Adhyaya 37
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Adhyaya 37

Pṛthivī-dohaṇa (The Milking of the Earth) and the Praise of King Pṛthu

Cet adhyāya, enseigné par Sūta, porte sur des étymologies et une mémoire mythico-constitutive de la Terre (Pṛthivī). Il présente d’abord des dérivations de noms qui condensent une histoire cosmologique : la terre comme Vasudhā, « celle qui porte la richesse » ; comme Medinī, reliée à medas, « graisse/substance », rappelant une inondation primordiale antérieure à la mise à mort de Madhu et Kaiṭabha ; et comme Pṛthivī, en tant que « fille/alliée » du roi Pṛthu Vainya, du fait de sa revendication et de sa mise en ordre. Le récit exalte ensuite Pṛthu comme ādi-rāja, roi archétypal : il partage et organise la terre en établissements et lieux de ressources (images de pattana/ākara), protège une société structurée par les quatre varṇa, et devient digne d’un hommage universel, de la part des êtres en général comme des brāhmaṇa versés dans les Veda. Le pivot thématique est la « traite de la Terre » (pṛthivī-dohaṇa) : la terre est conçue comme une matrice productrice, avec des veaux (vatsa), des trayeurs (dogdhṛ) et des récipients (pātra) spécifiés selon les manvantara, montrant que la prospérité est réglée par les âges et intelligible par le rite, non fortuite. Selon le cadre pañcalakṣaṇa, l’adhyāya relie Manvantara à Sṛṣṭi comme mise en ordre du monde, jusqu’à sa structuration agricole et politique.

Shlokas

Verse 1

इति श्रीब्रह्माण्डे महापुराणे वायुप्रोक्ते पूर्वभागे द्वितीये ऽनुषङ्ग पादे शेषमन्वन्तराश्यानं पृथिवीदोहनं च नाम षट्त्रिंशत्तमो ऽध्यायः सूत उवाच आसीदिह समुद्रान्ता वसुधेति यथा श्रुतम् / वसु धत्ते यतस्तस्माद्वसुधा सेति गीयते

Ainsi, dans le Śrī Brahmāṇḍa Mahāpurāṇa, dans la première partie enseignée par Vāyu, au second Anuṣaṅga-pāda, le trente-sixième chapitre nommé « Récit du manvantara restant et la traite de la Terre ». Sūta dit : comme on l’a entendu, cette Vasudhā s’étendait jusqu’aux limites de l’océan ; et parce qu’elle porte les vasu (richesses), on la célèbre sous le nom de « Vasudhā ».

Verse 2

मधुकैटभयोः पूर्वं मेदसा संपरिप्लुता / तेनेयं मेदिनीत्युक्ता निरुक्त्या ब्रह्मवादिभिः

Avant Madhu et Kaiṭabha, cette terre était submergée de medas (graisse) ; c’est pourquoi les brahmavādin, selon l’explication étymologique (nirukti), l’ont appelée « Medinī ».

Verse 3

ततो ऽभ्युपगमाद्राज्ञः पृथोर्वैन्यस्य धीमतः / दुहितृत्वमनुप्राप्ता पृथिवी पठ्यते ततः

Puis, du fait qu’elle fut accueillie par le sage roi Pṛthu Vainya, la Terre obtint le statut de fille ; dès lors on la récite sous le nom de « Pṛthivī ».

Verse 4

पृथुना प्रविभागश्चधरायाः साधितः पुरा / तस्याकरवती राज्ञः पत्तनाकरमालिनी

Dans les temps anciens, Pṛthu accomplit la juste répartition de la terre ; alors elle devint, pour le roi, riche en gisements, telle une guirlande de cités et de mines enfilées.

Verse 5

चातुर्वर्णमयसमाकीर्णा रक्षिता तेन धीमता / एवंप्रभावोराजासीद्वैन्यः सद्विजसत्तमाः

Elle (la Terre) était remplie des quatre varṇa et fut protégée par ce sage (Pṛthu) ; ô dvija éminents, telle fut la puissance du roi Vainya.

