Adhyaya 282
AyurvedaAdhyaya 28251 Verses

Adhyaya 282

Chapter 282 — नानारोगहराण्यौषधानि (Medicines that Remove Various Diseases)

Ce chapitre, dans le cadre encyclopédique agnéyique et sous l’autorité médicale de Dhanvantari, rassemble des thérapeutiques contre de nombreuses maladies sous forme de vade-mecum. Il s’ouvre sur les soins pédiatriques—décoctions et linctus pour la diarrhée du nourrisson, les troubles liés au lait, la toux, les vomissements et la fièvre—puis s’étend aux toniques medhya (qui fortifient l’intellect) et aux recettes anti-krimi (contre les helminthes). Le texte parcourt ensuite les voies d’administration majeures de l’Ayurveda : nasya pour l’épistaxis et les tuméfactions cervicales, remplissage de l’oreille pour l’otalgie, kavala/gargarismes pour les affections de la langue et de la bouche, et applications externes (udvartana, lepa, mèches médicamenteuses, huiles médicinales) pour les maladies de peau et les plaies. Il traite aussi d’affections systémiques telles que prameha (trouble urinaire/métabolique), vāta-śoṇita (type goutte), grahaṇī, pāṇḍu avec kāmala, raktapitta, kṣaya, vidradhi, bhagandara, dysurie et calculs urinaires, œdème, gulma et visarpa. Les derniers vers se tournent vers des promesses de longévité de type rasāyana centrées sur triphalā, ainsi que vers des notes rituelles et techniques orientées vers la siddhi (fumigations, démonstrations merveilleuses, ṣaṭkarman), reflétant la synthèse purānique de la médecine, du pouvoir rituel et des puruṣārtha.

Shlokas

Verse 1

इत्य् आग्नेये महापुराणे वृक्षायुर्वेदो नामैकाशीत्यधिकद्विशततमो ऽध्यायः अथ द्व्यशीत्यधिकद्विशततमो ऽध्यायः नानारोगहराण्यौषधानि धन्वन्तरिर् उवाच सिंही शटी निशायुग्मं वत्सकं क्वाथसेवनं शिशोः सर्वातिसारेषु स्तन्यदोषेषु शस्यते

Ainsi, dans l’Agni Mahāpurāṇa, le chapitre deux-cent-quatre-vingt-un est nommé « Vṛkṣāyurveda (la science de la vie des plantes) ». Commence maintenant le chapitre deux-cent-quatre-vingt-deux : « Remèdes qui ôtent diverses maladies ». Dhanvantari dit : la décoction (kvātha) préparée avec siṃhī, śaṭī, la paire de niśā (c’est-à-dire le curcuma et la daru-haridrā) et vatsaka est recommandée pour le nourrisson dans toutes les formes de diarrhée et dans les troubles provenant de défauts du lait maternel.

Verse 2

शृङ्गीं सकृष्णातिविषां चूर्णितां मधुना लिहेत् एका चातिविशा काशच्छर्दिज्वरहरी शिशोः

Que śṛṅgī, avec kṛṣṇā et ativīṣā, soit réduite en poudre et léchée avec du miel. Même l’ativīṣā seule fait disparaître la toux, les vomissements et la fièvre chez le nourrisson.

Verse 3

बालैः सेव्या वचा साज्या सदुग्धा वाथ तैलयुक् यष्टिकां शङ्खपुष्पीं वा बालः क्षीरान्वितां पिवेत्

Pour les enfants, on administrera la vacā (acore odorant), mêlée au ghee, avec du bon lait, ou bien associée à de l’huile. À défaut, l’enfant peut boire la yaṣṭikā (réglisse) ou la śaṅkhapuṣpī, prises avec du lait.

