
L’Adhyāya 34 adopte la forme pédagogique purānique de la question-réponse : Śaunaka demande un exposé détaillé de tous les manvantaras et des Manus qui les président. Sūta répond en énumérant les Manus successifs, depuis Svāyaṃbhuva jusqu’à Vaivasvata (le Manu actuel), puis les Manus de type Sāvarṇi des temps à venir. Il précise ensuite l’arithmétique cosmologique : quatorze manvantaras, couvrant passé, présent et futur, constituent l’administration du temps au sein d’un kalpa, en lien avec le cadre plus vaste du cycle des yugas. La liste établie, Sūta annonce une méthode de catalogage complémentaire : il décrira, dans l’ordre, les ṛṣi, les fils et les devagaṇa associés à chaque ère. Le chapitre fournit un premier exemple : les sept sages nés de Brahmā—Marīci, Atri, Aṅgiras, Pulaha, Kratu, Pulastya, Vasiṣṭha—et le devagaṇa nommé Yāmā dans le manvantara de Svāyaṃbhuva, avec la localisation directionnelle des Saptarṣi. Sur le plan ésotérique, l’adhyāya sert moins de récit dramatique que d’architecture du temps sacré, indexant révélation, autorité des ṛṣi et gouvernement divin selon les époques cosmiques, pour guider les références théologiques et rituelles ultérieures.
Verse 1
शौनक उवाच । मन्वंतराणि सर्वाणि विस्तरेणानुकीर्तय । यावंतो मनवश्चैव श्रोतुमिच्छामि तानहम्
Śaunaka dit : «Je t’en prie, raconte en détail tous les Manvantaras. Je désire entendre parler de tous les Manus : combien ils sont et qui ils sont.»
Verse 2
सूत उवाच । स्वायंभुवो मनुश्चैव ततस्स्त्वारोचिषस्तथा । उत्तमस्तामसश्चैव रैवतश्चाक्षुषस्तथा
Sūta dit : « D’abord fut Svāyambhuva Manu ; puis Ārociṣa ; ensuite Uttama et Tāmasa ; et de même Raivata et Cākṣuṣa. »
Verse 3
एते च मनवः षट् ते संप्रोक्ता मुनिपुंगव । वैवस्वतो मुनिश्रेष्ठ सांप्रतं मनुरुच्यते
Ainsi, ô le meilleur des sages, ces six Manus t’ont été exposés comme il se doit. À présent, ô le plus éminent des voyants, le Manu de notre temps est dit Vaivasvata.
Verse 4
सावर्णिश्च मनुश्चैव ततो रौच्यस्तथा परः । तथैव ब्रह्मसावर्णिश्चत्वारो मनवस्तथा
« Puis viennent Sāvarṇi Manu, et aussi Manu (Dakṣa-sāvarṇi). Après eux se tient Rauchya, puis le Manu suivant. De même Brahma-sāvarṇi : ainsi sont énumérés ici ces quatre Manus. »
Verse 5
तथैव धर्मसावर्णी रुद्रसावर्णिरेव च । देवसावर्णिराख्यातं इंद्रसावर्णिरेव च
De même, il y a Dharmasāvarṇi, et certes Rudrasāvarṇi ; il y a aussi celui nommé Devasāvarṇi, et également Indrasāvarṇi.
Verse 6
अतीता वर्तमानाश्च तथैवानागताश्च ये । कीर्तिता मनवश्चापि मयैवैते यथा श्रुताः
Les Manus du passé, ceux du présent, et aussi ceux qui doivent venir : je les ai également rapportés, exactement tels que je les ai entendus dans la tradition sacrée.
Verse 7
मुने चतुर्दशैतानि त्रिकालानुगतानि ते । प्रोक्तानि निर्मितः कल्पो युगसाहस्रपर्य्ययः
Ô sage, ces quatorze (divisions) qui suivent le triple temps t’ont été exposées. D’elles se constitue un kalpa : un éon dont le déroulement comprend mille yuga.
