Adhyaya 26
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Adhyaya 26: Madālasa Names Alarka and Reorients Him Toward Kshatriya Duty

मदालसोपाख्यानम् — अलर्कनामकरणं (Madālasopākhyānam — Alarkanāmakaraṇam)

Madalasa's Teaching II

Dans cet adhyaya, la mère Madālasa accomplit le rite de nomination et donne à son fils le nom d’« Alarka ». Voyant son élan à se détourner du monde, elle le réoriente par l’enseignement du dharma vers le devoir du kshatriya : porter la charge royale, protéger les sujets, maintenir la justice et garder l’ordre selon la Loi sacrée.

Celestial Realms

देवलोक (Devaloka)

Key Content Points

Madālasa’s earlier method of awakening her sons to non-attachment is reiterated; the first three sons remain indifferent to household and royal life.Naming dialogue: the king asks why Madālasa laughs at the names Vikrānta, Subāhu, and Śatrumardana; she argues that such designations are conceptually empty in light of the formless, all-pervading Self and the non-duality implied by a single puruṣa in all bodies.The fourth son is named Alarka; Madālasa defends the name by demonstrating the conventional, transactional (vyāvahārika) nature of all names.The king’s dharma-based objection: he fears the extinction of lineage and the cessation of ancestral rites (piṇḍa and udaka offerings) if sons become disengaged from action.Madālasa adapts her instruction to the king’s request, giving Alarka a normative kṣatriya program: governance, protection of the good, suppression of the wicked, generosity, ritual patronage, and pursuit of both aihika and āmuṣmika fruits.

Focus Keywords

Markandeya Purana Adhyaya 26Madālasa UpākhyānaAlarka naming storyPuranic non-duality and namesKshatriya dharma instructionPitṛ rites piṇḍa udakaVyāvahārika naming critiqueSelf as all-pervading puruṣa

Shlokas in Adhyaya 26

Verse 1

इति श्रीमार्कण्डेयपुराणे मदालसोपाख्याने पञ्चविंशोऽध्यायः । षड्विंशोऽध्यायः । जड उवाच वर्धमानं सुतं सा तु राजपत्नी दिने दिने । तमुल्लापादिना बोधमनयन्निर्ममात्मकम् ॥

Ainsi s’achève le vingt-cinquième chapitre de l’épisode de Madālasā dans le Śrī Mārkaṇḍeya Purāṇa. Commence le vingt-sixième chapitre. Jaḍa dit : Jour après jour, à mesure que son fils grandissait, la reine l’amenait à la compréhension par des berceuses et autres paroles semblables, le façonnant dans une disposition sans esprit de possession.

Verse 2

यथायथं बलं लेभे यथा लेभे मतिं पितुः । तथा तथात्मबोधञ्च सोऽवापन्मातृभाषितैः ॥

À mesure qu’il gagnait en vigueur, et qu’il acquérait l’intelligence attendue de la lignée de son père, de même il parvint à la connaissance de soi grâce aux paroles de sa mère.

Verse 3

इत्थं तया स तनयो जन्मप्रभृति बोधितः । चकार न मतिं प्राज्ञो गार्हस्थ्यं प्रति निर्ममः ॥

Ainsi instruit par elle dès la naissance, ce fils sage—délivré de l’esprit de possession—ne porta pas son esprit vers la vie de maître de maison (gṛhastha).

Verse 4

द्वितीयोऽस्याः सुतो जज्ञे तस्य नामाकरोत्पिता । सुबाहुरयमित्युक्ते सा जाहास मदालसा ॥

Un second fils lui naquit. Le père lui donna un nom ; et lorsqu’on dit : « Celui-ci est Subāhu », Madālasā se mit à rire.

Verse 5

तमप्येवं यथापूर्वं बालमुल्लापनादिना । प्राह बाल्यात् स च प्राप तथा बोधं माहामतिः ॥

Lui aussi, comme auparavant, elle s’adressa dès l’enfance par des berceuses et autres paroles semblables ; et lui, grand d’âme, atteignit la même compréhension.

Verse 6

तृतीयं तनयं जातं स राजा शत्रुमर्दनम् । यदाह तेन सा सुभ्रूर्जहासातिचिरं पुनः ॥

Lorsque naquit le troisième fils, le roi le nomma « Śatrumardana » (Écraseur des ennemis). À ces mots, la reine aux beaux sourcils se remit à rire longuement.

Verse 7

तथैव सोऽपि तन्वङ्ग्या बालत्वादवबोधितः । क्रियाश्चकार निष्कामो न किञ्चिदुपकारकम् ॥

De même, ce garçon—instruit dès l’enfance par sa mère aux membres graciles—accomplissait ses actes sans désir, ne faisant rien en vue d’un avantage ou d’un gain.

