Adhyaya 21
Panchama SkandhaAdhyaya 2119 Verses

Adhyaya 21

The Orbit of the Sun, the Measure of Day and Night, and the Sun-God’s Chariot

Poursuivant l’exposé cosmographique du Cinquième Chant, Śukadeva Gosvāmī passe des dimensions générales de l’univers aux mécanismes du temps dans l’antarikṣa (l’espace intermédiaire). Il explique comment le mouvement du soleil—vers le nord, vers le sud et lors du passage de l’équateur—par son contact avec les rāśis (signes zodiacaux) engendre des jours et des nuits inégaux ou égaux. Le chapitre situe la trajectoire circulaire du soleil autour du mont Mānasottara et relie l’aurore, le midi, le coucher et minuit à quatre demeures directionnelles associées à Indra, Yama, Varuṇa et au dieu-lune. Une explication majeure suit : les habitants de Sumeru connaissent un midi perpétuel en raison de la position relative du soleil, tandis que le vent dakṣiṇāvarta crée l’apparence d’un mouvement selon les directions. Śukadeva décrit la vitesse du soleil, la nature trayīmaya du culte solaire (om bhūr bhuvaḥ svaḥ) et l’ingénierie symbolique du char—Saṁvatsara comme roue, les mois comme rayons, les saisons comme sections de jante—préparant la suite sur les autres luminaires et leurs parcours réglés dans Bhū-maṇḍala.

Shlokas

Verse 1

श्रीशुक उवाच एतावानेव भूवलयस्य सन्निवेश: प्रमाणलक्षणतो व्याख्यात: ॥ १ ॥

Śukadeva Gosvāmī dit : Mon cher Roi, jusqu’ici j’ai décrit la disposition de Bhū-maṇḍala, ainsi que le diamètre de l’univers et ses caractéristiques générales, selon les estimations des sages érudits.

Verse 2

एतेन हि दिवो मण्डलमानं तद्विद उपदिशन्ति यथा द्विदलयोर्निष्पावादीनां ते अन्तरेणान्तरिक्षं तदुभयसन्धितम् ॥ २ ॥

De même qu’un grain de blé, partagé en deux, permet d’estimer la mesure de la partie supérieure en connaissant celle de la partie inférieure, ainsi les sages versés dans la géographie cosmique enseignent que, par les mesures de la région inférieure, on comprend celles de la région supérieure de l’univers. Le ciel entre la sphère terrestre et la sphère céleste se nomme antarikṣa, l’espace, joint au sommet de la terre et au bas du ciel.

Verse 3

यन्मध्यगतो भगवांस्तपतपतिस्तपन आतपेन त्रिलोकीं प्रतपत्यवभासयत्यात्मभासा स एष उदगयनदक्षिणायनवैषुवतसंज्ञाभिर्मान्द्यशैघ्य्रसमानाभिर्गतिभिरारोहणावरोहणसमानस्थानेषु यथासवनमभिपद्यमानो मकरादिषु राशिष्वहोरात्राणि दीर्घह्रस्वसमानानि विधत्ते ॥ ३ ॥

Au milieu de cette région d’antarikṣa se tient le Soleil splendide, roi des astres qui dispensent la chaleur. Par son propre rayonnement il chauffe et illumine les trois mondes, maintenant l’ordre de l’univers. Selon l’ordonnance du Seigneur Suprême, lorsqu’il se dirige vers le nord, vers le sud ou traverse l’équateur, on dit qu’il se meut lentement, vite ou avec mesure. Selon qu’il s’élève, s’abaisse ou passe par l’équateur—et qu’il touche les signes du zodiaque, à commencer par Makara (Capricorne)—il établit des jours et des nuits longs, courts ou égaux.

Verse 4

यदा मेषतुलयोर्वर्तते तदाहोरात्राणि समानानि भवन्ति यदा वृषभादिषु पञ्चसु च राशिषु चरति तदाहान्येव वर्धन्ते ह्रसति च मासि मास्येकैका घटिका रात्रिषु ॥ ४ ॥

Lorsque le Soleil traverse Meṣa (Bélier) et Tulā (Balance), la durée du jour et de la nuit est égale. Lorsqu’il parcourt les cinq signes commençant par Vṛṣabha (Taureau), les jours s’allongent et les nuits diminuent, mois après mois, d’une ghaṭikā (une demi-heure), jusqu’à ce qu’en Tulā jour et nuit redeviennent égaux.

