
Vrata-traya (Mānasa–Kāyika–Vācika) tathā Nārāyaṇa-nāma-śravaṇa-māhātmya
Ethical-Discourse (Vrata-Dharma) with Exemplum Narrative (Nāmamāhātmya)
Pṛthivī demande à Varāha comment les dévots, hommes et femmes, doivent adorer et sollicite des indications concrètes. Varāha répond qu’on l’atteint par le bhāva (disposition intérieure) plutôt que par la richesse ou la simple récitation, puis il répartit la pratique du vrata en trois domaines : mental (ahiṃsā, satya, asteya, brahmacarya, akalkatā), corporel (ekabhakta, nakta, upavāsa) et verbal (mauna, adhyayana, deva-stuti/kīrtana, et s’abstenir de la médisance). Pour montrer l’efficacité au-delà du rang social, il raconte un épisode impliquant le sage Aruṇi et un chasseur violent (vyādha). Le contact du chasseur avec un brāhmaṇa et l’énonciation/l’écoute de « namo Nārāyaṇāya » deviennent le pivot d’une transformation des fruits karmiques, et l’enseignement conclut sur la dévotion, la retenue et la vénération des brāhmaṇas comme modèle de maintien de l’ordre moral et terrestre.
Verse 1
धरण्युवाच । कथमाराध्यसे देव भक्तिमद्भिर्नरैर्विभो । स्त्रीभिर्वा सर्वमेतन्मे शंस त्वं भूतभावन ॥ ३७.१ ॥
Dharanī (la Terre) dit : «Ô Dieu, ô Seigneur qui pénètres tout, comment dois-tu être adoré par les hommes dévots, ou par les femmes ? Expose-moi tout cela, ô nourricier des êtres.»
Verse 2
श्रीवराह उवाच । भावसाध्योऽस्म्यहं देवि न वित्तैर्न जपैरहम् । साध्यस्तथापि भक्तानां कायक्लेशं वदामि ते ॥ ३७.२ ॥
Śrī Varāha dit : «Ô Déesse, je suis atteignable par la disposition intérieure (bhāva), non par les richesses ni par les récitations murmurées (japa). Pourtant, pour les dévots je suis bien atteignable ; c’est pourquoi je vais te parler des austérités impliquant la peine du corps (kāya-kleśa).»
Verse 3
कर्मणा मनसा वाचा मच्चित्तो यो नरो भवेत् । तस्य व्रतानि धास्यामि विविधानि निबोध मे ॥ ३७.३ ॥
L’homme qui se voue à Moi par l’acte, la pensée et la parole—j’exposerai ses diverses observances de vœu (vrata) ; comprends-les de Moi.
Verse 4
अहिंसा सत्यमस्तेयं ब्रह्मचर्यमकल्कता । एतानि मानस्यानाहुर्व्रतानि तु धराधरे ॥ ३७.४ ॥
Non-violence (ahiṃsā), vérité, non-vol, brahmacarya (continence disciplinée) et pureté sans souillure : tels sont, dit-on, les vœux de l’esprit, ô Soutien de la Terre.
Verse 5
एकभक्तं तथा नक्तमुपवासादिकं च यत् । तत्सर्वं कायिकं पुंसां व्रतं भवति नान्यथा ॥ ३७.५ ॥
Le fait de ne prendre qu’un seul repas (ekabhakta), de ne manger que la nuit (nakta), et tout ce qui concerne le jeûne et les observances connexes—tout cela constitue, pour les hommes, un vœu du corps (kāyika), et non autrement.
Verse 6
मौनं चाध्ययनं चैव देवस्तुत्यर्थकीर्तितात् । निवृत्तिश्चापि पैशुन्याद् वाचिकं व्रतमुत्तमम् ॥३७.६॥
Le silence (mauna), l’étude des Écritures, et la louange aux dieux proférée avec justesse; ainsi que l’abstention de la médisance—voilà ce qui est proclamé comme le plus haut vœu de la parole.
