
Ce chapitre, énoncé dans un registre autorisé par Īśvara, désigne l’éminent gardien du territoire sacré : Kaṅkāla Bhairava, établi par Bhairava comme kṣetrapāla afin de protéger le kṣetra et de contenir ou repousser les intentions nuisibles des êtres au tempérament dévoyé. Il précise ensuite les moments propices au culte : au mois de Śrāvaṇa, le cinquième jour de la quinzaine claire, et au mois d’Āśvina, le huitième jour de la quinzaine claire, avec une offrande simple—bali et fleurs présentés avec dévotion. Le fruit promis est concret et protecteur : pour le dévot demeurant dans le kṣetra, cette vénération assure l’absence d’obstacles (nirvighna) et une garde comparable à celle d’un parent veillant sur son propre enfant. Ainsi, un protocole rituel local (temps + offrandes + bhakti) s’inscrit dans une géographie sacrée plus vaste où les kṣetrapālas protègent l’espace de pèlerinage.
Verse 1
ईश्वर उवाच । तत्रैव संस्थितं पश्येत्क्षेत्रपालमनुत्तमम् । कंकालभैरवंनाम भैरवेण नियोजितम् । तस्य क्षेत्रस्य रक्षार्थं प्राणिनां दुष्टचेतसाम्
Īśvara dit : Là même, il faut contempler l’incomparable gardien du champ sacré—nommé Kaṃkālabhairava—établi par Bhairava pour protéger cette contrée sainte des êtres au dessein mauvais.
Verse 2
श्रावणे शुक्लपञ्चम्यामष्टम्यामाश्विनस्य च । यस्तं पूजयते भक्त्या बलिपुष्पादिभिः क्रमात्
Au mois de Śrāvaṇa, le cinquième jour de la quinzaine claire, et au mois d’Āśvina, le huitième également—quiconque le vénère avec bhakti, en offrant bali, fleurs et autres présents selon l’ordre prescrit—
Verse 3
तस्य क्षेत्रे निवसतः पुष्करस्य महात्मनः । निर्विघ्नकारी भवति तथा रक्षति पुत्रवत्
Pour le magnanime Puṣkara demeurant en ce lieu sacré, il devient celui qui écarte les obstacles, rendant toute chose sans entrave ; et il le protège comme un fils.
Verse 137
इति श्रीस्कांदे महापुराण एकाशीतिसाहस्र्यां संहितायां सप्तमे प्रभास खण्डे प्रथमे प्रभासक्षेत्रमाहात्म्ये कंकालभैरवक्षेत्रपालमाहात्म्यवर्णनंनाम सप्तत्रिंशदुत्तरशततमोऽध्यायः
Ainsi s’achève le cent trente-septième chapitre, intitulé « Description de la grandeur de Kaṃkālabhairava, gardien du champ sacré », dans la première partie, le Prabhāsa-kṣetra-māhātmya, du septième livre, le Prabhāsa Khaṇḍa, du vénérable Skanda Mahāpurāṇa (la Saṃhitā de quatre-vingt-un mille vers).