
शौच-भोज्याभोज्य-निर्णय तथा गृहस्थ-वानप्रस्थ-धर्म (Śauca–Bhojyābhojya-Nirṇaya tathā Gṛhastha–Vānaprastha-Dharma)
Duties of Householder and Forest-Dweller
Within the Pulastya-led narrative frame, the sages instruct Sukeśin on normative dharma as it pertains to śauca (ritual purity), bhojya/abhojya (permissible and forbidden foods), and the graded obligations of the āśramas. The chapter begins with detailed taxonomies of edible items and the purification of foods, vessels, textiles, and spaces through water, heat, ash, alkali, scraping, and wind—an applied dharmaśāstric register embedded in Purāṇic discourse. It then defines socially and ritually “abhojya” persons through ethical criteria (neglect of rites, hypocrisy, malice, partiality, abandonment of svadharma), thereby linking purity to conduct rather than birth alone. Funeral impurity (aśauca), śrāddha-related procedures (udaka-dāna, asthi-saṃcayana, sapiṇḍīkaraṇa), and time-scales of purification by varṇa are outlined. The chapter closes by praising gṛhasthāśrama as foundational while transitioning to vānaprastha disciplines (austerity, brahmacarya, homa, triṣavana-snāna), emphasizing svadharma as a cosmic stabilizer under the oversight of the Sun (Divākara).
Verse 1
इती श्रीवामनपुराणे त्रयोदशो ऽध्यायः ऋषय ऊचुः अहिंसा सत्यमस्तं दानं क्षान्तिर्दमः शमः अकार्पण्यं च शौचं च तपश्च रजनीचर
Les sages dirent : Non-violence (ahiṃsā), véracité (satya), foi droite (āstikya), don (dāna), patience et pardon (kṣānti), maîtrise de soi (dama), paix de l’esprit (śama), absence d’avarice (akārpaṇya), pureté (śauca) et austérité (tapas) — tels sont les principes du dharma, ô rôdeur nocturne (rākṣasa).
Verse 2
दशाङ्गो राक्षसश्रेष्ठ धर्मो ऽसौ सार्ववर्णिकः ब्राह्मणस्यापि विहिता चातुराश्रम्यकल्पना
Ce dharma aux dix membres, ô le meilleur des rākṣasas, est universel pour toutes les classes (varṇa). L’ordonnance des quatre āśramas est également prescrite, même pour un brāhmaṇa.
Verse 3
सुकेशिरुवाच विप्राणां चातुराश्रम्यं विस्तरान्मे तपोधनाः आचक्षध्वं न मे तृप्तिः शृण्वतः प्रतिपद्यते
Sukeśi dit : Ô sages riches en tapas, exposez-moi en détail le système des quatre āśramas des brāhmaṇas. Tandis que j’écoute, je n’atteins pas la satiété (je désire entendre davantage).
Verse 4
ऋषय ऊचुः कृतोपनयनः सम्यग् ब्रह्मचारी गुरौ वसेत् तत्र धर्मो ऽस्य यस्तं च कथ्यमानं निशामय
Les sages dirent : «Après avoir accompli comme il se doit l’upanayana, l’étudiant, en brahmacārin, doit demeurer convenablement auprès de son guru. Écoute tandis que nous exposons les devoirs qui sont les siens durant ce séjour».
Verse 5
स्वाध्यायो ऽथाग्निशुश्रुषा स्नानं भिक्षाटनं तथा गुरोर्निंवेद्य तच्चाद्यमनुज्ञातेन सर्वदा
«L’étude personnelle (svādhyāya), le service rendu au feu sacré (agni), le bain rituel et la quête d’aumônes—après en avoir fait rapport au guru, il doit toujours ne manger cette nourriture que lorsqu’elle a été permise par le maître».
Verse 6
गुरोः कर्मणि सोद्योगः सम्यक्प्रीत्युपपादनम् तेनाहूतः पठेच्चैव तत्परो नान्यमानसः
«Il doit s’employer avec ardeur aux tâches du guru et procurer comme il convient sa satisfaction. Lorsqu’il est appelé par lui, il doit aussi étudier et réciter, tout entier voué à cela, l’esprit sans autre objet».
