Adhyaya 20
Srishti KhandaAdhyaya 20170 Verses

Adhyaya 20

Vrata–Dāna Compendium at Puṣkara: Puṣpavāhana’s Account and the Ṣaṣṭhī-vrata Purification Rite

Dans l’Adhyaya 20 (PP.1.20), Pulastya répond à Bhīṣma en exposant l’exemple du roi Puṣpavāhana, gratifié du lotus/char d’or de Brahmā. Un récit enchâssé relie austérité, redressement moral et culte de Viṣṇu à Puṣkara et sur le Lavaṇācala, révélant la puissance du tīrtha et la fécondité du dharma. Le chapitre s’élargit ensuite en véritable répertoire de vœux (vrata) et de dons (dāna) : noms de pratiques, règles d’observance (ekabhakta, naktam), cycles de Dvādaśī, disciplines de Cāturmāsya, et prescriptions de charité. Il mentionne l’offrande de vaches, d’un lotus d’or, d’un trident, d’une conque, d’une « vache de sésame », ainsi que le don d’une maison ou d’un lit, en rattachant les fruits à des mondes de Viṣṇu, Śiva/Rudra, Indra, Varuṇa, Sarasvatī et Brahmā. Enfin, il prépare le rite du Ṣaṣṭhī-vrata : purification par le bain, invocation de Gaṅgā, mantras de mṛttikā, tarpaṇa pour dieux, ṛṣi et pitṛ, arghya à Sūrya, puis culte domestique et repas offert aux brāhmaṇa.

Shlokas

Verse 1

भीष्म उवाच । अत्याश्चर्यवती रम्या कथेयं पापनाशिनी । विस्तरेण च मे ब्रूहि याथातथ्येन पृच्छतः

Bhīṣma dit : Ce récit est d’une merveille extrême, charmant et destructeur des péchés. Dis-le-moi en détail, tel qu’il est en vérité, puisque je t’interroge.

Verse 2

माहात्म्यं मध्यमस्यापि ऋषिभिः परिकीर्तितम् । फलं चान्नस्य कथितं माहात्म्यं च दमस्य तु

Les ṛṣis ont aussi proclamé la grandeur de la « voie moyenne », la modération. Ils ont dit le fruit de la nourriture juste, et pareillement la grandeur de la maîtrise de soi.

Verse 3

विष्णुना च पदन्यासः कृतो यत्र महामुने । कनीयसस्तथोत्पत्तिर्यथाभूता वदस्व मे

Ô grand sage, dis-moi ce lieu où Viṣṇu posa Son pied ; et explique-moi aussi, comme cela advint en vérité, l’origine du plus jeune.

Verse 4

पुलस्त्य उवाच । पुरा रथंतरे कल्पे राजासीत्पुष्पवाहनः । नाम्ना लोकेषु विख्यातस्तेजसा सूर्यसन्निभः

Pulastya dit : Jadis, dans le kalpa Rathaṃtara, il y eut un roi nommé Puṣpavāhana, renommé dans tous les mondes et rayonnant d’un éclat pareil à celui du soleil.

Verse 5

तपसा तस्य तुष्टेन चतुर्वक्त्रेण भारत । कमलं कांचनं दत्तं यथाकामगमं नृप

Ô Bhārata, le Quatre-Visages (Brahmā), satisfait de ses austérités, lui donna, ô roi, un lotus d’or, grâce auquel il pouvait aller où bon lui semblait.

Verse 6

सप्तद्वीपानि लोकं च यथेष्टं विचरत्सदा । कल्पादौ तु समं द्वीपं तस्य पुष्करवासिना

Il parcourait sans cesse, selon son désir, les sept dvīpas et les mondes ; mais au commencement du kalpa, ce continent fut rendu égal par Celui qui demeure à Puṣkara.

Verse 7

वत्सरं त्वेकभक्ताशी सभक्ष्यजलकुंभदः । शिवलोके वसेत्कल्पं प्राप्तिव्रतमिदं स्मृतम्

Mais si quelqu’un, durant une année, ne mange qu’une fois par jour et offre une jarre d’eau avec des provisions, on dit qu’il demeure dans le monde de Śiva pendant un kalpa ; telle est la règle appelée Prāpti-vrata.

Verse 8

नक्ताशी त्वष्टमीषु स्याद्वत्सरांते तु धेनुदः । पौरंदरं पुरं याति सुगतिव्रतमुच्यते

Qu’on ne mange que la nuit aux aṣṭamī (huitièmes jours lunaires) ; et qu’à la fin de l’année on donne une vache. Ainsi l’on atteint la cité de Paurandara (Indra). Cette observance est appelée Sugati-vrata, le vœu de la bonne destinée.

Verse 9

तपोनुभावादथ तस्य राज्ञी नारी सहस्रैरभिवंद्यमाना । नाम्ना च लावण्यवती बभूव या पार्वतीवेष्टतमा भवस्य

Alors, par la puissance de ses austérités, l’épouse du roi—vénérée par des milliers de femmes—fut connue sous le nom de Lāvaṇyavatī, la plus chère à Bhava (Śiva), telle Pārvatī elle-même.

Verse 10

तस्यात्मजानामयुतं बभूव धर्मात्मनामग्र्यधनुर्धराणाम् । तदात्मजांस्तानभिवीक्ष्य राजा मुहुर्मुहुर्विस्मयमाससाद

Il eut dix mille fils, d’âme droite, les premiers parmi les guerriers porteurs d’arc. En les voyant, le roi était saisi, encore et encore, d’un profond émerveillement.

Verse 11

सोभ्यागतं पूज्य मुनिप्रवीरं प्रचेतसं वाक्यमिदं बभाषे । कस्माद्विभूतिरचलामरमर्त्यपूजा जाता कथं कमलजा सदृशी सुराज्ञी

Après avoir accueilli et honoré le vénérable sage Pracetas, il prononça ces paroles : «De quelle cause est née cette gloire inébranlable, honorée des dieux et des mortels ? Et comment la reine divine est-elle devenue semblable à Kamalajā (Lakṣmī) ?»

Verse 12

भार्या मयाल्पतपसा परितोषितेन दत्तं ममांबुजगृहं च मुनींद्र धात्रा । यस्मिन्प्रविष्टमपि कोटिशतं नृपाणां सामात्यकुंजररथौघजनावृतानां

Ô seigneur des sages, le Créateur (Dhātṛ), satisfait de moi bien que mon austérité fût légère, m’accorda une épouse et aussi cette demeure pareille à un lotus. En elle pourraient entrer même cent crores de rois, entourés de ministres, de foules d’éléphants et de chars, et de multitudes de gens.

Verse 13

नालक्ष्यते क्वगतमम्बरगामिभिश्च तारागणेंदुरविरश्मिभिरप्यगम्यम् । तस्मात्किमन्यजननीजठरोद्भवेन धर्मादिकं कृतमशेषजनातिगं यत्

On ne peut discerner où cela est allé : c’est au-delà même de ceux qui cheminent dans le ciel, et inaccessible jusque pour les rayons des multitudes d’étoiles, de la lune et du soleil. Dès lors, que pourrait accomplir celui qui naît du ventre d’une autre mère—dharma et le reste—qui dépasse tous les êtres ?

Verse 14

सर्वैर्मयाथ तनयैरथ वानयापि सद्भार्यया तदखिलं कथय प्रचेतः । सोप्यभ्यधादथ भवांतरितं निरीक्ष्य पृथ्वीपते शृणु तदद्भुतहेतुवृत्तम्

«Avec moi, avec tes fils, et aussi avec ton épouse—ta noble compagne—raconte-nous tout en entier, ô Pracetas.» Alors lui aussi, comme se recueillant au-dedans et rappelant ce qui fut jadis, répondit : «Ô seigneur de la terre, écoute le récit de la cause merveilleuse.»

Verse 15

जन्माभवत्तव तु लुब्धकुलेपि घोरं जातस्त्वमप्यनुदिनं किल पापकारी । वपुरप्यभूत्तव पुनः पुरुषांगसंधिदुर्गंधिसत्त्वकुनखाभरणं समंतात्

Ta naissance advint dans une lignée de chasseurs, âpre et redoutable ; et toi-même, jour après jour, tu fus vraiment artisan de péché. Même ton corps devint un signe d’impureté : jointures grossières, puanteur et parures d’ongles et de peau repoussantes de toutes parts, pour instruire des fruits du karma mauvais.

