
L’Adhyāya 30 prend la forme d’un dialogue entre Nārada et Brahmā, juste après le départ de Hari vers sa propre demeure. Nārada demande un récit précis de ce que fit ensuite Pārvatī—louée comme sarva-maṅgalā, source de toute auspiciosité—et où elle se rendit. Brahmā raconte qu’après une prestation enchanteresse de chant et de danse qui subjugue l’assemblée (y compris Menā), Pārvatī, accompagnée de ses compagnes, rend « accomplis » sa forme et son dessein, puis, invoquant Mahādeva, se met en route vers la maison paternelle. À l’annonce de son arrivée, Menā et Himācala exultent et sortent sur un véhicule divin pour l’accueillir. Prêtres, habitants de la cité, amis et parents se rassemblent; ses frères, conduits par Maināka, avancent aussi en poussant des cris de victoire. Le chapitre met en avant l’accueil public et ritualisé : la voie royale est ornée, un maṅgala-ghaṭa est installé, des substances parfumées et précieuses (santal, agaru, musc, fruits et rameaux) sont préparées, et brāhmaṇas, munis, femmes et danseuses participent, composant un tableau civico-religieux de bienvenue de bon augure qui encadre le passage de Pārvatī entre la sphère domestique et la sphère divine.
Verse 1
नारद उवाच । विधे तात महाभाग धन्यस्त्वं परमार्थदृक् । अद्भुतेयं कथाश्रावि त्वदनुग्रहतो मया
Nārada dit : «Ô Vidhē (Brahmā), père vénérable, ô toi le très fortuné : tu es béni, car tu vois la vérité suprême. Par ta grâce, j’ai entendu ce récit sacré et merveilleux.»
Verse 2
गते हरे स्वशैले हि पार्वती सर्वमंगला । किं चकार गता कुत्र तन्मे वद महामते
Lorsque Hari fut parti vers sa demeure montagneuse, que fit Pārvatī, toute de bon augure, et où alla-t-elle ? Ô grand d’esprit, dis-le-moi.
Verse 3
श्रुत्वा सुगीतं तद्दृष्ट्वा सुनृत्यं च मनोहरम् । सहसा मुमुहुस्सर्वे मेनापि च तदा मुने
Ô sage, en entendant ce chant exquis et en voyant cette danse charmante et gracieuse, tous furent soudain saisis d’émoi jusqu’à défaillir ; Menā aussi, en ce moment-là.
Verse 4
पार्वत्यपि सखीयुक्ता रूपं कृत्वा तु सार्थकम् । जगाम स्वपितुर्गेहं महादेवेति वादिनी
Pārvatī aussi, accompagnée de ses compagnes, prit une apparence convenable et pleine de sens, puis se rendit à la demeure de son père, ne cessant de dire : « Mahādeva ».
Verse 5
पार्वत्यागमनं श्रुत्वा मेना च स हिमाचलः । दिव्यं यानं समारुह्य प्रययौ हर्षविह्वलः
En apprenant l’arrivée de Pārvatī, Menā et Himācala, Seigneur des Montagnes, furent transportés de joie ; montant un char céleste, ils partirent aussitôt.
Verse 6
पुरोहितश्च पौराश्च सख्यश्चैवाप्यनेकशः । सम्वन्धिनस्तथान्ये च सर्वे ते च समाययुः
Les prêtres de la lignée, les gens de la cité et de nombreux amis—ainsi que les parents et d’autres encore—tous, assurément, s’assemblèrent là ensemble.
Verse 7
भ्रातरः सकला जग्मुर्मैनाकप्रमुखास्तदा । जयशब्दं प्रब्रुवन्तो महाहर्षसमन्विताः
Alors tous les frères—conduits par Maināka—se mirent en route ensemble, lançant le cri de « Victoire ! » et débordant d’une grande allégresse.
Verse 8
संस्थाप्य मंगलघटं राजवर्त्मनि राजिते । चन्दनागरुकस्तूरीफलशाखासमन्विते
Ayant établi le vase rituel de bon augure (maṅgala-ghaṭa) sur la voie royale magnifiquement parée, on l’orna de santal, d’agaru, de musc et de branches chargées de fruits, afin que le rite resplendît d’une auspiciosité sacrée.
