Uttara BhagaAdhyaya 5149 Verses

Kāśī-māhātmya: Avimukta Gaṅgā and the Pañcanada Tīrtha

Dans le dialogue où Vasu instruit Mohinī, le chapitre proclame la suprême puissance salvatrice d’Avimukta (Kāśī/Vārāṇasī) et de la Gaṅgā coulant vers le nord. Les actes accomplis à Avimukta produisent un mérite impérissable et écartent l’enfer même pour les pécheurs; il est affirmé que tous les tīrtha libérateurs y sont présents en plénitude. Il prescrit un parcours rituel centré sur le gaṅgā-snāna (surtout en Kārtika et Māgha), le darśana de Śiva en tant que Viśveśvara, et des lieux saints tels que Daśāśvamedha et la zone de confluence Varaṇā–Asi avec Jāhnavī. Un développement majeur exalte Pañcanada (aussi relié à Dharmanadā/Dhūtapāpa/Bindu-tīrtha selon les yuga) comme surpassant le mérite de Prayāga-Māgha, particulièrement lorsqu’il est joint au tarpaṇa et au śrāddha pour les ancêtres; la dāna y devient inépuisable. Le chapitre se clôt en affirmant qu’entendre/réciter/lire ce māhātmya confère un mérite équivalent au sacrifice et au tīrtha, tout en soulignant le discernement éthique dans le don: la charité envers les vrais dévots et les serviteurs du guru est louée, mais donner aux trompeurs, aux traîtres au guru, ou aux ennemis des brāhmaṇa et des vaches est condamné.

Shlokas

Verse 1

वसुरुवाच । अथान्यते प्रवक्ष्यामि गंगामाहात्म्यमुत्तमम् । वाराणसीस्थितं भद्रे भुक्तिमुक्तिफलप्रदम् ॥ १ ॥

Vasu dit : « À présent, ô bienheureuse, j’exposerai la gloire suprême de la Gaṅgā, établie à Vārāṇasī, qui accorde les fruits de la jouissance terrestre comme de la délivrance. »

Verse 2

अविमुक्ते कृतं यत्तु तदेवाक्षयतां व्रजेत् । अविमुक्तगतः कश्चिन्नरकं नैति किल्बिषी ॥ २ ॥

Tout acte accompli à Avimukta obtient un mérite impérissable. Celui qui parvient à Avimukta—même souillé de faute—ne va pas en enfer.

Verse 3

अविमुक्तकृतं यत्तु पापं वज्रं भवेच्छुभे । त्रैलोक्ये यानि तीर्थानि मोक्षदानि च कृत्स्नशः ॥ ३ ॥

Ô bienheureuse, le péché commis à Avimukta devient dur comme le vajra. Et tous les tīrtha des trois mondes—ceux qui donnent la délivrance—s’y trouvent présents dans leur plénitude.

Verse 4

सेवंते सततं गंगां काश्यामुत्तरवाहिनीम् । दशाश्वमेधे यः स्नात्वा दृष्ट्वा विश्वेश्वरं शिवम् ॥ ४ ॥

Ceux qui vénèrent sans cesse la Gaṅgā au courant vers le nord à Kāśī—après s’être baignés à Daśāśvamedha et avoir contemplé Śiva en tant que Viśveśvara—obtiennent le mérite suprême.

Verse 5

सद्यो निष्पातको भूत्वा मुच्यते भवबंधनात् । गंगा हि सर्वतः पुण्या ब्रह्महत्यापहारिणी ॥ ५ ॥

Purifié sur-le-champ, on est délivré des liens de l’existence conditionnée ; car la Gaṅgā est sainte de toutes parts et efface même le péché de brahmahatyā, le meurtre d’un brāhmane.

Verse 6

वाराणस्या विशेषेण यत्र चोत्तरवाहिनी । वरणायास्तथास्याश्च जाह्नव्याः संगमे नरः ॥ ६ ॥

Tout particulièrement à Vārāṇasī—là où le fleuve s’écoule vers le nord—au confluent de la Varaṇā et de l’Asi avec la Jāhnavī (Gaṅgā), celui qui s’y baigne obtient une sainteté singulière.

