
Pitṛ-Śrāddha Vidhi: Rājata-dāna, Kṛṣṇājina, and Vedi/Garta Construction (Ancestral Rite Protocols)
Cet adhyāya présente, sous forme d’enseignement dans un dialogue de sages, une exposition technique du rite de Pitṛ-Śrāddha, avec Bṛhaspati parlant explicitement. Il met en avant le mérite au « fruit inépuisable » (akṣaya-phala) de certains auxiliaires : les vases d’argent (rājata) et les dons liés à l’argent sont loués pour procurer une récompense céleste sans fin et permettre aux descendants de « délivrer » les Pitṛ. Le texte énumère ensuite d’autres objets purificateurs et auspices—or (kanaka), argent, sésame (tilā), kutupa, et la présence ou l’offrande de kṛṣṇājina (peau d’antilope noire)—décrits comme protecteurs, destructeurs d’influences malignes (rakṣoghna), et comme accroissant le brahma-varchas, le bétail, les fils et la prospérité. Une section procédurale prescrit l’emplacement de la vedi/du foyer rituel au sud-est, une mesure carrée bien formée, et la préparation de trois fosses (garta) ainsi que de trois pieux/bâtons en bois de khadira, avec dimensions et orientations. Sont mentionnés des actes de purification par l’eau et le pavitra, ainsi qu’un nettoyage au lait de chèvre ou de vache. Le rite est relié au tarpaṇa continu et à un mérite sacrificiel élevé, comparable au fruit de l’aśvamedha, lorsqu’il est accompli avec mantra et discipline, surtout au moment de l’amāvāsyā. Les fruits promis sont la nourriture, la souveraineté/prospérité, la longévité, l’accroissement de la lignée, l’éclat au ciel et l’accès progressif à la mokṣa.
Verse 1
इति श्रीब्रह्माण्डे महापुराणे वायुप्रोक्ते मध्यभागे तृतीये उपोद्धातपादे पितृराज्य कल्पो नाम दशमो ऽध्यायः // १०// बृहस्पतिरुवाच राजतं राजताक्तं वा पितॄणां पात्रमुच्यते / राजतस्य कथावापि दर्शनं दान मेव वा
Ainsi, dans le Śrī Brahmāṇḍa Mahāpurāṇa (proclamé par Vāyu), dans la partie médiane, au troisième Upoddhāta-pāda, le dixième chapitre nommé « Pitṛrājya-kalpa ». Bṛhaspati dit : pour les Pitṛ, on prescrit un récipient d’argent ou plaqué d’argent ; même entendre un récit sur l’argent, le voir, ou en faire don (porte du mérite).
Verse 2
अनन्तमक्षयं स्वर्गे राजते दानमुच्यते / पितॄनेतेन दानेन सत्पुत्रास्तारयन्त्युत
On dit que le don d’argent procure au ciel un fruit infini et impérissable ; par ce don, les fils vertueux délivrent aussi leurs Pitṛ (ancêtres).
Verse 3
राजते हि स्वधा दुग्धा पात्रे तैः पृथिवी पुरा / स्वधां वा पार्थिभिस्तात तस्मिन् दत्तं तदक्षयम्
Autrefois sur la terre, eux (les Pitṛ) ont fait couler la svadhā dans un récipient d’argent ; ô mon enfant, la svadhā que les rois offrent dans ce récipient devient impérissable.
Verse 4
कृष्णाजिनस्य सांनिध्यं दर्शनं दानमेव च / रक्षोघ्नं ब्रह्म वर्चस्यं पशून्पुत्रांश्च तारयेत्
La proximité de la peau d’antilope noire, sa vision et son don : tout cela détruit les forces malignes, accroît l’éclat brahmanique et délivre aussi les troupeaux et les fils.
Verse 5
कनकं राजतं पात्रं दौहित्रं कुतुपस्तिलाः / वस्तूनि पावनीयानि त्रिदण्डीयोग एव वा
Or, argent, récipient, don au petit-fils maternel, le kutupa et le sésame : ce sont des objets purificateurs ; ou bien la pratique du yoga du Tridaṇḍī l’est aussi.
Verse 6
श्राद्धकर्मण्ययं श्रेष्ठो विधिर्ब्राह्मः सनातनः / आयुःकीर्तिप्रजैश्वर्यप्रज्ञासंततिवर्द्धनः
Dans le rite du śrāddha, voici la règle brahmanique, éternelle et la plus excellente ; elle accroît la longévité, la renommée, la descendance, la prospérité, l’intelligence et la continuité de la lignée.
Verse 7
दिशिदक्षिणपूर्वस्यां वेदिस्थानं निवेदयेत् / सर्वतो ऽरत्निमात्रं च चतुरस्रं सुसंस्थितम्
Dans la direction du sud-est, qu’on désigne l’emplacement de la vedi ; qu’il soit un carré bien établi, d’une aratni de côté tout autour.
Verse 8
वक्ष्यामि विधिवत्स्थानं पितॄणामनुशासितम् / धन्यमायुष्यमारोग्यं बलवर्णविवर्द्धनमा
Je vais dire le lieu conforme au rite, tel que l’ont prescrit les Pitṛ ; il est propice, donne longévité et santé, et accroît la force ainsi que l’éclat du teint.
Verse 9
तत्र गर्तास्त्रयः कायार्स्त्रयो दण्डाश्च खादिराः / अरत्निमात्रास्ते कार्या रजतैः प्रविभूषिताः
Là, l’on doit creuser trois fosses et façonner trois bâtons en bois de khadira. Qu’ils aient la longueur d’un aratni et soient richement ornés d’argent.
Verse 10
ते वितस्त्यायता गर्त्ताः सर्वतश्चतुरङ्गुलाः / प्राग्दक्षिणमुखान्कुर्यात्स्थिरानशुषिरांस्तथा
Ces fosses doivent avoir la longueur d’un vitasti et mesurer quatre doigts de chaque côté. Qu’on les oriente vers l’est–sud, solides et sans cavité.