Verse 9
सपुरोधोब्राह्मणैश्च मुनिभिर्ब्रह्मवादिभिः । नारीभिर्नर्तकीभिश्च गजेन्द्राद्रिसुशोभितैः
Avec les prêtres de la lignée—brāhmaṇas, sages et docteurs du Brahman—se trouvaient aussi des femmes et des danseuses; et tout le tableau brillait, comme embelli par de puissants éléphants et une majesté pareille aux montagnes.
Verse 10
परितः परितो रंभास्तम्भवृन्दसमन्विते । पतिपुत्रवतीयोषित्समूहैर्दीपहस्तकैः
Tout autour, le lieu était orné de bouquets de piliers de bananier; et il était entouré de groupes de femmes mariées, bénies d’un époux et de fils, chacune tenant des lampes en ses mains.
Verse 11
द्विजवृन्दैश्च संयुक्ते कुर्वद्भिर्मङ्गलध्वनिम् । नानाप्रकारवाद्यैश्च शंखध्वनिभिरन्विते
Le lieu était bondé de groupes de brahmanes deux-fois-nés, faisant retentir des sons de bon augure ; il résonnait de maints instruments de musique et se trouvait empli du fracas des conques sacrées (śaṅkha).
Verse 12
एतस्मिन्नन्तरे दुर्गा जगाम स्वपुरान्तिकम् । विशंती नगरं देवी ददर्श पितरौ पुनः
Cependant, Durgā s’approcha de sa propre cité. Lorsque la Déesse entra dans la ville, elle revit de nouveau ses parents.
Verse 13
सुप्रसन्नौ प्रधावन्तौ हर्षविह्वलमानसौ । दृष्ट्वा काली सुप्रहृष्टा स्वालिभिः प्रणनाम तौ
Rayonnants de joie, tous deux accoururent, l’esprit bouleversé d’allégresse. En les voyant, Kālī fut elle aussi transportée de bonheur et, avec ses suivantes, se prosterna devant eux.
Verse 14
तौ सम्पूर्णाशिषं दत्त्वा चक्रतुस्तौ स्ववक्षसि । हे वत्से त्वेवमुच्चार्य रुदन्तौ प्रेमविह्वलौ
Après lui avoir accordé des bénédictions complètes, ils la serrèrent contre leur poitrine. Disant : «Ô mon enfant, oui, ainsi», ils pleurèrent, submergés d’amour.
Verse 15
ततस्स्वकीया अप्यस्या अन्या नार्यापि संमुदा । भ्रातृस्त्रियोपि सुप्रीत्या दृढालिंगनमादधुः
Puis les femmes de sa maison, ainsi que d’autres femmes, se réjouirent avec allégresse ; même les épouses de ses frères l’étreignirent fermement, avec une grande affection.
Verse 16
साधितं हि त्वया सम्यक्सुकार्यं कुलतारणम् । त्वत्सदाचरणेनापि पाविताः स्माखिला वयम्
Vraiment, tu as accompli parfaitement la noble tâche de sauver la lignée. Par ta conduite juste également, nous tous avons été purifiés.
Verse 17
इति सर्वे सुप्रशंस्य प्रणेमुस्तां प्रहर्षिताः । चन्दनैः सुप्रसूनैश्च समानर्चुश्शिवां मुदा
Ainsi, tous, l’ayant hautement louée, se prosternèrent avec allégresse devant la Déesse Śivā (Pārvatī), si auspicieuse; puis, avec pâte de santal et fleurs exquises, ils l’adorèrent ensemble dans la joie.
Verse 18
तस्मिन्नवसरे देवा विमानस्था मुदाम्बरे । पुष्पवृष्टिं शुभां चक्रुर्नत्वा तां तुष्टुवुः स्तवैः
À cet instant même, les dieux, assis dans leurs vimānas au sein du ciel joyeux, firent pleuvoir des fleurs de bon augure. S’étant inclinés devant elle, ils la célébrèrent par des hymnes.
Verse 19
तदा तां च रथे स्थाप्य सर्वे शोभान्विते वरे । पुरं प्रवेशयामासुस्सर्वे विप्रादयो मुदा
Alors, l’ayant installée sur un char d’exception, paré de splendeur, tous—conduits par les brāhmaṇas—la firent entrer dans la cité avec joie.
Verse 20
अथ विप्राः पुरोधाश्च सख्योन्याश्च स्त्रियः शिवाम् । गृहं प्रवेशयामासुर्बहुमानपुरस्सरम्
Puis les brāhmaṇas, les prêtres de la famille et les autres femmes—ses compagnes—firent entrer Śivā (Pārvatī) dans la demeure, marchant devant elle avec grand honneur et accueil révérencieux.
