
Dans cet adhyāya, Mārkaṇḍeya s’adresse à un roi et l’oriente vers un tīrtha extrêmement auspicious nommé Agastyeśvara, présenté comme un moyen lié au lieu pour effacer le démérite moral et les fautes. Le chapitre décrit un programme rituel centré sur le snāna (bain sacré) accompli en ce lieu, en le reliant explicitement à la délivrance des transgressions les plus graves, exprimée dans l’idiome de la rémission de la brahmahatyā. Il fixe aussi un cadre temporel précis : le mois de Kārttika, durant la quinzaine sombre (kṛṣṇapakṣa), au jour de caturdaśī, unissant temps, lieu et pratique en une seule prescription éthico-rituelle. Il est en outre prescrit d’accomplir l’abhiṣeka de la divinité avec du ghee, en demeurant établi dans le samādhi et en maîtrisant les sens (jite-indriya). S’ajoute un régime de dāna—richesses, chaussures, ombrelle, couverture enduite de ghee, et nourriture offerte à tous—affirmant que le mérite s’en trouve multiplié. L’enseignement majeur est une éthique structurée du pèlerinage : la purification naît de l’observance, de la dévotion et de la générosité conjointes, non du déplacement seul.
Verse 1
श्रीमार्कण्डेय उवाच । ततो गच्छेत्तु राजेन्द्र तीर्थं परमशोभनम् । नराणां पापनाशाय अगस्त्येश्वरमुत्तमम्
Śrī Mārkaṇḍeya dit : Alors, ô meilleur des rois, qu’on se rende à ce tīrtha d’une beauté suprême — Agastyeśvara, le Seigneur excellent — pour l’anéantissement des péchés des hommes.
Verse 2
तत्र स्नात्वा नरो राजन्मुच्यते ब्रह्महत्यया । कार्त्तिकस्य तु मासस्य कृष्णपक्षे चतुर्दशी
Là, ô Roi, en s’y baignant, l’homme est délivré même du péché du meurtre d’un brāhmane. Cela est surtout prescrit au quatorzième jour lunaire de la quinzaine sombre du mois de Kārttika.
Verse 3
घृतेन स्नापयेद्देवं समाधिस्थो जितेन्द्रियः । एकविंशतिकुलोपेतो च्यवेदैश्वरात्पदात्
Qu’il baigne la Divinité avec du ghee, demeurant en samādhi et les sens maîtrisés. Pourvu du mérite qui élève vingt et une générations, il ne déchoit pas de la condition seigneuriale.
Verse 4
धनं चोपानहौ छत्रं दद्याच्च घृतकम्बलम् । भोजनं चैव सर्वेषां सर्वं कोटिगुणं भवेत्
Qu’il donne des richesses, des chaussures, une ombrelle, ainsi qu’une couverture imprégnée de ghee; et qu’il offre la nourriture à tous. Tout cela devient un million de fois en mérite.
Verse 64
। अध्याय
Fin du chapitre (colophon, marque de clôture de l’adhyāya).