Verse 8
ऋषींस्तेषां प्रवक्ष्यामि पुत्त्रान्देवगणांस्तथा । शृणु शौनक सुप्रीत्या क्रमशस्तान्यशस्विनः
Je vais maintenant raconter leurs ṛṣi, leurs fils, ainsi que leurs cohortes divines. Écoute avec une dévotion joyeuse, ô Śaunaka, tandis que je les énonce dans l’ordre, ces êtres illustres.
Verse 9
मरीचिरत्रिर्भगवानङ्गिराः पुलहः क्रतुः । पुलस्त्यश्च वसिष्ठश्च सप्तैते ब्रह्मणस्सुताः
Marīci, Atri, le vénérable Aṅgiras, Pulaha, Kratu, Pulastya et Vasiṣṭha : ces sept-là sont les fils de Brahmā, renommés comme les ṛṣi primordiaux.
Verse 10
उत्तरस्यां दिशि तथा मुने सप्तर्ष यस्तथा । यामा नाम तथा देवा आसन्स्वायंभुवेंतरे
Ô sage, vers le nord se tenaient les Sept Ṛṣi (Saptarṣi) ; et de même les dieux nommés Yāma étaient présents dans le Manvantara de Svāyambhuva Manu.
Verse 11
आग्नीध्रश्चाग्निबाहुश्च मेधा मेधातिथिर्वसुः । ज्योतिष्मान्धृतिमान्हव्यः सवनश्शुभ्र एव च
« (Ils étaient) Āgnīdhra et Agnibāhu ; Medhā, Medhātithi et Vasu ; Jyotiṣmān, Dhṛtimān, Havya, Savana, et aussi Śubhra. »
Verse 12
स्वायंभुवस्य पुत्रास्ते मनोर्दश महात्मनः । कीर्तिता मुनिशार्दूल तत्रेन्द्रो यज्ञ उच्यते
Ô tigre parmi les sages, ces dix fils magnanimes de Svāyambhuva Manu ont été décrits. Parmi eux, celui qu’on appelle Indra est connu sous le nom de Yajña.
Verse 13
प्रथमं कथितं तात दिव्यं मन्वतरं तथा । द्वितीयं ते प्रवक्ष्यामि तन्निबोध यथातथम्
Ô bien-aimé, j’ai déjà décrit le premier Manvantara divin. À présent je t’exposerai le second : écoute et comprends-le exactement tel qu’il est en vérité.
Verse 14
ऊर्जस्तंभः परस्तंभ ऋषभो वसुमां स्तथा । ज्योतिष्मान्द्युतिमांश्चैव रोचिष्मान्सप्तमस्तथा
Il est le Pilier de la force vitale, le Soutien suprême; il est Vṛṣabha, le Taureau—le premier parmi les êtres—et le Seigneur des richesses. Il rayonne d’une lumière divine, resplendit de splendeur et brille d’un éclat lumineux : tel est proclamé le septième ensemble de Ses noms.
Verse 15
एते महर्षयो ज्ञेयास्तत्रेन्द्रो रोचनस्तथा । देवाश्च तुषिता नाम स्मृताः स्वारोचिषेंऽतरे
Sachez que ceux-ci sont les grands Ṛṣis en ce Manvantara. Là aussi, Indra est nommé Rocana; et les Devas sont rappelés sous le nom de Tuṣitas dans le Manvantara de Svārociṣa.
Verse 16
हरिघ्नस्सुकृतिर्ज्योतिरयोमूर्तिरयस्मयः । प्रथितश्च मनस्युश्च नभस्सूर्यस्तथैव च
Il est le destructeur du péché et le fruit du mérite sacré; il est la Lumière même. Il est la Forme de fer et la Substance de fer; renommé et victorieux dans l’esprit. Il est le ciel, et il est aussi le Soleil.
Verse 17
स्वारोचिषस्य पुत्रास्ते मनोर्दशमहात्मनः । कीर्तिता मुनिशार्दूल महावीर्यपराक्रमाः
Ô tigre parmi les sages, ces dix fils magnanimes de Svārociṣa Manu, puissants en vaillance et en prouesse héroïque, ont été déjà rapportés.
Verse 18
द्वितीयमेतत्कथितं मुने मन्वन्तरं मया । तृतीयं तव वक्ष्यामि तन्निबोध यथातथम्
Ô sage, je t’ai ainsi raconté le second Manvantara. À présent je te dirai le troisième : écoute-le avec attention, tel qu’il est en vérité.
