Adhyaya 18
Purva BhagaAdhyaya 1827 Verses

Adhyaya 18

Genealogies of Kaśyapa and Pulastya; Rise of Brahmavādin Lines and Rākṣasa Branches

Après la clôture du chapitre précédent (17), Sūta poursuit en décrivant les austérités (tapas) de Kaśyapa, accomplies pour établir des branches durables de gotra et assurer la continuité de la création. Deux fils d’éminence spirituelle, Vatsara et Asita, apparaissent; d’eux se déploient d’importantes lignées brahmavādin : Naidhruva, Raibhya et les Raibhyas; les Kuṇḍapāyina par Sumedhā; et Devala par Asita, jusqu’à l’identification de trois branches de Kāśyapa — Śāṇḍilya, Naidhru et Vāraibhya. Le récit se tourne ensuite vers la descendance de Pulastya par Ilavilā et Viśravas, énumérant épouses et enfants, à la fois sur une voie royale-divine et sur une voie rākṣasa : Kubera (Vaiśravaṇa) et les célèbres rākṣasas Rāvaṇa, Kumbhakarṇa, Śūrpaṇakhā, Vibhīṣaṇa, ainsi que d’autres rākṣasas paulastyas redoutables, puissants par le tapas et dévoués à Rudra. Le chapitre esquisse encore d’autres issues prajāpatya (la progéniture animale et spirituelle de Pulaha; l’absence d’enfant de Kratu; la naissance de Śukra issu de Bhṛgu) et rapporte l’épisode de la malédiction entre Dakṣa et Nārada, ouvrant sur la lignée de Vasiṣṭha (Śakti, Parāśara, Vyāsa) et les descendants de Śuka. Il se conclut en annonçant le mouvement suivant : des lignées brahmaniques vers la succession royale issue de Kaśyapa, selon le courant purānique allant des origines cosmiques à l’histoire dynastique.

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Shlokas

Verse 1

इति श्रीकूर्मपुराणे षट्साहस्त्र्यां संहितायां पूर्वविभागे सप्तदशो ऽध्यायः सूत उवाच एतानुत्पाद्य पुत्रांस्तु प्रजासंतानकारणात् / कश्यपो गोत्रकामस्तु चचार सुमहत् तपः

Ainsi, dans le Śrī Kūrma Purāṇa, dans la compilation de six mille ślokas, au Pūrva-bhāga, s’achève le dix-septième chapitre. Sūta dit : Ayant engendré ces fils afin que la création se poursuive par la descendance, Kaśyapa—désireux d’un gotra, d’une lignée—entreprit une austérité d’une grandeur extrême.

Verse 2

तस्य वै तपतो ऽत्यर्थं प्रादुर्भूतौ सुताविमौ / वत्सरश्चासितश्चैव तावुभौ ब्रह्मवादिनौ

Tandis qu’il accomplissait une austérité d’une rigueur extrême, deux fils se manifestèrent à lui : Vatsara et Asita ; et tous deux étaient des proclamateurs de Brahman, voués à la connaissance sacrée la plus haute.

Verse 3

वत्सरान्नैध्रुवो जज्ञे रैभ्यश्च सुमहायशाः / रैभ्यस्य जज्ञिरे रैभ्याः पुत्रा द्युतिमतां वराः

De Vatsara naquit Naidhruva, et aussi Raibhya, d’une grande renommée. De Raibhya naquirent les Raibhyas, des fils éminents parmi les êtres illustres et rayonnants.

Verse 4

च्यवनस्य सुता पत्नी नैध्रुवस्य महात्मनः / सुमेधा जनयामास पुत्रान् वै कुण्डपायिनः

Sumedhā—fille de Cyavana et épouse du magnanime Naidhruva—enfanta véritablement des fils connus sous le nom de Kuṇḍapāyinas.

Verse 5

असितस्यैकपर्णायां ब्रह्मिष्ठः समपद्यत / नाम्ना वै देवलः पुत्रो योगाचार्यो महातपाः

D’Asita, par (la lignée liée à) Ekaparṇā, surgit celui qui était le plus éminent parmi les connaisseurs de Brahman : son fils nommé Devala, maître accompli du Yoga et grand ascète.

Verse 6

शाण्डिल्यानां परः श्रीमान् सर्वतत्त्वार्थवित् सुधीः / प्रसादात् पार्वतीशस्य योगमुत्तममाप्तवान्

Parmi les Śāṇḍilya, l’illustre et souverainement sage, connaisseur du sens de tous les tattva, obtint, par la grâce du Seigneur de Pārvatī (Śiva), le Yoga suprême.

