशततमोऽध्यायः
Ainsi s’achève, dans le vénérable Skanda Mahāpurāṇa—au sein de la Saṃhitā de quatre-vingt-un mille vers—dans le septième, le Prabhāsa Khaṇḍa, et dans la première section, le Prabhāsa-kṣetra-māhātmya, le chapitre intitulé « Description de la Grandeur de Kumāreśvara », à savoir le chapitre 215.