Adhyaya 19
Anushanga PadaAdhyaya 1974 Verses

Adhyaya 19

Nakṣatra-Śrāddha (Ancestral Rites Connected with Asterisms) — नक्षत्रश्राद्धम्

Cet Adhyāya est construit comme une enquête maître–disciple : Śaṃyu interroge Bṛhaspati sur les offrandes qui contentent le mieux les Pitṛ (ancêtres), sur ce qui donne des résultats durables et sur ce qui confère le mérite ‘ānanta’ (sans fin, impérissable). Bṛhaspati répond en répertoriant les havis du śrāddha (offrandes rituelles) reconnus par les experts, et en reliant chaque substance à la durée de satisfaction des ancêtres : des denrées de base—tila (sésame), vrīhi (riz), yava (orge), māṣa (légumineuses)—à l’eau et aux fruits, puis à des aliments plus « puissants » comme le poisson et diverses viandes, jusqu’à des éléments réputés donner un fruit exceptionnel ou durable. L’exposé intègre aussi des admonestations de type ‘pitṛ-gītā’, soulignant la nécessité d’une descendance et d’actes précis—pèlerinage à Gayā, observance de la trayodaśī, et libération d’un taureau—comme voies du bien des ancêtres. Le chapitre est donc surtout rituel et calendaire plutôt que généalogique : il expose une gradation des offrandes et une théologie de l’akṣaya (mérite qui ne se corrompt pas), notamment en lien avec le Gayā-śrāddha.

Shlokas

Verse 1

इति श्री ब्रहामाण्डे महापुराणे वायुप्रोक्ते मध्यभागे तृतीय उपोद्धातपादे श्राद्धकल्पे नक्षत्रश्राद्धं नाम अष्टादशो ऽध्यायः // १८// शंयुरुवाच किं स्विद्दत्तं पितॄणां तु तृप्तिदं वदतां वर / किंस्वित्स्याच्चिररात्राय किं वानन्त्याय कल्पते

Ainsi, dans le Śrī Brahmāṇḍa Mahāpurāṇa, enseigné par Vāyu, dans la partie médiane, au troisième Upoddhāta-pāda du Śrāddha-kalpa, se trouve le dix-huitième chapitre nommé « Nakṣatra-śrāddha ». Śaṃyu dit : « Ô le meilleur des orateurs, quel don offert aux Pitṛ les rassasie? Lequel donne un fruit durable, et lequel convient au mérite sans fin? »

Verse 2

बृहस्पतिरुवाच हवीषि श्राद्धकल्पे तु यानि श्राद्धविदो विदुः / तानि मे शृणु सर्वाणि फलं चैषां यथातथम्

Bṛhaspati dit : «Dans le Śrāddha-kalpa, les offrandes (havis) que connaissent les maîtres du śrāddha, écoute-les toutes de ma bouche; et j’en dirai aussi le fruit, tel qu’il est réellement.»

Verse 3

तिलैर्व्रीहियवैमाषैरद्भिर्मूलफलैस्तथा / दत्तेन मासं प्रीयन्ते श्राद्धेन हि पितामहाः

Par un śrāddha où l’on offre sésame, riz, orge, māṣa, eau, ainsi que racines et fruits, les Pitṛ, les ancêtres, demeurent satisfaits pendant un mois.

Verse 4

मत्स्यैः प्रीणन्ति द्वौ मासौ त्रीन्मासान्हारिणेन तु / शाशेन चतुरो मासान्पञ्च प्रीणाति शाकुनैः

Avec du poisson, ils sont satisfaits deux mois; avec de la viande de cerf, trois; avec du lièvre (śaśa), quatre; et avec de la viande d’oiseau, cinq mois.

Verse 5

वाराहेण तु षण्मासाञ्छागलं सप्तमासिकम् / अष्टमासिकमित्युक्तं यच्च पार्वतकं भवेत्

Par la chair de Varāha (sanglier), les Pitṛ sont satisfaits durant six mois; par la chair de chèvre, durant sept mois. Et la chair dite pārvataka (des montagnes) est déclarée donner satisfaction pendant huit mois.

