
Avadhūta’s Further Teachers: Detachment, Solitude, One-Pointed Meditation, and the Lord as Āśraya
Poursuivant l’enseignement de l’avadhūta brāhmaṇa au roi Yadu, ce chapitre approfondit l’idée que l’attachement (āsakti) aux objets matériels « chers » engendre inévitablement la souffrance, tandis que le renoncement apporte intrépidité et bonheur. L’avadhūta illustre la détachement par des maîtres tirés de la nature : le faucon qui lâche la viande et se trouve soulagé ; la jeune fille dont le tintement des bracelets enseigne l’avantage de la solitude et d’une fréquentation minimale ; le fabricant de flèches, absorbé, modèle de l’ekāgratā (concentration en un seul point) du yoga ; et le serpent qui vit dans des maisons bâties par d’autres, enseignant la non-possession. Le discours passe ensuite de l’éthique à la métaphysique : Nārāyaṇa comme unique refuge lors de la dissolution, le temps comme Sa puissance, pradhāna/mahat-tattva comme base de la manifestation, et l’analogie de l’araignée pour la création et le retrait (sarga/nirodha). Le principe de la guêpe et de l’insecte explique comment la méditation constante façonne l’état suivant. Enfin, l’avadhūta nomme le corps comme maître du détachement, avertit du harcèlement des sens et exhorte à employer sans tarder la rare vie humaine pour atteindre la perfection. Le chapitre se conclut : Yadu est transformé par l’enseignement, l’avadhūta s’en va, ouvrant sur l’instruction continue de Kṛṣṇa à Uddhava.
Verse 1
श्रीब्राह्मण उवाच परिग्रहो हि दु:खाय यद् यत्प्रियतमं नृणाम् । अनन्तं सुखमाप्नोति तद् विद्वान् यस्त्वकिञ्चन: ॥ १ ॥
Le saint brāhmaṇa dit : Ce que l’homme tient pour le plus cher, l’attachement et l’esprit de possession envers cela deviennent source de peine. Le sage qui renonce à la possessivité obtient une félicité sans limite.
Verse 2
सामिषं कुररं जघ्नुर्बलिनोऽन्ये निरामिषा: । तदामिषं परित्यज्य स सुखं समविन्दत ॥ २ ॥
Un faucon tenant de la viande fut attaqué par d’autres faucons plus puissants, privés de proie. Sa vie menacée, il abandonna la viande et goûta alors la vraie paix.
Verse 3
न मे मानापमानौ स्तो न चिन्ता गेहपुत्रिणाम् । आत्मक्रीड आत्मरतिर्विचरामीह बालवत् ॥ ३ ॥
Pour moi, il n’y a ni honneur ni déshonneur, ni souci de maison et d’enfants. Je joue dans l’Âtman et je me réjouis dans l’Âtman; ainsi je parcours la terre comme un enfant.
Verse 4
द्वावेव चिन्तया मुक्तौ परमानन्द आप्लुतौ । यो विमुग्धो जडो बालो यो गुणेभ्य: परं गत: ॥ ४ ॥
Dans ce monde, deux types seulement sont délivrés de toute inquiétude et baignés de grande félicité : le sot engourdi, tel un enfant, et celui qui a atteint le Seigneur Suprême, au-delà des trois guṇas.
Verse 5
क्वचित् कुमारी त्वात्मानं वृणानान् गृहमागतान् । स्वयं तानर्हयामास क्वापि यातेषु बन्धुषु ॥ ५ ॥
Un jour, une jeune fille en âge de se marier se trouvait seule dans sa maison, car ses parents et ses proches étaient partis ailleurs. Alors quelques hommes vinrent, désireux de l’épouser. Elle les accueillit avec l’hospitalité et les honneurs convenables.
Verse 6
तेषामभ्यवहारार्थं शालीन् रहसि पार्थिव । अवघ्नन्त्या: प्रकोष्ठस्थाश्चक्रु: शङ्खा: स्वनं महत् ॥ ६ ॥
Pour préparer le repas de ces hôtes, elle se retira à l’écart et se mit à piler le riz. En pilant, les bracelets de conque (shankha) à ses bras s’entrechoquaient et faisaient un grand bruit.