Verse 16

न च ते सुहृन्न सुतबंधुजनो न तादृक्नैवस्वसा न जननी च तदाभिशस्ता । अतिसंमता परमभीष्टतमाभिमुखी जाता मही शतवयोषिदियं सुरूपा

Tu n’as ni véritable ami, ni fils ou parent de cette sorte ; il n’y eut alors ni sœur, ni même mère pour parler en ta faveur. Et pourtant cette Terre—hautement honorée, la plus désirable, tournée vers toi—est venue à toi, belle de forme, telle cent jeunes vierges.

Verse 17

अभूदनावृष्टिरतीव रौद्रा कदाचनाहारनिमित्तमस्यां । क्षुत्पीडितेन भवता तु यदा न किंचिदासादितं वन्यफलादि भक्ष्यं

Un jour survint une sécheresse très farouche, et, en ce temps-là, la nourriture devint en ce pays cause d’une grande détresse. Lorsque toi, tourmenté par la faim, tu ne pus trouver rien à manger—ni fruits sauvages ni autre chose—

Verse 18

अथाभिदृष्टं महदंबुजाढ्यं सरोवरं पंकपरीतरोधः । पद्मान्यथादाय ततो बहूनि गतः पुरं वैदिश नामधेयं

Alors il aperçut un grand lac riche en lotus, dont les rives étaient ceintes de boue. Ayant cueilli là de nombreux lotus, il se rendit à la cité nommée Vaidisha.

Verse 19

तन्मूल्यलाभाय पुरं समस्तं भ्रांतं त्वयाशेषमहस्तदासीत् । क्रेता न कश्चित्कमलेषु जातः क्लांतः परं क्षुत्परिपीडितश्च

Pour en obtenir le prix, tu as erré dans toute la cité tout le jour ; pourtant nul acheteur ne se trouva pour ces lotus. Tu fus accablé de fatigue et cruellement tourmenté par la faim.

Verse 20

उपविष्टस्त्वमेकस्मिन्सभार्यो भवनांगणे । ततो रात्रौ भवांस्तत्र अश्रौषीन्मंगलध्वनिं

Tu étais assis dans une cour de la demeure, avec ton épouse. Puis, durant la nuit, tu y entendis un son de bon augure.

Verse 21

सभार्यस्तत्र गतवान्यत्रासौ मंगलध्वनिः । तत्र मंडलमध्यस्था विष्णोरर्चाविलोकिता

Avec son épouse, il se rendit là d’où venait ce son de bon augure ; et là, au centre du cercle consacré, il vit l’image vénérable de Viṣṇu.

Verse 22

वेश्यानंगवती नाम बिभ्रती द्वादशीव्रतं । समाप्य माघमासस्य द्वादश्यां लवणाचलं

Une courtisane nommée Anaṅgavatī, observant le vœu de Dvādaśī, l’acheva le douzième jour du mois de Māgha, à Lavaṇācala.

Verse 23

न्यवेदयत्तु गुरवे शय्यां चोपस्करान्विताम् । अलंकृत्य हृषीकेशं सौवर्णं सममादरात्

Alors, avec la révérence requise, il offrit à son guru un lit muni de tous ses accessoires ; puis, après avoir paré Hṛṣīkeśa, il présenta avec respect un don d’or.

Verse 24

सा तु दृष्टा ततस्ताभ्यामिदं च परिचिंतितं । किमेभिः कमलैः कार्यं वरं विष्णुरलंकृतः

L’ayant vue, tous deux méditèrent : « À quoi servent ces lotus ? Mieux vaut que Viṣṇu lui-même en soit paré ».

Verse 25

इति भक्तिस्तदा जाता दंपत्योस्तु नरेश्वर । तत्प्रसंगात्समभ्यर्च्य केशवं लवणाचलं

Ainsi, ô roi des hommes, la dévotion naquit alors dans ce couple ; et, en cette même circonstance, ils rendirent un culte dû à Keśava sur le Lavaṇācala.

Verse 26

शय्या च पुष्पप्रकरैः पूजिताभूच्च सर्वशः । अथानंगवती तुष्टा तयोर्धान्यशतत्रयम्

Et le lit aussi fut honoré de toutes parts par des amas de fleurs. Alors Anaṅgavatī, satisfaite, accorda aux deux trois cents mesures de grain.

Verse 27

दीयतामादिदेशाथ कलधौतपलत्रयं । न गृहीतं ततस्ताभ्यां महासत्वावलंबनात्

Il ordonna ensuite : « Qu’on donne trois coupes d’or ». Mais eux deux ne les acceptèrent pas, s’appuyant sur leur grande force d’âme.

Verse 28

अनंगवत्या च पुनस्तयोरन्नं चतुर्विधं । आनीय व्याहृतं चान्नं भुज्यतामिति भूपते

Alors Anaṅgavatī apporta de nouveau, pour eux deux, quatre sortes de mets ; et, après avoir servi le repas, elle dit : « Ô roi, veuillez prendre cette nourriture ».

Verse 29

ताभ्यां च तदपि त्यक्तं भोक्ष्यावः श्वो वरानने । प्रसंगादुपवासो नौ तवाद्यास्तु शुभावहः

Et cela aussi fut mis de côté à cause de ces deux-là. Demain nous mangerons, ô toi au visage gracieux. Par la force des circonstances, nous jeûnons aujourd’hui ; que ce jour qui est le tien soit de bon augure et porteur de bénédiction.

Verse 30

जन्मप्रभृति पापिष्ठावावां देवि दृढव्रते । त्वत्प्रसंगाद्भवद्गेहे धर्मलेशोस्तु नाविह

Depuis la naissance, nous deux avons été des plus pécheurs, ô Devī aux vœux inébranlables. Pourtant, par notre fréquentation de toi, dans ta demeure ici se trouve au moins une infime trace de dharma.

Verse 31

इति जागरणं ताभ्यां तत्प्रसंगादनुष्ठितं । प्रभाते च तया दत्ता शय्या सलवणाचला

Ainsi, à la faveur de cette même circonstance, tous deux observèrent comme il se doit une veille nocturne ; et, à l’aube, elle leur donna un lit en don, avec le Lavaṇācala, la Montagne de Sel.

Verse 32

ग्रामश्च गुरवे भक्त्या विप्रेभ्यो द्वादशैव तु । वस्त्रालंकारसंयुक्ता गावश्च कनकान्विताः

Avec dévotion, on donna un village au maître ; et aux brāhmaṇas, douze vaches, parées de vêtements et d’ornements, accompagnées d’or.

Verse 33

भोजनं च सुहृन्मित्रदीनांधकृपणैः सह । तच्च लुब्धकदांपत्यं पूजयित्वा विसर्जितम्

On offrit aussi de la nourriture, et l’on prit soin des amis et des bienveillants, ainsi que des pauvres, des aveugles et des indigents. Puis ce couple de chasseurs fut honoré et congédié avec respect.

Verse 34

स भवान्लुब्धको जातः सपत्नीको नृपेश्वरः । पुष्करप्रकरात्तस्मात्केशवस्य तु पूजनात्

Ô seigneur des rois, depuis l’enceinte sacrée de Puṣkara, par le culte rendu à Keśava, tu renaquis chasseur, avec ton épouse.

Verse 35

विनष्टाशेषपापस्य तव पुष्करमंदिरं । तस्य सत्यस्य माहात्म्यादलोभतपसा नृप

Ô roi, ton temple de Puṣkara deviendra le destructeur de tout péché restant, par la grandeur de cette vérité et par une austérité sans avidité.

Verse 36

प्रादात्कामगमं यानं लोकनाथश्चतुर्मुखः । संतुष्टस्तव राजेंद्र पुष्करं त्वं समाश्रय

Le Seigneur des mondes aux quatre visages (Brahmā) t’accorda un char allant selon le désir. Satisfait de toi, ô roi des rois, il dit : «Prends refuge en Puṣkara».

Verse 37

कल्पं सत्वं समासाद्य विभूतिद्वादशीव्रतं । कुरु राजेंद्र निर्वाणमवश्यं समवाप्स्यसि

Ô roi des rois, ayant adopté comme il se doit la discipline pure (sāttvika), observe le vœu de Vibhūti-Dvādaśī ; assurément tu atteindras la délivrance (nirvāṇa).

Verse 38

एतदुक्त्वा तु स मुनिस्तत्रैवांतरधीयत । राजा यथोक्तं च पुनरकरोत्पुष्पवाहनः

Après avoir dit cela, le sage disparut sur-le-champ. Et le roi Puṣpavāhana fit de nouveau exactement ce qui lui avait été prescrit.

Verse 39

इदमाचरतो राजन्नखंडव्रतता भवेत् । यथाकथंचित्कालेन द्वादशद्वादशीर्नृप

Ô roi, en pratiquant cela, on obtient l’observance ininterrompue du vœu ; et, avec le temps, d’une manière ou d’une autre, on accomplit les douze Dvādaśī, ô maître des hommes.

