
Chapter 365 — क्षत्रविट्शूद्रवर्गाः (The Classes of Kṣatriyas, Vaiśyas, and Śūdras)
Le Seigneur Agni poursuit le programme du Kosha en définissant la terminologie opératoire de la vie sociale et administrative. Il commence par les degrés de la royauté (rājanya, kṣatriya/virāṭ, adhīśvara; cakravartin, sārvabhauma, maṇḍaleśvara) et l’appareil ministériel et bureaucratique (mantrin, dhī-saciva, amātya, mahāmātra), puis étend l’exposé à la surveillance judiciaire et fiscale (prāḍvivāka, akṣadarśaka, bhaurika, kanakādhyakṣa). L’administration du palais est décrite par les fonctions de la cour intérieure (antarvaṃśika, sauvidalla, kañcukin, sthāpatya). Le lexique se tourne ensuite vers la stratégie proche du rājadharma : ennemi/allié, udāsīna, pāṛṣṇigrāha ; espions et informateurs ; effets immédiats ou différés ; causalité visible ou invisible. Vient alors un pivot encyclopédique : noms techniques de médecine, indications de genre grammatical, puis Dhanurveda—armures, formations (vyūha, cakra, anīka), calcul des unités jusqu’à l’akṣauhiṇī, et nomenclature des armes (arcs, cordes, flèches, carquois, épées, haches, couteaux, lances, bannières). Le chapitre s’achève sur les termes des moyens d’existence vaiśya (agriculture, prêt à intérêt, commerce), les mesures et la monnaie, les métaux et substances alchimiques, et enfin le vocabulaire des guildes et métiers des Śūdra/antyaja, montrant que le dharma requiert une langue précise pour gouverner, l’économie et l’artisanat.
Verse 1
इत्य् आग्नेये महापुराणे ब्रह्मवर्गो नाम चतुःषष्ट्यधिकत्रिशततमो ऽध्यायः अथ पञ्चषष्ट्यधिकत्रिशततमो ऽध्यायः क्षत्रविट्शूद्रवर्गाः अग्निर् उवाच मूर्धाभिशिक्तो राजन्यो बाहुजः क्षत्रियो विराट् राजा तु प्रणताशेषसामन्तः स्यादधीश्वरः
Ainsi, dans l’Agni Mahāpurāṇa s’achève le trois-cent-soixante-quatrième chapitre, intitulé « La classe des Brahmanes ». Commence maintenant le trois-cent-soixante-cinquième chapitre, « Les classes des Kṣatriya, Vaiśya et Śūdra ». Agni déclara : « Celui qui a été consacré par l’onction sur la tête est appelé Rājanya. Le Kṣatriya, né des (cosmiques) bras, est le Virāṭ. Le roi devant qui s’inclinent tous les chefs vassaux (sāmanta) doit être reconnu comme l’Adhīśvara, le suzerain. »
Verse 2
चक्रवर्ती सार्वभौमो नृपो ऽन्यो मण्डलेश्वरः मन्त्री धीसचिवो ऽमात्यो महामात्राः प्रधानकाः
L’empereur universel est appelé cakravartin ; le souverain suprême, sārvabhauma ; et un autre type de roi, maṇḍaleśvara, seigneur d’une région. Le conseiller est le mantrin ; le secrétaire avisé, le dhī-saciva ; l’officier exécutif, l’amātya ; et les principaux hauts fonctionnaires sont les mahāmātras ainsi que les ministres principaux.
Verse 3
द्रष्टरि व्यवहाराणां प्राड्विवाकाक्षदर्शकौ भौरिकः कनकाध्यक्षो ऽथाध्यक्षाधिकृतौ समौ
Pour la surveillance des affaires judiciaires, il doit y avoir le Prāḍvivāka (chef de la justice) et l’Akṣadarśaka (inspecteur/auditeur des comptes). De même, le Bhaurika (surintendant des poids et mesures) et le Kanakādhyakṣa (surintendant de l’or et du trésor) sont tenus pour équivalents en rang ; et pareillement l’Adhyakṣa et l’Adhikṛta sont égaux en statut et en autorité.
