
कात्यायनी-प्रादुर्भावः तथा विन्ध्य-निम्नीकरणम् (Kātyāyanī-Prādurbhāvaḥ tathā Vindhya-Nimnīkaraṇam)
Humbling of the Vindhya by Agastya
Within the Pulastya–Nārada dialogue-frame, this adhyāya narrates a crisis of divine sovereignty and its resolution through syncretic theology. Defeated by Mahiṣāsura, the devas approach Viṣṇu (Śrīpati, Cakradhara) and Śaṅkara together, signaling a deliberate Hari–Hara concord rather than sectarian rivalry. Their combined wrath and consent generate a single, mountain-like tejas that is ritually received in the āśrama of the sage Kātyāyana, from which Kātyāyanī—yogaviśuddha-dehā—manifests. The text offers iconographic construction by distributing bodily features and weapons across multiple deities, presenting the Goddess as a composite condensation of divine powers. The narrative then pivots to topographical sanctification: the Vindhya’s obstruction of the Sun is corrected by Agastya’s vow, permanently lowering the mountain’s peak. Kātyāyanī/Durgā is installed upon Vindhya’s summit for dānava-nāśana, while devas, siddhas, and vidyādharas assemble in celebratory devotion.
Verse 2
इति श्रीवामनपुराणे अष्टादशो ऽध्यायः पुलस्त्य उवाच ततस्तु देवा महिषेम निर्जिताः स्थानानि संत्यज्य सवाहनायुधाः जग्मुः पुरस्कृत्य रिचामहं ते द्रष्टुं तदा चक्रधरं श्रियः पतिम् // वम्प्_19.1 गत्वा त्वपश्यंश्च मिथः सुरोत्तमौ स्थितौ खगेन्द्रासनशङ्करौ हि दृष्टावा प्रणम्यैव च सिद्दिसाधकौ न्यवेदयंस्तन्महिषादिचेष्टितम्
Pulastya dit : Alors les Deva, vaincus par Mahīṣa (et ses troupes), abandonnèrent leurs postes—avec leurs montures et leurs armes—et partirent, plaçant à leur tête Ṛcāmaha (Brahmā), afin de voir le Porteur du disque, le Seigneur de Śrī (Viṣṇu). Une fois arrivés, ils virent les deux meilleurs des dieux se tenant ensemble : Śaṅkara et Celui qui siège sur le roi des oiseaux (Viṣṇu sur Garuḍa). Les ayant vus, les êtres accomplis se prosternèrent et rapportèrent les actes de Mahīṣa et des autres.
Verse 3
प्रभो ऽश्विसूर्येन्द्वनिलाग्निवेधसां जलेशशक्रादिषु चाधिकारान् आक्रम्य नाकात्तु निराकृता वयं कृतावनिस्था महिषासुरेण
Ô Seigneur ! Après s’être emparé des charges et des pouvoirs des Aśvin, du Soleil, de la Lune, de Vāyu, d’Agni, du Créateur (Brahmā), de Varuṇa, d’Indra et des autres, Mahīṣāsura nous a chassés du ciel ; nous avons été précipités et contraints d’habiter la terre.
Verse 4
एतद् भवन्तौ शरणागतानां श्रुत्वा वचो ब्रूत हितं सुराणाम् न चेद् व्रजामो ऽद्य रसातलं हि संकाल्यमाना युधि दानवेन
C’est pourquoi, vous deux, après avoir entendu les paroles de nous qui avons cherché refuge, dites ce qui est salutaire pour les dieux ; sinon, dès aujourd’hui nous descendrons à Rasātala, écrasés au combat par le Dānava.
Verse 5
इत्थं मुरारिः सह शङ्करेण श्रुत्वा वचो विप्लुतचेतसस्तान् दृष्ट्वाथ चक्रे सहसैव कोपं कालाग्निकल्पो हरिरव्ययात्मा
Ainsi, Murāri (Viṣṇu), avec Śaṅkara, ayant entendu les paroles de ces devas au cœur bouleversé et les ayant vus, s’emporta soudain—Hari, d’essence impérissable, tel le feu du Temps à la fin (kālāgni).