Verse 4

वाग्रूपसम्पद्युक्तायुर्मेधाश्रीर्वर्धते शिशोः वचाह्यग्निशिखावासाशुण्ठीकृष्णानिशागदं

Chez le nourrisson, par l’usage de vacā, agniśikhā, vāsā, śuṇṭhī, kṛṣṇā et niśā—un groupe d’herbes qui écarte la maladie—s’accroissent l’éloquence, la belle apparence, la prospérité, la longévité, l’intelligence et la bonne fortune.

Verse 5

सयष्टिसैन्धवं बालः प्रातर्मेधाकरं पिवेत् देवदारुमहाशिग्रुफलत्रयपयोमुचां

L’enfant doit boire le matin une préparation de yaṣṭi (réglisse) avec du sel gemme ; elle accroît l’intellect. De même, des formules à base de deodara, mahāśigru (moringa), des trois fruits (triphala) et de payomucā sont prescrites pour le même effet medhya (fortifiant de l’esprit).

Verse 6

क्वाथः सकृष्णा मृद्वीका कल्कः सर्वान् कृमीन्हरेत् त्रिफलाभृङ्गविश्वानां रसेषु मधुसर्पिषोः

Une décoction (kvātha) préparée avec kṛṣṇā (poivre long) et mṛdvīkā (raisins secs), accompagnée d’une préparation en pâte (kalka), élimine toutes sortes de vers. On l’administre avec les sucs exprimés de triphalā, bhṛṅga (bhr̥ṅgarāja) et viśvā (gingembre sec), avec du miel et du ghee.

Verse 7

मेषीक्षीरे च गोमूत्रे सिक्तं रोगे हितं शिशोः नासारक्तहरो नस्याद्दुर्वारस इहोत्तमः

Pour l’enfant, en cas de maladie, une préparation humectée (ou infusée) de lait de brebis et d’urine de vache est bénéfique. En thérapie nasale (nasya), le suc de durvā est tenu ici pour le meilleur afin de faire cesser le saignement du nez.

Verse 8

लशुनार्द्रकशिग्रूणां रसः कर्णस्य पूरणम् तैलमार्द्रकजात्यं वा शूलहा चौष्ठरोगनुत्

Il est prescrit de remplir l’oreille avec le suc exprimé d’ail, de gingembre frais et de śigru (moringa). À défaut, on peut employer une huile infusée au gingembre ; elle apaise l’otalgie et dissipe les maladies des lèvres.

Verse 9

सिंही षष्टीति ख शूलहा इत्य् अत्र पुंस्त्वनिर्देश आर्षः मूत्रहा शोषरोगनुदिति ञ जातीपत्रं फलं व्योषं कवलं मूत्रकं निशा दुग्धक्वाथे ऽभयाकल्के सिद्धं तैलं द्विजार्तिनुत्

En grammaire : dans la règle ‘siṃhī ṣaṣṭī’ (kha), l’indication du masculin dans le mot ‘śūlahā’ relève d’une convention Ārṣa (védique/ancienne) ; et il en va de même dans ‘mūtrahā, śoṣa-roga-nut’ (ña). (Voici la préparation médicale :) Avec des feuilles de jāti (jasmin), le fruit (cardamome), les trois piquants (gingembre sec, poivre noir, poivre long), kavala, mūtraka et niśā (curcuma), si l’on cuit une huile dans une décoction de lait avec une pâte d’abhaya (harītakī), cette huile médicinale apaise les afflictions des dvija (les « deux-fois-nés »).

Verse 10

धान्याम्बु नारिकेलं गोमूत्रं क्रमूकविश्वयुक् क्वाथितं कबलं कार्यमधिजिह्वाधिशान्तये

L’eau de rinçage du riz et l’eau de coco, avec de l’urine de vache—bouillies avec la noix d’arec et viśvā (gingembre sec)—doivent être utilisées en kavala (rétention en bouche/gargarisme) pour apaiser les troubles de la langue et de la région au-dessus d’elle.