Verse 11
अद्भिः पवित्रयुक्ताभिः पावयेत्सततं शुचिः / पयसा ह्याज गव्येन शोधनं चाद्भिरेव च
Avec de l’eau jointe au pavitra, l’homme pur doit se purifier sans cesse. La purification se fait par le lait de chèvre et de vache, et aussi par l’eau elle-même.
Verse 12
सततं तर्पणं ह्येतत्तृप्तिर्भवति शास्वती / इह वामुत्र य वशी सर्वकामसमन्वितः
Ceci est un tarpaṇa accompli sans cesse ; de lui naît une satisfaction éternelle. Celui qui se maîtrise ainsi, ici-bas comme dans l’au-delà, est comblé de tous les désirs.
Verse 13
एवं त्रिषवणस्नातो योर्ऽचयेत्प्रयतः पितॄन् / मन्त्रेण विधिवत्सम्यगश्वमेधफलं लभेत्
Celui qui, après s’être baigné ainsi aux trois moments (tri-savana), adore avec recueillement les Pitṛ par le mantra selon le rite, obtient le fruit du sacrifice Aśvamedha.
Verse 14
तान्स्थापयेदमावास्यां गर्त्तान्वै चतुरङ्गुलान् / त्रिःसप्तसंस्थास्ते यज्ञास्त्रैलोक्यं धार्यते तु यः
Au jour d’Amāvasyā, qu’on établisse ces fosses de quatre doigts de profondeur. Ces sacrifices, disposés en trois fois sept, soutiennent les trois mondes.
Verse 15
तस्य पुष्टिस्तथैश्वर्यमायुः संततिरेव च / दिवि च भ्राजतेलक्ष्म्या मोक्षं च लभते क्रमात्
Pour lui croissent la vigueur, la prospérité, la longue vie et la descendance. Au ciel il resplendit de la grâce de Lakṣmī et, peu à peu, obtient la délivrance.
Verse 16
पाप्मापहं पावनीयं ह्यश्वमेधफलं लभेत् / अश्वमेधफलं ह्येत्तद्द्विजैः संस्कृत्य पूजितम्
Il obtient le fruit de l’Aśvamedha, purifiant et dissipant le péché. Ce fruit de l’Aśvamedha est honoré après avoir été consacré et adoré par les dvijas.
Verse 17
मन्त्रं वक्ष्याम्यहं तस्मादमृतं ब्रह्मनिर्मितम् / देंवतेभ्यः पितृभ्यश्च महायोगिभ्य एव च
C’est pourquoi je vais énoncer un mantra, tel un nectar d’immortalité façonné par Brahman, destiné aux dieux, aux Pitṛs et aussi aux grands yogis.
Verse 18
नमः स्वाहयै स्वधायै नित्यमेव भवत्युत / आद्धे ऽवसाने श्राद्धस्य त्रिरावृत्तं जपेत्सदा
Hommage perpétuel à Svāhā et à Svadhā. Au début et à la fin du śrāddha, qu’on le récite toujours trois fois.
Verse 19
पिण्डनिर्वपणे वापि जपेदेतं समाहितः / क्षिप्रमायान्ति पितरो रक्षांसि प्रद्रवन्ति च
Même lors de l’offrande du piṇḍa, celui qui récite ce mantra avec recueillement fait venir promptement les Pitṛ et met en fuite les rākṣasa.
Verse 20
पित्र्यं तु त्रिषु कालेषु मन्त्रो ऽयं तारयत्युत / पठ्यमानः सदा श्राद्धे नियतैर्ब्रह्मवादिभिः
Ce mantra des Pitṛ, récité aux trois temps, délivre assurément; et lors du śrāddha, les brahmavādin disciplinés le récitent sans cesse.
Verse 21
राज्यकामो जपेदेतं सदा मन्त्रमतन्द्रितः / वीर्यशौर्यार्थसत्त्वाशीरायुर्बुद्धिविवर्द्धनम्
Celui qui désire la royauté doit réciter sans relâche ce mantra; il accroît vigueur, vaillance, prospérité, sattva, bénédiction, longévité et intelligence.
Verse 22
प्रीयन्ते पितरो येन जपेन नियमेन च / सप्तर्चिषं प्रवक्ष्यामि सर्वकामप्रदं शुभम्
Le japa et la règle par lesquels les Pitṛ se réjouissent—ce ‘Saptarciṣ’ auspicious, dispensateur de tous les vœux—je vais l’énoncer.
Verse 23
अमूर्त्तीनां समूर्त्तिनां पितॄणां दीप्ततेजसाम् / नमस्यामि सदा तेषां ध्यानिनां योगचक्षुषाम्
Je rends hommage sans cesse aux Pitṛ, sans forme et avec forme, au rayonnement éclatant—méditants dotés de l’œil du yoga.
Verse 24
इन्द्रादीनां च नेतारो दशमारीचयोस्तथा / सप्तर्षीणां पितॄणां च तान्नमस्यामि कामदान्
Je me prosterne devant les chefs tels qu’Indra, devant les dix Marici et devant les Pitṛ des Saptarṣi, eux qui accordent les souhaits.
Verse 25
मन्वादिनां च नेतारः सूर्याचन्द्रमसोस्तथा / तान्नमस्कृत्य सर्वान्वै पितृमत्सु विधिष्वपि
Je rends hommage aux guides des Manu, ainsi qu’aux guides du Soleil et de la Lune; les ayant tous salués, j’accomplis aussi les rites concernant les Pitṛ.
Verse 26
नक्षत्राणां ग्रहाणां च वाय्वग्न्योश्च पितॄनथ / द्यावापृथिव्योश्च सदा नामस्यामि कृताञ्जलिः
Toujours, les mains jointes en añjali, je vénère les Pitṛ des astres et des planètes, de Vāyu et d’Agni, et du Ciel et de la Terre (Dyāvā-Pṛthivī).
