
Bhū-maṇḍala as a Lotus: Jambūdvīpa, Ilāvṛta, and the Meru System (Mountains, Rivers, Lakes, and Brahmapurī)
Poursuivant l’exposé sur Bhū-maṇḍala commencé plus tôt (les sept tranchées de Priyavrata formant sept océans et sept îles), le roi Parīkṣit presse Śukadeva de donner une description détaillée et mesurable des dvīpas et des varṣas. Il demande aussi comment l’on perçoit la forme universelle grossière (virāṭ) du Seigneur, car la contemplation de cette forme élève l’esprit vers la bonté pure et, finalement, vers Vāsudeva au-delà des guṇas. Śukadeva répond avec humilité quant au savoir—nul être fini ne peut décrire exhaustivement l’énergie matérielle du Seigneur—mais il esquisse les principales régions de Bhūloka. Il présente Bhū-maṇḍala comme un lotus, avec Jambūdvīpa au centre et Ilāvṛta-varṣa comme division médiane, contenant le mont Sumeru (Meru) d’or aux dimensions précises. Il cartographie les montagnes frontières séparant les neuf varṣas, les quatre montagnes « ceinture » autour de Meru, les arbres célestes, des lacs aux saveurs singulières et des jardins dont jouissent Siddhas, Cāraṇas et Gandharvas. Le chapitre explique ensuite l’origine des rivières parfumées (Aruṇodā, Jambū-nadī), des courants de miel et des flux dispensateurs de prospérité, culminant avec la cité au sommet de Meru de Brahmā (Śātakaumbhī) et les demeures voisines des lokapālas, préparant les développements cosmiques des chapitres suivants.
Verse 1
राजोवाच उक्तस्त्वया भूमण्डलायामविशेषो यावदादित्यस्तपति यत्र चासौ ज्योतिषां गणैश्चन्द्रमा वा सह दृश्यते ॥ १ ॥
Le roi Parīkṣit dit—Ô brāhmaṇa, tu m’as déjà appris que le rayon de Bhū-maṇḍala s’étend jusqu’où le soleil répand sa lumière et sa chaleur, et jusqu’où l’on peut voir la lune et les multitudes d’étoiles.
Verse 2
तत्रापि प्रियव्रतरथचरणपरिखातै: सप्तभि: सप्त सिन्धव उपक्लृप्ता यत एतस्या: सप्तद्वीपविशेषविकल्पस्त्वया भगवन् खलु सूचित एतदेवाखिलमहं मानतो लक्षणतश्च सर्वं विजिज्ञासामि ॥ २ ॥
Mon Seigneur, les roues du char de Mahārāja Priyavrata creusèrent sept fossés, où prirent naissance sept océans; par ces sept océans, Bhū-maṇḍala fut divisé en sept îles. Tu en as donné une description générale—mesures, noms et caractéristiques; à présent je désire tout connaître en détail. Daigne combler mon souhait.
Verse 3
भगवतो गुणमये स्थूलरूप आवेशितं मनो ह्यगुणेऽपि सूक्ष्मतम आत्मज्योतिषि परे ब्रह्मणि भगवति वासुदेवाख्ये क्षममावेशितुं तदु हैतद् गुरोऽर्हस्यनुवर्णयितुमिति ॥ ३ ॥
Lorsque l’esprit se fixe sur la Personnalité Suprême dans Son aspect extérieur composé des guṇa—la forme universelle et grossière—il s’élève au plan de la pure bonté. Dans cette position transcendante, on peut comprendre Bhagavān Vāsudeva, le Parabrahman subtil, auto-lumineux et au-delà des guṇa. Ô maître, décris avec clarté comment cette forme qui enveloppe l’univers entier est perçue.