Verse 11

साधितं लाङ्गलीकल्के तैलं निर्गुण्डिकारसैः गण्डमालागलगण्डौ नाशयेन्नस्यकर्मणा

L’huile préparée (médicamentée) avec une pâte de lāṅgalī et le suc exprimé de nirguṇḍī doit, par le procédé de nasya (thérapie nasale), détruire la gaṇḍamālā (tuméfactions glandulaires scrofuleuses) et la galagaṇḍa (enflure de la gorge de type goitre).

Verse 12

पल्लवैर् अर्कपूतीकस्नुहीरुग्घातजातिकैः उद्वर्तयेत् सगोमूत्रः सर्वत्वग्दोषनाशनैः

On doit frictionner le corps (udvartana) avec une poudre/pâte faite de jeunes pousses d’arka, pūtīka, snuhī, rugghāta et jāti, mêlée à de l’urine de vache ; cela détruit tous les troubles de la peau.

Verse 13

वाकुची सतिला भुक्ता वत्सरात् कुष्ठनाशनी पथ्या भल्लातकी तैलगुडपिण्डी तु कुष्ठजित्

La bakūcī, prise en nourriture avec du sésame, détruit le kuṣṭha (affection cutanée chronique) ; par un usage continu durant une année, elle devient curative. De même, l’harītakī avec le bhallātaka, préparée en bolus avec de l’huile et du jaggery (sucre brut), triomphe du kuṣṭha.

Verse 14

पूतीकवह्निरजनी त्रिफलाव्योषचूर्णयुक् तक्रं गुदाङ्कुरे पेयं भक्ष्या वा सगुडाभया

Pour les excroissances anales (hémorroïdes), on boira du babeurre mêlé aux poudres de pūtīka, vahni, rajanī, triphalā et vyoṣa ; ou bien l’on mangera de l’abhayā (harītakī) mélangée à du jaggery (sucre brut).

Verse 15

फलदार्वीविषाणान्तु क्वाथो धात्रीरसो ऽथवा पातव्यो रजनीकल्कः क्षौद्राक्षौद्रप्रमेहिणा

Pour le patient atteint de prameha « semblable au miel » ou « semblable au jus de canne » (trouble urinaire de type diabétique), on fera boire soit une décoction de phaladārvī et de viṣāṇa, soit le suc de dhātrī (āmalakī) ; ou encore l’on prendra une pâte de rajanī (curcuma).

Verse 16

वासागर्भो व्याधिघातक्वाथ एरण्डतैलयुक् वातशोणितहृत् पानात् पिप्पली स्यात् प्लीहाहरी

Une décoction préparée avec vāsā (en en conservant l’essence), mêlée à de l’huile de ricin et à la décoction dite « destructrice des maladies », bue en boisson, apaise le vāta-śoṇita (affection du sang mue par vāta, telle que goutte/rhumatisme). On dit que la pippalī (poivre long) enlève la maladie de la rate (plīha-roga).

Verse 17

सेव्या जठरिणा कृष्णा स्नुक्षीरवहुभाविता पयो वा रच्यदन्त्याग्निविडङ्गव्योषकल्कयुक्

Pour celui qui souffre de jaṭhara-roga (affection abdominale), on administrera kṛṣṇā (poivre noir) après l’avoir imprégnée à maintes reprises du latex/lait de snuk (Euphorbia). Ou bien l’on donnera du lait préparé avec une pâte de dantyāgni, viḍaṅga et tryūṣa (gingembre sec, poivre noir et poivre long).

Verse 18

ग्रन्थिकोग्राभया कृष्णा विडङ्गाक्ता घृते स्थिता सांसन्तक्रं ग्रहण्यर्शःपाण्डुगुल्मकृमीन् हरेत्

Granthikā, Ugrā, Abhayā, Kṛṣṇā (Pippalī) et Viḍaṅga—préparées et conservées dans le ghee (ghṛta), puis administrées avec du babeurre bien fermenté—dissipent les affections de grahaṇī (malabsorption), les hémorroïdes, pāṇḍu (anémie), gulma (masse abdominale/colique pseudo-tumorale) et les vers intestinaux.