Verse 7

शाण्डिल्या नैध्रु वारैभ्यास्त्रयः पक्षास्तु काश्यपाः / नरप्रकृतयो विप्राः पुलस्त्यस्य वदामि वः

Les Śāṇḍilya, les Naidhru et les Vāraibhya : ces trois rameaux relèvent de la lignée de Kāśyapa. Ces brāhmaṇa ont une nature humaine ; à présent, je vous dirai les lignées de Pulastya.

Verse 8

तृणबिन्दोः सुता विप्रा नाम्ना त्विलविला स्मृता / पुलस्त्याय स राजर्षिस्तां कन्यां प्रत्यपादयत्

Ô brāhmaṇa, la fille de Tṛṇabindu, connue sous le nom d’Ilavilā, fut donnée en mariage par ce roi-ṛṣi à Pulastya.

Verse 9

ऋषिस्त्वैलविलिस्तस्यां विश्रवाः समपद्यत / तस्य पत्न्यश्चतस्त्रस्तु पौलस्त्यकुलवर्धिकाः

D’elle (Ilavilā) naquit le sage Viśravas. Il eut quatre épouses, qui firent croître la lignée de Pulastya.

Verse 10

पुष्पोत्कटा च राका च कैकसी देववर्णिनी / रूपलावण्यसंपन्नास्तासां वै शृणुत प्रजाः

Puṣpotkaṭā, Rākā et Kaikasī — rayonnantes d’un teint digne des devas — étaient comblées de beauté et de grâce. Écoutez maintenant, ô peuples, à leur sujet.

Verse 11

ज्येष्ठं वैश्रवणं तस्य सुषुवे देवरूपिणी / कैकसी जनयत् पुत्रं रावणं राक्षसाधिपम्

De lui, Kaikasī, au visage divin, enfanta d’abord Vaiśravaṇa (Kubera) ; puis Kaikasī mit au monde un fils : Rāvaṇa, seigneur des Rākṣasas.

Verse 12

कुम्भकर्णं शूर्पणखां तथैव च विभीषणम् / पुष्पोत्कटा व्यजनयत् पुत्रान् विश्रवसः शुभान्

Puṣpotkaṭā enfanta pour Viśravas ses enfants de bon augure : Kumbhakarṇa, Śūrpaṇakhā et, de même, Vibhīṣaṇa.

Verse 13

महोदरं प्रहस्तं च महापार्श्वं खरं तथा / कुम्भीनसीं तथा कन्यां राकायां शृणुत प्रजाः

Écoutez, ô êtres : il y a Mahodara et Prahasta, ainsi que Mahāpārśva et Khara ; de même Kumbhīnasī, Kanyā et Rākā — des noms à garder en mémoire.

Verse 14

त्रिशिरा दूषणश्चैव विद्युज्जिह्वो महाबलः / इत्येते क्रूरकर्माणः पौलस्त्या राक्षसा दश / सर्वे तपोबलोत्कृष्टा रुद्रभक्ताः सुभीषणाः

Triśirā, Dūṣaṇa et Vidyujjihva, d’une grande puissance : tels furent ces dix rākṣasas paulastyas, aux actes cruels ; tous élevés par la force de leurs austérités, dévots de Rudra et terrifiants à l’excès.

Verse 15

पुलहस्य मृगाः पुत्राः सर्वे व्यालाश्च दंष्ट्रिणः / भूताः पिशाचाः सर्पाश्च शूकरा हस्तिनस्तथा

La descendance de Pulaha devint les cerfs et d’autres bêtes ; ainsi que tous les prédateurs farouches aux crocs—avec les bhūtas, les piśācas, les serpents, les sangliers et les éléphants aussi.

Verse 16

अनपत्यः क्रतुस्तस्मिन् स्मृतो वैवस्वते ऽन्तरे / मरीचेः कश्यपः पुत्रः स्वयमेव प्रजापतिः

Dans ce Vaivasvata Manvantara, Kratu est tenu pour sans descendance ; et Kaśyapa—fils de Marīci—fut lui-même un Prajāpati, seigneur-progéniteur des êtres.

Verse 17

भृगोरप्यभवच्छुक्रो दैत्याचार्यो महातपाः / स्वाध्याययोगनिरतो हरभक्तो महाद्युतिः

De Bhṛgu naquit aussi Śukra—précepteur des Daityas—grand ascète aux austérités puissantes ; voué à l’étude sacrée et à la discipline du yoga ; ardent dévot de Hara (Śiva) et rayonnant d’une haute splendeur spirituelle.