Verse 40

कर्तव्या शक्तितो देव विप्रेभ्यो दक्षिणा नृप । ज्येष्ठे गावः प्रदातव्या मध्यमे भूमिरुत्तमा

Ô roi, ô vénérable : qu’on offre la dakṣiṇā (don rituel) aux brāhmaṇa selon ses moyens. Pour le don le plus élevé, qu’on donne des vaches ; pour le don moyen, une terre excellente.

Verse 41

कनिष्ठे कांचनं देयमित्येषा दक्षिणा स्मृता । प्रथमं ब्रह्मदैवत्यं द्वितीयं वैष्णवं तथा

Pour le degré inférieur, qu’on donne de l’or : telle est la dakṣiṇā dont on se souvient. La première (part) est sous la présidence de Brahmā ; la seconde, de même, est vaiṣṇava, sous Viṣṇu.

Verse 42

तृतीयं रुद्रदैवत्यं त्रयो देवास्त्रिषु स्थिताः । इति कलुषविदारणं जनानां पठति च यस्तु शृणोति चापि भक्त्या

La troisième est sous la présidence de Rudra ; les trois dieux demeurent dans les trois. Celui qui, avec dévotion, récite —ou même écoute— cet enseignement qui déchire les souillures des hommes, est purifié.

Verse 43

मतिमपि च स याति देवलोके वसति च रोमसमानि वत्सराणि । अथातः संप्रवक्ष्यामि व्रतानामुत्तमं व्रतं

Il obtient aussi la juste intelligence et gagne le monde des dieux, y demeurant là autant d’années qu’il y a de poils sur le corps. Maintenant donc, j’exposerai le vœu suprême parmi les vœux.

Verse 44

कथितं तेन रुद्रेण महापातकनाशनम् । नक्तमब्दं चरित्वा तु गवासार्धं कुटुंबिने

Ainsi Rudra proclama ce qui détruit les grands péchés. Et, après avoir observé durant une année le vœu du naktam, qu’on offre à un maître de maison une vache, avec un don supplémentaire d’une demi-part.

Verse 45

हैमं चक्रं त्रिशूलं च दद्याद्विप्राय वाससी । एवं यः कुरुते पुण्यं शिवलोके स मोदते

Qu’on donne à un brāhmane un disque d’or et un trident, ainsi que des vêtements. Celui qui accomplit un tel don méritoire se réjouit dans le monde de Śiva.

Verse 46

एतदेव व्रतं नाम महापातकनाशनम् । यस्वेकभक्तेन क्षिपेद्धेनुं वृषसमन्विताम्

Ceci, en vérité, est le vœu nommé destructeur des grands péchés : lorsqu’un homme, d’une dévotion sans partage, donne en offrande une vache accompagnée d’un taureau.

Verse 47

धेनुं तिलमयीं दद्यात्स पदं याति शांकरम् । एतद्रुद्रव्रतं नाम भयशोकविनाशनम्

Qu’on fasse don d’une vache façonnée de sésame ; ainsi l’on atteint la demeure de Śaṅkara. Cette observance est appelée Rudra-vrata et elle détruit la peur et le chagrin.

Verse 48

यश्च नीलोत्पलं हैमं शर्करापात्रसंयुतम् । एकांतरितनक्ताशी समांते वृषसंयुतम्

Et celui qui offre un lotus bleu d’or, avec un récipient de sucre, observant la règle de ne manger que la nuit à intervalles alternés, et qui, à la fin de l’année, offre aussi un taureau—(obtient le mérite religieux énoncé).

Verse 49

वैष्णवं स पदं याति नीलव्रतमिदं स्मृतम् । आषाढादिचतुर्मासमभ्यंगं वर्जयेन्नरः

Il atteint le séjour vaiṣṇava ; telle est la règle appelée Nīla-vrata. À partir d’Āṣāḍha, durant les quatre mois (Cāturmāsya), l’homme doit s’abstenir de l’onction d’huile et du bain d’huile (abhyaṅga).

Verse 50

भोजनोपस्करं दद्यात्स याति भवनं हरेः । जनप्रीतिकरं नॄणां प्रीतिव्रतमिहोच्यते

Celui qui offre des ustensiles et des provisions pour le repas parvient à la demeure de Hari. Puisqu’il réjouit les hommes, on l’appelle ici le Priti-vrata, le vœu qui plaît.

Verse 51

वर्जयित्वा मधौ यस्तु दधिक्षीरघृतैक्षवम् । दद्याद्वस्त्राणि सूक्ष्माणि रसपात्रेण संयुतम्

Celui qui, s’abstenant de la boisson enivrante, offre caillé, lait, ghee et jus de canne à sucre, et donne des vêtements fins avec un récipient à boisson, acquiert un mérite sacré.

Verse 52

संपूज्य विप्रमिथुनं गौरी मे प्रीयतामिति । एतद्गौरीव्रतं नाम भवानीलोकदायकम्

Après avoir honoré comme il se doit le couple de brahmanes, qu’on prie : «Que Gaurī soit satisfaite de moi». Cette observance se nomme Gaurī-vrata et confère le monde (le royaume) de Bhavānī.

Verse 53

पुष्यादौ यस्त्रयोदश्यां कृत्वा नक्तमथो पुनः । अशोकं कांचनं दद्यादिक्षुयुक्तं दशांगुलम्

Quiconque, à partir de l’astérisme Puṣya, observe le treizième jour lunaire en ne prenant qu’un repas nocturne (nakta), puis, au moment prescrit, offre un aśoka d’or avec une canne à sucre de dix largeurs de doigt, acquiert un grand mérite.

Verse 54

विप्राय वस्त्रसंयुक्तं प्रद्युम्नः प्रीयतामिति । कल्पं विष्णुपुरे स्थित्वा विशोकस्स्यात्पुनर्नृप

«Que Pradyumna se réjouisse de ce vêtement offert à un brāhmaṇa.» Ayant demeuré dans la cité de Viṣṇu durant un kalpa, il redevient sans chagrin, ô roi.

Verse 55

एतत्कामव्रतं नाम सदा शोकविनाशनम् । आषाढादि व्रते यस्तु वर्जयेद्यः फलाशनम्

Cette observance est appelée Kāma-vrata ; elle détruit toujours le chagrin. Dans le cycle de vœux commençant en Āṣāḍha, celui qui s’abstient de prendre des fruits pour nourriture…

Verse 56

चातुर्मास्ये निवृत्ते तु घटं सर्पिर्गुडान्वितम् । कार्तिक्यां तत्पुनर्हैमं ब्राह्मणाय निवेदयेत्

Lorsque l’observance de Cāturmāsya s’achève, qu’on offre à un brāhmaṇa un pot rempli de ghee mêlé de jaggery ; puis, de nouveau au mois de Kārtika, qu’on offre à un brāhmaṇa un vase d’or.

Verse 57

स रुद्रलोकमाप्नोति शिवव्रतमिदं स्मृतम् । वर्जयेद्यस्तु पुष्पाणि हेमंते शिशिरावृते

Il atteint le séjour de Rudra : telle est la règle mémorisée comme le vœu de Śiva. Mais celui qui, durant la saison d’Hemanta, lorsque le froid règne, s’abstient d’offrir des fleurs, manque à cette observance.

Verse 58

पुष्पत्रयं च फाल्गुन्यां कृत्वा शक्त्या च कांचनम् । दद्याद्द्विकालवेलायां प्रीयेतां शिवकेशवौ

Au mois de Phālguna, ayant préparé une triade de fleurs et, selon ses moyens, un peu d’or, qu’on l’offre au moment des deux rites quotidiens ; alors Śiva et Keśava (Viṣṇu) sont comblés.

Verse 59

दत्वा परं पदं याति सौम्यव्रतमिदं स्मृतम् । फाल्गुनादि तृतीयायां लवणं यस्तु वर्जयेत्

En l’ayant observé, on atteint l’état suprême ; on s’en souvient comme du vœu doux (Saumya). Au troisième tithi, à partir du mois de Phālguna, quiconque s’abstient de sel accomplit ce vœu.

Verse 60

समांते शयनं दद्याद्गृहं चोपस्करान्वितम् । संपूज्य विप्रमिथुनं भवानी प्रीयतामिति

À la fin de l’année, qu’on offre un lit, et aussi une maison pourvue d’objets domestiques. Après avoir honoré comme il se doit le couple de brāhmanes, qu’on dise : « Que Bhavānī soit satisfaite ».

