
व्रतषष्ठी (षष्टिव्रतानि) — नन्दिकेश्वर-नारदसंवादः
Speaker: Nandikeśvara, Nārada
Répondant au désir de Nārada de connaître les observances méritoires, Nandikeśvara annonce l’exposé de «Vrata-Ṣaṣṭhī», les soixante vœux sacrés. En maître, il énumère vœu après vœu en précisant : (1) la discipline—jeûne, restriction alimentaire ou abstinence ; (2) l’ancrage dans le calendrier—tithi, mois, saison ou Cāturmāsya ; (3) la dāna finale aux brāhmaṇas ou le culte rendu à des couples/jeunes filles ; (4) le phala promis—accès au monde d’une divinité, royauté à travers les naissances, renommée, prospérité, connaissance ou libération. Il conclut en disant que l’écoute ou la récitation de l’ensemble confère déjà du mérite, et annonce à Nārada qu’il décrira ensuite d’autres observances.
Verse 1
*नन्दिकेश्वर उवाच अथातः सम्प्रवक्ष्यामि व्रतषष्ठीमनुत्तमाम् रुद्रेणाभिहितां दिव्यां महापातकनाशनम् //
Nandikeśvara dit : À présent, j’exposerai pleinement l’observance incomparable appelée Vrata-Ṣaṣṭhī — un vœu divin enseigné par Rudra, qui détruit même les fautes les plus lourdes.
Verse 2
नक्तमब्दं चरित्वा तु गवा सार्धं कुटुम्बिने हैमं चक्रं त्रिशूलं च दद्याद्विप्राय वाससी //
Après avoir observé pendant un an le vœu de ne prendre que le repas du soir, le maître de maison doit donner en aumône, avec une vache, à un brāhmaṇa un disque d’or et un trident, ainsi qu’une paire de vêtements.
Verse 3
शिवरूपस्ततो ऽस्माभिः शिवलोके स मोदते एतद्देवव्रतं नाम महापातकनाशनम् //
Ensuite, par cette observance, ayant assumé la forme de Śiva, il se réjouit dans le monde de Śiva. Cela s’appelle Devavrata, le vœu qui détruit même les fautes les plus grandes.
Verse 4
यस्त्वेकभक्तेन समां शिवं हैमवृषान्वितम् धेनुं तिलमयीं दद्यात् स पदं याति शांकरम् एतद्रुद्रव्रतं नाम पापशोकविनाशनम् //
Quiconque, d’une dévotion d’un seul cœur, offre en don une vache faite de sésame (dhenu-dāna) avec une image de Śiva accompagnée d’un taureau d’or, atteint la demeure de Śaṅkara. Cela s’appelle le Rudra-vrata, le vœu qui détruit le péché et la douleur.
Verse 5
यस्तु नीलोत्पलं हैमं शर्करापात्रसंयुतम् एकान्तरितनक्ताशी समान्ते वृषसंयुतम् स वैष्णवं पदं याति लीलाव्रतमिदं स्मृतम् //
Quiconque offre un lotus bleu avec un vase d’or contenant du sucre, observant la règle de ne manger que la nuit un jour sur deux, et donnant en outre un taureau à la conclusion, atteint l’état suprême vaiṣṇava. Cette observance est appelée Līlā-vrata.
Verse 6
आषाढादिचतुर्मासम् अभ्यङ्गं वर्जयेन्नरः भोजनोपस्करं दद्यात् स याति भवनं हरेः जने प्रीतिकरं नॄणां प्रीतिव्रतमिहोच्यते //
À partir du mois d’Āṣāḍha, durant la saison sacrée de quatre mois (Cāturmāsya), l’homme doit s’abstenir du massage à l’huile (abhyaṅga). Qu’il offre des ustensiles et des provisions destinés à la nourriture ; ce faisant, il atteint la demeure de Hari (Viṣṇu). Parce qu’il réjouit les hommes, ce vœu est ici nommé Prīti-vrata, le vœu qui plaît aux êtres.
Verse 7
वर्जयित्वा मधौ यस्तु दधिक्षीरघृतैक्षवम् दद्याद्वस्त्राणि सूक्ष्माणि रसपात्रैश्च संयुतम् //
Mais celui qui, s’abstenant de la boisson enivrante, offre du caillé (dadhi), du lait, du ghee (ghṛta) et du jus de canne à sucre, et qui donne aussi des vêtements fins avec des récipients destinés aux liquides, accomplit une aumône de grand mérite.
Verse 8
सम्पूज्य विप्रमिथुनं गौरी मे प्रीयतामिति एतद्गौरीव्रतं नाम भवानीलोकदायकम् //
Après avoir honoré comme il convient un couple de brāhmaṇas, qu’on prie : « Que Gaurī soit satisfaite de moi ». Cette observance est appelée Gaurī-vrata et elle confère le royaume bienheureux de Bhavānī (Pārvatī).
Verse 9
पुष्यादौ यस्त्रयोदश्यां कृत्वा नक्तं मधौ पुनः अशोकं काञ्चनं दद्याद् इक्षुयुक्तं दशाङ्गुलम् //
Si, à partir du moment propice de Puṣya, une personne observe le treizième jour lunaire (trayodaśī) en ne prenant qu’un repas nocturne (nakta), alors, de nouveau au mois printanier de Madhu, elle doit offrir un aśoka d’or, avec une canne à sucre de dix aṅgulas de longueur.