Verse 7
एकं द्वौ सकलान् वापि वेदान् प्राप्य सुरोर्मुखात् अनुज्ञातो वरं दत्त्वा गुरवे दक्षिणां ततः
Ayant appris un, deux, voire tous les Veda de la bouche du guru, et ayant obtenu sa permission, il doit alors accorder un don (vara) et, ensuite, offrir au maître la guru-dakṣiṇā, l’honoraire de reconnaissance.
Verse 8
गार्हस्थ्याश्रमकामस्तु गार्हस्थ्याश्रममावसेत् वानप्रस्थाश्रमं वापि चतुर्थं स्वेच्छयात्मनः
S’il désire l’état de maître de maison, qu’il entre dans l’āśrama de gārhasthya ; ou bien qu’il entre dans l’āśrama de vānaprastha, voire dans le quatrième, celui du saṃnyāsa (renoncement), selon son propre choix.
Verse 9
तत्रैव वा गुरोर्गेहे द्विजो निष्ठामवाप्नुयात् गुरोरभावे तत्पुत्रे तच्छिष्ये तत्सुतं विना
Là même, dans la demeure du guru, le dvija (« deux fois né ») doit parvenir à l’achèvement de sa discipline (niṣṭhā). En l’absence du guru, qu’il l’accomplisse sous l’autorité du fils du guru ou du disciple du guru—et non sous celle du fils du disciple.
Verse 10
शुश्रूषन् निरभीमानो ब्रह्मचर्याश्रमं वसेत् एवं जयति मृत्युं स द्विजः शालकटङ्कट
En servant (le maître et les aînés) et sans crainte ni orgueil, qu’il demeure dans l’āśrama du brahmacarya (l’état d’étudiant). Ainsi, ce dvija triomphe de la mort—ô Śālakaṭaṅkaṭa.
Verse 11
उपावृत्तस्ततस्तस्माद् गृहस्थाश्रमकाम्यया असमानर्षिकुलजां कन्यामुद्वहेद् निशाचर
Ensuite, revenu (de l’état d’étudiant) et désirant l’āśrama du maître de maison (gṛhastha), qu’il épouse une jeune fille née d’une lignée de ṛṣi différente de la sienne—ô Niśācara.
Verse 12
स्वकर्मणा धनं लब्ध्वा पितृदेवातिथीनपि सम्यक् संप्रीणयेद् भक्त्या सदाचाररतो द्विजः
Ayant acquis des biens par son propre travail conforme au dharma, le dvija—attaché au sadācāra (bonne conduite)—doit, avec dévotion, satisfaire comme il convient les Ancêtres, les dieux et aussi les hôtes.
Verse 13
सदाचारो निगदितो युष्माभिर्मम सुव्रताः लक्षणं श्रोतुमिच्ःआमि कथयध्वं तमद्य मे
«Ô vous aux vœux excellents, vous m’avez exposé le sadācāra (la juste conduite). Je souhaite en entendre les caractères définitoires ; dites-les-moi aujourd’hui.»
Verse 14
ऋषय ऊचुः सदाचारो निगदितस्तव यो ऽस्माभिरादरात् लक्षणं तस्य वक्ष्यामस्तच्छृणुष्व निशाचर
Les sages dirent : «La bonne conduite que nous t’avons exposée avec respect—nous en énoncerons maintenant les caractéristiques distinctives. Écoute, ô rôdeur de la nuit (niśācara).»
Verse 15
गृहस्थेन सदा कार्यमाचारपरिपालनम् न ह्याचारविहिनस्य भद्रमत्र परत्र च
«Le maître de maison (gṛhastha) doit toujours préserver et observer la bonne conduite; car pour celui qui en est dépourvu, il n’y a de bien ni ici-bas ni dans l’au-delà.»
Verse 16
यज्ञदानतपांसीह पुरुषस्य न भूतये भवन्ति यः समुल्लङ्घ्य सदाचारं प्रवर्तते
En ce monde, les sacrifices (yajña), les dons (dāna) et les austérités (tapas) ne mènent pas à la véritable prospérité de celui qui, ayant franchi et violé la bonne conduite, agit autrement.