Verse 6

रौरवेण तु प्रीयन्ते नव मासान्पितामहाः / गवयस्य तु मांसेन तृप्तिः स्याद्दशमासिकी

Par la chair de raurava, les Pitāmaha sont comblés durant neuf mois; et par la chair de gavaya (bovin sauvage), la satisfaction dure dix mois.

Verse 7

औरभ्रेण च मांसेन मासानेकादशैव तु / श्राद्धे च तृप्तिदं गव्यं पयः संवत्सरं द्विजाः

Par la chair d’aurabhra, la satisfaction dure onze mois; et, ô dvija, dans le śrāddha, le lait de vache donne satisfaction pendant une année entière.

Verse 8

आनन्त्याय भवेत्तद्वत्खड्गमांसं पितृक्षये / पायसं मधुसर्पिर्भ्यां छायायां कुञ्जरस्य च

Au temps de pitṛkṣaya, la chair de khaḍga (rhinocéros) procure de même un fruit sans fin. Le pāyasa mêlé de miel et de ghee, ainsi que le (śrāddha) accompli sous l’ombre d’un éléphant, sont aussi dits donner satisfaction.

Verse 9

कृष्णच्छागस्य मासेन तृप्तिर्भवति शाश्वती / अत्र गाथाः पितृगीताः कीर्तयन्ति पुराविदः

Par la chair du bouc noir (kṛṣṇa-chāga) s’obtient une satisfaction éternelle. Ici, les connaisseurs des temps anciens célèbrent les gāthā chantées par les Pitṛ.

Verse 10

तास्ते ऽहं कीर्त्तयिष्यामि यथावत्सन्निबोध मे / अपि नः स कुले यायाद्यो नो दद्यात् त्रयोदशीम्

Je vais tout exposer selon la règle; écoute attentivement mes paroles. Que celui qui ne nous accorde pas l’aumône au jour de Trayodaśī ne naisse pas dans notre lignée.

Verse 11

आजेन सर्वलोहेन वर्षासु च मघासु च / एष्टव्या बहवः पुत्रा यद्येको ऽपि गयां व्रजेत् / गौरीं वाप्युद्वहेद्भार्यां नालं वा वृषमुत्सृजेत्

Par l’offrande d’un bouc et le don de tous les métaux, durant la saison des pluies et sous l’astre Maghā, il convient de souhaiter de nombreux fils; car si l’un d’eux seulement se rend à Gayā, cela suffit. Ou bien épouser une épouse pure telle Gaurī, ou relâcher le taureau nommé Nālaṃ.

Verse 12

शंयुरुवाच गयादीनां फलं तात ब्रूहि मे परिपृच्छतः / दातॄणां चैव यत्पुण्यं निखिलेन प्रवीहि मे

Śaṃyu dit : « Ô père, puisque je t’interroge, dis-moi le fruit de Gayā et des autres lieux saints. Et expose-moi entièrement le mérite des donateurs. »

Verse 13

बृहस्पतिरुवाच गयायामक्षयं श्राद्धञ्जपहोमतपांसि च / पितृक्षये हि तत्पुत्र तस्मात्तत्राक्षयं स्मृतम्

Bṛhaspati dit : « Mon fils, à Gayā, le śrāddha, le japa, le homa et l’ascèse portent un fruit impérissable. Car là s’éteint la peine des ancêtres; c’est pourquoi ce lieu est tenu pour “Akṣaya”. »

Verse 14

पूर्णायामेकविंशं तु गौर्यामुत्पादितः सुतः / महामहांश्च जुहुयादिति तस्य फलं स्मृतम् / फलं वृषस्य वक्ष्यामि गदतो मे निबोधत

Le fils né de Pūrṇā procure un fruit jusqu’à vingt et une générations; et le fils né de Gaurī accomplit le homa pour les ancêtres tels que le Mahāmaha—tel est le fruit transmis par la tradition. À présent je dirai le fruit du don d’un taureau; écoute attentivement mes paroles.