Verse 10
विप्राय वस्त्रसंयुक्तं प्रद्युम्नः प्रीयतामिति कल्पं विष्णुपदे स्थित्वा विशोकः स्यात्पुनर्नरः एतत् कामव्रतं नाम सदा शोकविनाशनम् //
Après avoir offert à un brāhmaṇa un don accompagné de vêtements, en prononçant : « Que Pradyumna soit satisfait », celui qui demeure selon l’ordonnance (kalpa) et se tient établi dans l’état de Viṣṇu redevient sans chagrin. Cela s’appelle Kāma-vrata, un vœu qui détruit à jamais la peine.
Verse 11
आषाढादिव्रतं यस्तु वर्जयेन्नखकर्तनम् वार्ताकं च चतुर्मासं मधुसर्पिर्घटान्वितम् //
Celui qui observe le vœu commençant en Āṣāḍha doit s’abstenir de se couper les ongles ; et durant les quatre mois du Caturmāsa, il doit aussi s’abstenir de la vārtāka (aubergine), en maintenant le vœu avec des offrandes de miel et de ghee conservés dans des récipients.
Verse 12
कार्त्तिक्यां तत्पुनर्हैमं ब्राह्मणाय निवेदयेत् स रुद्रलोकमाप्नोति शिवव्रतमिदं स्मृतम् //
Ensuite, de nouveau au mois de Kārttika, il convient d’offrir ce don d’or à un brāhmaṇa ; par cela, il atteint le séjour de Rudra. On se souvient de ceci comme du vœu consacré à Śiva.
Verse 13
वर्जयेद्यस्तु पुष्पाणि हेमन्तशिशिरावृतू पुष्पत्रयं च फाल्गुन्यां कृत्वा शक्त्या च काञ्चनम् //
Mais celui qui s’est abstenu d’offrir des fleurs durant les saisons Hemanta et Śiśira doit, au mois de Phālguna, accomplir une triple offrande de fleurs et—selon ses moyens—offrir aussi de l’or en don compensatoire.
Verse 14
दद्याद्द्विकालवेलायां प्रीयेतां शिवकेशवौ दत्त्वा परं पदं याति सौम्यव्रतमिदं स्मृतम् //
L’offrande doit être faite aux deux jonctions du jour (matin et soir) ; alors Śiva et Keśava sont satisfaits. Ayant ainsi donné, on atteint l’état suprême : on se souvient de cela comme du Saumya-vrata.
Verse 15
फाल्गुन्यादितृतीयायां लवणं यस्तु वर्जयेत् समाप्ते शयनं दद्याद् गृहं चोपस्करान्वितम् //
Quiconque s’abstient de sel au troisième tithi, à partir du mois de Phālguna, doit, l’observance achevée, donner en aumône un lit, ainsi qu’une maison pourvue des ustensiles domestiques nécessaires.
Verse 16
सम्पूज्य विप्रमिथुनं भवानी प्रीयतामिति गौरीलोके वसेत्कल्पं सौभाग्यव्रतमुच्यते //
Après avoir honoré comme il se doit un couple de brāhmaṇa, en disant : «Que Bhavānī (Pārvatī) soit satisfaite», on doit accomplir le rite prescrit et demeurer (dans la dévotion) au monde de Gaurī pendant toute la durée rituelle ; cela est appelé le Saubhāgya-vrata, le vœu de la bonne fortune conjugale.
Verse 17
संध्यामौनं ततः कृत्वा समान्ते घृतकुम्भकम् वस्त्रयुग्मं तिलान्घण्टां ब्राह्मणाय निवेदयेत् //
Ensuite, après avoir observé le silence durant le rite de Sandhyā, à sa conclusion on doit offrir à un brāhmaṇa un pot de ghṛta (beurre clarifié), une paire de vêtements, ainsi que du sésame accompagné d’une cloche.
Verse 18
सारस्वतं पदं याति पुनरावृत्तिदुर्लभम् एतत्सारस्वतं नाम रूपविद्याप्रदायकम् //
Il atteint l’état Sārasvata, la station de Sarasvatī, d’où le retour est rare. Cela est nommé «Sārasvata» et confère la connaissance des formes (rūpa-vidyā).
Verse 19
लक्ष्मीमभ्यर्च्य पञ्चम्याम् उपवासी भवेन्नरः समान्ते हेमकमलं दद्याद्धेनुसमन्वितम् //
Après avoir adoré Lakṣmī au cinquième jour lunaire (Pañcamī), un homme doit observer le jeûne ; et à la fin, il doit offrir en don un lotus d’or, accompagné d’une vache.
Verse 20
स वैष्णवं पदं याति लक्ष्मीवाञ्जन्मजन्मनि एतत् सम्पद्व्रतं नाम सदा पापविनाशनम् //
Il atteint l’état vaiṣṇava suprême et se trouve pourvu de Lakṣmī (prospérité) de naissance en naissance. Cela est appelé Sampad-vrata, et il détruit toujours les péchés.
Verse 21
कृत्वोपलेपनं शम्भोर् अग्रतः केशवस्य च यावदब्दं पुनर्दद्याद् धेनुं जलघटान्विताम् //
Après avoir accompli le rite d’enduisage et de purification en présence de Śambhu (Śiva) et aussi devant Keśava (Viṣṇu), on doit, durant l’espace d’une année, offrir à maintes reprises une vache accompagnée de jarres d’eau.
Verse 22
जन्मायुतं स राजा स्यात् ततः शिवपुरं व्रजेत् एतद् आयुर्व्रतं नाम सर्वकामप्रदायकम् //
Il deviendrait roi durant dix mille naissances ; ensuite il se rendrait à la demeure de Śiva. Tel est l’Āyur-vrata, le vœu qui accorde tous les buts désirés.