Verse 7
सा तज्जुगुप्सितं मत्वा महती व्रीडिता तत: । बभञ्जैकैकश: शङ्खान् द्वौ द्वौ पाण्योरशेषयत् ॥ ७ ॥
Jugeant ce bruit indécent, elle en fut profondément honteuse. La jeune fille, pleine d’intelligence et de pudeur, brisa les bracelets de conque un à un, n’en laissant que deux à chaque poignet.
Verse 8
उभयोरप्यभूद् घोषो ह्यवघ्नन्त्या: स्वशङ्खयो: । तत्राप्येकं निरभिददेकस्मान्नाभवद् ध्वनि: ॥ ८ ॥
Ensuite, tandis qu’elle continuait à piler, les deux bracelets de chaque poignet s’entrechoquaient encore et faisaient du bruit. Elle en retira donc un de chaque bras; et lorsqu’il n’en resta qu’un à chaque poignet, il n’y eut plus de son.
Verse 9
अन्वशिक्षमिमं तस्या उपदेशमरिन्दम । लोकाननुचरन्नेतान् लोकतत्त्वविवित्सया ॥ ९ ॥
Ô dompteur de l’ennemi, désireux de connaître la vérité de ce monde, je parcours la terre en observant ses voies; et c’est ainsi que j’ai vu de mes propres yeux l’enseignement de cette jeune fille.
Verse 10
वासे बहूनां कलहो भवेद् वार्ता द्वयोरपि । एक एव वसेत्तस्मात् कुमार्या इव कङ्कण: ॥ १० ॥
Quand beaucoup de personnes vivent ensemble en un même lieu, la querelle surgit à coup sûr; et même à deux, il y a bavardage futile et désaccord. Ainsi, pour éviter le conflit, il faut demeurer seul, à l’exemple du bracelet de la jeune fille.
Verse 11
मन एकत्र संयुञ्ज्याज्जितश्वासो जितासन: । वैराग्याभ्यासयोगेन ध्रियमाणमतन्द्रित: ॥ ११ ॥
Après avoir maîtrisé les postures du yoga et conquis le souffle, on doit rassembler l’esprit en un seul point. Par le vairāgya (détachement) et une pratique réglée du yoga, sans relâche, on rend l’esprit stable.
Verse 12
यस्मिन् मनो लब्धपदं यदेत- च्छनै: शनैर्मुञ्चति कर्मरेणून् । सत्त्वेन वृद्धेन रजस्तमश्च विधूय निर्वाणमुपैत्यनिन्धनम् ॥ १२ ॥
Quand l’esprit trouve sa demeure stable dans le Bhagavān suprême, il se défait peu à peu de la poussière du karma. À mesure que le sattva grandit, rajas et tamas sont balayés; puis, dépassant même le sattva, on atteint graduellement le nirvāṇa sans combustible.
Verse 13
तदैवमात्मन्यवरुद्धचित्तो न वेद किञ्चिद् बहिरन्तरं वा । यथेषुकारो नृपतिं व्रजन्त- मिषौ गतात्मा न ददर्श पार्श्वे ॥ १३ ॥
Ainsi, lorsque la conscience est entièrement retenue dans l’Ātman, la Vérité absolue, on ne connaît plus la dualité, ni le dedans ni le dehors. Tel le fabricant de flèches, si absorbé à redresser sa flèche qu’il ne vit pas le roi passer tout près.
Verse 14
एकचार्यनिकेत: स्यादप्रमत्तो गुहाशय: । अलक्ष्यमाण आचारैर्मुनिरेकोऽल्पभाषण: ॥ १४ ॥
Un saint doit cheminer seul, sans demeure fixe. Vigilant, il demeure retiré et se conduit de façon à ne pas être reconnu. Sans compagnon, il se déplace et ne parle qu’autant que nécessaire.
Verse 15
गृहारम्भो हि दु:खाय विफलश्चाध्रुवात्मन: । सर्प: परकृतं वेश्म प्रविश्य सुखमेधते ॥ १५ ॥
Celui qui vit dans un corps éphémère et veut bâtir un foyer heureux n’en récolte que peine et vanité. Mais le serpent entre dans la maison faite par autrui et y prospère paisiblement.