Verse 5

यदा वृश्चिकादिषु पञ्चसु वर्तते तदाहोरात्राणि विपर्ययाणि भवन्ति ॥ ५ ॥

Lorsque le Soleil traverse les cinq signes commençant par Vṛścika (Scorpion), la condition des jours et des nuits s’inverse : les jours diminuent et les nuits augmentent, puis l’équilibre revient peu à peu.

Verse 6

यावद्दक्षिणायनमहानि वर्धन्ते यावदुदगयनं रात्रय: ॥ ६ ॥

Tant que le Soleil se dirige vers le dakṣiṇāyana (le sud), les jours s’allongent; et tant qu’il se dirige vers l’udagayana (le nord), les nuits s’allongent.

Verse 7

एवं नव कोटय एकपञ्चाशल्लक्षाणि योजनानां मानसोत्तरगिरिपरिवर्तनस्योपदिशन्ति तस्मिन्नैन्द्रीं पुरीं पूर्वस्मान्मेरोर्देवधानीं नाम दक्षिणतो याम्यां संयमनीं नाम पश्चाद्वारुणीं निम्‍लोचनीं नाम उत्तरत: सौम्यां विभावरीं नाम तासूदयमध्याह्नास्तमयनिशीथानीति भूतानां प्रवृत्तिनिवृत्तिनिमित्तानि समयविशेषेण मेरोश्चतुर्दिशम् ॥ ७ ॥

Śukadeva Gosvāmī poursuivit : ô Roi, les sages disent que le soleil parcourt autour du mont Mānasottara un cercle de 9,51,00,000 yojanas. Sur Mānasottara, à l’est du mont Sumeru se trouve Devadhānī, demeure d’Indra ; au sud, Saṁyamanī, demeure de Yamarāja ; à l’ouest, Nimlocanī, demeure de Varuṇa ; et au nord, Vibhāvarī, demeure du dieu-lune. Selon les heures déterminées, s’y produisent l’aurore, le midi, le couchant et minuit, mettant les êtres en activité puis les faisant cesser.

Verse 8

तत्रत्यानां दिवसमध्यङ्गत एव सदाऽऽदित्यस्तपति सव्येनाचलं दक्षिणेन करोति ॥ ८ ॥ यत्रोदेति तस्य ह समानसूत्रनिपाते निम्‍लोचति यत्र क्‍वचन स्यन्देनाभितपति तस्य हैष समानसूत्रनिपाते प्रस्वापयति तत्र गतं न पश्यन्ति ये तं समनुपश्येरन् ॥ ९ ॥

Les êtres qui résident sur le mont Sumeru ont toujours la chaleur du midi, car pour eux le soleil demeure sans cesse au zénith. Bien que le soleil se déplace dans le sens antihoraire, face aux constellations, en gardant Sumeru à sa gauche, sous l’influence du vent dakṣiṇāvarta il paraît aussi se mouvoir dans le sens horaire, comme si la montagne était à sa droite. Dans les contrées diamétralement opposées au lieu où l’on voit d’abord le soleil se lever, on le voit se coucher; et à l’opposé du point du midi, c’est minuit. De même, ceux qui se trouvent au lieu du couchant, s’ils vont au pays opposé, ne verront pas le soleil dans le même état.