Verse 19
वसिष्ठपुत्राः सप्तासन्वासिष्ठा इति विश्रुताः । हिरण्यगर्भस्य सुता ऊर्जा नाम महौजसः
Il y eut sept fils de Vasiṣṭha, connus dans le monde sous le nom de Vāsiṣṭhas. Ils étaient aussi les fils de Hiraṇyagarbha ; parmi eux se trouvait le puissant et rayonnant nommé Ūrjā.
Verse 20
ऋषयोऽत्र समाख्याताः कीर्त्यमानान्निबोध मे । औत्तमेया ऋषिश्रेष्ठ दशपुत्रा मनोः स्मृताः
Sache de moi quels sont les ṛṣi célébrés ici et dûment énumérés. Ô le meilleur des sages, on se souvient d’eux comme des dix fils de Manu, issus de la lignée d’Uttama.
Verse 21
इष ऊर्जित ऊर्जश्च मधुर्माधव एव च । शुचिश्शुक्रवहश्चैव नभसो नभ एव च
Il est Īśa, le Seigneur ; Il est le Puissant et la Puissance même. Il est la Douceur, et aussi Mādhava, l’aimé du printemps. Il est le Pur, le Porteur de splendeur ; Il est le Ciel, oui, l’Éther lui-même.
Verse 22
ऋषभस्तत्र देवाश्च सत्यवेद श्रुतादयः । तत्रेन्द्रस्सत्यजिन्नाम त्रैलोक्याधिपतिर्मुने
Ô sage, là se trouvaient aussi Ṛṣabha et les dieux tels que Satyaveda et Śruta, et d’autres encore. Dans cette assemblée, Indra—nommé Satyajin—était présent comme seigneur des trois mondes.
Verse 23
तृतीयमेतत्परमं मन्वतरमुदाहृतम् । मन्वतरं चतुर्थं ते कथयामि मुने शृणु
Ceci a été déclaré comme le troisième Manvantara, le plus sublime. À présent, ô sage, écoute tandis que je te raconte le quatrième Manvantara.
Verse 24
गार्ग्यः पृथुस्तथा वाग्मी जयो धाता कपीनकः । कपीवान्सप्तऋषयः सत्या देवगणास्तथा
Gārgya, Pṛthu, l’éloquent Vāgmī, Jaya, Dhātā, Kapīnaka et Kapīvān—avec les Sept Ṛṣi—ainsi que les Satyas et les cohortes de devas, s’y trouvaient comme groupes divins d’assistance.
Verse 25
तत्रेंद्रस्त्रिशिखो ज्ञेयो मनुपुत्रान्मुने शृणु । द्यूतिपोतस्सौतपस्यस्तमश्शूलश्च तापनः
Là, ô sage, sache qu’Indra est connu sous le nom de Triśikha. Écoute maintenant les fils de Manu : Dyūtipota, Sautapasya, Tamaḥśūla et Tāpana.
Verse 26
तपोरतिरकल्माषो धन्वी खड्गी महानृषिः । तामसस्य स्मृता एते दश पुत्रा महाव्रताः
Taporati, Akalmāṣa, Dhanvī, Khaḍgī et Mahānṛṣi — tels sont ceux que l’on se remémore parmi les dix fils de Tāmasa, voués au grand vœu (mahāvrata).
Verse 27
तामसस्यांतरं चैव मनो मे कथितं तव । चतुर्थं पञ्चमं तात शृणु मन्वंतरं परम्
Bien-aimé, je t’ai déjà exposé le Manvantara Tāmasa. À présent, mon enfant, écoute le Manvantara suprême qui vient ensuite, selon l’ordre : le quatrième et le cinquième.
Verse 28
देवबाहुर्जयश्चैव मुनिर्वेदशिरास्तथा । हिरण्यरोमा पर्जन्य ऊर्ध्वबाहुश्च सोमपाः
Devabāhu et Jaya ; le sage nommé Vedaśirā ; Hiraṇyaromā ; Parjanya ; et Ūrdhvabāhu — tels sont les buveurs de Soma, les consacrés qui prennent part au Soma sacré dans le rite divin.