Verse 61

गौरीलोके वसेत्कल्पं सौभाग्यव्रतमुच्यते । संध्यामौनं नरः कृत्वा समांते घृतकुंभकम्

Demeurer dans le monde de Gaurī durant un kalpa est appelé Saubhāgya-vrata, le vœu de la bonne fortune. Après avoir observé le silence aux rites du crépuscule (sandhyā), à la fin de l’année l’homme doit offrir une jarre remplie de ghee.

Verse 62

वस्त्रयुग्मं तिलान्घंटां ब्राह्मणाय निवेदयेत् । लोकं सारस्वतं याति पुनरावृत्तिदुर्लभम्

Celui qui offre à un brāhmane une paire de vêtements et une cloche faite de sésame (c’est-à-dire un don lié au sésame) atteint le monde Sārasvata, un domaine d’où il est difficile de revenir à la renaissance.

Verse 63

एतत्सारस्वतं नाम रूपविद्याप्रदायकम् । लक्ष्मीमभ्यर्च्य पंचम्यामुपवासी भवेन्नरः

Cette observance est appelée Sārasvata et confère la connaissance des formes (arts et beauté). Après avoir adoré Lakṣmī, que la personne jeûne au cinquième tithi (pañcamī).

Verse 64

समांते हेमकमलं दद्याद्धेनुसमन्वितम् । स वै विष्णुपदं याति लक्ष्मीः स्याज्जन्मजन्मनि

À la fin de l’année, qu’on offre un lotus d’or accompagné d’une vache. En vérité, celui-là atteint la demeure de Viṣṇu, et Lakṣmī, la prospérité, l’accompagne de naissance en naissance.

Verse 65

एतल्लक्ष्मीव्रतं नाम दुःखशोकविनाशनम् । कृत्वोपलेपनं शंभोरग्रतः केशवस्य च

On l’appelle le Lakṣmī-vrata, qui détruit peine et chagrin. Après avoir accompli l’onction de pâte sacrée devant Śambhu (Śiva) et aussi devant Keśava (Viṣṇu)…

Verse 66

यावदब्दं पुनर्देया धेनुर्जलघटस्तथा । जन्मायुतं स राजा स्यात्ततः शिवपुरं व्रजेत्

Tant qu’une année s’écoule, qu’on redonne sans cesse une vache et un pot d’eau. Par cela, il devient roi durant dix mille naissances; ensuite, il se rend à la cité de Śiva, Śivapura.

Verse 67

एतदायुर्व्रतं नाम सर्वकामप्रदायकम् । अश्वत्थं भास्करं गंगां प्रणम्यैकाग्रमानसः

On l’appelle l’Āyur-vrata, le vœu qui accorde l’accomplissement de tous les désirs. L’esprit unifié, qu’on se prosterne devant l’aśvattha sacré, devant le Soleil et devant le fleuve Gaṅgā.

Verse 68

एकभक्तं नरः कुर्यादब्दमेकं विमत्सरः । व्रतांते विप्रमिथुनं पूज्यं धेनुत्रयान्वितम्

Sans jalousie, l’homme doit observer l’ekabhakta — ne prendre qu’un seul repas — pendant une année entière. À la fin du vœu, qu’il honore un couple de brahmanes, accompagné de trois vaches.

Verse 69

वृक्षं हिरण्मयं दद्यात्सोश्वमेधफलं लभेत् । एतत्कीर्तिव्रतं नाम भूतिकीर्तिफलप्रदम्

Celui qui offre un arbre d’or obtient le fruit du sacrifice de l’Aśvamedha. Cela est nommé le Kīrti-vrata, et il confère les fruits de la prospérité et de la renommée.

Verse 70

घृतेन स्नपनं कृत्वा शंभोर्वा केशवस्य वा । अक्षताभिः सपुष्पाभिः कृत्वा गोमयमंडलम्

Après avoir baigné l’effigie avec du ghee, qu’elle soit de Śambhu (Śiva) ou de Keśava (Viṣṇu), qu’on forme un cercle rituel de bouse de vache et qu’on adore avec du riz non brisé et des fleurs.

Verse 71

समांते हेमकमलं तिलधेनुसमन्वितम् । शूलमष्टांगुलं दद्याच्छिवलोके महीयते

À la fin de l’année, qu’on offre un lotus d’or avec une tiladhenu (vache de sésame) ; et qu’on donne un trident long de huit aṅgulas : ainsi l’on est honoré dans le monde de Śiva.

Verse 72

सामगायनकं चैव सामव्रतमिहोच्यते । नवम्यामेकभक्तं तु कृत्वा कन्याश्च शक्तितः

Le chant du Sāma est bien ce qui est ici nommé le Sāma-vrata. Le neuvième jour, après avoir observé un jeûne d’un seul repas, qu’on fasse aussi des dons à de jeunes filles selon ses moyens.

Verse 73

भोजयित्वा समं दद्याद्धेमकंचुकवाससी । हैमं सिंहं च विप्रा यदद्याच्छिवपदं व्रजेत्

Après avoir nourri les brāhmaṇas, qu’on leur donne aussi un corsage d’or et des vêtements ; et, ô brāhmaṇas, quiconque offre un lion d’or atteint la demeure de Śiva.

Verse 74

जन्मार्बुदं सुरूपः स्याच्छत्रुभिश्चापराजितः । एतद्वीरव्रतं नाम नराणां च सुखप्रदम्

Durant des myriades de naissances, on devient d’une belle apparence et l’on n’est point vaincu par les ennemis. Cela est nommé le « Vœu du Héros » (vīra-vrata) et il accorde le bonheur aux hommes.

Verse 75

चैत्रादि चतुरोमासाञ्जलं दद्याद्दयान्वितः । व्रतांते मणिकं दद्यादन्नं वस्त्रसमन्वितम्

Avec compassion, qu’on offre de l’eau durant les quatre mois commençant par Caitra. À l’achèvement du vœu, qu’on donne une petite gemme, avec de la nourriture accompagnée de vêtements.

Verse 76

तिलपात्रं हिरण्यं च ब्रह्मलोके महीयते । कल्पांते भूतिजननमानंदव्रतमुच्यते

Un vase (rempli) de sésame et d’or est honoré en Brahmaloka. À la fin du kalpa, on l’appelle l’Ānandavrata, le vœu qui fait naître prospérité et bien-être.

Verse 77

पंचामृतेन स्नपनं कृत्वा संवत्सरं विभोः । वत्सरांते पुनर्दद्याद्धेनुं पंचामृतान्वितां

Après avoir accompli, durant une année entière, le bain rituel du Seigneur avec le pañcāmṛta, à la fin de l’année qu’on offre de nouveau une vache, accompagnée de pañcāmṛta.

Verse 78

विप्राय दद्याच्छंखं च सपदं याति शांकरम् । राजा भवति कल्पांते धृतिव्रतमिदं स्मृतम्

Si l’on offre une conque (śaṅkha) à un brāhmane, on atteint aussitôt la demeure de Śaṅkara; et à la fin du cycle cosmique on devient roi. Tel est le vœu mémorisé sous le nom de Dhṛti.

Verse 79

वर्जयित्वा पुमान्मांसं व्रतांते गोप्रदो भवेत् । तद्वद्धेममृगं दद्यात्सोश्वमेधफलं लभेत्

L’homme qui s’abstient de viande et, au terme de son vœu, fait don d’une vache, devient un véritable donateur de vaches. De même, s’il offre un cerf d’or, il obtient un mérite égal à celui du sacrifice de l’Aśvamedha.

Verse 80

अहिंसाव्रतमित्युक्तं कल्पांते भूपतिर्भवेत् । कल्यमुत्थाय वै स्नानं कृत्वा दांपत्यमर्चयेत्

On l’appelle le vœu de non-violence ; à la fin du kalpa, on devient roi. Se levantant à l’aube, qu’on se baigne, puis qu’on vénère le principe divin de l’union conjugale.

Verse 81

भोजयित्वा यथाशक्ति माल्यवस्त्रविभूषणैः । सूर्यलोके वसेत्कल्पं सूर्यव्रतमिदं स्मृतम्

Après avoir nourri autrui selon ses moyens, et offert guirlandes, vêtements et parures, on demeure dans le monde du Soleil durant un kalpa entier ; tel est le vœu de Sūrya, ainsi qu’on s’en souvient.

Verse 82

आषाढादि चतुर्मासं प्रातःस्नायी भवेन्नरः । विप्राय भोजनं दत्वा कार्तिक्यां गोप्रदो भवेत्

À partir d’Āṣāḍha, durant la période sacrée des quatre mois, l’homme doit se baigner à l’aube. Après avoir donné de la nourriture à un brāhmaṇa, au mois de Kārttika qu’il accomplisse le don d’une vache.