Verse 17
हुराचारो हि पुरुषो नेह नामुत्र नन्दते कार्यो यत्नः सदाचारे आचारो हन्त्यलक्षणम्
En vérité, l’homme de mauvaise conduite ne se réjouit ni ici ni dans l’au-delà. Il faut donc s’efforcer vers la bonne conduite; la conduite détruit l’inauspice et les mauvais signes.
Verse 18
तस्य स्वरूपं वक्ष्यामः सदाचारस्य राक्षस शृणुष्वैकमनास्तच्च यदि श्रेयो ऽभिवाञ्छसि
Je déclarerai la véritable nature de cette bonne conduite, ô Rākṣasa. Écoute-la d’un esprit unifié, si tu désires le bien suprême.
Verse 19
धर्मो ऽस्य मूलं धनमस्य शाखा पुष्पं च कामः फलमस्य मोक्षः असौ सदाचारतरुः सुकेशिन् संसेवितो येन स पुण्यभोक्त
Le dharma en est la racine ; la richesse (artha) en est la branche ; le désir (kāma) en est la fleur ; la délivrance (mokṣa) en est le fruit. Ô Sukeśin, tel est l’arbre de la bonne conduite ; quiconque le cultive et le sert devient jouisseur du mérite, récoltant des effets propices.
Verse 20
ब्रह्मो मुहूर्ते प्रथमं विबुध्येदनुस्मरेद् देववरान् महर्षीन् प्राभातिकं मङ्गलमेव वाच्यं यदुक्तवान् देवपतिस्त्रिनेत्रः
Au brahma-muhūrta, qu’on s’éveille d’abord et qu’on se souvienne des dieux les plus éminents et des grands ṛṣi. Le matin, on ne doit prononcer que des paroles de bon augure : telle est la déclaration du Seigneur aux trois yeux, maître des dieux.
Verse 21
सुकेशिरुवाच किं तदुक्तं सुप्रभातं शङ्करेण महात्मना प्रभाते यत् पठन् मर्त्यो मुच्यते पापबन्धनात्
Sukeśin dit : « Quel est ce “suprabhāta” prononcé par le magnanime Śaṅkara, dont la récitation à l’aube délivre le mortel des liens du péché ? »
Verse 22
ऋषय ऊचुः श्रूयतां राक्षसश्रेष्ठ सुप्रभातं हरोदितम् श्रुत्वा स्मृत्वा पठित्वा च सर्वपापैः प्रमुच्यते
Les sages dirent : « Ô le meilleur des Rākṣasa, écoute le “Suprabhāta” prononcé par Hara (Śiva). En l’entendant, en s’en souvenant et en le récitant, on est délivré de tous les péchés. »
Verse 23
ब्रह्म मुरारिस्त्रिपुरान्तकारी भानुः शशी भूमिसुतो बुधश्च गुरुश्च शुक्रः सह भानुजेन कुर्वन्तु सर्वे मम सुप्रभातम्
Que Brahmā, Murāri (Viṣṇu), le destructeur de Tripura (Śiva), le Soleil, la Lune, le fils de la Terre (Maṅgala/Mars), Budha (Mercure), Guru (Jupiter) et Śukra (Vénus), avec Bhānuja (Saturne), tous rendent mon matin propice et béni.
Verse 24
भृगुर्वसिष्ठः क्रतुरङ्गिराश्च मनुः पुलस्त्यः पुलहः सगौतमः रैभ्यो मरीचिश्च्यवनो ऋभुश्च कुर्वन्तु सर्वे मम सुप्रभातम्
Que Bhṛgu, Vasiṣṭha, Kratu, Aṅgiras, Manu, Pulastya, Pulaha avec Gautama, Raibhya, Marīci, Cyavana et Ṛbhu—que tous rendent mon matin propice et béni.
Verse 25
सनत्कुमारः सनकः सनन्दनः सनातनो ऽप्यासुरिपिङ्गलौ च सप्त स्वराः सप्त रसातलाश्च कुर्वन्तु सर्वे मम सुप्रभातम्
Que Sanatkumāra, Sanaka, Sanandana et Sanātana—ainsi qu’Asuri et Piṅgala—avec les sept notes (svara) et les sept Rasātala (régions infernales), tous m’accordent un matin propice.