Verse 6

नमस्यश्चैव पूच्यश्च भूतग्रामेण सर्वशः / ब्राह्मणैश्च महाभागैर्वेदवेदाङ्गपारगैः

Il est digne d’hommage et de vénération de la part de toute la multitude des êtres, en tout lieu; et aussi des brahmanes fortunés, maîtres des Veda et des Vedāṅga.

Verse 7

पृथुरेव नमस्कार्यो ब्रह्मयोनिः सनातनः / पार्थिवैश्च महाभागैः प्रार्थयद्भिर्महद्यशः

Seul Prithu, éternel et issu de Brahman, est digne de prosternation; d’une grande renommée, il est imploré par les rois magnanimes de la terre.

Verse 8

आदिराजो नमस्कार्यः पृथुर्वैन्यः प्रतापवान् / योधैरपि च संग्रामे प्राप्तुकामैर्जयं युधि

Le roi primordial, Prithu Vainya, plein de vaillance, est digne d’hommage; même les guerriers qui désirent la victoire au combat le vénèrent.

Verse 9

आदिकर्त्तारणानां वै नमस्यः पृथुरेव हि / यो हि योद्धा रणं याति कीर्त्तयित्वा पृथुं नृपम्

Prithu est, en vérité, digne d’hommage comme l’initiateur des combats; car tout guerrier qui part à la bataille le fait après avoir chanté la gloire du roi Prithu.

Verse 10

स घोररूपात्संग्रामात्क्षेमी तरति कीर्त्तिमान् / वैश्यैरपि च राजर्षिर्वेश्यवृत्तिमिहास्थितैः

L’homme illustre traverse sain et sauf cette guerre d’aspect terrible; et le Rājarṣi (Prithu) est aussi vénéré par les vaiśya établis ici dans leur devoir et leur métier.

Verse 11

पृथुरेव नमस्कार्यो वृत्तिदानान्महायशाः / एते वत्सविशेषाश्च दोग्धारः क्षीरमेव च

Pour avoir accordé les moyens de subsistance, le très glorieux Prithu est digne d’hommage; voici les veaux particuliers, voici les trayeurs, et voici le lait lui-même.

Verse 12

पात्राणि च मयोक्तानि सर्वाण्येव यथाक्रमम् / ब्रह्मणा प्रथमं दुग्धा पुरा पृथ्वी महात्मना

J’ai énoncé tous les récipients selon l’ordre; jadis, le grand Brahmā fut le premier à traire la Terre.

Verse 13

वायुं कृत्वा तथा वत्सं बीजानि वसुधातले / ततः स्वायंभुवे पूर्वं तदा मन्वन्तरे पुनः

En faisant de Vāyu le veau, les semences apparurent sur le sol de la Terre; puis d’abord au manvantara de Svāyambhuva, et ensuite de nouveau dans d’autres manvantaras.

Verse 14

वत्सं स्वायंभुवं कृत्वा सर्वसस्यानि चैव हि / ततः स्वारोचिषे वापि प्राप्ते मन्वन्तरे ऽधुना

En faisant de Svāyambhuva le veau, on tira assurément toutes les récoltes; puis aussi dans le manvantara de Svārociṣa, parvenu à présent.

Verse 15

वत्सं स्वारोचिषं कृत्वा दुग्धा सस्यानि मेदिनी / उत्तमेन तु तेनापि दुग्धा देवानु जेन तु

En faisant de Svārociṣa le veau, la Terre tira les récoltes; de même elle fut traitée au temps d’Uttama Manu, et aussi au temps de Devānuja Manu.

Verse 16

मनुं कृत्वोत्तमं वत्सं सर्वसस्यानि धीमता / पुनश्च पञ्चमे पृथ्वी तामसस्यान्तरे मनोः

Le sage prit Manu pour veau excellent et en tira, comme un lait, toutes les récoltes; puis, au cinquième manvantara, durant l’ère de Manu Tāmāsa, la Terre fut elle aussi traitée.

Verse 17

दुग्धेयं तामसं वत्सं कृत्वा वै बलबन्धुना / चारिष्टवस्य वै षष्ठे संप्राप्ते चान्तरे मनोः

Balabandhu prit Tāmāsa pour veau et le trait; et lorsque survint le sixième manvantara de Manu Cāriṣṭava, en cet intervalle de Manu également.

