Adhyaya 57
Purva BhagaSecond QuarterAdhyaya 5721 Verses

Chandas: Varṇa-gaṇas, Guru-Laghu, Vṛtta-bheda, and Prastāra Procedures

Sanandana instruit Nārada dans le chandaḥ-śāstra, la science sacrée de la prosodie. Il classe les mètres en védique et laukika (mondain), et distingue l’analyse selon la mātrā (quantité) et selon le varṇa (schéma syllabique). Le chapitre définit les marqueurs de gaṇa (ma, ya, ra, sa, ta, ja, bha, na) et les règles guru/laghu, en expliquant comment les groupes consonantiques, le visarga et l’anusvāra modifient le poids des syllabes. Il expose le pāda (quart de vers) et la yati (césure), puis décrit trois types de vṛtta—sama, ardhasama et viṣama—d’après l’équivalence des pādas. Ensuite viennent l’énumération des pādas de 1 à 26 syllabes, les variétés de daṇḍaka, et la liste des mètres vediques majeurs (de Gāyatrī à Atijagatī, etc.). Enfin sont introduits le prastāra (permutation systématique), la restitution naṣṭāṅka, les procédés uddiṣṭa et les notions de dénombrement (saṃkhyā/adhvan), présentés comme signes distinctifs des mètres védiques, avec la promesse d’autres appellations de classification.

Shlokas

Verse 1

सनन्दन उवाच । वैदिकं लौकिकं चापि छन्दो द्विविधमुच्यते । मात्रावर्णविभेदेन तच्चापि द्विविधं पुनः ॥ १ ॥

Sanandana dit : Le mètre (chandas) est déclaré de deux sortes : védique et aussi mondain (classique). Et cela encore se divise en deux, selon la distinction de mātrā (quantité syllabique) et de varṇa (schéma phonétique/syllabique).

Verse 2

मयौ रसौ तजौ भनौ गुरुर्लघुरपिद्विज । कारणं छंदसि प्रोक्ताश्छन्दःशास्त्रविशारदैः ॥ २ ॥

« Ma » et « ya », « ra » et « sa », « ta » et « ja », ainsi que « bha » et « na »—et même « guru » et « laghu », ô deux-fois-né—sont les termes techniques (kāraṇa) du mètre, tels que les maîtres du chandas-śāstra, science de la prosodie, les ont énoncés.

Verse 3

सर्वगो मगणः प्रोक्तो मुखलो यगणः स्मृतः । मध्यलो रगणश्वैव प्रांत्यगः सगणो मतः ॥ ३ ॥

On dit que le gaṇa nommé « ma » peut se trouver en toute position ; le « ya »-gaṇa est retenu comme étant au début ; le « ra »-gaṇa, de même, au milieu ; et le « sa »-gaṇa est tenu pour être à la fin.

Verse 4

तगणोंऽतलघुः ख्यातो मध्यगो जो भआदिगः । त्रिलघुर्नगणः प्रोक्तस्त्रिका वर्णगणा मुने ॥ ४ ॥

Le ta-gaṇa est réputé être le groupe dont la dernière syllabe est brève ; le ja-gaṇa a une syllabe brève au milieu et commence par « bha ». Le na-gaṇa est dit composé de trois syllabes brèves. Ainsi, ô muni, tels sont les triades des groupes syllabiques (varṇa-gaṇa).

Verse 5

चतुर्लास्तु गणाः पञ्च प्रोक्ता आर्यादिसंमताः । संयोगश्च विसर्गश्चानुस्वारो लघुतः परः ॥ ५ ॥

Les autorités savantes, à commencer par la tradition d’Āryā, enseignent que, dans le système des quatre-lā, il y a cinq gaṇa ; et qu’un groupe consonantique (saṃyoga), le visarga (ḥ) et l’anusvāra (ṃ) sont tenus pour suivre—et donc influer sur—une syllabe brève (laghu).