Verse 7

स्नानमात्रेण सर्वेभ्यः पातकेभ्यः प्रमुच्यते । काश्यामुत्तरवाहिन्यां गंगायां कार्तिके तथा ॥ ७ ॥

Par le seul bain, on est délivré de tous les péchés—surtout en se baignant à Kāśī, dans la Gaṅgā qui s’écoule vers le nord, et de même durant le mois de Kārtika.

Verse 8

स्नात्वा माघे च मुच्यंते महापापादिपातकैः । सर्वलोकेषु तीर्थानि यानि ख्यातानि तानि च ॥ ८ ॥

En se baignant durant le mois de Māgha, les êtres sont délivrés des grands péchés et des chutes les plus funestes. En vérité, on recueille alors le mérite entier de tous les tīrtha renommés à travers les mondes.

Verse 9

सर्वाण्येतानि सुभगे काश्यामायांति जाह्नवीम् । नित्यं पर्वसु सर्वेषु पुण्यैश्चायतनैः सह ॥ ९ ॥

Ô bienheureuse, toutes ces puissances sacrées et ces lieux saints viennent à la Jāhnavī (Gaṅgā) à Kāśī—sans cesse, et tout particulièrement à chaque jour de fête sacrée—avec leurs sanctuaires et demeures de mérite.

Verse 10

उत्तराभिमुखीं गंगां काश्यामायांति चान्वहम् । महापातकदोषादिदुष्टानां स्पर्शनोद्भवम् ॥ १० ॥

À Kāśī, jour après jour, les gens viennent à la Gaṅgā qui s’écoule vers le nord ; pour ceux que souillent les grands péchés et autres fautes, la purification naît du seul contact avec Elle.

Verse 11

व्यपोहितुं स्वपापं च जंतुपापविमुक्तये । जन्मांतरशतेनापि सत्कर्मनिरतस्य च ॥ ११ ॥

Pour écarter ses propres péchés et délivrer les êtres du péché—même pour celui qui s’adonne aux œuvres justes—une telle purification ne s’accomplit pas aisément, fût-ce au terme de cent naissances successives.

Verse 12

अन्यत्र सुधिया भद्रे मोक्षो लभ्येत वा न वा । एकेन जन्मना त्वत्र गंगायां मरणेन च ॥ १२ ॥

Ailleurs, ô noble dame, même pour l’homme avisé la délivrance peut être obtenue ou non; mais ici, en une seule vie, et en mourant sur la Gaṅgā, la libération est acquise.

Verse 13

मोक्षस्तु लभ्यते काश्यां नरेणावलितात्मना । ख्यातो धर्मनदो नाम ह्रदस्तत्रैव सुंदरि ॥ १३ ॥

La libération s’obtient assurément à Kāśī pour l’homme dont l’âme intérieure est ferme et maîtrisée. Là même, ô belle, se trouve un bassin sacré renommé, appelé Dharmanada.

Verse 14

धर्म एव स्वरूपेण महापातकनाशनः । धूली च धूतपापा सा सर्वतीर्थमयी शुभा ॥ १४ ॥

Le Dharma, par sa nature même, détruit les grands péchés. Et cette poussière sacrée aussi—ayant secoué le péché—devient de bon augure, portant en elle le mérite de tous les lieux de pèlerinage.

Verse 15

हरेन्महापापसंघान्कूलजानिव पादपान् । किरणा धूतपापा च पुण्यतोया सरस्वती ॥ १५ ॥

La sainte Sarasvatī, dont les eaux sont méritoires, emporte les grands amas de péché—comme un courant puissant arrache les arbres du rivage; et, telle la lumière du soleil, elle lave et dissipe le péché.

Verse 16

गंगा च यमुना चैव पंच नद्यः प्रकीर्तिताः । अतः पञ्चनदं नाम तीर्थं त्रैलोक्यविश्रुतम् ॥ १६ ॥

Le Gaṅgā et la Yamunā sont, en vérité, proclamés parmi les cinq fleuves ; c’est pourquoi ce gué sacré est nommé Pañcanada, un tīrtha renommé dans les trois mondes.