Verse 7
अत्रापि श्रूयते चान्यदृषिरुग्रतपाः पुरा । ब्रह्मपुत्रः पुरा कल्पे अरुणिर्नाम नामतः ॥ ३७.७ ॥
Ici encore, on entend un autre récit : jadis vécut un ṛṣi aux austérités redoutables, nommé Aruṇi, que l’on dit fils de Brahmā dans un kalpa antérieur.
Verse 8
सोऽरण्यमगमत्किञ्चित् तपोर्थी द्विजसत्तमः । तपस्तेपे ततस्तस्मिन्नुपवासपरायणः ॥ ३७.८ ॥
Alors, le meilleur des deux-fois-nés, désireux de pratiquer le tapas, s’avança un peu dans la forêt. Là, voué au jeûne, il entreprit des austérités en ce lieu.
Verse 9
देविकायास्तटे रम्ये सोऽवसद् ब्राह्मणः किल । कदाचिदभिषेकाय स जगाम महानदीम् ॥ ३७.९ ॥
Sur la belle rive de la Devikā, dit-on, demeurait ce brāhmaṇa. Un jour, afin d’accomplir l’abhiṣeka (bain rituel), il se rendit au grand fleuve.
Verse 10
तत्र स्नात्वा जपन् विप्रो ददर्शायान्तमग्रतः । व्याधं महाधनुःपाणिमुग्रनेत्रं विभीषणम् ॥ ३७.१० ॥
Là, après s’être baigné et tandis qu’il récitait le japa, le brāhmaṇa vit devant lui un chasseur s’avancer, tenant un grand arc en main, aux yeux farouches et d’apparence terrifiante.
Verse 11
तं द्विजं हन्तुमायात स वल्कलानां जिघृक्षया । तं दृष्ट्वा क्षुभितो विप्रो ब्रह्मघ्नस्य भयादिति । ध्यायन् नारायणं देवं तस्थौ तत्रैव स द्विजः ॥ ३७.११ ॥
Il s’approcha pour tuer ce deux-fois-né, poussé par le désir de s’emparer de ses vêtements d’écorce. En le voyant, le brāhmaṇa fut bouleversé par la crainte d’un « tueur de brāhmaṇa » ; méditant sur le dieu Nārāyaṇa, il demeura debout sur place.
Verse 12
तं दृष्ट्वा अन्तर्गतहरिं व्याधो भीत इवाग्रतः । विहाय सशरं चापं ततो वचनमब्रवीत् ॥ ३७.१२ ॥
Voyant Hari, entré au-dedans, le chasseur se tint devant lui comme effrayé. Abandonnant son arc avec la flèche, il prononça alors ces paroles.
Verse 13
व्याध उवाच । हन्तुमिच्छुरहं ब्रह्मन् भवन्तं प्रागिहागतः । इदानीं दर्शनात् तुभ्यं सा मतिः क्वापि मे गता ॥ ३७.१३ ॥
Le chasseur dit : « Ô brāhmaṇa, j’étais venu ici auparavant avec l’intention de te tuer. Mais à présent, en te voyant, cette résolution mienne s’est évanouie je ne sais où. »
Verse 14
ब्राह्मणानां सहस्राणि सस्त्रीणामयुतानि च । निहतानि मया ब्रह्मन् निहतौ च कुटम्बिनौ ॥ ३७.१४ ॥
«Des milliers de brāhmaṇas et des dizaines de milliers d’hommes armés ont été tués par moi, ô Brahman ; et j’ai aussi mis à mort les deux chefs de maison.»
Verse 15
नरकेऽभ्यधिकं चित्तं कदाचिदपि विद्यते । इदानीं तप्तुमिच्छामि तपोऽहं त्वत्समीपतः । उपदेशप्रदानेन प्रसादं कर्तुमर्हसि ॥ ३७.१५ ॥
«Parfois, un esprit plus tourmenté encore que (celui) de l’enfer peut surgir. À présent, je souhaite entreprendre l’austérité (tapas) en demeurant près de toi. En me donnant l’enseignement, daigne m’accorder ta grâce.»
