
The First Step in God Realization: The Glory of Hearing and the Virāṭ-Rūpa Meditation
Śukadeva Gosvāmī loue la question de Parīkṣit comme universellement auspicious et la oppose à la vie distraite du chef de famille matérialiste, qui passe ses jours à faire et préserver la richesse, et ses nuits au sommeil ou au plaisir sexuel. Il déclare que la délivrance de la misère commence par l’écoute, la glorification et le souvenir du Seigneur Suprême (Paramātmā, maître et sauveur), et que la perfection suprême est de se souvenir de Bhagavān à l’instant de la mort, qu’on suive jñāna, yoga ou karma. Il affirme l’autorité souveraine du Bhāgavatam, raconte comment même lui, réalisé, fut attiré par les līlās de Kṛṣṇa, et recommande le nāma-saṅkīrtana comme voie sans crainte pour tous les chercheurs. En vue des sept jours restants de Parīkṣit, il expose une sādhana de fin de vie disciplinée : renoncement, solitude, prāṇāyāma, oṁ-smaraṇa, retrait des sens et méditation concentrée. À la demande de précisions, il introduit la concentration sur la puissance grossière du Seigneur—le virāṭ-puruṣa—décrivant le corps cosmique et les systèmes planétaires comme Ses membres. Le chapitre se clôt en insistant que l’esprit doit finalement se fixer sur la Personne Suprême, toute félicité, faute de quoi il s’égare et se dégrade, préparant les étapes suivantes de l’exposé théologique.
Verse 1
श्रीशुक उवाच वरीयानेष ते प्रश्न: कृतो लोकहितं नृप । आत्मवित्सम्मत: पुंसां श्रोतव्यादिषु य: पर: ॥ १ ॥
Śrī Śukadeva dit : Ô roi, ta question est très glorieuse et bénéfique pour tous. Parmi ce qu’il faut entendre, c’est le sujet suprême, approuvé par les connaisseurs de l’ātman.
Verse 2
श्रोतव्यादीनि राजेन्द्र नृणां सन्ति सहस्रश: । अपश्यतामात्मतत्त्वं गृहेषु गृहमेधिनाम् ॥ २ ॥
Ô Rajendra, pour ceux qui, en gṛhamedhī, sont absorbés par le matériel et ne voient pas l’ātma-tattva, il existe dans la société humaine des milliers de sujets à entendre, et ainsi de suite.
Verse 3
निद्रया ह्रियते नक्तं व्यवायेन च वा वय: । दिवा चार्थेहया राजन् कुटुम्बभरणेन वा ॥ ३ ॥
Ô roi, la vie d’un chef de famille envieux s’écoule la nuit dans le sommeil ou les plaisirs sexuels, et le jour dans la quête d’argent ou l’entretien des siens.
Verse 4
देहापत्यकलत्रादिष्वात्मसैन्येष्वसत्स्वपि । तेषां प्रमत्तो निधनं पश्यन्नपि न पश्यति ॥ ४ ॥
Attachés aux ‘soldats du moi’ défaillants — le corps, les enfants, l’épouse, etc. — ceux qui sont privés d’ātma-tattva ne s’enquièrent pas des problèmes de l’existence; bien qu’ils le voient, ils ne voient pas leur ruine inévitable.
Verse 5
तस्माद्भारत सर्वात्मा भगवानीश्वरो हरि: । श्रोतव्य: कीर्तितव्यश्च स्मर्तव्यश्चेच्छताभयम् ॥ ५ ॥
Ainsi, ô descendant de Bharata, celui qui désire être délivré de toutes misères doit écouter, glorifier et se souvenir de Bhagavān Hari, l’Âme suprême, le Maître et le Sauveur.
Verse 6
एतावान् सांख्ययोगाभ्यां स्वधर्मपरिनिष्ठया । जन्मलाभ: पर: पुंसामन्ते नारायणस्मृति: ॥ ६ ॥
La perfection suprême de la vie humaine—obtenue par le sāṅkhya, le yoga ou l’accomplissement parfait du devoir—est de se souvenir de Nārāyaṇa à l’instant final.
Verse 7
प्रायेण मुनयो राजन्निवृत्ता विधिषेधत: । नैर्गुण्यस्था रमन्ते स्म गुणानुकथने हरे: ॥ ७ ॥
Ô roi Parīkṣit, la plupart des sages, au-delà des prescriptions et interdits, établis dans l’état nirguṇa, se réjouissent à décrire les qualités et les gloires de Hari.