Verse 4
अन्तःपुरे त्वधिकृतः स्यादन्तर्वंशिको जनः सौविदल्लाः कञ्चुकिनः स्थापत्याः सौविदाश् च ते
Dans le palais intérieur (antaḥpura), le surintendant नियुक्त doit être un antarvaṃśika, c’est-à-dire un officier de confiance de la cour intérieure. Sous son autorité se trouvent les serviteurs sauvidalla, les kañcukin (chambellans et gardes des quartiers des femmes), les sthāpatya (surveillants des travaux et de la construction) et les sauvida (personnel de service du palais).
Verse 5
षण्डो वर्षवरस्तुल्याः सेवकार्थ्यनुजीविनः विषयानन्तरो राजा शत्रुर्मित्रमतः परं
Un eunuque (ṣaṇḍa) est tenu pour équivalent à la meilleure des femmes ; et ceux qui vivent au service d’autrui — dépendants qui subsistent par le service et par les requêtes — relèvent de la même catégorie. Le roi dont le royaume est contigu au sien doit être considéré comme un ennemi ; au-delà de lui se trouve l’allié.
Verse 6
उदासीनः परतरः पार्ष्णिग्राहस्तु पृष्ठतः चरः स्पर्शः स्यात्प्रणिधिरुत्तरः काल आयतिः
Le « neutre » (udāsīna) se tient plus au loin ; le « saisisseur du talon » est placé à l’arrière. L’éclaireur est le « contact par le toucher » ; l’informateur est disposé au nord. « Temps » (kāla) et « āyati » (approche/avance) doivent aussi être compris comme des désignations techniques.
Verse 7
तत्कालस्तु तदात्वं स्यादुदर्कः फलमुत्तरं अदृष्टं वह्नितोयादि दृष्टं स्वपरचक्रजम्
« Tatkāla » est le temps immédiat qui produit son effet sur-le-champ ; « udarka » est le fruit ultérieur, consécutif. L’« invisible » (adṛṣṭa) est ce qui naît de facteurs tels que le feu, l’eau, etc. ; le « visible » (dṛṣṭa) est ce qui est engendré par les forces (armées) de soi ou de l’ennemi.
Verse 8
भद्रकुम्भः पूर्णकुम्भो भृङ्गारः कनकालुका प्रभिन्नो गर्जितो मातो वमथुः करशीकरः
« Bhadrakumbha », « Pūrṇakumbha », « Bhṛṅgāra », « Kanakālukā », « Prabhinna », « Garjita », « Māta », « Vamathu » et « Karaśīkara » : tels sont des noms techniques, dans la tradition médicale, désignant des états morbides ou des complexes symptomatiques déterminés.
Verse 9
स्त्रियां शृणिस्त्वङ्कुशो ऽस्त्री परिस्तोमः कुथो द्वयोः कर्णीरथः प्रवहणं दोला प्रेङ्खादिका स्त्रियां
« Śṛṇi » (louche) est féminin. « Aṅkuśa » (aiguillon) n’est pas féminin (il est masculin). « Paristoma » et « kutha » relèvent de deux genres (masculin et neutre). « Karṇīratha » et « pravahaṇa » désignent des véhicules/chariots. « Dolā » (balançoire/palanquin) et « preṅkhā » et autres semblables sont féminins.
Verse 10
आधोरणा हस्तिपका हस्त्यारोहा निषादिनः भटा योधाश् च योद्धारः कञ्चुको वारणो ऽस्त्रियां
« Ādhoraṇā », « hastipakā », « hastyārohā » et « niṣādinaḥ » sont des termes pour les cavaliers d’éléphant (cornacs/troopers). « Bhaṭā », « yodhāḥ » et « yoddhāraḥ » signifient « guerriers/soldats ». « Kañcuka » et « vāraṇa » sont des noms de l’éléphant (employés au genre non féminin).
Verse 11
शीर्षण्यञ्च शिरस्त्रे ऽथ तनुत्रं वर्म दंशनं आमुक्तः प्रतिमुक्तश् च पिनद्धश्चापिनद्धवत्
Les termes «śīrṣaṇya» et «śiras-tra» désignent la protection de la tête; de même, «tanutra», «varman» et «daṃśana» indiquent l’armure du corps. Quant à la manière de porter l’armure : «āmukta» signifie «mise», «pratimukta» «retirée», «pinaddha» «attachée/sanglée», et «apinaddha-vat» «comme non attachée» (portée lâche ou paraissant sans sangles).