Verse 17

तत्राप्लुतो न गृह्णीयाद्देहितां पांचभौतिकीम् । अस्मिन्पंचनदीनां तु संगमेऽघौघभेदने ॥ १७ ॥

Là, sans s’être d’abord baigné, nul ne doit reprendre l’état corporel fait des cinq éléments ; car c’est la confluence des cinq fleuves, le lieu qui brise les torrents de péché.

Verse 18

स्नानमात्रान्नरो याति भित्वा ब्रह्मांडमंडपम् । प्रयागे माघमासे तु सम्यक् स्नानस्य यत्फलम् ॥ १८ ॥

Par le seul acte du bain, l’homme franchit au-delà du pavillon de l’œuf cosmique (le monde lié). Tel est le fruit d’un bain accompli comme il se doit à Prayāga au mois de Māgha.

Verse 19

तत्फलं स्याद्दिनैकेन काश्यां पंचनदे ध्रुवम् । स्नात्वा पंचनदे तीर्थे कृत्वा च पितृतर्पणम् ॥ १९ ॥

Ce même mérite s’obtient à coup sûr en un seul jour à Pañcanada, à Kāśī, en se baignant au tīrtha de Pañcanada et en accomplissant le tarpaṇa, la libation d’eau aux ancêtres.

Verse 20

विष्णुं माधवमभ्यर्च्य न भूयो जन्मभाग्भवेत् । यावत्संख्यास्तिला दत्ताः पितृभ्यो जलतर्पणे ॥ २० ॥

Ayant adoré Viṣṇu—Mādhava—on ne redevient plus assujetti à la renaissance ; car les mérites sont aussi nombreux que les graines de sésame offertes aux ancêtres dans la libation d’eau (tarpaṇa).

Verse 21

पुण्ये पञ्चनदे तीर्थे तृप्तिः स्यात्तावदाब्दिकी । श्रद्धया यैः कृतं श्राद्धं तीर्थे पञ्चनदे शुभे ॥ २१ ॥

Au tīrtha méritoire de Pañcanada, lorsque le Śrāddha y est accompli avec śraddhā, en ce Pañcanada auspicious, la satisfaction des ancêtres demeure l’espace d’une année entière.

Verse 22

तेषां पितामहा मुक्तानानायोनिगता अपि । यमलोके पितृगणैर्गार्थयं परिगीयते ॥ २२ ॥

Même leurs aïeux—bien qu’affranchis, et quand bien même ils seraient entrés en diverses matrices (nouvelles naissances)—dans le monde de Yama sont célébrés par les assemblées des Pitṛ au moyen de chants ancestraux, les gāthā.

Verse 23

महिमानं पांचनदं दृष्ट्वा श्राद्धविधानतः । अस्माकमपि वंश्योऽत्र कश्चिच्छ्राद्धं करिष्यति ॥ २३ ॥

Ayant contemplé la grandeur de Pañcanada selon le rite prescrit du Śrāddha, quelque descendant de notre lignée, un jour, accomplira lui aussi ici le Śrāddha.

Verse 24

काश्यां पञ्चनदं प्राप्य येन मुच्यामहे वयम् । तत्र पञ्चनदे तीर्थे यत्किंचिद्दीयते वसु ॥ २४ ॥

Ayant atteint Pañcanada à Kāśī—par quoi nous obtenons la délivrance—toute richesse, fût‑elle infime, donnée là, en ce tīrtha de Pañcanada, devient spirituellement efficiente et porteuse de mérite.

Verse 25

कल्पक्षयेऽपि न भवेत्तस्य पुण्यस्य संक्षयः । वंध्यापि वर्षपर्यंतं स्नात्वा पञ्चनदे ह्रदे ॥ २५ ॥

Même lors de la dissolution d’un kalpa, ce mérite ne s’épuise pas. Même une femme stérile, en se baignant dans le lac de Pañcanada durant une année entière, obtient un mérite durable.

