
Ṛग्विधानम् (Ṛgvidhāna) — Applications of Ṛgvedic Mantras through Japa and Homa
Ce chapitre passe du sujet juridico‑éthique précédent à un manuel liturgique pragmatique : Agni présente les procédures védiques de Puṣkara (Ṛg, Yajus, Sāma, Atharva) comme conférant à la fois bhukti et mukti, à accomplir surtout par le japa et le homa. Puṣkara expose le Ṛgvidhāna : Gāyatrī‑japa (dans l’eau et dans le homa) avec prāṇāyāma, observances graduées de 10 000 et 100 000 récitations, et Oṁ‑japa comme le Brahman suprême qui détruit les péchés. Le chapitre répertorie des mantra‑prayoga visant purification, longévité, intelligence, victoire, sécurité du voyage, entrave de l’ennemi, apaisement des rêves, guérison, aide à l’accouchement, appel de la pluie, succès au débat et prospérité agricole, souvent liés au temps (aube/midi/couchant), au lieu (eau, carrefour, étable, champ) et à la discipline (jeûne, aumône, bain). Il conclut par un dharma de procédure : dakṣiṇā après le homa, dons de nourriture et d’or, recours aux bénédictions des brāhmaṇa et matériaux prescrits, montrant l’inscription de la technique rituelle dans l’ordre éthique et la purification.
Verse 1
इत्य् आग्नेये महापुराणे वाक्पारुष्यादिप्रकरणं नाम सप्तपञ्चाशदधिकद्विशतत्मो ऽध्यायः अथाष्टपञ्चाशदधिकद्विशततमो ऽध्यायः ऋग्विधानं अग्निर् उवाच ऋग्यजुःसामाथर्वविधानं पुष्करोदितम् भुक्तिमुक्तिकरं जप्याद्धोमाद्रामाय तद्वदे
Ainsi, dans l’Agni Mahāpurāṇa, le chapitre intitulé « Sur la rudesse de la parole et les sujets connexes » est le 257e. Commence maintenant le 258e chapitre, « Ṛgvidhāna ». Agni déclara : « Les procédures concernant les Veda Ṛg, Yajus, Sāma et Atharva, telles qu’enseignées par Puṣkara, confèrent à la fois la jouissance mondaine et la délivrance. Qu’on les pratique par le japa et le homa pour Rāma, et de même pour les autres selon la prescription. »
Verse 2
पुष्कर उवाच प्रतिवेदन्तु कर्माणि कार्याणि प्रवदामि ते प्रथमं ऋग्विधानं वै शृणु त्वं भुक्तिमुक्तिदम्
Puṣkara dit : «Je t’exposerai les rites et les devoirs à accomplir selon chaque Veda. D’abord, écoute la procédure du Ṛgveda : en vérité, elle confère à la fois la jouissance mondaine et la libération.»
Verse 3
अन्तर्जले तथा होमे जपती मनसेप्सितम् कामं करोति गायत्री प्राणायामाद्विशेषतः
Lorsque la Gāyatrī est récitée—qu’on se tienne dans l’eau (au bain rituel) ou qu’on soit au cours d’une offrande au feu—elle accomplit le but désiré conçu dans l’esprit, surtout lorsqu’elle est jointe au prāṇāyāma.
Verse 4
गायत्र्या दशसाहस्रो जपो नक्ताशनो द्विज बहुस्नातस्य तत्रैव सर्वकल्मषनाशनः
Ô deux-fois-né, la récitation de la Gāyatrī dix mille fois—en observant le vœu de ne prendre nourriture que la nuit et après des bains rituels répétés—devient, dans cette observance même, la destructrice de toutes les souillures (péchés).
Verse 5
दशायुतानि जप्त्वाथ हविष्याशी स मुक्तिभाक् प्रणवो हि परं ब्रह्म तज्जपः सर्वपापहा
Ensuite, l’ayant récité cent mille fois et vivant de havis (nourriture d’oblation/rituelle), il devient bénéficiaire de la délivrance. Car le Praṇava (Oṁ) est véritablement le Brahman suprême ; sa répétition détruit tous les péchés.
Verse 6
ओंकारशतजप्तन्तु नाभिमात्रोदके स्थितः जलं पिवेत् स सर्वैस्तु पापैर् वै विप्रमुच्यते
Après avoir répété cent fois la syllabe Oṁ, et se tenant dans l’eau jusqu’au nombril, il doit boire de l’eau ; par cet acte, il est en vérité entièrement délivré de tous les péchés.
Verse 7
मात्रात्रयं त्रयो वेदास्त्रयो देवास्त्रयो ऽग्नयः महाव्याहृतयः सप्त लोका होमो ऽखिलाघहा
Les trois mesures syllabiques sacrées (mātrā) de la Gāyatrī, les trois Veda, les trois dieux et les trois feux ; les sept grandes Vyāhṛti et les sept mondes : ainsi, le Homa (offrande au feu) est le destructeur de tous les péchés.
Verse 8
गायत्री परमा जाप्या महाव्याहृतयस् तथा अन्तर्जले तथा राम प्रोक्तश् चैवाघमर्षणः
La Gāyatrī est le mantra suprême à répéter en japa ; de même les grandes Vyāhṛti. Le japa doit aussi être accompli dans l’eau ; et l’Aghamarṣaṇa (hymne qui dissipe le péché), tel qu’enseigné par Rāma, sert véritablement à l’effacement des fautes.
Verse 9
अग्निमीले पुरोहितं सूत्को ऽयं वह्निदैवतः पापैर् हि विप्रमुच्यत इति ग , घ , ञ च शिरसा धारयन् वह्निं यो जपेत्परिवत्सरम्
Celui qui, portant en méditation le Feu sur sa tête, récite pendant une année entière cette formule d’Agni—«Agnim īḷe, le prêtre domestique; ce mantra est appelé Sūtka, ayant Vahni (Agni) pour divinité présidente; par lui, en vérité, on est délivré des péchés»—avec les syllabes ga, gha et ña, est affranchi des souillures du péché.