Verse 16
एवमुक्तोऽप्यसौ विप्रो नोत्तरं प्रत्यपद्यत । ब्रह्महा पापकर्मेति मत्वा ब्राह्मणपुङ्गवः ॥ ३७.१६ ॥
Bien qu’on lui eût parlé ainsi, ce brāhmaṇa ne répondit pas. Le plus éminent des brāhmaṇas, le tenant pour meurtrier d’un brāhmaṇa et auteur d’actes pécheurs, en conçut ce jugement.
Verse 17
अनुक्तोऽपि स धर्मेप्सुर्व्याधस्तत्रैव तस्थिवान् । स्नात्वा नद्यां द्विजः सोऽपि वृक्षमूलमुपाश्रितः ॥ ३७.१७ ॥
Sans qu’on lui adressât davantage la parole, ce chasseur—désireux du dharma—demeura là même. Et ce deux-fois-né aussi, après s’être baigné dans la rivière, prit refuge au pied d’un arbre.
Verse 18
कस्यचित्त्वथ कालस्य तां नदीमगमत्किल । व्याघ्रो बुभुक्षितः शान्तं तं विप्रं हन्तुमुद्यतः ॥ ३७.१८ ॥
Puis, après quelque temps, on dit qu’il parvint à cette rivière. Un tigre, tourmenté par la faim, se préparait à tuer ce brāhmane paisible.
Verse 19
अन्तर्जलगतं विप्रं यावद् व्याघ्रो जिघृक्षति । तावद् व्याधेन विद्धोऽसौ सद्यः प्राणैर्वियोजितः ॥ ३७.१९ ॥
Tandis que le brāhmane demeurait dans l’eau, et au moment où le tigre allait le saisir, celui-ci fut frappé par un chasseur et, aussitôt, fut séparé de ses souffles vitaux (il mourut).
Verse 20
तस्माद् व्याघ्रशरीरात् तु उत्थाय पुरुषः किल । विप्रश्चान्तरजले मग्नः श्रुत्वा तं शब्दमाकुलम् । नमो नारायणायेति वाक्यमुच्चैरुवाच ह ॥ ३७.२० ॥
Alors, dit-on, un homme se releva du corps du tigre ; et le brāhmane, submergé dans les eaux profondes, entendant ce bruit agité, prononça à haute voix : « Namo Nārāyaṇāya ! »
Verse 21
व्याघ्रेणापि श्रुतो मन्त्रः प्राणैः कण्ठस्थितैस्ततः । श्रुतमात्रे जहौ प्राणान् पुरुषश्चाभवच्छुभः ॥ ३७.२१ ॥
Même le tigre entendit le mantra ; alors, ses souffles vitaux demeurant dans la gorge, à l’instant même de l’entendre il rendit la vie — et devint un homme béni.