Verse 26

समर्च्य मंगलां गौरीं पुत्रं जनयति ध्रुवम् । जलैः पांचनदैः पुण्यैर्वाससा परिशोधितैः ॥ २६ ॥

Après avoir honoré comme il se doit l’auspicieuse Gaurī, on engendre assurément un fils, sans défaillance, en accomplissant le rite avec les eaux sacrées des cinq rivières et des vêtements purifiés selon la règle.

Verse 27

महाफलमवाप्नोति स्नापयित्वेह दिक्श्रुताम् । पञ्चामृतानां कलशैरष्टोत्तरशतोन्मितैः ॥ २७ ॥

Ici, on obtient un grand mérite en baignant la Divinité vénérée, renommée dans toutes les directions, au moyen de cent huit jarres remplies de pañcāmṛta, les cinq nectars sacrés.

Verse 28

तुलितोऽधिकतां प्राप्तो बिंदुः पांचनदस्तु सः । पंचकूर्चेन पीतेन यात्र शुद्धिरुदाहृता ॥ २८ ॥

À la comparaison, il est proclamé qu’une seule goutte surpasse même la Pañcanadā ; et l’on dit qu’en buvant le Pañcakūrcha, on obtient la purification requise pour entreprendre un voyage.

Verse 29

सा शुद्धिः श्रद्धया प्राश्य बिन्दुं पञ्चनदांभसाम् । भवेदथ ह्रदस्नानाद्राजसूयाश्वमेधयोः ॥ २९ ॥

Cette même purification s’obtient en sirotant avec foi ne fût-ce qu’une seule goutte de l’eau de la Pañcanadā ; et en se baignant dans le lac sacré, on reçoit le fruit des sacrifices Rājasūya et Aśvamedha.

Verse 30

यत्फलं तच्छतगुणं स्मृतं पञ्चनदांबुना । राजसूयाश्वमेधौ च भवेतां स्वर्गसाधने ॥ ३० ॥

Quel que soit le mérite spirituel obtenu ailleurs par un acte, il est rappelé qu’il devient cent fois plus grand lorsqu’il est accompli avec l’eau de la Pañcanadā ; et, par elle, les sacrifices Rājasūya et Aśvamedha deviennent des moyens d’accéder au ciel.

Verse 31

आब्रह्मपट्टिकाद्वंद्वान्मुक्तिः पञ्चनदांबुभिः । स्वर्गनद्यभिषेकोऽपि न तथा संमतः सताम् ॥ ३१ ॥

Même la délivrance des paires d’opposés—jusqu’au domaine de Brahmā—est dite provenir des eaux de la Pañcanadā; pourtant, même le bain ou l’onction dans les rivières du ciel n’est pas tenu par les sages pour avoir une valeur (suprême) égale.

Verse 32

अभिषेकः पांचनदो यथानन्यो वरप्रदः । शतं समास्तपस्तप्त्वा कृते यत्प्राप्यते फलम् ॥ ३२ ॥

L’abhiṣeka, le bain sacré dans la Pañcanadā, est sans égal et accorde des grâces. Le fruit qu’en l’âge Kṛta on obtient après cent ans d’austérités, on le reçoit ici par cet abhiṣeka.

Verse 33

तत्कार्तिके पञ्चन्दे सकृत्स्नानेन लभ्यते । इष्टापूर्तेषु धर्मेषु यावज्जन्मकृतेषु यत् ॥ ३३ ॥

Le mérite acquis par les actes d’iṣṭa et de pūrta—accomplis durant toute une vie—se gagne, au mois de Kārtika, par un seul bain pris sur cinq jours.

Verse 34

अन्यत्र स्यात्फलं तस्याधिकं पञ्चनदांबुभिः । न धूतपापसदृशं तीर्थं क्वापि महीतले ॥ ३४ ॥

Ailleurs, le fruit du pèlerinage peut certes être plus grand grâce aux eaux de la Pañcanadā; mais sur la face de la terre, nul tīrtha n’est comparable à Dhūtapāpa.

