Mahabharata Adhyaya 62
Virata ParvaAdhyaya 6224 Versesअर्जुन के पक्ष में निर्णायक; कौरव-सेना भयभीत होकर पीछे हटती है।

Adhyaya 62

Kuru-Sainika-Āśvāsana and Vijayaghoṣaṇa (Reassuring the Kuru Soldiers; Proclaiming Victory)

Upa-parva: Gograhana–Pratyānayana (Cattle-Raid and Recovery Episode)

After defeating the Kurus in the engagement, Arjuna (addressed as Govṛṣabhekṣaṇa/Phalguna) has Virāṭa’s substantial wealth and the recovered herds assembled. Dispersed Dhārtarāṣṭra soldiers, having fled and hidden in forest thickets, emerge hungry, thirsty, and disoriented; they approach with fear and supplication, asking Arjuna what they should do. Arjuna responds with an assurance of safety, instructing them not to fear and stating he does not intend to kill those who are distressed, thereby stabilizing the post-battle environment. The soldiers, relieved, offer blessings for his life, fame, and glory, and withdraw in submission. Arjuna then directs Prince Uttara to inspect the gathered cattle and herds with the cowherds, plan the return to Virāṭa’s city in the afternoon after watering and tending the horses, and send cowherds swiftly as messengers to announce the favorable news and proclaim victory. Uttara, acting on Arjuna’s instruction, orders envoys to report his victory to the city.

Chapter Arc: कौरवों के महारथी एकत्र होकर गोहरण के प्रसंग में अर्जुन पर टूट पड़ते हैं; एक अकेला रथी, पर सामने समूचा रथ-समुद्र। → अर्जुन असीम आत्मबल से चारों ओर बाणों का जाल बिछा देता है—मानो पर्वतों पर कुहासा छा गया हो; हाथियों की चिंघाड़, घोड़ों की हिनहिनाहट, भेरी-शंख का तुमुल निनाद रण को उन्मत्त कर देता है। → रुद्र-पराक्रम-सा रौद्र रूप धारण कर पार्थ क्रोधाग्नि उगलता है; उसकी शर-वर्षा से धार्तराष्ट्रों की सेना दग्ध-सी दिखती है और महारथी भी ठिठकते हैं। → अर्जुन सेना को वित्रस्त कर, महारथियों को द्रावित कर विजय-श्रेष्ठ बनकर रणभूमि से लौटता है; कौरव-पक्ष शांति/विराम की ओर झुकता दिखता है। → पराजित कौरव-वीरों की अगली प्रतिक्रिया—प्रतिशोध, लज्जा या संधि—अभी अनकही रह जाती है।

Shlokas

Verse 1

/ अप८ा अपर () ऑज अपार द्विषष्टितमो<5 ध्याय: अर्जुनका सब योद्धाओं और महारथियोंके साथ युद्ध वैशम्पायन उवाच अथ संगम्य सर्वे ते कौरवाणां महारथा: । अर्जुनं सहिता यत्ता: प्रत्ययुध्यन्त भारत

Vaiśampāyana dit : Alors tous ces grands guerriers de char des Kaurava, s’étant rassemblés, avancèrent en formation concertée et, avec une extrême prudence, engagèrent le contre-combat contre Arjuna, ô Bhārata.

Verse 2

स सायकमयैरजललै: सर्वतस्तान्‌ महारथान्‌ | प्राच्छादयदमेयात्मा नीहारेणेव पर्वतान्‌

Vaiśampāyana dit : Doué d’une puissance intérieure sans mesure, le fils de Kuntī déploya de toutes parts une nappe de flèches semblable à un filet, et recouvrit entièrement ces grands guerriers de char—comme des montagnes voilées par une épaisse brume. L’image souligne une prouesse disciplinée : la force s’exerce avec maîtrise et retenue, non dans une rage aveugle, afin de dompter l’adversaire sans perdre son sang-froid.

Verse 3

नदद्धरिश्व महानागैहल्वेषमाणैश्न वाजिभि: | भेरीशड्खनिनादैश्व स शब्दस्तुमुलो5भवत्‌

Vaiśampāyana dit : Au barrissement des grands éléphants de guerre, au hennissement des chevaux, et au fracas des timbales et des conques, les sons mêlés enflèrent jusqu’à devenir un tumulte prodigieux sur tout le champ de bataille—signe audible que le conflit armé avait rassemblé toute sa force et son élan.

