
The Narrative of Suvrata: Tapas, Surrender-Prayer, and Cyclical Time
Le chapitre s’ouvre sur une question concernant la naissance antérieure de Suvrata et le mérite de sa dévotion. Brahmā raconte une lignée issue de Vaidīśā : de la race de Ṛtadhvaja naissent Rukmāṅgada puis son fils Dharmāṅgada, renommé pour une piété filiale extrême et une droiture vaiṣṇava. En raison de la pureté de son dharma, Viṣṇu le conduit, avec son corps même, vers la demeure vaiṣṇava. Après un séjour céleste d’une durée immense, il redescend par la grâce de Viṣṇu sous le nom de Suvrata, fils de Somaśarmā. Il pratique de rudes tapas et une méditation unifiée dans les montagnes de Vaiḍūrya, près de Siddheśvara. Satisfait, Keśava apparaît avec Lakṣmī et lui propose une grâce ; Suvrata répond par une supplication ardente, semblable à un stotra, implorant d’être délivré du saṃsāra. Le récit relie ensuite le destin du dévot au retour cyclique du cosmos : yuga, Manu et kalpa se répètent, ce qui explique la réapparition des noms et des rôles au fil des âges. Enfin, Suvrata—devenu Vasudatta—est élevé jusqu’au rang d’Indra.
Verse 1
व्यास उवाच । प्रश्नमेकं महाभाग करिष्ये सांप्रतं वद । त्वयैव पूर्वमुक्तं हि सुव्रतं च प्रतीश्वरम्
Vyāsa dit : Ô toi, grandement fortuné, je vais maintenant poser une seule question—dis-le-moi. Car auparavant tu as toi-même parlé de l’excellent vœu (suvrata) et de la dévotion au Seigneur suprême.
Verse 2
पूर्वाभ्यासेन संध्यायन्नारायणमनामयम् । कस्यां ज्ञात्यां समुत्पन्नः सुव्रतः पूर्वजन्मनि
Par la force d’une pratique antérieure, méditant lors des prières du crépuscule sur Nārāyaṇa, le Seigneur sans maladie—dans quelle lignée Suvrata naquit-il dans sa vie passée ?
Verse 3
तन्मे त्वं सांप्रतं ब्रूहि कथमाराधितो हरिः । अनेनापि स देवेश कोयं पुण्यसमाविलः
Dis-le-moi donc à présent : comment Hari fut-il adoré et apaisé ? Et par cet acte aussi, ce Seigneur des dieux—qu’est-ce donc qui est empli de mérite (puṇya) ?
Verse 4
ब्रह्मोवाच । वैदिशे नगरे पुण्ये सर्वऋद्धिसमाकुले । तत्र राजा महातेजा ऋतध्वजसुतो बली
Brahmā dit : Dans la cité sacrée de Vaidishā, comblée de toutes prospérités, régnait un roi puissant au grand éclat — le vaillant fils de Ṛtadhvaja.
Verse 5
तस्यात्मजो महाप्राज्ञो रुक्मभूषणविश्रुतः । संध्यावली तस्य भार्या धर्मपत्नी यशस्विनी
Son fils était d’une grande sagesse, renommé pour ses parures d’or. Son épouse était Sandhyāvalī — sa compagne légitime, vertueuse, célèbre et illustre.
Verse 6
तस्यां पुत्रं समुत्पाद्य स आत्मसदृशं ततः । तस्य धर्मांगदं नाम चकार नृपनंदनः
Ayant engendré en elle un fils, semblable à lui-même, le prince donna alors à l’enfant le nom de Dharmāṅgada.
Verse 7
सर्वलक्षणसंपन्नः पितृभक्तिपरायणः । रुक्मांगदस्य तनयो योयं भगवतां वरः
Pourvu de tous les signes de bon augure et entièrement voué à la piété filiale, il est le fils de Rukmāṅgada, le meilleur parmi les bienheureux dévots du Seigneur.
Verse 8
पितुः सौख्याय येनापि मोहिन्यै तु शिरो ददे । वैष्णवेन च धर्मेण पितृभक्त्या तु तस्य हि
Pour la joie de son père, il offrit même sa tête à Mohinī ; oui, c’est par la droiture vaiṣṇava et par sa dévotion filiale qu’il agit ainsi.