Verse 26
पृथ्वी सगन्धा सरसास्तथाऽपः स्पर्शश्च वायुर्ज्वलनः सतेजाः नभः सशब्दं महता सहैव यच्छन्तु सर्वे मम सुप्रभातम्
Que la terre avec son parfum et les eaux avec leur saveur; que le toucher et le vent; que le feu avec sa splendeur; et que l’espace avec le son—avec Mahat (le grand principe)—tous m’accordent un matin propice.
Verse 27
सप्तार्णवाः सप्त कुलाचलाश्च सप्तर्षयो द्वीपवराश्च सप्त भूरादि कृत्वा भुवनानि सप्त ददन्तु सर्वे मम सुप्रभातम्
Que les sept océans, les sept montagnes principales, les sept sages et les sept continents excellents—formant les sept mondes à partir de Bhū—tous m’accordent un matin propice.
Verse 28
इत्थं प्रभाते परमं पवित्रं पठेत् स्मरेद्वा शृमुयाच्च भक्त्या दुःस्वप्ननाशो ऽनघ सुप्रभातं भवेच्च सत्यं भगवत्प्रसादात्
Ainsi, à l’aube, qu’on récite, qu’on se remémore ou qu’on écoute avec dévotion cet enseignement souverainement purificateur. Ô irréprochable, les mauvais rêves sont détruits, et, par la grâce du Seigneur, advient en vérité un matin propice.
Verse 29
ततः समुत्थाय विचिन्तयेन धर्मं तथार्थं च विहाय शय्याम् उत्थाय पश्चाद्धरिरित्युदीर्य गच्छेत् तदोत्सर्गविधिं हि कर्तुम्
Ensuite, s’étant levé, on doit méditer sur le dharma et l’artha, en quittant la couche. Après s’être relevé, en prononçant « Hari », on doit aller accomplir la procédure prescrite de l’utsarga (se soulager).
Verse 30
न देवगोब्राह्मणवह्निमार्गे न राजमार्गे न चतुष्पथे च कुर्यादथोत्सर्गमपीह गोष्ठे पूर्वापरां चैव समाश्रितो गाम्
On ne doit pas accomplir l’utsarga sur une voie liée à une divinité, aux vaches, aux brāhmaṇa ou au feu; ni sur la route royale; ni à un carrefour. Même dans une étable, on doit le faire en se plaçant correctement selon l’axe est–ouest, conformément à la règle.
Verse 31
ततस्तु शौचार्थमुपाहरेन्मृदं गुदे त्रयं पाणितले च सप्त तथोभयोः पञ्च चतुस्तथैकां लिङ्गे तथैकां मृदमाहरेत
Ensuite, pour la purification, on doit prendre de la terre (argile) : trois applications pour l’anus, sept pour la paume, cinq pour les deux mains, quatre, et de même une pour le liṅga (organe génital) ; puis encore une application de terre doit être prise.
Verse 32
नान्तर्जलाद्राक्षस मूषिकस्थलात् शौचावशिष्टा शरणात् तथान्या वल्मीकमृच्चैव हि शौचनाय ग्राह्य सदाचारविदा नरेण
On ne doit pas prendre la terre de purification dans l’eau, ni dans des lieux hantés par des rākṣasa, ni dans des trous ou terrains de rats, ni dans les restes laissés après la toilette d’autrui, ni dans des abris, ni dans d’autres lieux semblables. En revanche, la terre d’une termitière (valmīka-mṛt) doit être prise pour la purification par l’homme qui connaît la bonne conduite.
Verse 33
उदङ्मुखः प्राङ्मुखो वापि विद्वान् प्रक्षाल्य पादौ भुवि संनिविष्टः समाचमेदद्भिरफेनिलाभिरादौ परिमृज्य मुखं द्विरद्भिः
Tourné vers le nord ou vers l’est, le savant, après s’être lavé les pieds et s’être assis à même le sol, doit accomplir l’ācamana avec une eau sans écume ; d’abord en s’essuyant le visage, puis (en buvant rituellement) l’eau deux fois.
Verse 34
ततः स्पृशेत्खानि शिरः करेण संध्यामुपासीत ततः क्रमेण केशांस्तु संशोध्य च दन्तधावनं कृत्वा तथा दर्पणदर्शनं च
Ensuite, l’on doit toucher de la main les orifices du corps et la tête; puis accomplir, selon l’ordre prescrit, le culte de Sandhyā. Après quoi, ayant purifié les cheveux, l’on doit nettoyer/brosser les dents et aussi se regarder dans un miroir.