Verse 10
होमं त्रिषवणं भैक्ष्यमनग्निज्वलनञ्चरेत् अतः परमृचः सप्त वाय्वाद्या याः प्रकीर्तिताः
Il doit accomplir le homa (offrande au feu) aux trois offices quotidiens, vivre d’aumônes et pratiquer l’allumage du feu sans feu (visible). Après cela, on doit réciter les sept strophes Ṛk commençant par (la divinité) Vāyu, telles qu’elles ont été enseignées.
Verse 11
ता जपन् प्रयतो नित्यमिष्टान् कामान् समश्नुते मेधाकामो जपेन्नित्यं सदसन्यमिति त्यचम्
En la répétant chaque jour avec maîtrise de soi et application, on obtient les buts désirés. Celui qui recherche l’intelligence (medhā) doit toujours répéter le mantra Tyaca, à savoir : « sadasanyam ».
Verse 12
अन्वयो यन्निमाः प्रोक्ताः नवर्चो मृत्युनाशनाः शुनःशेफमृषिं बद्धः सन्निरुद्धो ऽथ वा जपेत्
Selon l’anvaya, c’est-à-dire l’enchaînement syntaxique correct, ces neuf ṛk enseignés sont destructeurs de la mort. Celui qui est lié ou emprisonné doit alors les réciter, en prenant pour modèle le sage Śunaḥśepha, qui fut lié et maintenu sous contrainte.
Verse 13
मुच्यते सर्वपापेभ्यो गदी वाप्यगदो भवेत् य इच्छेच्छाश्वतं कामं मित्रं प्राज्ञं पुरन्दरं
On est délivré de tous les péchés ; et l’on devient soit porteur de massue (guerrier puissant), soit exempt de maladie. Quiconque désire l’accomplissement durable de ses vœux doit rechercher Purandara (Indra) comme allié sage et bienveillant.
Verse 14
ऋग्भिः षोड्शभिः कुर्यादिन्द्रियस्येति दिने दिने हिरण्यस्तूपमित्येतज्जपन् शत्रून् प्रबाधते
On doit accomplir le rite/la récitation avec seize strophes du Ṛg—selon la formule «d’Indriya»—jour après jour ; en murmurant sans cesse ce mantra commençant par «hiraṇyastūpam…», on domine et l’on terrasse les ennemis.
Verse 15
क्षेमी भवति चाध्वानो ये ते पन्था जपन् नरः रौद्रीभिःषड्भिरीशानं स्तूयाद्यो वै दिने दिने
Les routes du voyage deviennent sûres et sans péril pour l’homme qui, en chemin, répète ces mantras. En vérité, quiconque loue Īśāna jour après jour au moyen des six formules Raudrī obtient sécurité et prospérité.
Verse 16
चरुं वा कल्पयेद्रौद्रं तस्य शान्तिः परा भवेत् उदित्युदन्तमादित्यमुपतिष्ठन् दिने दिने
Ou bien l’on doit préparer un raudra-caru (oblations caru d’apaisement prescrites contre les afflictions farouches) ; par cela on obtient l’apaisement suprême. Et, jour après jour, on doit vénérer Āditya, le Soleil, à l’aurore, tourné vers la direction de son lever.
Verse 17
क्षिपेज्जलाञ्जलीन् सप्त मनोदुःखविनाशनं द्विषन्तमित्यथार्धर्चं यद्विप्रान्तं जपन् स्मरेत्
Il doit verser sept offrandes d’eau en añjali ; cela détruit la peine du mental. Ensuite, en récitant le demi-vers commençant par «dviṣantam…», qu’il se souvienne (du mantra et de son sens) tel que l’ont transmis les brahmanes savants.
Verse 18
आगस्कृत् सप्तरात्रेण विद्वेषमधिगच्छति आरोग्यकामी रोगी वा प्रस्कन्नस्योत्तमं जपेत्
Celui qui a commis une faute encourt l’inimitié au bout de sept nuits. Celui qui recherche la santé—ou même le malade—doit réciter l’excellent mantra pour celui qui est atteint ou dominé par le mal.
Verse 19
उत्तमस्तस्य चार्धर्चो जपेद्वै विविधासने उदयत्यायुरक्ष्यय्यं तेजो मध्यन्दिने जपेत्
Parmi ceux-ci, le pratiquant le plus éminent doit réciter ce (mantra/hymne) avec la demi-ṛc, assis dans diverses postures. Récité au lever du soleil, il confère une longévité impérissable ; récité à midi, il accorde éclat (tejas) et vigueur.
Verse 20
सन्निबद्धो ऽथेति क , ख , ज च अस्तं प्रतिगते सूर्ये द्विषन्तं प्रतिबाधते न वयश्चेति सूक्तानि जपन् शत्रून्नियच्छति
Quand le soleil s’est couché, dûment préparé, on doit réciter les syllabes mantriques « ka, kha et ja » ; par là, on entrave et repousse l’hostile. En répétant les formules hymniques commençant par « na vayaḥ… », on maîtrise les ennemis.
Verse 21
एकादश सुपर्णस्य सर्वकामान्विनिर्दिशेत् आध्यात्मिकीः क इत्य् एता जपन्मोक्षमवाप्नुयात्
On doit prescrire (ou mettre en œuvre) la formule mantrique en onze volets de Suparṇa pour l’accomplissement de tous les désirs. En répétant celles-ci — les syllabes « ka » et les suivantes — de nature spirituelle (intérieure), on atteint la délivrance (mokṣa).