Verse 16
एको नारायणो देव: पूर्वसृष्टं स्वमायया । संहृत्य कालकलया कल्पान्त इदमीश्वर: । एक एवाद्वितीयोऽभूदात्माधारोऽखिलाश्रय: ॥ १६ ॥
Nārāyaṇa seul est le Dieu digne d’adoration pour tous les êtres. Par Sa propre māyā Il crée l’univers, et à la fin du kalpa, par Son expansion en tant que Temps, Il le résorbe et retire en Lui tout le cosmos, avec les âmes conditionnées. Ainsi demeure-t-Il seul, unique sans second, support et refuge de tout.
Verse 17
कालेनात्मानुभावेन साम्यं नीतासु शक्तिषु । सत्त्वादिष्वादिपुरुष: प्रधानपुरुषेश्वर: ॥ १७ ॥ परावराणां परम आस्ते कैवल्यसंज्ञित: । केवलानुभवानन्दसन्दोहो निरुपाधिक: ॥ १८ ॥
Lorsque le Seigneur Suprême déploie Sa puissance sous la forme du Temps et ramène Ses énergies matérielles, telles que le sattva, à l’équilibre, Il demeure le souverain de cet état neutre nommé pradhāna, ainsi que des âmes vivantes. Il est l’objet d’adoration suprême de tous—libérés, devas et conditionnés. Sans aucune désignation matérielle, Il est la plénitude de la béatitude spirituelle éprouvée en contemplant Sa forme transcendante; ainsi se révèle le sens accompli de la « libération ».
Verse 18
कालेनात्मानुभावेन साम्यं नीतासु शक्तिषु । सत्त्वादिष्वादिपुरुष: प्रधानपुरुषेश्वर: ॥ १७ ॥ परावराणां परम आस्ते कैवल्यसंज्ञित: । केवलानुभवानन्दसन्दोहो निरुपाधिक: ॥ १८ ॥
Lorsque le Seigneur Suprême déploie Sa puissance sous la forme du Temps et ramène Ses énergies matérielles, telles que le sattva, à l’équilibre, Il demeure le souverain de cet état neutre nommé pradhāna, ainsi que des âmes vivantes. Il est l’objet d’adoration suprême de tous—libérés, devas et conditionnés. Sans aucune désignation matérielle, Il est la plénitude de la béatitude spirituelle éprouvée en contemplant Sa forme transcendante; ainsi se révèle le sens accompli de la « libération ».
Verse 19
केवलात्मानुभावेन स्वमायां त्रिगुणात्मिकाम् । सङ्क्षोभयन् सृजत्यादौ तया सूत्रमरिन्दम ॥ १९ ॥
Ô dompteur des ennemis, au commencement de la création, le Bhagavān déploie Sa puissance sous la forme du Temps et met en mouvement la māyā faite des trois guṇas; par cette māyā même Il engendre le mahat-tattva, le fil subtil de la manifestation cosmique.
Verse 20
तामाहुस्त्रिगुणव्यक्तिं सृजन्तीं विश्वतोमुखम् । यस्मिन् प्रोतमिदं विश्वं येन संसरते पुमान् ॥ २० ॥
Les grands sages enseignent que ce qui est la base manifeste des trois guṇa et qui déploie l’univers aux formes innombrables s’appelle le sūtra ou le mahat-tattva. En ce mahat-tattva l’univers est tissé, et par sa puissance le jīva traverse l’existence matérielle.
Verse 21
यथोर्णनाभिर्हृदयादूर्णां सन्तत्य वक्त्रत: । तया विहृत्य भूयस्तां ग्रसत्येवं महेश्वर: ॥ २१ ॥
De même que l’araignée, de son propre intérieur, déploie le fil par sa bouche, s’y divertit un temps puis l’avale de nouveau, ainsi la Suprême Personne divine étend de Lui-même Sa śakti personnelle. Il montre le réseau de la manifestation cosmique, l’emploie selon Son dessein, puis le résorbe entièrement en Lui-même.
Verse 22
यत्र यत्र मनो देही धारयेत् सकलं धिया । स्नेहाद् द्वेषाद् भयाद् वापि याति तत्तत्स्वरूपताम् ॥ २२ ॥
Si, par amour, haine ou crainte, une âme incarnée fixe son mental avec intelligence et entière concentration sur une forme particulière, elle atteindra assurément cette forme. Ce qu’elle médite constamment, elle le devient.
