Adhyaya 57
Prabhasa KhandaArbudha KhandaAdhyaya 57

Adhyaya 57

Pulastya instruit un roi au sujet d’une forêt nommée Aviyuktavana, caractérisée par un phala (fruit spirituel) singulier : quiconque la voit ou y demeure ne reste pas séparé de ce qui lui est cher. Cette promesse est étayée par une légende d’origine qui en explique la renommée. Lorsque Nahusha s’empare de la souveraineté d’Indra, Śacī—l’épouse d’Indra—accablée de chagrin entre dans cette forêt. Par la puissance propre du lieu (tat-prabhāva), Indra (Śatakratu), auparavant séparé, est rétabli et revient ; dès lors, le site devient célèbre comme kṣetra de retrouvailles. Śacī accorde ensuite une grâce à la forêt : tout homme ou toute femme séparé(e) de ses proches bien-aimés, s’il/elle y passe une seule nuit, obtiendra de nouveau la compagnie (saṅga) et la demeure partagée avec les siens. Le chapitre ajoute un mérite annexe : des brahmanes savants y louent le phaladāna—offrande ou don de fruits—en soulignant particulièrement le bienfait pour les femmes en quête de progéniture (vandhyā, stérilité), auxquelles est promis « le fruit d’un fils » (putra-phala). Il se clôt par le colophon l’identifiant comme le chapitre 57 de l’Arbuda Khaṇḍa au sein du Prabhāsa Khaṇḍa du Skanda Mahāpurāṇa.

Shlokas

Verse 1

पुलस्त्य उवाच । अवियुक्तवनं गच्छेत्ततः पार्थिवसत्तम । यस्मिन्दृष्टे नरोभीष्टैर्न वियुज्येत कर्हिचित्

Pulastya dit : Ensuite, ô le plus excellent des rois, rends-toi à la Forêt d’Aviyukta ; celui qui la voit ne se trouve jamais séparé de ce qu’il désire.

Verse 2

तत्र पूर्वं शची राजन्प्रविष्टा दुःखसंयुता । नहुषेण हृते राज्ये देवेन्द्रस्य महात्मनः

Là, autrefois, ô roi, Śacī entra, accablée de peine, lorsque Nahuṣa eut ravi le royaume du magnanime Devendra (Indra).

Verse 3

तत्प्रभावात्पुनः प्राप्तो वियुक्तोऽपि शतक्रतुः । ततस्तस्य वरो दत्तो वनस्य हि तया नृप

Par la puissance de ce lieu, Śatakratu (Indra), bien qu’éloigné de sa souveraineté, fut rétabli de nouveau. Alors, ô roi, Śacī accorda une grâce à cette forêt.

Verse 4

नरो वा यदि वा नारी वियुक्ताऽत्र वने शुभे । प्रियैर्निवास एकस्मिन्रात्रिमेकां वसिष्यति

Qu’il soit homme ou femme, s’il est séparé des êtres aimés, dans cette forêt de bon augure—en y demeurant ne fût-ce qu’une seule nuit—il habitera de nouveau avec l’être cher.

Verse 5

स तेन लभते संगं भूय एव यथा मया । प्रियैः स लभते वासमेकरात्रं वसन्नृप

Par cet acte sacré, il retrouve la communion, comme je l’ai retrouvée. Et, ô roi, en y demeurant une seule nuit, il obtient demeure parmi les siens bien-aimés.

Verse 6

फलदानं प्रशंसंति तत्र ब्राह्मणसत्तमाः । वंध्यानां च विशेषेण यतः पुत्रफलं लभेत्

Là, les plus éminents brāhmaṇas louent le don de fruits. Et tout particulièrement pour les femmes sans enfant, car par ce don on peut obtenir le fruit de la progéniture.

Verse 57

इति श्रीस्कांदे महापुराण एकाशीतिसाहस्र्यां संहितायां सप्तमे प्रभासखंडे तृतीयेऽर्बुदखण्डेऽवियुक्तक्षेत्रमाहात्म्यवर्णनंनाम सप्तपञ्चाशत्तमोऽध्यायः

Ainsi s’achève le cinquante-septième chapitre, intitulé « Description de la grandeur d’Aviyukta-kṣetra », dans la troisième section, l’Arbuda Khaṇḍa, au sein du septième livre, le Prabhāsa Khaṇḍa, du saint Skanda Mahāpurāṇa, dans la compilation de quatre-vingt-un mille versets.