
Ce chapitre propose un tīrtha-māhātmya bref où Mārkaṇḍeya désigne Gopeśvara comme la prochaine étape de pèlerinage après Sarpakṣetra, le « champ des serpents ». Il y établit une sotériologie graduée liée à l’acte rituel : un seul bain dans ce tīrtha est affirmé comme délivrant l’être humain des fautes et péchés (pātaka). Le texte fixe toutefois une limite éthique : se baigner puis mettre fin à sa vie de son propre gré est présenté négativement ; même si une telle personne parvenait à un temple de Śiva, elle demeure « liée au péché ». À l’inverse, se baigner puis adorer Īśvara procure la délivrance de tous les péchés et l’accès à Rudra-loka. Après avoir goûté la félicité en Rudra-loka, le dévot renaît comme un roi juste. Le fruit mondain (phala) est décrit comme une prospérité royale—éléphants, chevaux, chars, serviteurs, honneurs rendus par d’autres souverains, et longue vie heureuse—alliant prescription rituelle, enseignement moral et phalaśruti dans un style de pèlerinage.
Verse 1
श्रीमार्कण्डेय उवाच । गोपेश्वरं ततो गच्छेत्सर्पक्षेत्रादनन्तरम् । यत्र स्नानेन चैकेन मुच्यन्ते पातकैर्नराः
Śrī Mārkaṇḍeya dit : Ensuite, qu’on aille à Gopeśvara, aussitôt après avoir visité Sarpakṣetra ; là, par un seul bain, les hommes sont délivrés des péchés.
Verse 2
तत्र तीर्थे तु यः स्नात्वा कुरुते प्राणसंक्षयम् । स गच्छेद्यदि युक्तोऽपि पापेन शिवमन्दिरम्
Et en ce tīrtha, celui qui s’y baigne puis y met fin à sa vie, fût-il chargé de péché, parvient à la demeure de Śiva, son royaume sacré.
Verse 3
तत्र तीर्थे तु यः स्नात्वा पूजयेद्देवमीश्वरम् । मुच्यते सर्वपापैश्च रुद्रलोकं स गच्छति
En ce tīrtha, celui qui s’y baigne et vénère le Seigneur, l’Īśvara, est délivré de tous les péchés et gagne le monde de Rudra.
Verse 4
क्रीडित्वा च यथाकामं रुद्रलोके महातपाः । इह मानुष्यतां प्राप्य राजा भवति धार्मिकः
Après s’être réjoui dans le monde de Rudra selon son désir, le grand ascète, revenant ici et obtenant une naissance humaine, devient un roi juste, établi dans le dharma.
Verse 5
हस्त्यश्वरथसम्पन्नो दासीदाससमन्वितः । पूज्यमानो नरेन्द्रैश्च जीवेद्वर्षशतं सुखी
Pourvu d’éléphants, de chevaux et de chars, entouré de servantes et de serviteurs, honoré même par des rois, il vit heureux durant cent ans.
Verse 162
। अध्याय
Chapitre (ligne marquant la fin du chapitre).