Verse 8

चतुर्थस्य सुतस्याथ चिकीर्षुर्नाम भूमिपः । ददर्श तां शुभाचारामीषद्धासां मदालसाम् । तामाह राजा हसतीं किञ्चित् कौतूहलान्वितः ॥

Alors le roi, désirant donner un nom au quatrième fils, vit Madālasa—de conduite irréprochable—sourire légèrement. Le roi, quelque peu curieux, lui adressa la parole tandis qu’elle riait.

Verse 9

राजोवाच क्रियमाणेऽसकृन्नाम्नि कथ्यतां हास्यकारणम् । विक्रान्तश्च सुबाहुश्च तथान्यः शत्रुमर्दनः ॥

Le roi dit : «Puisque tu ris sans cesse lorsqu’on donne un nom, dis-moi la cause de ton rire. (Je les ai nommés) Vikrānta, Subāhu, et l’autre, Śatrumardana.»

Verse 10

शोभनानीति नामानि मया मन्ये कृतानि वै । योग्यानि क्षत्रबन्धूनां शौर्याटोपयुतानि च ॥

«Je tiens pour excellents les noms que j’ai donnés—dignes des rejetons kṣatriya et empreints de l’éclat de la vaillance.»

Verse 11

असन्त्येतानि चेद्भद्रे ! यदि ते मनसि स्थितम् । तदस्य क्रियतां नाम चतुर्थस्य सुतस्य मे ॥

Ô dame de bon augure, si, dans ton esprit, ces noms ne sont pas convenables, alors façonne toi-même un nom pour celui-ci, mon quatrième fils.

Verse 12

मदालसोवाच मयाज्ञा भवतः कार्याः महाराज ! यथात्थ माम् । तथा नाम करिष्यामि चतुर्थस्य सुतस्य ते ॥

Madālasa dit : « Ô grand roi, ton ordre doit être accompli par moi, ainsi que tu l’as dit. En conséquence, je donnerai un nom à ton quatrième fils. »

Verse 13

अलर्क इति धर्मज्ञः ख्यातिं लोके प्रयास्यति । कनीयानेष ते पुत्रो मतिमांश्च भविष्यति ॥

« (Il sera appelé) Alarka. Il connaîtra le dharma et obtiendra la renommée dans le monde. Ce fils qui est le tien est le plus jeune, et il sera intelligent. »

Verse 14

तच्छ्रुत्वा नाम पुत्रस्य कृतं मात्रा महीपतिः । अलर्क इत्यसंबद्धं प्रहस्येदमथाब्रवीत् ॥

Entendant le nom donné au fils par sa mère, le roi—jugeant « Alarka » sans lien et singulier—rit, puis parla ainsi.

Verse 15

राजोवाच भवत्या यदिदं नाम मत्पुत्रस्य कृतं शुभे । किमीदृशमसंबद्धमर्थः कोऽस्य मदालसे ॥

Le roi dit : « Ô toi de bon augure, ce nom que tu as donné à mon fils, pourquoi est-il d’une nature si incongrue ? Quel en est le sens, ô Madālasa ? »

Verse 16

मदालसोवाच कल्पनेयं महाराज ! कृता सा व्यावहारिको / त्वत्कृतानां तथा नाम्नां शृणु भूप ! निरर्थताम्

Mādālasā dit : «Ô grand roi, ceci n’est qu’une convention mondaine imaginée. Écoute, ô souverain, l’inanité même des noms que tu as attribués.»

Verse 17

वदन्ति पुरुषाः प्राज्ञा व्यापिनं पुरुषं यतः / क्रान्तिश्च गतिरुद्दिष्टा देशाद्देशान्तरं तु या

«Les sages appellent le Puruṣa (la Personne, le Soi) “vyāpī”, “tout-pénétrant”, car l’on dit que “krānti” est le mouvement — le passage d’un lieu à un autre.»

Verse 18

सर्वगो न प्रयातीति व्यापी देहेश्वरो यतः / ततो विक्रान्तसंज्ञेयं मता मम निरर्थिका

«Puisque le Seigneur tout-pénétrant au-dedans du corps ne “va” nulle part, l’appellation “Vikrānta” (celui qui stride/se meut) est, selon moi, dénuée de sens.»

Verse 19

सुबाहुरिति या संज्ञा कृतान्यस्य सुतस्य ते / निरर्था साप्यमूर्तत्वात् पुरुषस्य महीपते

«Le nom “Subāhu” que tu as donné à un autre de tes fils est lui aussi vain, ô roi, car le Puruṣa (le Soi) est sans forme.»

Verse 20

पुत्रस्य यद् कृतं नाम तृतीयस्यारिमर्दनः / मन्ये तदप्यसंबद्धं शृणु चाप्यत्र कारणम्

«Le nom que tu as donné à ton troisième fils — “Arimardana” —, je le tiens moi aussi pour incongru. Écoute également la raison de cela.»