Verse 29
सत्यनेत्ररताश्चान्ये एते सप्तर्षयोऽपरे । देवाश्च भूतरजसस्तपःप्रकृतयस्तथा
D’autres, voués à la vision de la Vérité, sont ces autres grands Sept Ṛṣi. De même, il est des dieux dont la nature naît des guṇa des êtres, et d’autres dont la constitution même est l’austérité (tapas).
Verse 30
तत्रेंद्रो विभुनामा च त्रैलोक्याधिपतिस्तथा । रैवताख्यो मनुस्तत्र ज्ञेयस्तामससोदरः
Là, Indra est connu sous le nom de Vibhu et il est aussi le seigneur des trois mondes. En cette même période, il faut comprendre que le Manu est Raivata, frère de Tāmasa.
Verse 31
अर्जुनः पंक्तिविंध्यो वा दयायास्त नया मुने । महता तपसा युक्ता मेरुपृष्ठे वसंति हि
Ô sage, Arjuna et Paṅktivindhya — fils de Dayā —, unis à une grande austérité (tapas), demeurent en vérité sur l’arête du mont Meru.
Verse 32
रुचेः प्रजापतिः पुत्रो रौच्यो नाम मनुः स्मृतः । भूत्या चोत्पादितो देव्यां भौत्यो नामाभवत्सुतः
De Prajāpati Ruci naquit un fils, que l’on se souvient comme le Manu nommé Raucya. Et par la déesse Bhūti, il engendra un autre fils, qui fut connu sous le nom de Bhautya.
Verse 33
अनागताश्च सप्तैते कल्पेऽस्मिन्मनवस्स्मृताः । अनागताश्च सप्तैव स्मृता दिवि महर्षयः
Dans ce kalpa présent, ces sept Manus sont tenus en mémoire comme ceux qui doivent encore venir ; de même, sept grands ṛṣi au ciel sont aussi rappelés comme ceux qui n’ont pas encore paru.
Verse 34
इति श्रीशिवमहापुराणे पञ्चम्यामुमासंहितायां सर्वमन्वतरानुर्कार्तनं नाम चतुस्त्रिंशोऽध्यायः
Ainsi, dans le Śrī Śiva Mahāpurāṇa—au Cinquième Livre, l’Umāsaṃhitā—s’achève le trente-quatrième chapitre, intitulé «Récitation de tous les Manvantara».
Verse 35
गौतमस्यात्मजश्चैव शरद्वान् गौतमः कृपः । कौशिको गालवश्चैव रुरुः कश्यप एव च
Et aussi le fils de Gautama, Śaradvān (connu sous le nom de Kṛpa), ainsi que Gautama, Kauśika, Gālava, Ruru, et de même Kaśyapa.
Verse 36
एते सप्त महात्मानो भविष्या मुनिसत्तमाः । देवाश्चानागतास्तत्र त्रयः प्रोक्तास्स्वयंभुवा
«Ces sept êtres à la grande âme deviendront les plus éminents des sages. Et là, trois dieux encore à venir furent aussi annoncés par Svayambhū (Brahmā).»
Verse 37
मरीचेश्चैव पुत्रास्ते कश्यपस्य महात्मनः । तेषां विरोचनसुतो बलिरिंद्रो भविष्यति
Ils sont bien les fils de Marīci, nés du magnanime Kaśyapa. Parmi eux, Bali, fils de Virocana, deviendra Indra, le seigneur des dieux.
Verse 38
विषांङ्गश्चावनीवांश्च सुमंतो धृतिमान्वसुः । सूरिः सुराख्यो विष्णुश्च राजा सुमतिरेव च
Viṣāṅga, Avanīvān, Sumanta, Dhṛtimān, Vasu, Sūri, Surākhya, Viṣṇu, Rājā, et Sumati aussi : eux aussi étaient parmi eux.
Verse 39
सावर्णेश्च मनोः पुत्रा भविष्या दश शौनक । इहाष्टमं हि कथितं नवमं चान्तरं शृणु
Ô Śaunaka, les fils de Sāvarṇi Manu seront au nombre de dix. Ici, le huitième Manvantara a déjà été exposé ; écoute maintenant aussi le neuvième Manvantara.