Verse 22
सोऽब्रवीद्यामि तं देशं यत्र विष्णुः सनातनः । त्वत्प्रसादाद् द्विजश्रेष्ठ मुक्तपाप्मा निरामयः ॥ ३७.२२ ॥
Il dit : « J’irai vers la région où demeure Viṣṇu, l’Éternel. Par ta grâce, ô meilleur des deux-fois-nés, je suis délivré du péché et exempt de maladie. »
Verse 23
इत्युक्तो ब्राह्मणः प्राह कोऽसि त्वं पुरुषर्षभ । सोऽब्रवीत्तस्य राजेन्द्रः प्रतापी पूर्वजन्मनि । दीर्घबाहुरिति ख्यातः सर्वधर्मविशारदः ॥ ३७.२३ ॥
Ainsi interpellé, le brāhmaṇa dit : « Qui es-tu, ô le meilleur des hommes ? » Il répondit : « Ô roi souverain, dans une naissance antérieure j’étais un puissant monarque, renommé sous le nom de Dīrghabāhu, parfaitement versé en tous les aspects du dharma. »
Verse 24
अहं जानामि वेदांश्च अहं वेद्मि शुभाशुभम् । ब्राह्मणे नैव मे कार्यं किं वस्तु ब्राह्मणा इति ॥ ३७.२४ ॥
« Je connais les Veda et je discerne ce qui est faste et ce qui ne l’est pas. Je n’ai nul besoin d’un brāhmaṇa : qu’est donc un brāhmaṇa, comme s’il était une “chose” ? »
Verse 25
तस्यैवं वादिनो विप्राः सर्वे क्रोधसमन्विताः । ऊचुः शापं दुराधर्षः क्रूरो व्याघ्रो भविष्यसि ॥ ३७.२५ ॥
Comme il parlait ainsi, tous les brāhmaṇas, saisis de colère, prononcèrent une malédiction : « Toi, difficile à vaincre, tu deviendras un tigre cruel et féroce. »
Verse 26
अवमानात् तु विप्राणां सत्यान्तं स्मरणं तव । मृत्युकालेन सम्मूढ केशवेण भविष्यति ॥ ३७.२६ ॥
Mais, en raison de ton mépris envers les vipra (brāhmaṇas), ton souvenir—bien qu’enraciné dans la vérité—deviendra confus à l’heure de la mort ; et ce souvenir sera avec Keśava, c’est-à-dire tourné vers Keśava.
Verse 27
इत्युक्तोऽहं पुरा तैस्तु ब्राह्मणैर्वेदपारगैः । तमेव सर्वं संप्राप्तो ब्रह्मशापं सुपुष्कलम् ॥ ३७.२७ ॥
Ainsi, jadis, j’ai été admonesté par ces brāhmaṇas passés maîtres des Veda ; et j’ai subi pleinement cette même conséquence : une malédiction brahmanique des plus puissantes et redoutables.
Verse 28
ततस्ते ब्राह्मणाः सर्वे प्रणिपत्य महामुने । उक्ताऽनुग्रहहेतोर्वै ऊचुस्ते मामिमं पुरा ॥ ३७.२८ ॥
Alors tous ces brāhmaṇa, s’étant prosternés, ô grand sage, te dirent—jadis—ces paroles à mon sujet, en vérité afin d’obtenir ta grâce.
Verse 29
षष्ठान्नकालिकस्याग्रे यस्ते स्थास्यति कश्चन । स भक्ष्यस्ते तु भविता कञ्चित्कालं नराधम ॥ ३७.२९ ॥
Quiconque se tiendra devant toi au moment du sixième repas, cet homme vil (narādhama) deviendra pour un temps ta nourriture, c’est-à-dire sera dévoré par toi.
Verse 30
यदेषुघातं लब्ध्वा तु प्राणैः कण्ठगतैर्भवान् । श्रोष्यसे द्विजवक्त्रात् तु नमो नारायणेतिहि । तदा स्वर्गगतिस्तुभ्यं भविता नात्र संशयः ॥ ३७.३० ॥
Lorsque tu auras reçu le coup de la flèche et que tes souffles vitaux seront montés jusqu’à ta gorge (c’est-à-dire à l’instant de la mort), et que tu entendras alors de la bouche d’un brāhmaṇa les mots « namo Nārāyaṇa », à ce moment ta marche vers le ciel s’accomplira—sans aucun doute.
Verse 31
परवक्त्रगतस्यापि विष्णोर्नाम श्रुतं मया । लब्धद्वेषस्य विप्राणां प्रत्यक्षं तव सत्तम ॥ ३७.३१ ॥
«Même lorsqu’il venait de la bouche d’autrui, j’ai entendu le Nom de Viṣṇu. Ô le meilleur des vertueux, l’inimitié née parmi les brāhmaṇa est évidente devant toi.»