Verse 18

दुग्धा मही पुराणेन वत्सं चारिष्टवं प्रति / चाक्षुषे चापि संप्राप्ते तदा मन्वन्तरे पुनः

Purāṇa trait la Terre en prenant Cāriṣṭava pour veau; et lorsque vint le manvantara de Cākṣuṣa, cela se produisit de nouveau en ce manvantara.

Verse 19

दुग्धा मही पुराणेन वत्सं कृत्वा तु चाक्षुषम् / चाक्षुषस्यान्तरे ऽतीते प्राप्ते वैवस्वते पुनः

Purāṇa trait la Terre en prenant Cākṣuṣa pour veau; et lorsque l’intervalle de Cākṣuṣa fut passé, advint de nouveau le manvantara de Vaivasvata.

Verse 20

वैन्येनेयं पुरा दुग्धा यथा ते कथितं मया / एतैर्दुग्धा पुरा पृथ्वी व्यतीतेष्वन्तरेषु वै

Comme je te l’ai dit, jadis Vainya (Pṛthu) a trait cette Terre; et par ceux-ci encore, dans les intervalles des manvantaras révolus, la Terre fut traitée depuis les temps anciens.

Verse 21

देवादिभिर्मनुष्यैश्च ततो भूतादिभिश्च ह / एवं सर्वेषु विज्ञेया अतीतानागतेष्विह

Par les dieux, par les hommes, puis par les êtres tels que les bhūta—ainsi, ici, dans le passé comme dans l’avenir, cela doit être su de tous.

Verse 22

देवा मन्वन्तरे स्वस्थाः पृथोस्तु शृणुत प्रजाः / पृथोस्तु पुत्रौ विक्रान्तौ जज्ञाते ऽन्तर्द्धिपाषनौ

Dans le manvantara, les dieux demeuraient en paix. Ô peuples, écoutez au sujet de Pṛthu : deux fils d’une grande vaillance lui naquirent, Antarddhi et Pāṣaṇa.

Verse 23

शिखण्डिनी हविर्धानमन्तर्द्धानाव्द्यजायत / हविर्धानात्षडाग्नेयी धिषणाजनयत्सुतान्

Śikhaṇḍinī enfanta Havirdhāna d’Antarddhāna. Et de Havirdhāna, Dhiṣaṇā, issue de la lignée d’Agni, mit au monde six fils.

Verse 24

प्राचीनबर्हिषं शुक्लं गयं कृष्णं प्रजाचिनौ / प्राचीनबर्हिर्भगवान्महानासीत्प्रजापतिः

Les fils de Prācīnabarhiṣ furent Śukla, Gaya, Kṛṣṇa et Prajācina. Prācīnabarhi, le Bienheureux, fut un grand Prajāpati.

Verse 25

बलश्रुततपोवीर्यैः पृथिव्यामेकराडसौ / प्राचीनाग्राः कुशास्तस्य तस्मात्प्राचीनबर्ह्यसौ

Par la force, le savoir de la śruti, l’ascèse et la vigueur, il fut l’unique souverain de la terre. Les pointes de son kuśa étaient tournées vers l’Orient; ainsi fut-il nommé Prācīnabarhi.

Verse 26

समुद्रतनयायां तु कृतदारः स वै प्रभुः / महतस्तपसः पारे सवर्णायां प्रजापतिः

À la fille de l’océan, ce Seigneur prit épouse ; au-delà de la grande austérité, de Savarnā il se révéla comme Prajāpati.

Verse 27

सवर्णाधत्त सामुद्री दश प्राचीनबर्हिषः / सर्वान्प्रचेतसो नाम धनुर्वेदस्य पारगान्

De Savarnā et de Sāmudrī naquirent les dix fils de Prācīnabarhiṣ ; tous nommés Pracetas, accomplis dans le Dhanurveda.

Verse 28

अपृथग्धर्मचरणास्ते ऽतप्यन्त महात्तपः / दशवर्ष सहस्राणि समुद्रसलिलेशयाः

Unis dans la pratique du dharma, ils accomplirent une grande austérité durant dix mille ans, étendus dans les eaux de l’océan.