Verse 27
देवर्षीणां च नेतारः सर्वलोकनमस्कृताः / त्रातारः सर्वभूतानां नमस्यामि पितामहान्
Je me prosterne devant les Pitāmaha : guides des Devarṣi, honorés par tous les mondes, protecteurs de tous les êtres.
Verse 28
प्रजापतेर्गवां वह्नेः सोमाय च यमाय च / योगेश्वरेभ्यश्च सदा नमस्यामि कृताञ्जलिः
Toujours, les mains jointes en añjali, je vénère Prajāpati, les vaches sacrées, Agni, Soma, Yama et les Yogēśvara.
Verse 29
पितृगणेभ्यः सप्तभ्यो नमो लोकेषु सप्तसु / स्वयंभुवे नमश्चैव ब्रह्मणे योगचक्षुषे
Hommage aux sept assemblées des Pitṛs dans les sept mondes; hommage aussi au Svayambhū, à Brahmā au regard du yoga.
Verse 30
एतदुक्तं च सप्तार्चिर्ब्रह्मर्षिगणसेवितम् / पवित्रं परमं ह्येतच्छ्रीमद्रोगविनाशनम्
Ceci est nommé « Saptārci », honoré par les assemblées de brahmarṣis. C’est une pureté suprême, pleine de splendeur, qui détruit les maladies.
Verse 31
एतेन विधिना युक्तस्त्रीन्वरांल्लभते नरः / अन्नमायुः सुताश्चैव ददते पितरो भुवि
Celui qui suit cette règle obtient trois grâces. Sur la terre, les Pitṛs accordent nourriture, longévité et fils.
Verse 32
भक्त्या परमया युक्तः श्रद्धधानो जितेन्द्रियः / सप्तार्चि षं जपेद्यस्तु नित्यमेव समाहितः
Celui qui, uni à la dévotion suprême, plein de foi, maître de ses sens, récite chaque jour le « Saptārci » l’esprit recueilli,
Verse 33
सप्तद्वीपसमुद्रायां पृथिव्यामेकराड् भवेत् / यत्किञ्चित्पच्यते गेहे भक्ष्यं वा भोज्यमेव वा
Sur la terre aux sept continents et aux sept mers, il devient souverain unique. Tout ce qui se prépare dans sa demeure—mets à grignoter ou repas—
Verse 34
अनिवेद्य न भोक्तव्यं तस्मिन्नयतने सदा / क्रमशः कीर्तयिष्यामि बलिपात्राण्यतः परम्
En ce lieu impropre, on ne doit jamais manger sans avoir d’abord offert; désormais je dirai, dans l’ordre, les récipients destinés au bali.
Verse 35
येषु यच्च फलं प्रोक्तं तन्मे निगदतः श्रुणु / पलाशे ब्रह्मवर्चस्त्वमश्वत्थे वसुभावना
Écoute de ma bouche le fruit annoncé pour chacun : dans le palāśa demeure l’éclat brahmanique; dans l’aśvattha, l’éveil de la prospérité.
Verse 36
सर्वभूताधिपत्यं च प्लक्षे नित्यभुदात्दृतम् / पुष्टिः प्रजाश्च न्यग्रोधे बुद्धिः प्रज्ञा धृतिः स्मृतिः
Dans le plakṣa est proclamée, sans cesse, la souveraineté sur tous les êtres; dans le nyagrodha, la prospérité et la descendance, ainsi que l’intelligence, la sagesse, la constance et la mémoire.
Verse 37
रशोध्नं च यशस्यं च काश्मरीपात्रमुच्यते / सौभाग्यमुत्तमं लोके माधूके समुदात्दृतम्
Le récipient kāśmarī est dit apaiser les maladies et donner la renommée; dans le mādhūka est proclamée la meilleure fortune au monde.
Verse 38
फलगुपात्रेषु कुर्वाणः सर्वान्कामानवाप्नुयात् / परां द्युतिमथार्केतु प्राकाश्यं च विशेषतः
Celui qui accomplit le rite dans les récipients phalagu obtient tous les désirs; et dans l’arka il reçoit la suprême splendeur et une clarté toute particulière.
Verse 39
बैल्वे लक्ष्मीन्तथा मेधां नित्यमायुस्तथैव च / क्षेत्रारामतडागेषु सर्वसस्येषु चैव ह
Auprès de l’arbre bilva, Lakṣmī, l’intelligence sacrée et la longue vie croissent sans cesse; dans les champs, jardins, étangs et toutes les récoltes, la bénédiction demeure.
Verse 40
वर्षत्य जस्रं पर्जन्यो वेणुपात्रेषु कुर्वतः / एतेष्वेव सुपात्रेषु भोजनाग्रमशेषतः
À celui qui prépare l’offrande de nourriture dans des récipients de bambou, Parjanya accorde une pluie ininterrompue; dans ces vases dignes, la première part du repas doit être offerte entièrement.
Verse 41
सदा दद्यात्स यज्ञानां सर्वेषां फलमाप्नुयात् / पितृभ्यः पुष्पमाल्यानि सुगन्धानि च तत्परः
Celui qui donne sans cesse obtient le fruit de tous les yajñas; et, dévoué aux Pitṛ, il offre guirlandes de fleurs et parfums sacrés.
Verse 42
सदा दद्यात्क्रियायुक्तः श विभाति दिवाकरः / गुग्गुलादींस्तथा धूपान्पितृभ्यो यः प्रयच्छति
Celui qui donne sans cesse selon le rite resplendit comme le soleil; c’est lui qui offre aux Pitṛ des encens, tels le guggulu et autres.