Verse 22
आ नो भद्रा इत्य् अनेन दीर्घमायुरवाप्नुयात् त्वं सोमेति च सूक्तेन नवं पश्येन्निशाकरं
En récitant le mantra qui commence par « ā no bhadrāḥ… », on obtient une longue vie ; et par l’hymne qui commence par « tvaṃ soma… », on voit la lune nouvellement levée, celle qui fait la nuit.
Verse 23
उपतिष्ठेत् समित्पाणिर्वासांस्याप्नोत्यसंशयं आयुरीप्सन्निममिति कौत्स सूक्तं सदा जपेत्
Qu’il se tienne auprès (du rite sacré/du maître) avec des bûchettes d’offrande (samit) en main ; sans doute il obtient des vêtements. Désirant une longue vie, qu’il récite toujours l’hymne de Kautsa commençant par les mots « imam iti ».
Verse 24
आपनः शोशुचदिति स्तुत्वा मध्ये दिवाकरं यथा मुञ्चति चेषोकां तथा पापं प्रमुञ्चति
Après avoir loué (la divinité) par les mots «āpanaḥ śośucad…», de même que le soleil, à midi, déploie ses rayons, ainsi l’on se défait du péché.
Verse 25
जातवेदस इत्य् एतज्जपेत् स्वस्त्ययनं पथि भयैर् विमुच्यते सर्वैः स्वस्तिमानाप्नुयात् गृहान्
En route, en récitant ce (mantra commençant par) «jātavedasa…» comme svastyayana (rite/mantra de bon augure), on est délivré de toutes les peurs et l’on atteint sa demeure en sûreté et sous de bons auspices.
Verse 26
व्युष्टायाञ्च तथा रात्र्यामेतद्दुःस्वप्ननाशनं प्रमन्दिनेति सूयन्त्या जपेद्गर्भविमोचनं
À l’aube comme durant la nuit, ce (japa/mantra) détruit les mauvais rêves. Et au moment des douleurs de l’enfantement, la femme doit répéter le (mantra) commençant par «pramandine», pour la délivrance du fœtus (faciliter l’accouchement).
Verse 27
जपन्निन्द्रमिति स्नातो वैश्यदेवन्तु सप्तकं मुञ्चत्याज्यं तथा जुह्वत् सकलं किल्विषं नरः
Après s’être baigné en récitant le mantra commençant par «indram», puis avoir accompli le Vaiśvadeva en sept parties, l’homme—en offrant et en versant du ghee dans le feu—rejette entièrement toute faute.
Verse 28
इमामिति जपन् शश्वत् कामानाप्नोत्यभीप्सितान् मानस्तोक इति द्वाभ्यां त्रिरात्रोपोषितः शुचिः
En récitant sans cesse (le mantra commençant par) «imām», on obtient les objets désirés. Et, après avoir jeûné trois nuits et être demeuré pur, (on récitera) les deux (versets/mantras) commençant par «māna» et «stoka».
Verse 29
औडुम्बरीश् च जुहुयात्समिधश्चाज्यसंस्कृताः छित्त्वा सर्वान्मृत्युपाशान् जीवेद्रोगविवर्जितः
Qu’on offre au feu des bûchettes d’auḍumbarī (udumbara/figuier en grappes) enduites de ghee. Ayant ainsi tranché tous les lacets de la Mort, on vit exempt de maladie.
Verse 30
ऊर्ध्वबाहुरनेनैव स्तुत्वा सम्भुं तथैव च मानस्तोकेति च ऋचा शिखाबन्धे कृते नरः
Les bras levés, l’homme doit ainsi louer Śambhu (Śiva). De même, en nouant la touffe sommitale (śikhā-bandha), il récitera le Ṛk qui commence par «mā naḥ stoke…».
Verse 31
अघृष्यः सर्वभूतानां जायते संशयं विना चित्रमित्युपतिष्ठेत त्रिसन्ध्यं भास्करं तथा
Il devient, sans aucun doute, inattaquable pour tous les êtres. De même, il doit adorer Bhāskara (le Soleil) aux trois sandhyā de la journée, avec l’invocation «Citram».
Verse 32
समित्पाणिर्नरो नित्यमीप्सितं धनमाप्नुयात् अथ स्वप्नेति च जपन् प्रातर्मध्यन्दिने दिने
L’homme qui tient constamment en main le bois d’offrande (samidh) obtient sans cesse la richesse désirée. Ensuite, en répétant en japa la formule «atha svapne», qu’il le fasse chaque jour à l’aube et à midi.
Verse 33
दुःस्वप्नञ्चार्हते कृत्स्नं भोजनञ्चाप्नुयाच्छुभम् उभे पुमानिति तथा रक्षोघ्नः परिकीर्तितः
Il écarte entièrement les mauvais rêves et obtient une nourriture de bon augure. De même, l’expression «ubhe pumān» est proclamée comme meurtrière des rākṣasas (êtres malfaisants).
Verse 34
उभे वासा इति ऋचो जपन् कामानवाप्नुयात् न सागन्निति च जपन् मुच्यते चाततायिनः
En récitant le Ṛk qui commence par «ubhe vāsā», on obtient les jouissances et les désirs souhaités ; et en récitant le (Ṛk) qui commence par «na sāgann», on est délivré même du péché d’être un ātatāyin (agresseur violent).
Verse 35
कया शुभेति च जपन् जातिश्रैष्ठमवाप्नुयात् इमन्नृसोममित्येतत् सर्वान् कामानवाप्नुयात्
En répétant en japa la formule «kayā śubheti», on atteint l’excellence et la distinction de la naissance (prééminence sociale et spirituelle). En répétant la formule «imannṛsomam», on obtient l’accomplissement de tous les buts désirés.