Verse 6
ततो ऽनुकोपान्मधुसूदनस्य सशङ्करस्यापि पितामहस्य तथैव शक्रादिषु दैवतेषु महर्द्धि तेजो वदनाद् विनिःसुतम्
Alors, de la résolution bienveillante de Madhusūdana (Viṣṇu), ainsi que de Śaṅkara et de Pitāmaha (Brahmā), et de même parmi les divinités menées par Śakra (Indra), jaillit de leurs bouches une radiance d’une puissance souveraine.
Verse 7
तच्चैकतां पर्वतकूटसन्निभं जगाम तेजः प्रवराश्रम् मुने कात्यायनस्याप्रतिमस्य तेन महर्षिणा तेज उपाकृतं च
Cette radiance s’unit en une seule masse concentrée, semblable à un sommet de montagne, et vint à toi, ô sage à l’ermitage éminent. Alors l’incomparable Kātyāyana, grand ṛṣi, la reçut et la recueillit.
Verse 8
तेनार्षिसृष्टेन च तेज-सा वृतं ज्वलत्प्रकाशार्कसहस्रतुल्यम् तस्माच्च जाता तरलायताक्षी कात्यायनी योगविशुद्धदेहा
Enveloppée par cette radiance façonnée par le voyant, flamboyante comme la lumière de mille soleils, de celle-ci naquit Kātyāyanī—aux yeux vastes et lumineux—dont le corps était purifié par le yoga.
Verse 9
माहेश्वराद् वक्त्रमथो बभूव नेत्रत्रयं पावकतेजसा च याम्येन केशा हरितेजसा च भुजास्तथाष्टादश संप्जज्ञिरे
De la puissance de Maheśvara naquit le visage; et les trois yeux, de la radiance du feu (Agni). De la puissance de Yama naquirent les cheveux; et de l’éclat de Hari furent produits les dix-huit bras.
Verse 10
सौम्येन युग्मं स्तनयोः सुसंहतं मध्यं तथैन्द्रेण च तेजसाभवत् ऊरब चजङ्घे च नितम्बसंयुते जाते जलेशस्य तु तेजसा हि
Par la puissance de Saumya (Soma) apparut la paire de seins, bien formée et ferme ; la taille (le milieu) naquit de la splendeur d’Indra. Les cuisses et les jambes, avec les hanches, furent engendrées, en vérité, par l’énergie du Seigneur des Eaux.
Verse 11
पादो च लोकप्रपितामहस्य पद्माभिकोशप्रतिमौ बभूवतुः दिवाकराणमपि तेजसाङ्गुलीः कराङ्गुलीश्च वसुतेजसैव
Et les pieds, appartenant au grand aïeul des mondes, devinrent semblables à des boutons de lotus. Par l’éclat des dieux solaires naquirent les orteils ; et les doigts des mains, de même, procédèrent de la radiance des Vasus.
Verse 13
प्रजापतीनां दशनाश्च तेजसा याक्षेण नासा श्रवणौ च मारुतात् साध्येन च भ्रयुगलं सुकान्तिमत् कन्दर्पबाणासनसन्निभं बभौ // वम्प्_19.12 तर्थार्षितेजोत्तममुत्तमं महन्नाम्ना पृथिव्यामभवत् प्रसिद्धम् कात्यायनीत्येव तदा बभौ सा नाम्ना च तेनैव जगत्प्रसिद्धा
Par la radiance des Prajāpatis naquirent ses dents ; par celle du Yakṣa, son nez ; et par celle de Māruta, ses oreilles. Par l’éclat des Sādhyas apparut sa paire de sourcils, belle et lumineuse, semblable à l’arc et au siège de la flèche de Kāma (d’une courbe exquise). Cette splendeur suprême et immense devint renommée sur la terre sous un nom éminent ; alors elle brilla comme « Kātyāyanī », et par ce nom même elle fut célèbre dans le monde.
Verse 14
ददौ त्रिशूलं वरदस्त्रिशूली चक्रं मुरारिर्वरुणश्च शङ्खम् शक्तिं हुताशः श्वसनश्च चापं तूणौ तथाक्ष्य्यशरौ विवस्वान्
Le porteur du trident (Śiva), dispensateur de grâces, donna un trident ; Murāri (Viṣṇu) donna le disque ; et Varuṇa donna la conque. Le dieu du Feu donna la śakti (lance) ; le dieu du Vent donna l’arc ; et Vivasvān (le Soleil) donna des carquois et des flèches impérissables.