Verse 23
अश्वत्थं भास्करं गङ्गां प्रणम्यैकत्र वाग्यतः एकभक्तं नरः कुर्याद् अब्दमेकं विमत्सरः //
Après s’être incliné avec révérence devant le saint aśvattha, le Soleil et le fleuve Gaṅgā en un même lieu, et après avoir maîtrisé sa parole (demeurant en un endroit), un homme, exempt de malveillance, doit observer durant une année entière la règle d’un seul repas par jour.
Verse 24
व्रतान्ते विप्रमिथुनं पूज्यं धेनुत्रयान्वितम् वृक्षं हिरण्मयं दद्यात् सोऽश्वमेधफलं लभेत् एतत् कीर्तिव्रतं नाम भूतिकीर्तिफलप्रदम् //
À la fin du vœu, après avoir honoré comme il se doit un couple de brahmanes avec trois vaches, on doit offrir un arbre d’or. Ce faisant, on obtient le fruit du sacrifice de l’Aśvamedha. Cela s’appelle le Kīrti-vrata, qui confère les résultats de la prospérité et d’une renommée durable.
Verse 25
घृतेन स्नपनं कुर्याच् छम्भोर् वा केशवस्य च अक्षताभिः सुपुष्पाभिः कृत्वा गोमयमण्डलम् //
On doit accomplir le bain rituel avec du ghee pour Śambhu (Śiva) ou pour Keśava (Viṣṇu), et, avec des grains de riz intacts et de belles fleurs, former un maṇḍala consacré au moyen de bouse de vache.
Verse 26
तिलधेनुसमोपेतं समान्ते हेमपङ्कजम् शुद्धमष्टाङ्गुलं दद्याच् छिवलोके महीयते सामगाय ततश्चैतत् सामव्रतमिहोच्यते //
Avec le don de la « vache de sésame » (tiladhenu), à la conclusion de l’observance on doit offrir aussi un lotus d’or pur, mesurant huit aṅgulas. Ainsi, le chantre du Sāma est honoré dans le monde de Śiva ; c’est pourquoi cette observance est appelée ici Sāma-vrata.
Verse 27
नवम्यामेकभक्तं तु कृत्वा कन्याश्च शक्तितः भोजयित्वासनं दद्याद् धैमकञ्चुकवाससी //
Le neuvième jour, après avoir observé le jeûne d’un seul repas, on doit, selon ses moyens, nourrir de jeunes filles ; puis leur offrir un siège, avec un corsage d’or et des vêtements.
Verse 28
हैमं सिंहं च विप्राय दत्त्वा शिवपदं व्रजेत् जन्मार्बुदं सुरूपः स्याच् छत्रुभिश्चापराजितः एतद्वीरव्रतं नाम नारीणां च सुखप्रदम् //
Après avoir offert à un brāhmane un lion d’or, on atteint l’état de Śiva. Pendant dix millions de naissances, on sera beau de forme et invaincu par les ennemis. Cela est appelé Vīravrata, et il procure aussi le bonheur aux femmes.
Verse 29
यावत्समा भवेद्यस्तु पञ्चदश्यां पयोव्रतः समान्ते श्राद्धकृद्दद्यात् पञ्च गास्तु पयस्विनीः //
Quiconque entreprend le vœu du lait (payo-vrata) le quinzième jour lunaire et le poursuit autant d’années qu’il l’a résolu—à l’achèvement de ces années, après avoir accompli le Śrāddha, doit donner en don cinq vaches laitières.
Verse 30
वासांसि च पिशङ्गानि जलकुम्भयुतानि च स याति वैष्णवं लोकं पितॄणां तारयेच्छतम् कल्पान्ते राजराजः स्यात् पितृव्रतम् इदं स्मृतम् //
Celui qui offre des vêtements fauves, accompagnés de pots d’eau (pour le don rituel), atteint le monde vaiṣṇava ; il délivre cent de ses ancêtres. À la fin de l’éon, il devient roi des rois : tel est déclaré le Pitṛ-vrata, le vœu pour les ancêtres.
Verse 31
चैत्रादिचतुरो मासाञ् जलं दद्यादयाचितम् व्रतान्ते मणिकं दद्याद् अन्नवस्त्रसमन्वितम् //
À partir du mois de Caitra, pendant quatre mois, on doit donner de l’eau librement, sans attendre qu’on la demande. À la conclusion du vœu, on offrira une gemme, accompagnée de nourriture et de vêtements.
Verse 32
तिलपात्रं हिरण्यं च ब्रह्मलोके महीयते कल्पान्ते भूपतिर्नूनम् आनन्दव्रतमुच्यते //
L’offrande d’un récipient de sésame, ainsi que d’or, est honorée dans le monde de Brahmā ; et à la fin de l’éon (kalpa), le roi—assurément—atteint ce qu’on appelle l’Ānandavrata, le vœu qui mène à la béatitude.
Verse 33
पञ्चामृतेन स्नपनं कृत्वा संवत्सरं विभोः वत्सरान्ते पुनर्दद्याद् धेनुं पञ्चामृतेन हि //
Après avoir accompli pendant une année entière le bain rituel (abhiṣeka) du Seigneur avec le pañcāmṛta, à la fin de cette année on doit offrir de nouveau une vache, accompagnée de pañcāmṛta.