Verse 35
कृत्वा शिरःस्नानमथाङिड्कं वा संपूज्य तोयेन पितॄन् सदेवान् होमं च कृत्वालभनं शुभानां कृत्वा बहिर्निर्गमनं प्रशस्तम्
Après avoir accompli le bain de la tête (ou le bain du corps selon le rite), et après avoir honoré dûment par l’eau les Pitṛs avec les Devas, puis avoir exécuté le homa et appliqué des onguents auspices, il est tenu pour louable de sortir de la maison (c’est-à-dire de ne partir qu’après ces actes).
Verse 36
दूर्वादधिसर्पिरथोदकुम्भं धेनुं सवत्सां वृषभं सुवर्णम् मृद्गोमयं स्वस्तिकमक्षतानि लाजामधु ब्राह्मणकन्यकां च
L’herbe Dūrvā, le caillé, le ghee, une jarre d’eau; une vache avec son veau, un taureau et de l’or; de l’argile et de la bouse de vache, le signe du svastika, des grains intacts (akṣata), des grains grillés (lājā) et du miel—ainsi qu’une jeune fille brahmane (à honorer/engager selon le rite): tels sont les objets rituels dits de bon augure.
Verse 37
श्वेतानि पुष्पाण्यथ शोभनानि हुताशनं चन्दमर्कबिम्बम् अश्वत्थवृक्षं च समालभेत ततस्तु कुर्यान्निजजातिधर्मम्
Qu’on prenne pour supports de bon augure des fleurs blanches et belles, le feu sacré, la lune et l’orbe du soleil; et qu’on touche/s’approche aussi de l’aśvattha, le figuier sacré. Ensuite, qu’on accomplisse les devoirs conformes à sa jāti et à sa condition.
Verse 38
देशानुशिष्टं कुल धर्ममग्र्यं स्वगोत्रधर्मं न हि संत्यजेत् तेनार्थसिद्धिं समुपाचरेत नासत्प्रलापं न च सत्यहीनम्
On ne doit pas abandonner le dharma éminent de la lignée tel qu’il est enseigné par le pays (la tradition locale), ni le dharma de son propre gotra. En s’y conformant, on obtient la réussite des buts. Qu’on ne se livre ni à un bavardage mensonger ou inconvenant, ni à une parole dépourvue de vérité.
Verse 39
न निष्ठुरं नागमशास्त्रहीनं वाक्यं वदेत्साधुजनेन येन निन्द्यो भवेन्नैव च धर्मःएदी संगं न चासत्सु नरेषु कुर्यात्
L’homme de bien ne doit pas proférer de paroles dures, ni de paroles dépourvues d’āgama et de śāstra (enseignement faisant autorité), par lesquelles il deviendrait blâmable parmi les vertueux. Qu’il ne soit pas non plus un dénigreur du dharma, et qu’il ne tienne pas compagnie aux hommes mauvais.
Verse 40
संध्यासु वर्ज्यं सुरतं दिवा च सर्वासु योनीषु पराबलासु आगारशून्येषु महीतलेषु रजस्वलास्वेव जलेषु वीर
Ô héros, l’union sexuelle doit être évitée aux sandhyā (jonctions crépusculaires) et aussi durant le jour; de même avec les femmes placées sous la dépendance d’autrui (protégées ou sous une autre autorité). Elle doit encore être évitée dans les maisons vides, sur la terre nue, avec une femme menstruée, et dans l’eau.
Verse 41
वृथाटनं था दानं वृथा च पशुमारणम् न कर्त्तव्यं गृहस्थेन वृता दारपरिग्रहम्
Le maître de maison ne doit pas errer sans but, ni faire des dons vains, ni tuer des animaux sans raison. Il ne doit pas non plus prendre épouse (entrer dans la vie domestique) avec légèreté et sans discernement.
Verse 42
वृथाटनान्नित्यहानिर्वृथादानाद्धनक्षयः वृथा पशुघ्नः प्राप्नोति पातकं नरकप्रदम्
De l’errance sans but vient une perte quotidienne (du temps et du devoir) ; du don vain, la diminution des biens. Celui qui tue des animaux sans raison encourt un péché qui mène à l’enfer.