Verse 36
पितरित्युपतिष्ठेत नित्यमर्थमुपस्थितं अग्ने नयेति सूक्तेन घृतहोमश् च मार्गगः
On doit se tenir régulièrement en présence révérencieuse en invoquant : «Ô Pères (Pitṛs) !», demeurant constamment appliqué au rite ; et, par l’hymne qui commence «Agne naya…», offrir une oblation de ghee (beurre clarifié). Ainsi, le défunt devient un voyageur sur la voie juste, guidé selon le bon chemin.
Verse 37
वीरान्नयमवाप्नोति सुश्लोकं यो जपेत् सदा कङ्कतो नेति सूक्तेन विषान् सर्वान् व्यपोहति
Quiconque récite sans cesse ce vers excellent atteint l’état (ou la voie) des héros ; et, par l’hymne qui commence «kaṅkato neti», il écarte tous les poisons.
Verse 38
यो जात इति सूक्तेन सर्वान् कामानवाप्नुयात् गणानामिति सूक्तेन श्निग्धमाप्नोत्यनुत्तमं
En récitant l’hymne qui commence «yo jātaḥ…», on peut obtenir tous les buts désirés. En récitant l’hymne qui commence «gaṇānām…», on atteint une prospérité et une faveur sans égales, suprêmes.
Verse 39
यो मे राजन्नितीमान्तु दुःस्वप्नशमनीमृचं अध्वनि प्रस्थितो यस्तु पश्येच्छत्रूं समुत्थितं
Ô Roi, quiconque part en voyage et récite ce ṛc qui est mien, apaisant les mauvais rêves—s’il voit des ennemis se lever (contre lui), qu’il le récite pour sa protection.
Verse 40
अप्रशस्तं प्रशस्तं वा कुविदङ्ग इमं जपेत् द्वाविंशकं जपन् सूक्तमाध्यात्मिकमनुत्तमं
Que la situation soit jugée néfaste ou faste, même celui qui n’est pas versé dans les auxiliaires de la récitation sacrée doit le répéter ; en récitant l’hymne spirituel sans égal, composé de vingt-deux (vers), on obtient le bénéfice visé.
Verse 41
पर्वसु प्रयतो नित्यमिष्टान् कामान् समश्नुते कृणुष्वेति जपन् सूक्तं जुह्वदाज्यं समाहितः
Aux jours sacrés de conjonction (parva), celui qui demeure constamment discipliné obtient les objets désirés. L’esprit recueilli, qu’il récite l’hymne en répétant la formule « kṛṇuṣva (accomplis/accorde) » et qu’il offre du ghee en oblation.
Verse 42
भोजनञ्चाप्नुयाच्छतमिति ख , ग , घ , ज च नित्यमन्नमुपस्थितमिति क , छ च आरातीनां हरेत् प्राणान् रक्षांस्यपि विनाशयेत् उपतिष्ठेत् स्वयं वह्निं परित्यृचा दिने दिने
«On obtient une provision de nourriture au centuple» (ainsi lisent les recensions kha, ga, gha et ja) ; et «la nourriture est toujours à portée» (ainsi lisent les recensions ka et cha). Par une telle assiduité quotidienne, on ravirait le souffle vital (prāṇa) des ennemis et l’on détruirait aussi les esprits malfaisants (rākṣasa). C’est pourquoi il faut, chaque jour, servir soi-même le Feu sacré, sans omission.
Verse 43
तं रक्षति स्वयं वह्निर्विश्वतो विश्वतोमुखः हंसः शुचिः सदित्येतच्छुचिरीक्षेद्दिवाकरं
Le Feu lui-même protège cet homme : l’Omniprésent, dont les visages se tournent vers toutes les directions. Méditant : « Le Haṃsa est pur ; le Soleil est toujours pur » ; devenu purifié, qu’il contemple le Soleil.
Verse 44
कृषिं प्रपद्यमानस्तु स्थालीपाकं यथाविधि जुहुयात् क्षेत्रमध्ये तु स्वनीस्वाहास्तु पञ्चभिः
Lorsqu’on s’apprête à entreprendre l’agriculture, on doit, selon la règle, offrir l’oblation du sthālīpāka ; et au milieu du champ, faire cinq offrandes en prononçant « svanī svāhā ».
Verse 45
इन्द्राय च मरुद्भ्यस्तु पर्जन्याय भगाय च यथालिङ्गन्तु विहरेल्लाङ्गलन्तु कृषीबलः
Que le cultivateur fasse des offrandes à Indra, aux Maruts, à Parjanya et à Bhaga ; puis, selon les signes prescrits (liṅga), qu’il poursuive les rites — car la force de l’agriculture est la charrue.
Verse 46
युक्तो धान्याय सीतायै सुनासीरमथोत्तरं गन्धमाल्यैर् नमस्कारैर् यजेदेताश् च देवताः
Après les préparatifs requis, on doit vénérer Dhānya (le Grain), Sītā (le Sillon) puis, ensuite, Sunāsīra, par des parfums, des guirlandes et des salutations respectueuses ; ainsi sont honorées ces divinités.
Verse 47
प्रवापने प्रलवने खलसीतापहारयोः अमोघङ्कर्म भवति वर्धते सर्वदा कृषिः
Dans le semis, le désherbage/le défrichage, le battage, le labour et l’élimination des nuisibles, l’œuvre devient infaillible quant à ses résultats ; l’agriculture prospère en tout temps.
Verse 48
समुद्रादिति सूक्तेन कामानाप्नोति पावकात् विश्वानर इति द्वाभ्यां य ऋग्भ्यां वह्निमर्हति
Par la récitation du sūkta qui commence par « samudrāt… », on obtient les jouissances désirées de Pāvaka (Agni). Et par les deux vers Ṛgvédiques qui commencent par « viśvānara… », on devient digne de recevoir (le rite du) Feu, c’est-à-dire apte au culte d’Agni et au sacrifice au feu.