Verse 15
वज्रं तथेन्द्रः सह घण्टया च यमो ऽथ दण्डं धनदो गदां च ब्रह्मऽक्षमालां सकमण्डलुं च कालो ऽसिमुग्रं सह चर्मणा च
Indra donna le vajra (foudre), avec une cloche ; Yama donna ensuite le bâton (daṇḍa) ; Dhanada (Kubera) donna la massue (gadā). Brahmā donna un rosaire (akṣamālā) avec le pot à eau (kamaṇḍalu) ; et Kāla donna une épée farouche avec un bouclier ou une garde de cuir.
Verse 16
हारं च सोमः सह चामरेण मालं समुद्रो हिमवान् मृगेन्द्रम् चूडामणिं कुण्डलमर्द्धचन्द्रं प्रादात् कुठारं वसुशिल्पकर्त्ता
Soma offrit un collier avec un éventail en queue de yak ; l’Océan offrit une guirlande ; Himavān offrit un lion. D’autres donnèrent le joyau de la huppe, une boucle d’oreille et l’ornement du demi-croissant. Et l’artisan divin des Vasus présenta une hache.
Verse 17
गन्धर्वराजो रजतानुलिप्तं पानस्य पूर्णं सदृशं च भाजनम् भुजङ्गहारं भुजगेश्वरो ऽपि अम्लानपुष्पामृतवः स्रजं च
Le roi des Gandharvas donna un vase propre à la boisson, enduit d’argent et rempli. Et le seigneur des serpents donna aussi un collier de serpents, ainsi qu’une guirlande provenant de l’arbre porteur d’ambroisie, faite de fleurs qui ne se fanent pas.
Verse 18
तदातितुष्टा सुरस्त्तमानां अट्टाट्टहासं मुमुचे त्रिनेत्रा तां तुष्टुवुर्देववराः सहेन्द्राः सविष्णुरुद्रेन्द्वनिलाग्निभास्कराः
Alors, le Trois-Yeux, grandement satisfait de ces meilleurs des dieux, laissa éclater un rire retentissant. Les dieux les plus éminents le louèrent—avec Indra—ainsi que Viṣṇu, Rudra, la Lune, le Vent, le Feu et le Soleil.
Verse 19
नमो ऽस्तु दैव्यै सुरपूजितायै या संस्थिता योगविशुद्धदेहा निद्रास्वरूपेण महीं वितत्य तृष्णा त्रपा क्षुद् भयदाथ कान्तिः
Hommage à la Déesse divine, adorée des dieux, établie dans un corps purifié par le yoga. Se déployant sur la terre sous la forme du Sommeil (Nidrā), elle est aussi soif, pudeur, faim, crainte et éclat.
Verse 20
श्रद्धा स्मृतिः पुष्टिरथो क्षमा च छाया च शक्तिः कमलालया च वृत्तिर्दया भ्रान्ति रथेह माया नमो ऽस्तु दैव्यै भवरूपिकायै
Elle est la foi (Śraddhā), la mémoire (Smṛti), la vigueur nourricière (Puṣṭi) et aussi la patience (Kṣamā). Elle est l’ombre (Chāyā), la puissance (Śakti) et la demeure de Lakṣmī (Kamalālayā). Elle est la conduite/occupation (Vṛtti), la compassion (Dayā) et l’égarement (Bhrānti) ; en vérité, ici elle est Māyā. Hommage à la Déesse divine dont la forme est Bhava, le devenir/l’existence.
Verse 21
ततः स्तुताः देववरैर्मृगेन्द्रमारुह्य देवी प्रगतावनीध्रम् विन्ध्यं महापर्वतमुच्चशृङ्गं चकार यं निम्नतरं त्वगस्त्यः
Alors, louée par les plus éminents des dieux, la Déesse monta le seigneur des bêtes (un lion) et se rendit sur la terre porteuse de montagnes. Elle gagna le Vindhya, grande montagne aux sommets élevés—ce Vindhya qu’Agastya avait abaissé.
