Adhyaya 125
Anushasana ParvaAdhyaya 12519 Verses

Adhyaya 125

Sāma (Sāntva) and Dāna: The Brāhmaṇa’s Conciliatory Release from a Rākṣasa

Upa-parva: Dāna-Dharma & Sāma-Upadeśa (Persuasion versus Gift) — Instructional Unit within Anuśāsana-parva

Yudhiṣṭhira asks Bhīṣma whether conciliation (sāma/sāntva) or giving (dāna) is superior, requesting a discriminating principle. Bhīṣma replies that different persons are satisfied by different means; an agent should understand disposition (prakṛti) and adopt one method accordingly. He then enumerates the strengths of sāntva and introduces an ancient exemplum: a learned brāhmaṇa is seized in a forest by a rākṣasa intending to consume him. Remaining unpanicked, the brāhmaṇa employs respectful speech. The rākṣasa, pleased by verbal honor, offers release if the brāhmaṇa answers a question: why is the rākṣasa ‘thin like a deer’ (harīṇaḥ kṛśaḥ). The brāhmaṇa delivers a sequence of diagnostic possibilities—social isolation, loss of friends through one’s own faults, being despised by the proud, inability to reconcile the angry, being exploited by others, mis-timing of good counsel, and other forms of social frustration—each framed as a plausible cause of the rākṣasa’s emaciation. The rhetorical strategy is both soothing and analytically attentive, transforming threat into dialogue. Ultimately, the rākṣasa reciprocates the honor, befriends the brāhmaṇa, provides him with resources, and releases him—demonstrating sāntva as a strategic, non-violent instrument grounded in psychological insight and controlled speech.

Chapter Arc: भीष्म युधिष्ठिर को नमस्कार/अभिवादन के सूक्ष्म भेद से आरम्भ कराते हैं—देह की मुद्रा भी धर्म का संकेत है। → व्यास और मैत्रेय के संवाद में प्रश्न तीखा होता जाता है: ब्राह्मणत्व का आधार क्या है—जन्म, तप, श्रुत, या आचरण? और भिक्षा/दान का लेन-देन किस धर्म-तर्क पर टिका है? → निर्णायक प्रतिपादन: ब्राह्मणत्व के कारण तप, श्रुत और ‘योनि’ (उत्पत्ति) बताए गए; साथ ही दान देने वाले और योग्य ग्रहण करने वाले—दोनों को समान पुण्य, क्योंकि ‘एक पहिये से रथ नहीं चलता’—धर्म-चक्र परस्पर-आश्रय से घूमता है। → सत्पुरुषों द्वारा निर्मित मार्ग (दान, यज्ञ-वाहक, स्वर्ग-नेता) को अपनाने की शिक्षा देकर अध्याय भिक्षा-धर्म को सामाजिक-आध्यात्मिक व्यवस्था के रूप में स्थिर करता है।

Shlokas

Verse 1

- आदरणीय पुरुषके चरणोंको हाथसे पकड़कर जो नमस्कार किया जाता है

Le salut respectueux accompli en saisissant de la main les pieds d’un homme digne d’honneur s’appelle « abhivādana » ; et le fait d’incliner la tête devant un homme vénérable, les deux mains jointes en añjali portées au front, porte le nom de « praṇāma ». Bhīṣma dit : Ainsi interpellé, Maitreya — voué au culte de l’action juste — répondit. Né dans une lignée très prospère, il était sage et d’une vaste érudition.

Verse 2

भीष्मजी कहते हैं--राजन्‌! व्यासजीके ऐसा कहनेपर कर्मपूजक मैत्रेयने जो अत्यन्त श्रीसम्पन्न कुलमें उत्पन्न हुए बहुश्रुत विद्वान थे, उन्हें इस प्रकार उत्तर दिया ।।

Bhīṣma dit : Ô roi ! Lorsque Vyāsa eut parlé ainsi, Maitreya — adorateur de l’action juste, savant né dans une lignée très opulente — répondit de la sorte. Maitreya dit : « Ô très sage, sans aucun doute, c’est bien comme tu l’as dit. Ô Seigneur, si tu m’en donnes la permission, je voudrais dire quelques mots. »

Verse 3

व्यास उवाच यद्‌ यदिच्छसि मैत्रेय यावद्‌ यावद्‌ यथा यथा । ब्रृहि तत्त्वं महाप्राज्ञ शुश्रेषे वचनं तव

Vyāsa dit : « Maitreya, ô très sage, dis tout ce que tu souhaites dire — autant que tu veux et de la manière que tu veux. Expose la vérité de l’affaire ; je suis prêt à entendre tes paroles. »