Verse 29

तपश्चतेषु पृथिवीं तप्यत्स्वथ महीरुहाः / अरक्ष्यमाणामावब्रुर्बभूवाथ प्रजाक्षयः

Tandis qu’ils accomplissaient l’austérité, la terre s’embrasa ; sans protection, arbres et lianes s’étendirent et recouvrirent tout, puis survint le déclin des êtres.

Verse 30

प्रत्याहृते तदा तस्मिञ्चाक्षुषस्यान्तरे मनोः / नाशकन्मारुतो वातुं वृत्तं खमभवद्द्रुमैः

Alors, durant l’intervalle du Manu Cākṣuṣa, lorsque cela fut retiré, même le vent ne put souffler ; le ciel se trouva encerclé par les arbres.

Verse 31

दशवर्षसहस्राणि न शेकुश्चेष्टितुं प्रजाः / तदुपश्रुत्य तपसा सर्वे युक्ताः प्रचेतसः

Durant dix mille ans, les êtres ne purent accomplir aucun acte. L’ayant appris, les Pracetas tous ensemble s’attachèrent à l’ascèse.

Verse 32

मुखेभ्यो वायुमग्निं च ससृजुर्जातमन्यवः / उन्मूलानथ वृक्षांस्तान्कृत्वा वायुरशोषयत्

Pris de colère, de leurs bouches ils firent jaillir le vent et le feu. Puis le vent déracina ces arbres et les dessécha.

Verse 33

तानग्निरदहद्धोर एवमासीद्दुमक्षयः / द्रुमक्षयमथो बुद्ध्वा किञ्चिच्छिष्टेषु शाखिषु

Le feu terrible les brûla; ainsi advint la destruction des arbres. Constatant ce ravage, à l’égard des quelques arbres encore pourvus de branches qui restaient…

Verse 34

उपगम्याब्रवी देतान्राजा सोमः प्रचेतसः / दृष्ट्वा प्रयोजनं सत्यं लोकसंतानकारणात्

Alors le roi Soma s’approcha des Pracetas et leur dit, ayant discerné le dessein véritable pour la cause de la continuité des êtres…

Verse 35

कोपं त्यजत राजानः सर्वे प्राचीनबर्हिषः / वृक्षाः क्षित्यां जनिष्यन्ति शाम्यतामग्निमारुतौ

Ô rois, fils de Prācīnabarhis, renoncez à la colère. Sur la terre les arbres renaîtront; que le feu et le vent s’apaisent.

Verse 36

रत्नभूता च कन्येयं वृक्षाणां वरवर्णिनीः / भविष्यज्जनता ह्येषा धृता गर्भेण वै मया

Cette jeune fille est telle un joyau, d’une beauté souveraine parmi les arbres. Elle est la descendance à venir, que j’ai vraiment portée en mon sein.

Verse 37

मारिषा नाम नाम्नैषा वृक्षैरेव विनिर्मिता / भार्या भवतु वो ह्येषा सोमगर्भा विवर्द्धिता

Son nom est Māriṣā ; les arbres eux-mêmes l’ont façonnée. Qu’elle, élevée dans le sein de Soma, devienne votre épouse selon le dharma.

Verse 38

युष्माकं तेजसार्द्धेन मम चार्धेन तेजसा / अस्यामुत्पत्स्यते विद्वान्दक्षो नाम प्रजापतिः

Par la moitié de votre splendeur et la moitié de la mienne, d’elle naîtra le sage Prajāpati nommé Dakṣa.

Verse 39

स इमां दग्धभूयिष्ठां युष्मत्तेजोमयेन वै / अग्निनाग्निसमो भूयः प्रजाः संवर्द्धयिष्यति

Lui, rendant à nouveau féconde cette terre presque consumée, faite de votre splendeur, deviendra un feu égal au feu et fera croître les créatures.

Verse 40

ततः सोमस्य वचनाज्जगृहुस्ते प्रचेतसः / संत्दृत्य कोपं वृक्षेभ्यः पत्नीं धर्मेण मारिषाम्

Alors, sur la parole de Soma, ces Pracetas réprimèrent leur colère envers les arbres et prirent Māriṣā pour épouse selon le dharma.