Verse 22
नारद उवाच किर्मथमद्रिं भगवानगस्त्यस्तं निम्नशृङ्गं कृतवान् महर्षिः कस्मै कृते केन च कारणेन एतद् वदस्वामलसत्त्ववृत्ते
Nārada dit : «Comment le bienheureux sage Agastya a-t-il rendu le mont Kirmatha (c’est-à-dire le Vindhya) aux crêtes abaissées ? Pour qui, et pour quelle raison, a-t-il agi ainsi ? Dis-le-moi, ô toi dont la conduite est d’une bonté sans tache.»
Verse 23
पुलस्त्य उवाच पुरा हि विन्ध्येन दिवाकरस्य गतिर्निरुद्धा गगनेचरस्य रविस्ततः कुमभभवं समेत्य होमावसाने वचनं बभाषे
Pulastya dit : «Autrefois, le Vindhya entrava la course du Soleil, voyageur du ciel. Alors le Soleil, s’approchant de Kumbhabhava (Agastya), lui adressa des paroles à la fin de l’offrande au feu (homa).»
Verse 24
समागतो ऽहं द्विज दूरतस्त्वां कुरुष्व मामुद्धरणं मुनीन्द्र ददस्व दानं मम यन्मनीषिनं चरामि येन त्रिदिवेषु निर्वृतः
(Le Soleil dit :) «Ô deux-fois-né, je suis venu à toi de loin. Ô seigneur des sages, accorde-moi délivrance (soulagement). Donne-moi ce “don” — mon dessein avisé — afin que je puisse poursuivre ma course et demeurer en paix parmi les dieux dans les trois cieux.»
Verse 28
इत्थं दिवाकरवचो गुणसंप्रयोगि श्रुत्वा तदा कलशजो वचनं बभाषे दानं ददामि तव यन्मनसस्त्वभीष्टं नार्थि प्रयाति विमुखो मम कश्चिदेव // वम्प्_19.25 श्रुत्वा वचो ऽमृतमयं कलशोद्भवस्य प्राह प्रभुः करतले विनिधाय मूर्ध्नि एषो ऽद्य मे गिरिवरः प्ररुणाद्धि मार्गं विन्ध्यस्य निम्नकरणे भगवन् यतस्व वम्प्_19.26 इति रविवचनादथाह कुम्भजन्मा कुतमिति विद्धि मया हि नीचशृङ्गम् तव किरणजितो भविष्यते महीध्रो मम चरणसम्श्रितस्य का व्यथा ते // वम्प्_19.27 इत्येवमुक्त्वा कलशोद्भावस्तु सूर्यं हि संस्तूय विनम्य भक्त्या जगाम संत्यज्य हि दण्डकं हि विन्ध्याचलं वृद्ध्वपुर्महर्षिः
Ayant ainsi entendu les paroles du Soleil, Agastya, né de la jarre et pourvu de vertu, déclara : «Je t’accorde le don que ton esprit désire ; nul suppliant ne s’éloigne jamais de moi déçu.»
Verse 30
गत्वा वचः प्राह मुनिर्महीध्रं यास्ये महातीर्थवरं सुपुण्यम् वृद्धोस्मयशक्तश्च तवाधिरोढुं तस्माद् भवान् नीचतरो ऽस्तु सद्यः // वम्प्_19.29 इत्येवमुक्तो मुनिस्त्तमेन स नीचशृङ्गस्त्वभवन्महीध्रः समाक्रमच्चापि महर्षिमुक्यः प्रोल्लङ्घ्य विन्ध्यं त्विदमाह शैलम्
S’étant approché, le sage dit à la montagne : «Je vais vers un grand tīrtha, le plus excellent et d’une sainteté suprême. Je suis vieux et sans force pour te gravir ; c’est pourquoi, abaisse-toi sur-le-champ.»
Verse 31
यावन्न भूयो निजमाव्रजामि महाश्रमं धौतवपुः सुतीर्थात् त्वया न तावत्त्विह वर्धितव्यं नो चेद् विशप्स्ये ऽहमवज्ञया ते
Jusqu’à ce que je revienne à mon grand ermitage, après avoir purifié mon corps au tīrtha sacré, tu ne devras pas croître en ce lieu. Sinon, si tu méprises ma parole, je te maudirai.»