Verse 83

स वैष्णवपदं याति विष्णुव्रतमिदं स्मृतम् । अयनादयनं यावद्वर्जयेत्पुष्पसर्पिषी

Il atteint la demeure de Viṣṇu ; tel est proclamé le vœu de Viṣṇu. D’un solstice à l’autre, qu’il s’abstienne d’(offrir) fleurs et ghee.

Verse 84

तदंते पुष्पमन्नानि घृतधेन्वा सहैव तु । दत्वा शिवपदं याति विप्राय घृतपायसम्

Ensuite, après avoir offert des mets de fleurs avec une vache donnant du ghee, et après avoir donné à un brāhmaṇa du riz doux au ghee, il atteint l’état (demeure) de Śiva.

Verse 85

एतच्छीलव्रतं नाम शीलारोग्यफलप्रदम् । यावत्समं भवेद्यस्तु पंचदश्यां पयोव्रतः

Ceci est appelé le Śīla-vrata ; il accorde les fruits de la bonne conduite et de la santé. Celui qui, au quinzième jour lunaire, entreprend le vœu du lait et le poursuit jusqu’à l’achèvement de la période vouée—

Verse 86

समांते श्राद्धकृद्दद्याद्गाश्च पंच पयस्विनीः । वासांसि च पिशंगानि जलकुंभयुतानि च

À la conclusion (de l’année), celui qui accomplit le śrāddha doit donner en aumône cinq vaches laitières, ainsi que des vêtements fauves accompagnés de cruches d’eau.

Verse 87

स याति वैष्णवं लोकं पितॄणां तारयेच्छतम्

Il atteint le monde vaiṣṇava et délivre cent de ses ancêtres, les Pitṛs.

Verse 88

कल्पांते राजराजेंद्र पितृव्रतमिदं स्मृतम् । संध्यादीप प्रदो यस्तु घृतैस्तैलं विवर्जयेत्

Ô roi des rois, à la fin d’un kalpa ceci est tenu pour un rite destiné aux Pitṛs (esprits ancestraux) : celui qui offre une lampe au crépuscule doit s’abstenir d’employer le ghee et l’huile.

Verse 89

समांते दीपकं दद्याच्चक्रं शूलं च कांचनम् । वस्त्रयुग्मं च विप्राय स तेजस्वी भवेन्नरः

À la fin de l’année, qu’on offre une lampe, un disque, un trident et de l’or, ainsi qu’une paire de vêtements à un brāhmaṇa ; cet homme devient rayonnant et illustre.

Verse 90

रुद्रलोकमवाप्नोति दीप्तिव्रतमिदं स्मृतम् । कार्तिकादि तृतीयायां प्राश्य गोमूत्र यावकम्

Il atteint le monde de Rudra ; on se souvient de cela comme du « Dīpti-vrata ». Au troisième tithi à partir de Kārtika, qu’on prenne de l’orge préparée avec l’urine de vache.

Verse 91

नक्तं चरेदब्दमेकमब्दान्ते गोप्रदो भवेत् । गौरीलोके वसेत्कल्पं ततो राजा भवेदिह

Si l’on observe le vœu nocturne durant une année entière, à la fin de l’année on devient donateur de vaches. On demeure un kalpa dans le monde de Gaurī, puis l’on devient roi ici-bas.

Verse 92

एतद्रुद्रव्रतं नाम सदा कल्याणकारकम् । वर्जयेच्चतुरो मासान्यस्तु गन्धानुलेपनम्

On l’appelle le Rudra-vrata, toujours source d’heureux présages. Celui qui l’entreprend doit s’abstenir, durant quatre mois, d’appliquer parfums et onguents odorants.

Verse 93

शुक्तिगन्धाक्षतान्दद्याद्विप्राय सितवाससी । वारुणं पदमाप्नोति दृढव्रतमिदं स्मृतम्

Une femme vêtue de blanc doit offrir à un brāhmaṇa des grains de riz parfumés ; ainsi elle atteint le royaume de Varuṇa. On s’en souvient comme d’une observance ferme.

Verse 94

वैशाखे पुष्पलवणं वर्जयेदथ गोप्रदः । भूत्वा विष्णुपदे कल्पं स्थित्वा राजा भवेदिह

Au mois de Vaiśākha, qu’on s’abstienne du sel aux fleurs ; devenu donateur de vaches, il demeure dans le séjour de Viṣṇu durant un kalpa, puis devient roi ici-bas.

Verse 95

एतच्छान्तिव्रतं नाम कीर्तिकामफलप्रदम् । ब्रह्माण्डं काञ्चनं कृत्वा तिलराशि समन्वितम्

On l’appelle le Śānti-vrata ; il confère la renommée et l’accomplissement des buts désirés. Qu’on façonne un brahmāṇḍa d’or, « l’œuf cosmique », et qu’on l’offre avec un monceau de graines de sésame.

Verse 96

घृतेनान्यप्रदो भूत्वा वह्निं संतर्प्य सद्विजम् । संपूज्य विप्रदांपत्यं माल्यवस्त्रविभूषणैः

Devenu donateur de ghee et d’autres présents, qu’il rassasie le feu sacré et le brahmane vertueux ; puis, après avoir honoré comme il se doit le couple de brahmanes, qu’il les vénère par guirlandes, vêtements et parures.

Verse 97

शक्तितस्त्रिपलादूर्ध्वं विश्वात्मा प्रीयतामिति । पुण्येऽह्नि दद्यादपरे ब्रह्म यात्यपुनर्भवम्

Selon ses moyens, si l’on donne une offrande d’au moins trois palas ou davantage, avec la prière : «Que l’Âme de l’univers soit satisfaite», alors, en donnant un jour faste, on atteint Brahman et l’on ne revient plus à la renaissance.

Verse 98

एतद्ब्रह्मव्रतं नाम निर्वाणफलदं नृणाम् । यश्चोभयमुखीं दद्यात्प्रभूतसकलान्विताम्

On l’appelle le Brahma-vrata, et pour les hommes il donne le fruit de la délivrance (nirvāṇa). Et quiconque offre une obhayamukhī, un vase à deux ouvertures, richement pourvu et muni de tout ce qu’il faut, obtient pareil mérite.

Verse 99

दिनं पयोव्रतं तिष्ठेत्स याति परमं पदम् । एतद्वै सुव्रतं नाम पुनरावृत्तिदुर्लभम्

Celui qui observe, ne fût-ce qu’un jour, le payovrata — le vœu de ne vivre que de lait — atteint la Demeure suprême. C’est bien là ce qu’on nomme le « vœu excellent », par lequel le retour à la renaissance est écarté.

Verse 100

त्र्यहं पयोव्रतः स्थित्वा काञ्चनं कल्पपादपम् । पलादूर्ध्वं यथाशक्ति तण्डुलप्रस्थसंयुतम्

Après avoir observé trois jours le vœu de ne vivre que de lait, qu’on offre un arbre d’or exauçant les souhaits, muni—selon ses moyens—d’une mesure de riz, d’un pala ou davantage.

Verse 101

दत्त्वा ब्रह्मपदं याति भीमव्रतमिदं स्मृतम् । मासोपवासी यो दद्याद्धेनुं विप्राय शोभनाम्

En offrant ce don, on atteint l’état de Brahmā ; tel est proclamé le Bhīma-vrata. Celui qui jeûne un mois puis donne à un brāhmane une belle vache, obtient ce but sublime.

Verse 102

स वैष्णवपदं याति भीमव्रतमिदं स्मृतम् । दद्याद्विंशत्पलादूर्ध्वं महीं कृत्वा तु काञ्चनीम्

Il atteint la demeure de Viṣṇu : tel est connu le Bhīma-vrata. Ensuite, qu’on fasse don d’une effigie de la Terre en or, pesant au moins vingt palas.

Verse 103

दिनं पयोव्रतस्तिष्ठेद्रुद्रलोके महीयते । धनप्रदमिदं प्रोक्तं सप्तकल्पशतानुगम्

Celui qui observe le payovrata, le vœu de lait, ne fût-ce qu’un seul jour, est honoré dans le monde de Rudra. On dit que ce vœu accorde la richesse, et que son mérite dure durant sept cents kalpas.

Verse 104

माघेमास्यथ चैत्रे वा गुडधेनुप्रदो भवेत् । गुडव्रतं तृतीयायां गौरीलोके महीयते

Au mois de Māgha ou bien de Caitra, qu’on offre une « vache de jaggery » (sucre brut façonné en vache). Le vœu nommé Guḍa-vrata, accompli au troisième tithi, est hautement honoré dans le domaine de Gaurī.