Verse 35

यदेकस्नानतो नश्येदघं जन्मत्रयार्जितम् । कृते धर्मंनदं नाम त्रेतायां धूतपातकम् ॥ ३५ ॥

Là, par un seul bain, s’anéantit le péché amassé durant trois naissances. À l’âge Kṛta, on l’appelait Dharmanadā, et à l’âge Tretā, Dhūtapātaka, « celle qui ôte les péchés ».

Verse 36

द्वापरे बिंदुतीर्थँ च कलौ पञ्चनदं स्मृतम् । बिंदुतीर्थे नरो दत्वा कांचनं कृष्णकलोन्मितम् ॥ ३६ ॥

À l’âge de Dvāpara, Bindu-tīrtha est proclamé éminent, et à l’âge de Kali, Pañcanada est tenu pour le plus mémorable. Celui qui offre de l’or à Bindu-tīrtha—mesuré selon l’étalon kṛṣṇa-kalā—obtient un immense mérite de dharma.

Verse 37

न दरिद्रो भवेत्क्वापि न सुखेन वियुज्यते । गोभूतिलहिरण्याश्ववासोन्नस्थानभूषणम् ॥ ३७ ॥

Il ne devient pauvre nulle part et ne se trouve pas séparé du bonheur. Il obtient des vaches, des terres, du sésame, de l’or, des chevaux, des vêtements, d’excellentes demeures et des ornements.

Verse 38

यत्किंचिद्बिंदुतीर्थेऽत्र दत्वाक्षयमवाप्नुयात् । एकामप्याहुतिं कृत्वा समिद्धेऽग्नौ विधानतः ॥ ३८ ॥

Toute offrande faite ici, à Bindu-tīrtha, devient impérissable en mérite. Même en accomplissant une seule āhuti dans un feu bien attisé, selon le rite prescrit, on obtient un fruit infaillible.

Verse 39

पुण्ये धर्मनदीतीर्थे कोटिहोमफलं लभेत् । न पंचनदतीर्थस्य महिमानमनंतकम् ॥ ३९ ॥

Au gué sacré de la Dharmanadī, on obtient un mérite égal à celui d’un crore de homa. Mais la grandeur du Tīrtha de Pañcanadā est, en vérité, sans fin.

Verse 40

कोऽपि वर्णयितुं शक्तश्चतुर्वर्गशुभौकसः । इति ते कथितं भद्रे काशीमाहात्म्यमुत्तमम् ॥ ४० ॥

Rares sont ceux qui peuvent décrire pleinement Kāśī, demeure bénie qui accorde les quatre buts de la vie humaine. Ainsi, ô noble dame, je t’ai exposé ce Kāśī-māhātmya suprême.

Verse 41

सुखदं मोक्षदं नॄणां महापातकनाशनम् । ब्रह्मघ्नो मधुपः स्वर्णस्तेयी च गुरुतल्पगः ॥ ४१ ॥

Cela accorde aux hommes le bonheur et la délivrance, et détruit les grands péchés. Même le meurtrier d’un brāhmaṇa, l’ivrogne, le voleur d’or et celui qui profane le lit du maître sont ainsi affranchis de leur lourde faute.

Verse 42

महापातकयुक्तोऽपि संयुक्तोऽप्युपपातकैः । अविमुक्तस्य माहात्म्यश्रवणाच्छुद्धिमाप्नुयात् ॥ ४२ ॥

Même celui qui est souillé par les grands péchés, et même chargé de fautes secondaires, obtient la purification en écoutant le māhātmya, la gloire sacrée d’Avimukta.

Verse 43

ब्राह्मणो वेदविद्वान्स्यात्क्षत्त्रियो विजयी रणे । वैश्यो धनपतिः शूद्रो विष्णुभक्तसमागमी ॥ ४३ ॥

Le brāhmaṇa devient savant dans les Veda ; le kṣatriya est victorieux au combat ; le vaiśya devient maître des richesses ; et le śūdra obtient la compagnie des dévots de Viṣṇu.

