
Cet adhyāya, raconté par Sūta, met en scène une crise : un serviteur du roi démoniaque Dāruka aperçoit la forme splendide de Śaṅkara et en fait rapport. Dāruka arrive, interroge un vaiśya (marchand/chef de maison) absorbé dans la contemplation de Śaṅkara et, le dévot ne pouvant ou ne voulant révéler ce que le roi exige, ordonne à ses rākṣasa de le tuer. Quand les assaillants armés s’approchent, la peur du dévot devient le ressort d’une bhakti explicite : il se souvient de Śiva avec amour, répète Ses noms (Śaṃkara, Śambhu, Śiva) et proclame son abandon total, disant que Śiva est « tout » pour lui. Le tournant théologique survient lorsque Śambhu, invoqué par la prière, se manifeste depuis une ouverture/un espace, lié à une demeure excellente aux quatre portes, image rituelle et architecturale d’épiphanie protectrice. Le chapitre enseigne que le japa du Nom (nāma-japa) et la remise confiante (śaraṇāgati) transforment la vulnérabilité en proximité divine, et que toute puissance hostile demeure soumise au Seigneur qui répond au souvenir sincère.
Verse 1
सूत उवाच । कदाचित्सेवकस्तस्य राक्षसस्य दुरात्मनः । तदग्रे सुंदरं रूपं शंकरस्य ददर्श ह
Sūta dit : Un jour, un serviteur de ce rākṣasa au cœur mauvais vit, juste devant lui, la forme splendide de Śaṅkara (le Seigneur Śiva).
Verse 2
तस्मै निवेदितं राज्ञे राक्षसानां यथार्थकम् । सर्वं तच्चरितं तेन सकौतुकमथाद्भुतम्
Alors il rapporta au roi le récit véridique au sujet des Rākṣasas—toutes leurs actions—avec une vive curiosité, comme une merveille à contempler.
Verse 3
राजापि तत्र चागत्य राक्षसानां स दारुकः । विह्वलस्सबलश्शीघ्रं पर्यपृच्छच्च तं शिवम्
Alors le roi Dāruka des Rākṣasas vint lui aussi en ce lieu. Bouleversé, mais escorté de ses troupes, il interrogea promptement le Seigneur Śiva, cherchant refuge auprès du Protecteur suprême.
Verse 4
दारुक उवाच । किं ध्यायसि हि वैश्य त्वं सत्यं वद ममाग्रतः । एवं सति न मृत्युस्ते मम वाक्यं च नान्यथा
Dāruka dit : « Ô vaiśya, sur quoi médites-tu donc ? Dis la vérité devant moi. S’il en est ainsi, la mort ne viendra pas à toi — ma parole ne sera pas autrement. »
Verse 5
सूत उवाच । तेनोक्तं च न जानामि तच्छ्रुत्वा कुपितस्य वै । राक्षसान्प्रेरयामास हन्यतां राक्षसा अयम्
Sūta dit : « Je ne sais ce qu’il avait dit ; mais en l’entendant, celui-là s’emporta et excita les Rākṣasas en disant : “Ô Rākṣasas, qu’on tue cet homme !” »
Verse 6
तदुक्तास्ते तदा हंतुं नानायुधधरा गताः । द्रुतं तं वैश्यशार्दूलं शंकरासक्तचेतसम्
Ainsi instruits, ils partirent aussitôt pour le tuer, portant des armes de toutes sortes, et se ruèrent rapidement vers ce lion parmi les vaiśyas, dont l’esprit demeurait attaché à Śaṅkara.
Verse 7
तानागतांस्तदा दृष्ट्वा भयवित्रस्तलोचनः । शिवं सस्मार सुप्रीत्या तन्नामानि जगौ मुहुः
Les voyant arriver, ses yeux tremblèrent de frayeur. Mais, avec une tendre dévotion, il se souvint du Seigneur Śiva et répéta sans cesse Ses noms sacrés.