Verse 9

तत्रत्यानां दिवसमध्यङ्गत एव सदाऽऽदित्यस्तपति सव्येनाचलं दक्षिणेन करोति ॥ ८ ॥ यत्रोदेति तस्य ह समानसूत्रनिपाते निम्‍लोचति यत्र क्‍वचन स्यन्देनाभितपति तस्य हैष समानसूत्रनिपाते प्रस्वापयति तत्र गतं न पश्यन्ति ये तं समनुपश्येरन् ॥ ९ ॥

Les êtres qui résident sur le mont Sumeru ont toujours la chaleur du midi, car pour eux le soleil demeure sans cesse au zénith. Bien que le soleil se déplace dans le sens antihoraire, face aux constellations, en gardant Sumeru à sa gauche, sous l’influence du vent dakṣiṇāvarta il paraît aussi se mouvoir dans le sens horaire, comme si la montagne était à sa droite. Dans les contrées diamétralement opposées au lieu où l’on voit le soleil se lever, on le voit se coucher; et à l’opposé du point du midi, c’est minuit. De même, ceux qui se trouvent au lieu du couchant, s’ils vont au pays opposé, ne verront pas le soleil dans le même état.

Verse 10

यदा चैन्द्य्रा: पुर्या: प्रचलते पञ्चदशघटिकाभिर्याम्यां सपादकोटिद्वयं योजनानां सार्धद्वादशलक्षाणि साधिकानि चोपयाति ॥ १० ॥

Lorsque le soleil va de Devadhānī, demeure d’Indra, à Saṁyamanī, demeure de Yamarāja, il parcourt 23,775,000 yojanas en quinze ghaṭikās (six heures).

Verse 11

एवं ततो वारुणीं सौम्यामैन्द्रीं च पुनस्तथान्ये च ग्रहा: सोमादयो नक्षत्रै: सह ज्योतिश्चक्रे समभ्युद्यन्ति सह वा निम्‍लोचन्ति ॥ ११ ॥

Ainsi, le soleil va de Saṁyamanī à Nimlocanī, demeure de Varuṇa; de là à Vibhāvarī, demeure du dieu-lune; puis revient de nouveau à Devadhānī, demeure d’Indra. De même, la lune et les autres planètes et étoiles, avec les constellations, apparaissent dans la roue lumineuse du ciel, puis se couchent et redeviennent invisibles.

Verse 12

एवं मुहूर्तेन चतुस्त्रिंशल्लक्षयोजनान्यष्टशताधिकानि सौरो रथस्त्रयीमयोऽसौ चतसृषु परिवर्तते पुरीषु ॥ १२ ॥

Ainsi, en l’espace d’un muhūrta, le char du dieu Soleil, de nature trayīmaya—adoré par les paroles védiques « oṁ bhūr bhuvaḥ svaḥ »—parcourt les quatre demeures mentionnées, à la vitesse de 3 400 800 yojanas।

Verse 13

यस्यैकं चक्रं द्वादशारं षण्नेमि त्रिणाभि संवत्सरात्मकं समामनन्ति तस्याक्षो मेरोर्मूर्धनि कृतो मानसोत्तरे कृतेतरभागो यत्र प्रोतं रविरथचक्रं तैलयन्त्रचक्रवद् भ्रमन्मानसोत्तरगिरौ परिभ्रमति ॥ १३ ॥

Le char du dieu Soleil n’a qu’une seule roue, appelée Saṁvatsara. Les douze mois en sont les douze rayons, les six saisons les sections de la jante, et les trois périodes de cātur-māsya le moyeu à trois parties. Une extrémité de l’essieu repose sur le sommet du mont Sumeru, l’autre sur le mont Mānasottara; fixée à l’extrémité extérieure de l’essieu, la roue tourne sans cesse sur Mānasottara comme la roue d’un pressoir à huile.

Verse 14

तस्मिन्नक्षे कृतमूलो द्वितीयोऽक्षस्तुर्यमानेन सम्मितस्तैलयन्त्राक्षवद् ध्रुवे कृतोपरिभाग: ॥ १४ ॥

À ce premier essieu est fixé un second essieu, long d’un quart du premier. Comme dans un pressoir à huile, l’extrémité supérieure de ce second essieu est attachée à Dhruvaloka par une corde de vent.