Verse 49
स तरत्यापदः सर्वा यशः प्राप्नोति चाक्षयं विपुलां श्रियमाप्नोति जयं प्राप्नोत्यनुत्तमं
Il traverse toutes les calamités ; il obtient une renommée impérissable, acquiert une prospérité abondante et remporte une victoire sans égale.
Verse 50
अग्ने त्वमिति च स्तुत्वा धनमाप्नोति वाञ्छितं प्रजाकामो जपेन्नित्यं वरुणदैवतत्रयं
Après avoir loué (Agni) par la formule commençant par « Agne, tvam… », on obtient la richesse désirée. Celui qui souhaite une descendance doit réciter chaque jour la triade (de mantras/vers) dont la divinité présidente est Varuṇa.
Verse 51
स्वस्त्या त्रयं जपेत् प्रातः सदा स्वस्त्ययनं महत् स्वस्ति पन्था इति प्रोच्य स्वस्तिमान् व्रजते ऽध्वनि
À l’aube, on doit toujours réciter les trois formules « Svastyā » — le grand Svastyayana (rite de bien-être). Après avoir dit : « Que le chemin soit propice », on part en voyage muni d’auspice.
Verse 52
विजिगीषुर्वनस्पते शत्रूणां व्याधितं भवेत् स्त्रिया गर्भप्रमूढाया गर्भमोक्षणमुत्तमं
Ô Seigneur des plantes (Vanaspati), pour celui qui recherche la conquête, cela rend les ennemis affligés de maladie ; et pour la femme tourmentée par une grossesse entravée, c’est un excellent moyen de délivrance/expulsion du fœtus.
Verse 53
व्याधिकम्भवदिति ट अच्छावदेति सूक्तञ्च वृष्टिकामः प्रयिओजयेत् निराहारः क्लिन्नवासा न चिरेण प्रवर्षति
Celui qui désire la pluie doit accomplir l’application prescrite du (mantra commençant) « vyādhikambhavad … » ainsi que du sūkta débutant par « acchā vad … ». En jeûnant et en portant des vêtements mouillés, la pluie survient bientôt.
Verse 54
मनसः काम इत्य् एतां पशुकामो नरो जपेत् कर्दमेन इति स्नायात्प्रजाकामः शुचिव्रतः
L’homme qui désire du bétail doit réciter ce (mantra commençant par) « manasaḥ kāma… ». Celui qui désire une descendance, observant un vœu de pureté, doit se baigner en récitant (le mantra commençant par) « kardamena… ».
Verse 55
अश्वपूर्वा इति स्नायाद्राज्यकामस्तु मानवः राहिते चर्मणि स्नायात् ब्राह्मणस्तु यथाविधि
L’homme qui désire la souveraineté doit se baigner en récitant la (formule/mantra) « aśvapūrvā ». Quant au brāhmaṇa, il doit se baigner selon la règle, assis ou debout sur une peau dite « rāhita » (préparée correctement et rituellement apte).
Verse 56
राजा चर्मणि वैयाघ्रे छागे वैश्यस्तथैव च दशसाहस्रिको होमः प्रत्येकं परिकीर्तितः
Le roi doit accomplir le rite assis sur une peau de tigre ; de même le Vaiśya sur une peau de chèvre. Pour chacun d’eux, il est prescrit une offrande au feu (homa) de dix mille oblations.
Verse 57
आगार इति सूक्तेन गोष्ठे गां लोकमातरं उपतिष्ठेद्व्रजेच्चैव यदिच्छेत्ताः सदाक्षयाः
Avec l’hymne commençant par « Āgāra… », on doit vénérer la vache — « Mère du monde » — dans l’étable ; et l’on doit aussi se rendre à l’enclos du bétail. Si l’on désire des bienfaits (tels que la prospérité), ils deviennent toujours infaillibles et durables.
Verse 58
उपेतितिसृभीराज्ञो दुन्दुभिमभिमन्त्रयेत् तेजो बकञ्च प्राप्नोति शत्रुञ्चैव नियच्छति
Lorsque le roi est sur le point de partir, il doit consacrer (investir de puissance) le tambour de guerre par le mantra ; ainsi il obtient éclat et vigueur, et il contient aussi l’ennemi.
Verse 59
तृणपाणिर्जपेत्सूक्तुं रक्षोघ्नं दस्युन्भिर्वृतः ये के च उमेत्यृचं जप्त्वा दीर्घमायुराप्नुयात्
Tenant un brin d’herbe dans la main, même entouré de brigands, on doit réciter l’hymne destructeur des démons; et, après avoir récité le verset du Ṛg-veda commençant par « ye ke ca… », on obtient une longue vie.
Verse 60
जीमूतसूक्तेन तथा सेनाङ्गान्यभिमन्त्रयेत् यधा लिङ्गं ततो राजा विनिहन्ति रणे रिपून्
De même, au moyen du Jīmūta-sūkta, il doit consacrer par la récitation de mantras les diverses divisions de l’armée; et, selon le signe-augure (liṅga) ainsi obtenu, le roi anéantit ses ennemis au combat.
Verse 61
आग्नेयेति त्रिभिःसूक्तैर् धनमाप्नोति चाक्षयं अमीवहेति सूक्तेन भूतानि स्थापयेन्निशि
Par la récitation des trois hymnes commençant par « āgneyī… », on obtient une richesse impérissable; et par l’hymne commençant par « amīvahe… », on peut immobiliser ou contenir les bhūtas durant la nuit.