Verse 19

फलत्रयामृता वासा तिक्तभूनिम्बजस् तथा क्वाथः समाक्षिको हन्यात् पाण्डुरोगं सकामलं

Une décoction (kvātha) de Triphalā, Guḍūcī, Vāsā et du Bhūnimba amer, prise avec du miel, détruit le pāṇḍu-roga (anémie/chlorose) ainsi que kāmala (jaunisse).

Verse 20

रक्तपित्ती पिवेद्वासासुरसं ससितं मधु वरीद्राक्षाबलाशुण्ठीसाधितं वा पयः पृथक्

Le malade atteint de raktapitta (désordre hémorragique) doit boire le suc de vāsā mêlé de sucre et de miel; ou bien boire du lait préparé séparément en le cuisant avec varī, drākṣā, balā et śuṇṭhī.

Verse 21

वरी विदारी पथ्या बलात्रयं सवासकं श्वदंष्ट्रामधुसर्पिर्भ्यामालिहेत् क्षयरोगवान्

Le malade atteint de kṣaya-roga (consomption) doit lécher un électuaire (linctus) composé de varī, vidārī, pathyā, des trois balā, avec vāsaka, mêlé à śva-daṁṣṭrā, au miel et au ghee.

Verse 22

पथ्याशिग्रुकरञ्जार्कत्वक्सारं मधुसिन्धुमत् समूत्रं विद्रधिं हन्ति परिपाकाय तन्त्रजित्

Une préparation de pathyā (harītakī), śigru (moringa), karañja et de l’extrait d’écorce d’arka—mêlée à du miel et du sel gemme, avec de l’urine—détruit le vidradhi (abcès profond) ; on l’administre pour conduire la tuméfaction à une suppuration correcte (« maturation »).

Verse 23

त्रिवृता जीवती दन्ती मञ्जिष्ठा शर्वरीद्वयं तार्क्षजं निम्बपत्रञ्च लेपः शस्तो भगन्दरे

Pour le bhagandara (fistule anale), il est recommandé d’appliquer un cataplasme préparé avec trivṛtā, jīvatī, dantī, mañjiṣṭhā, les deux śarvarī, tārkṣaja et des feuilles de neem.

Verse 24

रुग्घातजनीलाक्षाचूर्णाजक्षौद्रसंयुता वासोवत्तिर्व्रणे योज्या शोधनी गतिनाशनी

Sur la plaie, on doit appliquer une mèche de tissu (gaze) imprégnée de miel et des poudres de rugghātaja et de nīlākṣā; elle purifie la plaie et détruit la propagation ou migration anormale du trouble.

Verse 25

श्यामायष्टिनिशालोध्रपद्मकोत्पलचन्दनैः समरीचैः शृतं तैलं क्षीरे स्याद्ब्रणरोहणं

L’huile médicinale cuite dans du lait avec śyāmā, yaṣṭi (réglisse), niśā (curcuma), lodhra, lotus, utpala (lotus bleu), santal, et avec marīca (poivre noir), devient une préparation qui fait cicatriser les plaies.

Verse 26

श्रीकार्पासदलैर् भस्मफलोपलवणा निशा तत्पिण्डीस्वेदनं ताम्रे सतैलं स्यात् क्षतौषधं

Avec les pétales de śrīkārpāsa, joints à bhasma, phala, upalavaṇa et niśā, on doit préparer un piṇḍī-svedana (fomentation en bolus). Préparé dans un récipient de cuivre et employé avec de l’huile, il devient un remède pour les plaies (kṣata).

Verse 27

कुम्भीसारं पयोयुक्तं वह्निदग्धं व्रणे लिपेत् तदेव नाशयेत्सेकान्नारिकेलरजोघृतम्

On doit enduire la plaie de la pulpe interne de la kumbhī (courge), mêlée de lait et chauffée au feu. Le même trouble est apaisé en irriguant la plaie avec un mélange de poussière/pollen de coco et de ghee (beurre clarifié).