Verse 41

मारिषायां ततस्ते वै मनसा गर्भमादधुः / दशभ्यस्तु प्रचेतोभ्यो मारिषायां प्रजापतिः

Alors, en Māriṣā, ils déposèrent par la pensée la semence du sein; des dix Pracetas, en Māriṣā naquit le Prajāpati.

Verse 42

दक्षो जज्ञे महातेजाः सोमस्यांशेन वीर्यवान् / असृजन्मनसा त्वादौ प्रजा दक्षो ऽथ मैथुनात्

Dakṣa naquit, d’un grand éclat et plein de vigueur, d’une part de Soma; d’abord il engendra les créatures par la pensée, puis par l’union charnelle.

Verse 43

अचरांश्च चरांश्चैव द्विपदो ऽथ चतुष्पदः / विसृज्य मनसा दक्षः पश्चादसृजत स्त्रियः

Après avoir créé par la pensée l’immobile et le mobile, les bipèdes et les quadrupèdes, Dakṣa engendra ensuite les femmes.

Verse 44

ददौ स दश धर्माय कश्यपाय त्रयां दश / कालस्य नयने युक्ताः सप्तविंशतिमिन्दवे

Il donna dix filles à Dharma et treize à Kaśyapa; et il offrit à Indu (la Lune) vingt-sept filles, liées comme les yeux du Temps.

Verse 45

एभ्यो दत्त्वा ततो ऽन्या वै चतस्रो ऽरिष्टनेमिने / द्वे चैव बहुपुत्राय द्वे चैवाङ्गिरसे तथा

Après les avoir données à ceux-là, il en donna quatre autres à Ariṣṭanemi; deux à Bahuputra et deux aussi à Aṅgiras.

Verse 46

कन्यामेकां कृशाश्वाय तेभ्यो ऽपत्यं बभूव ह / अन्तरं चाक्षुषस्याथ मनोः षष्ठं तु गीयते

On donna à Kṛśāśva une unique jeune fille; d’eux naquit une descendance. Après le Manvantara de Cākṣuṣa, on célèbre le sixième Manvantara de Manu.

Verse 47

मनोर्वैवस्वतस्यापि सप्तमस्य प्रजापतेः / वसुदेवाः खगा गावो नागा दितिजदानवाः

Au temps de Manu Vaivasvata, le septième Prajāpati, apparurent les Vasudeva, les oiseaux, les vaches, les Nāga, ainsi que les fils de Diti, les Dānava.

Verse 48

गन्धर्वाप्सरसश्चैव जज्ञिरे ऽन्याश्च जातयः / ततः प्रभृति लोके ऽस्मिन्प्रजा मैथुनसंभवाः / संकल्पाद्दर्शनात्स्पर्शात्पूर्वासां सृष्टिरुच्यते

Naquirent les Gandharva et les Apsaras, ainsi que d’autres lignées. Dès lors, en ce monde, les êtres naissent de l’union charnelle; l’ancienne création, dit-on, procédait de l’intention, de la vision et du toucher.

Verse 49

ऋषिरुवाच देवानां दानवानां च देवर्षिणां च ते शुभः / संभवः कथितः पूर्वं दक्षस्य च महात्मनः

Le Ṛṣi dit : On a déjà relaté auparavant la naissance bénie des dieux, des Dānava et des Devarṣi; ainsi que celle du grand Dakṣa.

Verse 50

प्राणात्प्रजापतेर्जन्म दक्षस्य कथितं त्वया / कथं प्राचे तस्त्वं च पुनर्लेभे महातपाः

Tu as dit que la naissance de Dakṣa provint du souffle vital du Prajāpati. Ô grand ascète, comment Prācetasa (Dakṣa) fut-il de nouveau obtenu ?

Verse 51

एतं नः संशयं सूत व्याख्यातुं त्वमिहार्हसि / दौहित्रश्चैव सोमस्य कथं श्र्वशुरतां गतः

Ô Sūta, il t’appartient d’éclaircir notre doute : comment le petit-fils de Soma en vint-il à la condition de beau-père ?