Verse 21
स्त्रियो निर्मच्छनं चक्रुर्विप्रा युयुजुराशिषः । हिमवान्मेनका माता मुमोदाति मुनीश्वर
Ô seigneur des sages, les femmes accomplirent les rites auspiciaux de purification ; les brāhmaṇas prononcèrent des bénédictions. Himavān, Menakā et la mère (de la mariée) se réjouirent grandement.
Verse 22
ततस्स हिमवान् तात सुप्रहृष्टाः प्रसन्नधीः । सम्मान्य सकलान्प्रीत्या स्नातुं गंगां जगाम ह
Alors, ô cher, Himavān—plein d’allégresse et l’intelligence paisible—honora chacun avec affection, puis se rendit au Gaṅgā pour s’y baigner.
Verse 23
ब्राह्मणेभ्यश्च बंदिभ्यः पर्वतेन्द्रो धनं ददौ । मङ्गलं पाठयामास स द्विजेभ्यो महोत्सवम्
Le Seigneur des Montagnes (Himālaya) fit don de richesses aux brāhmaṇas et aux bardes. Puis il fit réciter par les deux-fois-nés des bénédictions de bon augure, célébrant l’événement comme une grande fête.
Verse 24
एवं स्वकन्यया हृष्टौ पितरौ भ्रातरस्तथा । जामयश्च महाप्रीत्या समूषुः प्रांगणे मुने
Ainsi, ô sage, ses parents, ses frères et ses belles-sœurs—ravis à cause de leur propre fille—s’assirent ensemble dans la cour, dans une grande allégresse.
Verse 26
एतस्मिन्नंतरे शंभुस्सुलीलो भक्तवत्सलः । सुनर्तकनटो भूत्वा मेनकासंनिधिं ययौ
Pendant ce temps, Śambhu — toujours joueur dans Sa līlā divine et plein de tendresse pour Ses dévots — prit l’apparence d’un remarquable acteur-danseur et se rendit auprès de Menakā.
Verse 27
शृंगं वामे करे धृत्वा दक्षिणे डमरु तथा । पृष्ठे कंथां रक्तवासा नृत्यगानविशारदः
Il tenait une corne dans la main gauche et, dans la droite, un ḍamaru ; un manteau sur le dos, vêtu de rouge, il excellait dans la danse et le chant.
Verse 28
ततस्सुनटरूपोसौ मेनकाया गणे मुदा । चक्रे सुनृत्यं विविधं गानं चातिमनोहरम्
Alors, prenant la forme d’un danseur, il exécuta avec joie des danses exquises et variées au milieu des suivantes de Menakā, et chanta aussi d’une manière infiniment enchanteresse.
Verse 29
शृंगं च डमरुं तत्र वादयामास सुध्वनिम् । महतीं विविधां तत्र स चकार मनोहराम्
Là, il se mit à faire résonner la corne et le ḍamaru, produisant un son doux et vibrant; et en ce lieu il créa une musique ample, diverse et enchanteresse.
Verse 30
इति श्रीशिवमहापुराणे द्वितीयायां रुद्रसंहितायां तृतीये पार्वतीखंडे पार्वतीप्रत्यागमनमहोत्सववर्णनं नाम त्रिंशोऽध्यायः
Ainsi s’achève le trentième chapitre, intitulé « Description de la Grande Fête du Retour de Pārvatī », dans la troisième section—Pārvatīkhaṇḍa—de la seconde division, la Rudra Saṃhitā, du glorieux Śiva Mahāpurāṇa.
Verse 32
मूर्च्छां संप्राप्य सा दुर्गा सुदृष्ट्वा हृदि शंकरम् । त्रिशूलादिकचिह्नानि बिभ्रतं चातिसुन्दरम्
Saisie d’un évanouissement, la Déesse Durgā vit Śaṅkara au-dedans de son propre cœur—d’une beauté sans pareille, portant les marques et emblèmes, tels le trident et les autres.
Verse 33
विभूतिविभूषितं रम्यमस्थिमालासमन्वितम् । त्रिलोचनोज्ज्वलद्वक्त्रं नागायज्ञोपवीतकम्
Paré de vibhūti, la cendre sacrée, rayonnant de beauté, portant une guirlande d’ossements; le visage éclatant aux trois yeux, et un serpent pour cordon sacré (yajñopavīta) : telle fut décrite la forme manifeste et propice du Seigneur Śiva.