Verse 34
विप्राय दद्याच्छङ्खं च स पदं याति शांकरम् राजा भवति कल्पान्ते धृतिव्रतमिदं स्मृतम् //
Si l’on donne une conque (śaṅkha) à un brāhmaṇa, on atteint la demeure de Śaṅkara ; et à la fin de l’éon (kalpa) on devient roi : cela est mémorisé comme le Dhṛti-vrata, le vœu de la constance.
Verse 35
वर्जयित्वा पुमान्मांसम् अब्दान्ते गोप्रदो भवेत् तद्वद्धेममृगं दद्यात् सोऽश्वमेधफलं लभेत् अहिंसाव्रतमित्युक्तं कल्पान्ते भूपतिर्भवेत् //
S’étant abstenu de viande, à la fin de l’année un homme doit devenir donateur de vaches. De même, il offrira un cerf d’or ; par cela il obtient le fruit du sacrifice Aśvamedha. Ceci est proclamé comme l’ahiṃsā-vrata, le vœu de non-violence ; à la fin de l’éon il devient seigneur de la terre.
Verse 36
माघमास्युषसि स्नानं कृत्वा दाम्पत्यमर्चयेत् भोजयित्वा यथाशक्त्या माल्यवस्त्रविभूषणः सूर्यलोके वसेत्कल्पं सूर्यव्रतमिदं स्मृतम् //
Au mois de Māgha, à l’aube, après s’être baigné, on doit rendre un culte à un couple d’époux; puis, selon ses moyens, les nourrir et les honorer de guirlandes, de vêtements et d’ornements. Par cela, on dit demeurer dans le monde du Soleil durant un kalpa — telle est la pratique mémorisée comme le Sūrya-vrata (vœu du Soleil).
Verse 37
आषाढादिचतुर्मासं प्रातःस्नायी भवेन्नरः विप्रेषु भोजनं दद्यात् कार्त्तिक्यां गोप्रदो भवेत् स वैष्णवं पदं याति विष्णुव्रतमिदं शुभम् //
Si un homme, durant les quatre mois commençant avec Āṣāḍha, se baigne à l’aube, offre de la nourriture aux brāhmaṇas et, au mois de Kārttika, fait don d’une vache, il atteint la demeure vaiṣṇava. Cette observance propice est le Viṣṇu-vrata, le vœu de Viṣṇu.
Verse 38
अयनादयनं यावद् वर्जयेत्पुष्पसर्पिषी तदन्ते पुष्पदामानि घृतधेन्वा सहैव तु //
D’un ayana (demi-année) jusqu’au suivant, on doit s’abstenir d’offrandes de fleurs et de ghee (sarpis). À l’achèvement de cette période, on offrira des guirlandes de fleurs avec une ghṛta-dhenu, c’est-à-dire un don de vache symboliquement pourvue de ghee.
Verse 39
दत्त्वा शिवपदं गच्छेद् विप्राय घृतपायसम् एतच्छीलव्रतं नाम शीलारोग्यफलप्रदम् //
Après avoir donné à un brāhmaṇa du ghṛta-pāyasa, riz au lait cuit au ghee, on atteint l’état propice, la demeure de Śiva. Cela s’appelle le Śīla-vrata, le vœu de bonne conduite, qui confère les fruits de la vertu et l’absence de maladie.
Verse 40
संध्यादीपप्रदो यस्तु समां तैलं विवर्जयेत् समान्ते दीपिकां दद्याच् चक्रशूले च काञ्चने //
Celui qui offre régulièrement une lampe au moment du crépuscule (sandhyā) doit s’abstenir d’utiliser de l’huile (taila) pendant une année entière. Au terme de l’année, il offrira une petite lampe d’or, portant les emblèmes du disque (cakra) et du trident (śūla).
Verse 41
वस्त्रयुग्मं च विप्राय तेजस्वी स भवेदिह रुद्रलोकमवाप्नोति दीप्तिव्रतमिदं स्मृतम् //
En offrant à un brāhmaṇa une paire de vêtements, on devient rayonnant en cette vie même et l’on atteint le monde de Rudra. Cela est mémorisé comme le Dīpti-vrata, le vœu qui confère l’éclat.
Verse 42
कार्त्तिक्यादितृतीयायां प्राश्य गोमूत्रयावकम् नक्तं चरेदब्दमेकम् अब्दान्ते गोप्रदो भवेत् //
À partir du troisième jour lunaire du mois de Kārttika, après avoir consommé de l’orge préparée avec l’urine de vache, on doit observer pendant une année entière la règle de « ne manger que la nuit » ; au terme de l’année, on offrira une vache en don.
Verse 43
गौरीलोके वसेत्कल्पं ततो राजा भवेदिह एतद्रुद्रव्रतं नाम सदा कल्याणकारकम् //
Il demeure pendant un kalpa dans le royaume de Gaurī ; puis, ici (sur la terre), il devient roi. Cette observance est appelée Rudra-vrata et elle est toujours cause de bienfaisance auspicious.
Verse 44
वर्जयेच्चैत्रमासे च यश्च गन्धानुलेपनम् शुक्तिं गन्धभृतां दत्त्वा विप्राय सितवाससी वारुणं पदमाप्नोति दृढव्रतमिदं स्मृतम् //
Celui qui, au mois de Caitra, s’abstient de s’enduire d’onguents parfumés et qui donne à un brāhmaṇa un récipient en conque rempli de parfums, avec des vêtements blancs, atteint le séjour de Varuṇa. Cela est retenu comme un vœu ferme et inébranlable.