Verse 4
ऋषिरुवाच न वै महाराज भगवतो मायागुणविभूते: काष्ठां मनसा वचसा वाधिगन्तुमलं विबुधायुषापि पुरुषस्तस्मात्प्राधान्येनैव भूगोलकविशेषं नामरूप मानलक्षणतो व्याख्यास्याम: ॥ ४ ॥
Le grand ṛṣi Śukadeva dit : Ô Mahārāja, l’expansion de l’énergie māyā de Bhagavān, déployée par les guṇa, est sans limite; ni l’esprit ni la parole ne peuvent l’atteindre parfaitement, même avec une vie aussi longue que celle de Brahmā. Je vais néanmoins exposer l’essentiel—des régions telles que Bhūloka—leurs noms, formes, mesures et signes, selon mes moyens.
Verse 5
यो वायं द्वीप: कुवलयकमलकोशाभ्यन्तरकोशो नियुतयोजन विशाल: समवर्तुलो यथा पुष्करपत्रम् ॥ ५ ॥
Cette île, Jambūdvīpa, ressemble à la chambre intérieure du calice du lotus kuvalaya. Son étendue est d’un million de yojanas, et elle est ronde comme une feuille de lotus.
Verse 6
यस्मिन्नव वर्षाणि नवयोजनसहस्रायामान्यष्टभिर्मर्यादागिरिभि: सुविभक्तानि भवन्ति ॥ ६ ॥
Dans Jambūdvīpa se trouvent neuf varṣas (régions), chacune longue de neuf mille yojanas ; huit montagnes-frontières en marquent les limites et les séparent avec harmonie.
Verse 7
एषां मध्ये इलावृतं नामाभ्यन्तरवर्षं यस्य नाभ्यामवस्थित: सर्वत: सौवर्ण: कुलगिरिराजो मेरुर्द्वीपायामसमुन्नाह: कर्णिकाभूत: कुवलयकमलस्य मूर्धनि द्वात्रिंशत् सहस्रयोजनविततो मूले षोडशसहस्रं तावतान्तर्भूम्यां प्रविष्ट: ॥ ७ ॥
Au milieu de toutes se trouve le varṣa intérieur nommé Ilāvṛta ; en son centre, tel un nombril, s’élève le mont Sumeru, roi des montagnes, entièrement d’or, comme le réceptacle du lotus du Bhū-maṇḍala. Sa largeur au sommet est de trente-deux mille yojanas et à la base de seize mille ; et seize mille yojanas en sont enfouis dans la terre.
Verse 8
उत्तरोत्तरेणेलावृतं नील: श्वेत: शृङ्गवानिति त्रयो रम्यकहिरण्मयकुरूणां वर्षाणां मर्यादागिरय: प्रागायता उभयत: क्षारोदावधयो द्विसहस्रपृथव एकैकश: पूर्वस्मात्पूर्वस्मादुत्तर उत्तरो दशांशाधिकांशेन दैर्घ्य एव ह्रसन्ति ॥ ८ ॥
Juste au nord d’Ilāvṛta-varṣa, puis toujours plus au nord l’une après l’autre, se dressent trois montagnes : Nīla, Śveta et Śṛṅgavān. Elles sont les montagnes-frontières des varṣas Ramyaka, Hiraṇmaya et Kuru, les séparant entre eux. Chacune a deux mille yojanas de largeur et s’étend d’est en ouest jusqu’aux rivages de l’océan salé. Du sud vers le nord, la longueur de chaque montagne diminue d’un dixième par rapport à la précédente, tandis que leur hauteur demeure identique.
Verse 9
एवं दक्षिणेनेलावृतं निषधो हेमकूटो हिमालय इति प्रागायता यथा नीलादयोऽयुतयोजनोत्सेधा हरिवर्षकिम्पुरुषभारतानां यथासङ्ख्यम् ॥ ९ ॥
De même, au sud d’Ilāvṛta-varṣa s’étendent d’est en ouest trois grandes montagnes : Niṣadha, Hemakūṭa et Himālaya. À l’instar de Nīla et des autres, chacune s’élève à dix mille yojanas. Elles marquent, dans cet ordre, les frontières de Hari-varṣa, Kimpuruṣa-varṣa et Bhārata-varṣa.