Verse 23
कीट: पेशस्कृतं ध्यायन् कुड्यां तेन प्रवेशित: । याति तत्सात्मतां राजन् पूर्वरूपमसन्त्यजन् ॥ २३ ॥
Ô Roi, une guêpe força un insecte plus faible à entrer dans son nid et l’y retint prisonnier. Par crainte, l’insecte méditait sans cesse sur son ravisseur et, sans quitter son corps, atteignit peu à peu l’état même de la guêpe. Ainsi, l’être obtient une condition selon sa concentration constante.
Verse 24
एवं गुरुभ्य एतेभ्य एषा मे शिक्षिता मति: । स्वात्मोपशिक्षितां बुद्धिं शृणु मे वदत: प्रभो ॥ २४ ॥
Ô Roi, de tous ces maîtres spirituels j’ai acquis une grande sagesse. Maintenant, écoute, je vais exposer l’intelligence que j’ai apprise de mon propre corps, qui m’a instruit de l’intérieur.
Verse 25
देहो गुरुर्मम विरक्तिविवेकहेतु- र्बिभ्रत् स्म सत्त्वनिधनं सततार्त्युदर्कम् । तत्त्वान्यनेन विमृशामि यथा तथापि पारक्यमित्यवसितो विचराम्यसङ्ग: ॥ २५ ॥
Ce corps matériel est aussi mon maître, car il m’enseigne le détachement et le discernement. Soumis à la naissance et à la destruction, il finit toujours dans la souffrance. Ainsi, même en l’employant pour contempler la vérité, je me souviens qu’il sera finalement dévoré par d’autres; je chemine donc sans attachement.
Verse 26
जायात्मजार्थपशुभृत्यगृहाप्तवर्गान् पुष्णाति यत्प्रियचिकीर्षया वितन्वन् । स्वान्ते सकृच्छ्रमवरुद्धधन: स देह: सृष्ट्वास्य बीजमवसीदति वृक्षधर्म: ॥ २६ ॥
L’homme attaché au corps amasse de l’argent au prix de grands efforts pour étendre et protéger épouse, enfants, biens, bétail, serviteurs, maison, parents et amis, tout cela pour satisfaire son propre corps. Mais à la fin, ce corps, tel un arbre qui avant de mourir produit sa semence, manifeste la semence du prochain corps sous forme du karma accumulé, puis s’effondre et meurt.
Verse 27
जिह्वैकतोऽमुमपकर्षति कर्हि तर्षा शिश्नोऽन्यतस्त्वगुदरं श्रवणं कुतश्चित् । घ्राणोऽन्यतश्चपलदृक् क्व च कर्मशक्ति- र्बह्व्य: सपत्न्य इव गेहपतिं लुनन्ति ॥ २७ ॥
De même qu’un homme aux nombreuses épouses est sans cesse tiraillé par elles en des directions diverses, les sens matériels harcèlent l’âme conditionnée. La langue l’attire vers des mets savoureux; la soif le traîne vers la boisson. Les organes sexuels réclament leur plaisir, la peau exige des contacts doux; le ventre tourmente jusqu’à être rempli; les oreilles veulent des sons agréables; l’odorat convoite des parfums; et les yeux volages demandent de belles visions. Ainsi les sens le tirent de toutes parts.
Verse 28
सृष्ट्वा पुराणि विविधान्यजयात्मशक्त्या वृक्षान् सरीसृपपशून् खगदन्दशूकान् । तैस्तैरतुष्टहृदय: पुरुषं विधाय ब्रह्मावलोकधिषणं मुदमाप देव: ॥ २८ ॥
La Personnalité Suprême de Dieu, déployant Sa propre puissance, la māyā-śakti, créa d’innombrables espèces — arbres, reptiles, animaux, oiseaux, serpents, et autres. Pourtant Son cœur n’en fut pas satisfait. Alors Il créa la vie humaine, dotée d’une intelligence apte à contempler Brahman, la Vérité Absolue; et le Seigneur s’en réjouit.