Verse 12
व्यूहस्तु बलविन्यासश् चक्रञ्चानीकमस्त्रियां एकेभैकरथा त्र्यश्वाः पत्तिः पञ्चपदातिकाः
Un «vyūha» est la disposition tactique des troupes. Dans le vocabulaire militaire, «cakra» et «anīka» sont des formations (normées) de déploiement. Une unité (de base) comprend 1 éléphant, 1 char et 3 chevaux; et un «patti» comprend 5 fantassins.
Verse 13
पत्त्यङ्गैस्त्रिगुणैः सर्वैः क्रमादाख्या यथोत्तरं सेनामुखं गुल्मगणौ वाहिनी पृतना चमूः
Toutes ces formations croissent successivement d’un facteur trois dans chaque composante d’armes (patti-aṅga) et portent, dans l’ordre, les noms suivants : «senāmukha», «gulma», «gaṇa», «vāhinī», «pṛtanā» et «camū».
Verse 14
अनीकिनी दशानीकिन्यो ऽक्षोहिण्यो गजादिभिः धनुः कोदण्ड+इष्वासौ कोटिरस्याटनी स्मृता
Dix «anīkinī» constituent un «akṣauhiṇī», complet avec des éléphants et d’autres troupes. Pour celui-ci, le nombre d’arcs—y compris le «kodaṇḍa» et l’«iṣvāsa»—est dit être d’un crore; et ce décompte est mémorisé comme «āṭanī» (un étalon de calcul militaire).
Verse 15
नस्तकस्तु धनुर्मध्यं मौर्वी ज्या शिञ्जिनी गुणः पृषत्कवाणविशिखा अजिह्मगखगाशुगाः
La partie centrale de l’arc est appelée «nastaka». La corde de l’arc se nomme «maurvī» ou «jyā»; la corde qui produit le son de vibration est dite «śiñjinī»; et la corde est aussi appelée «guṇa». Les flèches se nomment «pṛṣat», «kavāṇa» et «viśikhā»; et elles sont encore désignées par «ajihma», «ga», «khaga» et «āśuga».
Verse 16
तूणोपासङ्गतूणीरनिषङ्गा इषुधिर्द्वयोः असिरृष्टिश् च निस्त्रिंशः करवालः कृपालःकृपाणवत्
Les termes tūṇa, upāsaṅga, tūṇīra et niṣaṅga désignent le carquois (ou ses variétés) ; de même, iṣudhi s’emploie pour les deux, à savoir le carquois et le récipient à flèches. Quant aux armes tranchantes : asi et r̥ṣṭi (épée et lance), nistriṁśa, karavāla, kṛpāla et kṛpāṇa sont (tous) des noms d’armes de type épée.
Verse 17
सरुः खड्गस्य सुष्टौ स्यादीली तु करपालिका द्वयोः कुठारः सुधितिः छुरिका चासिपुत्रिका
« Saru » est un terme pour l’épée. « Suṣṭi » est aussi (un nom de) l’épée. « Īlī » désigne un récipient de type coupe-crâne (kapāla) tenu à la main. Pour la paire de termes : « kuṭhāra » signifie hache ; « sudhiti » signifie couteau/poignard ; et « churikā » est également appelée « āsiputrikā » (petit couteau, « fille de l’épée »).
Verse 18
प्रासस्तु कुन्तो विज्ञेयः सर्वला तोमरो ऽस्त्रियां वैतालिका बोधकरा मागधा वन्दिनस्तुतौ
Le prāsa doit être compris comme (l’arme appelée) kunta. Sarvalā est aussi nommé tomara. Au féminin, vaitālikā, bodhakarā et māgadhā désignent un panégyriste ; et vandin ainsi que stuti désignent la louange (éloge).
Verse 19
संशप्तकास्तु समयात्सङ्ग्रामादनिवर्तिनः पताका वैजयन्ती स्यात्केतनं धजमिस्त्रियां
Les Saṁśaptakas sont ceux qui, ayant fait un vœu, ne se retirent pas du champ de bataille. « Patākā » (bannière) est aussi appelée « vaijayantī » ; et « ketana » est nommé « dhaja » — ces termes sont féminins grammaticalement.