Verse 10
तथैवेलावृतमपरेण पूर्वेण च माल्यवद्गन्धमादनावानीलनिषधायतौ द्विसहस्रं पप्रथतु: केतुमालभद्राश्वयो: सीमानं विदधाते ॥ १० ॥
De même, à l’ouest d’Ilāvṛta-varṣa se trouve le mont Mālyavān et à l’est le mont Gandhamādana. Tous deux, hauts de deux mille yojanas, s’étendent jusqu’au mont Nīla au nord et jusqu’à Niṣadha au sud. Ils fixent les frontières d’Ilāvṛta-varṣa ainsi que des varṣas Ketumāla et Bhadrāśva.
Verse 11
मन्दरो मेरुमन्दर: सुपार्श्व: कुमुद इत्ययुतयोजनविस्तारोन्नाहा मेरोश्चतुर्दिशमवष्टम्भगिरय उपक्लृप्ता: ॥ ११ ॥
Sur les quatre flancs du grand mont Sumeru se dressent quatre montagnes—Mandara, Merumandara, Supārśva et Kumuda—telles des ceintures qui le soutiennent. Leur largeur et leur hauteur sont évaluées à dix mille yojanas.
Verse 12
चतुर्ष्वेतेषु चूतजम्बूकदम्बन्यग्रोधाश्चत्वार: पादप प्रवरा: पर्वतकेतव इवाधिसहस्रयोजनोन्नाहास्तावद् विटपविततय: शतयोजनपरिणाहा: ॥ १२ ॥
Au sommet de ces quatre montagnes se dressent, tels des mâts d’étendard, quatre arbres éminents : le manguier, le jambu (pommier-rose), le kadamba et le banian. Leur largeur est de cent yojanas, leur hauteur de mille cent, et leurs branches s’étendent d’autant.
Verse 13
ह्रदाश्चत्वार: पयोमध्विक्षुरसमृष्टजला यदुपस्पर्शिन उपदेवगणा योगैश्वर्याणि स्वाभाविकानि भरतर्षभ धारयन्ति ॥ १३ ॥ देवोद्यानानि च भवन्ति चत्वारि नन्दनं चैत्ररथं वैभ्राजकं सर्वतोभद्रमिति ॥ १४ ॥
Ô Mahārāja Parīkṣit, le meilleur des Bharata ! Entre ces quatre montagnes se trouvent quatre vastes lacs : l’eau du premier a le goût du lait, celle du second celui du miel, celle du troisième celui du jus de canne, et le quatrième est rempli d’une eau parfaitement pure. Des êtres célestes tels que les Siddhas, Cāraṇas et Gandharvas en jouissent ; par leur contact, ils possèdent naturellement les perfections du yoga. On y trouve aussi quatre jardins célestes : Nandana, Caitraratha, Vaibhrājaka et Sarvatobhadra.
Verse 14
ह्रदाश्चत्वार: पयोमध्विक्षुरसमृष्टजला यदुपस्पर्शिन उपदेवगणा योगैश्वर्याणि स्वाभाविकानि भरतर्षभ धारयन्ति ॥ १३ ॥ देवोद्यानानि च भवन्ति चत्वारि नन्दनं चैत्ररथं वैभ्राजकं सर्वतोभद्रमिति ॥ १४ ॥
Ô Mahārāja Parīkṣit, le meilleur des Bharata ! Entre ces quatre montagnes se trouvent quatre grands lacs au goût de lait, de miel, de jus de canne et d’eau pure. En les touchant, les Siddhas, Cāraṇas, Gandharvas et autres êtres célestes possèdent naturellement les opulences du yoga. Il y a aussi quatre jardins célestes : Nandana, Caitraratha, Vaibhrājaka et Sarvatobhadra.