Verse 29
लब्ध्वा सुदुर्लभमिदं बहुसम्भवान्ते मानुष्यमर्थदमनित्यमपीह धीर: । तूर्णं यतेत न पतेदनुमृत्यु याव- न्नि:श्रेयसाय विषय: खलु सर्वत: स्यात् ॥ २९ ॥
Après d’innombrables naissances et morts, on obtient ce corps humain si rare. Bien que passager, il offre l’occasion d’atteindre la perfection suprême : la délivrance et la bhakti envers le Seigneur. Ainsi l’homme lucide doit s’empresser de rechercher le bien ultime avant que ce corps, toujours voué à la mort, ne s’effondre et ne périsse; car la jouissance des sens se trouve même dans les espèces les plus abjectes, tandis que la conscience de Kṛṣṇa n’est possible que dans la vie humaine.
Verse 30
एवं सञ्जातवैराग्यो विज्ञानालोक आत्मनि । विचरामि महीमेतां मुक्तसङ्गोऽनहङ्कृत: ॥ ३० ॥
Ayant appris de mes maîtres spirituels, rempli de détachement et éclairé par la connaissance réalisée, je demeure établi dans l’Âtman et je parcours la terre sans attache ni faux ego.
Verse 31
न ह्येकस्माद् गुरोर्ज्ञानं सुस्थिरं स्यात् सुपुष्कलम् । ब्रह्मैतदद्वितीयं वै गीयते बहुधर्षिभि: ॥ ३१ ॥
Une connaissance stable et complète ne s’obtient pas toujours d’un seul maître; car, bien que le Brahman soit un, sans second, les sages l’ont chanté et décrit de multiples façons.
Verse 32
श्रीभगवानुवाच इत्युक्त्वा स यदुं विप्रस्तमामन्त्र्य गभीरधी: । वन्दित: स्वर्चितो राज्ञा ययौ प्रीतो यथागतम् ॥ ३२ ॥
Le Seigneur Suprême dit : Après avoir ainsi parlé au roi Yadu, le brāhmane au jugement profond prit congé. Le roi lui offrit hommages et culte; satisfait en son cœur, il s’en alla comme il était venu.
Verse 33
अवधूतवच: श्रुत्वा पूर्वेषां न: स पूर्वज: । सर्वसङ्गविनिर्मुक्त: समचित्तो बभूव ह ॥ ३३ ॥
En entendant les paroles de l’avadhūta, le saint roi Yadu —ancêtre de nos ancêtres— fut libéré de tout attachement matériel, et son mental se fixa dans l’équanimité spirituelle.
The hawk represents the conditioned soul burdened by possessiveness. The “meat” is the object of attachment that attracts hostility, fear, and struggle. When the hawk abandons the object, immediate relief arises—teaching that happiness is not produced by acquisition but by freedom from clinging (tyāga/virakti). In bhakti terms, relinquishing possessive claims makes the heart fit for dependence on Bhagavān rather than on temporary supports.
The girl reduces noisy bracelets until only one remains, symbolizing that social clustering multiplies friction: many people bring quarrel; even two bring distraction and argument. The teaching is not misanthropy but sādhana-priority—minimizing unnecessary association (asaṅga) to protect inner silence, reduce prajalpa (idle talk), and support steady remembrance of the Lord.
The arrow-maker is an illustration of total absorption: he is so focused on straightening an arrow that he does not notice the king passing nearby. The avadhūta uses this to teach ekāgratā—yoga succeeds when the mind is fixed on a single goal, and its highest form is concentration on the Supreme Personality of Godhead, which burns up material desires as guṇas are transcended.
It presents Nārāyaṇa as the independent creator and withdrawer: by His time potency He agitates māyā and produces mahat-tattva; by the same potency He brings guṇas to equilibrium (pradhāna) and withdraws the cosmos into Himself. The spider analogy conveys that the universe expands from the Lord’s own potency, is utilized according to His purpose, and is finally reabsorbed—affirming āśraya as the final ground of reality.
A trapped insect, fearing the wasp, constantly contemplates the wasp and gradually attains a similar state. The principle is that sustained mental fixation shapes one’s destination; therefore, the text urges fixing the mind on Bhagavān. Even negative fixation (fear/hate) has transformative power, but devotional absorption is presented as the purifying and liberating form leading to direct relationship with the Lord.
The chapter states that after many births one attains human life, which uniquely provides intelligence to inquire into the Absolute Truth. Sense enjoyment exists in all species, but Kṛṣṇa consciousness (God-realization) is uniquely accessible in human life. Therefore urgency is stressed: before death arrives, one should strive for the highest perfection—bhakti culminating in mukti as realized shelter in the Lord.