Verse 43
संतत्या हानिरश्लाघया वर्णसंकरतो भयम् भेतव्यं च भवेल्लोके वृथादारपरिग्रहात्
D’une prise d’épouse vaine ou inappropriée résultent la perte de descendance, le déshonneur et la crainte du mélange des ordres sociaux (varṇa-saṅkara). C’est pourquoi, dans le monde, il faut redouter et éviter une telle conduite.
Verse 44
परस्वे परदारे च न कार्या बुद्धिरुत्तमैः परस्वं नरकायैव परदाराश्च मृत्यवे
Les meilleurs des hommes ne doivent pas porter leur esprit sur le bien d’autrui ni sur l’épouse d’autrui ; le bien d’autrui mène à l’enfer, et l’épouse d’autrui mène à la mort.
Verse 45
नेक्षेत् परस्त्रियं नग्नां न संभाषेन तस्करान् उद्क्यादर्शनं स्पर्शं संभाषं च विवर्जयेत्
On ne doit pas regarder l’épouse d’autrui lorsqu’elle est dévêtue ; ni converser avec des voleurs. Il faut éviter de voir, de toucher et de parler à une femme en période menstruelle (udakyā).
Verse 46
नैकासने तथा स्थेयं सोदर्या परजायया तथैव स्यान्न मातुश्च तथा स्वदुहितुस्त्वपि
On ne doit pas s’asseoir sur le même siège avec sa propre sœur ni avec l’épouse d’un autre homme. De même, on ne doit pas le faire avec sa mère, ni avec sa propre fille.
Verse 47
न च स्नायीत वै नग्नो न शयीत कदाचन दिग्वाससो ऽपि न तथा परिभ्रमणमिष्यते/ भिन्नासनभाजनादीन् दूरतः परिवर्जयेत्
On ne doit pas se baigner nu, ni jamais dormir nu. Même vêtu seulement des « directions » (c’est-à-dire très peu vêtu), il n’est pas approuvé d’errer ainsi. Il faut éviter de loin les sièges, récipients et autres objets semblables, séparés ou souillés.
Verse 48
नन्दासु नाभ्यङ्गमुपाचरेत क्षौरं च रिक्तासु जयासु मांसम् पूर्णासु योषित्परिवर्जयेत भद्रासु सर्वाणि समाचरेत
Aux tithis Nandā, on ne doit pas pratiquer le massage à l’huile. Aux tithis Riktā, il faut éviter le rasage. Aux tithis Jayā, il faut éviter la viande. Aux tithis Pūrṇā, on doit s’abstenir des femmes (plaisir sexuel). Aux tithis Bhadrā, on peut entreprendre toutes ces activités.
Verse 49
नाभ्यङ्गमर्के न च भूमिपुत्रे क्षौरं च शुक्रे रविजे च मांसम् बुधेषु योषिन्न समाचरेत शेषेषु सर्वाणि सदैव कुर्यात्
On ne doit pas pratiquer l’onction et le massage d’huile le dimanche (jour du Soleil) ni le mardi (jour de Mars). Le rasage ne doit pas être fait le vendredi (jour de Vénus). On ne doit pas manger de viande le dimanche. Le mercredi (jour de Mercure), on ne doit pas s’approcher des femmes (pour l’union sexuelle). Les autres jours, toutes ces actions peuvent être accomplies.
Verse 50
चित्रासु हस्ते श्रवणे च तैलं क्षौरं विशाखास्वभिजित्सुवर्ज्यम् मूले मृगे भाग्रपदासु मांसं योषिन्मघाकृत्तिकयोत्तरासु
Sous les nakṣatras Citrā, Hasta et Śravaṇa, il faut éviter l’onction d’huile. Sous Viśākhā et Abhijit, il faut éviter le rasage. Sous Mūla, Mṛgaśīrṣa et les deux Bhādrapadās, il faut éviter la viande. Sous Maghā, Kṛttikā et les Uttarās, il faut éviter de s’approcher des femmes.