Verse 15
येष्वमर परिवृढा: सह सुरललनाललामयूथपतय उपदेवगणैरुपगीयमानमहिमान: किल विहरन्ति ॥ १५ ॥
Dans ces jardins célestes, les plus grands des devas se divertissent avec leurs épouses, véritables ornements de la beauté du ciel, tandis que les Gandharvas et d’autres êtres inférieurs chantent leurs gloires.
Verse 16
मन्दरोत्सङ्ग एकादशशतयोजनोत्तुङ्गदेवचूतशिरसो गिरिशिखरस्थूलानि फलान्यमृतकल्पानि पतन्ति ॥ १६ ॥
Sur les pentes inférieures du mont Mandara se dresse un manguier nommé Devacūta, haut de 1 100 yojanas. De sa cime tombent des fruits gros comme des sommets, doux comme l’ambroisie, pour la jouissance des habitants du ciel.
Verse 17
तेषां विशीर्यमाणानामतिमधुरसुरभिसुगन्धि बहुलारुणरसोदेनारुणोदा नाम नदी मन्दरगिरिशिखरान्निपतन्ती पूर्वेणेलावृतमुपप्लावयति ॥ १७ ॥
Tombant d’une telle hauteur, ces fruits se brisent; leur suc, d’une douceur extrême, parfumé et d’un rouge profond, s’écoule et devient plus odorant encore en se mêlant à d’autres senteurs. Ce suc dévale des sommets du Mandara en cascades et devient la rivière Aruṇodā, qui coule agréablement sur le flanc oriental d’Ilāvṛta.
Verse 18
यदुपजोषणाद्भवान्या अनुचरीणां पुण्यजनवधूनामवयवस्पर्शसुगन्धवातो दशयोजनं समन्तादनुवासयति ॥ १८ ॥
En buvant l’eau de la rivière Aruṇodā, les pieuses épouses des Yakṣas, suivantes personnelles de Bhavānī (Pārvatī), deviennent parfumées. Porté par le vent, ce parfum embaume l’atmosphère sur dix yojanas à la ronde.
Verse 19
एवं जम्बूफलानामत्युच्चनिपातविशीर्णानामनस्थिप्रायाणामिभकायनिभानां रसेन जम्बू नाम नदी मेरुमन्दरशिखरादयुतयोजनादवनितले निपतन्ती दक्षिणेनात्मानं यावदिलावृतमुपस्यन्दयति ॥ १९ ॥
De même, les fruits du jambū tombent d’une grande hauteur et se brisent en morceaux. Pleins de pulpe, presque sans noyau, ils sont grands comme des éléphants. Leur suc, en s’écoulant, devient une rivière nommée Jambū-nadī. Elle chute de 10 000 yojanas depuis le sommet de Merumandara, coule au sud d’Ilāvṛta et inonde toute Ilāvṛta de ce jus.
Verse 20
तावदुभयोरपि रोधसोर्या मृत्तिका तद्रसेनानुविध्यमाना वाय्वर्कसंयोगविपाकेन सदामरलोकाभरणं जाम्बूनदं नाम सुवर्णं भवति ॥ २० ॥ यदु ह वाव विबुधादय: सह युवतिभिर्मुकुटकटककटिसूत्राद्याभरणरूपेण खलु धारयन्ति ॥ २१ ॥
La boue des deux rives de la Jambū-nadī, imbibée de ce suc puis séchée par l’air et le soleil, mûrit et devient l’or nommé Jāmbū-nada, parure constante des mondes célestes. De cet or, les devas et leurs jeunes épouses portent diadèmes, bracelets, ceintures et autres ornements, et goûtent ainsi la joie de vivre.