Verse 9
सुप्रसन्नो हृषीकेशः सकायो वैष्णवं पदम् । नीतस्तु सर्वधर्मज्ञो वैष्णवः सात्वतां वरः
Hṛṣīkeśa (Viṣṇu), pleinement satisfait, le conduisit—avec son corps même—jusqu’au séjour vaiṣṇava. Ce vaiṣṇava, connaisseur de tout dharma, était vraiment le meilleur parmi les Sātvatas.
Verse 10
धर्मांगदो महाप्राज्ञः प्रज्ञाज्ञानविशारदः । तत्रस्थो वै महाप्राज्ञो धर्मोसौ धर्मभूषणः
Dharmāṅgada était d’une sagesse profonde, d’un discernement élevé, et expert en intuition et en connaissance. Là se tenait vraiment le grand sage Dharma lui-même, parure de la droiture.
Verse 11
दिव्यान्मनोनुगान्भोगान्मोदमानः प्रभुंजति । पूर्णे युगसहस्रांते धर्मो वै धर्मभूषणः
Dans la joie, il goûte des délices divins conformes à son esprit. À l’achèvement de mille yugas, Dharma—paré de droiture—demeure assurément.
Verse 12
तस्मात्पदात्परिभ्रष्टो विष्णोश्चैव प्रसादतः । सुव्रतो नाम मेधावी सुमनानंदवर्द्धनः
Déchu de cette condition, mais par la grâce même de Viṣṇu, il y eut un sage nommé Suvrata, celui qui faisait croître la joie de Sumanā.
Verse 13
सोमशर्मस्य तनयः श्रेष्ठो भगवतां वरः । तपश्चचार मेधावी विष्णुध्यानपरोभवत्
Le fils de Somaśarman—éminent, le premier parmi les dévots du Seigneur—accomplit des austérités avec une grande intelligence et se voua entièrement à la méditation sur Viṣṇu.
Verse 14
कामक्रोधादिकान्दोषान्परित्यज्य द्विजोत्तमः । संयम्यचैन्द्रियं वर्गं तपस्तेपे निरंतरम्
Ayant renoncé aux fautes qui commencent par le désir et la colère, le meilleur des deux-fois-nés maîtrisa la troupe des sens et accomplit l’austérité sans relâche.
Verse 15
वैडूर्यपर्वतश्रेष्ठे सिद्धेश्वरस्य सन्निधौ । एकीकृत्य मनश्चायं संयोज्य विष्णुना सह
Sur le plus éminent des monts Vaiḍūrya, en la présence de Siddheśvara, il rassembla son esprit en un seul point et s’unit à Viṣṇu.
Verse 16
एवं वर्षशतं स्थित्वा ध्यानेनास्य महात्मनः । सुप्रसन्नो जगन्नाथः शंखचक्रगदाधरः
Ainsi, après être demeuré cent ans en méditation sur ce grand être, le Seigneur de l’univers, portant conque, disque et massue, fut comblé d’une joie parfaite.
Verse 17
तस्मै वरं ददावन्यं सलक्ष्म्या सह केशवः । भोभोः सुव्रत धर्मात्मन्बुध्यस्व विबुधांवर
Alors Keśava, avec Lakṣmī, lui accorda un autre bienfait et dit : «Ho ! Ho ! Ô toi aux vœux purs, ô âme droite, réveille-toi, ô le meilleur des sages !»
Verse 18
वरं वरय भद्रं ते कृष्णोऽहं ते समागतः । एवमाकर्ण्य मेधावी विष्णोर्वाक्यमनुत्तमम्
«Demande une grâce ; bénédiction sur toi. Je suis Kṛṣṇa ; je suis venu jusqu’à toi.» Entendant ces paroles incomparables de Viṣṇu, le sage répondit.
Verse 19
हर्षेण महताविष्टो दृष्ट्वा देवं जनार्दनम् । बद्धांजलिपुटो भूत्वा प्रणाममकरोत्तदा
À la vue du Seigneur Janārdana, saisi d’une grande joie, il joignit les mains en geste de vénération et se prosterna aussitôt.