Verse 15

वृषोत्स्रष्टा पुनात्येव दशातीतान्दशावरान्

Celui qui accomplit le vṛṣotsarga purifie vraiment dix générations au-dessus et dix au-dessous.

Verse 16

यत्किञ्चित्स्पृशते तोयमवतीर्णो नदीजले / वृषोत्सर्ग्गत्पितॄणां तु ह्यक्षयं समुदाहृतम्

Toute eau qu’il touche en descendant dans le fleuve est, par le vṛṣotsarga, proclamée comme un mérite impérissable pour les pitṛs.

Verse 17

येनयेन स्पृशेत्तोयं लाङ्गूलादिभिरङ्गशः / सर्वं तदक्षयं तस्य पितॄणां नात्र संशयः

L’eau qu’il touche, avec la queue et les autres membres, tout cela devient impérissable pour ses pitṛs; il n’y a point de doute.

Verse 18

शृङ्गैः खुरैर्वा भूमिं यामुल्लिखत्यनिशं वृषः / मधुकुल्याः पितॄंस्तस्य ह्यक्षयाश्च भवन्ति वै

La terre que le taureau gratte sans cesse de ses cornes ou de ses sabots procure à ses pitṛs la « madhukulyā », une satiété impérissable.

Verse 19

सहस्रनल्वमात्रेण तडागेन यथास्रुतिः / तृप्तिस्तु या पितॄणां वै सा वृषेणेह कल्पते

Selon la śruti, la satiété que les pitṛs reçoivent d’un étang de mille nalvas, cette même satiété s’obtient ici grâce au taureau.

Verse 20

यो ददाति गुडोन्मिश्रतिलानि श्राद्धकर्मणि / मधु वामधुमिश्रं वा सर्वमेवाक्षयं भवेत्

Celui qui, dans le rite de śrāddha, offre du sésame mêlé de jaggery, ou du miel, ou une offrande mêlée de miel, voit toute cette offrande devenir d’un fruit impérissable (akṣaya).

Verse 21

न ब्राह्मणं परिक्षेत सदा देयं हि मानवैः / दैवेकर्मणि पित्र्ये च श्रूयते वै परीक्षणम्

Qu’on ne mette pas le brāhmane à l’épreuve; les hommes doivent donner sans cesse. On entend que l’« examen » n’a lieu que dans les rites pour les dieux et pour les ancêtres.

Verse 22

सर्ववेदव्रतस्नाताः पङ्क्तीनां पावना द्विजाः / ये च भाषाविदः केचिद्ये च व्याकरणे रताः

Ceux qui se sont purifiés par les vœux de tous les Veda sont des dvija qui sanctifient la rangée du repas; certains sont savants en langues, d’autres se plaisent dans la grammaire (vyākaraṇa).

Verse 23

अधीयते पुराणं वै धर्मशास्त्रमथापि च / त्रिणाचिकेतः पञ्चाग्निः स सौपर्णः षडङ्गवित्

Celui qui étudie le Purāṇa et aussi le Dharmaśāstra; celui qui pratique le triṇāciketa, l’ascèse du pañcāgni, la tradition sauparṇa, et connaît les six membres (ṣaḍaṅga) du Veda.

Verse 24

ब्रह्मदेवसुतश्चैव च्छन्दोगो ज्येष्ठसामगः / पुण्येषु यश्च तीर्थेषु कृतस्नानः कृतव्रतः

Il est aussi fils de Brahmadeva, chāndoga et principal chantre du Sāma; celui qui s’est baigné dans les tīrtha méritoires et a accompli ses vœux.

Verse 25

मखेषु ये च सर्वेषु भवन्त्यवभृथाप्लुताः / ये च सत्यव्रता नित्यं स्वधर्मनिरताश्च ये

Ceux qui, dans tous les yajña, accomplissent le bain d’avabhṛtha, et ceux qui gardent sans cesse le vœu de vérité, demeurant attachés à leur svadharma.

