
Yoga-siddhi — The Mystic Perfections and Their Origin in Meditation on the Lord
Poursuivant l’enseignement pratique de l’Uddhava-gītā sur la sādhana, ce chapitre répond à la question d’Uddhava au sujet de la yoga-siddhi : que sont les perfections mystiques, combien il en existe et comment on les obtient. Śrī Kṛṣṇa décrit dix-huit siddhis — huit principales (aṣṭa-siddhi) enracinées en Lui, et dix secondaires issues du sattva-guṇa — puis mentionne d’autres accomplissements yogiques liés à la méditation et à la maîtrise intérieure. Il associe des siddhis précis à des méditations sur Sa présence dans les éléments subtils, le mahat-tattva, le faux ego, le soleil et la vision, les voies du prāṇa, ainsi que Ses diverses formes (Viṣṇu/Nārāyaṇa et Brahman). Le récit se renverse ensuite : tout en confirmant qu’un yogī discipliné peut acquérir ces pouvoirs, Il avertit que pour les dévots visant le yoga suprême, la bhakti, les siddhis deviennent des distractions. Le chapitre fait ainsi passer de la technique à la finalité : les pouvoirs sont réels, mais la dévotion est la perfection plus haute, annonçant les enseignements suivants qui privilégient la bhakti pure.
Verse 1
श्रीभगवानुवाच जितेन्द्रियस्य युक्तस्य जितश्वासस्य योगिन: । मयि धारयतश्चेत उपतिष्ठन्ति सिद्धय: ॥ १ ॥
Le Seigneur Suprême dit : Cher Uddhava, les perfections mystiques du yoga se présentent d’elles-mêmes au yogī qui a vaincu ses sens, apaisé son mental, maîtrisé le souffle et fixé sa conscience en Moi.
Verse 2
श्रीउद्धव उवाच कया धारणया कास्वित् कथं वा सिद्धिरच्युत । कति वा सिद्धयो ब्रूहि योगिनां सिद्धिदो भवान् ॥ २ ॥
Śrī Uddhava dit : Ô Seigneur Acyuta, par quelle concentration (dhāraṇā) obtient-on la perfection mystique, et quelle en est la nature ? Combien de siddhis possèdent les yogīs ? Je T’en prie, explique-le, car Tu es le dispensateur de toutes les siddhis.
Verse 3
श्रीभगवानुवाच सिद्धयोऽष्टादश प्रोक्ता धारणा योगपारगै: । तासामष्टौ मत्प्रधाना दशैव गुणहेतव: ॥ ३ ॥
Le Seigneur Suprême dit : Les maîtres accomplis du yoga ont déclaré qu’il existe dix-huit sortes de siddhis et de dhāraṇā. Parmi elles, huit sont principales et ont refuge en Moi ; et dix sont secondaires, issues du mode de la vertu (sattva).
Verse 4
अणिमा महिमा मूर्तेर्लघिमा प्राप्तिरिन्द्रियै: । प्राकाम्यं श्रुतदृष्टेषु शक्तिप्रेरणमीशिता ॥ ४ ॥ गुणेष्वसङ्गो वशिता यत्कामस्तदवस्यति । एता मे सिद्धय: सौम्य अष्टावौत्पत्तिका मता: ॥ ५ ॥
Parmi les huit siddhis principales, trois transforment le corps : aṇimā (devenir plus petit que le plus petit), mahimā (devenir plus grand que le plus grand) et laghimā (devenir plus léger que le plus léger). Par prāpti-siddhi on obtient ce que l’on désire ; par prākāmya-siddhi on goûte tout objet de jouissance, en ce monde ou dans l’autre. Par īśitā-siddhi on peut mouvoir et gouverner les sous-puissances de māyā ; par vaśitā-siddhi on n’est pas entravé par les trois guṇas. Celui qui possède kāmāvasāyitā-siddhi peut obtenir toute chose, de n’importe où, jusqu’à la limite suprême. Ô doux Uddhava, ces huit siddhis sont tenues pour naturelles et sans égales en ce monde, et elles sont Miennes.