Verse 6

लघोर्दीर्घत्वमाख्याति दीर्घो गो लो लघुर्मतः । पादश्चतुर्थभागः स्याद्विच्छेदोयतिरुच्यते ॥ ६ ॥

Une syllabe brève est indiquée comme longue par le marqueur « go » ; et par « lo », une syllabe longue est comprise comme brève. Le quart d’un vers se nomme pāda, et la coupure (pause) est appelée yati.

Verse 7

सममर्द्धसमं वृत्तं विषमं चापि नारद । तुल्यलक्षणतः पादचतुष्के सममुच्यते ॥ ७ ॥

Ô Nārada, les mètres (vṛtta) sont de trois sortes : sama, ardhasama et viṣama. Lorsque les quatre pādas portent des caractéristiques métriques identiques, on l’appelle « sama ».

Verse 8

आदित्रिके द्विचतुर्थे सममर्द्धसमं ततम् । लक्ष्म भिन्नं यस्य पादचतुष्के विषमं हि तत् ॥ ८ ॥

Dans un vers, si les premier et troisième pādas sont égaux, et si les deuxième et quatrième s’accordent selon une demi-mesure, mais que le signe métrique (lakṣma) diffère au sein des quatre pādas, alors ce mètre est dit « viṣama » (inégal).

Verse 9

एकाक्षरात्समारभ्य वर्णैकैकस्य वृद्धितः । षड्विंशत्यक्षरं यावत्पादस्तावत्पृथक् पृथक् ॥ ९ ॥

En partant d’une seule syllabe et en augmentant d’une syllabe à chaque fois, chaque pāda possible doit être présenté séparément, jusqu’à la limite de vingt-six syllabes.

Verse 10

तत्परं चंडवृष्ट्यादिदंडकाः परिकल्पिताः । त्रिभिः षड्भिः पदैर्गाथाः श्रृणु संज्ञा यथोत्तरम् ॥ १० ॥

Après cela sont exposés les mètres de type daṇḍaka—tels que Caṇḍavṛṣṭi et d’autres. De plus, les gāthā se composent de trois à six pādas ; écoute maintenant leurs noms dans l’ordre convenable.

Verse 11

उक्तात्युक्ता तथा मध्या प्रतिष्टान्या सुपूर्विका । गायत्र्युष्णिगनुष्टष्टप्च बृहती पंक्तिरेव च ॥ ११ ॥

On les nomme aussi Uktātyuktā, Madhyā, Pratiṣṭhānyā et Supūrvikā ; et parmi les mètres figurent également Gāyatrī, Uṣṇik, Anuṣṭup, Bṛhatī et Paṅkti.

Verse 12

त्रिष्टुप्च जगती चैव तथातिजगती मता । शक्करी सातिपूर्वा च अष्ट्यत्यष्टी ततः स्मृते ॥ १२ ॥

Triṣṭubh et Jagatī, et de même Atijagatī, sont reconnus comme des mètres. Puis l’on se souvient de Śakkarī avec Sātipūrvā, et ensuite de Aṣṭī et Atyaṣṭī, selon la tradition.

Verse 13

धृतिश्च विधृतिश्चैव कृतिः प्रकृतिराकृतिः । विकृतिः संकृतिश्चैव तथातिकृतिरुत्कृतिः ॥ १३ ॥

Dhṛti et Vidhṛti ; Kṛti, Prakṛti et Ākṛti ; Vikṛti et Saṅkṛti ; ainsi que Atikṛti et Utkṛti — tout cela aussi doit être compris.

Verse 14

इत्येताश्छन्दसां संज्ञाः प्रस्ताराद्भेदभागिकाः । पादे सर्वगुरौ पूर्वील्लघुं स्थाप्य गुरोरधः ॥ १४ ॥

Ainsi, ces désignations techniques des mètres proviennent du prastāra (déploiement systématique du mètre) et de leurs divisions respectives. Dans un pāda entièrement lourd (sarva-guru), on doit placer une syllabe légère (laghu) en position antérieure, à la place d’une lourde (guru).