Verse 26

अक्रोधना लोभपरास्ताञ्छ्राद्धेषु निमन्त्रयेत् / एतेभ्यो दत्तमक्षय्यमेते वै पङ्क्तिपावनाः

Dans les śrāddha, qu’on invite ceux qui sont sans colère et affranchis de l’avidité; ce qui leur est offert devient impérissable—ce sont eux, vraiment, qui purifient la rangée rituelle.

Verse 27

श्राद्धीया ब्रह्मणा ये तु योगव्रतसुनिष्ठिताः / त्रयो ऽपि पूजितास्तेन ब्रह्मविष्णुमहेश्वराः

Les brāhmaṇa dignes du śrāddha, fermement établis dans les vœux du yoga : en les honorant, Brahmā, Viṣṇu et Maheśvara, tous trois, sont honorés.

Verse 28

पितृभिः सह लोकाश्च यो ह्येतान्पूजयेन्नरः / पवित्राणां पवित्रं च मङ्गलानां च मङ्गलम्

Celui qui vénère ces mondes avec les pitṛ atteint le plus pur parmi les purs et le plus auspiceux parmi tous les auspices.

Verse 29

प्रथमः सर्वधर्माणां योगधर्मो निगद्यते / अपाङ्क्तेयान्प्रवक्ष्यमि गदतो मे निबोधत

Parmi tous les dharma, le premier est dit être le dharma du yoga; maintenant je décrirai les apāṅkteya (indignes) : écoutez attentivement mes paroles.

Verse 30

कितवो मद्यपो यश्च पशुपालो निराकृतः / ग्रामप्रेष्यो वार्धुषिको ह्यापणो वणिजस्तथा

Le joueur, l’ivrogne, le gardien de bétail méprisé, le messager du village, l’usurier, le boutiquier et le marchand également.

Verse 31

अगार दाही गरदो वृषलो ग्रामयाजकः / काण्डपृष्ठो ऽथ कुण्डाशी मधुपः सोमविक्रयी

L’incendiaire de maisons, l’empoisonneur, l’homme vil, le prêtre du village, celui dont le dos est marqué de plaies, celui qui mange du trou rituel, le buveur de miel et le vendeur de soma.

Verse 32

समुद्रान्तरितो भृत्यः पिशुनः कूटसाक्षिकः / पित्रा विवदमानश्च यस्य चोपपतिर्गृहे

Le serviteur demeurant au-delà de la mer, le délateur, le faux témoin, celui qui se querelle avec son père, et celui dont la maison abrite un homme étranger (upapati).

Verse 33

अभिशस्तस्तथा स्तेनः शिल्पं यश्चोपजीवति / स्तवकः सूपकारश्च यश्च मित्राणि निन्दति

Le réprouvé et accusé, le voleur, celui qui vit d’un métier d’artisan, le flatteur, le cuisinier, et celui qui dénigre ses amis.

Verse 34

काणश्च खञ्जकश्चैव नास्तिको वेदवर्जितः / उन्मत्तो ऽप्यथ षण्ढश्च भ्रूणहा गुरुतल्पगः

Le borgne et le boiteux, l’athée détourné des Védas, le dément, le ṣaṇḍha, le meurtrier du fœtus et celui qui couche avec l’épouse du maître.

Verse 35

भिषग्जीवी प्राशनिकः परस्त्रीं यश्च सेवते / विक्रीणाति च यो ब्रह्मव्रतानि नियमांस्तथा

Celui qui vit du métier de médecin, celui qui se nourrit du bien d’autrui et celui qui fréquente la femme d’un autre; ainsi que celui qui vend les vœux brahmaniques et les observances.

Verse 36

नष्टं स्यान्नास्तिके दत्तं व्रतघ्ने चापवर्जितम् / यच्चवाणिजके दत्तं नेह नामुत्र संभवेत्

Le don fait à l’incrédule est perdu; celui fait au briseur de vœux est sans mérite. Et ce qui est donné à l’homme d’esprit marchand ne porte fruit ni ici ni dans l’au-delà.