Verse 8
इदं भागवतं नाम पुराणं ब्रह्मसम्मितम् । अधीतवान् द्वापरादौ पितुर्द्वैपायनादहम् ॥ ८ ॥
À la fin du Dvāpara-yuga, j’ai étudié ce grand Purāṇa nommé Śrīmad-Bhāgavatam, égal aux Vedas, auprès de mon père, Śrīla Dvaipāyana Vyāsadeva.
Verse 9
परिनिष्ठितोऽपि नैर्गुण्य उत्तमश्लोकलीलया । गृहीतचेता राजर्षे आख्यानं यदधीतवान् ॥ ९ ॥
Ô roi saint, bien que j’eusse été parfaitement établi dans la transcendance nirguṇa, mon cœur fut saisi par le récit des līlā du Seigneur, l’Uttamaśloka; c’est ce récit que j’ai étudié.
Verse 10
तदहं तेऽभिधास्यामि महापौरुषिको भवान् । यस्य श्रद्दधतामाशु स्यान्मुकुन्दे मति: सती ॥ १० ॥
C’est ce même Śrīmad-Bhāgavatam que je te réciterai, car tu es un dévot d’une grande noblesse. Celui qui l’écoute avec śraddhā et respect obtient vite une foi inébranlable en Mukunda, le dispensateur de délivrance.
Verse 11
एतन्निर्विद्यमानानामिच्छतामकुतोभयम् । योगिनां नृप निर्णीतं हरेर्नामानुकीर्तनम् ॥ ११ ॥
Ô roi, pour les détachés, pour ceux qui désirent la jouissance, et aussi pour les yogis comblés par la connaissance transcendante, la voie certaine et sans crainte est le kīrtana constant du saint nom de Hari.
Verse 12
किं प्रमत्तस्य बहुभि: परोक्षैर्हायनैरिह । वरं मुहूर्तं विदितं घटते श्रेयसे यत: ॥ १२ ॥
À quoi sert une longue vie gaspillée dans l’insouciance, faite d’années vécues sans vraie conscience en ce monde? Mieux vaut un seul instant d’éveil, car il ouvre la quête du bien suprême.
Verse 13
खट्वाङ्गो नाम राजर्षिर्ज्ञात्वेयत्तामिहायुष: । मुहूर्तात्सर्वमुत्सृज्य गतवानभयं हरिम् ॥ १३ ॥
Le saint roi Khaṭvāṅga, apprenant que sa vie ne durerait plus qu’un instant, renonça aussitôt à toute activité matérielle et se réfugia en Hari, la Suprême Personne divine, refuge sans crainte.
Verse 14
तवाप्येतर्हि कौरव्य सप्ताहं जीवितावधि: । उपकल्पय तत्सर्वं तावद्यत्साम्परायिकम् ॥ १४ ॥
Ô Parīkṣit, descendant des Kuru, ta vie est désormais limitée à sept jours; durant ce temps, prépare et accomplis tout ce qui est requis pour le bien suprême de ta prochaine existence.
Verse 15
अन्तकाले तु पुरुष आगते गतसाध्वस: । छिन्द्यादसङ्गशस्त्रेण स्पृहां देहेऽनु ये च तम् ॥ १५ ॥
À l’ultime moment, lorsque la mort survient, l’homme doit être courageux et sans crainte; et, par l’arme du détachement, trancher l’attachement au corps, à tout ce qui s’y rapporte, ainsi que les désirs qui en naissent.
Verse 16
गृहात् प्रव्रजितो धीर: पुण्यतीर्थजलाप्लुत: । शुचौ विविक्त आसीनो विधिवत्कल्पितासने ॥ १६ ॥
L’homme ferme doit quitter la maison et pratiquer la maîtrise de soi; se baigner dans l’eau d’un tīrtha sacré, puis s’asseoir, en un lieu pur et retiré, sur un siège préparé selon le rite.
Verse 17
अभ्यसेन्मनसा शुद्धं त्रिवृद्ब्रह्माक्षरं परम् । मनो यच्छेज्जितश्वासो ब्रह्मबीजमविस्मरन् ॥ १७ ॥
Assis de la sorte, qu’il médite par l’esprit le brahmākṣara suprême aux trois sons, « a-u-m »; et, en réglant le souffle, qu’il maîtrise le mental sans oublier cette semence transcendante.
