
अध्याय १३२ — कर्मणा मनसा वाचा: स्वर्गमार्गः तथा आयुर्विपाकः (Adhyāya 132 — The path to heaven through deed, mind, and speech; karmic results for lifespan)
Upa-parva: Śiva–Umā Saṃvāda (Ethics of Karma through Body, Speech, and Mind)
Umā initiates an inquiry into dharma and adharma as experienced by humans, asking how one becomes bound or liberated through the three instruments of agency—action, speech, and mind—and what qualities lead to svarga. Maheśvara affirms the question as universally beneficial and outlines a virtue-profile: truthfulness, freedom from acquisitive craving, equanimity, and dispassion as conditions for release from bonds. The discourse then itemizes svarga-oriented disciplines in three registers. (1) Deeds: non-injury to beings, compassion, self-control, non-theft, and sexual restraint (including avoidance of others’ partners and contentment with one’s lawful means). (2) Speech: abstention from falsehood (even for self-interest, gain, or amusement), avoidance of harsh, divisive, or slanderous words, and cultivation of gentle, truthful, conciliatory speech. (3) Mind: refusal to covet or rejoice in another’s property, mental non-violation regarding others’ partners, impartiality toward friend and enemy, and steady goodwill. Umā then raises a further problem of karmic differentiation—why longevity, short life, prosperity, low status, attractiveness, intelligence, and health vary among humans. Maheśvara begins the karma-phala explanation with a focused example: cruelty and habitual injury lead to suffering, social aversion, hellish states, and—upon return—short lifespan; conversely, non-violence and compassion yield favorable rebirths and long life, presented as an established ‘path of longevity’ grounded in abstention from harming living beings.
Chapter Arc: युधिष्ठिर के धर्म-जिज्ञासा के उत्तर में ‘देव-रहस्य’ का द्वार खुलता है—अग्नि, लक्ष्मी और ऋषि-परंपरा स्वयं बताती है कि छोटे-से कर्म और घर-गृहस्थी की व्यवस्था भी महान फल दे सकती है। → व्रत-तिथि, आचरण और गृह-शुचिता के सूक्ष्म नियम सामने आते हैं: पूर्णिमा पर बलि/अग्निकार्य, अमावस्या पर वनस्पति-हिंसा का निषेध, अतिथि-सत्कार, दीप-प्रज्वलन, गो-ब्राह्मण-अहिंसा, और श्राद्ध-दैव-तीर्थ-पर्वों में विधि—इन सबमें चूक होने पर पाप-लेख और लक्ष्मी-त्याग का भय बढ़ता जाता है। → जमदग्नि का निर्णायक वचन—यज्ञों की बहुलता से भी बढ़कर ‘हृदय की शुद्धता’ है; शुद्ध मन से दिया गया अल्प दान भी ब्रह्मलोक-प्राप्ति का कारण बन सकता है। → देव-रहस्य का सार स्थिर होता है: बाह्य कर्म (तिथि-विधि, गृह-व्यवस्था, श्राद्ध-दान) तभी फलते हैं जब अंतःकरण निर्मल हो; धर्म का श्रेष्ठतम रूप अहिंसा, सत्कार, और शुद्ध-चित्त दान में प्रकट है।
Verse 1
अपना बछ। है २ २4 सप्तविशर्त्याधिेकशततमो< ध्याय: अग्नि
Bhīṣma dit : Lorsque la Lune se lève, si quelqu’un se tourne vers elle et lui offre une pleine poignée (añjali) d’eau avec du ghee et des akṣata (grains intacts), cette offrande est tenue pour l’accomplissement du devoir de l’Agnihotra. Par cet acte, les trois feux sacrés—tel le Gārhapatya et les autres—sont réputés avoir été correctement rassasiés d’oblations.
Verse 2
स्थितो हााभिमुखो मर्त्य: पौर्णमास्यां बलिं हरेत् । अग्निकार्य कृतं तेन हुताश्चास्याग्नयस्त्रय:
Bhīṣma dit : Si, la nuit de la pleine lune, un homme, debout et tourné vers la Lune, offre un bali—une oblation—, alors, par cet acte, il est tenu pour avoir accompli comme il se doit le rite du feu ; et ses trois feux sacrés sont réputés avoir été correctement nourris d’offrandes.
Verse 3
वनस्पति च यो हन्यादमावास्यामबुद्धिमान् । अपि होकेन पत्रेण लिप्यते ब्रह्म॒हत्यया,जो मूर्ख अमावास्याके दिन किसी वनस्पतिका एक पत्ता भी तोड़ता है, उसे ब्रह्महत्याका पाप लगता है
Bhīṣma dit : «Si un insensé blesse un arbre le jour d’Amāvāsyā (nouvelle lune), ne fût-ce qu’en arrachant une seule feuille, il se trouve souillé par le péché de brahmahatyā, la plus lourde des transgressions.»
Verse 4
दन्तकाष्ठ॑ तु यः खादेदमावास्यामबुद्धिमान् | हिंसितश्रन्द्रमास्तेन पितरश्रोद्धिजन्ति च
Bhīṣma dit : L’insensé qui se sert d’un bâtonnet à dents (dantakāṣṭha) le jour d’Amāvāsyā (nouvelle lune) commet une offense dont on dit qu’elle blesse la Lune ; et les Pitṛs, les esprits des ancêtres, s’en trouvent eux aussi troublés.