Verse 20
सुव्रत उवाच । संसारसागरमतीव महासुदुःखजालोर्मिभिर्विविधमोहचयैस्तरंगैः । संपूर्णमस्ति निजदोषगुणैस्तु प्राप्तस्तस्मात्समुद्धर जनार्दनमाशुदीनम्
Suvrata dit : Cet océan de l’existence mondaine est rempli à l’excès de vagues, vastes filets de douleur aiguë, et de houles nées d’amas de multiples égarements. J’y suis entièrement pris par mes propres fautes et penchants ; aussi, ô Janārdana, retire vite cet affligé.
Verse 21
कर्मांबुदे महति गर्जतिवर्षतीव विद्युल्लतोल्लसतिपातकसंचयैर्मे । मोहांधकारपटलैर्मम नास्ति दृष्टिर्दीनस्य तस्य मधुसूदन देहि हस्तम्
Dans l’immense nuée de mon karma, qui gronde et verse la pluie, l’éclair resplendit comme des amas de mes péchés. Recouvert de couches de l’obscurité de l’illusion, je n’ai plus de vue. À moi, l’impuissant—ô Madhusūdana—tends Ta main.
Verse 22
इति श्रीपद्मपुराणे पंचपंचाशत्सहस्रसंहितायां भूमिखंडे ऐंद्रे सुव्रतो । पाख्यानंनाम द्वाविंशोऽध्यायः
Ainsi, dans le Śrī Padma Purāṇa—au sein du Compendium des « cinquante-cinq mille vers », dans le Bhūmi-khaṇḍa, dans la section Aindra—s’achève le vingt-deuxième chapitre, intitulé « Le récit de Suvrata ».
Verse 23
संसारवृक्षमतिजीर्णमपीह उच्चं मायासुकंदकरुणा बहुदुःखशाखम् । जायादिसंगच्छदनं फलितं मुरारे तत्राधिरूढपतितं भगवन्हि रक्ष
Ô Murāri, cet arbre élevé de l’existence mondaine—bien qu’usé et très ancien—porte l’illusion pour tronc et abonde en maintes branches de douleur. Sa ramure est faite d’attachements, tels l’épouse et le reste, et il donne des fruits. Je l’ai gravi et j’en suis tombé ; ô Seigneur, protège-moi de cela.
Verse 24
दुःखानलैर्विविधमोहमयैः सुधूमैः शोकैर्वियोगमरणांतिक सन्निभैश्च । दग्धोस्मि कृष्ण सततं मम देहि मोक्षं ज्ञानांबुदैः समभिषिंच सदैव मां त्वम्
Je suis sans cesse consumé, ô Kṛṣṇa, par les feux de la souffrance—épais de la fumée des illusions multiples—et par des chagrins tels la séparation, terribles comme l’approche de la mort. Accorde-moi la délivrance (mokṣa) et baigne-moi toujours des nuées de pluie de la vraie connaissance.
Verse 25
घोरांधकारपटले महतीव गर्ते संसारनाम्निपतितं सततं हि कृष्ण । त्वं सत्कृपो मम हि दीनभयातुरस्य तस्माद्विरज्यशरणं तव आगतोस्मि
Ô Kṛṣṇa, je suis tombé encore et encore dans ce monde nommé saṃsāra, tel un immense gouffre recouvert d’une effroyable obscurité. Tu es vraiment compatissant envers moi, misérable et tourmenté par la peur ; c’est pourquoi, renonçant à tout le reste, je suis venu chercher refuge en Toi seul.
Verse 26
त्वामेव ये नियतमानसभावयुक्ता ध्यायंति ज्ञानमनसा पदवीं लभंते । नत्वैव पादयुगलं च महासुपुण्यं यद्देवकिन्नरगणाः परिचिंतयंति
Ceux qui, l’esprit maîtrisé et recueilli, méditent sur Toi avec une intelligence éclairée par la connaissance, atteignent l’état suprême. Et, s’étant prosternés devant Tes deux pieds—très auspices et d’un mérite immense—que même les assemblées des devas et des kinnaras contemplent sans cesse, ils sont comblés de bénédictions.