Verse 43
संयुक्तान्मधुसर्पिर्भ्यं सो ऽग्निष्टोमफलं लभेत् / धूपं गन्धगुणोपेतं कृत्वा पितृपरायणः
Celui qui offre ensemble miel et ghee obtient le fruit de l’Agniṣṭoma; préparant un encens riche de parfum, il demeure voué aux Pitṛ.
Verse 44
लभते च सुशर्माणि इह चामुत्र चोभयोः / दद्यादेवं पितृभ्यास्तु नित्यमेव ह्यतन्द्रितः
Celui qui, sans paresse, offre ainsi chaque jour aux Pitri obtient le bien et la paix ici-bas comme dans l’au-delà, en ces deux mondes.
Verse 45
दीपं पितृभ्यः प्रयतः सदा यस्तु प्रयच्छति / गतिं चाप्रतिमं चक्षुस्तस्मात्सलभते शुभम्
Celui qui, avec pureté, offre sans cesse une lampe aux Pitri obtient une destinée sans égale et une vision divine; ainsi reçoit-il l’auspice.
Verse 46
तेजसा यशसा चैव कान्त्या चापि बलेन च / भुवि प्रकाशो भवति ब्राजते च त्रिविष्टपे
Par sa splendeur, sa renommée, son éclat et sa force, il rayonne sur la terre et resplendit aussi dans Triviṣṭapa (le ciel).
Verse 47
अप्सरोभिः परिवृतो विमानाग्रे च मोदते / गन्धपुष्पैश्च धूपैश्व जपाहुतिभिरेव च
Entouré d’apsaras, il se réjouit à l’avant du vimāna; il se délecte aussi de parfums, de fleurs, d’encens, ainsi que du japa et des offrandes d’āhuti.
Verse 48
फलमूलनमस्कारैः पितॄणां प्रयतः शुचिः / पूजां कृत्वा द्विजान्पश्चात्पूजयेदन्नसंपदा
Pur et recueilli, qu’il vénère les Pitri par des fruits, des racines et des prosternations; puis qu’il honore les dvija et les serve avec l’abondance de nourriture.
Verse 49
श्राद्धकालेषु नियतं वायुभूताः पितामहाः / आविशन्ति द्विजाञ्छ्रेष्ठांस्तस्मादेतद्ब्रवीमि ते
Au temps du śrāddha, les pitāmaha, devenus semblables au vent, pénètrent assurément les dvija les plus éminents; c’est pourquoi je te le dis.
Verse 50
वस्त्रै रत्नप्रदानैश्च भक्ष्यैः पेयैस्तथैव च / गोभिरश्वैस्तथा ग्रामैः पूजयेद्द्विजसत्तमान्
Par des vêtements, des dons de joyaux, des mets et des boissons, ainsi que par des vaches, des chevaux et même des villages, qu’on honore les dvija les plus éminents.
Verse 51
भवन्ति पितरः प्रीताः पूजितेषु द्विजातिषु / तस्माद्यत्नेन विधिवत्पूजयेत द्विजान्सदा
Quand les dvija sont honorés, les pitṛ sont comblés; aussi faut-il, avec effort et selon le rite, vénérer toujours les dvija.
Verse 52
सव्योत्तराभ्यां पाणिभ्यां कुर्यादुल्लेखनं द्विजाः / प्रोक्षणं च ततः कुर्याच्छ्राद्धकर्मण्यतन्द्रितः
Le dvija doit accomplir l’« ullekhana » avec les deux mains, gauche et droite; puis, sans négligence dans le rite du śrāddha, faire aussi le « prokṣaṇa ».
Verse 53
दर्भान्पिण्डांस्तथा भक्ष्यान्पुष्पाणि विविधानि च / गन्धदानमलङ्कारमेकैकं निर्वपेद् बुधः
Darbha, piṇḍa, mets, fleurs variées, offrande de parfums et ornements : le sage doit les déposer, chacun à son tour.
Verse 54
पेषयित्वाञ्जनं सम्यग्विश्वेषामुत्तरोत्तरम् / अभ्यङ्गं दर्भविञ्जूलैस्त्रिभिः कुर्याद्यथाविधि
Après avoir bien broyé l’añjana (khôl sacré), qu’on accomplisse, étape après étape, le rite pour les Viśvedeva selon la règle. Puis qu’on fasse l’onction (abhyaṅga) avec trois faisceaux de darbha, conformément au vidhi.
Verse 55
अपसव्यं वितृभयश्च दद्यादञ्जनमुत्तमम् / निपात्य जानु सर्वेषां वस्त्रार्थं सूत्रमेव वा
En position apasavya et avec le rite qui écarte la crainte, qu’on donne l’añjana excellent. Puis, s’agenouillant devant tous, qu’on offre du fil pour le vêtement, ou même un simple fil.
Verse 56
खण्डनं प्रोक्षणं चैव तथैवोल्लेखनं द्विजः / सकृद्देवपितॄणां स्यात्पितॄणां त्रिभिरुच्यते
Le dvija doit accomplir le khaṇḍana, le prokṣaṇa et aussi l’ullekhana. Pour les deva-pitṛ, cela n’a lieu qu’une fois; pour les pitṛ, il est dit que c’est trois fois.
Verse 57
एकं पवित्रं हस्तेन पितॄनसर्वान्सकृत्सकृत् / चैलमन्त्रेण पिण्डेभ्यो दत्त्वादर्शाञ्जिने हि तम्
Tenant en main un pavitra (anneau de kuśa), qu’on touche tous les pitṛ encore et encore. Puis, avec le caila-mantra, qu’on l’offre aux piṇḍa et qu’on le place dans le darśāñjali.
Verse 58
सदा सर्पिस्तिलैर्युक्तांस्त्रीन्पिण्डान्निर्वपेद्भुवि / जानु कृत्वा तथा सव्यं भूमौ पितृपरायणः
Dévoué aux pitṛ, qu’on dépose toujours sur le sol trois piṇḍa mêlés de ghee et de sésame. Puis, à genoux et en posture savya, qu’on accomplisse le rite sur la terre.