Verse 20
अहं पूर्वमहं पूर्वमित्यहंपूर्विका स्त्रियां अहमहमिका सास्याद्यो ऽहङ्कारः परस्परम्
« Moi d’abord ! Moi d’abord ! »—cette habitude, dans le cas d’une femme, est appelée ahaṃpūrvikā (« moi-en-premier »). Et ahamahamikā (« moi-moi-ité ») est cet égoïsme réciproque (ahaṅkāra) par lequel les gens se heurtent les uns aux autres.
Verse 21
शक्तिः पराक्रमः प्राणः शौर्यं स्थानसहोबलं मूर्छा तु कश्मलं मोहो ऽप्यवर्मद्दस्तु पीडनं
«Śakti» est la capacité du corps; «parākrama» est l’effort vigoureux; «prāṇa» est le souffle vital; «śaurya» est la vaillance; «sthāna» est la posture ou la stabilité; «saho» est l’endurance; «bala» est la force. «Mūrchā» est l’évanouissement; «kaśmala» est l’abattement douloureux; «moha» est la confusion illusoire; et «avarmadda» désigne une affliction pénible (pīḍana).
Verse 22
अभ्यवस्कन्दनन्त्वभ्यासादनं विजयो जयः निर्वासनं संज्ञपनं सारणं प्रतिघातनं
«Abhyavaskandana» est l’assaut soudain; «abhyāsādana» est l’usure par pression répétée; «vijaya» et «jaya» sont la victoire et le triomphe; «nirvāsana» est l’expulsion de l’ennemi; «saṃjñāpana» est l’amener à la soumission ou à la reconnaissance; «sāraṇa» est le disperser et le mettre en fuite; et «pratighātana» est la contre-attaque ou le refoulement—telles sont les opérations tactiques ainsi nommées.
Verse 23
स्यात्पञ्चता कालधर्मो दिष्टान्तः प्रलयो ऽत्ययः विशो भूमिस्पृषो वैश्या वृत्तिर्वर्तनजीवने
«Pañcatā» désigne la mort (devenir les cinq éléments). «Kāla-dharma» signifie la loi du Temps. «Diṣṭānta», «pralaya» et «atyaya» sont des termes pour la destruction ou le désastre (dissolution). «Viśaḥ» renvoie aux Vaiśya; on les appelle «bhūmi-spṛśaḥ», ceux qui vivent au contact de la terre (agriculture). «Vṛtti» signifie le moyen d’existence—vivre de son métier.
Verse 24
कृष्यादिवृत्तयो ज्ञेयाः कुसीदं वृद्धिजीविका उद्धरो ऽर्थप्रयोगः स्यात्कणिशं सस्यमञ्जरी
Il faut connaître les métiers qui commencent par l’agriculture et ceux qui s’y apparentent. L’usure («kuśīda») est un moyen d’existence fondé sur l’intérêt. «Uddhāra» doit s’entendre comme le décaissement ou l’avance d’argent. Et «kaṇiśa» est l’épi/la panicule des cultures céréalières.
Verse 25
किंशारुः सस्यशूकं स्यात् स्तम्बो गुत्सस्तृणादिनः धाम्यं व्रीहिः स्तम्बकरिः कडङ्गरो वुपं स्मृतं
«Kiṃśāru» désigne l’épi d’une culture muni d’arêtes (tête barbue). «Stamba» signifie une touffe ou un amas d’herbes et autres semblables. «Dhāmya» est un nom du riz (vrīhi). «Stambakarī» est aussi employé comme terme. Et «kaḍaṅgara» est retenu comme «vupa», une désignation synonyme.
Verse 26
माषादयः शमीधान्ये शुकधान्ये यवादयः तृणधान्यानि नीवाराः शूर्पं प्रस्फोटनं स्मृतं
Le haricot noir (māṣa) et les légumineuses semblables sont rangés parmi les « grains śamī » ; l’orge et les espèces analogues parmi les « grains śuka ». Le riz sauvage (nīvāra) est tenu pour un « grain d’herbe » ; et le van ou panier à vanner (śūrpa) est traditionnellement nommé « prasphoṭana », l’outil de vannage et de nettoyage.
