Adhyaya 87
Avanti KhandaReva KhandaAdhyaya 87

Adhyaya 87

Mārkaṇḍeya enjoint au roi de se rendre à un tīrtha extrêmement propice sur la rive de la Revā (Narmadā), nommé R̥ṇamocana, réputé pour « délier les dettes » spirituelles. Le chapitre affirme que ce lieu fut établi par des assemblées de sages issus de la lignée de Brahmā, ce qui en consacre l’autorité rituelle et la sainteté. L’enseignement porte sur l’effacement des « dettes » (ṛṇa) par une observance empreinte de dévotion. Il est dit que celui qui, durant six mois, accomplit avec foi le pitṛ-tarpaṇa (libation d’eau aux ancêtres) et se baigne dans les eaux de la Narmadā, est délivré des obligations envers les dieux, les ancêtres et les hommes. Le texte ajoute que les fruits des actes—y compris le démérite—y deviennent « visibles » comme des fruits, soulignant la causalité morale. La conduite prescrite est : l’unicité d’intention, la maîtrise des sens, le bain rituel, le don charitable et l’adoration de Girijā-pati (Śiva). La récompense promise est la libération des « trois dettes » (ṛṇa-traya) et l’obtention d’un état lumineux, semblable à celui des devas, dans les cieux.

Shlokas

Verse 1

श्रीमार्कण्डेय उवाच । ततो गच्छेन्महीपाल तीर्थं परमशोभनम् । स्थापितं मुनिसङ्घैर्यद्ब्रह्मवंशसमुद्भवैः

Śrī Mārkaṇḍeya dit : «Alors, ô roi, il faut se rendre à un tīrtha d’une beauté suprême, établi par des assemblées de sages nés dans la lignée de Brahmā».

Verse 2

ऋणमोचनमित्याख्यं रेवातटसमाश्रितम् । षण्मासं मनुजो भक्त्या तर्पयन् पितृदेवताः

«On l’appelle Ṛṇamocana, “le Libérateur des dettes”, situé sur la rive de la Revā. Pendant six mois, une personne, avec dévotion, en offrant le tarpaṇa, doit apaiser les Pitṛ-devas, les puissances ancestrales».

Verse 3

देवैः पितृमनुष्यैश्च ऋणमात्मकृतं च यत् । मुच्यते तत्क्षणान्मर्त्यः स्नातो वै नर्मदाजले

«Toute dette contractée—envers les dieux, envers les ancêtres et envers les autres humains—est effacée à l’instant même, lorsque le mortel se baigne dans les eaux de la Narmadā».

Verse 4

प्रत्यक्षं दुरितं तत्र दृश्यते फलरूपतः । तत्र तीर्थे तु यो राजन्नेकचित्तो जितेन्द्रियः

Là, le péché se voit de façon manifeste, prenant forme comme son propre fruit. Et en ce tīrtha, ô roi, quiconque est d’un seul esprit et maître de ses sens…

Verse 5

स्नात्वा दानं च वै दद्यादर्चयेद्गिरिजापतिम् । ऋणत्रयविनिर्मुक्तो नाके दीप्यति देववत्

Après s’être baigné, qu’il fasse assurément l’aumône et qu’il adore le Seigneur de Girijā (Śiva). Délivré des trois dettes, il resplendit au ciel tel un dieu.

Verse 87

। अध्याय

Chapitre — marque de fin (colophon).