Verse 59
पितॄन्पितामहांश्चैव तथैव प्रपितामहान् / आहूय च पितॄन्प्राञ्चः पितृतीर्थेन यत्नतः
Le père, l’aïeul et le bisaïeul—tourné vers l’orient, qu’il invoque avec soin les Pitṛs au moyen du pitṛtīrtha.
Verse 60
पिण्डान्परिक्षिपेत्सम्यगपसव्यमतन्द्रितः / अन्नाद्यैरेव मुख्यैश्चभक्ष्यैश्चैव पृथग्विधैः
Sans négligence, qu’il dispose correctement les piṇḍas en posture apasavya, et qu’il offre les aliments principaux ainsi que divers mets distincts.
Verse 61
पृथङ्मातामहानां तु केचिदिच्छन्ति मानवाः / त्रीन्पिण्डानानुपूर्व्येण सांगुष्ठान्पुष्टिवर्द्धनान्
Certains souhaitent des piṇḍas distinctes pour les ancêtres maternels ; ils offrent, dans l’ordre, trois piṇḍas de la taille du pouce, qui accroissent la prospérité.
Verse 62
जान्वन्तराभ्यां यत्नेन पिण्डान्दद्याद्यथाक्रमम् / सव्योत्तराभ्यां पाणिभ्यां धारार्थं मन्त्रमुच्चरन्
Avec soin, qu’il donne les piṇḍas dans l’ordre entre les deux genoux ; les soutenant des deux mains en position savyottara, qu’il récite le mantra.
Verse 63
नमो वः पितरः शोषायेति सर्वमतन्द्रितः / दक्षिणस्यां तु पाणिभ्यां प्रथमं पिण्डमुत्सृजेत्
Sans négligence, qu’il récite : « Namo vaḥ pitaraḥ śoṣāya », puis qu’il dépose de la main droite la première piṇḍa en offrande.
Verse 64
नमो वः पितरः सौम्यः पठन्नेवमतन्द्रितः / सव्योत्तराभ्यां पाणिभ्यां धर्मेर्ऽधं समतन्द्रितः
Hommage à vous, ô Pitṛ. Que l’homme au cœur doux récite ainsi sans relâche; de la main gauche et des deux mains levées, qu’il offre l’arghya dans l’acte de dharma.
Verse 65
उलूखलस्य लेखायामुदपात्रावसेचनम् / क्षौमं सूत्रं नवं दद्याच्छाणं कार्पासकं तथा
Sur la ligne du ulūkhal, qu’il asperge d’eau depuis le vase. Puis qu’il donne un fil neuf de kṣauma, ainsi que du fil de lin/chanvre (śaṇa) et de coton (kārpāsa).
Verse 66
पत्रोर्णं पट्टसूत्रं च कौशेयं परिवर्जयेत् / वर्जयेद्यक्षणं यज्ञे यद्यप्यहतवस्त्रजाम्
Qu’il évite patrorṇa, le fil paṭṭa et le kauśeya (soie). Dans le yajña, qu’il s’en abstienne, même s’il s’agit d’étoffes neuves non lavées.
Verse 67
न प्रीणन्ति तथैतानि दातु श्चाप्यहितं भवेत् / श्रेष्ठमाहुस्त्रिककुदमञ्जनं नित्यमेव च
Ces choses ne réjouissent pas ainsi, et peuvent même nuire au donateur. On dit que le meilleur est l’añjana de trikakuda, et cela chaque jour.
Verse 68
कृष्णेभ्यश्च तेलैस्तैलं यत्नात्सुपरिरक्षितम् / चन्दनागुरुणी चोभे तमालोशीरपद्मकम्
Pour les Kṛṣṇa (les sombres, deva/pitṛ), parmi les huiles qu’on offre une huile soigneusement conservée. Qu’on offre aussi santal et aguru, tous deux, ainsi que tamāla, uśīra et padmaka.
Verse 69
धूपश्च गुग्गलः श्रेष्टस्तुरुष्कः श्वेत एव च / शुक्लाः सुमनसः श्रेष्ठास्तथा पद्मोत्पलानि च
Parmi les encens, le guggulu est le plus excellent, ainsi que le turuska blanc. Les fleurs sumana blanches sont les meilleures; de même le lotus padma et l’utpala.
Verse 70
गन्धरूपोपपन्नानि चारण्यानि च कृत्स्नशः / तथा हि सुमना नाडीरूपिकास्मकुरण्डिका
De même, toutes les fleurs des bois, pourvues de parfum et de beauté. Ainsi encore : sumanā, nāḍī-rūpikā et asmakuraṇḍikā.
Verse 71
पुष्पाणि वर्जनीयानि श्राद्धकर्मणि नित्यशः / यथा गन्धादपेतानि चोग्रगन्धानि यानि च
Dans le rite de śrāddha, certaines fleurs doivent toujours être évitées : celles sans parfum et celles dont l’odeur est trop âcre.
Verse 72
वर्जनीयानि पुष्पाणि पुष्टिमन्विच्चता सदा / द्विजातयो यथोद्दिष्टा नियताः स्युरुदङ्मुखाः
Celui qui recherche la prospérité (puṣṭi) doit toujours éviter les fleurs à proscrire. Et les dvija, comme il est prescrit, doivent se tenir avec règle, le visage tourné vers le nord.
Verse 73
पूजयेद्यजमानस्तु विधिवद्यक्षिणामुखः / तेषामभिमुखो दद्याद्दर्भत्पिण्डांश्च यत्नतः
Le yajamāna doit accomplir la vénération selon le rite, tourné vers le sud. Et, face à eux, il doit offrir avec soin les piṇḍa accompagnés d’herbe darbha.