Verse 45
वैशाखे पुष्पलवणं वर्जयित्वाथ गोप्रदः भूत्वा विष्णुपदे कल्पं स्थित्वा राजा भवेदिह एतत्कान्तिव्रतं नाम कान्तिकीर्तिफलप्रदम् //
Au mois de Vaiśākha, après s’être abstenu de fleurs et de sel, et étant devenu donateur de vaches, on demeure un kalpa dans le séjour de Viṣṇu ; puis, ici (sur la terre), on devient roi. Cela s’appelle le Kānti-vrata et confère les fruits de l’éclat et de la renommée.
Verse 46
ब्रह्माण्डं काञ्चनं कृत्वा तिलराशिसमन्वितम् त्र्यहं तिलप्रदो भूत्वा वह्निं संतर्प्य सद्विजम् //
Ayant façonné un « Brahmāṇḍa » d’or (emblème de l’œuf cosmique) et l’ayant rempli d’amas de sésame, qu’on devienne, durant trois jours, donateur de sésame ; puis, après avoir rassasié le feu sacré et le brāhmane digne, on obtient du mérite.
Verse 47
सम्पूज्य विप्रदाम्पत्यं माल्यवस्त्रविभूषणैः शक्तितस्त्रिपलादूर्ध्वं विश्वात्मा प्रीयतामिति //
Après avoir honoré comme il se doit un couple de brāhmanes par des guirlandes, des vêtements et des ornements, qu’on offre selon sa capacité—pas moins de trois palas—en disant : « Que le Viśvātmā, le Soi universel, soit satisfait. »
Verse 48
पुण्ये ऽह्नि दद्यात्स परं ब्रह्म यात्यपुनर्भवम् एतद्ब्रह्मव्रतं नाम निर्वाणपददायकम् //
Si l’on accomplit le don prescrit en un jour faste, on atteint le Brahman suprême et l’état sans renaissance. Cela est nommé Brahma-vrata, un vœu qui confère la demeure du nirvāṇa (libération).
Verse 49
यश्चोभयमुखीं दद्यात् प्रभूतकनकान्विताम् दिनं पयोव्रतस्तिष्ठेत् स याति परमं पदम् एतद्धेनुव्रतं नाम पुनरावृत्तिदुर्लभम् //
Quiconque fait don d’une vache façonnée avec deux bouches et ornée d’un abondant or, et observe durant un jour le vœu du lait (payo-vrata), atteint l’état suprême. Cette observance est appelée Henu-vrata, et l’on dit qu’elle confère un but d’où il est difficile de revenir aux renaissances répétées.
Verse 50
त्र्यहं पयोव्रते स्थित्वा काञ्चनं कल्पपादपम् पलादूर्ध्वं यथाशक्त्या तण्डुलैस् तूपसंयुतम् दत्त्वा ब्रह्मपदं याति कल्पव्रतमिदं स्मृतम् //
Après avoir observé durant trois jours le vœu du lait, qu’on offre, selon sa capacité, un arbre kalpa d’or (arbre exauçant les souhaits), rempli—au-delà de la mesure d’un pala—de grains de riz mêlés de ghee. Par ce don, on atteint l’état ou la demeure de Brahmā ; cela est mémorisé comme le Kalpa-vrata.
Verse 51
मासोपवासी यो दद्याद् धेनुं विप्राय शोभनाम् स वैष्णवं पदं यति भीमव्रतमिदं स्मृतम् //
Celui qui observe un jeûne d’un mois et offre à un brāhmaṇa une belle vache atteint l’état vaiṣṇava, la demeure suprême de Viṣṇu. On s’en souvient comme du Bhīma-vrata (le Grand Vœu).
Verse 52
दद्याद् विंशत्पलादूर्ध्वं महीं कृत्वा तु काञ्चनीम् दिनं पयोव्रतस्तिष्ठेद् रुद्रलोके महीयते धराव्रतमिदं प्रोक्तं सप्तकल्पशतानुगम् //
Après avoir façonné une représentation de la Terre en or, pesant plus de vingt palas, qu’on la donne en aumône; puis, en observant durant un jour le vœu de ne prendre que du lait, on est honoré dans le monde de Rudra. Cette observance est dite Dharā-vrata, dont le mérite dure sept cents kalpas.
Verse 53
माघे मासे ऽथवा चैत्रे गुडधेनुप्रदो भवेत् गुडव्रतस्तृतीयायां गौरीलोके महीयते महाव्रतमिदं नाम परमानन्दकारकम् //
Au mois de Māgha —ou bien de Caitra— qu’on fasse le don d’une « vache de jaggery » (guḍa-dhenu). Celui qui observe le Guḍa-vrata au troisième jour lunaire (tṛtīyā) est honoré dans le monde de Gaurī. Ce vœu est nommé Mahā-vrata et confère la béatitude suprême.
Verse 54
पक्षोपवासी यो दद्याद् विप्राय कपिलाद्वयम् ब्रह्मलोकमवाप्नोति देवासुरसुपूजितम् कल्पान्ते राजराजः स्यात् प्रभाव्रतमिदं स्मृतम् //
Celui qui, observant un jeûne de quinzaine, donne à un brāhmaṇa une paire de vaches kapilā (fauves) atteint le monde de Brahmā, vénéré par dieux et asuras; et à la fin du kalpa il devient roi des rois. On s’en souvient comme du Prabhā-vrata.
Verse 55
वत्सरं त्वेकभक्ताशी सभक्ष्यजलकुम्भदः शिवलोके वसेत्कल्पं प्राप्तिव्रतमिदं स्मृतम् //
Mais si, durant une année, l’on ne prend qu’un seul repas par jour et que l’on donne un pot d’eau avec des provisions, on dit que l’on demeure dans le monde de Śiva pendant un kalpa. On s’en souvient comme du Prāpti-vrata (le vœu de l’obtention).