Verse 18

अत्रेः पत्न्यो ऽभवन् बह्व्यः सोदर्यास्ताः पतिव्रताः / कृशाश्वस्य तु विप्रेन्द्रा घृताच्यामिति मे श्रुतम्

Atri eut de nombreuses épouses—sœurs entre elles—toutes pativratā, fidèles à leurs maris. Mais, ô le meilleur des brahmanes, j’ai entendu que, pour Kṛśāśva, la compagne fut Ghṛtācī.

Verse 19

स तासु जनयामास स्वस्त्यात्रेयान् महौजसः / वेदवेदाङ्गनिरतांस्तपसा हतकिल्बिषान्

De ces épouses il engendra les fils Svastyātreya, d’une grande puissance spirituelle : appliqués aux Veda et aux Vedāṅga, et purifiés de toute faute par l’austérité.

Verse 20

नारदस्तु वसिष्ठाय ददौ देवीमरुन्धतीम् / ऊर्ध्वरेतास्तत्र मुनिः शापाद् दक्षस्य नारदः

Nārada donna la déesse Arundhatī à Vasiṣṭha pour épouse. Ensuite, ce sage devint ūrdhvareta—l’énergie vitale tournée vers le haut, vivant dans la continence—; cela advint à cause de la malédiction que Dakṣa lança sur Nārada.

Verse 21

हर्यश्वेषु तु नष्टेषु मायया नारदस्य तु / शशाप नारदं दक्षः क्रोधसंरक्तलोचनः

Lorsque les Haryaśva eurent disparu par la māyā de Nārada, Dakṣa—les yeux rougis de colère—lança une malédiction contre Nārada.

Verse 22

यस्मान्मम सुताः सर्वे भवतो मायया द्विज / क्षयं नीतास्त्वशेषेण निरपत्यो भविष्यति

Puisque, ô deux-fois-né, tous mes fils ont été conduits entièrement à la perte par ta māyā, tu deviendras sans descendance.

Verse 23

अरुन्धत्यां वसिष्ठस्तु शक्तिमुत्पादयत् सुतम् / शक्तेः पराशरः श्रीमान् सर्वज्ञस्तपतां वरः

D’Arundhatī, Vasiṣṭha engendra le fils nommé Śakti. De Śakti naquit l’illustre Parāśara—omniscient et le plus éminent des ascètes.

Verse 24

आराध्य देवदेवेशमीशानं त्रिपुरान्तकम् / लेभे त्वप्रतिमं पुत्रं कृष्णाद्वैपायनं प्रभुम्

Après avoir adoré Īśāna—Seigneur des dieux, destructeur de Tripura—elle obtint un fils sans égal : le glorieux Kṛṣṇa Dvaipāyana (Vyāsa), le maître vénérable.

Verse 25

द्वैपायनाच्छ्रको जज्ञे भगवानेव शङ्करः / अंशांशेनावतीर्योर्व्यां स्वं प्राप परमं पदम्

De Dvaipāyana (Vyāsa) naquit Śraka—nul autre que le Bhagavān Śaṅkara lui-même. Étant descendu dans le monde par une fraction d’une fraction (de sa puissance divine), il atteignit ensuite son propre état suprême.

Verse 26

शुकस्याप्यभवन् पुत्राः पञ्चात्यन्ततपस्विनः / भूरिश्रवाः प्रभुः शंभुः कृष्णो गौरश्च पञ्चमः / कन्या कीर्तिमती चैव योगमाता धृतव्रता

Śuka eut aussi cinq fils, tous d’une ascèse extrême : Bhūriśravas, Prabhu, Śambhu, Kṛṣṇa et, comme cinquième, Gaura. Il eut encore une fille, Kīrtimatī, la Mère du Yoga, inébranlable dans ses vœux sacrés.

Verse 27

एते ऽत्र वंश्याः कथिता ब्राह्मणा ब्रह्मवादिनाम् / अत ऊर्ध्वं निबोधध्वं कश्यपाद्राजसंततिम्

Ainsi ont été exposées ici les lignées des brāhmaṇas brahmavādin, les proclamateurs de Brahman. À présent, écoutez encore : je vais dire la succession royale issue de Kaśyapa.

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Frequently Asked Questions

Kaśyapa’s austerity is presented as the generative cause for manifesting spiritually accomplished sons whose descendants become named branches (gotras), thereby ensuring both biological continuity of creation and the transmission of sacred knowledge.

The chapter depicts tapas as a neutral cosmic force that can empower even cruel beings; their Rudra-devotion reflects the Kurma Purāṇa’s samanvaya, where Śaiva devotion appears across moral spectra while remaining integrated within the broader cosmic order.

After completing brahmavādin genealogies, it explicitly announces a shift to royal succession descending from Kaśyapa, moving from sage-line authority to kṣatriya dynastic history.