Verse 5
अणिमा महिमा मूर्तेर्लघिमा प्राप्तिरिन्द्रियै: । प्राकाम्यं श्रुतदृष्टेषु शक्तिप्रेरणमीशिता ॥ ४ ॥ गुणेष्वसङ्गो वशिता यत्कामस्तदवस्यति । एता मे सिद्धय: सौम्य अष्टावौत्पत्तिका मता: ॥ ५ ॥
Parmi les huit siddhis principales, trois transforment le corps : aṇimā (devenir plus petit que le plus petit), mahimā (devenir plus grand que le plus grand) et laghimā (devenir plus léger que le plus léger). Par prāpti-siddhi on obtient ce que l’on désire ; par prākāmya-siddhi on goûte tout objet de jouissance, en ce monde ou dans l’autre. Par īśitā-siddhi on peut mouvoir et gouverner les sous-puissances de māyā ; par vaśitā-siddhi on n’est pas entravé par les trois guṇas. Celui qui possède kāmāvasāyitā-siddhi peut obtenir toute chose, de n’importe où, jusqu’à la limite suprême. Ô doux Uddhava, ces huit siddhis sont tenues pour naturelles et sans égales en ce monde, et elles sont Miennes.
Verse 6
अनूर्मिमत्त्वं देहेऽस्मिन् दूरश्रवणदर्शनम् । मनोजव: कामरूपं परकायप्रवेशनम् ॥ ६ ॥ स्वच्छन्दमृत्युर्देवानां सहक्रीडानुदर्शनम् । यथासङ्कल्पसंसिद्धिराज्ञाप्रतिहता गति: ॥ ७ ॥
Les dix perfections mystiques secondaires issues des guṇa de la nature sont : être affranchi de la faim, de la soif et des troubles du corps ; entendre et voir au loin ; se mouvoir à la vitesse de la pensée ; prendre la forme désirée ; entrer dans le corps d’autrui ; mourir à volonté ; contempler les jeux des devas avec les apsarās ; accomplir parfaitement sa résolution ; et donner des ordres dont l’exécution est sans entrave.
Verse 7
अनूर्मिमत्त्वं देहेऽस्मिन् दूरश्रवणदर्शनम् । मनोजव: कामरूपं परकायप्रवेशनम् ॥ ६ ॥ स्वच्छन्दमृत्युर्देवानां सहक्रीडानुदर्शनम् । यथासङ्कल्पसंसिद्धिराज्ञाप्रतिहता गति: ॥ ७ ॥
Parmi les siddhis secondaires nées des guṇa se trouvent : mourir à volonté, contempler les lílās des devas avec les apsarās, réaliser parfaitement sa résolution, et posséder un pouvoir d’ordonner dont l’exécution est sans obstacle ; avec aussi les facultés déjà mentionnées, telles que l’affranchissement des troubles du corps, etc.
Verse 8
त्रिकालज्ञत्वमद्वन्द्वं परचित्ताद्यभिज्ञता । अग्न्यर्काम्बुविषादीनां प्रतिष्टम्भोऽपराजय: ॥ ८ ॥ एताश्चोद्देशत: प्रोक्ता योगधारणसिद्धय: । यया धारणया या स्याद् यथा वा स्यान्निबोध मे ॥ ९ ॥
Le pouvoir de connaître passé, présent et futur ; l’équanimité face à la chaleur, au froid et aux autres dualités ; la connaissance de l’esprit d’autrui ; l’arrêt de l’influence du feu, du soleil, de l’eau, du poison, etc. ; et l’invincibilité—telles sont cinq perfections du yoga de la concentration et de la méditation. Je ne les ai citées que par leur nom et leurs traits ; apprends maintenant de Moi quelle contemplation fait naître quelle siddhi, et comment.
Verse 9
त्रिकालज्ञत्वमद्वन्द्वं परचित्ताद्यभिज्ञता । अग्न्यर्काम्बुविषादीनां प्रतिष्टम्भोऽपराजय: ॥ ८ ॥ एताश्चोद्देशत: प्रोक्ता योगधारणसिद्धय: । यया धारणया या स्याद् यथा वा स्यान्निबोध मे ॥ ९ ॥
Ces cinq siddhis—telles que la connaissance des trois temps—relèvent de la dhāraṇā du yoga, et je les ai mentionnées brièvement. Écoute maintenant de Moi : quelle contemplation engendre quelle siddhi, et comment elle s’obtient selon l’ordre de la pratique.
Verse 10
भूतसूक्ष्मात्मनि मयि तन्मात्रं धारयेन्मन: । अणिमानमवाप्नोति तन्मात्रोपासको मम ॥ १० ॥
Celui qui M’adore en Ma forme atomique, qui pénètre tous les éléments subtils, et fixe son esprit uniquement sur ce principe, obtient la perfection mystique appelée aṇimā.