Verse 21

एक एव शरीरेषु सर्वेषु पुरुषो यदा / तदास्य राजन् ! कः शत्रुः को वा मित्रमिहेष्यते

«Lorsque la Personne une et identique demeure en tous les corps, alors, ô roi, qui pourrait être son ennemi, et qui chercherait-on ici comme ami ?»

Verse 22

भूतैर्भूतानि मृद्यन्ते अमूर्तो मृद्यते कथम् / क्रोधादीनां पृथग्भावात् कल्पनेयं निरर्थिका

«Les êtres sont écrasés par les êtres ; comment l’Informe pourrait-il être écrasé ? Puisque la colère et ce qui lui ressemble existent comme des états distincts (séparables), tout cela n’est qu’une imagination, sans sens véritable.»

Verse 23

यदि संव्यवहारार्थमसन्नाम प्रकल्प्यते / नाम्नि कस्मादलर्काख्ये नैरर्थ्यं भवतो मतम्

«Si un nom irréel est forgé pour les usages du monde, pourquoi donc, dans le cas du nom “Alarka”, ne tiens-tu pas compte de son “absence de sens” ?»

Verse 24

जड उवाच एवमुक्तस्तया साधु महीष्या स महीपतिः / तथे त्याह महाबुद्धिर्दयितां तथ्यवादिनीम्

Jaḍa dit : Ainsi interpellé par cette noble reine, le roi de la terre—d’une grande intelligence—dit à son aimée, qui dit la vérité : « Qu’il en soit ainsi. »

Verse 25

तञ्चापि सा सुतं सुभ्रूर्यथा पूर्वसुतांस्तथा / प्रोवाच बोधजननं तामुवाच स पार्थिवः

Et elle, aux beaux sourcils, instruisit aussi ce fils—comme elle l’avait fait pour les fils précédents—par des paroles qui éveillent la connaissance ; puis le roi lui parla (ensuite).

Verse 26

करोषि किमिदं मूढे ! ममाभावाय सन्ततेः । दुष्टावबोधदानेन यथापूर्वं सुतेषु मे ॥

«Insensé, que fais-tu donc—veux-tu éteindre ma lignée ? En donnant cet enseignement dévoyé, comme tu l’as déjà fait jadis à mes fils !»

Verse 27

यदि ते मत्प्रियं कार्यं यदि ग्राह्यं वचो मम । तदेनं तनयं मार्गे प्रवृत्तेः सन्नियोजय ॥

«Si tu veux faire ce qui m’est cher, si mes paroles doivent être reçues—alors établis fermement ce fils sur la voie de l’activité et du devoir dans le monde (pravṛtti).»

Verse 28

कर्ममार्गः समुच्छेदं नैवं देवि ! गमिष्यति । पितृपिण्डनिवृत्तिश्च नैवं साध्वि ! भविष्यति ॥

«Ô Devi, la voie de l’action prescrite ne doit pas être tranchée de la sorte. Ô vertueuse, ainsi l’offrande des boulettes de riz (piṇḍa) aux ancêtres ne doit pas non plus prendre fin ; elle ne doit pas être interrompue.»

Verse 29

पितरो देवलोकस्थास्तथा तिर्यक्त्वमागताः । तद्वन्मनुष्यतां याता भूतवर्गे च संस्थिताः ॥

«Les ancêtres peuvent demeurer dans le monde des dieux ; de même, ils peuvent être allés à un état animal ; pareillement, ils peuvent avoir atteint la condition humaine, ou être placés parmi des classes d’êtres (bhūtas).»

Verse 30

सपुण्यानसपुण्यांश्च क्षुत्क्षामान् तृट्परिप्लुतान् । पिण्डोदकप्रदानेन नरः कर्मण्यवस्थितः ॥

«Qu’ils soient méritants ou non, qu’ils soient consumés par la faim ou tourmentés par la soif—en offrant des boulettes de riz (piṇḍa) et de l’eau, l’homme établi dans le dharma les soutient.»

Verse 31

सदाप्यायते सुभ्रु ! तद्वद्देवातिथोऽनपि । देवैर्मनुष्यैः पितृभिः प्रेतैर्भूतैः सगुह्यकैः ॥

Ô toi au beau front, de même les dieux et aussi les hôtes sont sans cesse nourris—par les dieux, les hommes, les ancêtres, les pretas (défunts), les bhūtas et même les guhyakas.