Verse 5
हव्यं न तस्य देवाश्च प्रतिगृह्नन्ति पर्वसु । कुप्यन्ते पितरश्चास्य कुले वंशो5स्य हीयते
Bhishma dit : «Aux jours de fête sacrée, les dieux n’acceptent pas les oblations offertes par un tel homme. Ses ancêtres aussi s’en trouvent mécontents, et dans sa maison la lignée décline».
Verse 6
श्रीरुवाच प्रकीर्ण भाजनं यत्र भिन्नभाण्डमथासनम् । योषितश्वैव हन्यते कश्मलोपहते गृहे
Śrī (Lakṣmī) dit : «Dans une maison où les récipients sont épars, où les ustensiles sont brisés et même les sièges déchirés, et où l’on frappe et humilie les femmes, ce foyer est souillé par le péché. D’un tel logis ainsi profané, aux temps de fête et d’observance sacrée, les dieux et les ancêtres s’en retournent, déçus ; ils n’acceptent pas le culte qui y est offert».
Verse 7
देवता: पितरश्वैव उत्सवे पर्वणीषु वा । निराशा: प्रतिगच्छन्ति कश्मलोपहताद गृहात्
Bhishma dit que, lorsqu’un foyer est frappé par la souillure morale et le désordre, les dieux et les ancêtres n’acceptent pas son culte. Même aux jours de fête et d’observance sacrée, ils s’en retournent déçus de cette demeure entachée de péché, car la révérence issue d’une vie domestique corrompue ne porte aucun fruit.
Verse 8
अंगिरा उवाच यस्तु संवत्सरं पूर्ण दद्याद् दीपं करञ्जके । सुवर्चलामूलहस्त: प्रजा तस्य विवर्धते
Aṅgirā dit : «Quiconque, pendant une année entière, offre une lampe sous un arbre karañja et tient en sa main la racine de suvarcalā (herbe médicinale sacrée), verra sa descendance s’accroître».
Verse 9
गार्ग्य उवाच आतिथ्यं सततं कुर्याद् दीपं दद्यात् प्रतिश्रये । वर्जयानो दिवा स्वापं न च मांसानि भक्षयेत्
Gārgya dit : «Qu’on pratique sans cesse l’hospitalité ; dans sa demeure, qu’on offre une lampe (la lumière) aux hôtes et à ceux qui dépendent de nous. Qu’on évite de dormir le jour et qu’on ne mange pas de viande».
Verse 10
गोब्राह्मणं न हिंस्याच्च पुष्कराणि च कीर्तयेत् । एष श्रेष्ठतमो धर्म: सरहस्यो महाफल:
Gārgya dit : «Qu’on ne fasse aucun mal aux vaches ni aux brāhmaṇa, et qu’on récite régulièrement les noms des lieux saints de Puṣkara. Voilà le dharma le plus élevé — enseigné avec sa raison intérieure et son “secret” sacré — et il donne un grand fruit spirituel.»
Verse 11
अपि क्रतुशतैरिष्टवा क्षयं गच्छति तद्धवि: । नतु क्षीयन्ति ते धर्मा: श्रद्दधानै: प्रयोजिता:
Quand bien même on aurait accompli des centaines de sacrifices, le fruit de ces offrandes (havis) finit par décroître et s’épuiser. Mais les dharmas pratiqués avec foi—ces disciplines de juste conduite—ne s’épuisent pas : entrepris par les croyants, ils demeurent durables et infaillibles dans leur puissance morale.
Verse 12
इदं च परम॑ गुहां सरहस्यं निबोधत । श्राद्धकल्पे च दैवे च तैर्थिके पर्वणीषु च
Gārgya dit : «Comprenez aussi ceci : cet enseignement suprême et caché, avec sa raison intérieure. Il vaut pour la juste procédure du śrāddha, pour les rites offerts aux dieux, pour les observances liées aux tīrtha (pèlerinages) et pour les jours sacrés de fête (parvan).»
Verse 13
रजस्वला च या नारी श्रित्रिकापुत्रिका च या । एताभिश्षक्षुषा दृष्टं हविरनाश्रन्ति देवता:
Gārgya dit : «Une femme en période de menstruation, et une femme atteinte de śvitra (lèpre blanche) ou d’un mal de peau appelé kāputrikā : lorsque l’oblation est vue par de telles femmes, les dieux ne prennent pas part à cette offrande.»