Verse 21
तावदुभयोरपि रोधसोर्या मृत्तिका तद्रसेनानुविध्यमाना वाय्वर्कसंयोगविपाकेन सदामरलोकाभरणं जाम्बूनदं नाम सुवर्णं भवति ॥ २० ॥ यदु ह वाव विबुधादय: सह युवतिभिर्मुकुटकटककटिसूत्राद्याभरणरूपेण खलु धारयन्ति ॥ २१ ॥
La boue des deux rives de la Jambū-nadī, imbibée de ce suc puis mûrie par l’air et le soleil, engendre en grande quantité un or nommé Jāmbū-nada. Les habitants des cieux, les devas, avec leurs jeunes épouses, en font des couronnes, bracelets, ceintures et autres parures, et vivent ainsi dans la joie.
Verse 22
यस्तु महाकदम्ब: सुपार्श्वनिरूढो यास्तस्य कोटरेभ्यो विनि:सृता: पञ्चायामपरिणाहा: पञ्च मधुधारा: सुपार्श्वशिखरात्पतन्त्योऽपरेणात्मानमिलावृतमनुमोदयन्ति ॥ २२ ॥
Sur le flanc du mont Supārśva se dresse un grand arbre renommé, appelé Mahākadamba. De ses cavités s’écoulent cinq rivières de miel, chacune large d’environ cinq vyāmas. Cette miel tombe sans cesse du sommet de Supārśva et se répand tout autour d’Ilāvṛta-varṣa, en commençant par l’ouest, si bien que tout le pays est saturé d’un parfum suave.
Verse 23
या ह्युपयुञ्जानानां मुखनिर्वासितो वायु: समन्ताच्छतयोजनमनुवासयति ॥ २३ ॥
L’air qui s’exhale de la bouche de ceux qui boivent ce miel, chargé de son parfum, embaume la contrée tout autour sur cent yojanas.
Verse 24
एवं कुमुदनिरूढो य: शतवल्शो नाम वटस्तस्य स्कन्धेभ्यो नीचीना: पयोदधिमधुघृतगुडान्नाद्यम्बरशय्यासनाभरणादय: सर्व एव कामदुघा नदा: कुमुदाग्रात्पतन्तस्तमुत्तरेणेलावृतमुपयोजयन्ति ॥ २४ ॥
De même, sur le mont Kumuda se trouve un grand banian nommé Śatavalśa, ainsi appelé parce qu’il possède cent branches principales. De ces branches descendent de nombreuses racines, d’où s’écoulent des rivières semblables à des vaches d’abondance, offrant lait, yaourt, miel, ghee, mélasse, grains, vêtements, lits, sièges, parures et tout ce que l’on désire. Ces flots tombent du sommet de Kumuda vers le nord d’Ilāvṛta-varṣa pour le bien de ses habitants; ainsi tous y vivent comblés et heureux.
Verse 25
यानुपजुषाणानां न कदाचिदपि प्रजानां वलीपलितक्लमस्वेददौर्गन्ध्यजरामयमृत्युशीतोष्णवैवर्ण्योपसर्गादयस्तापविशेषा भवन्ति यावज्जीवं सुखं निरतिशयमेव ॥ २५ ॥
Les habitants qui jouissent des dons de ces rivières n’ont jamais ni rides ni cheveux blancs. Ils ne connaissent pas la fatigue, et leur sueur ne dégage aucune mauvaise odeur. Ni vieillesse, ni maladie, ni mort prématurée ne les atteignent; ils ne souffrent ni du froid ni de la chaleur, et l’éclat de leur corps ne se ternit pas. Ils vivent toute leur vie sans souci, dans un bonheur incomparable.
Verse 26
कुरङ्गकुररकुसुम्भवैकङ्कत्रिकूटशिशिरपतङ्गरुचकनिषधशिनीवासकपिलशङ्खवैदूर्यजारुधिहंसऋषभनागकालञ्जरनारदादयो विंशतिगिरयो मेरो: कर्णिकाया इव केसरभूता मूलदेशे परित उपक्लृप्ता: ॥ २६ ॥
Autour du pied du mont Meru, telles des étamines autour du cœur d’un lotus, d’autres montagnes sont harmonieusement disposées. Leurs noms sont Kuraṅga, Kurara, Kusumbha, Vaikaṅka, Trikūṭa, Śiśira, Pataṅga, Rucaka, Niṣadha, Sinīvāsa, Kapila, Śaṅkha, Vaidūrya, Jārudhi, Haṁsa, Ṛṣabha, Nāga, Kālañjara et Nārada.