Verse 4

मैत्रेय उवाच निर्दोष निर्मल चैवं वचनं दानसंहितम्‌ । विद्यातपो भ्यां हि भवान्‌ भावितात्मा न संशय:

Maitreya dit : « Ô muni, les paroles que tu as prononcées au sujet du don sont sans faute et d’une pureté limpide. Il n’est pas douteux que, par la connaissance et l’ascèse (tapas), tu as sanctifié ton être intérieur. »

Verse 5

भवतो भावितात्मत्वाल्लाभो<यं सुमहान्‌ मम । भूयो बुद्ध्यानुपश्यामि सुसमृद्धतपा इव

Maitreya dit : «Parce que ton être intérieur a été si parfaitement cultivé, cela est devenu pour moi un gain immense. Et de nouveau, avec une intelligence plus claire, je te contemple comme celui dont l’austérité et la discipline spirituelle sont richement accomplies.»

Verse 6

आप शुद्धचित्त हैं, इसलिये आपके समागमसे मुझे यह महान्‌ लाभ पहुँचा है। यह बात मैं समृद्धिशाली तपवाले महर्षिके समान बुद्धिसे बारंबार विचारकर प्रत्यक्ष देखता हूँ ।।

Maitreya dit : «Ton esprit est pur ; c’est pourquoi, en te rencontrant, j’ai reçu un grand bienfait. En y réfléchissant encore et encore avec l’intelligence pénétrante d’un grand rishi riche en austérité, je le vois comme une évidence sous mes yeux. Oui, par la seule vision de ta personne peut naître pour nous un grand bien-être et un relèvement. Je tiens l’audience que tu as accordée pour une grâce profonde de ta part ; et même ce bon résultat advient naturellement par la puissance de ta faveur.»

Verse 7

तप: श्रुतं च योनिश्चाप्येतद्‌ ब्राह्मण्यकारणम्‌ | त्रिभिर्गुणै: समुदितस्ततो भवति वै द्विज:

Maitreya dit : «L’austérité, le savoir sacré (śruti) et la naissance dans une lignée brahmanique pure : telles sont les causes de la brahmanité. Ainsi, celui qui est pourvu de ces trois qualités est véritablement un dvija, un “deux-fois-né”.»

Verse 8

अस्मिंस्तृप्ते च नृप्पन्ते पितरो दैवतानि च । न हि श्रुतवतां किंचिदधिकं ब्राह्मणादृते

Maitreya dit : «Quand, dans la demeure d’un roi, un brahmane est satisfait, les dieux et les ancêtres (Pitṛs) le sont aussi. Car pour ceux qui connaissent la tradition sacrée, rien n’est plus digne d’honneur qu’un brahmane.»

Verse 9

अन्ध॑ स्यात्‌ तम एवेदं न प्रज्ञायेत किंचन । चातुर्वर्ण्य न वर्तेत धर्माधमावृतानृते

Maitreya dit : «Sans les brahmanes, le monde entier deviendrait aveugle, recouvert des ténèbres de l’ignorance. Nul ne discernerait quoi que ce soit ; et l’ordre des quatre varṇa ne fonctionnerait plus ; de même, les distinctions mêmes entre dharma et adharma, entre vérité et mensonge, seraient voilées et perdues.»

Verse 10

यथा हि सुकृते क्षेत्र फलं विन्दति मानव: । एवं दत्त्वा श्रुववति फलं दाता समश्ञुते

De même qu’un homme obtient la moisson en semant dans un champ bien préparé, de même, en offrant un don à un brāhmane savant, le donateur prend assurément part au mérite qui en résulte. L’enseignement souligne que la valeur de la charité ne tient pas seulement à l’acte de donner, mais aussi à l’aptitude et au savoir du récipiendaire, qui rendent le don fécond sur le plan spirituel.

Verse 11

ब्राह्मणश्रैन्न विन्देत श्रुतवृत्तोपसंहित: । प्रतिग्रहीता दानस्य मोघं स्थात्‌ धनिनां धनम्‌

Maitreya dit : Si un brāhmane, pourvu de science et de bonne conduite—et donc le plus légitime récipiendaire des dons—ne reçoit pas de soutien, alors la richesse des opulents devient vaine, car leur offrande n’atteint pas le vase convenable ni sa juste fin.

Verse 12

अदन्नविद्वान्‌ हन्त्यन्नमद्यमानं च हन्ति तम्‌ । तं चान्न॑ पाति यश्चान्नं स हन्ता हन्यतेडबुध:

Maitreya dit : «L’ignorant, dépourvu de discernement, détruit la nourriture qu’il consomme ; et cette nourriture, pour ainsi dire, le détruit en retour. Mais celui qui protège la nourriture—en étant un récipiendaire digne et en préservant le mérite du donateur—est protégé par elle. Le sot qui anéantit le fruit du don devient lui-même celui qui est abattu.»