Verse 8
वैश्यपतिरुवाच । पाहि शंकर देवेश पाहि शंभो शिवेति च । दुष्टादस्मात्त्रिलोकेश खलहन्भक्तवत्सल
Vaiśyapati dit : «Protège-moi, ô Śaṅkara, Seigneur des dieux ! Protège-moi, ô Śambhu—Śiva de bon augure ! Ô Maître des trois mondes, destructeur des méchants, ami des dévots, délivre-moi de cet être mauvais.»
Verse 9
सर्वस्वं च भवानद्य मम देव त्वमेव हि । त्वदधीनस्त्वदीयोऽहं त्वत्प्राणस्सर्वदा प्रभो
Ô Seigneur, en vérité, Toi seul es mon tout. Je dépends entièrement de Toi ; je T’appartiens. Ô Maître, en tout temps mon souffle de vie repose en Toi.
Verse 10
सूत उवाच । इति संप्रार्थितश्शंभुर्विवरान्निर्गतस्तदा । भवनेनोत्तमेनाथ चतुर्द्वारयुतेन च
Sūta dit : Ainsi, vivement imploré, Śambhu sortit alors par l’ouverture ; et l’on vit le Seigneur avec une demeure divine excellente, pourvue de quatre portes.
Verse 11
मध्यज्योतिस्स्वरूपं च शिवरूपं तदद्भुतम् । परिवारसमायुक्तं दृष्ट्वा चापूजयत्स वै
Voyant cette forme merveilleuse de Śiva—manifestée comme la Lumière rayonnante au centre même—et le voyant entouré de sa suite divine, il lui rendit assurément un culte.
Verse 12
पूजितश्च तदा शंभुः प्रसन्नो ह्यभवत्स्वयम् । अस्त्रं पाशुपतं नाम दत्त्वा राक्षसपुंगवान्
Alors Śambhu, dûment adoré, fut de Lui-même comblé de satisfaction ; et Il remit l’arme nommée Pāśupata au plus éminent des Rākṣasas.
Verse 13
जघान सोपकरणांस्तान्सर्वान्सगणान्द्रुतम् । अरक्षच्च स्वभक्तं वै दुष्टहा स हि शंकरः
Śaṅkara, destructeur des méchants, abattit promptement tous ces serviteurs avec leurs armes ; et, en vérité, Il protégea Son propre dévot.
Verse 14
सर्वांस्तांश्च तदा हत्वा वरं प्रादाद्वनस्य च । अत्यद्भुतकरश्शंभुस्स्वलीलात्तसुविग्रहः
Les ayant tous abattus alors, Śambhu—dont les actes sont merveilleux et qui prend des formes par Son propre līlā divin—accorda aussi une grâce à cette forêt.
Verse 15
अस्मिन्वने सदा वर्णधर्मा वै संभवंतु च । ब्राह्मणक्षत्रियविशां शूद्राणां हि तथैव च
«Dans cette forêt, que les devoirs propres à chaque varṇa prévalent toujours. Que la conduite prescrite des brāhmaṇa, kṣatriya, vaiśya et, de même, des śūdra, soit continuellement établie.»
Verse 16
भवत्वत्र मुनिश्रेष्ठास्तामसा न कदाचन । शिवधर्मप्रवक्तारश्शिवधर्मप्रवर्तकाः
Ô les meilleurs des sages, puissiez-vous ici ne jamais tomber dans le tamas (l’obscurité spirituelle). Puissiez-vous devenir des proclamateurs du Dharma de Śiva et des promoteurs actifs de la voie sacrée de Śiva.
Verse 17
सूत उवाच । एतस्मिन्समये सा वै राक्षसी दारुकाह्वया । देव्याः स्तुतिं चकारासौ पार्वत्या दीनमानसा
Sūta dit : En ce temps-là, la rākṣasī nommée Dārukā, le cœur humilié et accablé, offrit un hymne de louange à la Déesse Pārvatī.