Verse 4

नराश्चकायान्‌ निर्भिद्य लौहानि कवचानि च । पार्थस्य शरजालानि विनिष्पेतु: सहस्रश:

Vaiśampāyana dit : Transperçant les corps des hommes et brisant même leurs armures de fer, les volées serrées de flèches tirées par Pārtha tombaient par milliers—image d’une puissance guerrière écrasante, où l’adresse et la résolution font du champ de bataille le théâtre d’une conséquence inévitable.

Verse 5

त्वरमाण: शरानस्यन्‌ पाण्डव: प्रबभौ रणे । मध्यंदिनगतोडर्चिष्माज्छरदीव दिवाकर:

Vaiśaṃpāyana dit : Se hâtant, le Pāṇḍava (Arjuna) resplendit dans la bataille en déchaînant un torrent de flèches. Tel le soleil éclatant de midi dans le ciel limpide de l’automne, répandant ses rayons ardents, il flamboyait au cœur du combat—son éclat annonçait une résolution guerrière disciplinée, non une simple fureur.

Verse 6

उपप्लवन्ति वित्रस्ता रथेभ्यो रथिनस्तथा । सादिनश्चाश्वपृछे भ्यो भूमौ चैव पदातय:

Vaiśampāyana dit : Saisis de terreur, les guerriers de char sautèrent de leurs chars ; les cavaliers bondirent du dos de leurs chevaux ; et les fantassins, déjà à terre, se dispersèrent eux aussi dans la panique—chacun fuyant pour sauver sa vie. La scène souligne comment la peur peut dissoudre l’ordre et la résolution guerrière lorsque la confiance et la protection s’effondrent.

Verse 7

शरै: संछिद्यमानानां कवचानां महात्मनाम्‌ | ताम्रराजतलौहानां प्रादुरासीन्महास्वन:,महामना शुरवीरोंके ताँबे, चाँदी और लोहेके बने हुए कवच जब बाणोंसे कटते थे, तब उनका बड़ा भारी शब्द होता था

Vaiśampāyana dit : Lorsque les flèches frappaient et entaillaient les cuirasses des grands guerriers—cuirasses de cuivre, d’argent et de fer—un fracas immense et retentissant s’élevait, proclamant la violence de la bataille.

Verse 8

छन्नमायोधन सर्व शरीरैर्गतचेतसाम्‌ | गजाश्वसादिनां तत्र शितबाणात्तजीवितै:

Vaiśampāyana dit : En peu de temps, tout le champ de bataille fut couvert de corps d’hommes tombés sans connaissance. Là, le sol était jonché des cadavres de cornacs, de cavaliers et de ceux qui avaient chuté de leurs chars, la vie tranchée par des flèches acérées. En cet instant, on eût dit qu’Arjuna, l’arc à la main, se mouvait partout comme s’il dansait sur le champ de guerre.

Verse 9

रथोपस्थाभिपतितैरास्तृता मानवैर्मही । प्रनृत्यतीव संग्रामे चापहस्तो धनंजय:

Vaiśampāyana dit : La terre était jonchée d’hommes tombés des sièges des chars. Dans cette bataille, Dhanañjaya—l’arc à la main—semblait, pour ainsi dire, danser à travers le champ, tant ses coups étaient rapides et inexorables.

Verse 10

श्रुत्वा गाण्डीवनिर्घोषं विस्फूर्जितमिवाशने: । त्रस्तानि सर्वसैन्यानि व्यपागच्छन्‌ महाहवात्‌

Vaiśampāyana dit : Entendant le rugissement tonitruant du Gāṇḍīva—pareil au fracas de la foudre—des armées entières furent saisies d’effroi et se retirèrent de cette grande bataille.

Verse 11

कुण्डलोष्णीषधारीणि जातरूपस्रजस्तथा । पतितानि सम दृश्यन्ते शिरांसि रणमूर्थनि

Vaiśampāyana dit : À l’avant même du champ de bataille, on voyait des têtes tranchées gisant çà et là—encore parées de boucles d’oreilles et de turbans—et des guirlandes d’or étaient tombées en tous sens.

