Adhyaya 59
Prabhasa KhandaArbudha KhandaAdhyaya 59

Adhyaya 59

Cet adhyāya, raconté par Pulastya, prend la forme d’une légende de tīrtha. Mahaujasa y est présenté comme un tīrtha pātaka-nāśana, qui détruit les fautes graves ; le bain en ce lieu rend le tejas, la radiance et la puissance de bon augure. Indra (Śakra), accablé par les suites de la brahmahatyā, est décrit privé de śrī et de tejas, marqué d’une odeur fétide et tenu à l’écart par les dieux dans la vie sociale et rituelle. Désireux d’être rétabli, Indra consulte Bṛhaspati, qui affirme que la pèlerinage aux tīrthas de la terre (tīrtha-yātrā) est le moyen indispensable pour recouvrer le tejas, et qu’aucun accroissement n’est possible sans tīrtha. Après avoir erré de sanctuaire en sanctuaire, Indra parvient à Arbuda, aperçoit un réservoir d’eau, s’y baigne et retrouve le mahā-ojas, la grande vigueur. Délivré de l’odeur et réadmis parmi les dieux, Indra proclame une phalaśruti fixée dans le temps : quiconque se baigne ici lors de la « montée » de Śakra—à la fin de la quinzaine claire d’Āśvina—atteindra l’état suprême et sera doté de śrī à travers les naissances. Le chapitre unit ainsi faute morale, remède rituel, sainteté du lieu et observance à date déterminée.

Shlokas

Verse 1

पुलस्त्य उवाच । ततो महौजसं गच्छेत्तीर्थं पातकनाशनम् । यस्मिन्स्नातो नरो राजंस्तेजसा युज्यते ध्रुवम् । ब्रह्महत्याग्निना शक्रः पुरा दैन्यं परं गतः

Pulastya dit : Ensuite, ô roi, rends-toi au tīrtha de Mahaujas, destructeur des péchés. Celui qui s’y baigne est assurément uni au tejas, la splendeur spirituelle. Jadis, Indra (Śakra), brûlé par le feu du brahma-hatyā, tomba dans une détresse extrême.

Verse 2

निःश्रीकस्तेजसा हीनो दुर्गन्धेन समन्वितः । परित्यक्तः सुरैः सर्वैर्विषादं परमं गतः

Privé de fortune, dépouillé de tejas et imprégné d’une odeur fétide ; abandonné par tous les dieux, il sombra dans le plus profond désespoir.

Verse 3

ततः पप्रच्छ देवेन्द्रो द्विजश्रेष्ठं बृहस्पतिम् । भगवंस्तेजसो वृद्धिः कथं स्यान्मे यथा पुरा

Alors le seigneur des dieux interrogea Bṛhaspati, le plus éminent des deux-fois-nés : «Ô vénérable, comment mon tejas, mon éclat, pourrait-il croître de nouveau comme jadis ?»

Verse 4

बृहस्पतिरुवाच । तीर्थयात्रां सुरश्रेष्ठ कुरुष्व धरणीतले । तीर्थं विना ध्रुवं वृद्धिस्तेजसो न भविष्यति

Bṛhaspati dit : «Ô meilleur des dieux, accomplis une pèlerinage vers les tīrtha sacrés sur la terre. Sans tīrtha, assurément, il n’y aura pas d’accroissement du tejas.»

Verse 5

ततस्तीर्थान्यनेकानि भ्रांत्वा शक्रो नराधिप । क्रमेणैवार्बुदं प्राप्तस्तत्र दृष्ट्वा जलाशयम् । स्नानं चक्रे ततः श्रान्तो महौजाः प्रत्यपद्यत

Puis, ô roi, Śakra (Indra), après avoir erré par de nombreux tīrtha, parvint en son temps à Arbuda. Là, voyant un lac, le puissant—accablé de fatigue—s’y baigna, et ensuite obtint une grande splendeur et vigueur, le mahā-ojas.

Verse 6

दुर्गन्धेन विनिर्मुक्तस्ततो देवैः समावृतः । उवाच प्रहसन्वाक्यं शृणुध्वं सर्वदेवताः

Délivré de la mauvaise odeur, puis entouré des dieux, il parla en souriant : «Écoutez mes paroles, ô toutes les divinités.»

Verse 7

येऽत्र स्नानं करिष्यन्ति प्राप्ते शक्रोच्छ्रये सदा । आश्विने शुक्लपक्षांते ते यास्यंति परां गतिम् । सुश्रीकाश्च भविष्यंति सदा जन्मनिजन्मनि

Quiconque se baignera ici, chaque fois que viendra le temps de Śakrocchraya—à la fin de la quinzaine claire d’Āśvina—atteindra le but suprême. Et il sera toujours pourvu de śrī : prospérité de bon augure et beauté, naissance après naissance.

Verse 59

इति श्रीस्कांदे महापुराण एकाशीतिसाहस्र्यां संहितायां सप्तमे प्रभासखण्डे तृतीयेऽर्बुदखंडे महौजसतीर्थप्रभाववर्णनंनामैकोनषष्टितमोऽध्यायः

Ainsi s’achève le cinquante-neuvième chapitre, intitulé «Description de la Gloire du Tīrtha de Mahaujasā», dans le troisième Arbuda Khaṇḍa, au sein du septième Prabhāsa Khaṇḍa du Śrī Skanda Mahāpurāṇa, dans l’Ekāśītisāhasrī Saṃhitā.