Verse 74
अनेन विधिना साक्षादर्चिताः स्युः पितामहाः / हरिता वै स पिञ्जालाः पुष्टाः स्निग्धाः समाहिताः
Par ce rite, les Pitāmaha (ancêtres) sont honorés comme en leur présence. Ils deviennent d’une teinte verte et fauve, bien nourris, doux et l’esprit recueilli.
Verse 75
रत्निमात्राः प्रमाणेन वितृतीर्थेन संस्मृताः / उपमूले तथा नीला विष्टरार्थं कुशोत्तमाः
Selon la mesure d’un ratni (largeur de la paume), on s’en souvient comme du ‘Vitṛtīrtha’. Près de la racine, qu’il soit bleuté; pour l’étendre, qu’on emploie le kuśa le plus noble.
Verse 76
तथा श्यामाकनीवारा दूर्वा च समुदाहृता / पूर्वं कीर्त्तिमतां श्रेष्ठो बभूवाश्वः प्रजापतिः
On mentionne aussi le śyāmāka, le nīvāra et l’herbe dūrvā. Jadis, parmi les êtres de renom, le Prajāpati nommé Aśva fut le plus éminent.
Verse 77
तस्य बाला निपतिता भूमौ काशत्वामागताः / तस्माद्देयाः सदा काशाः श्राद्धकर्मसु पूजिताः
Ses poils tombèrent sur la terre et devinrent l’herbe kāśa. C’est pourquoi, dans les rites de śrāddha, le kāśa honoré doit être offert en tout temps.
Verse 78
पिण्डनिर्वपणं तेषु कर्त्तव्यं भूतिमिच्छता / प्रजाः पुष्टिद्युतिप्रज्ञाकीर्त्तिकान्तिसमन्विताः
Celui qui désire la bhūti (prospérité) doit y accomplir le piṇḍa-nirvapaṇa, l’offrande des piṇḍa. Alors le peuple est doté de vigueur, d’éclat, de sagesse, de renommée et de beauté rayonnante.
Verse 79
भवन्ति रुचिरा नित्यं विपाप्मानो ऽघवर्जिताः / सकृदेवास्तरेद्यर्भान्पिण्डार्थे दक्षिणामुखः
Ils deviennent à jamais gracieux, sans péché et exempts de toute souillure. Pour l’offrande du piṇḍa, tourné vers le sud, qu’il étende une fois l’herbe kuśa.
Verse 80
प्राग्दक्षिणाग्रान्नियतो विधि चाप्यत्र वक्ष्यति / न दीनो नापि वा क्रुद्धो न चैवान्यमना नरः / एकत्र चाधाय मनः श्राद्धं कुर्यात्समाहितः
Voici la règle: les pointes de la kuśa doivent être orientées vers l’est et le sud. Que l’homme ne soit ni abattu, ni courroucé, ni distrait; l’esprit unifié, qu’il accomplisse le śrāddha.
Verse 81
निहन्मि सर्वं यदमेध्यवद्भवेद्धतश्च सर्वे सुरदानवा मया / रक्षांसि यक्षाः सपिशाचसंघा हता मया यातुधानाश्च सर्वे
Tout ce qui ressemble à l’impureté, je le détruis; par moi, les dānava, ennemis des dieux, ont été abattus. Rākṣasa, yakṣa, troupes de piśāca et tous les yātudhāna ont été exterminés par moi.
Verse 82
एतेन मन्त्रेण तु संयतात्मा तां वै वेदिं सकृदुल्लिख्य धीरः / शिवां हि बुद्धिं ध्रुवमिच्छमानः क्षिपेद्द्विचातिर्दिशमुत्तरां गतः
Par ce mantra, l’homme maître de lui, après avoir une fois tracé l’autel (vedi), désirant une intelligence auspicious et stable, qu’il aille vers le nord et asperge deux fois.
Verse 83
एवं पित्र्यं दृष्टमन्त्रं हि यस्यतस्यासुरा वर्जयन्तीह सर्वे / यस्मिन्देशे पठ्यते मन्त्र एष तं वै देशं राक्षसा वर्जयन्ति
Celui qui possède ce mantra pitrya, éprouvé et accompli, est ici évité par tous les asura. Et le pays où ce mantra est récité, ce pays-là est aussi délaissé par les rākṣasa.
Verse 84
अन्नप्रकारानशुचीनसाधून्संवीक्षते नो स्पृशंश्वापि दद्यात् / पवित्रपाणिश्च भवेन्न वा हि यः पुमान्न कार्यस्य फलं समश्नुते
Qu’il ne regarde ni ne touche des aliments impurs et indignes, et qu’il n’en donne pas même au chien. Que ses mains demeurent pures; sinon, l’homme ne goûte pas le fruit de son acte.
Verse 85
अनेन विधिना नित्यं श्राद्धं कुर्याद्धि यः सदा / मनसा काङ्क्षते यद्यत्तत्तद्यद्युः पितमहाः
Celui qui, selon cette règle, accomplit chaque jour le śrāddha sans cesse, tout ce qu’il désire en son cœur, les pitāmaha le lui accordent.
Verse 86
पितरो हृष्टमनसो रक्षांसि विमनांसि च / भवन्त्येवं कृते श्राद्धे नित्यमेव प्रयत्नतः
Ainsi, lorsque le śrāddha est accompli chaque jour avec effort, les pitaras se réjouissent, et les rākṣasas deviennent abattus.
Verse 87
शूद्राः श्राद्धेष्वविक्षीरं बल्वजा उपलास्तथा / विरणाश्चोतुवालाश्च लड्वा वर्ज्याश्च नित्यशः
Dans les śrāddhas, il faut toujours éviter : le śūdra, le lait non filtré, balvajā, upalā, viraṇa, otuvālā et les laddu.