Verse 105

महाव्रतमिदं नाम परमानन्दकारकम् । पक्षोपवासी यो दद्याद्विप्राय कपिलाद्वयम्

On l’appelle le Grand Vœu, et il procure la félicité suprême. Celui qui jeûne une quinzaine et donne à un brāhmaṇa une paire de vaches fauves en reçoit le mérite.

Verse 106

स ब्रह्मलोकमाप्नोति देवासुरसुपूजितः । कल्पान्ते सर्वराजा स्यात्प्रभाव्रतमिदं स्मृतम्

Il atteint le monde de Brahmā, honoré des devas comme des asuras; et à la fin du kalpa il devient souverain universel : tel est le Prabhā-vrata dont on se souvient.

Verse 109

इंधनं यो ददेद्विप्रे वर्षादींश्चतुरस्त्वृतून् । घृतधेनुप्रदोंते च स परं ब्रह्म गच्छति

Quiconque donne du bois de feu à un brāhmaṇa pour les quatre saisons à partir des pluies—et, au terme de la vie, offre aussi une « vache de ghee »—parvient au Brahman suprême.

Verse 110

वैश्वानरव्रतं नाम सर्वपापप्रणाशनम् । एकादश्यां तु नक्ताशी यश्चक्रं विनिवेदयेत्

Le vœu nommé Vaiśvānara est dit détruire tous les péchés. Au onzième tithi, celui qui ne mange que la nuit et présente un cakra (disque) en offrande l’accomplit.

Verse 111

कृत्वा समांते सौवर्णं विष्णोः पदमवाप्नुयात् । एतत्कृष्णव्रतं नाम कल्पांते राज्यलाभकृत्

L’ayant accompli, à la fin du vœu l’on doit offrir un don d’or, et l’on atteint ainsi la demeure de Viṣṇu. On l’appelle le Kṛṣṇa-vrata ; à la fin d’un kalpa, il devient cause d’obtenir la souveraineté et la fortune royale.

Verse 112

पायसाशी समांते तु दद्याद्विप्राय गोयुगम् । लक्ष्मीलोके वसेत्कल्पमेतद्देवीव्रतं स्मृतं

À la conclusion du vœu, après s’être nourri de pâyasa (riz au lait), qu’on donne à un brāhmaṇa une paire de vaches. Ainsi l’on demeure dans le monde de Lakṣmī pendant un kalpa entier. On s’en souvient comme du Devī-vrata.

Verse 113

सप्तम्यां नक्तभुग्दद्यात्समाप्ते गां पयस्विनीं । सूर्यलोकमवाप्नोति भानुव्रतमिदं स्मृतम्

Au septième jour lunaire (saptamī), qu’on ne mange que la nuit ; et à l’achèvement du vœu qu’on offre une vache riche en lait. Ainsi l’on atteint le monde de Sūrya. Cela est connu comme le Bhānu-vrata.

Verse 114

चतुर्थ्यां नक्तभुग्दद्याद्धेमंते गोयुगं तथा । एतद्वैनायकं नाम शिवलोकफलप्रदम्

Au quatrième jour lunaire (caturthī), qu’on observe le jeûne nocturne et, en saison d’hiver, qu’on offre une paire de vaches. Ce rite est appelé Vaināyaka-vrata et confère le fruit d’atteindre le monde de Śiva.

Verse 115

महाफलानि यस्त्यक्त्वा चातुर्मास्ये द्विजातये । हैमानि कार्तिकेदद्याद्धोमान्ते गोयुगं तथा

Ayant renoncé pour soi aux grands fruits, durant le Cāturmāsya qu’on donne à un dvija (brāhmaṇa) des dons d’or au mois de Kārtika ; et à la fin du homa (offrande au feu) qu’on offre pareillement une paire de vaches.

Verse 116

एतत्सौरव्रतं नाम सूर्यलोकफलप्रदम् । द्वादशाद्वादशीर्यस्तु समाप्योपोषणे नृप

Ceci est nommé le Saura-vrata, qui accorde le fruit d’atteindre le monde de Sūrya. Ô roi, quiconque l’accomplit d’une Dvādaśī à la suivante, en le scellant par le jeûne…

Verse 117

गोवस्त्रकांचनैर्विप्रान्पूजयेच्छक्तितो नरः । परं पदमवाप्नोति विष्णुव्रतमिदं स्मृतम्

Que l’homme honore les brāhmaṇas, selon ses moyens, par des vaches, des vêtements et de l’or ; il atteint l’état suprême — tel est le vœu mémorisé comme voué à Viṣṇu.

Verse 118

चतुर्दश्यां तु नक्ताशी समान्ते गोयुगप्रदः । शैवं पदमवाप्नोति त्रैयंबकमिदं स्मृतम्

Au quatorzième jour lunaire, qu’on ne prenne nourriture que la nuit ; et, au terme de l’observance, qu’on offre une paire de vaches. Ainsi l’on atteint l’état de Śiva — tel est le vœu nommé Traiyambaka.

Verse 119

सप्तरात्रोषितो दद्याद्घृतकुंभं द्विजातये । वरव्रतमिदं प्राहुर्ब्रह्मलोकफलप्रदम्

Après avoir observé ce vœu durant sept nuits, qu’on offre à un dvijāta (deux-fois-né) une jarre de ghee. On déclare que c’est un vœu excellent, accordant le fruit d’atteindre le monde de Brahmā.

Verse 120

असौ काशीं समासाद्य धेनुं दत्ते पयस्विनीम् । शक्रलोके वसेत्कल्पमिदं मंत्रव्रतं स्मृतम्

Parvenu à Kāśī, il offre une vache laitière riche de lait ; il demeure un kalpa dans le monde d’Indra — telle est l’observance mémorisée comme mantra-vrata, le vœu du mantra sacré.

Verse 121

मुखवासं परित्यज्य समांते गोप्रदो भवेत् । वारुणं लोकमाप्नोति वारुणव्रतमुच्यते

Renonçant au parfum de la bouche, qu’à la fin de l’année on fasse don d’une vache. On atteint le monde de Varuṇa : tel est le vœu nommé Vāruṇa-vrata.

Verse 122

चांद्रायणं च यः कुर्याद्धैमं चंद्रं निवेदयेत् । चंद्रव्रतमिदं प्रोक्तं चंद्रलोकफलप्रदम्

Celui qui accomplit l’observance du Cāndrāyaṇa et offre une effigie d’or de la Lune—cela est proclamé Candra-vrata, donnant le fruit d’atteindre le Candra-loka.

Verse 123

ज्येष्ठे पंचतपा योंते हेमधेनुप्रदो दिवम् । यात्यष्टमीचतुर्दश्यो रुद्रव्रतमिदं स्मृतम्

Au mois de Jyeṣṭha, celui qui, à l’achèvement, accomplit l’austérité des cinq feux et offre une vache d’or atteint le ciel. On s’en souvient comme du Rudra-vrata, à observer aux huitième et quatorzième jours lunaires.

Verse 124

सकृद्विधानकं कुर्यात्तृतीयायां शिवालये । समाप्ते धेनुदो याति भवानीव्रतमुच्यते

Au troisième jour, qu’on accomplisse une fois le rite prescrit dans un sanctuaire de Śiva. Une fois achevé, le dévot doit offrir une vache en aumône : cela se nomme Bhavānī-vrata.

Verse 125

माघे निश्यार्द्रवासाः स्यात्सप्तम्यां गोप्रदो भवेत् । दिविकल्पं वसित्वेह राजा स्यात्पवनव्रतम्

Au mois de Māgha, qu’on porte la nuit des vêtements humides ; au septième jour lunaire, qu’on fasse don d’une vache. Ayant vécu ici à la manière des dieux, on devient roi en ce monde : tel est le Pavanavrata.

Verse 126

त्रिरात्रोपोषितो दद्यात्फाल्गुन्यां भवनं शुभम् । आदित्यलोकमाप्नोति धामव्रतमिदं स्मृतम्

Après avoir jeûné trois nuits, au mois de Phālguna qu’on offre en don une demeure de bon augure ; par cette observance, dite Dhāma-vrata, on atteint le monde d’Āditya, le Soleil.

Verse 127

त्रिसंध्यं पूज्य दांपत्यमुपवासी विभूषणैः । ददन्मोक्षमवाप्नोति मोक्षव्रतमिदं स्मृतम्

Celui qui adore le Couple divin aux trois jonctions du jour, en jeûnant et en offrant des parures, obtient la délivrance ; on s’en souvient comme du mokṣa-vrata.