Verse 40
प्रथमं दक्षसावर्णि प्रवक्ष्यामि मनुं शृणु । मेधातिथिश्च पौलस्त्यो वसुः कश्यप एव च
D’abord, je décrirai le Manu nommé Dakṣasāvarṇi—écoute. Dans sa lignée se trouvent Medhātithi, Paulastya, Vasu, et aussi Kaśyapa.
Verse 41
ज्योतिष्मान्भार्गवश्चैव धृतिमानंगिरास्तथा । सवनश्चैव वासिष्ठ आत्रेयो हव्य एव च
« (Il y avait des sages) Jyotiṣmān ; Bhārgava (de la lignée de Bhṛgu) ; Dhṛtimān ; et de même Aṅgirā. Aussi Savana ; Vāsiṣṭha (de la lignée de Vasiṣṭha) ; Ātreya (de la lignée d’Atri) ; et Havya également. »
Verse 42
पुलहस्सप्त इत्येते ऋषयो रौहितेंतरे । देवतानां गणास्तत्र त्रय एव महामुने
« Pulaha et les sept autres : tels sont les ṛṣi dans le Rohita-antara. Là, ô grand muni, les troupes (gaṇa) des dieux ne sont qu’au nombre de trois. »
Verse 43
दीक्षापुत्रस्य पुत्रास्ते रोहितस्य प्रजापतेः । धृष्टकेतुर्दीप्तकेतुः पंचहस्तो निराकृतिः
Tels furent les fils du fils de Dīkṣā—de Rohita, le Prajāpati : Dhṛṣṭaketu, Dīptaketu, Pañcahasta et Nirākṛti.
Verse 44
पृथुश्रवा भूरिद्युम्नो ऋचीको बृहतो गयः । प्रथमस्य तु सावर्णेर्नव पुत्रा महौजस
Pṛthuśravā, Bhūridyumna, Ṛcīka, Bṛhata et Gaya : tels sont des noms comptés parmi les fils. Ainsi, chez Sāvarṇi (Manu), le premier groupe se compose de neuf fils, tous pourvus d’une grande force et d’une vive énergie.
Verse 45
दशमे त्वथ पर्याये द्वितीयस्यांतरे मनोः । हविष्मान्पुलहश्चैव प्रकृतिश्चैव भार्गवः
Puis, dans le dixième cycle—au sein de l’intervalle du second Manu—apparurent Haviṣmān, Pulaha, ainsi que Prakṛti, et aussi le sage Bhārgava.
Verse 46
आयो मुक्तिस्तथात्रेयो वसिष्ठश्चाव्ययस्स्मृतः । पौलस्त्यः प्रयतिश्चैव भामारश्चैव कश्यपः
Sont aussi rappelés Āya, Mukti et Ātreya ; Vasiṣṭha est également mentionné, avec Avyaya. De même sont nommés Paulastya, Prayati, Bhāmāra et Kaśyapa.
Verse 47
अङ्गिरानेनसस्सत्यः सप्तैते परमर्षयः । देवतानां गणाश्चापि द्विषिमंतश्च ते स्मृताः
Aṅgirā, Nena, Sassatya : ces sept-là sont mémorisés comme les ṛṣi suprêmes ; et ils sont aussi tenus pour des cohortes divines, pourvus d’éclat spirituel et d’une énergie ardente.
Verse 48
तेषामिन्द्रस्स्मृतः शम्भुस्त्वयमेव महेश्वरः । अक्षत्वानुत्तमौजाश्च भूरिषेणश्च वीर्यवान्
Parmi eux, celui dont on se souvient comme Indra est Śambhu — en vérité, Tu es Toi-même ce Mahādeva. Et il y a aussi Akṣatva, Anuttamaujā et Bhūriṣeṇa, chacun étant renommé pour sa vaillance puissante.
Verse 49
शतानीको निरामित्रो वृषसेनो जयद्रथः । भूरिद्युम्नः सुवर्चार्चिर्दश त्वेते मनोस्सुताः
Śatānīka, Nirāmitra, Vṛṣasena, Jayadratha, Bhūridyumna et Suvarcārcis — ces dix sont déclarés être les fils de Manu.