Verse 15

रथनीडस्तु षट्‌त्रिंशल्लक्षयोजनायतस्तत्तुरीयभागविशालस्तावान् रविरथयुगो यत्र हयाश्छन्दोनामान: सप्तारुणयोजिता वहन्ति देवमादित्यम् ॥ १५ ॥

Ô roi, la caisse du char du dieu Soleil mesure 3 600 000 yojanas de long et un quart de cette mesure en largeur. Le joug a la même largeur. Sept chevaux, nommés d’après les mètres védiques tels que Gāyatrī, sont attelés par Aruṇadeva au joug et portent sans cesse Aditya-deva.

Verse 16

पुरस्तात्सवितुररुण: पश्चाच्च नियुक्त: सौत्ये कर्मणि किलास्ते ॥ १६ ॥

Bien qu’Aruṇadeva soit assis devant le dieu Soleil, chargé de conduire le char et de maîtriser les chevaux, il regarde pourtant en arrière, vers le dieu Soleil lui-même.

Verse 17

तथा वालिखिल्या ऋषयोऽङ्गुष्ठपर्वमात्रा: षष्टिसहस्राणि पुरत: सूर्यं सूक्तवाकाय नियुक्ता: संस्तुवन्ति ॥ १७ ॥

De même, il existe soixante mille sages appelés Vālikhilyas, chacun de la taille d’une phalange de pouce ; placés devant le dieu Soleil, ils le glorifient par des prières d’une éloquence sacrée.

Verse 18

तथान्ये च ऋषयो गन्धर्वाप्सरसो नागा ग्रामण्यो यातुधाना देवा इत्येकैकशो गणा: सप्त चतुर्दश मासि मासि भगवन्तं सूर्यमात्मानं नानानामानं पृथङ्‌नानानामान: पृथक्‌कर्मभिर्द्वन्द्वश उपासते ॥ १८ ॥

De même, d’autres ṛṣis, Gandharvas, Apsarās, Nāgas, Yakṣas, Rākṣasas et demi-dieux—répartis par paires en divers groupes—prennent chaque mois des noms différents et accomplissent continuellement des rites variés pour adorer le Seigneur Suprême en tant que Sūryadeva, le deva puissant aux nombreux noms.

Verse 19

लक्षोत्तरं सार्धनवकोटियोजनपरिमण्डलं भूवलयस्य क्षणेन सगव्यूत्युत्तरं द्विसहस्रयोजनानि स भुङ्क्ते ॥ १९ ॥

Ô roi, dans son orbite à travers Bhū-maṇḍala, le dieu Soleil parcourt en un instant une distance de 95 100 000 yojanas ; sa vitesse est de 2 000 yojanas et deux krośas par moment.

Frequently Asked Questions

Śukadeva links day/night length to the sun’s course through the zodiac and its shifting position north of, south of, or on the equator. When the sun passes Meṣa (Aries) and Tulā (Libra), day and night are equal; through the signs beginning with Vṛṣabha (Taurus) days increase up to the northern extreme and then decrease, while through signs beginning with Vṛścika (Scorpio) days decrease toward the southern extreme and then increase again—presented as a regulated system under the Supreme Lord’s order.

They are described as four key stations on Mānasottara Mountain aligned with the cardinal directions: Devadhānī (east, Indra), Saṁyamanī (south, Yamarāja), Nimlocanī (west, Varuṇa), and Vibhāvarī (north, the moon-god). The chapter uses them to explain how sunrise, midday, sunset, and midnight occur in a coordinated manner across the world.

Trayīmaya indicates that the sun is worshiped through the Vedic triad—often expressed as om bhūr bhuvaḥ svaḥ—signifying that Sūrya’s role is integrated with Vedic revelation and yajña. The sun is not independent; it functions as a powerful deva executing the Supreme Lord’s command, enabling vision, heat, seasons, and the ritual calendar.

The naming expresses that cosmic movement and sacred sound are coordinated: chandas (Vedic meters) symbolize regulated rhythm, measure, and order. By portraying the horses as meters, the text frames the sun’s motion as a disciplined, dharma-supporting cadence rather than random physical drift.

They are sixty thousand tiny sages (thumb-sized) positioned before the sun who continuously offer prayers. Their presence emphasizes that the sun’s grandeur is embedded in devotion and liturgy—cosmic power is surrounded by glorification of the Lord and His empowered servants.