Verse 18
प्रसन्ना च तदा देवी किं करोमीत्युवाच हि । साप्युवाच पुनस्तत्र वंशो मे रक्ष्यतां त्वया
Alors la Déesse, comblée de joie, dit : «Que dois-je faire ?» Puis elle reprit en ce lieu : «Par toi, ma lignée doit être protégée.»
Verse 19
रक्षयिष्यामि ते वंशं सत्यं च कथ्यते मया । इत्युक्त्वा च शिवेनैव विग्रहं सा चकार ह
«Je protégerai ta lignée — telle est la vérité que je proclame.» Ayant ainsi parlé, cet être, par la volonté même de Śiva, prit alors une forme manifeste.
Verse 20
शिवोपि कुपितां देवीं दृष्ट्वा वरवशः प्रभुः । प्रत्युवाचेति सुप्रीत्या यथेच्छसि तथा कुरु
Voyant la Déesse courroucée, le Seigneur Śiva—bien que Suprême—, lié par la grâce qu’il avait accordée, répondit avec une joie affectueuse : «Comme tu le veux, qu’il en soit ainsi ; agis selon ton désir.»
Verse 21
सूत् उवाच । इति श्रुत्वा वचस्तस्य स्वपतेश्शंकरस्य वै । सुप्रसन्ना विहस्याशु पार्वती वाक्यमब्रवीत्
Sūta dit : Ayant ainsi entendu les paroles de son propre Seigneur, Śaṅkara, Pārvatī, grandement réjouie, sourit aussitôt et répondit.
Verse 22
पार्वत्युवाच । भवदीयं वचस्तथ्यं युगांते संभविष्यति । तावच्च तामसी सृष्टिर्भवत्विति मतं मम
Pārvatī dit : « Tes paroles sont véridiques ; à la fin de l’âge elles s’accompliront assurément. Jusque-là, que la création demeure dans le mode de tamas : telle est mon opinion mûrement réfléchie. »
Verse 23
अन्यथा प्रलयस्स्याद्वै सत्यं मे व्याहृतं शिव । प्रमाणीक्रियतां नाथ त्वदीयास्मि त्वदाश्रया
Autrement, il y aurait en vérité pralaya, la dissolution. Ô Śiva, ce que j’ai dit est vérité. Ô Seigneur (Nātha), qu’il soit reçu comme faisant autorité ; je suis à Toi et je ne prends refuge qu’en Toi seul.
Verse 24
इयं च दारुका देवी राक्षसी शक्तिका मम । बलिष्ठा राक्षसीनां च रक्षोराज्यं प्रशास्तु च
« Et cette déesse Dārukā —ma compagne rākṣasī, pourvue de puissance— est la plus forte parmi les rākṣasīs ; qu’elle gouverne et administre en vérité le royaume des rākṣasas. »
Verse 25
इमा राक्षसपत्न्यस्तु प्रसविष्यंति पुत्रकान् । ते सर्वे मिलिताश्चैव वने वासाय मे मताः
Ces épouses des rākṣasas enfanteront assurément des fils. Et tous ces fils, rassemblés, sont, selon ma résolution, destinés à demeurer dans la forêt.
Verse 26
सूत उवाच । इत्येवं वचनं श्रुत्वा पार्वत्यास्स्वस्त्रियाः प्रभुः । प्रसन्नमानसो भूत्वा शंकरो वाक्यमब्रवीत्
Sūta dit : Ayant ainsi entendu les paroles de la servante personnelle de Pārvatī, le Seigneur Śaṅkara, l’esprit apaisé et réjoui, répondit en ces termes.