Verse 56
नक्ताशी चाष्टमीषु स्याद् वत्सरान्ते च धेनुदः पौरंदरं पुरं याति सुगतिव्रतमुच्यते //
Aux jours d’Aṣṭamī (huitième jour lunaire), qu’il ne mange que la nuit; et, à la fin de l’année, après avoir fait don d’une vache, il atteint la cité de Purandara (Indra). Cela est appelé le Sugati-vrata, le vœu qui mène à une heureuse destinée.
Verse 57
विप्रायेन्धनदो यस्तु वर्षादिचतुरस्त्वृतून् घृतधेनुप्रदो ऽन्ते च स परं ब्रह्म गच्छति वैश्वानरव्रतं नाम सर्वपापविनाशनम् //
Quiconque, durant les quatre saisons à partir de celle des pluies, donne du bois de feu à un brāhmaṇa et, à la conclusion (du vœu), offre une vache donnant du ghee (ghṛta), atteint le Brahman suprême. Cela s’appelle le Vaiśvānara-vrata, le vœu qui anéantit tous les péchés.
Verse 58
एकादश्यां च नक्ताशी यश्चक्रं विनिवेदयेत् समान्ते वैष्णवं हैमं स विष्णोः पदमाप्नुयात् एतत् कृष्णव्रतं नाम कल्पान्ते राज्यभाग्भवेत् //
Quiconque, le jour d’Ekādaśī, ne mange que la nuit et offre à Viṣṇu un cakra (disque) d’or, atteint en son temps la demeure suprême de Viṣṇu. Cette observance est appelée Kṛṣṇa-vrata; à la fin du kalpa, on devient participant de la souveraineté (fortune royale).
Verse 59
पायसाशी समान्ते तु दद्याद्विप्राय गोयुगम् लक्ष्मीलोकमवाप्नोति ह्य् एतद् देवीव्रतं स्मृतम् //
En se nourrissant de pāyasa (riz au lait) durant l’observance, on doit, à sa conclusion, offrir à un brāhmaṇa une paire de vaches; ainsi l’on atteint le monde de Lakṣmī. Cela est mémorisé comme le Devī-vrata.
Verse 60
सप्तम्यां नक्तभुग्दद्यात् समान्ते गां पयस्विनीम् सूर्यलोकमवाप्नोति भानुव्रतमिदं स्मृतम् //
Le jour de Saptamī (septième jour lunaire), qu’il ne mange que la nuit et, à la conclusion, qu’il offre une vache laitière. Par cela, il atteint le monde du Soleil; ceci est mémorisé comme le Bhānu-vrata (vœu du Soleil).
Verse 61
चतुर्थ्यां नक्तभुग्दद्याद् अब्दान्ते हेमवारणम् व्रतं वैनायकं नाम शिवलोकफलप्रदम् //
Au quatrième jour lunaire, on ne doit se nourrir que la nuit et, au terme d’une année, offrir en don un éléphant d’or. Ce vœu est appelé Vaināyaka-vrata et confère le fruit d’atteindre le monde de Śiva.
Verse 62
महाफलानि यस्त्यक्त्वा चतुर्मासं द्विजातये हैमानि कार्त्तिके दद्याद् गोयुगेन समन्वितम् एतत् फलव्रतं नाम विष्णुलोकफलप्रदम् //
Quiconque, s’étant abstenu de fruits de choix durant quatre mois, offre au mois de Kārttika des dons d’or à un «deux-fois-né» (brāhmaṇa), accompagnés d’une paire de vaches—cela est appelé Phala-vrata («vœu des fruits») et confère la récompense d’atteindre le monde de Viṣṇu.
Verse 63
यश्चोपवासी सप्तम्यां समान्ते हैमपङ्कजम् गाश्च वै शक्तितो दद्याद् धेमान्नघटसंयुताः एतत् सौरव्रतं नाम सूर्यलोकफलप्रदम् //
Quiconque jeûne au septième jour lunaire et, à la conclusion de l’observance, offre un lotus d’or et, selon ses moyens, donne aussi des vaches avec des jarres remplies de nourriture—cela est appelé Sauravrata et confère le fruit d’atteindre le monde du Soleil (Sūryaloka).
Verse 64
द्वादश द्वादशीर्यस्तु समाप्योपोषणेन च गोवस्त्रकाञ्चनैर्विप्रान् पूजयेच्छक्तितो नरः परमं पदं प्राप्नोति विष्णुव्रतमिदं स्मृतम् //
Quiconque accomplit douze observances de Dvādaśī et les conclut par le jeûne, et—selon ses moyens—honore les brāhmaṇas par des dons de vaches, de vêtements et d’or, atteint la demeure suprême. Cela est mémorisé comme un Viṣṇu-vrata.
Verse 65
कार्त्तिक्यां च वृषोत्सर्गं कृत्वा नक्तं समाचरेत् शैवं पदमवाप्नोति वार्षव्रतमिदं स्मृतम् //
Au mois de Kārttika, après avoir accompli le rite de vṛṣotsarga (don/libération rituelle d’un taureau), on doit observer le vœu de ne manger que la nuit ; par cela on atteint l’état śaiva, la demeure de Śiva. Cela est mémorisé comme vārṣa-vrata («vœu annuel»).