Verse 27
जठरदेवकूटौ मेरुं पूर्वेणाष्टादशयोजनसहस्रमुदगायतौ द्विसहस्रं पृथुतुङ्गौ भवत: । एवमपरेण पवनपारियात्रौ दक्षिणेन कैलासकरवीरौ प्रागायतावेवमुत्तरतस्त्रिशृङ्गमकरावष्टभिरेतै: परिसृतोऽग्निरिव परितश्चकास्ति काञ्चनगिरि: ॥ २७ ॥
À l’est du mont Sumeru se trouvent les montagnes Jaṭhara et Devakūṭa, s’étendant du nord au sud sur 18 000 yojanas. De même, à l’ouest se dressent Pavana et Pāriyātra; au sud, Kailāsa et Karavīra (d’est en ouest); et au nord, Triśṛṅga et Makara (d’est en ouest) sur la même distance. Toutes ont 2 000 yojanas de largeur et de hauteur. Ainsi entouré de ces huit montagnes, Sumeru, massif d’or, resplendit tel un feu.
Verse 28
मेरोर्मूर्धनि भगवत आत्मयोनेर्मध्यत उपक्लृप्तां पुरीमयुतयोजनसाहस्रीं समचतुरस्रां शातकौम्भीं वदन्ति ॥ २८ ॥
Au milieu du sommet du Meru se trouve la cité de Bhagavān Brahmā, l’Ātmayoni. Chacun de ses quatre côtés s’étend, dit-on, sur un koṭi (dix millions) de yojanas. Entièrement faite d’or, les sages la nomment Śātakaumbhī.
Verse 29
तामनुपरितो लोकपालानामष्टानां यथादिशं यथारूपं तुरीयमानेन पुरोऽष्टावुपक्लृप्ता: ॥ २९ ॥
Autour de Brahmapurī, selon les directions, se trouvent les demeures des huit lokapālas, à commencer par le roi Indra. Elles ressemblent à Brahmapurī, mais n’en ont qu’un quart de la taille.
Parīkṣit’s request is not mere curiosity; it is a śāstric method of fixing the mind. Precise names, forms, and measurements support contemplation of sthāna (cosmic order) and make the virāṭ-rūpa intelligible as a devotional meditation, moving the mind toward sattva and ultimately toward Vāsudeva.
Śukadeva describes Bhū-maṇḍala as lotus-shaped: the seven islands resemble the whorl, and Jambūdvīpa sits centrally like a circular lotus leaf. Within the central division Ilāvṛta stands Mount Sumeru like the lotus pericarp, organizing the surrounding varṣas, mountains, rivers, and celestial abodes.
At Meru’s summit is the township of Lord Brahmā, called Śātakaumbhī (golden). Surrounding it in all directions are the residences of the eight principal governors of planetary systems (lokapālas), beginning with Indra, described as similar in style but one-fourth the size.
Jambū-nadī is formed from the juice of fallen jambū fruits; its banks produce Jāmbū-nada gold when the moistened mud dries. The narrative links cosmic features to divine opulence and celestial culture, illustrating poṣaṇa (sustenance) through nature’s abundance under Bhagavān’s energies.
The lakes (milk, honey, sugarcane juice, and pure water) and gardens (Nandana, Caitraratha, Vaibhrājaka, Sarvatobhadra) are enjoyed by Siddhas, Cāraṇas, and Gandharvas. Their refined environment is said to support natural siddhis (like aṇimā and mahimā), showing how higher realms facilitate extraordinary capacities—yet remain within the governed cosmos.