
Le chapitre 145 présente une notice théologico‑rituelle, brève mais dense, centrée sur Vighneśa (Gaṇeśa) dans le Prabhāsa‑kṣetra. Īśvara y désigne une forme cultuelle locale nommée Gajakumbhodara, décrite avec des traits d’éléphant, et louée comme Celui qui ôte les obstacles et détruit les actes fautifs. Le texte prescrit ensuite une observance précise : le pèlerin doit se baigner dans le kuṇḍa associé au quatrième jour lunaire (caturthī), l’âme disciplinée (prayatātmā), puis adorer la divinité avec bhakti, la dévotion. La doctrine mise en avant est relationnelle et éthique : la justesse de la dévotion et le bon moment du rite rendent le Seigneur satisfait (tuṣyati), ce qui implique la levée des entraves et la maturation des fruits auspices. Le colophon final situe ce passage dans la vaste compilation du Skanda Purāṇa et en donne le titre : description du « Gajakumbhodara‑māhātmya ».
Verse 1
ईश्वर उवाच । तत्रैव संस्थितं पश्येद्विघ्नेशं पापनाशनम् । गजकुंभोदरं नाम सर्वसिद्धिप्रदायकम्
Īśvara dit : «Là même, qu’on contemple Vighneśa, le destructeur des péchés—connu sous le nom de Gajakuṃbhodara—qui accorde toutes les perfections.»
Verse 2
तत्र कुंडे नरः स्नात्वा चतुर्थ्यां प्रयतात्मवान् । पूजयेद्यस्तु तं भक्त्या विघ्नेशस्तस्य तुष्यति
Après s’être baigné dans ce bassin, l’homme, maître de lui, au quatrième jour lunaire (caturthī) doit L’adorer avec bhakti ; alors Vighneśa se réjouit de ce dévot.
Verse 145
इति श्रीस्कांदे महापुराण एकाशीतिसाहस्र्यां संहितायां सप्तमे प्रभासखण्डे प्रथमे प्रभासक्षेत्रमाहात्म्ये गजकुंभोदरमाहात्म्यवर्णनंनाम पञ्चचत्वा रिंशदुत्तरशततमोऽध्यायः
Ainsi s’achève, dans le saint Skanda Mahāpurāṇa—au sein de la Saṃhitā de quatre-vingt-un mille vers—dans la septième division, le Prabhāsa Khaṇḍa, en sa première partie, le Māhātmya de la région sacrée de Prabhāsa, le cent quarante-cinquième chapitre, intitulé «Description de la grandeur de Gajakuṃbhodara».