Verse 28

विष्वाजमोदसिन्धूत्थचिञ्चात्वग्भिः समाभया तक्रेणोष्णाम्बुना वाथ पीतातीसारनाशनी

Une potion composée de viṣvā, ajamodā, saindhava (sel gemme) et de l’écorce/peau de tamarin, avec une mesure égale d’abhaya (harītakī), prise avec du babeurre ou avec de l’eau tiède, détruit la diarrhée.

Verse 29

वत्सकातिविषाविश्वविल्लमुस्तशृतं जलं सामे पुराणे ऽतीसारे सामृक्शूले च पाययेत्

Dans la diarrhée, on fera boire au malade de l’eau décoctée avec vatsaka, ativīṣā, viśvā, vīlā et mustā, qu’il s’agisse d’une diarrhée avec āma (matière toxique non digérée) ou d’une diarrhée ancienne; et aussi lorsqu’il y a colique avec mucus/sang (āmṛk-śūla).

Verse 30

अङ्गारदग्धं सुगतं सिन्धुमुष्णाम्बुना पिवेत् शूलवानथ वा तद्धि सिन्धुहिंगुकणाभया

Celui qui souffre de coliques doit boire du saindhava (sel gemme) rôti dans des braises ardentes, pris avec de l’eau chaude; ou bien, pour cette colique, on recommande une préparation de sel gemme avec hiṅgu (asafoetida), kaṇā (poivre long) et abhaya (harītakī).

Verse 31

कटुरोहोत्कणातङ्कलाजचूर्णं मधुप्लुतं कटुरोहोत्पलातङ्कलाजचूर्णमिति ट वस्त्रच्छिद्रगतं वक्त्रे न्यस्तं तृष्णां विनाशयेत्

La poudre de kaṭuroha, utkāṇā, taṅka et lāja, humectée de miel—ou bien la poudre de kaṭuroha, utpala, taṅka et lāja—placée dans la bouche au moyen d’un tissu perforé (comme un petit sachet), détruit la soif excessive.

Verse 32

पाठादार्वीजातिदलं द्राक्षामूलफलत्रयैः साधितं समधु क्वाथं कवलं मुखपापहृत्

Une décoction préparée avec pāṭhā, dārvī et des feuilles de jasmin, cuite avec drākṣā (raisin), la racine et les trois myrobalans; mêlée de miel et employée en gargarisme (kavala), enlève les affections et impuretés de la bouche.

Verse 33

कृष्णातिविषतिक्तेन्द्रदारूपाठापयोमुचां क्वाथो मूत्रे शृतः क्षौद्री सर्वकण्ठगदापहः

Une décoction de poivre long (pippalī), ativishā, plantes amères (tikta), indradāru, pāṭhā et payomuc, bouillie dans l’urine et prise avec du miel, dissipe toutes les affections de la gorge.

Verse 34

पथ्यागोक्षुरदुस्पर्शराजवृक्षशिलाभिदां कषायः समधुः पीतो मूत्रकृच्छ्रं व्यपोहति

Une décoction de pathyā, gokṣura, dusparśā, rājavṛkṣa et śilābhid, bue avec du miel, écarte le mūtrakṛcchra, c’est‑à‑dire la dysurie (miction douloureuse ou difficile).

Verse 35

वंशत्वग्वरुणक्वाथः शर्कराश्मविघातनः शाखोटक्वाथसक्षौद्रक्षीराशी श्लीपदी भवेत्

Une décoction d’écorce de bambou et de varuṇa est un remède qui brise et dissout le gravier et les calculs urinaires. De même, celui qui souffre de ślīpada (éléphantiasis) doit prendre une décoction de śākhoṭa avec du miel et du lait, selon le régime prescrit.