Verse 11
महत्तत्त्वात्मनि मयि यथासंस्थं मनो दधत् । महिमानमवाप्नोति भूतानां च पृथक् पृथक् ॥ ११ ॥
Celui qui absorbe son mental en Moi, le Paramātmā établi comme mahat-tattva, obtient la perfection mystique appelée mahimā. Puis, en fixant encore l’esprit en Moi au sein de chaque élément—éther, air, feu, etc.—il acquiert progressivement la grandeur propre à chacun.
Verse 12
परमाणुमये चित्तं भूतानां मयि रञ्जयन् । कालसूक्ष्मार्थतां योगी लघिमानमवाप्नुयात् ॥ १२ ॥
En attachant son esprit à Moi, présent comme l’essence atomique des éléments, le yogī réalise la nature extrêmement subtile du temps à l’échelle infinitésimale et obtient la perfection appelée laghimā.
Verse 13
धारयन् मय्यहंतत्त्वे मनो वैकारिकेऽखिलम् । सर्वेन्द्रियाणामात्मत्वं प्राप्तिं प्राप्नोति मन्मना: ॥ १३ ॥
En fixant entièrement son mental en Moi, au sein du principe du faux ego vaikarika né de la vertu, le yogī obtient la siddhi appelée prāpti, par laquelle il devient maître des sens de tous les êtres, car son esprit est absorbé en Moi.
Verse 14
महत्यात्मनि य: सूत्रे धारयेन्मयि मानसम् । प्राकाम्यं पारमेष्ठ्यं मे विन्दतेऽव्यक्तजन्मन: ॥ १४ ॥
Celui qui concentre toutes ses activités mentales en Moi, le Paramātmā de la phase sūtra du mahat-tattva qui manifeste la chaîne du karma, reçoit de Moi—dont l’avènement dépasse la perception matérielle—la perfection suprême appelée prākāmya.
Verse 15
विष्णौ त्र्यधीश्वरे चित्तं धारयेत् कालविग्रहे । स ईशित्वमवाप्नोति क्षेत्रज्ञक्षेत्रचोदनाम् ॥ १५ ॥
Celui qui place sa conscience sur Viṣṇu, le Paramātmā—premier moteur et Seigneur suprême de l’énergie externe faite des trois guṇa, sous la forme du temps—obtient la perfection appelée īśitva, par laquelle il peut gouverner les âmes conditionnées, leurs corps et leurs désignations corporelles.
Verse 16
नारायणे तुरीयाख्ये भगवच्छब्दशब्दिते । मनो मय्यादधद् योगी मद्धर्मा वशितामियात् ॥ १६ ॥
Le yogī qui place son mental en Ma forme de Nārāyaṇa, dite le quatrième état et pleine de toutes les opulences, reçoit Ma nature et obtient la perfection mystique nommée vaśitā.
Verse 17
निर्गुणे ब्रह्मणि मयि धारयन् विशदं मन: । परमानन्दमाप्नोति यत्र कामोऽवसीयते ॥ १७ ॥
Celui qui fixe son esprit limpide en Moi comme le Brahman sans attributs obtient la félicité suprême, où tous les désirs s’apaisent et s’accomplissent pleinement.
Verse 18
श्वेतद्वीपपतौ चित्तं शुद्धे धर्ममये मयि । धारयञ्छ्वेततां याति षडूर्मिरहितो नर: ॥ १८ ॥
L’être humain qui concentre son cœur en Moi, Seigneur de Śvetadvīpa, incarnation de la pureté et soutien du dharma, atteint une existence immaculée et se libère des six vagues de trouble matériel.
Verse 19
मय्याकाशात्मनि प्राणे मनसा घोषमुद्वहन् । तत्रोपलब्धा भूतानां हंसो वाच: शृणोत्यसौ ॥ १९ ॥
L’être purifié qui, par le mental, porte les vibrations sonores extraordinaires se manifestant en Moi comme le ciel personnifié et le prāṇa total, peut percevoir dans l’espace la parole de tous les êtres.
Verse 20
चक्षुस्त्वष्टरि संयोज्य त्वष्टारमपि चक्षुषि । मां तत्र मनसा ध्यायन् विश्वं पश्यति दूरत: ॥ २० ॥
En fondant la vue dans le soleil puis le soleil dans les yeux, et en méditant par l’esprit sur Moi présent dans cette union du soleil et de la vision, on acquiert le pouvoir de voir toute chose lointaine.