Verse 88
एवमादीन्ययज्ञानि तृणानि परिवर्जयेत् / अञ्जनाभ्यजनं गन्धान्सूत्रप्रणयनं तथा
De même, qu’on évite les herbes et tout ce qui n’est pas digne du yajña; et qu’on s’abstienne aussi (en ce temps) d’anjana, d’onction d’huile, de parfums et de revêtir le yajñopavīta (cordon sacré).
Verse 89
काशेः पुनर्भवैः कार्यमश्वमेधफलं लभेत् / काशाः पुनर्भवा ये च बर्हिणो ह्युपबर्हिणः
Par la renaissance à Kashi, on obtient le fruit du sacrifice Aśvamedha. Ceux qui sont les « renaissants » de Kashi sont appelés barhiṇa et upabarhiṇa.
Verse 90
इत्येते पितरो देवा देवाश्च पितरः पुनः / पुष्पगन्धविभूषाणामेष मन्त्र उदाहृतः
Ainsi, les Pitṛ sont les Deva, et les Deva sont de nouveau les Pitṛ. Tel est le mantra énoncé pour l’offrande de fleurs, de parfums et d’ornements.
Verse 91
आहृत्य दक्षिणाग्निं तु होमार्थं वै प्रयत्नतः / अन्यार्थे लौकिकं वापि जुहुयात्कर्मसिद्धये
Pour le homa, qu’on apporte avec soin le Dakṣiṇāgni. Pour d’autres fins aussi, afin d’assurer l’accomplissement du rite, on peut verser l’oblation dans un feu ordinaire.
Verse 92
अन्तर्विधाय समिधस्ततो दीप्तो विधीयते / समाहितेन मनसा प्रणीयाग्निं समन्ततः
Après avoir disposé les samidh à l’intérieur, on fait flamboyer le feu. L’esprit recueilli, qu’on conduise le feu rituellement tout autour.
Verse 93
अग्नये कव्यवाहाय स्वधा अङ्गिरसे नमः / सोमाय वै पितृमते स्वधा अङ्गिरसे पुनः
Hommage à Agni, le kavyavāha qui porte les offrandes aux ancêtres, avec l’invocation svadhā : salut à Aṅgirasa. Hommage aussi à Soma, bienveillant envers les Pitṛ, avec svadhā : de nouveau, salut à Aṅgirasa.
Verse 94
यमाय वैवस्वतये स्वधानम इति ध्रुवम् / इत्येते होममन्त्रास्तु त्रयाणामनुपूर्वशः
Pour Yama, le Vaivasvata : « svadhānam », assurément ; tels sont les mantras du homa pour les trois, selon l’ordre prescrit.
Verse 95
दक्षिणेनाग्नये नित्यं सोमायोत्तरतस्तथा / एतयोरन्तरे नित्यं जुहुयाद्वै विवस्वते
Au sud, offre sans cesse à Agni ; au nord, de même à Soma ; et entre les deux, offre chaque jour l’oblation à Vivasvat.
Verse 96
उपहारः स्वधाकारस्तथैवोल्लेखनं च यत् / होमजप्ये नमस्कारः प्रोक्षणं च विशेषतः
Il y a l’offrande (upahāra), la profération de « svadhā » et la mention rituelle ; dans le homa et le japa, la prosternation (namaskāra) et, tout particulièrement, l’aspersion sacrée (prokṣaṇa).
Verse 97
बहुहव्येन्धने चाग्नौ सुसमिद्धे तथैव च / अञ्जनाब्यञ्जनं चैव पिण्डनिर्वपणं तथा
Dans le feu bien attisé, avec de nombreuses offrandes et beaucoup de bois ; qu’on accomplisse aussi l’onction et l’onguent (añjana-abhyañjana) ainsi que le dépôt des pinda (piṇḍa-nirvapaṇa).
Verse 98
अश्वमेधफलं चैतत्समिद्धे यत्कृतं द्विजैः / क्रिया सर्वा यथोद्दिष्टाः प्रयत्नेन समाचरेत्
Ce rite, accompli par les dvija dans le feu bien allumé, confère le fruit de l’Aśvamedha ; aussi faut-il exécuter avec effort toutes les actions telles qu’elles sont prescrites.
Verse 99
बहुहव्येन्धने चाग्नौ सुसमिद्धे विशेषतः / विधूमे लेलिहाने च होतव्यं कर्मसिद्धये
Pour l’accomplissement du rite, qu’on fasse l’offrande dans le feu muni de beaucoup de bois d’oblation, tout particulièrement bien attisé, sans fumée et aux flammes léchantes.
Verse 100
अप्रबुद्धे समिद्धे वा जुहुयाद्यो हुताशने / यजमानो भवे दन्धः सो ऽमुत्रेति हि नः श्रुतम्
Celui qui verse l’oblation dans le Hutāśana non encore pleinement éveillé ou seulement allumé, ce sacrifiant tombe dans la détresse et la confusion; et nous avons entendu qu’il périt dans l’au-delà.
Verse 101
अल्पेन्धनो वा रूक्षो ऽग्निर्वस्फुलिङ्गश्च सर्वशः / ज्वालाधूमापसव्यश्च स तु वह्निरसिद्धये
Le feu pauvre en combustible, rude et sec, lançant des étincelles de toutes parts, et dont flamme et fumée tournent vers la gauche, ce feu n’est pas pour la réussite.
Verse 102
दुर्गन्धश्चैव नीलश्च कृष्णश्चैव विशेषतः / भूमिं वगाहते यत्र तत्र विद्यात्पराभवत्
Si le feu est de mauvaise odeur, bleu ou surtout noir, et là où il semble s’enfoncer dans la terre, qu’on sache qu’il y a défaite, signe néfaste.