Verse 27
स्यूतप्रसेवौ कण्डोलपिटौ कटकिनिञ्जकौ समानौ रसवत्यान्तु पाकस्थानमहानसे
« Syūta » et « Praseva » sont des synonymes ; de même « Kaṇḍola » et « Piṭa », ainsi que « Kaṭakin » et « Niñjaka », sont des termes équivalents. Dans le cadre de la Rasavatī (art culinaire), le lieu de cuisson est nommé Pāka-sthāna, et la grande cuisine est appelée Mahānasa.
Verse 28
पौरोगवस्तदध्यक्षः सूपकारास्तु वल्लवाः आरालिका आन्धसिकाः सूदा औदनिका गुणाः
Il est fait mention du « pauroga », surintendant relevant du gouverneur de la cité ; ainsi que des cuisiniers et des gardiens de troupeaux. Les fabricants de condiments et les préparateurs de sauces ; les serviteurs de cuisine et les cuiseurs de riz — tels sont les « guṇāḥ », le personnel fonctionnel de l’établissement.
Verse 29
क्लीवे ऽम्बरीषं भ्राष्टो ना कर्कर्यालुर्गलन्तिका आलिञ्जरः स्यान्मणिकं सुषवी कृषजीरके
Au neutre, on emploie le mot « ambārīṣa » ; « bhrāṣṭa » s’emploie au masculin. Sont cités les noms « karkaryā », « ālu » et « galantikā ». « Āliñjara » est également donné comme synonyme. Pour le cumin noir (kṛṣa-jīraka), on utilise les appellations « maṇika » et « suṣavī ».
Verse 30
आरनालस्तु कुल्माषं वाह्लीकं हिङ्गु रामठं निशा हरिद्रा पीता स्त्री खण्डे मत्स्यण्डिफाणिते
« Āranāla » est un autre nom de kulmāṣa (bouillie aigre, préparation fermentée de légumineuses). « Vāhlīka » désigne le hiṅgu (asafoetida), aussi appelé « rāmaṭha ». « Niśā » est le curcuma (haridrā), également nommé « pītā » et « strī ». « Khaṇḍa » correspond à matsyaṇḍī-phāṇita, une variété de jaggery/mélasse.
Verse 31
कूर्चिका क्षिरविकृतिः स्निग्धं मसृणचिक्कणं पृथुकः स्याच्चिपिटको धाना भ्रष्टयवास्त्रियः
Kūrcikā est une préparation issue du lait. Elle est dite onctueuse — douce, lisse et luisante. Pṛthuka est le grain aplati ; de même (sont) cipiṭaka, dhānā et les grains d’orge rôtis trois fois (bhraṣṭa-yava).
Verse 32
जेमनं लेप आहारो माहेयी सौरभी च गौः युगादीनाञ्च बोढारो युग्यप्रसाङ्ग्यशाटकाः
Jemana, Lepa et Āhāra sont des (noms/termes) ; de même, Māheyī et Saurabhī sont des appellations de la vache (gauḥ). Celles qui portent le joug et autres charges semblables sont dites boḍhāra ; et d’autres désignations sont yugya, prasāṅgya et śāṭaka.
Verse 33
चिरसूता वष्कयणी धेनुः स्यान्नवसूतिका सन्धिनी वृषभाक्रान्ता वेहद्गर्भोपघातिनी
On appelle une vache : (1) cirasūtā, celle qui a vêlé il y a longtemps ; (2) vaṣkayaṇī, celle dont la traite est entravée ou défectueuse ; (3) nava-sūtikā, celle qui vient de vêler ; (4) sandhinī, celle qui conçoit de nouveau, en chaleur ou nouvellement fécondée ; (5) vṛṣabhākrāntā, celle qui a été couverte par le taureau ; et (6) vehad-garbhopaghātinī, celle qui est stérile ou dont la grossesse a été atteinte (fausse couche).
Verse 34
पण्याजीवो ह्य् आपणिको न्यासश्चोपनिधिः पुमान् विपणो विक्रयः सङ्ख्या सङ्ख्येये ह्य् आदश त्रिषु
Celui qui vit du négoce est appelé āpaṇika (boutiquier/marchand). Le dépôt confié (nyāsa) et le dépôt dissimulé (upanidhi) sont des termes appliqués à une personne (comme partie responsable). Le commerce se dit vipaṇa, la vente vikraya, le nombre saṅkhyā ; et, dans ce qui est dénombrable, « dix » est nommé ādaśa parmi les triṣu (les trois nombres grammaticaux).