Verse 62
सबाधे विषमे दुर्गे बन्धा वा निर्गतः क्वचित् पलायन् वा गृहीतो वा सूक्तमेतत्तथा जपेत्
Lorsqu’on est accablé, en terrain inégal ou périlleux, dans une crise difficile, qu’on soit lié ou d’une manière quelconque relâché, qu’on fuie ou qu’on soit saisi, alors on doit réciter cet hymne comme il convient.
Verse 63
त्रिरात्रं नियतोपोष्य श्रापयेत् पायसञ्चरुं तेनाहुतिशतं पूर्णं जुहुयात् त्र्यम्बकेत्यृचा
Après avoir observé un jeûne réglé durant trois nuits, on doit faire consacrer comme il se doit l’offrande de lait et de riz (pāyasa caru); puis, avec celle-ci, offrir au feu un ensemble complet de cent oblations, en récitant le verset du Ṛg-veda commençant par « tryambaka— » (le mantra Mahāmṛtyuñjaya).
Verse 64
अवाप्तवानिति ट समुद्दिश्य महादेवं जीवेदब्दशतं सुखं तच्चक्षुरित्यृचा स्नात उपतिष्ठेद्दिवाकरं
En récitant le mantra qui commence par « avāptavān… » et en s’adressant à Mahādeva, on vit heureux pendant cent ans. Après le bain rituel, on doit se tenir debout et adorer le Soleil (Divākara) avec l’hymne Ṛk qui commence par « tac cakṣur… ».
Verse 65
उद्यन्तं मध्यगञ्चैव दीर्घमायुर्जिजीविषुः इन्द्रा सोमेति सूक्तन्तु कथितं शत्रुनाशनं
Pour celui qui désire une longue vie, on doit employer les hymnes au Soleil levant et au Soleil de midi ; et le Sūkta qui commence par « Indrā Somā… » est enseigné comme destructeur des ennemis.
Verse 66
यस्य लुप्तं व्रतं मोहाद्व्रात्यैर् वा संसृजेत्सह उपोष्याज्यं स जुहुयात्त्वमग्ने व्रतपा इति
Si le vœu (vrata) d’une personne a été rompu par égarement, ou si elle s’est associée à des vrātya (gens hors de la règle), alors—après avoir jeûné—elle doit offrir du ghee en oblation en récitant : « Ô Agni, tu es le protecteur des vœux (vratapā). »
Verse 67
आदित्येत्यृक् च सम्राजं जप्त्वा वादे जयी भवेत् महीति च चतुष्केण मुच्यते महतो भयात्
Après avoir récité en japa le Ṛk qui commence par « Āditya… », avec le mantra « Samrāj », on devient victorieux dans la controverse. Et par la récitation en quatre fois de « Mahī… », on est délivré d’une grande peur.
Verse 68
ऋचं महीति जप्त्वा यदि ह्य् एतत् सर्वकामानवाप्नुयात् द्वाचत्वारिंशतिं चैन्द्रं जप्त्वा नाशयते रिपून्
Si l’on récite le Ṛc qui commence par « mahī », on obtient véritablement tous les objets désirés. Et en récitant quarante-deux fois le mantra d’Indra, on anéantit les ennemis.
Verse 69
वाचं महीति जप्त्वा च प्राप्नोत्यारोग्यमेव च शन्नो भवेति द्वाभ्यान्तु भुक्त्वान्नं प्रयतः शुचिः
Après avoir récité le mantra «vācaṃ mahī», on obtient assurément la santé. Et après le repas, la personne disciplinée et pure doit réciter deux vers commençant par «śaṃ no bhava», pour le bien-être.
Verse 70
हृदयं पाणिना स्पृष्ट्वा व्याधिभिर् नाभिभूयते उत्तमेदमिति स्नातो हुत्त्वा शत्रुं प्रमापयेत्
Après avoir touché le cœur de la main, on n’est pas accablé par les maladies. S’étant baigné en récitant «Ceci est la meilleure (formule)», puis ayant offert des oblations, on doit faire périr l’ennemi.
Verse 71
शन्नोग्न इति सूक्तेन हुतेनान्नमवाप्नुयात् कन्या वारर्षिसूक्तेन दिग्दोषाद्विप्रमुच्यते
En offrant des oblations accompagnées de l’hymne commençant par «śam no agne…», on obtient nourriture et subsistance. Et une jeune fille, par (des oblations avec) le Vārarṣi-sūkta, est entièrement délivrée du défaut des directions (dig-doṣa).
Verse 72
यदत्य कव्येत्युदिते जप्ते ऽवश्यं जगद्भवेत् यद्वागिति च जप्तेन वाणी भवति संस्कृता
Si, au lever du soleil, l’on répète la formule commençant par «yad-atyakāvya…», on devient assurément capable de composer des poèmes. Et en répétant celle qui commence par «yad-vāk…», la parole devient raffinée et bien formée.
Verse 73
वाचो विदितमिति त्वेतां जपन् वाचं समश्नुते पवित्राणां पवित्रन्तु पावमान्येत्यृचो मताः
En récitant le mantra qui commence par «vāco viditam», on atteint la maîtrise et l’excellence de la parole. Les vers Ṛk appelés Pāvamānīs sont tenus pour le «purificateur parmi les purificateurs».
Verse 74
वैखानसा ऋचस्त्रिंशत्पवित्राः परमा मताः आदित्येति प्रसंम्राजमिति ग , घ , ञ संस्थितेति क , छ , च ऋचो द्विषष्टिः प्रोक्ताश् च परस्वेत्यृषिसत्तम
Les strophes Ṛg des Vaikhānasa—trente pavitra—sont tenues pour suprêmes. (Dans certaines recensions) on lit «ādityeti» et «prasaṃmrājam iti» (ga, gha, ña) ; (dans d’autres) «saṃsthiteti» (ka, cha, ca). Et l’on dit aussi que les strophes Ṛk sont au nombre de soixante-deux, ô le meilleur des sages, avec la leçon «parasveti».