Verse 14
पितरश्न न तुष्यन्ति वर्षाण्यपि त्रयोदश । यह परम गोपनीय रहस्यकी बात सुनो। श्राद्धमें
Gārgya dit : «Les Pitṛ (ancêtres) ne sont pas satisfaits—même durant treize années. Écoutez cet enseignement des plus secrets. Si, aux jours de śrāddha, de sacrifice, de pèlerinage (tīrtha) ou de fête sacrée (parvan), l’oblation (havis) préparée pour les dieux est vue par une femme en période de menstruation, par une femme lépreuse ou par une femme stérile, alors les dieux n’acceptent pas cette oblation, comme “touchée” par leur regard, et les ancêtres demeurent insatisfaits pendant treize ans. C’est pourquoi, aux jours de śrāddha et de sacrifice, on doit se baigner et se purifier, revêtir des vêtements blancs, faire prononcer par des brāhmaṇa des bénédictions (svasti) et réciter le Bhārata ; ainsi, l’offrande destinée aux dieux et aux ancêtres devient inépuisable.»
Verse 15
धौग्य उवाच भिन्नभाण्डं च खट्वां च कुक्कुटं शुनकं॑ तथा । अप्रशस्तानि सर्वाणि यश्न वृक्षो गृहेरुह:
Dhaumya dit : « Un récipient brisé, un lit brisé, un coq et un chien — de même, tout arbre qui aurait poussé à l’intérieur de l’enceinte de la maison — sont tous tenus pour de mauvais augure. Dans un foyer bien réglé, on les évite selon la tradition, car on pense qu’ils troublent l’harmonie domestique et la bienséance. »
Verse 16
भिन्नभाण्डे कलिं प्राहुः: खट्वायां तु धनक्षय: । कुक्कुटे शुनके चैव हविर्नाश्रन्ति देवता: । वृक्षमूले ध्रुवं सत्त्वं तस्माद् वृक्ष न रोपयेत्
Dhaumya dit : « On dit qu’un récipient brisé devient le siège de Kali (discorde et déclin). Vivre avec un lit brisé entraîne la perte des richesses. Si un coq et un chien demeurent dans la maison, les dieux n’y reçoivent pas l’oblation (havis). Et là où des racines d’arbre se trouvent dans l’habitation, des créatures s’y tiennent à coup sûr (serpents, scorpions) ; c’est pourquoi il ne faut pas planter d’arbre à l’intérieur de la maison. »
Verse 17
जगदग्निरुवाच यो यजेदश्वमेधेन वाजपेयशतेन ह । अवाक्शिरा वा लम्बेत सत्र॑ वा स्फीतमाहरेत्
Jamadagni dit : « Quand bien même un homme accomplirait le sacrifice de l’Aśvamedha, ou cent rites Vājapeya ; quand bien même il entreprendrait de rudes austérités — suspendu à un arbre la tête en bas — ou instituerait un satra (session sacrificielle) prospère, si son cœur n’est pas pur, ce pécheur ira sûrement en enfer. Car le sacrifice, la véracité et la pureté du cœur ont même valeur ; mais la pureté du cœur est la plus haute. »
Verse 18
न यस्य हृदयं शुद्ध॑ नरक स ध्रुवं ब्रजेत् । तुल्य॑ यज्ञश्न॒ सत्यं च हृदयस्य च शुद्धता
Dhaumya dit : « Celui dont le cœur n’est pas pur ira sûrement en enfer. Le sacrifice, la véracité et la pureté du cœur ont même valeur ; mais la pureté du cœur demeure la mesure la plus haute de la droiture. »
Verse 19
शुद्धेन मनसा दत्त्वा सक्तुप्रस्थं द्विजातये । ब्रह्मलोकमनुप्राप्त: पर्याप्तं तन्निदर्शनम्
Ayant donné, l’esprit purifié, une mesure d’un prastha de sattu (farine d’orge grillée) à un brahmane « deux fois né », un homme atteignit le monde de Brahmā. Cet unique exemple suffit à montrer l’importance décisive de la pureté intérieure dans l’acte de donner.
Verse 126
इस प्रकार श्रीमह्याभारत अनुशासनपरव्वके अन्तर्गत दानधर्मपर्वमें देवताओंका रहस्यविषयक एक सौ छब्बीसवाँ अध्याय पूरा हुआ
Ainsi s’achève le cent vingt-sixième chapitre, portant sur le secret relatif aux dieux, au sein de la section du dharma du don, contenue dans l’Anuśāsana Parva du saint Mahābhārata.
Verse 127
इति श्रीमहाभारते अनुशासनपर्वणि दानधर्मपर्वणि देवरहस्ये सप्तविंशत्यधिकशततमो<ध्याय:
Ainsi s’achève le cent vingt-septième chapitre—dans l’Anuśāsana Parva du Śrī Mahābhārata, au sein de la section du dharma du don (Dāna-dharma), dans l’exposé nommé « Deva-rahasya » (le secret concernant les dieux).
The chapter frames a practical dharma-sankat: since humans act through deed, speech, and mind, which precise patterns in these three domains lead to bondage versus liberation, and how do they concretely determine outcomes such as svarga and lifespan?
Ethical causality is comprehensive: non-injury, truthfulness, and restraint must be integrated across action, speech, and thought; inner intention and mental non-appropriation are treated as morally operative, not merely external behavior.
Rather than a formal phalaśruti formula, the chapter embeds a results-framework: virtues are repeatedly marked as “svarga-gāmin” and non-violence is explicitly identified as a recognized ‘path of long life,’ positioning comprehension as guidance toward auspicious karmic outcomes and liberation from bonds.