Verse 32
यः पुनर्ब्राह्मणान् पूज्य स्ववक्त्रेण नमो हरिम् । वदन् प्राणं विमुच्येत मुक्तावसौ वीतकिल्बिषः ॥ ३७.३२ ॥
Mais celui qui, après avoir honoré les brāhmaṇa, prononce de sa propre bouche « hommage à Hari », et qui, en disant cela, rend son souffle vital, celui-là est délivré ; dans la délivrance, il est purifié de toute faute.
Verse 33
सत्यं सत्यं पुनः सत्यमुत्क्षिप्य भुजमुच्यते । जङ्गमा ब्राह्मणा देवाः कूटस्थः पुरुषोत्तमः ॥ ३७.३३ ॥
« Vérité—vérité—encore vérité », ainsi est-il proclamé, le bras levé en signe d’affirmation : les brāhmaṇas sont les dieux « en mouvement » ; et Puruṣottama, la Personne suprême, est la réalité immuable et stable (kūṭastha).
Verse 34
एवमुक्त्वा गतः स्वर्गं स राजा वीतकल्मषः । ब्राह्मणोऽपि सदायुक्तस्तं व्याधं प्रत्यभाषत ॥ ३७.३४ ॥
Après avoir parlé ainsi, ce roi—purifié de toute souillure—partit pour le ciel ; et le brāhmaṇa, lui aussi, toujours maître de lui, répondit à ce chasseur.
Verse 35
ऋषिरुवाच । जिघृक्षोर्मृगराजस्य यत्त्वया रक्षितो ह्यहम् । तत्पुत्र तुष्टस्ते दद्मि वरं वरय सुव्रत ॥ ३७.३५ ॥
Le Ṛṣi dit : « Lorsque le roi des fauves allait me saisir, c’est toi qui m’as protégé. Aussi, mon fils, je suis satisfait de toi. Je t’accorde une grâce : choisis une grâce, ô toi dont le vœu est pur. »
Verse 36
व्याध उवाच । एष एव वरो मह्यं यत् त्वं मां भाषसे द्विज । अतः परं वरेणाहं किं करोमि प्रशाधि माम् ॥ ३७.३६ ॥
Le chasseur dit : « Pour moi, la grâce est seulement celle-ci : que toi, ô dvija (deux fois né), tu me parles. Après cela, que ferais-je d’une grâce ? Instruis-moi. »
Verse 37
ऋषिरुवाच । अहं त्वया पुरा पुत्र प्रार्थितोऽस्मि तपोऽर्थिना । बहुपातकयुक्तेन घोररूपेण चानघ ॥ ३७.३७ ॥
Le Ṛṣi dit : « Autrefois, mon fils, tu m’as imploré, en quête du mérite de l’ascèse. Tu étais chargé de nombreux péchés et portais une forme terrible, et pourtant ton intention était sans faute. »
Verse 38
इदानीं तव पापानि देविकाभिषवेण च । मद्दर्शनेन च चिरं विष्णुनामश्रुतेन च ॥ नष्टानि शुद्धदेहोऽसि साम्प्रतं नात्र संशयः ॥ ३७.३८ ॥
À présent, tes péchés ont été anéantis — par l’ablution à Devikā, par la vision de ma personne, et par la longue écoute du Nom de Viṣṇu. Désormais ton corps est purifié ; il n’y a là aucun doute.
Verse 39
इदानीं वरमेकं त्वं गृहीाण मम सन्निधौ । तपः कुरुष्व साधो त्वं चिरकालं यदीच्छसि ॥ ३७.३९ ॥
À présent, en ma présence, reçois un unique don. Ô homme de bien, accomplis l’ascèse (tapas) durant longtemps, si tel est ton désir.