Verse 35
विंशत्याद्याः सदैकत्वे सर्वाः संख्येयसंख्ययोः संख्यार्थे द्विबहुत्वे स्तस्तासु चानवतेः स्त्रियः
Les numéraux à partir de « vingt » sont toujours traités comme des singuliers. Dans le rapport entre l’objet dénombré et le numéral — lorsque le numéral est employé au sens de « quantité » — ils n’apparaissent qu’au duel et au pluriel ; et, parmi eux, jusqu’à « quatre-vingt-dix », ils sont féminins.
Verse 36
पङ्क्तेः शतसहस्रादि क्रमाद्दशगुणोत्तरं मानन्तु लाङ्गुलिप्रस्थैर् गुञ्जाः पञ्चाद्यमाषकः
À partir de l’unité appelée paṅkti, les mesures (de poids) croissent selon une progression décuple—puis, dans l’ordre, par śata, sahasra, et ainsi de suite. Dans ce système, cinq graines de guñjā, mesurées selon l’étalon lāṅguli-prastha, constituent le māṣaka initial.
Verse 37
ते षोडशाक्षः कर्षो ऽस्त्री पलं कर्षचतुष्टयम् सुवर्णविस्तौ हेम्नो ऽक्षे कुरुविस्तस्तु तत्पले
Seize akṣa font un karṣa ; quatre karṣa font un pala. Dans le système des poids de l’or, la mesure suvarṇa se compte en akṣa, tandis que la mesure kuru se compte en pala.
Verse 38
तुला स्त्रियां पलशतं भारः स्याद्विंशतिस्तुलाः कार्षापणः कार्षिकः स्यात् कार्षिके ताम्रिके पणः
Une tulā vaut cent palas ; un bhāra équivaut à vingt tulās. La pièce kārṣāpaṇa est aussi appelée kārṣika ; et, selon l’étalon kārṣika, la pièce de cuivre est dite paṇa.
Verse 39
द्रव्यं वित्तं स्वापतेयं रिक्थमृथक्थं धनं वसु रीतिः स्त्रियामारकूटो न स्त्रियामथ ताम्रकम्
« Dravya » (bien/substance) se dit aussi richesse, propriété personnelle, héritage, bien distinct, argent et trésor (vasu). Le terme rīti est féminin ; ārakūṭa n’est pas féminin ; et il en va de même pour tāmraka.
Verse 40
शुल्वमौदुम्बरं लौहे तीक्ष्णं कालांयसायसी क्षारः काचो ऽथ चपलो रसः सूतश् च पारदे
Śulva (cuivre), le métal udumbara, lauha (fer), tīkṣṇa (acier tranchant), kālāyas (fer noir) et āyasī ; ainsi kṣāra (alcali), kāca (verre) ; puis capala (mica), rasa (mercure) et sūta — tout cela est recensé en rapport avec pārada (vif-argent).
Verse 41
गरलं माहिषं शृङ्गं त्रपुसीसकपिच्चटं हिण्डीरो ऽब्धिकफः फेणो मधूच्छिष्टन्तु सिक्थकम्
Le poison est nommé «garala»; la corne de buffle est dite «māhiṣa-śṛṅga»; l’étain est «trapu»; le plomb est «sīsaka»; une certaine substance minérale/terreuse est «piccaṭa»; l’écume de mer est «hiṇḍīra», aussi appelée «abdhikapha» ou «pheṇa»; et la cire d’abeille est le résidu du miel («madhūcchiṣṭa»), à savoir «sikthaka».
Verse 42
रङ्गवङ्गे पिचुस्थूलो कूलटी तु मनःशिला यवक्षारश् च पाक्यः स्यात् त्वक्क्षीरा वंशलोचनाः
L’étain et le plomb doivent être pris sous forme de granulation grossière, semblable à une bourre de coton (pichu-sthūla). «kūlaṭī» et le réalgar «manaḥśilā» sont aussi mentionnés. L’alcali d’orge, «yava-kṣāra», doit être préparé par cuisson ou calcination/extraction. De même, les écorces à latex (tvak-kṣīrā) et «vaṁśa-locana» (manne de bambou) sont comptées parmi les substances utilisables.