Verse 21
मनो मयि सुसंयोज्य देहं तदनुवायुना । मद्धारणानुभावेन तत्रात्मा यत्र वै मन: ॥ २१ ॥
Le yogī qui absorbe entièrement son mental en Moi et, par le souffle subtil qui suit le mental, résorbe aussi le corps matériel en Moi, obtient par la puissance de la méditation sur Moi la perfection mystique grâce à laquelle son corps suit aussitôt son esprit partout où il se rend.
Verse 22
यदा मन उपादाय यद् यद् रूपं बुभूषति । तत्तद् भवेन्मनोरूपं मद्योगबलमाश्रय: ॥ २२ ॥
Lorsque le yogī, appliquant son mental, désire prendre une forme particulière, cette forme même apparaît aussitôt comme forme du mental. Une telle perfection devient possible en absorbant le mental dans l’abri de Ma puissance yogique inconcevable, par laquelle J’assume d’innombrables formes.
Verse 23
परकायं विशन् सिद्ध आत्मानं तत्र भावयेत् । पिण्डं हित्वा विशेत् प्राणो वायुभूत: षडङ्घ्रिवत् ॥ २३ ॥
Lorsqu’un yogī accompli désire entrer dans le corps d’autrui, il doit se méditer lui-même à l’intérieur de ce corps; puis, abandonnant son propre corps grossier, il y pénètre par les voies du souffle, tel une abeille quittant une fleur pour entrer dans une autre.
Verse 24
पार्ष्ण्यापीड्य गुदं प्राणं हृदुर:कण्ठमूर्धसु । आरोप्य ब्रह्मरन्ध्रेण ब्रह्म नीत्वोत्सृजेत्तनुम् ॥ २४ ॥
Le yogī qui a obtenu la perfection mystique appelée svacchanda-mṛtyu bloque l’anus avec le talon, puis élève le prāṇa du cœur à la poitrine, à la gorge et enfin à la tête. Établi dans le brahma-randhra, il abandonne le corps matériel et conduit l’âme vers la destination choisie.
Verse 25
विहरिष्यन् सुराक्रीडे मत्स्थं सत्त्वं विभावयेत् । विमानेनोपतिष्ठन्ति सत्त्ववृत्ती: सुरस्त्रिय: ॥ २५ ॥
Le yogī qui désire se divertir dans les jardins de plaisir des demi-dieux doit méditer sur le sattva purifié, établi en Moi; alors les femmes célestes, issues des tendances du sattva, viendront à lui dans des vimānas (chars aériens).
Verse 26
यथा सङ्कल्पयेद् बुद्ध्या यदा वा मत्पर: पुमान् । मयि सत्ये मनो युञ्जंस्तथा तत् समुपाश्नुते ॥ २६ ॥
Le yogī qui s’abandonne à Moi, fixant son mental en Moi, la Vérité, obtient toujours son but par le moyen même qu’il a résolu de suivre.
Verse 27
यो वै मद्भावमापन्न ईशितुर्वशितु: पुमान् । कुतश्चिन्न विहन्येत तस्य चाज्ञा यथा मम ॥ २७ ॥
Celui qui atteint Ma nature de Souverain et de Maître, voit son ordre, comme le Mien, ne pouvoir être contrarié par aucun moyen.
Verse 28
मद्भक्त्या शुद्धसत्त्वस्य योगिनो धारणाविद: । तस्य त्रैकालिकी बुद्धिर्जन्ममृत्यूपबृंहिता ॥ २८ ॥
Le yogī qui, par la bhakti envers Moi, a purifié son être et maîtrise la dhāraṇā, obtient la connaissance du passé, du présent et du futur; il voit ainsi la naissance et la mort de lui-même et d’autrui.
Verse 29
अग्न्यादिभिर्न हन्येत मुनेर्योगमयं वपु: । मद्योगशान्तचित्तस्य यादसामुदकं यथा ॥ २९ ॥
De même que le corps des êtres aquatiques n’est pas blessé par l’eau, ainsi le corps yogamaya du sage, dont la conscience est apaisée par la bhakti-yoga envers Moi et pleinement mûrie dans la science du yoga, ne peut être atteint par le feu, le soleil, l’eau, le poison, et ainsi de suite.
Verse 30
मद्विभूतीरभिध्यायन् श्रीवत्सास्त्रविभूषिता: । ध्वजातपत्रव्यजनै: स भवेदपराजित: ॥ ३० ॥
En méditant sur Mes manifestations opulentes, ornées du Śrīvatsa et de diverses armes, et pourvues d’attributs impériaux tels que drapeaux, ombrelles et éventails, Mon dévot devient invincible.