Verse 40
व्याध उवाच । य एष भवता प्रोक्तो विष्णुर्नारायणः प्रभुः । स कथं प्राप्यते मर्त्यैरेष एव वरो मम ॥ ३७.४० ॥
Le chasseur dit : « Ce Viṣṇu — Nārāyaṇa, le Seigneur souverain — dont tu as parlé, comment les mortels peuvent-ils l’atteindre ? Tel est l’unique don que je demande. »
Verse 41
ऋषिरुवाच । तमुद्दिश्य व्रतं कुर्याद् यत्किञ्चित्पुरुषोऽच्युतम् । स परं तमवाप्नोति भक्त्या युक्तः पुमानिति ॥ ३७.४१ ॥
Le voyant dit : « En orientant son intention vers Lui — Acyuta, l’Imperissable — l’homme doit accomplir le vœu sacré (vrata) qu’il peut. Uni à la dévotion (bhakti), il atteint l’état suprême. »
Verse 42
एवं ज्ञात्वा भवान् पुत्र व्रतमेतत् समाचर । न भक्षयामि सकटं न वदाम्यनृतं क्वचित् ॥ ३७.४२ ॥
« Ayant compris ainsi, ô mon fils, observe ce vœu. Je ne consomme pas le “sakaṭa” (ce qui est interdit), et je ne profère jamais de mensonge. »
Verse 43
एतत्ते व्रतमादिष्टं मया व्याधवर ध्रुवम् । तत्रैवं तपसा युक्तस्तिष्ठ त्वं यावदिच्छसि ॥ ३७.४३ ॥
Ô le meilleur des chasseurs, je t’ai prescrit fermement cette observance sacrée (vrata). Aussi, demeure en ce lieu, discipliné et pourvu d’austérité (tapas), et reste aussi longtemps que tu le souhaites.
Verse 44
श्रीवराह उवाच । एवं चिन्तान्वितं मत्वा वरदो ब्राह्मणोऽभवत् । मोक्षार्थिनमथो बुद्ध्वा वञ्चयित्वा गतो मुनिः ॥ ३७.४४ ॥
Śrī Varāha dit : Ayant compris qu’il était ainsi absorbé dans une réflexion anxieuse, le brāhmaṇa dispensateur de grâces se manifesta. Puis, le reconnaissant comme un aspirant à la mokṣa (libération), le sage le trompa et s’en alla.
The text frames divine attainment as bhāva-sādhya (dependent on inner disposition) and teaches a threefold regimen of discipline: mānasa virtues (non-violence, truthfulness, non-stealing, celibacy, and moral clarity), kāyika observances (regulated eating and fasting), and vācika restraints (silence, study, praise, and avoidance of slander). The embedded narrative reinforces that even those with severe wrongdoing can be redirected through contact with disciplined persons and through reverent speech centered on Nārāyaṇa’s name.
No explicit tithi, māsa, or ṛtu markers are provided. The observances are described as generalizable disciplines (e.g., ekabhakta, nakta, upavāsa) rather than calendrically fixed rites; the narrative uses non-specific time phrases (e.g., “kasyacit kālasya”) and a situational setting (river bathing/abhiṣeka) rather than a lunar schedule.
Through the Varāha–Pṛthivī pedagogical frame, the chapter links terrestrial well-being to ethical conduct: ahiṃsā and restraint reduce harm to living beings, while speech-ethics (paiśunya-nivṛtti) stabilizes social cohesion that the Earth is implicitly burdened by. The riverbank setting (Devikā taṭa, mahānadī snāna) foregrounds water as a ritual-ecological interface, suggesting that disciplined human behavior—especially non-violence and truthful speech—functions as a moral ecology supporting Pṛthivī’s order.
Aruṇi is identified as a brahmaputra (a ‘son of Brahmā’) in a prior kalpa, functioning as the exemplary sage. A former king named Dīrghabāhu is referenced as a previous birth connected to the curse-and-release sequence, alongside unnamed brāhmaṇas described as vedapāraga (learned in the Vedas). The narrative also includes archetypal social roles—brāhmaṇa, vyādha (hunter), and a royal figure—rather than a detailed dynastic genealogy.
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