Verse 51
सदैव जर्ज्यं शयनमुदक्शिरास् तथा प्रतीच्यां रजनीचरेश भुञ्जीत नैवेह च दक्षिणामुखो न च प्रतीच्यामभिभोजनीयम्
Il faut toujours éviter de dormir la tête tournée vers le nord; de même, dormir la tête tournée vers l’ouest, ô seigneur des errants nocturnes. On ne doit pas manger en faisant face au sud, et manger en faisant face à l’ouest ne doit pas non plus se faire.
Verse 53
देवालयं चैत्यतरुं चतुष्पथं विद्याधिकं चापि गुरुं प्रदक्षिणम् माल्यान्नपानं वसनानि यत्नतो नान्यैर्धृतांश्चापि हि धारयेद् बुधः // वम्प्_14.52 स्नायाच्छिरःस्नानतया च नित्यं न कारणं चैव विना निशासु ग्रहोपरागे स्वजनापयाते मुक्त्वा च जन्मर्क्षगते शशङ्के
Le sage doit accomplir la pradakṣiṇā (circumambulation respectueuse) autour d’un temple, d’un arbre sacré (caitya-taru), d’un carrefour, de celui qui le surpasse en savoir, et aussi de son maître. Avec soin, il ne doit pas porter de guirlandes, ni des restes de nourriture ou de boisson, ni des vêtements déjà utilisés par autrui. Il doit se laver la tête chaque jour, et ne doit pas se baigner la nuit sans raison valable—sauf lors d’une éclipse, en temps de décès familial/période de deuil, et lorsque la lune se trouve dans l’astre natal (janma-nakṣatra).
Verse 54
नाभ्यङ्गितं कायमुपस्पृशेच्च स्नातो न केशान् विधुनीत चापि गात्राणि चैवाम्बरपाणिना च स्नातो विमृज्याद् रजनीचरेश
Après le bain, on ne doit pas toucher le corps qui a été oint d’huile (abhyaṅga), ni secouer les cheveux. S’étant baigné, on doit essuyer ses membres avec le bord de son vêtement (ou le tissu tenu en main), ô seigneur des errants nocturnes.
Verse 55
वसेच्च देशेषु सुराजकेषु सुसंहितेष्वेव जनेषु नित्यम् अक्रोधना न्यायपरा अमत्सराः कृषीवला ह्योषधयश्च यत्र
Il convient de demeurer en des contrées au bon gouvernement, toujours parmi des gens bien ordonnés—là où les habitants sont exempts de colère, voués à la justice, sans envie, et où se trouvent des cultivateurs ainsi que des plantes médicinales.
Verse 56
न तेषु देशेषु वसेत बुद्धिमान् सदा नृपो दण्डरुचिस्त्वशक्तः जनो ऽपि नित्योत्सवबद्धवैरः सदा जिगीषुश्च निशाचरेन्द्र
Ô seigneur des rôdeurs nocturnes (Niśācara-indra), l’homme sage ne doit pas demeurer dans les pays où le roi, toujours épris de châtiment, est pourtant incapable de bien gouverner; ni là où le peuple, à cause de fêtes incessantes, demeure lié à des inimitiés et se montre sans cesse avide de conquête.
Alongside technical purification methods (water, heat, ash, alkali, scraping), the chapter defines ‘abhojya’ persons through conduct—neglect of daily rites, hypocrisy in tapas/japa, malicious speech, partisan judgment, and abandonment of svadharma—showing that impurity is also a moral-ritual condition, not merely physical contact.
While no named Kurukṣetra/Sarasvatī-site is specified here, the chapter gives tirtha-adjacent bathing protocol: one should bathe in devakhātas (sacred reservoirs) and in saras/hṛdas and rivers, with cautions about bathing in another’s water and about maintaining cleanliness around dwellings—practical guidance consistent with Purāṇic topographical sanctification.
It prescribes udaka-dāna for the preta, cremation outside by gotra-kin, asthi-saṃcayana on the 3rd/4th/7th day, and subsequent rites by purified sapiṇḍas; it also mentions ekoddiṣṭa and sapiṇḍīkaraṇa within the annual cycle. Aśauca durations are given by varṇa: one day-night for brāhmaṇas, three days for kṣatriyas, six nights for vaiśyas, and twelve days for śūdras.