Verse 44

श्रवणादस्य सुभगे भूयात्पठनतोऽपि वा । सर्वयज्ञेषु यत्पुण्यं सर्वतीर्थेषु यत्फलम् ॥ ४४ ॥

Ô bienheureux, par la seule écoute de ceci—ou même par sa récitation—on obtient le mérite de tous les sacrifices et le fruit de tous les lieux saints de pèlerinage.

Verse 45

तत्सर्वं समवाप्नोति पठनाच्छ्रवणादपि । विद्यार्थी लभते विद्यां धनार्थी लभते धनम् ॥ ४५ ॥

Tout cela s’obtient par la lecture—et même par la simple écoute. Celui qui cherche le savoir obtient la connaissance ; celui qui cherche la richesse obtient la richesse.

Verse 46

भार्यार्थी लभते भार्यां सुतार्थी पुत्रमाप्नुयात् । अविमुक्तस्य माहात्म्यं मया ते परिकीर्तितम् ॥ ४६ ॥

Celui qui désire une épouse obtient une épouse; celui qui désire un fils obtient un fils. Ainsi t’ai-je pleinement proclamé la grandeur d’Avimukta.

Verse 47

विष्णुभक्ताय दातव्यं शिवभक्तिरताय च । जगज्जननिभक्ताय सूर्यहेरंबसेविने ॥ ४७ ॥

Qu’on l’offre en don au dévot de Viṣṇu, et aussi à celui qui se complaît dans la bhakti envers Śiva; au dévot de la Mère de l’Univers, et à celui qui adore Sūrya et Heraṃba (Gaṇeśa).

Verse 48

गुरुशुश्रूषवे दत्वा तीर्थास्नानफलं लभेत् । शठाय निंदकायापि गोविप्रसुरविद्विषे । गुरुद्रुहेऽसूयकाय दत्वा मृत्युमवाप्नुयात् ॥ ४८ ॥

En donnant à celui qui se voue au service du Guru, on obtient le mérite d’un bain dans les tīrtha sacrés. Mais donner à un fourbe, à un calomniateur, à l’ennemi des vaches, des brāhmaṇa et des dieux, ou à celui qui trahit le Guru et nourrit l’envie, entraîne une chute terrible, semblable à la mort.

Verse 49

इति श्रीबृहन्नारदीयपुराणोत्तरभागे वसुमोहिनीसंवादे काशीमाहात्म्ये एकपञ्चाशत्तमोऽध्यायः ॥ ५१ ॥

Ainsi s’achève le cinquante et unième chapitre, le « Kāśī-māhātmya », dans le dialogue entre Vasu et Mohinī, dans l’Uttara-bhāga (section ultérieure) du vénérable Bṛhannāradīya Purāṇa.

Frequently Asked Questions

The chapter frames Avimukta as a mokṣa-kṣetra where merit is imperishable and where liberation is promised decisively—especially through Gaṅgā-contact and dying on the Gaṅgā—contrasting other places where liberation is described as uncertain even for the discerning.

Pañcanada is presented as a confluence-based purifier whose waters multiply merit (often said to become hundredfold), equal or surpass famed pilgrimage results (including Prayāga’s Māgha merit), and are especially efficacious when paired with tarpaṇa and śrāddha, producing long-lasting satisfaction for ancestors and inexhaustible fruit for gifts.

It elevates śravaṇa/pāṭha to a sacramental act: hearing, reading, or reciting the Avimukta/Kāśī-māhātmya is said to confer the merit of all sacrifices and all tīrthas and to purify even those burdened with major sins (mahāpātakas) and subsidiary faults.

Dāna is recommended to worthy recipients—devotees of Viṣṇu, Śiva, the Mother (Śakti), Sūrya, and Heraṃba (Gaṇeśa), especially those devoted to serving the Guru—while giving to deceitful, slanderous, guru-betraying, or anti-cow/brāhmaṇa/deva persons is condemned as spiritually dangerous.