Verse 13

प्रभुर्वान्निमदन्‌ विद्वान्‌ पुनर्जनयतीश्वर: । स चाजन्नाज्जायते तस्मात्‌ सूक्ष्म एष व्यतिक्रम:

Maitreya dit : Un homme capable et clairvoyant, doté de puissance, mange la nourriture et pourtant fait que la nourriture soit produite de nouveau ; mais lui-même naît de la nourriture. C’est pourquoi ce renversement est subtil et difficile à saisir : si la nourriture naît de la pluie et les créatures de la nourriture, la manière dont on dit que la nourriture naît des créatures (tel le brāhmane savant) n’est pas aisée à comprendre.

Verse 14

यदेव ददत: पुण्यं तदेव प्रतिगृह्नतः । न होकचक्रं वर्तेत इत्येवमृषयों विदु:

Maitreya dit : «Le mérite qui s’attache à celui qui donne est le même que reçoit celui qui accepte (à bon droit). Ainsi le savent les sages : autrement, la roue du soutien réciproque dans le monde ne tournerait pas.»

Verse 15

“दान देनेवालेको जो पुण्य होता है, वही दान लेनेवालेको भी (यदि वह योग्य अधिकारी है तो) होता है। (क्योंकि दोनों एक दूसरेके उपकारक होते हैं) एक पहियेसे गाड़ी नहीं चलती--प्रतिग्रहीताके बिना दाताका दान सफल नहीं हो सकता।' ऐसी ऋषियोंकी मान्यता है ।।

Maitreya dit : Le mérite qui revient à celui qui fait un don revient aussi à celui qui le reçoit—pourvu que le récipiendaire soit digne et qualifié. Car l’un et l’autre deviennent bienfaiteurs l’un de l’autre. Un char n’avance pas avec une seule roue : sans récipiendaire, le don du donateur ne peut parvenir à son plein accomplissement. Telle est l’opinion des voyants. Là où demeurent des Brāhmanes savants et de conduite droite—pourvus d’enseignement sacré et de vertu—là, le mérite né du don est goûté par l’homme, en ce monde et dans l’autre.

Verse 16

ये योनिशुद्धा: सततं तपस्यभिरता भृशम्‌ । दानाध्ययनसम्पन्नास्ते वै पूज्यतमा: सदा

Maitreya dit : Ceux qui sont nés d’une lignée pure, qui demeurent sans cesse et avec ardeur voués à l’austérité, et qui sont pourvus de générosité et de science sacrée—de tels brāhmanes sont toujours tenus pour les plus dignes d’honneur.

Verse 17

तैहिं सद्धिः कृत: पन्थास्तेन यातो न मुहाते । ते हि स्वर्गस्य नेतारो यज्ञवाहा: सनातना:

Maitreya dit : Le chemin qu’ont établi ces hommes nobles et véridiques—quiconque le suit ne tombe pas dans l’illusion. Car ils sont véritablement les guides qui mènent les êtres au ciel, les porteurs éternels et les soutiens du devoir sacrificiel.

Verse 120

इस प्रकार श्रीमह्या भारत अनुशासनपर्वके अन्तर्गत दानधर्मपर्वमें मैत्रेयकी भिक्षाविषयक एक सौ बीसवाँ अध्याय पूरा हुआ

Ainsi s’achève le cent vingtième chapitre, consacré à l’exposé de Maitreya sur l’aumône et la vie mendiante, dans la section du Dāna-dharma de l’Anuśāsana Parva du Mahābhārata sacré.

Verse 121

इति श्रीमहाभारते अनुशासनपर्वणि दानधर्मपर्वणि मैत्रेयभिक्षायामेकविंशत्यधिकशततमो<ध्याय:

Ainsi s’achève, dans le Śrī Mahābhārata, au sein de l’Anuśāsana Parva, dans la section du Dāna-dharma, le chapitre intitulé « L’Aumône de Maitreya », qui est le cent vingt et unième adhyāya (121).

Frequently Asked Questions

It examines the choice of method in conflict management—whether persuasion (sāma/sāntva) or material concession (dāna) is the more appropriate ethical instrument—arguing that suitability depends on temperament and context.

Controlled, respectful speech coupled with accurate psychological reading can de-escalate even severe threats; persuasion works when it converts an adversarial encounter into a cooperative inquiry.

No explicit phalaśruti is presented in the supplied passage; the chapter’s meta-commentary is implicit, demonstrating efficacy through narrative outcome (release, friendship, and provision) rather than promising ritual or soteriological rewards.