Verse 15

यथोपरि तथा शेषमग्रे प्रारवन्न्यसेदपि । एष प्रस्तार उदितो यावत्सर्वलघुर्भवेत् ॥ १५ ॥

De la même manière qu’au-dessus, on placera aussi le reste à l’avant, en commençant par le premier. Ainsi est énoncé ce prastāra, se poursuivant jusqu’à ce que tout devienne « léger » (sarva-laghu).

Verse 16

नष्टांकार्द्धे समे लः स्याद्विपम् सैव सोर्द्धगः । उद्दिष्टे द्विगुणानाद्यादंगान्संमोल्य लस्थितान् ॥ १६ ॥

Lorsque le «chiffre perdu» (naṣṭāṅka) est réduit de moitié et que le résultat est pair, on applique le marqueur « la » ; la même règle doit être comprise pour le cas correspondant de vipam, avec le demi-pas. Dans l’opération énoncée (uddiṣṭa), on commence par doubler, puis l’on réunit (fusionne) les membres (aṅga) qui se tiennent à la position « la ».

Verse 17

कृत्वा सेकान्वदैत्संख्यामिति प्राहुः पुराविदः । वर्णान्सेकान्वृत्तभवानुत्तराधरतः स्थितान् ॥ १७ ॥

Les sages de l’antiquité disent : «Après avoir disposé les “seka”, il faut en énoncer le nombre». Ces “seka” — les classes de lettres — sont établis dans l’ordre convenable, du plus élevé au plus bas.

Verse 18

एकादिक्रमतश्चैकानुपर्य्युपरि विन्यसेत् । उपांत्यतो निवर्तेत त्यजन्नेकैकमूर्द्धतः ॥ १८ ॥

Les plaçant un à un selon l’ordre ascendant, qu’il les dispose successivement toujours plus haut. Puis, en commençant par l’avant-dernier, qu’il se retire, abandonnant chacun par degrés, depuis le sommet de la tête.

Verse 19

उपर्याद्याद्गुरोरेवमेकद्व्यादिलगक्रिया । लगक्रियांकसंदोहे भवेत्संख्याविमिश्रिते ॥ १९ ॥

Ainsi, en montant à partir de l’unité lourde (guru) précédente, on applique les opérations de l’unité légère (laghu) en simple, double, et ainsi de suite ; et lorsque l’ensemble des marques numériques issues de ces opérations légères s’entremêle, le décompte obtenu devient un nombre mixte (combiné).

Verse 20

उद्दिष्टांकसमाहारः सैको वा जनयेदिमाम् । संख्यैव द्विगुणैकोना सद्भिरध्वा प्रकीर्तितः ॥ २० ॥

Le total obtenu en additionnant les chiffres énoncés—soit ce total lui-même, soit ce total augmenté d’une unité—engendre ce résultat. Les sages déclarent que l’« adhvan » est exactement le nombre qui est d’une unité inférieur au double de la saṃkhyā.

Verse 21

इत्येतत्किंचिदाख्यातं लक्षणं छंदसां नुने । प्रस्तारोक्तप्रभेदानां नामानांस्त्यं प्रगाहते ॥ २१ ॥

Ainsi, j’ai exposé à présent, brièvement, les traits distinctifs des mètres védiques (chandas). Ensuite, je présenterai les noms établis des diverses classifications, tels qu’ils sont énoncés par le prastāra (les permutations métriques systématiques).

Frequently Asked Questions

They denote standard varṇa-gaṇas—three-syllable groupings used to encode guru/laghu patterns—allowing metres to be described, compared, and generated systematically in chandas-śāstra.

Sama has identical metrical characteristics across all four pādas; ardhasama has partial equivalence (typically pairing patterns across pādas); viṣama applies when pāda-patterns differ in a defined uneven arrangement, i.e., the metrical marks are not uniform across the four quarters.

Prastāra enumerates all possible guru/laghu permutations for a given length, while naṣṭāṅka procedures recover a specific pattern or index (“lost figure”) from the enumeration—together enabling a computational approach to metrical classification.