Verse 12

विशिखोन्मथितैगत्रिर्बाहुभिश्व सकार्मुकै: । सहस्ताभरणैश्षान्यै: प्रच्छन्ना भाति मेदिनी

Vaiśampāyana dit : La terre brillait—d’un éclat sombre et inquiétant—recouverte de corps déchirés et broyés par les flèches d’Arjuna, et de bras tranchés qui serraient encore leurs arcs. Même sur ces mains abattues, brassards, bracelets, anneaux et autres parures demeuraient intacts. Ainsi le champ de bataille, jonché d’armes et de membres ornés, offrait une splendeur étrange, rappelant le prix effroyable de la guerre et le poids moral porté par ceux qui combattent.

Verse 13

शिरसां पात्यमानानामन्तरा निशितै: शरै: । अशभ्मवृष्टिरिवाकाशादभवद्‌ भरतर्षभ

Vaiśampāyana dit : « Ô taureau parmi les Bhārata, les rangées de têtes de guerriers, tranchées en pleine chute par des flèches acérées, semblaient une pluie de pierres tombant du ciel. »

Verse 14

दर्शयित्वा तथा5>त्मानं रौद्रं रुद्रपराक्रम: । अवरुद्धोड्चरत्‌ पार्थों वर्षाणि त्रिदशानि च | क्रोधाग्निमुत्सूजन्‌ वीरो धार्तराष्ट्रेषु पाण्डव:

Vaiśampāyana dit : Ayant ainsi révélé sa forme farouche—puissante comme Rudra—Pārtha (Arjuna), bien que contraint, avait traversé treize années. À présent, l’instant convenable venu, ce héros Pāṇḍava se mit à parcourir le champ de bataille, déversant le feu de sa colère sur les fils de Dhṛtarāṣṭra et rendant manifeste sa terrible vaillance.

Verse 15

तस्य तद्‌ दहतः सैन्यं दृष्टवा चैव पराक्रमम्‌ | सर्वे शान्तिपरा योधा धार्तराष्ट्रस्य पश्यत:,कौरव-योद्धाओंको दग्ध करनेवाले अर्जुनका वह पराक्रम देखकर सभी सैनिक दुर्योधनके सामने ही ठण्डे पड़ गये

Vaiśampāyana dit : Voyant la prouesse d’Arjuna, qui brûlait et mettait en déroute cette armée, tous les guerriers—sous les yeux mêmes du fils de Dhṛtarāṣṭra—perdirent l’ardeur du combat et se tournèrent vers la paix, leur fougue refroidie par une telle démonstration de puissance.

Verse 16

वित्रासयित्वा तत्‌ सैन्यं द्रावयित्वा महारथान्‌ । अर्जुनो जयतां श्रेष्ठ: पर्यवर्तत भारत

Vaiśampāyana dit : Ô Bhārata, après avoir épouvanté cette armée et mis en fuite les grands guerriers de char, Arjuna—le meilleur des vainqueurs—se déplaçait de tous côtés sur le champ de bataille.

Verse 17

प्रावर्तयन्नदीं घोरां शोणितोदां तरज्षिणीम्‌ | अस्थिशैवालसम्बाधां युगान्ते कालनिर्मिताम्‌

Vaiśampāyana dit : À cet instant, Pārtha (Arjuna) mit en branle un fleuve effroyable : son eau était du sang, et ses vagues, du sang. Obstrué d’ossements comme d’algues, il semblait un fleuve façonné par le Temps (Kāla) lui-même à la fin d’un âge. L’image souligne l’horreur morale de la violence : lorsque la colère est lâchée, le monde paraît glisser vers la dissolution, comme si le dharma lui-même se noyait dans le sang.

Verse 18

शरचापप्लवां घोरां केशशैवलशाद्धलाम्‌ | तनुत्रोष्णीषसम्बाधां नागकूर्ममहाद्विपाम्‌

Vaiśampāyana dit : C’était un torrent effroyable où flèches et arcs dérivaient comme de petites barques. Les cheveux y paraissaient tels des algues et des herbes de rivière. Il était encombré de cuirasses et de turbans de guerriers, tandis que les éléphants semblaient des tortues et de grands monstres aquatiques. La scène évoque l’horreur morale du combat : les instruments de l’héroïsme deviennent des débris, et les êtres vivants sont réduits à des images dans un fleuve de destruction.