Verse 37

निक्षेपहारके चैव कृतघ्ने विदवर्जिते / तथा पाणविके वै च कारुके धर्मवर्जिते

Au voleur de dépôts, à l’ingrat dépourvu de savoir et de dharma; de même au joueur et à l’artisan sans dharma (le don devient sans fruit).

Verse 38

क्रीणाति यो ह्यपण्यानि विक्रीणाति प्रशंसति / अन्यत्रास्य समाधानं न वणिकूछ्राद्धमर्हति

Celui qui achète, vend et loue des biens indignes d’être marchandés—il peut exister pour lui une autre expiation, mais il n’est pas digne du śrāddha propre aux vaiśya (marchands).

Verse 39

भस्मनीव हुतं हव्यं दत्तं पौनर्भवे द्विजः / षष्टिं काणः शतं षण्ढः श्वित्री पञ्चशतान्यपि

Ô dvija, le don fait au paunarbhava (celui qui se remarie) est comme une oblation versée dans la cendre. Le borgne détruit soixante, le ṣaṇḍha cent, et le śvitrī jusqu’à cinq cents (fois) le fruit du mérite.

Verse 40

पापरोगी सहस्रं वै दातुर्नाशयते फलम् / भ्रश्येद्धि स फलात्तस्मात्प्रदाता यस्तु बालिशः

Mille êtres atteints de la maladie du péché détruisent le fruit du mérite du donateur; ainsi, le donateur insensé déchoit de ce fruit.

Verse 41

यद्विष्टितशिरा भुङ्क्ते यद्भुङ्क्ते दक्षिणामुखः / सोपानत्कश्च यद्भुङ्क्ते यच्च दत्तमसत्कृतम्

Manger la tête couverte, manger tourné vers le sud, manger chaussé, et l’aumône donnée sans égards : tout cela est fautif.

Verse 42

सर्वं तदसुरेद्राय ब्रह्मा भागमकल्पयत् / श्वा चैव ब्रह्महा चैव नावेक्षेत कथञ्चन

Brahmā assigna tout cela comme part au seigneur des asuras; et l’on ne doit, d’aucune manière, regarder ni le chien ni le meurtrier d’un brahmane.

Verse 43

तस्मात्परिवृतैर्दद्यात्तिलैश्चान्नं विकीर्य च / राक्षसानां तिलाः प्रोक्ताः शुनां परिवृतास्तथा

Ainsi, qu’on donne (l’offrande) en l’entourant et qu’on répande du sésame sur la nourriture; le sésame est dit appartenir aux rākṣasas, et ce qui est entouré, pareillement, aux chiens.

Verse 44

दर्शनात्सूकरो हन्ति पक्षवातेन कुक्कुटः / रजस्वलायाः स्पर्शेन क्रुद्धोयश्च प्रयच्छति

Le porc détruit (le mérite) par la seule vue, le coq par le vent de ses ailes; de même le contact d’une femme en ses règles, et celui qui donne dans la colère ruine (le fruit).

Verse 45

नदीतीरेषु रम्येषु सरित्सु च सरस्सु च / विविक्तेषु च प्रीयन्ते दत्तेनेह पितामहाः

Sur de belles rives, dans les rivières et les étangs, et aussi en des lieux retirés, les Pitāmahas (ancêtres) se réjouissent de l’offrande donnée ici.

Verse 46

नासव्यंपातयेज्जानु न युक्तो वाचमीरयेत् / तस्मात्परिवृतेनेह विधिवद्दर्भपाणिना

Qu’il ne laisse pas tomber le genou gauche, et qu’il ne prononce pas de paroles en état inapproprié; aussi doit-il ici agir selon le rite, la darbha en main et dûment couvert.