Verse 50
एकादशे तु पर्याये तृतीयस्यांतरे मनोः । तस्यापि सप्त ऋषयः कीर्त्यमानान्निबोध मे
Maintenant, dans le onzième cycle — au sein du troisième Manvantara de Manu — écoutez-moi alors que je relate les sept Ṛṣis appartenant à cette période.
Verse 51
हविष्मान्कश्यपश्चापि वपुष्मांश्चैव वारुणः । अत्रेयोऽथ वसिष्ठश्च ह्यनयस्त्वंगिरास्तथा
Haviṣmān, Kaśyapa et aussi Vapuṣmān—fils de Varuṇa—avec Atreya et Vasiṣṭha; de même Anaya et Aṅgiras (furent présents/sont énumérés).
Verse 52
चारुधृष्यश्च पौलस्त्यो निःस्वरोऽग्निस्तु तैजसः । सप्तैते ऋषयः प्रोक्तास्त्रयो देवगणास्स्मृताः
Cārudhṛṣya, Paulastya, Niḥsvāra et Agni, resplendissant d’un éclat de feu, sont ainsi nommés. Ensemble, ils sont proclamés les sept Ṛṣi, et l’on se souvient aussi d’eux comme de trois classes de troupes divines (devagaṇa).
Verse 53
ब्रह्मणस्तु सुतास्ते हि त इमे वैधृताः स्मृताः । सर्वगश्च सुशर्म्मा च देवानीकस्तु क्षेमकः
En vérité, ceux-ci sont les fils de Brahmā ; on se souvient d’eux comme des Vaidhṛta : Sarvaga, Suśarmā, Devānīka et Kṣemaka.
Verse 54
दृढेषुः खंडको दर्शः कुहुर्बाहुर्मनोः स्मृताः । सावर्णस्य तु पौत्रा वै तृतीयस्य नव स्मृताः
Dṛḍheṣu, Khaṇḍaka, Darśa, Kuhur et Bāhu sont rappelés comme des descendants dans la lignée de Manu. Et, en vérité, neuf sont mémorisés comme les petits-fils de Sāvarṇa, le troisième de cette lignée.
Verse 55
चतुर्थस्य तु सावर्णेरृषीन्सप्त निबोध मे । द्युतिर्वसिष्ठपुत्रश्च आत्रेयस्सुतपास्तथा
Apprends maintenant de moi les sept sages (Saptarṣi) du quatrième Manu Sāvarṇi : Dyuti, le fils de Vasiṣṭha, ainsi qu’Ātreya et Sutapā.
Verse 56
अंगिरास्तपसो मूर्तिस्तपस्वी कश्यपस्तथा । तपोधनश्च पौलस्त्यः पुलहश्च तपोरतिः
Aṅgiras est l’incarnation même de l’austérité; Kaśyapa aussi est un grand ascète. Paulastya est riche du trésor du tapas, et Pulaha demeure à jamais voué à la pénitence.
Verse 57
भार्गवस्सप्तमस्तेषां विज्ञेय तपसो निधिः । पंच देवगणाः प्रोक्ता मानसा ब्रह्मणस्सुताः
Bhārgava doit être reconnu comme le septième parmi eux, véritable trésor de tapas. Ces cinq groupes d’êtres divins sont déclarés fils nés de l’esprit de Brahmā.
Verse 58
ऋतधामा तदिन्द्रो हि त्रिलोकी राज्यकृत्सुखी । द्वादशे चैव पर्याये भाव्ये रौच्यांतरे मुने
Ô sage, dans le douzième cycle à venir, au Manvantara de Raucya, Ṛtadhāmā deviendra certes Indra : il régnera sur les trois mondes et goûtera la félicité née de la souveraineté.
Verse 59
अंगिराश्चैव धृतिमान्पौलस्त्यो हव्यवांस्तु यः । पौलहस्तत्त्वदर्शी च भार्गवश्च निरुत्सवः
Et il y avait Aṅgirā, le ferme Dhṛtimān, Paulastya et Havyavān; Paulaha, voyant de la vérité, et Bhārgava, affranchi de toute fête extérieure, demeurant intérieurement recueilli.