Verse 75
सर्वकल्मषनाशाय पावनाय शिवाय च स्वादिष्टयेतिसूक्तानां सप्तषष्टिरुदाहृता
Pour la destruction de toute souillure, pour la purification et pour l’auspiciosité : il est déclaré que les sūkta commençant par «svādiṣṭa…» sont au nombre de soixante-sept.
Verse 76
दशोत्तराण्यृचाञ्चैताः पावमान्यः शतानि षट् एतज्जपंश् च जुह्वच्च घोरं मृत्युभयं जयेत्
Tels sont les versets Pavamāna : au total, six cent dix ṛk. En les récitant et en offrant aussi des oblations dans le feu, on triomphe de l’effroyable peur de la mort.
Verse 77
आपोहिष्टेति वारिस्थो जपेत्पापभयार्दने प्रदेवन्नेति नियतो जपेच्च मरुधन्वसु
Debout dans l’eau, on doit réciter le mantra commençant par «Āpohiṣṭhā…» afin d’écarter le péché et la peur. Avec discipline et maîtrise de soi, on doit aussi réciter le mantra commençant par «Pradevann…», et de même (le réciter) dans la région de Marudhanvan.
Verse 78
प्राणान्तिके भये प्राप्ते क्षिप्रमायुस्तु विन्दति प्रावेयामित्यृचमेकां जपेच्च मनसा निशि
Quand survient une peur mettant la vie en péril, on obtient promptement (un regain de) durée de vie ; la nuit, on doit répéter mentalement un seul vers Ṛg commençant par «prāveyām…».
Verse 79
व्युष्टायामुदिते सूर्ये द्यूते जयमवाप्नुयात् मा प्रगामेति मूढश् च पन्थानं पथि विन्दति
Quand l’aurore s’est pleinement levée et que le soleil est monté, on obtient la victoire au jeu. Et l’insensé qui dit : « Ne pars pas », trouve pourtant la route en étant sur la route ; autrement dit, le voyage réussit malgré ces paroles décourageantes.
Verse 80
क्षीणायुरिति मन्येत यङ्कञ्चित् सुहृदं प्रियं यत्तेयमिति तु स्नातस्तस्य मूर्धानमालभेत्
Si l’on pense : « Ma durée de vie s’amenuise », alors—après s’être baigné—on doit poser la main sur la tête de quelque ami cher et bienveillant, en disant : « Ceci est à toi ».
Verse 81
सहस्रकृत्वः पञ्चाहं तेनायुर्विन्दते महत् इदं मेध्येति जुहुयात् घृतं प्राज्ञः सहस्रशः
Pendant cinq jours, en l’accomplissant mille fois, on obtient ainsi une grande longévité. Le sage doit offrir du ghee (ghṛta) dans le feu mille fois, en récitant : « Ceci est purifiant (medhya) ».
Verse 82
पशुकामो गवां गोष्ठे अर्थकामश् चतुष्पथे वयः सुपर्ण इत्य् एतां जपन् वै विन्दते श्रियं
Celui qui désire du bétail doit le réciter dans l’étable aux vaches ; celui qui désire la richesse doit le réciter à un carrefour. En récitant ce mantra qui commence par « vayaḥ suparṇa … », on obtient assurément Śrī — prospérité et bonne fortune.
Verse 83
हविष्यन्तीयमभ्यस्य सर्वपापैः प्रमुच्यते तस्य रोगा विनश्यन्ति कायाग्निर्वर्धते तथा
Par la pratique de cette observance Haviṣyantī, on est délivré de tous les péchés ; ses maladies sont détruites, et le feu digestif du corps (kāyāgni) croît également.
Verse 84
या ओषधयः स्वस्त्ययनं सर्वव्याधिविनाशनं वृहस्पते अतीत्येतद्वृष्टिकामः प्रयोजयेत्
«Ces plantes médicinales, moyens de bien-être et sauvegarde de bon augure, qui détruisent toutes les maladies—ô Bṛhaspati—après avoir dûment récité ces paroles, celui qui désire la pluie doit mettre en œuvre ce rite/remède.»
Verse 85
सर्वत्रेति परा शान्तिर्ज्ञेया प्रतिरथस् तथा सूत सांकाश्यपन्नित्यं प्रजाकामस्य कीर्तितं
«‘Sarvatrā’ (“partout”) doit être compris comme l’apaisement suprême (dispensateur de la paix la plus haute). De même, ‘Pratiratha’ est connu ainsi. Et, ô Sūta, ‘Sāṃkāśyapa’ est déclaré toujours efficace pour celui qui désire une descendance.»
Verse 86
अहं रुद्रेति एतद्वाग्मी भवति मानवः न योनौ जायते विद्वान् जपन्रात्रीति रात्रिषु
«L’homme qui récite la formule “Je suis Rudra” devient éloquent. Le savant, récitant le mantra “rātrī” durant les nuits, ne renaît plus d’un sein maternel.»
Verse 87
रात्रिसूक्तं जपन्न्रात्री रात्रिं क्षेमी जयेन्नरः कल्पयन्तीति च जपन्नित्यं कृत्त्वारिनाशनं
«Celui qui récite le Rātri-sūkta la nuit, nuit après nuit, devient en sûreté et victorieux. Et, en récitant chaque jour (le mantra commençant par) “kalpayantī…”, il accomplit la destruction des ennemis.»