Verse 47

पित्रोराराधनं कार्यमेवं प्रीणयते पितॄन् / अनुमान्य द्विजान्पूर्वमर्गौं कुर्याद्यथाविधि

Il faut accomplir l’adoration des Pitṛs; ainsi les ancêtres sont comblés. Après avoir d’abord honoré les dvijas, qu’on offre l’arghya selon le rite.

Verse 48

पितॄणां निर्वपेद्भूमौ सूर्ये वा दर्भसंस्तरे / शुक्लपक्षे च पूर्वाङ्णे श्राद्धं कुर्याद्यथाविधि

Pour les Pitṛs, qu’on dépose le piṇḍa sur le sol ou devant Sūrya sur une litière de darbha; et, durant la quinzaine claire, le matin, qu’on accomplisse le śrāddha selon le rite.

Verse 49

कृष्णपक्षे ऽपरङ्णे तु रौहिणं वै न लङ्घयेत् / एवमेते महात्मानो महायोगा महौजसः

Dans la quinzaine sombre, l’après-midi, qu’on ne franchisse pas le Rauhiṇa (nakṣatra/temps); ainsi sont-ils : Mahātmas, grands yogis, d’une puissance éclatante.

Verse 50

सदा वै पितरः पूज्याः सं प्राप्तौ देशकालयोः / पितृभक्त्यैव तु नरो योगं प्राप्नोति दुर्ल्लभम्

Quand le lieu et le temps sont favorables, les Pitṛ (ancêtres) sont toujours dignes de culte; par la seule dévotion aux ancêtres, l’homme obtient le yoga si rare.

Verse 51

ध्यानेन मोक्षं गच्छेद्धि हित्वा कर्म शुभाशुभम् / यज्ञहेतोस्तदुद्धृत्य मोहयित्वा जगत्तथा

Par la méditation on va vers la délivrance, en abandonnant les actes bons et mauvais; pour la cause du yajña, cela est élevé, et le monde est ainsi aussi fasciné.

Verse 52

गुहायां निहितं ब्रह्म कश्यपेन महात्मना / अमृतं गुह्यमुद्धृत्य योगे योगविदां वराः

Le grand Kaśyapa déposa le Brahman dans une caverne; les meilleurs connaisseurs du yoga en retirèrent l’amṛta secret et s’établirent dans le yoga.

Verse 53

प्रोक्तः सनत्कुमारेण महातो ब्रह्मणः पदम् / देवानां परमं गुह्यमृषीणां च परायणम्

Sanatkumāra a proclamé la demeure du grand Brahman; c’est le secret suprême des dieux et le refuge ultime des ṛṣi.

Verse 54

पितृभक्त्या प्रयत्नेन प्राप्य ते तन्मनीषिभिः / पितृभक्तः समासेन पितृपूर्वपरश्च यः

Cette (demeure) est obtenue par les sages grâce à l’effort et à la dévotion aux Pitṛ; en bref, est pitṛ-bhakta celui qui honore les ancêtres, d’avant comme d’après.

Verse 55

अयत्नात्प्राप्नुयादेव सर्वमेतन्न संशयः

Même sans effort, on obtient tout cela ; il n’y a aucun doute.

Verse 56

बृहस्पतिरुवाच यस्मैश्राद्धानि देयानि यच्च दत्तं महत्फलम् / येषु चाप्यक्षयं श्राद्धं तीर्थेषु च गुहासु च

Bṛhaspati dit : à qui l’on doit offrir le śrāddha et où l’offrande porte un grand fruit ; et dans quels tīrtha et quelles grottes le śrāddha devient impérissable.

Verse 57

येषु स्वर्गमवाप्नोति तत्ते प्रोक्तं ससंग्रहम् / श्रुत्वेमं श्राद्धकल्पं च न कुर्याद्यस्तु मानवः

Ce par quoi l’on obtient le ciel, je te l’ai exposé en résumé ; mais l’homme qui, après avoir entendu cette règle du śrāddha, ne l’accomplit pas.

Verse 58

स मज्जेन्नरके घोरे नास्तिकस्तमसावृते / परिवादो न कर्त्तव्यो योगिनां तु विशेषतः

Cet impie sombrera dans un terrible enfer, enveloppé de ténèbres ; et surtout, il ne faut pas médire des yogis.