Verse 52

सूत उवाच उत्पत्तिश्च निरोधश्च नित्यं भूतेषु सत्तमाः / ऋषयो ऽत्र न सुह्यन्ति विद्यावन्तश्च ये जनाः

Sūta dit : Ô très nobles, la naissance et la résorption sont perpétuelles chez les êtres ; ici, les ṛṣi et les hommes instruits ne s’égarent pas.

Verse 53

युगे युगे भवन्त्येते सर्वे दक्षादयो द्विजाः / पुनश्चैव निरुध्यन्ते विद्वांस्तत्र न मुह्यति

D’âge en âge, tous ces dvija, tels Dakṣa, apparaissent puis se résorbent de nouveau ; le sage ne s’y égare pas.

Verse 54

ज्यैष्ठ्यकानिष्ठ्यमप्येषां पूर्वमासीद्द्विजोत्तमाः / तप एव गरीयो ऽभूत्प्रभावश्चैव कारणम्

Ô meilleurs des dvija, jadis il y eut aussi parmi eux distinction d’aîné et de cadet ; mais l’ascèse (tapas) fut la plus haute, et sa puissance en fut la cause.

Verse 55

इमां विसृष्टिं यो वेद चाक्षुषस्य चराचरम् / प्रजावानायुषस्तीर्णः स्वर्गलोके महीयते

Celui qui connaît cette émanation de la création, le mobile et l’immobile, du temps de Cākṣuṣa, obtient une descendance, franchit une longue vie et est honoré au ciel.

Verse 56

एवं सर्गः समाख्यातश्चाक्षुषस्य समासतः / इत्येते षट् निसर्गाश्च क्रान्ता मन्वन्तरात्मकाः

Ainsi a été exposé brièvement le sarga du Manvantara de Cākṣuṣa. De la sorte, ces six nisarga, de nature manvantarique, ont été franchis.

Verse 57

स्वायंभुवाद्याः संक्षेपाच्चाशुषान्ता यथाक्रमम् / एते सर्गा यथा प्राज्ञैः प्रोक्ता ये द्विजसत्तमाः

Les sarga depuis Svāyaṃbhuva et les suivants jusqu’à Cākṣuṣa ont été dits en abrégé, selon l’ordre. Ô meilleurs des dvija, tels sont ces sarga comme les sages les ont enseignés.

Verse 58

वैवस्वतनिसर्गेण तेषां ज्ञेयस्तु विस्तरः / अन्यूनानतिरिक्तास्ते सर्वे सर्गा विवस्वतः

Leur ampleur doit être connue par le nisarga de Vaivasvata. Tous ces sarga de Vivasvān ne sont ni moindres ni excessifs.

Verse 59

आरोग्यायुः प्रमाणेभ्यो धर्मतः कामतोर्ऽथतः / एतानेव गुणानेति यः पठन्ननसूयकः

Celui qui le récite sans jalousie obtient santé, longue vie, renommée, dharma, kāma et artha : ces qualités mêmes.

Verse 60

वैवस्वतस्य वक्ष्यामि सांप्रतस्य महात्मनः / समासव्यासतः सर्गं ब्रुवतो मे निबोधत

À présent, je dirai le sarga du Mahātmā Vaivasvata, celui d’aujourd’hui, en abrégé et en détail ; écoutez attentivement mes paroles.

Frequently Asked Questions

The chapter foregrounds King Pṛthu Vainya as the ādi-rāja (archetypal sovereign). Rather than a long dynastic catalogue, it encodes kingship as a cosmological function: partitioning, protecting, and making the earth productive for the varṇa-ordered society.

They function as compressed cosmological memory: Vasudhā highlights the earth as the bearer of ‘vasu’ (wealth/substance); Medinī recalls an early state of material inundation (medas) associated with the Madhu-Kaiṭabha prelude; Pṛthivī links the earth to Pṛthu’s ordering claim, portraying geography as politically and ritually constituted.

The earth’s ‘milking’ is presented as epoch-sensitive: different manvantaras are associated with specific calves (vatsa), milkers (dogdhṛ), and vessels (pātra), implying that prosperity and resource-availability are governed by cyclical cosmic administration rather than a single, timeless event.