Verse 19

मेदोवसासूृक्‌प्रवहां महा भयविवर्धिनीम्‌ । रौद्ररूपां महाभीमां श्वापदैरभिनादिताम्‌

Vaiśampāyana dit : Là coulait un fleuve de graisse, de moelle et de sang, qui accroissait grandement la peur. Terrible d’aspect et d’une épouvante extrême, ses rives retentissaient des cris des bêtes prédatrices. La scène souligne l’horreur morale de la violence : lorsque la guerre et le massacre dominent, le paysage lui-même est imaginé comme un sinistre témoignage d’adharma et de souffrance.

Verse 20

तीक्षणशस्त्रमहाग्राहां क्रव्यादगणसेविताम्‌ । मुक्ताहारोरमिकलिलां चित्रालंकारबुद्‌बुदाम्‌

Vaiśampāyana dit : « On eût dit une étendue périlleuse où les armes tranchantes étaient comme de grands crocodiles ; elle était fréquentée par des hordes de créatures carnivores. Les colliers de perles semblaient des vagues roulantes, et les parures diverses, des bulles montant à la surface. » L’image souligne une atmosphère de danger et de prédation : l’éclat extérieur (perles et bijoux) recouvre une réalité intérieure de violence et de mort.

Verse 21

शरसंघमहावर्ता नागनक्रां दुरत्ययाम्‌ । महारथमहाद्वीपां शड्खदुन्दुभिनि:स्वनाम्‌ | चकार च तदा पार्थों नदीं दुस्तरशोणिताम्‌

Vaiśampāyana dit : Alors Pārtha (Arjuna) créa là un fleuve de sang, difficile à franchir. Ses grands tourbillons étaient des masses de flèches ; ses éléphants et ses crocodiles étaient les bêtes de guerre qui rendaient le passage périlleux ; de puissants chars s’y dressaient comme de vastes îles ; et le son des conques et le fracas des tambours de guerre devinrent le rugissement même du fleuve. Ainsi Arjuna fit couler là un fleuve de sang presque infranchissable. L’image montre comment la bataille, mue par le devoir guerrier, change le champ en un paysage terrifiant, où la violence humaine prend la force de la nature.

Verse 22

आददानस्य हि शरान्‌ संधाय च विमुज्चत: । विकर्षतश्न गाण्डीवं न कश्चिद्‌ दद्शे जन:

Vaiśampāyana dit : Lorsqu’il saisissait les flèches, les ajustait à l’arc, bandait le Gāṇḍīva et les lâchait, nul homme ne pouvait même le voir dans cet acte. La scène met en lumière la maîtrise disciplinée d’Arjuna : une puissance gouvernée par le dessein, exercée avec un contrôle et une vitesse tels qu’elle devient presque imperceptible au regard ordinaire.

Verse 61

इस प्रकार श्रीमह्याभारत विराटपर्वके अन्तर्गत योहरणपर्वमें अजुनदुःशासन आदिके युद्धरे सम्बन्ध रखनेवाला इकसठवाँ अध्याय पूरा हुआ

Ainsi s’achève le soixante et unième chapitre de la section Yo-haraṇa, au sein du Virāṭa Parva du vénérable Mahābhārata, chapitre lié au combat où prirent part Arjuna, Duḥśāsana et d’autres. Cette formule de clôture marque l’achèvement de cette unité de récit, situant l’épisode dans le vaste conflit moral et politique qui mène à la guerre.

Verse 62

इति श्रीमहाभारते विराटपर्वणि गोहरणपर्वणि अर्जुनसंकुलयुद्धे द्विषष्टितमो5 ध्याय:

Ainsi s’achève le soixante-deuxième chapitre du Virāṭa Parva du Śrī Mahābhārata, dans l’épisode du rapt du bétail (Go-haraṇa), décrivant la bataille âpre et âprement disputée menée par Arjuna. Le colophon signale la clôture d’une unité de récit où sont mises au premier plan la protection des vulnérables (le bétail saisi) et l’usage discipliné de la force, présentant le combat d’Arjuna comme une réponse conforme au dharma face à l’agression, et non comme une violence pour elle-même.

Frequently Asked Questions

The ethical choice concerns treatment of a defeated and distressed opponent: whether to inflict further harm for advantage or to exercise restraint and provide assurance to restore order after victory.

Strength is framed as compatible with compassion and control: dharma includes restraint after success, protection of the vulnerable (even among opponents), and disciplined transition from combat to civic responsibility.

No explicit phalaśruti is stated here; the passage functions as narrative-ethical exemplification, illustrating the epic’s broader valuation of self-mastery and orderly restoration following conflict.

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