Verse 32
इत्येवमुक्त्वा भगवाञ्जगाम दिशं स याम्यां सहसान्तरिक्षम् आक्रम्य तस्थौ स हि तां तदाशां काले व्रजाम्यत्र यदा मुनीन्द्रः
Après avoir ainsi parlé, le Bienheureux s’en alla promptement par le ciel vers le quartier du Sud. Parvenu en cette direction, il s’y arrêta, songeant : «En temps voulu, je viendrai ici lorsque le meilleur des sages arrivera.»
Verse 33
तत्राश्रमं रम्यतरं हि कृत्वा संशुद्धजाम्बूनदतोरणान्तम् तत्राथ निक्षिप्य विदर्भपुत्रीं स्वमाश्रमं सौम्यमुपाजगाम
Là, il établit un ermitage des plus charmants, dont le portail était orné d’or Jāmbūnada purifié. Puis, y ayant installé la princesse de Vidarbha, il revint à son propre ermitage, doux et paisible.
Verse 34
ऋतावृतौ पर्वकालेषु नित्यं तम्मबरे ह्याश्रममावसत् सः शेषं च कालं स हि दण्डकस्थस् तपश्चारामितकान्तिमान् मुनिः
À chaque saison et lors des temps de parva —ces conjonctures sacrées—, il demeurait régulièrement dans cet excellent ermitage. Le reste du temps, le sage, établi dans la forêt de Daṇḍaka, pratiquait les austérités, doté d’une splendeur incommensurable.
Verse 35
विनन्ध्यो ऽपि दृष्ट्वा गगने महाश्रमं वृद्धिं न यात्येव भयान्महर्षेः नासौ निवृत्तेति मतिं विधाय स संस्थितो नीचतराग्रशृङ्गः
Bien qu’il fût le Vindhya, voyant dans le ciel le grand ascète Agastya, il ne poursuivit pas sa croissance, par crainte du grand ṛṣi. Se disant : « Il n’est pas encore revenu », il demeura immobile, gardant son sommet plus bas.
Verse 36
एवं त्वगस्त्येन महाचलेन्द्रः स नीचशृङ्गे हि कृतो महर्षे तस्योर्ध्वशृङ्गे मुनिसंस्तुता सा दुर्गा स्थिता दानवनाशनार्थम्
Ainsi, par Agastya, ce grand seigneur des montagnes fut réellement rendu à la cime abaissée, ô grand sage. Sur son sommet plus élevé, la Déesse Durgā—louée par les munis—fut établie afin de détruire les Dānavas.
Verse 37
देवाश्च सिद्धाश्च महोरगाश्च विद्याधरा भूतगणाश्च सर्वे सर्वाप्सरोभिः प्रतिरामयन्तः कात्यायनीं तस्थुरपेतशोकाः
Les Devas, les Siddhas, les grands Nāgas, les Vidyādharas et toutes les troupes de Bhūtas—se réjouissant avec toutes les Apsaras—se tinrent auprès de Kātyāyanī, délivrés de la peine.
The devas approach Viṣṇu (Cakradhara, Śriyaḥpati) and Śaṅkara simultaneously, and the narrative treats their joint response as a single salvific agency. The ‘one tejas’ formed from multiple deities—prominently including Hari and Hara—models a syncretic theology in which sectarian powers are not competing but convergent, culminating in Kātyāyanī as the composite embodiment of divine energies.
The chapter functions as a topographical etiology for the Vindhya range: Vindhya obstructs Sūrya’s movement, and Agastya compels the mountain to remain ‘nīcaśṛṅga’ (lowered peak) until his return. This myth sacralizes Vindhya as a Devi-abode (Durgā/Kātyāyanī established on the summit) and explains a permanent landscape feature through ascetic authority and vow-based constraint.
This adhyāya does not advance the Bali–Vāmana cycle directly. Instead, it develops a parallel purāṇic theme—restoration of cosmic order through divine manifestation—by narrating the rise of Kātyāyanī for asura-dharma correction (Mahiṣāsura-vadha context) and by embedding a landscape-origin account (Vindhya–Agastya) within the Pulastya–Nārada framework.