Verse 31
उपासकस्य मामेवं योगधारणया मुने: । सिद्धय: पूर्वकथिता उपतिष्ठन्त्यशेषत: ॥ ३१ ॥
Ô muni, le dévot instruit qui M’adore par la concentration du yoga obtient assurément, en tous points, les perfections mystiques que J’ai décrites.
Verse 32
जितेन्द्रियस्य दान्तस्य जितश्वासात्मनो मुने: । मद्धारणां धारयत: का सा सिद्धि: सुदुर्लभा ॥ ३२ ॥
Pour le sage qui a vaincu les sens, le souffle et le mental, qui est maître de lui et demeure absorbé dans la méditation sur Moi, quelle perfection mystique pourrait être difficile à obtenir ?
Verse 33
अन्तरायान् वदन्त्येता युञ्जतो योगमुत्तमम् । मया सम्पद्यमानस्य कालक्षपणहेतव: ॥ ३३ ॥
Les connaisseurs de la bhakti disent que les perfections yogiques que J’ai mentionnées sont en réalité des obstacles et une perte de temps pour celui qui pratique le yoga suprême, par lequel il reçoit de Moi directement toute perfection de la vie.
Verse 34
जन्मौषधितपोमन्त्रैर्यावतीरिह सिद्धय: । योगेनाप्नोति ता: सर्वा नान्यैर्योगगतिं व्रजेत् ॥ ३४ ॥
Quelles que soient les perfections mystiques obtenues ici par noble naissance, plantes, austérités ou mantras, toutes s’atteignent par le service de bhakti envers Moi ; en vérité, par d’autres moyens on n’atteint pas la véritable perfection du yoga.
Verse 35
सर्वासामपि सिद्धीनां हेतु: पतिरहं प्रभु: । अहं योगस्य साङ्ख्यस्य धर्मस्य ब्रह्मवादिनाम् ॥ ३५ ॥
Mon cher Uddhava, Je suis la cause, le protecteur et le Seigneur de toutes les perfections mystiques ; Je suis le Maître du yoga, du sāṅkhya, du dharma pur et de la communauté des maîtres védiques.
Verse 36
अहमात्मान्तरो बाह्योऽनावृत: सर्वदेहिनाम् । यथा भूतानि भूतेषु बहिरन्त: स्वयं तथा ॥ ३६ ॥
De même que les cinq grands éléments se trouvent à l’intérieur et à l’extérieur de tous les corps, ainsi nul ne peut Me voiler; Je demeure en tout comme Paramātmā et au-dehors comme l’Omniprésent.
Kṛṣṇa states that yoga masters describe eighteen types: eight primary perfections (aṣṭa-siddhi) that have their shelter in Him, and ten secondary perfections that arise from the material mode of goodness (sattva). He also mentions additional yogic attainments in the context of meditation, such as tri-kāla-jñāna (knowing past, present, future) and resistance to material dualities.
They are: aṇimā (becoming smaller than the smallest), mahimā (becoming greater than the greatest), laghimā (becoming lighter than the lightest), prāpti (obtaining desired objects), prākāmya (experiencing any enjoyable object), īśitā (manipulating subpotencies of māyā), vaśitā (unimpeded by the guṇas), and kāmāvasāyitā (obtaining anything from anywhere to the highest limit).
The chapter links each siddhi to a particular dhyāna: worshiping the Lord in His atomic presence yields aṇimā; meditating on Him as the Supersoul of mahat-tattva yields mahimā; absorption in His presence as the essence within elements yields laghimā; and other perfections arise by fixing consciousness on Him as Viṣṇu/Nārāyaṇa, within ahaṅkāra, within the sun and vision, and through prāṇa-pathways—showing that siddhis are derivative of focused meditation on the Lord’s omnipresence.
Kṛṣṇa states that learned bhakti authorities consider siddhis impediments because they can redirect attention from the supreme goal—exclusive devotion and direct attainment of the Lord. Since bhakti grants the highest perfection (the Lord Himself), fascination with powers can become a waste of time for one practicing para-yoga.
Kṛṣṇa declares Himself to be the cause, protector, and Lord of all mystic perfections, of the yoga system, of analytic knowledge, and of pure activity—establishing that siddhis are not independent achievements but depend on His sanction and presence as Paramātmā within and beyond everything.