Verse 27
शङ्कर उवाच । इति ब्रवीषि त्वं वै चेच्छृणु मद्वचनं प्रिये । स्थास्याम्यस्मिन्वने प्रीत्या भक्तानां पालनाय च
Śaṅkara dit : « Si telle est ta parole, bien-aimée, écoute la mienne. Par joie d’amour, je demeurerai dans cette forêt, et ce sera pour la protection et la garde des dévots. »
Verse 28
अत्र मे वर्णधर्मस्थो दर्शनं प्रीतिसंयुतम् । करिष्यति च यो वै स चक्रवर्ती भविष्यति
Quiconque, établi dans les devoirs de son varṇa et de son āśrama, vient ici et Me contemple avec une dévotion aimante, celui-là deviendra assurément un cakravartin, souverain universel.
Verse 29
अन्यथा कलिपर्याये सत्यस्यादौ नृपेश्वर । महासेनसुतो यो वै वीरसेनेति विश्रुतः
Ô seigneur des rois, dans le cycle de Kali il en va autrement; mais au commencement de l’âge Satya, il y eut vraiment le fils de Mahāsena, renommé sous le nom de Vīrasena.
Verse 30
इति श्रीशिवमहापुराणे चतुर्थ्यां कोटिरुद्रसंहितायां नागेश्वरज्योतिर्लिंगोद्भवमाहात्म्यवर्णनं नाम त्रिंशोऽध्यायः
Ainsi, dans le Śrī Śiva Mahāpurāṇa, au Quatrième Livre—la Koṭirudra Saṃhitā—s’achève le trentième chapitre intitulé : «Description de la gloire de l’origine du Jyotirliṅga de Nāgeśvara».
Verse 31
सूत उवाच । इत्येवं दंपती तौ च कृत्वा हास्यं परस्परम् । स्थितौ तत्र स्वयं साक्षान्महत्त्वकारकौ द्विजाः
Sūta dit : Ainsi, cet époux et cette épouse, après avoir échangé entre eux des rires enjoués, demeurèrent là—ces deux « deux-fois-nés » qui, en personne, devinrent la cause même de la grandeur (éminence spirituelle).
Verse 33
ऋषय ऊचुः । वीरसेनः कथं तत्र यास्यते दारुकावने । कथमर्चिष्यति शिवं त्वं तद्वद महामते
Les sages dirent : « Comment Vīrasena se rendra-t-il là-bas, dans la forêt de Dārukā ? Et comment y adorera-t-il le Seigneur Śiva ? Ô grand d’esprit, dis-le-nous. »
Verse 34
सूत उवाच । निषधे सुंदरे देशे क्षत्रियाणां कुले च सः । महासेनसुतो वीरसेनश्चैव शिवप्रियः
Sūta dit : Dans la belle contrée de Niṣadha, au sein d’une lignée de kṣatriya, vivait un homme nommé Vīrasena, fils de Mahāsena, particulièrement cher au Seigneur Śiva (dévot de Śiva).
Verse 35
पार्थिवेशार्चनं कृत्वा तपः परमदुष्करम् । चकार वीरसेनो वै वर्षाणां द्वादशावधिः
Après avoir accompli le culte du Seigneur de terre (le Liṅga Pārthiva), Vīrasena entreprit une austérité extrêmement difficile, et la poursuivit en vérité durant douze années entières.
Verse 36
ततः प्रसन्नो देवेशः प्रत्यक्षं प्राह शंकरः । काष्ठस्य मत्स्यिकां कृत्वा त्रपुधातु विलेपनाम्
Alors le Seigneur des dieux, Śaṅkara, satisfait, parla en personne, manifesté aux yeux, et dit : «Façonne dans le bois une petite pièce en forme de poisson, puis enduis-la d’un alliage de trois métaux.»
Verse 37
विधाय योगमायां च दास्यामि वीरसेनक । तां गृहीत्वा प्रविश्यैतं नृभिस्सह व्रजाधुना
«Ayant disposé cette Yogamāyā, je te la donnerai, ô Vīrasena. Prends-la, et entre aussitôt en ce lieu avec les hommes.»