Verse 88
आयुष्यञ्चैव वर्चस्यं सूक्तं दाक्षायणं महत् उत देवा इति जपेदामयघ्नं धृतव्रतः
«Pour la longévité et l’éclat vital, il faut réciter le grand Dākṣāyaṇa Sūkta ; et l’observant discipliné des vœux doit aussi répéter le mantra commençant par “uta devā…”, qui détruit la maladie.»
Verse 89
अयमग्ने जनित्येतज्जपेदग्निभये सति अरण्यानीत्यरण्येषु जपेत्तद्भयनाशनं
Lorsqu’il y a danger de feu, qu’on récite ce mantra commençant par « ayam agne janitā ». Dans les forêts, qu’on récite celui qui commence par « araṇyānī », car il détruit cette crainte.
Verse 90
ब्राह्म्नीमासाद्य सूक्ते द्वे ऋचं ब्राह्मीं शतावरीं पृथगद्भिर्घृतैर् वाथ मेधां लक्ष्मीञ्च विन्दति
En s’approchant (et en utilisant) la Brāhmī, puis en récitant deux sūkta et la Brāhmī-ṛc, qu’on prenne séparément Brāhmī et Śatāvarī avec de l’eau et avec du ghee (ghṛta) ; ainsi obtient-on medhā (l’intelligence) et aussi lakṣmī (la prospérité).
Verse 91
मास इत्य् असपत्नघ्नं संग्रामं विजिगीषतः ब्रह्मणो ऽग्निः संविदानं गर्भमृत्युनिवारणं
Le mantra (commençant par) « māsa » est le “tueur de rivaux” ; il doit être employé par celui qui désire la victoire au combat. « L’Agni de Brahman » est le mantra pour assurer le saṃvidāna (accord/règlement). Le mantra de “repousser la mort dans le sein” sert à prévenir la mort fœtale (fausse couche ou mort-né).
Verse 92
अपहीति जपेत्सूक्तं शुचिर्दुस्वप्ननाशनं येनेदमिति वैजप्त्वा समाधिं विन्दते परं
Étant purifié, qu’on récite l’hymne « Apahīti », qui détruit les mauvais rêves. Et, en vérité, après avoir répété le mantra commençant par « yenedam », on atteint le samādhi suprême.
Verse 93
मयो भूर्वात इत्य् एतत् गवां स्वस्त्ययनं परं शाम्बरीमिन्द्रजालं वा मायामेतेन वारयेत्
« Mayo bhūr vāta … » : cette formule est le svastyayana suprême (rite protecteur et auspicious) pour les bovins. Par elle, on doit repousser la sorcellerie Śāmbarī, l’Indrajāla (conjuration/illusion) ou toute māyā (magie trompeuse).
Verse 94
महीत्रीणामवरोस्त्विति पथि स्वस्त्ययनं जपेत् अग्नये विद्विषन्नेवं जपेच्च रिपुनाशनं
En chemin, on doit réciter le japa propice du « svastyayana » (pour un voyage sûr), commençant par « mahītrīṇām avaros tv… ». De même, pour Agni, on récite ainsi la formule qui dompte l’ennemi, produisant la destruction des adversaires.
Verse 95
वास्तोष्पतेन मन्त्रेण यजेत गृहदेवताः जपस्यैष विधिः प्रोक्तो हुते ज्ञेयो विशेषतः
Par le mantra de Vāstoṣpati, on doit rendre un culte (offrande rituelle) aux divinités de la maison. Cette procédure a été énoncée pour le japa ; et il faut la comprendre comme particulièrement valable lorsqu’une oblation (homa) a été offerte.
Verse 96
होमान्ते दक्षिणा देया पापशान्तिर्हुतेन तु हुतं शाम्यति चान्नेन अन्नहेमप्रदानतः
À la fin du homa, on doit donner la dakṣiṇā (rétribution sacrificielle). Le péché est apaisé par les offrandes versées dans le feu ; et les effets résiduels du rite s’achèvent par la nourriture, c’est‑à‑dire par le don de nourriture et d’or.
Verse 97
विप्राशिषस्त्वमोघाः स्युर्बहिःस्नानन्तु सर्वतः सिद्धार्थका यवा धान्यं पयो घृतं तथा
Les bénédictions prononcées par les brahmanes sont véritablement infaillibles. On doit accomplir le bain extérieur de toutes les manières ; et employer/offrir aussi des graines de moutarde blanche (siddhārthaka), de l’orge, des céréales, du lait et du ghee.
Verse 98
क्षीरवृक्षास्तथेध्मन्तु होमा वै सर्वकामदाः समिधः कण्ठकिन्यश् च राजिका रुधिरं विषं
De même, les arbres à sève laiteuse (porteurs de latex) doivent être employés comme bûchettes‑samidh pour le homa ; de tels homas sont dits accorder l’accomplissement de tous les désirs. (Parmi les matières d’offrande/combustible figurent) kaṇṭhakinī, rājikā (moutarde), le sang et le poison.
Verse 99
अभिचारे तथा शैलं अशनं शक्तवः पयः दधि भैक्ष्यं फलं मूलमृग्विधानमुदाहृतं
Dans les rites d’abhichāra (opérations rituelles visant à soumettre ou à affliger), le régime prescrit est déclaré ainsi : sel gemme, nourriture (grains), saktu (farine de grains grillés), lait, caillé, nourriture d’aumône, fruits, racines, et aussi la procédure impliquant la viande de gibier.
That Ṛgvedic mantra procedures—performed as japa and homa with purity and restraint—grant practical results (health, safety, prosperity, victory) while also functioning as a path of purification leading toward mokṣa.
Disciplined Gāyatrī-japa (often in water and with prāṇāyāma), Praṇava (Oṁ) repetition, use of Mahāvyāhṛtis, and svastyayana-style recitations integrated with bathing, homa, and dāna.