Verse 36

मासार्कत्वक्पयस्तैलं मधुसिक्तञ्च सैन्धवं पादरोगं हरेत्सर्पिर्जालकुक्कुटजं तथा

L’huile préparée avec le haricot noir (māṣa), l’écorce d’arka (Calotropis) et du lait, mêlée de miel et de saindhava (sel gemme), enlève les maladies des pieds ; de même, le ghee obtenu de la volaille jālaka guérit aussi les affections du pied.

Verse 37

शुण्ठीसीवर्चलाहिङ्गुचूर्णं शूण्ठीरसैर् घृतम् रुजं हरेदथ क्वाथो विद्धि बद्धाग्निसाधने

Une poudre de gingembre sec (śuṇṭhī), de sīvarcalā (sel noir) et de hingu (asafoetida), mêlée au suc de gingembre sec et administrée avec du ghee, enlève la douleur. Sachez que cette préparation en décoction est un remède pour baddhāgni, le feu digestif entravé.

Verse 38

सौवर्चलाग्निहिङ्गूनां सदीप्यानां रसैर् युतं विडदीप्यकयुक्तं वा तक्रं गुल्मातुरः पिवेत्

Le patient atteint de gulma doit boire du babeurre (takra) mêlé aux sucs exprimés de sauvarcala (sel noir), agni (pippalī), hiṅgu (asafoetida) et d’autres substances qui stimulent le feu digestif; ou bien du takra associé à viḍa et dīpyaka.

Verse 39

धात्रीपटोलमुद्गानां क्वाथः साज्यो विसर्पहा शुण्ठीदारुनवाक्षीरक्वाथो मूत्रान्वितो ऽपरः

Une décoction de dhātrī (āmalakī), de paṭola et de mudga (haricot mungo), prise avec du ghee, détruit le visarpa. Un autre remède est une décoction de śuṇṭhī (gingembre sec), de dāruṇavā et de lait, administrée avec de l’urine.

Verse 40

सव्योषायोरजःक्षारः फलक्वाथश् च शोथहृत् गुडशिग्रुत्रिवृद्धिश् च सैन्धवानां रजोयुतः

Les préparations alcalines (kṣāra) et les poudres de śuṇṭhī (gingembre sec) et de pippalī (poivre long), ainsi qu’une décoction de fruits, ôtent l’enflure (śotha). De même, du jaggery (guda) mêlé à śigru et à trivṛt, avec de la poudre de sel gemme (saindhava), apaise l’enflure.

Verse 41

त्रिवृताफलकक्वाथः सगुडः स्याद्विरेचनः वचाफलकषायोत्थं पयो वमनकृभवेत्

Une décoction du fruit de trivṛtā, prise avec du jaggery (guda), doit agir comme purgatif (virecana). Le lait préparé avec la décoction de vacā et du fruit phalaka devient un remède émétique (produisant vāmana).

Verse 42

त्रिफलायाः पलशतं पृथग्भृङ्गजभावितम् द्राक्षामृतफलत्रयैर् इति ञ , ट च विडङ्गं लोहचूर्णञ्च दशभागसमन्वितम्

Prendre cent palas de Triphalā, chaque portion étant imprégnée (préparée) avec du miel. Ajouter les trois fruits—drākṣā (raisins/raisins secs), amṛtā (guḍūcī) et les « trois fruits » (phalatraya) comme il est dit—ainsi que viḍaṅga et de la poudre de fer, chacun à la proportion d’un dixième.

Verse 43

शतावरीगुडुच्यग्निपलानां शतविंशतिः मध्वाज्यतिलजैर् लिह्याद्बलीपलितवर्जितः

On prendra cent vingt palas de Śatāvarī, de Guḍūcī et d’Agni (c’est‑à‑dire Citraka), puis on le lèchera (en électuaire) mêlé de miel, de ghee et de préparations de sésame ; par cette observance, on est délivré des rides et des cheveux gris.