Verse 60
निष्प्रपंचस्तथात्रेयो निर्देहः कश्यपस्तथा । सुतपाश्चैव वासिष्ठस्सप्तैवैते महर्षयः
Niṣprapañca, Atreya, Nirdeha, Kaśyapa, Sutapā et Vāsiṣṭha : tels sont, en vérité, les sept grands sages, les Mahārṣis.
Verse 61
त्रय एव गणाः प्रोक्ता देवतानां स्वयंभुवा । दिवस्पतिस्तमिन्द्रो वै विचित्रश्चित्र एव च
Le Seigneur Né-de-Lui-même (Brahmā) a déclaré que, parmi les troupes (gaṇa) des dieux, il n’y en a précisément que trois : Divaspati, Indra et Vicitra, appelé aussi Citra.
Verse 62
नयो धर्मो धृतोंध्रश्च सुनेत्रः क्षत्रवृद्धकः । निर्भयस्सुतपा द्रोणो मनो रौच्यस्य ते सुताः
Naya, Dharma, Dhṛta-andhra, Sunetra, Kṣatra-vṛddhaka, Nirbhaya, Sutapā, Droṇa et Mana : tels furent les fils de Raucyā (Manu).
Verse 63
चतुर्द्दशे तु पर्याये सत्यस्यैवांतरे मनोः । आग्नीध्रः काश्यपश्चैव पौलस्त्यो मागधश्च यः
Dans le quatorzième cycle—au sein du Manvantara du Manu nommé Satya—il y eut (des sages/lignées) tels qu’Āgnīdhra, Kāśyapa, Paulastya, et aussi Māgadha.
Verse 64
भार्गवोऽप्यतिवाह्यश्च शुचिरांगिरसस्तथा । युक्तश्चैव तथात्रेयः पौत्रो वाशिष्ठ एव च
«Bhārgava aussi, et Ativāhya ; Śuci et Āṅgirasa ; de même Yukta, et aussi Ātreya ; Pautra, et Vāśiṣṭha également.»
Verse 65
अजितः पुलहश्चैव ह्यंत्यास्सप्तर्षयश्च ते । पवित्राश्चाक्षुषा देवाः शुचिरिन्द्रो भविष्यति
Ajita et Pulaha, avec les autres sages formant les sept ṛṣis, paraîtront alors. Les divinités appelées Pāvitrās seront les dieux du Manvantara d’Ākṣuṣa, et Śuci deviendra Indra.
Verse 66
एतेषां कल्य उत्थाय कीर्तनात्सुखमेधते । अतीतानागतानां वै महर्षीणां नरैस्सदा
Ô toi de bon augure, en se levantant (avec dévotion) et en chantant leurs gloires, le bonheur s’accroît. En vérité, les hommes doivent toujours célébrer les grands ṛṣi du passé et ceux qui sont encore à venir.
Verse 67
देवतानां गणाः प्रोक्ताश्शृणु पंच महामुने । तुरंगभीरुर्बुध्नश्च तनुग्रोऽनूग्र एव च
Ô grand sage, écoute : cinq groupes parmi les divinités sont proclamés—Turaṅgabhīru, Budhna, Tanugra et aussi Anūgra (dans l’énumération en cinq).
Verse 68
अतिमानी प्रवीणश्च विष्णुस्संक्रंदनस्तथा । तेजस्वी सबलश्चैव सत्यस्त्वेते मनोस्सुता
«Atimānī, Pravīṇa, Viṣṇu, Saṃkrandana, Tejasvī, Sabala et Satya—ce sont là, en vérité, les fils de Manu.»
Verse 69
भौमस्यैवाधिकारे वै पूर्वकल्पस्तु पूर्यते । इत्येतेऽनागताऽतीता मनवः कीर्तिता मया
En vérité, dans la juridiction de Bhauma (la Terre), le récit du kalpa précédent s’achève ainsi. De cette manière, j’ai célébré les Manus, ceux qui sont passés et ceux qui doivent encore venir.
Verse 70
उक्तास्सनत्कुमारेण व्यासायामिततेजसा । पूर्णे युगसहस्रांते परिपाल्यः स्वधर्मतः
Ces enseignements furent dits par Sanatkumāra à Vyāsa, à la splendeur sans mesure : «Quand mille yugas sont accomplis, il faut préserver (cette tradition) comme il se doit, selon son propre dharma.»