Verse 34
वरं वृण्वित्युक्तवन्तं गौरवर्णं महेश्वरम् । दीनबन्धु दयासिन्धुं सर्वथा सुमनोहरम्
Ils contemplèrent Mahādeva, le Maheshvara à la teinte claire, qui avait prononcé : « Choisissez une grâce. » Il était l’ami des affligés, un océan de compassion, et, de toute manière, souverainement ravissant pour l’esprit.
Verse 35
हृदयस्थं हरं दृष्ट्वेदृशं सा प्रणनाम तम् । वरं वव्रे मानसं हि पतिर्मे त्वं भवेति च
Voyant ainsi Hara demeurer au fond de son cœur, elle se prosterna devant Lui. Puis, en son esprit, elle choisit une grâce : « Puisses-Tu être, en vérité, mon époux. »
Verse 36
वरं दत्त्वा शिवं चाथ तादृशं प्रीतितो हृदा । अन्तर्धाय पुनस्तत्र सुननर्त्त स भिक्षुकः
Ayant accordé une telle grâce à Shiva, ce mendiant — le cœur rempli de joie — disparut alors ; et de nouveau, à cet endroit même, il dansa merveilleusement bien.
Verse 37
ततो मेना सुरत्नानि स्वर्णपात्रस्थितानि च । तस्मै दातुं ययौ प्रीत्या तद्भूति प्रीतमानसः
Alors Menā, le cœur ravi par cette fortune de bon augure, alla joyeusement lui présenter d'excellents joyaux placés dans des vases d'or.
Verse 38
तानि न स्वीचकारासौ भिक्षां याचे शिवां च ताम् । पुनस्सुनृत्यं गानश्च कौतुकात्कर्तुमुद्यतः
Il n'accepta pas ces offrandes. Au lieu de cela, il demanda l'aumône à cette Dame de bon augure (Śivā, Pārvatī). Puis, par curiosité ludique, il se remit à danser et à chanter.
Verse 39
मेना तद्वचनं श्रुत्वा चुकोपाति सुविस्मिता । भिक्षुकं भर्त्सयामास बहिष्कर्तुमियेष सा
Entendant ces paroles, Menā —saisie d’un profond étonnement— s’emporta violemment. Elle réprimanda le mendiant et résolut de le chasser au dehors.
Verse 40
एतस्मिन्नन्तरे तत्र गंगातो गिरिराययौ । ददर्श पुरतो भिक्षुं प्रांगणस्थं नराकृतिम्
À cet instant même, là, le Seigneur des Montagnes (Himālaya) arriva depuis la Gaṅgā. Devant lui, il aperçut un mendiant, debout dans la cour, ayant forme humaine.
Verse 41
श्रुत्वा मेनामुखाद्वृत्तं तत्सर्वं सुचुकोप सः । आज्ञां चकारानुचरान्बहिष्कर्तुञ्च तं नटम्
Ayant entendu de la bouche même de Menā le récit complet de ce qui s’était passé, il entra dans une colère extrême. Il ordonna alors à ses serviteurs de chasser de l’assemblée ce « comédien ».
Verse 42
महाग्निमिव दुःस्पर्शं प्रज्वलन्तं सुतेजसम् । न शशाक बहिष्कर्तुं कोपि तं मुनिसत्तम
Ô le meilleur des sages, nul ne put le chasser : il était tel un grand feu, intouchable, flamboyant de sa propre splendeur.
Verse 43
ततस्स भिक्षुकस्तात नानालीलाविशारदः । दर्शयामास शैलाय स्वप्रभावमनन्तकम्
Alors ce mendiant, ô cher enfant, expert en maintes līlās divines, révéla à la Montagne (Himālaya) sa propre majesté innée, sans limites.
Verse 44
शैलो ददर्श तं तत्र विष्णुरूपधरं द्रुतम् । किरीटिनं कुण्डलिनं पीतवस्त्रं चतुर्भुजम्
Là, Śaila (l’Himālaya) le vit promptement apparaître sous la forme de Viṣṇu : couronné, paré de boucles d’oreilles, vêtu de jaune et pourvu de quatre bras.
Verse 45
यद्यत्पुष्पादिकं दत्तं पूजाकाले गदाभृते । गात्रे शिरसि तत्सर्वं भिक्षुकस्य ददर्श ह
Toutes les fleurs et les autres offrandes données au moment du culte au Seigneur porteur de la massue, il les vit alors toutes reposer sur le corps et la tête de ce mendiant.