Verse 43
वृषला जधन्यजाः शूद्राश्चाण्डालान्त्याश् चशङ्कराः कारुः शिल्पी संहतैस्तैर् द्वयोः श्रेणिः सजातिभिः
Les Vṛṣalas, ceux de basse naissance, les Śūdras, les Cāṇḍālas et les Antyas, ainsi que les groupes de caste mêlée (Śaṅkaras)—parmi lesquels l’artisan «kāru» et l’ouvrier d’art «śilpī»—lorsqu’ils sont réunis et organisés avec leurs groupes apparentés, constituent deux corporations (śreṇī).
Verse 44
रङ्गाजीवश्चित्रकरस्त्वष्टा तक्षा च वर्धकिः नाडिन्धमः स्वर्णकारो नापितान्तावसायिनः
Sont aussi compris : le teinturier de métier, le peintre, l’artisan du métal coulé (tvāṣṭā), le charpentier ou coupeur de bois (takṣā) et le bâtisseur (vardhakī). De même, le fabricant de tuyaux ou d’instruments creux (nāḍi-ndhama), l’orfèvre, le barbier, et ceux qui exercent des travaux de finition ou de service de rang inférieur.
Verse 45
जावालः स्यादजाजीवो देवाजीवस्तु देवलः जायाजीवस्तु शैलूषा भृतको भृतिभुक्तथा
Celui qui vit de l’élevage des chèvres est appelé «jāvāla»; celui qui vit en servant les dieux (service du temple) est nommé «devala». Celui qui vit des gains de son épouse est dit «śailūṣa»; et celui qui vit d’un salaire est «bhṛtaka» (mercenaire, homme à gages).
Verse 46
विवर्णः पामरो नीचः प्राकृतश् च पृथग्जनः विहीनोपसदो जाल्मो भृत्ये दासेरचेटकाः
(Un tel homme) est dit de condition déchue, rustre, de basse naissance et vulgaire; simple homme du commun; dépourvu de raffinement, tenu pour exclu par fréquentation, et être vil—qu’on peut nommer serviteur, esclave et valet subalterne.
Verse 47
पटुस्तु पेशलो दक्षो मृगयुर्लुब्धकः स्मृतः चाण्डालस्तु दिवाकीर्तिः पुस्तं लेप्यादिकर्मणि
‘Paṭu’, ‘peśala’ et ‘dakṣa’ s’emploient au sens de « habile/compétent ». Le chasseur est nommé ‘mṛgayu’ et aussi ‘lubdhaka’. Un ‘cāṇḍāla’ est également désigné par ‘divākīrti’. ‘Pustam’ signifie l’enduisage au plâtre et les travaux de revêtement apparentés.
Verse 48
पञ्चालिका पुत्रिका स्याद्वर्करस्तरुणः पशुः मञ्जूषा पेटकः पेडा तुल्यसाधारणौ समौ प्रतिमा स्यात् प्रतिकृतिर्वर्गा ब्रह्मादयः स्मृताः
‘Pañcālikā’ est aussi appelée ‘putrikā’ (poupée/figurine). ‘Varkara’ désigne un jeune animal. Un coffret se nomme ‘mañjūṣā’, ‘peṭaka’ ou ‘peḍā’. ‘Tulya’ et ‘sādhāraṇa’ sont synonymes de ‘sama’ (« égal/commun »). ‘Pratimā’ se dit aussi ‘pratikṛti’ (« image/réplique »). Et ‘vargāḥ’ s’entend comme des “groupes”, tels Brahmā et les autres (divinités).
It codifies precise technical vocabulary across governance (kingly grades, ministers, judges, treasury roles), Dhanurveda (formations from patti upward, akṣauhiṇī reckoning, armour and weapon synonyms), and economy (trade, coinage, and standardized weights).
By treating correct worldly nomenclature—administration, war-ethics, livelihood, and craft—as dharmic knowledge revealed by Agni, it frames competent action (pravṛtti) as a support for righteous order and thus a preparatory ground for inner discipline leading to mukti.