Verse 32

वयोभिः कृमिकीडैश्च नर एवोपजीव्यते । तस्मात् तन्वङ्गि ! पुत्रं यत्कार्यं क्षत्रयोनिभिः ॥

L’homme lui-même vit soutenu par les oiseaux, et même par les vers et les insectes. C’est pourquoi, ô toi aux membres graciles, accomplis ce qui doit être fait au sujet d’un fils, selon le devoir de ceux nés kṣatriya.

Verse 33

ऐहिकामुष्मिकफलं तत् सम्यक् प्रतिपादय ॥

Établis cela comme il convient, afin qu’il porte un fruit à la fois en ce monde et dans l’autre.

Verse 34

जड उवाच तेनैवमुक्ता सा भर्त्रा वरनारी मदालसा । अलर्कं नाम तनयमुवाचोल्लापवादिनी ॥

Jaḍa dit : Ainsi interpellée par son époux, cette femme d’excellence, Madālasā, habile en paroles douces, s’adressa à son fils nommé Alarka.

Verse 35

पुत्र वर्धस्व मद्भर्तुर्मनो नन्दय कर्मभिः । मित्राणामुपकाराय दुर्हृदां नाशनाय च ॥

Mon fils, grandis et prospère ; réjouis le cœur de ton père par tes actes—afin de servir les amis et de détruire aussi les ennemis au cœur hostile.

Verse 36

धन्योऽसि रे यो वसुधामशत्रुरेकश्चिरं पालयितासि पुत्र । तत्पालनादस्तु सुखोपभोगो धर्मात्फलं प्राप्स्यसि चामरत्वम् ॥

Béni sois-tu, toi qui ne nourris aucune inimitié sur cette terre. Longtemps tu protégeras le monde, mon fils. De cette protection, puisses-tu jouir de la prospérité ; du dharma tu recevras son fruit, jusqu’à l’immortalité parmi les dieux.

Verse 37

धरामरान् पर्वसु तर्पयेथाः समीहितं बन्धुषु पूरयेथाः । हितं परस्मै हृदि चिन्तयेथाः मनः परस्त्रीषु निवर्तयेथाः ॥

Lors des occasions sacrées, tu dois satisfaire les dieux et les ancêtres ; accomplir les souhaits légitimes de tes proches ; dans ton cœur, vouloir ce qui est bénéfique aux autres ; et retirer ton esprit de l’épouse d’autrui.

Verse 38

यज्ञौरनेकैर्विबुधानजस्त्रमर्थैर्द्विजान् प्रीणय संश्रितांश्च । स्त्रियश्च कामैरतुलैश्चिराय युद्धैश्चारींस्तोṣयितासि वीर ॥

Par de nombreux sacrifices, réjouis sans cesse les dieux ; par tes richesses, comble les deux-fois-nés (brahmanes) et ceux qui dépendent de toi. Par des plaisirs incomparables, satisfais longtemps tes épouses ; et par les batailles, ô héros, satisfais tes ennemis (c’est-à-dire affronte-les dans un combat légitime).

Verse 39

बालो मनो नन्दय बान्धवानां गुरोस्तथाज्ञाकरनैः कुमारः । स्त्रीणां युवा सत्कुलभूषणानां वृद्धो वने वत्स ! वनॆचराणाम् ॥

Enfant, réjouis le cœur de tes proches ; jeune homme, en tant qu’étudiant, suis les ordres du maître. Dans la vigueur de la jeunesse, sois un digne ornement des familles nobles (et un compagnon convenable pour les femmes) ; et dans la vieillesse, mon fils, demeure en forêt parmi les habitants des bois.

Verse 40

राज्यं कुर्वन् सुहृदो नन्दयेथाः साधून् रक्षंस्तात ! यज्ञैर्यजेथाः । दुष्टान्निघ्रन् वैरिणश्चाजिमध्ये गोविप्रार्थे वत्स ! मृत्युं व्रजेथाः ॥

En administrant le royaume, réjouis tes amis ; en protégeant les justes, cher fils, accomplis des sacrifices. Écrase les méchants et affronte les ennemis au cœur de la bataille ; si c’est pour la cause des vaches et des brahmanes, mon enfant, va jusqu’à la mort.

Frequently Asked Questions

The chapter tests the tension between metaphysical insight and social duty: Madālasa argues that names like “Vikrānta” or “Śatrumardana” are ultimately empty when the Self is formless and one in all beings, while the king insists that kṣatriya action, lineage-continuity, and ritual obligations must still be upheld.

This Adhyāya does not develop a Manvantara sequence or Manu-lineage; it remains within the Madālasa domestic-royal exemplum, using a courtly setting to explore dharma, karma, and the limits of conventional designation.

It is outside the Devi Māhātmya section (Adhyāyas 81–93). Its relevance is ethical-philosophical rather than shaktic: it models how spiritual instruction can be recalibrated to varṇa-dharma—here, reshaping Madālasa’s teaching into a kṣatriya-oriented program for Alarka.