Verse 38
ततस्त्वं तत्र गत्वा च विवरे च कृते मया । प्रविश्य च तदा पूजां कृत्वा नागेश्वरस्य च
«Ensuite, rends-toi là-bas ; lorsque l’ouverture que j’ai faite sera en place, entre à l’intérieur, et alors accomplis aussi le culte de Nāgeśvara (Śiva).»
Verse 39
ततः पाशुपतं प्राप्य हत्वा च राक्षसीमुखान् । मयि दृष्टे तदा किंचिन्न्यूनं ते न भविष्यति
Alors, ayant obtenu le Pāśupata, l’arme divine, et ayant abattu ces ennemis au visage démoniaque, lorsque tu me contempleras, rien, absolument rien, ne te fera défaut.
Verse 40
पार्वत्याश्च बलं चैव संपूर्णं वै भविष्यति । अन्ये च म्लेच्छरूपा ये भविष्यंति वने शुभाः
Et certes, la force entière de Pārvatī parviendra à son accomplissement. Et d’autres encore—bien qu’ils paraissent sous des formes mleccha—se manifesteront dans cette forêt de bon augure.
Verse 41
सूत उवाच । इत्युक्त्वा शंकरस्तत्र वीरसेनं हि दुःखह । कृत्वा कृपां च महतीं तत्रैवांतर्द्दधे प्रभुः
Sūta dit : Ayant ainsi parlé, Śaṅkara—celui qui ôte la peine—témoigna là une grande compassion envers Vīrasena, et le Seigneur disparut de ce lieu même.
Verse 42
इति दत्तवरस्सोऽपि शिवेन परमात्मना । शक्तस्स वै तदा कर्तुं संबभूव न संशयः
Ainsi, ayant reçu une grâce de Śiva, le Soi suprême, il devint alors véritablement investi de puissance pour accomplir l’acte ; il n’y a là aucun doute.
Verse 43
एवं नागेश्वरो देव उत्पन्नो ज्योतिषां पतिः । लिंगरूपस्त्रिलोकस्य सर्वकामप्रदस्सदा
Ainsi se manifesta Nāgeśvara—le Seigneur, souverain de toutes les lumières—apparaissant sous la forme du Liṅga pour les trois mondes, accordant sans cesse l’accomplissement de tous les désirs légitimes.
Verse 44
एतद्यश्शृणुयान्नित्यं नागेशोद्भवमादरात् । सर्वान्कामानियाद्धीमान्महापातकनाशनान्
Le sage qui, avec dévotion, écoute chaque jour ce récit de la manifestation de Nāgeśvara atteint tous les buts désirés, et les grands péchés sont anéantis.
Verse 352
ज्योतिर्लिंगस्वरूपो हि नाम्ना नागेश्वरश्शिवः । नागेश्वरी शिवा देवी बभूव च सतां प्रियौ
En vérité, le Seigneur Śiva, sous la forme même du Jyotirliṅga, devint célèbre sous le nom de Nāgeśvara. Et la Déesse Śivā, appelée Nāgeśvarī, s’y manifesta aussi — tous deux devinrent chers aux vertueux et aux dévots.
A devotee (vaiśyapati) is threatened by Dāruka’s rākṣasas; in response, he performs Śiva-nāma-smaraṇa and explicit surrender. The chapter argues theologically that sincere remembrance and refuge invoke Śiva’s immediate protective presence, overriding demonic coercion.
The repeated utterance of Śiva’s names functions as a portable ritual (mantra-bhakti) that does not depend on external implements, implying inner access to the Lord. The ‘excellent abode with four doors’ can be read as an epiphanic threshold-image: Śiva’s presence becomes architecturally/ritually locatable, signaling ordered divine sovereignty entering a chaotic scene.
Śiva is highlighted in epithets emphasizing lordship and protection—Śaṅkara, Śambhu, and Śiva—culminating in Śambhu’s manifest emergence in response to prayer. No distinct Gaurī form is foregrounded in the provided passage; the focus is Śiva’s protective epiphany.