Verse 71
प्रजाभिस्तपसा युक्ता ब्रह्मलोकं व्रजंति ते । युगानि सप्रतिस्त्वेकं साग्राण्यंतरमुच्यते
Ces êtres, unis à l’austérité (tapas) pour le bien de leur descendance, atteignent le Brahmaloka. Une durée faite de yugas, avec leurs jonctions et intervalles (sandhi), équivalant à un tel cycle et augmentée d’une mesure supplémentaire, est déclarée « antara » (intervalle).
Verse 72
चतुर्दशैते मनवः कीर्तिता कीर्तिवर्धनाः । मन्वंतरेषु सर्वेषु संहारांते पुनर्भवः
Ces quatorze Manus ont été proclamés, accroisseurs de renommée. Dans chaque Manvantara, à la fin de la dissolution (saṃhāra), ils surgissent de nouveau, en manifestation renouvelée.
Verse 73
न शक्यमन्तरं तेषां वक्तुं वर्षशतैरपि । पूर्णे शतसहस्रे तु कल्पो निःशेष उच्यते
Même en des centaines d’années, on ne peut décrire pleinement les intervalles entre ces divisions du temps cosmique. Mais lorsque cent mille (années) sont accomplies, cela est proclamé comme un kalpa dans son entier.
Verse 75
तत्र सर्वाणि भूतानि दग्धान्यादित्यरश्मिभिः । ब्रह्माणमग्रतः कृत्वा सदादित्यगणैर्मुने
Là, tous les êtres furent brûlés par les rayons du Soleil. Puis, ô sage, les cohortes des Āditya, plaçant Brahmā à leur tête, s’avancèrent plus avant.
Verse 76
प्रविशंति सुरश्रेष्ठ हरिं नारायणं परम् । स्रष्टारं सर्व भूतानां कल्पांतेषु पुनःपुनः
Ô le meilleur des dieux, encore et encore, à la fin de chaque éon, ils entrent en Hari—Nārāyaṇa suprême—qui, au cycle suivant, devient le créateur de tous les êtres. Du point de vue śaiva, cela décrit la dissolution périodique et la réémergence des fonctions cosmiques, tandis que le Seigneur suprême Śiva demeure le Pati transcendant, au-delà de ces rôles changeants.
Verse 77
भूयोपि भगवान् रुद्रस्संहर्ता काल एव हि । कल्पांते तत्प्रवक्ष्यामि मनोर्वैवस्वतस्य वै
De nouveau, le Seigneur bienheureux Rudra est en vérité Kāla, le Temps lui-même, le grand Dissolveur. À la fin du kalpa, je vais maintenant décrire cette dissolution en relation avec Vaivasvata Manu.
Verse 78
इति ते कथितं सर्वं मन्वंतरसमुद्भवम् । विसर्गं पुण्यमाख्यानं धन्यं कुलविवर्द्धनम्
Ainsi, je t’ai exposé tout ce qui naquit au cours des Manvantara : le récit sacré du Visarga (la création secondaire), une histoire méritoire qui confère la bénédiction et accroît la prospérité et la sainteté de la lignée.
Rather than a single dramatic episode, the chapter presents a theological-architectural argument: sacred history is organized by fourteen manvantaras, each governed by a Manu. This enumeration (including the present Vaivasvata Manu) is used to explain how cosmic order and dharma are administered across time within a kalpa.
The ‘symbol’ here is the calendrical-cosmological grid itself: manvantara and Manu operate as indexing devices that encode continuity of revelation and governance. Listing ṛṣis, devagaṇas, and directional placement of Saptarṣis functions as a metadata system—linking authority, space, and time so later teachings and rituals can be situated within a coherent cosmic taxonomy.
No specific iconographic manifestation (svarūpa) of Śiva or Umā is foregrounded in the provided verses; the emphasis is cosmological administration (Manus, ṛṣis, devagaṇas). The Śaiva relevance is indirect: the chapter supplies the temporal framework within which Śaiva revelation, worship, and divine governance are understood to operate.