Verse 18
नियच्छेद्विषयेभ्योऽक्षान्मनसा बुद्धिसारथि: । मन: कर्मभिराक्षिप्तं शुभार्थे धारयेद्धिया ॥ १८ ॥
À mesure que le mental se spiritualise, retire-le des objets des sens; et, l’intelligence pour cocher, maîtrise les sens. Le mental absorbé par les actes matériels peut être engagé au service de la Personne Suprême et se fixer dans la pleine conscience transcendante.
Verse 19
तत्रैकावयवं ध्यायेदव्युच्छिन्नेन चेतसा । मनो निर्विषयं युक्त्वा तत: किञ्चन न स्मरेत् । पदं तत्परमं विष्णोर्मनो यत्र प्रसीदति ॥ १९ ॥
Ensuite, médite sur les membres de Viṣṇu l’un après l’autre, d’une conscience ininterrompue, sans te détourner de la vision de Son corps tout entier. Ainsi le mental devient libre des objets des sens et ne se souvient de rien d’autre; car c’est dans la demeure suprême de Viṣṇu que le mental s’apaise pleinement.
Verse 20
रजस्तमोभ्यामाक्षिप्तं विमूढं मन आत्मन: । यच्छेद्धारणया धीरो हन्ति या तत्कृतं मलम् ॥ २० ॥
L’esprit de l’âme, entraîné par rajas et aveuglé par tamas, demeure agité et égaré. Mais l’homme ferme peut le maîtriser par la concentration reliée à Viṣṇu; cette concentration détruit l’impureté engendrée par ces modes et apaise le mental.
Verse 21
यस्यां सन्धार्यमाणायां योगिनो भक्तिलक्षण: । आशु सम्पद्यते योग आश्रयं भद्रमीक्षत: ॥ २१ ॥
Ô Roi, en demeurant dans cette concentration et en s’établissant dans l’habitude de contempler la conception personnelle du Seigneur, tout-bienfaisant, le yogi atteint très vite le yoga marqué par la bhakti, sous l’abri direct du Seigneur.
Verse 22
राजोवाच यथा सन्धार्यते ब्रह्मन् धारणा यत्र सम्मता । यादृशी वा हरेदाशु पुरुषस्य मनोमलम् ॥ २२ ॥
Le roi dit : Ô brāhmaṇa, décris en détail comment pratiquer la concentration, où elle est tenue pour juste, et de quelle manière elle peut ôter rapidement les souillures du mental d’un homme.
Verse 23
श्रीशुक उवाच जितासनो जितश्वासो जितसङ्गो जितेन्द्रिय: । स्थूले भगवतो रूपे मन: सन्धारयेद्धिया ॥ २३ ॥
Śrī Śukadeva dit : Ayant maîtrisé la posture, réglé le souffle par le prāṇāyāma, vaincu l’attachement ainsi que le mental et les sens, qu’on fixe, par l’intelligence, l’esprit sur la forme grossière, le Virāṭ-rūpa du Seigneur.
Verse 24
विशेषस्तस्य देहोऽयं स्थविष्ठश्च स्थवीयसाम् । यत्रेदं व्यज्यते विश्वं भूतं भव्यं भवच्च सत् ॥ २४ ॥
Cette manifestation gigantesque de l’univers matériel tout entier est le corps personnel de la Vérité Absolue; en lui se vivent les effets du temps matériel : passé, présent et futur.
Verse 25
अण्डकोशे शरीरेऽस्मिन् सप्तावरणसंयुते । वैराज: पुरुषो योऽसौ भगवान् धारणाश्रय: ॥ २५ ॥
Dans le corps de la coquille universelle, revêtu de sept enveloppes matérielles, réside le Virāja Puruṣa—le Bhagavān—qui est le support et l’objet de la dhāraṇā selon la conception du Virāṭ.
Verse 26
पातालमेतस्य हि पादमूलं पठन्ति पार्ष्णिप्रपदे रसातलम् । महातलं विश्वसृजोऽथ गुल्फौ तलातलं वै पुरुषस्य जङ्घे ॥ २६ ॥
Les sages enseignent que Pātāla forme la plante des pieds du Seigneur universel; Rasātala, ses talons et ses orteils; Mahātala, ses chevilles; et Talātala, ses tibias.