Verse 44

शतमब्दं हि जीवेत सर्वरोगविवर्जितः त्रिफला सर्वरोगघ्नी समधुः शर्क्वरान्विता

En vérité, on peut vivre cent ans, exempt de toutes maladies. Triphalā—prise avec du miel et mêlée de sucre—détruit tous les maux.

Verse 45

सितामधुघृतैर् युक्ता सकृष्णा त्रिफला तथा पथ्याचित्रकशुण्ठाश् च गुडुचीमुषलीरजः

Mêlée de sucre, de miel et de ghee, avec kṛṣṇā (pippalī), Triphalā, harītakī (pathyā), Citraka, śuṇṭhī (gingembre sec), ainsi que Guḍūcī et la poudre de muṣalī, cela constitue une préparation médicinale.

Verse 46

सगुडं भक्षितं रोगहरं त्रिशतवर्षकृत् किञ्चिच्चूर्णं जवापुष्पं पिण्डितं विसृजेज्जले

Mangé avec du jaggery (sucre brut), cela ôte la maladie et l’on dit que cela confère l’efficacité d’un homme ayant vécu trois cents ans. Une petite quantité de fleur d’hibiscus (javā) réduite en poudre doit être façonnée en boulette puis déposée dans l’eau.

Verse 47

तैलं भवेद् घृताकारं किञ्चिच्चूर्णं जलान्वितं धूपार्थं दृश्यते चित्रं वृषदंशजरायुना

Que l’huile soit rendue épaisse comme le ghee ; avec un peu de substance pulvérisée mêlée d’eau, on y voit une préparation particulière pour la fumigation, utilisant la membrane de l’arrière‑faix (afterbirth) provenant d’une morsure de taureau/bœuf (vṛṣa-daṃśa).

Verse 48

पुनर्माक्षिकधूपेन दृश्यते तद्यथा पुरा कर्पूरजलकाभेकतैलं पाटलिमूलयुक्

De nouveau, par la fumigation avec la cire d’abeille (mākṣika), cela redevient visible comme auparavant. De même, on doit employer une huile d’onction préparée avec de l’eau de camphre, mêlée à la racine de pāṭalī.

Verse 49

पिष्ट्वा लिप्य पदे द्वे च चरेदङ्गारके नरः तृणौत्थानादिकं व्यूह्य दर्शयन्वै कुतूहलं

Après avoir pilé (la substance) puis l’avoir enduite sur les deux pieds, l’homme doit marcher sur des braises ardentes. En disposant l’herbe, le redressement de la paille et des effets semblables en formation, il manifeste véritablement un prodige.

Verse 50

विषग्रहरुजध्वंसक्षुद्रनर्म च कामिकं तत्ते षट्कर्मकं प्रोक्तं सिद्धिद्वयसमाश्रयं

Contre-poison, affliction par les graha (atteintes d’esprits), suppression de la douleur, destruction des influences nuisibles, menus tours magiques et rites d’érotisme ou d’attraction : tout cela t’est déclaré comme les six opérations rituelles (ṣaṭkarman), fondées sur une double modalité d’accomplissement (siddhi).

Verse 51

मन्त्रध्यानौषधिकथामुद्रेज्या यत्र मुष्टयः चतुर्वर्गफलं प्रोक्तं यः पठेत्स दिवं व्रजेत्

Là où sont enseignés les rites de récitation des mantras, la visualisation méditative, l’exposé des plantes médicinales et le culte par les mudrās—y compris les gestes muṣṭi (poing)—et où est proclamé le fruit des quatre buts de l’existence humaine (caturvarga) : quiconque le récite se rend au ciel.

Frequently Asked Questions

Primarily disease-based lists (atīsāra, krimi, kusṭha, prameha, etc.) expressed through procedure-ready dosage forms (kvātha, kalka, taila/ghṛta) and therapeutic routes (nasya, kavala, lepa).

It combines clinical recipes, procedural therapies, and rasāyana claims, then closes with siddhi/ṣaṭkarman notes—showing a single continuum from health maintenance to ritual-technical accomplishment within dharma.