Verse 66
कृच्छ्रान्ते गोप्रदः कुर्याद् भोजनं शक्तितः पदम् विप्राणां शांकरं याति प्राजापत्यमिदं व्रतम् //
Lorsque l’observance du Kṛcchra est achevée, celui qui a donné une vache doit offrir, selon ses moyens, un repas aux brahmanes ; par ce vœu dit Prajāpatya, on atteint l’état ou le séjour de Śāṃkara (Śiva).
Verse 67
चतुर्दश्यां तु नक्ताशी समान्ते गोधनप्रदः शैवं पदमवाप्नोति त्रैयम्बकमिदं व्रतम् //
Au quatorzième jour lunaire, on ne doit manger que la nuit ; et à la fin (du vœu) on doit offrir une richesse de bétail. Par ce vœu de Tryambaka, on obtient l’état (le séjour) de Śiva.
Verse 68
सप्तरात्रोषितो दद्याद् घृतकुम्भं द्विजातये घृतव्रतमिदं प्राहुर् ब्रह्मलोकफलप्रदम् //
Après avoir observé (le vœu) durant sept nuits, on doit donner à un «deux-fois-né» (brahmane) un vase rempli de beurre clarifié (ghee). On appelle cela le «vœu du ghee» (ghṛta-vrata), qui confère le fruit d’atteindre Brahma-loka.
Verse 69
आकाशशायी वर्षासु धेनुमन्ते पयस्विनीम् शक्रलोके वसेन्नित्यम् इन्द्रव्रतमिदं स्मृतम् //
Celui qui, durant la saison des pluies, dort sur une couche élevée et à ciel ouvert, et qui offre une vache laitière avec son veau, demeure à jamais dans le monde de Śakra (Indra) ; on s’en souvient comme de l’Indra-vrata.
Verse 70
अनग्निपक्कम् अश्नाति तृतीयायां तु यो नरः गां दत्त्वा शिवमभ्येति पुनरावृत्तिदुर्लभम् इह चानन्दकृत्पुंसां श्रेयोव्रतमिदं स्मृतम् //
L’homme qui, au troisième jour lunaire, mange une nourriture non cuite au feu puis donne une vache, atteint l’état auspiceux de Śiva, d’où le retour (à la renaissance) est difficile. Ici même, cela devient source de joie pour les hommes ; cette observance est mémorisée comme le Śreyovrata, le vœu qui mène au bien suprême.
Verse 71
हैमं पलद्वयादूर्ध्वं रथमश्वयुगान्वितम् ददत्कृतोपवासः स्याद् दिवि कल्पशतं वसेत् कल्पान्ते राजराजः स्याद् अश्वव्रतमिदं स्मृतम् //
Celui qui, après avoir observé le jeûne, fait don d’un char d’or muni d’un attelage de chevaux, dont l’or dépasse le poids de deux palas, demeure au ciel durant cent kalpas; et, à la fin d’un kalpa, devient roi des rois. Cela est mémorisé comme l’Aśvavrata (vœu du cheval).
Verse 72
तद्वद्धेमरथं दद्यात् करिभ्यां संयुतं नरः सत्यलोके वसेत्कल्पं सहस्रमथ भूपतिः भवेदुपोषितो भूत्वा करिव्रतमिदं स्मृतम् //
De même, un homme doit offrir un char d’or attelé de deux éléphants. Ensuite il demeure à Satyaloka durant mille kalpas et devient roi. Ayant jeûné, cela est proclamé comme le Kari-vrata (vœu de l’éléphant).
Verse 73
उपवासं परित्यज्य समान्ते गोप्रदो भवेत् यक्षाधिपत्यमाप्नोति सुखव्रतमिदं स्मृतम् //
Après avoir achevé le jeûne, on doit conclure en offrant une vache. Par cette observance, on obtient la seigneurie parmi les Yakṣas; cela est mémorisé comme le Sukha-vrata (vœu qui apporte l’aisance et le bien-être).
Verse 74
निशि कृत्वा जले वासं प्रभाते गोप्रदो भवेत् वारुणं लोकमाप्नोति वरुणव्रतमुच्यते //
Après avoir passé la nuit en demeurant dans l’eau, à l’aube on doit donner une vache en aumône. On atteint le royaume de Varuṇa; cette observance est appelée Varuṇa-vrata (vœu de Varuṇa).
Verse 75
चान्द्रायणं च यः कुर्याद् धैमं चन्द्रं निवेदयेत् चन्द्रव्रतमिदं प्रोक्तं चन्द्रलोकफलप्रदम् //
Quiconque accomplit l’observance du Cāndrāyaṇa et offre une effigie d’or de la Lune : cela est proclamé comme le Candravrata (vœu de la Lune), dont le fruit est l’accès à Candraloka, le monde lunaire.
Verse 76
ज्येष्ठे पञ्चतपाः सायं हेमधेनुप्रदो दिवम् यात्यष्टमीचतुर्दश्यो रुद्रव्रतमिदं स्मृतम् //
Au mois de Jyeṣṭha, celui qui accomplit le soir l’austérité quintuple (pañcatapā) et fait don d’une vache d’or atteint le ciel. On se souvient de cela comme du Rudra-vrata, à observer aux huitième et quatorzième jours lunaires.
Verse 77
सकृद्वितानकं कुर्यात् तृतीयायां शिवालये समान्ते धेनुदो याति भवानीव्रतमुच्यते //
Au troisième jour lunaire, on doit dresser une seule fois un vitāna (dais cérémoniel) dans le sanctuaire de Śiva ; à la fin, on doit offrir une vache en don. Cela est proclamé comme le Bhavānī-vrata.