Verse 27
द्वे जानुनी सुतलं विश्वमूर्ते- रूरुद्वयं वितलं चातलं च । महीतलं तज्जघनं महीपते नभस्तलं नाभिसरो गृणन्ति ॥ २७ ॥
Les deux genoux de la forme universelle sont Sutala; ses deux cuisses sont Vitala et Atala; ses hanches sont Mahītala; et l’espace est célébré comme la dépression de son nombril (nābhi-sara).
Verse 28
उर:स्थलं ज्योतिरनीकमस्य ग्रीवा महर्वदनं वै जनोऽस्य । तपो वराटीं विदुरादिपुंस: सत्यं तु शीर्षाणि सहस्रशीर्ष्ण: ॥ २८ ॥
La poitrine du Virāṭ-Puruṣa est le système des astres lumineux ; Son cou est Maharloka, Sa bouche Janaloka, et Son front Tapoloka. Satyaloka, le monde suprême, est la tête de Celui qui a mille têtes.
Verse 29
इन्द्रादयो बाहव आहुरुस्रा: कर्णौ दिश:श्रोत्रममुष्य शब्द: । नासत्यदस्रौ परमस्य नासे घ्राणोऽस्य गन्धो मुखमग्निरिद्ध: ॥ २९ ॥
Ses bras sont les demi-dieux menés par Indra ; les dix directions sont Ses oreilles, et le son matériel est Son ouïe. Ses narines sont les deux Aśvinī-kumāras, et le parfum matériel est Son odorat. Sa bouche est le feu flamboyant.
Verse 30
द्यौरक्षिणी चक्षुरभूत्पतङ्ग: पक्ष्माणि विष्णोरहनी उभे च । तद्भ्रूविजृम्भ: परमेष्ठिधिष्ण्य- मापोऽस्य तालु रस एव जिह्वा ॥ ३० ॥
La sphère de l’espace est Ses orbites, et le globe de l’œil est le soleil, puissance de vision. Ses paupières sont le jour et la nuit ; dans le mouvement de Ses sourcils résident Brahmā et d’autres êtres suprêmes. Son palais est Varuṇa, et l’essence de toutes les saveurs est Sa langue.
Verse 31
छन्दांस्यनन्तस्य शिरो गृणन्ति दंष्ट्रा यम: स्नेहकला द्विजानि । हासो जनोन्मादकरी च माया दुरन्तसर्गो यदपाङ्गमोक्ष: ॥ ३१ ॥
On dit que les hymnes védiques sont le passage cérébral du Seigneur Infini ; et que les mâchoires de Ses dents sont Yama, châtieur des pécheurs. L’art de l’affection est Sa denture, et la māyā la plus envoûtante est Son sourire. Cet océan de création matérielle n’est que le jet de Son regard.
Verse 32
व्रीडोत्तरौष्ठोऽधर एव लोभो धर्म: स्तनोऽधर्मपथोऽस्य पृष्ठम् । कस्तस्य मेढ्रं वृषणौ च मित्रौ कुक्षि: समुद्रा गिरयोऽस्थिसङ्घा: ॥ ३२ ॥
La pudeur est la partie supérieure de Ses lèvres, et la convoitise est Son menton. La religion (dharma) est la poitrine du Seigneur, et l’irréligion (adharma) est Son dos. Brahmā, qui engendre les êtres dans le monde matériel, est Ses organes génitaux, et Mitra et Varuṇa sont Ses deux testicules. L’océan est Sa taille, et les collines et montagnes sont les amas de Ses os.
Verse 33
नद्योऽस्य नाड्योऽथ तनूरुहाणि महीरुहा विश्वतनोर्नृपेन्द्र । अनन्तवीर्य: श्वसितं मातरिश्वा गतिर्वय: कर्म गुणप्रवाह: ॥ ३३ ॥
Ô roi, les rivières sont les veines de Son corps cosmique, les arbres en sont les poils, et l’air tout-puissant est Son souffle. Le cours des âges est Son mouvement, et Ses actes apparaissent comme les réactions du flot des trois guṇa.
Verse 34
ईशस्य केशान् विदुरम्बुवाहान् वासस्तु सन्ध्यां कुरुवर्य भूम्न: । अव्यक्तमाहुर्हृदयं मनश्च स चन्द्रमा: सर्वविकारकोश: ॥ ३४ ॥
Ô meilleur des Kurus, les nuages porteurs d’eau sont les cheveux de Sa tête; les crépuscules, jonction du jour et de la nuit, sont Son vêtement. La cause non manifestée (avyakta) est Son cœur et Son intelligence, et Son mental est la lune, réservoir de toutes les transformations.