Verse 27
नान्यं वदामि न भजामि न चिंतयामि त्वत्पादपद्मयुगलं सततं नमामि । कामं त्वमेव मम पूरय मेद्य कृष्ण दूरेण यातु मम पातकसंचयस्ते
Je ne parle d’aucun autre, je n’adore aucun autre, je ne pense à aucun autre ; je me prosterne sans cesse devant Tes deux pieds de lotus. Exauce mon désir—Toi seul—ô Kṛṣṇa le Pur ; que s’éloigne de moi, bien loin, l’amas de mes fautes accumulées.
Verse 28
दासोस्मि देव तव किंकरजन्मजन्म त्वत्पादपद्मयुगलं सततं स्मरामि
Ô Seigneur, je suis Ton serviteur, Ton humble assistant vie après vie ; je me souviens sans cesse de Tes deux pieds de lotus.
Verse 29
यदि कृष्ण प्रसन्नोसि देहि मे सुवरं प्रभो । मन्मातापितरौ कृष्ण सकायौ मंदिरे नय
Ô Seigneur Kṛṣṇa, si Tu es satisfait, accorde-moi une grâce suprême : ô Kṛṣṇa, conduis ma mère et mon père—avec leurs corps mêmes—dans Ta demeure sacrée.
Verse 30
आत्मनश्च महादेव मयासह न संशयः । श्रीकृष्ण उवाच । एवं ते परमं कार्यं भविष्यति न संशयः
Ô Mahādeva, il n’y a nul doute quant à toi-même et à moi, ensemble. Śrī Kṛṣṇa dit : Ainsi en sera-t-il ; ton dessein suprême s’accomplira, sans aucun doute.
Verse 31
तस्य तुष्टो हृषीकेशो भक्त्या तस्य प्रतोषितः । प्रयातौ वैष्णवं लोकं दाहप्रलयवर्जितौ
Hṛṣīkeśa, content de lui et pleinement comblé par sa dévotion, fit que tous deux partirent vers le monde vaiṣṇava, un royaume exempt des cataclysmes de l’embrasement et de la dissolution.
Verse 32
सुव्रतेन समं तौ द्वौ सुमना सोमशर्मकौ । यावत्कल्पद्वयं प्राप्तं तावत्स सुव्रतो द्विजः
Ces deux-là—Sumanā et Somaśarmā—demeurèrent d’un rang égal à celui de Suvrata ; et tant que s’écoulèrent deux kalpas, ainsi demeura établi le brāhmane Suvrata.
Verse 33
बुभुजे बुभुजे दिव्यांल्लोकांश्चैव महामते । देवकार्यार्थमत्रैव काश्यपस्य गृहं पुनः
Ô grand sage, il jouit—oui, jouit—de ces mondes célestes ; puis, afin d’accomplir l’œuvre des dieux, il revint encore une fois, ici même, dans la demeure de Kaśyapa.
Verse 34
अवतीर्णो महाप्राज्ञो वचनात्तस्य चक्रिणः । ऐंद्रं पदं हि यो भुंक्ते विष्णोश्चैव प्रसादतः
Ce très sage descendit selon l’ordre du Seigneur porteur du disque ; et, par la grâce même de Viṣṇu, il jouit véritablement de la dignité d’Indra.
Verse 35
वसुदत्तेति विख्यातः सर्वदेवैर्नमस्कृतः । ऐंद्रं पदं हि यो भुंक्ते सांप्रतं वासवो दिवि
Il est renommé sous le nom de Vasudatta, vénéré par tous les dieux ; car à présent il jouit du rang d’Indra, devenant Vāsava au ciel.
Verse 36
एतत्ते सर्वमाख्यातं सृष्टिसंबंधकारणम् । अन्यदेवं प्रवक्ष्यामि यदेव परिपृच्छसि
Tout cela t’a été exposé : la cause qui se rattache à la création. Maintenant, j’expliquerai encore précisément ce que tu demandes.
Verse 37
व्यास उवाच । धर्माङ्गदो महाप्राज्ञो रुक्माङ्गदसुतो बली । आद्ये कृतयुगे जातः सृष्टिकाले स वासवः
Vyāsa dit : Dharmāṅgada, très sage et puissant, fils de Rukmāṅgada, naquit au premier Kṛta Yuga ; au temps de la création, il devint Vāsava (Indra).
