Adhyaya 63
Prabhasa KhandaArbudha KhandaAdhyaya 63

Adhyaya 63

Pulastya achève un exposé abrégé de la grandeur d’Arbuda, en disant que son dénombrement complet dépasserait même des siècles de récit, tant les tīrtha et demeures sanctifiées établis par les ṛṣi y sont innombrables. Le chapitre affirme la diffusion totale du sacré sur Arbuda : aucun tīrtha, aucune siddhi, aucun arbre, aucune rivière ni présence divine n’y fait défaut. Les habitants de la « belle montagne d’Arbuda » sont décrits comme porteurs de mérite. Celui qui ne contemple pas Arbuda « de tous côtés » est présenté comme manquant la valeur concrète de la vie, de la richesse ou de l’ascèse. La puissance salvatrice est ensuite étendue à toutes les classes d’êtres : insectes, animaux, oiseaux, et les quatre modes de naissance. Mourir sur Arbuda—sans désir ou même avec désir—mène, dit-on, à Śiva-sāyujya, l’union avec Śiva, affranchie de vieillesse et de mort. Enfin, la phalaśruti enseigne que l’écoute quotidienne et confiante de ce récit purānique confère le fruit du pèlerinage ; aussi faut-il entreprendre le voyage afin d’obtenir la siddhi en ce monde et dans l’autre.

Shlokas

Verse 1

पुलस्त्य उवाच । एतत्ते सर्वमाख्यातं यन्मां त्वं परिपृच्छसि । अर्बुदस्य महाराज माहात्म्यं हि समासतः

Pulastya dit : Ô grand roi, tout ce que tu m’as demandé, je te l’ai exposé ; en vérité, la grandeur d’Arbuda a été dite en bref.

Verse 2

विस्तरेण च संख्या स्यादपि वर्षशतैरपि । असंख्यानीह तीर्थानि पुण्यान्यायतनानि च । पदेपदे गृहाण्येव निर्मितानि महर्षिभिः

Même en les dénombrant en détail, fût-ce durant des centaines d’années, on n’en viendrait pas à bout. Ici se trouvent d’innombrables tīrtha et sanctuaires méritoires ; à chaque pas, des āśrama et des demeures édifiés par les grands ṛṣi.

Verse 3

न तत्तीर्थं न सा सिद्धिर्न स वृक्षो महीपते । न सा नदी न देवेशो यस्य तत्रास्ति न स्थितिः

Ô seigneur de la terre, il n’est point de tīrtha, point d’accomplissement spirituel, point d’arbre, point de rivière, ni même de Seigneur des dieux—dont la présence ne soit établie en ce lieu.

Verse 4

ये वसंति महाराज सुरम्येऽर्बुदपर्वते । नूनं ते पुण्यकर्माणो न वसंति त्रिविष्टपे

Ô grand roi, ceux qui demeurent sur la belle montagne d’Arbuda sont assurément des artisans d’un grand mérite ; en vérité, ils n’ont nul besoin de séjourner à Triviṣṭapa (le ciel).

Verse 5

किं तस्य जीवितेनार्थः किं धनैः किं जपैर्नृप । यो न पश्यति मन्दात्मा समन्तादर्बुदाचलम्

Ô roi, à quoi sert sa vie—à quoi servent ses richesses, à quoi servent ses récitations—si cet homme à l’esprit obtus ne contemple pas le mont Arbuda dans toute son ampleur, de toutes parts ?

Verse 6

अपि कीटपतंगा ये पशवः पक्षिणो मृगाः । स्वेदजाश्चाण्डजाश्चापि ह्युद्भिज्जाश्च जरायुजाः

Même les insectes et les papillons de nuit, le bétail, les oiseaux et les bêtes sauvages—ceux nés de la sueur, ceux nés de l’œuf, ceux qui germent de la terre et ceux nés du ventre—sont tous compris dans cette sphère sacrée.

Verse 7

तस्मिन्मृता महाराज निष्कामाः कामतोऽपि वा । ते यान्ति शिवसायुज्यं जरा मरणवर्जितम्

Ô grand roi, ceux qui meurent en ce lieu—qu’ils soient sans désir ou même avec des désirs—atteignent le Śiva-sāyujya, l’union avec Śiva, état exempt de vieillesse et de mort.

Verse 8

यश्चैतच्छुणुयान्नित्यं पुराणं श्रद्धयान्वितः । अर्बुदस्य महाराज स यात्राफलमश्नुते

Et quiconque, animé de foi, écoute régulièrement ce Purāṇa concernant Arbuda, ô grand roi, obtient le mérite même d’avoir accompli le pèlerinage.

Verse 9

तस्मात्सर्वप्रयत्नेन यात्रां तत्र समाचरेत् । य इच्छेदात्मनः सिद्धिमिह लोके परत्र च

C’est pourquoi, avec tous ses efforts, on doit accomplir le pèlerinage en ce lieu, si l’on désire sa propre perfection spirituelle en ce monde et dans l’autre.

Verse 63

इति श्रीस्कांदे महापुराण एकाशीतिसाहस्र्यां संहितायां सप्तमे प्रभासखण्डे तृतीयेऽर्बुदखंडेऽर्बुदखण्डमाहात्म्यफलश्रुतिवर्णनंनाम त्रिषष्टितमोऽध्यायः

Ainsi s’achève le soixante-troisième chapitre, intitulé « Description de la Phalaśruti du Māhātmya de l’Arbuda-khaṇḍa », dans le Prabhāsa Khaṇḍa, au sein du troisième (sous-ensemble) Arbuda Khaṇḍa, du Śrī Skanda Mahāpurāṇa, dans l’Ekāśīti-sāhasrī Saṃhitā.