Verse 59

परिवादात्क्रिमिर्भूत्वा तत्रैव परिवर्त्तते / योगान्परिवदेद्यस्तु ध्यानिनो मोक्षकाङ्क्षिणः

Par la médisance, il devient un ver et tourne là même sans fin ; tel est celui qui calomnie les yogis en méditation, aspirant à la mokṣa.

Verse 60

स गच्छेन्नरकं घोरं श्रोताप्यस्य न संशयः / आवृतं तमसः सर्वं नरकं घोरदर्शनम् / योगीश्वरपरीवादान्न स्वर्गं याति मानवः

Celui qui insulte les seigneurs du Yoga va dans un enfer terrible, tout comme celui qui l'écoute, sans aucun doute. Cet enfer est couvert de ténèbres et effrayant à voir. En médisant des Yogis, l'homme n'atteint pas le paradis.

Verse 61

योगेश्वराणामा क्रोशं शृणुयाद्यो यतात्मनाम् / सहि कालं चिरं मज्जेन्नरके नात्र संशयः / कुंभीपाकेषु पच्यन्ते जिह्वाच्छेदे पुनः पुनः

Celui qui écoute les injures contre les Yogis maîtres d'eux-mêmes sombre en enfer pour longtemps, cela ne fait aucun doute. Ils sont cuits dans l'enfer Kumbhipaka et leur langue est coupée encore et encore.

Verse 62

समुद्रे च यथा लोषटस्तद्बत्सीदन्ति ते नराः / मनसा कर्मणा वाचा द्वेषं योगेषु वर्जयेत् / प्रोत्यानन्तं फलं भुङ्क्त इह वापि न संशयः

Tout comme une motte de terre coule dans l'océan, ces hommes sombrent. Il faut éviter la haine envers le Yoga en pensée, en acte et en parole. En les satisfaisant, on jouit d'un fruit infini ici-bas et dans l'au-delà, sans aucun doute.

Verse 63

न पारगो विन्दति परमात्मनस्त्रिलोकमध्ये चरति स्वकर्ममिः / ऋचो यजुः साम तदङ्गपारगे ऽविकारमेतं ह्यनवाप्य सीदति

Le simple érudit ne trouve pas l'Âme Suprême ; il erre dans les trois mondes selon son karma. Même celui qui maîtrise le Rig, le Yajur, le Sama et leurs Angas souffre s'il n'atteint pas cet état immuable.

Verse 64

विकारपारं प्रकृतेश्च पारगस्त्रयीगुणाना त्रिगुणस्य पारगः / यः स्याच्चतुर्विशतितत्त्वपारगः स पारगो नाध्ययनस्य पारगः

Celui qui a traversé au-delà des modifications, au-delà de la Nature (Prakriti), au-delà des trois Gunas, et qui maîtrise les vingt-quatre Tattvas — c'est lui le véritable maître (Paraga), et non celui qui est maître de l'étude.

Verse 65

कृत्स्नं यथावत्समुपैति तत्परस्तथैव भूयः प्रलयत्वमात्मनः / प्रत्याहरेद्योगपथं न यो द्विजो न सर्वपार क्रमपारगोचरः

Le dvija, tout entier voué au But, atteint le Tout tel qu’il est, et atteint de nouveau en lui-même l’état de pralaya. Mais celui qui, sur la voie du yoga, ne pratique pas le pratyāhāra, n’accède ni à l’autre rive ni au terme des degrés.

Verse 66

वेदस्य वेदितव्यं च वेद्यं विन्दति योगवित् / तं वै वेदविदः प्राहुस्तमाहुर्वेदपारगम्

Le connaisseur du yoga découvre dans le Veda ce qui doit être connu et ce qui est l’objet de la connaissance. Les sages du Veda l’appellent vedavid; ils le nomment vedapāraga, celui qui a traversé le Veda.