Verse 46
ततो ददर्श जगतां स्रष्टारं स चतुर्मुखम् । रक्तवर्णं पठन्तञ्च श्रुतिसूक्तं गिरीश्वरः
Alors Girīśvara, le Seigneur Śiva, maître des montagnes, contempla le Créateur des mondes — Brahmā aux quatre visages — d’une teinte rougeoyante, récitant des hymnes tirés de la Śruti (les Veda).
Verse 47
ततस्सूर्य्यस्वरूपञ्च जगच्चक्षुस्स्वरूपकम् । ददर्श गिरिराजस्स क्षणं कौतुककारिणाम्
Puis Girirāja (l’Himālaya) aperçut un instant cette manifestation merveilleuse — de la forme même du Soleil, « l’œil de l’univers » — qui soulevait l’émerveillement de tous les témoins.
Verse 48
ततो ददर्श तं तात रुद्ररूपं महाद्भुतम् । पार्वती सहितं रम्यं विहसन्तं सुतेजसम्
Alors, ô cher, il le contempla dans une forme de Rudra merveilleuse : beau, rayonnant d’une splendeur suprême, souriant doucement, et accompagné de Pārvatī.
Verse 49
ततस्तेजस्स्वरूपञ्च निराकारं निरंजनम् । निरुपाधिं निरीहञ्च महाद्भुतमरूपकम्
Alors se manifesta cette Réalité dont la nature même est pure radiance : sans forme, sans tache, libre des upādhis limitants, sans effort personnel, merveille au-delà de toute mesure et pourtant sans figure matérielle. Selon l’entendement śaiva, cela désigne Śiva comme Pati : la Lumière transcendante, nirguṇa en son essence, antérieure à toute apparition manifestée.
Verse 50
एवं बहूनि रूपाणि तस्य तत्र ददर्श सः । सुविस्मितो बभूवाशु परमानन्दसंयुतः
Ainsi, en ce lieu même, il contempla de nombreuses formes de ce Seigneur. Aussitôt il fut saisi d’émerveillement, rempli de la béatitude suprême, submergé par la vision de bon augure des multiples manifestations de Śiva.
Verse 51
अथासौ भिक्षुवर्य्यो हि तस्मात्तस्याश्च सूतिकृत् । भिक्षां ययाचे दुर्गान्तां नान्यज्जग्राह किञ्चन
Alors ce mendiant éminent—celui qui avait accompli pour elle le rite lié à l’enfantement—demanda l’aumône à Durgā elle-même ; et il n’accepta rien d’autre, absolument rien.
Verse 52
न स्वीचकार शैलैन्द्रो मोहितश्शिवमायया । भिक्षुः किंचिन्न जग्राह तत्रैवान्तर्दधे ततः
Trompé par la māyā de Śiva, le seigneur des montagnes ne donna pas son assentiment. Le mendiant n’accepta rien du tout, puis, sur-le-champ, il disparut.
Verse 53
तदा बभूव सुज्ञानं मेनाशैलेशयोरिति । आवां शिवो वञ्चयित्वा स्वस्थानं गतवान्प्रभुः
Alors une claire compréhension naquit en Menā et chez le seigneur de la montagne : «Le Seigneur Śiva, nous ayant trompés par son jeu divin, est maintenant retourné à sa propre demeure».
Verse 54
तयोर्विचिन्त्य तत्रैव शिवे भक्तिरभूत्परा । महामोक्षकरी दिव्या सर्वानन्दप्रदायिनी
En méditant sur ces deux êtres, sur-le-champ naquit une dévotion suprême envers Śiva—de nature divine, dispensatrice de la grande délivrance et accordant la plénitude de toute béatitude.
The chapter narrates Pārvatī’s departure to her father Himācala’s house after Hari returns to his own abode, and the elaborate, auspicious public welcome organized by Menā, Himācala, relatives, priests, and townspeople.
Pārvatī’s movement is framed as maṅgala in action: the goddess as sarva-maṅgalā sacralizes space (royal road, maṅgala-ghaṭa) and community, while continuous Śiva-remembrance signals the non-duality of devotion and worldly transition.
Pārvatī is highlighted as sarva-maṅgalā and as one who ‘fulfills’ her form/intention; the narrative also emphasizes collective manifestations of dharma—ritual specialists, kin networks, and celebratory arts (song/dance) as expressions of sacred order.