Adhyaya 19
Prabhasa KhandaArbudha KhandaAdhyaya 19

Adhyaya 19

Pulastya instruit un roi au sujet d’un tīrtha qui détruit les péchés, cher à Hari (Viṣṇu) dans le contexte de Varāha. Le récit rappelle l’épisode de l’avatāra Varāha, lorsque le Seigneur soulève la Terre et la rassure, puis s’ouvre sur un dialogue de bénédictions : la Terre demande à Viṣṇu de demeurer en ce lieu même sous cette forme, et Viṣṇu accepte de résider sur le mont Arbuda pour le bien des êtres. Le chapitre fixe la pratique rituelle autour d’un lac pur devant la divinité : le bain accompli avec bhakti au mois de Māgha, en quinzaine claire, le jour d’Ekādaśī, est mis en avant comme purificateur, même des fautes les plus graves (il est dit qu’il délivre de la brahmahatyā). Les rites envers les ancêtres sont intégrés : accomplir le śrāddha avec foi procure aux aïeux une satisfaction durable. L’enseignement culmine dans l’éthique du don, surtout le go-dāna (don de vaches), hautement loué et donnant une longue demeure au ciel. L’observance conjointe de snāna, vrata, tarpaṇa, piṇḍa-dāna et dāna est reliée à l’obtention du Viṣṇu-sālokya avec ses propres ancêtres.

Shlokas

Verse 1

पुलस्त्य उवाच । ततो गच्छेन्नृपश्रेष्ठ तीर्थं पापप्रणाशनम् । वाराहस्य हरेरिष्टं सदा वाससुखप्रदम्

Pulastya dit : Ensuite, ô le meilleur des rois, il faut se rendre à ce tīrtha qui anéantit les péchés—cher à Hari dans sa forme de Varāha, et qui donne sans cesse la douceur de demeurer (en ce lieu).

Verse 2

वाराहेणावतारेण पृथ्वी तत्र समुद्धृता । हरिणोक्ता स्थिरा तिष्ठ न भेतव्यं कदाचन

Par l’incarnation de Varāha, la Terre y fut relevée ; et Hari lui dit : « Tiens-toi ferme, ne crains jamais, à aucun moment. »

Verse 3

अहं चेतो गमिष्यामि वैकुण्ठे च पुनः शुभे । वरं वरय कल्याणि यद्यदिष्टं सुदुर्लभम्

« À présent, je retournerai de nouveau au Vaikuṇṭha propice. Choisis une grâce, ô bienheureuse : ce que tu désires, fût-ce très difficile à obtenir. »

Verse 4

पृथिव्युवाच । यदि देयो वरो मह्यं शंखचक्रगदाधर । अनेन वपुषा तिष्ठ ह्यस्मिंस्तीर्थे सदा हरे

La Terre dit : «Si un bienfait doit m’être accordé, ô Hari, toi qui portes la conque, le disque et la massue, demeure à jamais en ce tīrtha, dans cette même forme.»

Verse 5

हरिरुवाच । अनेन वपुषा देवि पर्वतेऽर्बुदसंज्ञके । अहं स्थास्यामि ते वाक्यात्सदा लोक हिते रतः

Hari dit : «Ô Déesse, dans cette même forme, sur la montagne nommée Arbuda, selon ta parole je demeurerai à jamais, toujours voué au bien du monde.»

Verse 6

ममाग्रे यो ह्रदः पुण्यः सुनिर्मलजलान्वितः । माघमासे सिते पक्ष एकादश्यां समाहितः

Devant moi se trouve un lac sacré, empli d’eaux parfaitement limpides. Quiconque, l’esprit recueilli, s’y baigne le jour d’Ekādaśī de la quinzaine claire du mois de Māgha—

Verse 7

तत्र स्नात्वा नरो भक्त्या मुच्यते ब्रह्महत्यया । तत्र श्राद्धं करिष्यंति मनुष्याः श्रद्धयान्विताः

En s’y baignant avec dévotion, l’homme est délivré même du péché de meurtre d’un brahmane. Là, des hommes pleins de foi accompliront, avec श्रद्धा, les rites de śrāddha pour les ancêtres.

Verse 8

पितॄणां जायते तृप्तिर्यावदाभूतसंप्लवम् । तस्मात्सर्वप्रयत्नेन स्नानं तत्र समाचरेत्

Là, les ancêtres obtiennent une pleine satisfaction jusqu’à la fin de l’âge cosmique. C’est pourquoi, avec tous ses efforts, on doit accomplir comme il se doit le bain sacré en ce lieu.

Verse 9

पुलस्त्य उवाच । इत्युक्त्वांतर्दधे राजन्गोविंदो गरुडध्वजः । तस्मिन्दिने नृपश्रेष्ठ स्नात्वा व्रतं समाचरेत्

Pulastya dit : Ayant ainsi parlé, Govinda—dont l’étendard est Garuḍa—disparut, ô Roi. Ce jour-là même, ô le meilleur des souverains, après le bain rituel, on doit accomplir correctement le vœu sacré.

Verse 10

तर्पणं पिंडदानं च यः कुर्याद्भक्तितत्परः । स याति विष्णुसालोक्यं पूर्वजैः सह पार्थिव

Ô Roi, quiconque, tout entier voué à la dévotion, accomplit le tarpaṇa et offre des piṇḍa, atteint la demeure dans le monde de Viṣṇu avec ses ancêtres.

Verse 11

तत्र दानं प्रशंसंति गत्वा ब्राह्मणसत्तमे । अस्मिंस्तीर्थे नृपश्रेष्ठ गोदानं च करोति यः

Là, ô très noble brāhmane, la charité est hautement louée. Et quiconque, ô meilleur des rois, accomplit en ce tīrtha le don d’une vache (go-dāna)—

Verse 12

रोमसंख्यानि वर्षाणि स्वर्गे तिष्ठति मानवः । तस्मात्सर्वात्मना राजन्गोदानं च समाचरेत्

L’homme demeure au ciel autant d’années qu’il y a de poils sur son corps. C’est pourquoi, ô Roi, de tout son être, on doit accomplir dûment le go-dāna, le don de la vache.

Verse 13

एकादश्यां विशेषेण कर्त्तव्यं स्नानमुत्तमम् । दानं कुर्याद्यथाशक्त्या स याति परमां गतिम्

Surtout au jour d’Ekādaśī, il faut accomplir le bain excellent. Qu’on fasse l’aumône selon ses moyens ; ainsi l’on atteint la destinée suprême.

Verse 19

इति श्रीस्कांदे महापुराण एकाशीतिसाहस्र्यां संहितायां सप्तमे प्रभासखंडे तृतीयेऽर्बुदखंडे वाराहतीर्थमाहात्म्यवर्णनंनामैकोनविंशोध्यायः

Ainsi s’achève le dix-neuvième chapitre, intitulé « Description de la grandeur du Tīrtha de Vārāha », dans la troisième subdivision appelée Arbuda Khaṇḍa, au sein de la septième grande section, Prabhāsa Khaṇḍa, du Śrī Skanda Mahāpurāṇa, selon l’Ekāśīti-sāhasrī Saṃhitā (recension de quatre-vingt-un mille vers).