Verse 128

दत्त्वासितद्वितीयायामिंदौ लवणभाजनम् । समाप्ते गोप्रदो याति विप्राय शिवमंदिरम्

Après avoir offert un récipient de sel au deuxième jour lunaire de la quinzaine claire, lorsque la Lune est en Indu, à la fin du rite qu’on donne une vache, puis qu’on se rende auprès d’un brāhmane et au temple de Śiva.

Verse 129

कांस्यं सवस्त्रं राजेन्द्र दक्षिणासहितं तथा । समाप्ते गां च यो दद्यात्स याति शिवमंदिरम्

Ô roi des rois, quiconque offre un vase de bronze avec des vêtements, accompagné de la dakṣiṇā prescrite, et qu’à la fin donne aussi une vache, atteint la demeure de Śiva.

Verse 130

कल्पांते राजराजस्स्यात्सोमव्रतमिदं स्मृतम् । प्रतिपत्स्वेकभक्ताशी समाप्ते च फलप्रदः

À la fin du kalpa, on devient roi parmi les rois : tel est le vœu nommé Soma-vrata. En l’observant aux jours de pratipad par un seul repas, il accorde son fruit à son accomplissement.

Verse 131

वैश्वानरपदं याति शिखिव्रतमिदं स्मृतम् । हैमं पलद्वयादूर्द्ध्वं रथमश्वयुगान्वितम्

Cette observance est connue sous le nom de Śikhī-vrata ; par elle on atteint l’état de Vaiśvānara. Pour fruit, on obtient un char d’or, dépassant deux palas, attelé de chevaux.

Verse 132

दद्यात्कृतोपवासः स दिवि कल्पशतं वसेत् । तदंते राजराजस्स्यादश्वव्रतमिदं स्मृतम्

Après avoir accompli le jeûne, s’il fait ensuite un don, il demeure au ciel durant cent kalpas ; et à leur terme il devient roi des rois : tel est l’Aśva-vrata, le Vœu du Cheval.

Verse 133

तद्वद्धेमरथं दद्यात्करिभ्यां संयुतं पुनः । सत्यलोके वसेत्कल्पं सहस्रमपि भूमिपः

De même, si un roi offre de nouveau un char d’or attelé d’une paire d’éléphants, il demeure en Satyaloka durant mille kalpas.

Verse 134

भवेदिहागतो भूम्यां करिव्रतमिदं स्मृतम् । दशम्यामेकभक्ताशी समाप्ते दशधेनुदः

Ainsi est mémorée l’observance appelée Kari-vrata, le Vœu de l’Éléphant, pour celui qui est venu ici sur la terre. Le dixième jour, qu’il ne prenne qu’un seul repas ; et à l’achèvement, qu’il donne dix vaches.

Verse 135

दीपं च कांचनं दद्याद्ब्रह्माण्डाधिपतिर्भवेत् । एतद्विश्वव्रतं नाम महापातकनाशनम्

Celui qui offre une lampe et de l’or devient seigneur de la sphère cosmique. Cela s’appelle le Viśvavrata, un vœu qui anéantit même les fautes les plus lourdes.

Verse 136

कन्यादानं तु कार्तिक्यां पुष्करे यः करिष्यति । एकविंशद्गुणोपेतो ब्रह्मलोकं गमिष्यति

Celui qui accomplit le saint kanyādāna à Puṣkara durant le mois de Kārtika obtient un mérite multiplié par vingt et un et parvient au monde de Brahmā (Brahmaloka).

Verse 137

कन्यादानात्परं दानं नैव चास्त्यधिकं क्वचित् । पुष्करे तु विशेषेण कार्तिक्यां तु विशेषतः

Nulle offrande ne surpasse le kanyādāna, le don de la jeune fille en mariage ; nulle part il n’est de don plus grand. Cela vaut tout particulièrement à Puṣkara, et plus encore au mois de Kārttika.

Verse 138

विप्राय विधिवद्देयं तेषां लोकोक्षयो भवेत् । तिलपिष्टमयं कृत्वा गजं रत्नसमन्वितम्

Qu’on l’offre à un brāhmaṇa selon le rite prescrit ; ainsi leur séjour céleste devient impérissable. Après avoir façonné un éléphant de pâte de sésame et l’avoir orné de joyaux, qu’on le donne en don.

Verse 139

विप्राय ये प्रयच्छंति जलमध्ये स्थिता नराः । तेषां चैवाक्षयो लोको भविता भूतसंप्लवम्

Ceux qui, se tenant au milieu des eaux, font des dons à un brāhmaṇa : un monde impérissable sera vraiment le leur, même au temps du déluge cosmique (pralaya).

Verse 140

यः पठेच्छृणुयाद्वापि व्रतषष्ठिमनुत्तमाम् । मन्वंतरशतं सोपि गंधर्वाधिपतिर्भवेत्

Quiconque récite, ou même entend, cette observance sans égale appelée Vrata-ṣaṣṭhī, devient lui aussi le seigneur des Gandharvas pendant cent Manvantaras.

Verse 141

षष्ठिव्रतं भारत पुण्यमेतत्तवोदितं विश्वजनीनमद्य । श्रोतुं यदीच्छा तवराजराज शृणु द्विजातेः करणीयमेतत्

Ô Bhārata, ce saint vœu de Ṣaṣṭhī que tu as évoqué est vraiment méritoire et salutaire pour tous. Si tu souhaites l’entendre, ô roi des rois, écoute : tel est l’acte à accomplir par le dvija, le « deux-fois-né ».

Verse 142

नैर्मल्यं भावशुद्धिश्चविनास्नानं न विद्यते । तस्मान्मनोविशुद्ध्यर्थं स्नानमादौ विधीयते

Sans le bain, on n’obtient ni la pureté ni la purification de la disposition intérieure. C’est pourquoi, dès l’abord, le bain est prescrit afin de purifier l’esprit.

Verse 143

अनुद्धृतैरुद्धृतैर्वा जलैः स्नानं समाचरेत् । तीर्थं प्रकल्पयेद्विद्वान्मूलमंत्रेण मंत्रवित्

Avec une eau naturellement disponible (non puisée) ou puisée à la source, qu’on accomplisse dûment le bain. Le savant, connaisseur des mantras, doit établir rituellement un tīrtha sacré au moyen du mantra-racine.

Verse 144

नमो नारायणायेति मूलमंत्र उदाहृतः । सदर्भपाणिर्विधिना आचांतः प्रयतः शुचिः

« Namo Nārāyaṇāya »—tel est proclamé le mantra-racine. Ensuite, tenant l’herbe kuśa en main, après avoir accompli l’ācamana selon le rite prescrit, il demeure discipliné et pur.

Verse 145

चतुर्हस्तसमायुक्तं चतुरश्रं समंततः । प्रकल्प्यावाहयेद्गंगामेभिर्मंत्रैर्विचक्षणः

Après avoir préparé de toutes parts un espace carré de quatre coudées, l’homme avisé doit y invoquer la Déesse Gaṅgā au moyen de ces mantras.

Verse 146

विष्णोः पादप्रसूतासि वैष्णवी विष्णुदेवता । त्राहि नस्त्वेनसस्तस्मादाजन्ममरणांतिकात्

Ô Vaiṣṇavī, née des pieds de Viṣṇu, ô déesse dont la divinité est Viṣṇu : sauve-nous de ce péché, depuis cette naissance jusqu’au terme de la vie (la mort).

Verse 147

तिस्रः कोट्योर्धकोटी च तीर्थानां वायुरब्रवीत् । दिवि भुव्यंतरिक्षे च तानि ते संति जाह्नवि

Vāyu déclara qu’il existe trois crores et un demi-crore de tīrthas sacrés ; et, ô Jāhnavī (Gaṅgā), ces lieux saints se trouvent au ciel, sur la terre et dans le domaine intermédiaire (l’atmosphère).

Verse 148

नंदिनीत्येव ते नाम देवेषु नलिनीति च । दक्षा पृथ्वी च सुभगा विश्वकाया शिवासिता

«Parmi les humains, ton nom est vraiment Nandinī, et parmi les dieux tu es appelée Nalinī. Tu es aussi connue comme Dakṣā, Pṛthvī, Subhagā, Viśvakāyā et Śivāsitā.»

Verse 149

विद्याधरी सुप्रसन्ना तथा लोकप्रसादिनी । क्षेमा च जाह्नवी चैव शांता शांतिप्रदायिनी

Elle est Vidyādharī, toujours bienveillante, et celle qui accorde sa faveur aux mondes ; elle est aussi Kṣemā et Jāhnavī, et Śāntā — la dispensatrice de paix.