Verse 38
तत्कथं देवदेवेश अन्यो धर्माङ्गदो भुवि । अन्यो रुक्मांङ्गदो राजा किं चायं त्रिदशाधिपः
Alors, ô Seigneur des dieux, comment se fait-il qu’il y ait un autre Dharmāṅgada sur la terre ? Et un autre roi nommé Rukmāṅgada ? Et qui est ici ce maître des trente-trois dieux (Indra) ?
Verse 39
एतन्मे संशयं जातं तद्भवान्वक्तुमर्हति । ब्रह्मोवाच । हंत ते कथयिष्यामि सर्वसंदेहनाशनम्
Un doute s’est levé en moi ; tu es digne de l’expliquer. Brahmā dit : « Eh bien, je te l’exposerai d’une manière qui dissipe tous les doutes. »
Verse 40
देवस्य लीलासृष्ट्यर्थे वर्तते द्विजसत्तम । यथा वाराश्च पक्षाश्च मासाश्च ऋतवो यथा
Ô le meilleur des brahmanes, cela agit pour le jeu créateur du Seigneur, tout comme, dans leur ordre, s’écoulent les jours, les quinzaines, les mois et les saisons.
Verse 41
संवत्सराश्च मनवस्तथा यांति युगाः पुनः । पश्चात्कल्पः समायाति व्रजाम्येवं जनार्दनम्
Les années s’écoulent, et les Manus aussi ; les yuga reviennent sans cesse. Ensuite, en son temps, survient le kalpa ; ainsi vais-je vers Janārdana, le Seigneur.
Verse 42
अहमेव महाप्राज्ञ मयि यांति चराचराः । पुनः सृजति योगात्मा पूर्ववद्विश्वमेव हि
Moi seul, ô très sage, suis le fondement ultime ; en moi se résorbent tous les êtres, mobiles et immobiles. Puis le Soi yogique recrée de nouveau l’univers entier, exactement comme auparavant.
Verse 43
पुनरहं पुनर्वेदाः पुनस्ते देवता द्विजाः । तथा भूपाश्च ते सर्वे स्वचरित्रसमाविलाः
Encore et encore : ainsi suis-je, ainsi sont les Veda, ainsi sont aussi ces dieux et ces brahmanes. De même, tous ces rois, chacun absorbé dans le récit de ses propres actes.
Verse 44
प्रभवंति महाभाग विद्वांस्तत्र न मुह्यति । पूर्वकल्पे महाभागो यथा रुक्मांगदो नृपः
Tout cela porte son fruit, ô grande âme ; le sage n’y est point égaré. Ainsi en fut-il dans un kalpa ancien, ô noble : comme ce fut le cas du glorieux roi Rukmāṅgada.
Verse 45
तथा धर्मांगदश्चायं संजातः ख्यातिमान्द्विजः । रामादयो महाप्राज्ञा ययातिर्नहुषस्तथा
De même naquit ce deux-fois-né renommé, nommé Dharmāṅgada ; et de même naquirent les très sages, à commencer par Rāma, ainsi que Yayāti et Nahuṣa.
Verse 46
मन्वादयो महात्मानः प्रभवंति लयंति च । ऐंद्रं पदं प्रभुंजंति राजानो धर्मतत्पराः
Les grandes âmes, à commencer par les Manus, apparaissent et s’éteignent aussi. Et les rois voués au dharma atteignent et goûtent la dignité d’Indra.
Verse 47
यथा धर्मांगदो वीरः प्रभुंजति महत्पदम् । एवं वेदाश्च देवाश्च पुराणाः स्मृतिपूर्वकाः
De même que le héros Dharmāṅgada atteint l’état suprême, de même les Veda et les dieux—et les Purāṇa aussi—doivent être compris en accord avec la tradition de la Smṛti.
Verse 48
एतत्तु सर्वमाख्यातं तवाग्रे द्विजसत्तम । चरितं सुव्रतस्याथ पुण्यं सुगतिदायकम्
Ô le meilleur des deux-fois-nés, je t’ai maintenant exposé tout cela : le récit sacré et méritoire de Suvrata, qui confère une destinée bénie.
Verse 49
अव्यक्तं तु महाभाग प्रब्रवीमि तवाग्रतः
Mais, ô très fortuné, je t’exposerai l’Inmanifesté, ici même, en ta présence.