Verse 103
अर्चिष्मान् पिण्डितशिखः सर्प्पिकाञ्जनसन्निभः / स्निग्धः प्रदक्षिणश्चैव वह्निः स्यात्कार्यसिद्धये
Le feu rayonnant, à flamme ramassée, luisant comme l’anjana mêlé de ghee, onctueux et tournant vers la droite (pradakṣiṇa), ce feu assure la réussite de l’acte.
Verse 104
नरनारीगणेभ्यश्च पूजां प्राप्नोति शाश्वतीम् / अक्षयं पूजितास्तेन भवन्ति पितरो ऽग्नयः
Il reçoit une vénération éternelle de l’assemblée des hommes et des femmes ; les Pitṛ (ancêtres) et le dieu Agni, honorés par lui, deviennent dispensateurs d’un fruit impérissable.
Verse 105
बिल्वोदुंबरपत्राणि फलानि समिधस्तथा / श्राद्धे महापवित्राणि मेध्यानि च विशेषतः
Les feuilles de bilva et d’udumbara, les fruits et aussi les bois rituels (samidh) — dans le śrāddha, ils sont tenus pour très purs et, tout particulièrement, purificateurs.
Verse 106
पवित्रं च द्विजश्रेष्ठाः शुद्धये जन्मकर्मणाम् / पात्रेषु फलमुद्दिष्टं यन्मया श्राद्धकर्मणि
Ô meilleurs des dvija ! Pour la purification de la naissance et des actes, j’ai prescrit dans le rite de śrāddha l’objet sacré (pavitra) et les fruits destinés aux récipients.
Verse 107
तदेव कृत्स्नं विज्ञेयं समित्सु च यथाक्रमम् / कृत्वा समाहितं चित्तमाग्नेयं वै करोम्यहम्
Cela même doit être su dans son entier, aussi pour les samidh, selon l’ordre ; l’esprit recueilli, j’accomplis véritablement le rite agneya, relatif à Agni.
Verse 108
अनुज्ञातः कुरुष्वेति तथैव द्विजसत्तमैः / घृतमादाय पात्रे च जुहुयाद्धव्यवाहने
Ayant reçu des plus nobles dvija l’autorisation : « Fais-le », il doit prendre du ghee dans un récipient et verser l’oblation dans Havyavāhana, le Feu porteur des offrandes.
Verse 109
पलाशप्लक्षन्यग्रोधप्लक्षाश्वत्थविकङ्कताः / उदुंबरस्तथाबिल्वश्चन्दनो यज्ञियाश्च ये
Palāśa, plakṣa, nyagrodha (banian), plakṣa, aśvattha, vikaṅkata, uduṃbara, bilva, santal, et tous les arbres propres au yajña.
Verse 110
सरलो देवदारुश्च शालश्च कदिरस्तथा / समिदर्थे प्रशस्ताः स्युरेते वृक्षा विशेषतः
Sarala, cèdre devadāru, śāla et khadira : ces arbres sont tout particulièrement loués pour la samidh (bois d’offrande).
Verse 111
ग्राम्याः कण्टकिनश्चैव याज्ञिया ये च केचन / पूजिताः समिदर्थं ते पितॄणां वचनं यथा
Qu’ils soient rustiques, épineux ou de nature yajñique : lorsqu’ils sont honorés pour la samidh, c’est selon la parole des Pitṛ (Ancêtres).
Verse 112
समिद्भिः षट्फलेयाभिर्जुहुयाद्यो हुताशनम् / फलं यत्कर्मणस्तस्य तन्मे निगदतः शृणु
Celui qui verse l’āhuti au Hutāśana avec des samidh ṣaṭphaleyā : écoute de moi le fruit de cet acte.
Verse 113
अक्षयं सर्वकामीयमश्वमेधफलं हि तत् / श्लेष्मान्तको नक्तमालः कपित्थः शाल्मलिस्तथा
Ce fruit est impérissable et exauce tous les désirs ; en vérité, il égale le fruit de l’Aśvamedha. (Samidh :) śleṣmāntaka, naktamāla, kapittha et śālmali aussi.
Verse 114
नीपो विभीतकश्चैव श्राद्धकर्मणि गर्हिताः / चिरबिल्वस्तथा कोलस्तिदुकः श्राद्धकर्मणि
Dans le rite de śrāddha, le nīpa et le vibhītaka sont tenus pour réprouvés; de même, le cirabilva, le kola et le tiduka y sont interdits.
Verse 115
बल्वजः कोविदारश्च वर्जनीयाः समन्ततः / शकुनानां निवासांश्च वर्जयेत महीरुहान्
Le balvaja et le kovidāra doivent être évités en tout lieu; et l’on doit aussi se garder des grands arbres qui servent de demeure aux oiseaux.
Verse 116
अन्यांश्चैवंविधान्सर्वान्नयज्ञीयांश्च वर्जयेत् / स्वधेति चैव मन्त्राणां पितॄणां वचनं यथा / स्वाहेति चैव देवानां यज्ञकर्मण्युदाहृतम्
De même, il faut écarter tout ce qui est impropre au yajña. Dans les mantras destinés aux Pitṛ on dit ‘svadhā’, et dans l’acte sacrificiel pour les dieux on prononce ‘svāhā’.
A prescriptive Pitṛ-Śrāddha/Tarpaṇa protocol: the chapter praises rājata (silver) vessels and dāna, lists sanctifying adjuncts (tilā, kutupa, kṛṣṇājina), and gives spatial/measurement rules for vedi and three gartas, alongside purification steps.
Rājata (silver)—as vessel, sight, or gift—is explicitly described as producing anantam-akṣayam merit; the discourse also elevates kṛṣṇājina proximity/darśana/dāna and other pāvanīya items (e.g., tilā, kanaka) as highly efficacious for śrāddha.
Neither as a primary catalog: it is predominantly ritual-technical (śrāddha-vidhi). Its link to vaṃśa is functional—ancestral satisfaction is presented as enabling progeny/lineage increase and prosperity rather than listing dynasties.