Verse 150

एतानि पुण्यनामानि स्नानकाले प्रकीर्त्तयेत् । भवेत्सन्निहिता तत्र गंगा त्रिपथगामिनी

Ces noms saints doivent être récités au moment du bain ; alors la Gaṅgā—qui s’écoule à travers les trois mondes—devient présente en ce lieu.

Verse 151

सप्तवाराभिजप्तेन करसंपुटयोजितम् । मूर्ध्नि कुर्याज्जलं भूयस्त्रिचतुःपंचसप्तधा

Après avoir consacré l’eau en récitant le mantra sept fois, et l’avoir tenue dans le creux des mains jointes, qu’on la verse de nouveau sur le sommet de la tête—trois, quatre, cinq ou sept fois.

Verse 152

स्नानं कुर्यान्मृदातद्वदामंत्र्य तु विधानतः । अश्वक्रांते रथक्रांते विष्णुक्रांते वसुंधरे

Qu’il se baigne avec cette terre (argile) et, de même—l’ayant invoquée—selon le rite prescrit : «Ô Terre, foulée par le cheval, foulée par le char, foulée par Viṣṇu—ô Soutien du monde !»

Verse 153

मृत्तिके हर मे पापं यन्मया दुष्कृतं कृतम् । उद्धृतासि वराहेण कृष्णेन शतबाहुना

Ô argile sacrée, ôte mon péché—quelque mauvaise action que j’aie commise. Tu fus soulevée par Varāha, par Kṛṣṇa aux cent bras.

Verse 154

नमस्ते सर्वलोकानां प्रभवोरणि सुव्रते । एवं स्नात्वा ततः पश्चादाचम्य तु विधानतः

Hommage à toi, ô dame vertueuse, source de tous les mondes. S’étant ainsi baigné, qu’on accomplisse ensuite l’ācamana selon la règle prescrite.

Verse 155

उत्थाय वाससी शुभ्रे शुद्धे तु परिधाय वै । ततस्तु तर्पणं कुर्यात्त्रैलोक्याप्यायनाय वै

S’étant relevé, qu’il revête des vêtements propres, purs et de bon augure ; puis qu’il accomplisse le tarpaṇa, l’offrande d’eau, pour la vigueur et le bien-être des trois mondes.

Verse 156

ब्रह्माणं तर्पयेत्पूर्वं विष्णुं रुद्रं प्रजापतीन् । देवायक्षास्तथा नागा गंधर्वाप्सरसां गणाः

Qu’on offre d’abord le tarpaṇa à Brahmā, puis à Viṣṇu, à Rudra et aux Prajāpati ; de même aux dieux, aux Yakṣa, aux Nāga, et aux troupes de Gandharva et d’Apsaras.

Verse 157

क्रूरास्सर्पाः सुपर्णाश्च तरवो जंभकादयः । विद्याधरा जलधरास्तथैवाकाशगामिनः

On y trouve des serpents cruels, des oiseaux semblables à Suparṇa (Garuḍa), des arbres et des êtres tels que les Jambhaka ; ainsi que les Vidyādhara, les porteurs de nuées et ceux qui cheminent dans le ciel.

Verse 158

निराधाराश्च ये जीवा पापधर्मरताश्च ये । तेषामाप्यायनायैतद्दीयते सलिलं मया

Pour les êtres sans appui, et pour ceux qui s’attachent aux voies du péché, je donne cette eau afin qu’ils soient apaisés et nourris.

Verse 159

कृतोपवीतो देवेभ्यो निवीती च भवेत्ततः । मनुष्यांस्तर्पयेद्भक्त्या ऋषिपुत्रानृषींस्तथा

Après avoir disposé correctement le cordon sacré pour les devas, qu’on le porte ensuite selon la manière nivītī. Puis, avec dévotion, qu’on offre le tarpaṇa aux humains, ainsi qu’aux fils des ṛṣi et aux ṛṣi eux-mêmes.

Verse 160

सनकश्च सनंदश्च तृतीयश्च सनातनः । कपिलश्चासुरिश्चैव वोढुः पंचशिखस्तथा

Sanaka, Sananda et le troisième, Sanātana ; Kapila et aussi Āsuri ; puis Voḍhu, et de même Pañcaśikha.

Verse 161

सर्वे ते तृप्तिमायांतु मद्दत्तेनांबुना सदा । मरीचिमत्र्यंगिरसौ पुलस्त्यं पुलहं क्रतुम्

Que tous soient à jamais rassasiés par l’eau que je leur ai donnée : Marīci, Atri, Aṅgiras, Pulastya, Pulaha et Kratu.

Verse 162

प्रचेतसं वसिष्ठं च भृगुं नारदमेव च । देवब्रह्मऋषीन्सर्वांस्तर्पयेत्साक्षतोदकैः

Avec l’eau prise directement dans les mains, qu’on offre le tarpaṇa à Pracetas, Vasiṣṭha, Bhṛgu et Nārada, ainsi qu’à tous les ṛṣi divins nés de Brahmā.

Verse 163

अपसव्यं ततः कृत्वा सव्यं जानु च भूतले । अग्निष्वात्तांस्तथा सौम्यान्हविष्मंतस्तथोष्मपान्

Ensuite, s’étant tourné vers la gauche selon le rite et posant le genou gauche sur le sol, qu’il invoque avec respect les doux Agniṣvātta, les Haviṣmant et les Uṣmapa.

Verse 164

सुकालिनो बर्हिषदस्तथा चैवाज्यपान्पुनः । संतर्पयेत्पितॄन्भक्त्या सतिलोदकचंदनैः

Avec dévotion, qu’il rassasie de nouveau les Pitṛ—ceux des temps opportuns, les Barhiṣad et les buveurs de ghee—par des offrandes d’eau mêlée de sésame et de santal.

Verse 165

सदर्भपाणिर्विधिना पितॄंन्स्वांस्तर्पयेतत्तः । पित्रादीन्नामगोत्रेण तथा मातामहानपि

Tenant l’herbe kuśa en main et selon le rite prescrit, qu’il offre alors le tarpaṇa à ses propres ancêtres ; de même à son père et aux autres aïeux, en énonçant leurs noms et lignées, ainsi qu’aux grands-pères maternels.

Verse 166

संतर्प्य विधिवद्भक्त्या इमं मंत्रमुदीरयेत् । यो बांधवा बांधवा ये येन्यजन्मनि बांधवाः

Après avoir, selon le rite, comblé de satisfaction avec dévotion, qu’on récite ce mantra : pour les proches, et pour ceux qui furent proches en une autre naissance.

Verse 167

ते तृप्तिमखिलायां तु येप्यस्मत्तोयकांक्षिणः । आचम्य विधिना सम्यगालिखेत्पद्ममग्रतः

Et ceux aussi qui, désirant de l’eau de notre part, recherchent leur apaisement : après avoir fait l’ācamana selon la règle, qu’on trace correctement un lotus devant soi.

Verse 168

साक्षताद्भिस्सपुष्पाभिः सतिलारुणचंदनैः । अर्घ्यं दद्यात्प्रयत्नेन सूर्यनामानुकीर्तनैः

Avec du riz intact (akṣata), des fleurs, du sésame et du santal rouge, qu’on offre avec soin l’arghya, en récitant les noms du Soleil.

Verse 169

नमस्ते विश्वरूपाय नमस्ते विष्णुरूपिणे । सर्वदेवनमस्तेस्तु प्रसीद मम भास्कर

Hommage à Toi, de forme universelle ; hommage à Toi, dont la forme est Viṣṇu. Que les salutations de tous les dieux Te soient offertes : sois favorable envers moi, ô Bhāskara.

Verse 170

दिवाकर नमस्तेस्तु प्रभाकर नमोस्तु ते । एवं सूर्यं नमस्कृत्य त्रिः कृत्वा च प्रदक्षिणम्

«Ô Divākara, salut à Toi ; ô Prabhākara, salut à Toi.» Ainsi, après avoir rendu hommage à Sūrya, qu’on accomplisse trois fois la pradakṣiṇā.

Verse 171

द्विजं गां कांचनं चैव दृष्ट्वा स्पृष्ट्वा गृहं व्रजेत् । स्वगेहस्थां ततः पुण्यां प्रतिमां चापि पूजयेत्

Après avoir vu et touché avec respect un brāhmaṇa, une vache et l’or, qu’on retourne à la maison ; puis, dans sa demeure, qu’on adore l’image sacrée et de bon augure de la Divinité.

Verse 172

भोजनं च ततः पश्चाद्द्विजपूर्वं च कारयेत् । अनेन विधिना सर्वॠषयः सिद्धिमागताः

Ensuite, qu’on prépare le repas en servant d’abord les dvija (brāhmaṇas). Par cette observance même, tous les ṛṣis obtinrent l’accomplissement.