Verse 35
विज्ञानशक्तिं महिमामनन्ति सर्वात्मनोऽन्त:करणं गिरित्रम् । अश्वाश्वतर्युष्ट्रगजा नखानि सर्वे मृगा: पशव: श्रोणिदेशे ॥ ३५ ॥
Selon les sages, le mahattattva est la puissance de conscience (vijñāna-śakti) du Seigneur présent en tous, et Giritra (Rudradeva) est Son ego. Le cheval, le mulet, le chameau et l’éléphant sont Ses ongles, et les bêtes sauvages ainsi que tous les quadrupèdes se tiennent dans la région de Sa ceinture.
Verse 36
वयांसि तद्व्याकरणं विचित्रं मनुर्मनीषा मनुजो निवास: । गन्धर्वविद्याधरचारणाप्सर: स्वरस्मृतीरसुरानीकवीर्य: ॥ ३६ ॥
Les oiseaux de toutes sortes révèlent Son sens artistique souverain. Manu, père des hommes, est l’emblème de Son intelligence normative, et l’humanité est Sa demeure. Les Gandharvas, Vidyādharas, Cāraṇas et apsarās figurent Son rythme musical, tandis que les armées d’asuras figurent Sa prouesse merveilleuse.
Verse 37
ब्रह्माननं क्षत्रभुजो महात्मा विडूरुरङ्घ्रिश्रितकृष्णवर्ण: । नानाभिधाभीज्यगणोपपन्नो द्रव्यात्मक: कर्म वितानयोग: ॥ ३७ ॥
Le visage du virāṭ-puruṣa est les brāhmaṇas, Ses bras sont les kṣatriyas; Ses cuisses sont les vaiśyas, et les śūdras se tiennent sous la protection de Ses pieds. Tous les devas dignes d’adoration, sous des noms divers, sont aussi englobés en Lui; ainsi, le devoir de chacun est d’accomplir le sacrifice avec des offrandes possibles afin de plaire au Seigneur.
Verse 38
इयानसावीश्वरविग्रहस्य य: सन्निवेष: कथितो मया ते । सन्धार्यतेऽस्मिन् वपुषि स्थविष्ठे मन: स्वबुद्ध्या न यतोऽस्ति किञ्चित् ॥ ३८ ॥
Je t’ai ainsi exposé la conception gigantesque et grossière (virāṭ-rūpa) de la Personnalité de Dieu. Celui qui désire ardemment la délivrance doit fixer son mental sur cette forme du Seigneur, car dans le monde matériel il n’est rien au-delà.
Verse 39
स सर्वधीवृत्त्यनुभूतसर्व आत्मा यथा स्वप्नजनेक्षितैक: । तं सत्यमानन्दनिधिं भजेत नान्यत्र सज्जेद् यत आत्मपात: ॥ ३९ ॥
Il est le Paramātmā, ressenti dans tous les mouvements de l’intelligence, comme dans le rêve une seule personne se montre sous d’innombrables formes. Qu’on Le serve, Lui, la Vérité et le trésor de félicité; qu’on ne s’attache pas ailleurs, car cela mène à la chute de soi.
Because it targets the essential human duty—inquiring into the supreme benefit (śreyas) rather than temporary welfare (preyas). Śukadeva contrasts this with society’s endless topics for hearing that keep people blind to ātma-tattva. A question that leads to hearing and remembering Bhagavān benefits all classes of people and is endorsed by realized transcendentalists.
It advises fearless detachment from body-centered attachments, leaving home, practicing self-control, and fixing consciousness on Bhagavān through regulated posture, breath, oṁ-remembrance, withdrawal from sense engagement, and systematic meditation—culminating in steady remembrance of the Lord at death, which is stated as the highest perfection across paths (jñāna, yoga, and karma).
The virāṭ-rūpa functions as a concrete meditative framework for the conditioned mind: by seeing the universe and its planetary systems as the Lord’s body, one redirects attention away from sense objects toward the Lord’s presence and sovereignty. This purifies agitation from rajas and tamas and quickly leads the practitioner toward devotional service under the Lord’s shelter.
Khaṭvāṅga is cited as an exemplar of immediate spiritual decision: upon learning he had only a moment to live, he renounced material engagement and took shelter of the Supreme Lord. The narrative supports the chapter’s urgency theme—quality of consciousness is superior to length of life.