Verse 67

वेदं च वेदितव्यं च विदित्वा वै यथास्थितः / एवं वेदविदः प्राहुरन्यं वै वेदपारगम्

Celui qui connaît le Veda et ce qui doit être connu, puis demeure établi dans son propre état—ainsi, disent les connaisseurs du Veda, est un autre, distinct du simple vedapāraga.

Verse 68

यज्ञान्वेदांस्तथा कामांस्तपांसि विविधानि च / प्राप्नोत्यायुः प्रजाश्चैव पितृभक्तो न सशयः

Yajñas, Vedas, désirs et austérités de maintes sortes : le dévot des Pitṛ en reçoit les fruits. Il obtient longue vie et descendance ; sans nul doute.

Verse 69

श्रद्धया श्राद्धकल्पं तु यस्त्विमं नियतः पठेत् / सर्वाण्येतानि वाप्नोति तीर्थदानफलानि च

Celui qui, avec règle et avec foi, récite ce Śrāddhakalpa obtient tout cela, ainsi que les fruits des dons offerts dans les tīrtha sacrés.

Verse 70

स पङ्क्तिपावनश्चैव द्विजानामग्रभुग्भवेत् / आश्राव्य च द्विजान्सो ऽथ सर्वकामानवाप्नुयात्

Il devient le purificateur de la rangée rituelle et le bénéficiaire de la part d’honneur parmi les dvija. Après l’avoir fait entendre aux dvija, il obtient tous les vœux.

Verse 71

यश्चैतच्छृणुयान्नित्यम न्यांश्च श्रावयेद्द्विजः / अनसूयुर्जितक्रोधो लोभमोहविवर्जितः

Le dvija qui l’écoute chaque jour et le fait entendre à d’autres dvija, sans jalousie, vainqueur de la colère, et délivré de l’avidité et de l’illusion.

Verse 72

तीर्थादीनां फलं प्राप्य दानादीनां च सर्वशः / मोक्षोपायं लभेच्छ्रेष्ठं स्वर्गोपायं न संशयः / इह चापि परा पुष्ठिस्तस्मात्कुर्वीत नित्यशः

Il recueille le fruit des pèlerinages aux tīrtha et, pleinement, le fruit des dons et des autres mérites. Il obtient le moyen suprême de la délivrance et, sans doute, la voie du ciel. Ici même, il reçoit une grande prospérité; c’est pourquoi il faut le pratiquer chaque jour.

Verse 73

इमं विधिं यो हि पठेदतन्द्रितः समाहितः संसदि पर्वसंधिषु / अपत्यभागी च परेण तेजसा दिवौकसां स व्रजते सलोकताम्

Celui qui récite cette règle sans relâche, l’esprit recueilli, dans l’assemblée et aux jonctions des fêtes, resplendit d’une splendeur suprême, obtient la part de la descendance et atteint la même demeure que les habitants du ciel.

Verse 74

येन प्रोक्तस्त्वयं कल्पो नमस्तस्मै स्वयंभुवे / महायोगेश्वरेभ्यश्च सदा च प्रणतो ऽस्म्यहम्

Hommage à Svayambhū, par qui ce kalpa fut énoncé. Et devant les Mahāyogeśvara aussi, je demeure à jamais prosterné.

Frequently Asked Questions

A graded list of śrāddha offerings (havis) and their stated durations of Pitṛ-satisfaction—moving from grains/tila and water to fish and meats—culminating in items described as yielding exceptionally long or ‘endless’ (ānanta/akṣaya) results.

Gayā is presented as an akṣaya-field: śrāddha, japa, homa, and tapas performed there are said to become ‘imperishable’ because they are linked to ‘pitṛ-kṣaya’ (decisive ancestral fulfillment), hence the designation akṣaya.

It is primarily ritualistic (śrāddha-kalpa). For cosmological mapping, it supplies the ‘human-scale’ interface to cosmic time: nakṣatra awareness, tithi observance, and akṣaya-merit logic connect celestial order to household dharma and intergenerational continuity.