Verse 78
माघे निश्यार्द्रवासाः स्यात् सप्तम्यां गोप्रदो भवेत् दिवि कल्पमुषित्वेह राजा स्यात्पवनं व्रतम् //
Au mois de Māgha, on doit porter des vêtements humidifiés par la nuit (la rosée). Au septième jour lunaire, on doit donner une vache en aumône. Après avoir demeuré au ciel durant un kalpa, on devient roi ici-bas. Cela s’appelle le Pavana-vrata (Vent/Purification).
Verse 79
त्रिरात्रोपोषितो दद्यात् फाल्गुन्यां भवनं शुभम् आदित्यलोकमाप्नोति धामव्रतमिदं स्मृतम् //
Après avoir jeûné trois nuits, au mois de Phālguna on doit offrir en don une demeure excellente et propice. Par cette observance, on atteint le monde d’Āditya (le Soleil). Cela est connu comme le Dhāma-vrata.
Verse 80
त्रिसंध्यं पूज्य दाम्पत्यम् उपवासी विभूषणैः अन्नं गाश्च समाप्नोति मोक्षमिन्द्रव्रतादिह //
En adorant aux trois sandhyā (aube, midi et crépuscule), en honorant l’état conjugal et en observant le jeûne avec les ornements et la rectitude rituelle convenables, on obtient nourriture et vaches ; et, par l’Indra-vrata ici même, on atteint finalement la délivrance (mokṣa).
Verse 81
दत्त्वा सितद्वितीयायाम् इन्दोर्लवणभाजनम् समान्ते गोप्रदो याति विप्राय शिवमन्दिरम् कल्पान्ते राजराजः स्यात् सोमव्रतमिदं स्मृतम् //
Au deuxième jour lunaire de la quinzaine claire, après avoir offert à la Lune un récipient de sel, et, à l’achèvement de l’observance, avoir aussi donné une vache en don, on doit se rendre auprès d’un brāhmaṇa dans un temple de Śiva. À la fin du kalpa, il devient « roi des rois » : tel est le Soma‑vrata (vœu de la Lune).
Verse 82
प्रतिपद्येकभक्ताशी समान्ते कपिलाप्रदः वैश्वानरपदं याति शिवव्रतमिदं स्मृतम् //
Celui qui, à partir de la pratipad (premier jour lunaire), ne mange qu’une fois par jour et, à la conclusion, offre en don une vache kapilā (fauve), atteint l’état de Vaiśvānara. Cela est mémorisé comme le Śiva‑vrata (vœu consacré à Śiva).
Verse 83
दशम्याम् एकभक्ताशी समान्ते दशधेनुदः दिशश्च काञ्चनैर्दद्याद् ब्रह्माण्डाधिपतिर्भवेत् एतद् विश्वव्रतं नाम महापातकनाशनम् //
Au dixième jour lunaire, ne mangeant qu’une fois, on doit, à la conclusion, donner dix vaches en don et offrir aussi de l’or aux directions (en hommage aux divinités des points cardinaux). Il devient, pour ainsi dire, maître du brahmāṇḍa, l’« œuf cosmique » de l’univers. Cela s’appelle le Viśvavrata, le « Vœu universel », qui détruit même les grands péchés.
Verse 84
यः पठेच्छृणुयाद्वापि व्रतषष्टिम् अनुत्तमाम् मन्वन्तरशतं सो ऽपि गन्धर्वाधिपतिर्भवेत् //
Quiconque récite—ou même écoute—cet ensemble insurpassable de soixante observances sacrées (vrata), devient lui aussi seigneur parmi les Gandharvas pendant cent Manvantaras.
Verse 85
षष्टिव्रतं नारद पुण्यमेतत् तवोदितं विश्वजनीनमन्यत् श्रोतुं तवेच्छा तदुदीरयामि प्रियेषु किं वाकथनीयम् अस्ति //
Ô Nārada, ce Ṣaṣṭi‑vrata est véritablement une observance méritoire, proclamée par toi et bénéfique à tous les êtres. Puisque tu désires entendre davantage, j’exposerai une autre (observance). Car quel besoin y a-t-il de retenir des paroles à l’égard de ceux qui sont chers ?
The chapter teaches a structured system of sixty vratas where personal restraint (fasting, abstentions, regulated conduct) is completed by dāna (especially cows, gold emblems, lamps, conch, beds/houses, food and water vessels) and directed devotion to specific deities. It emphasizes that disciplined practice plus charitable redistribution destroys sin and sorrow and yields defined results—from prosperity and fame to attainment of Śiva-, Viṣṇu-, Sūrya-, Varuṇa-, Indra-, or Brahmā-worlds, and in select cases liberation (apunarbhava/nirvāṇa).
This adhyāya is primarily Dharma in the form of vrata-vidhi and dāna-dharma. It is not a Vāstu-śāstra chapter and does not present genealogy or creation narrative. Its focus is ritual ethics, calendrical observance (tithi/month/season), and merit-fruits (phala) mapped to deity-realms and royal prosperity.
Nandikeśvara is the main speaker and Nārada is the listener/inquirer. The teaching is delivered as a continuing dialogue where Nandikeśvara, responding to Nārada’s desire to hear, expounds the Vrata-Ṣaṣṭhī and then promises to describe additional observances afterward.
The chapter frames vrata as incomplete without a terminal dāna that transfers merit and supports the social-religious economy: cows (sustenance and ritual value), gold emblems/icons (symbolic embodiment of the deity and cosmic principles), and household goods like beds, houses, pots, food provisions (practical welfare). This pairing of austerity with generosity is presented as the mechanism for sin-destruction and attainment of higher lokas.
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