Adhyaya 4
Ashtama SkandhaAdhyaya 416 Verses

Adhyaya 4

Aftermath of Gajendra’s Deliverance: Hūhū’s Release, Indradyumna’s Curse, and Sārūpya-mukti

Après le sauvetage saisissant de Gajendra, roi des éléphants, arraché au crocodile, tout le cosmos exulte : devas, sages, Gandharvas, Cāraṇas et Siddhas louent Puruṣottama au son des tambours, des chants et sous une pluie de fleurs. Le crocodile se révèle être le roi Hūhū, un Gandharva maudit par Devala ; délivré par le Seigneur, il retrouve sa forme céleste, offre des prières convenables, fait la circumambulation du Seigneur et retourne purifié à Gandharvaloka. Gajendra, touché directement par Bhagavān, est libéré de l’avidyā et de tout lien, et reçoit la sārūpya-mukti : une forme à quatre bras, vêtue de jaune comme le Seigneur. Śukadeva dévoile ensuite l’identité antérieure de Gajendra : le roi vaiṣṇava Indradyumna de Pāṇḍya, en Draviḍa, dont l’adoration absorbée et le vœu de silence suscitèrent la colère d’Agastya, qui le maudit à devenir éléphant ; le bhakta accepte la malédiction comme volonté du Seigneur et conserve la mémoire de la dévotion. Le Seigneur regagne Sa demeure sur Garuḍa en emmenant Gajendra. Śukadeva conclut par le fruit de l’écoute : auspices, protection contre la souillure de Kali et apaisement des mauvais rêves ; il est recommandé de le réciter le matin. Le chapitre s’achève en annonçant que le Seigneur, satisfait, s’apprête à bénir Gajendra devant tous, ouvrant le dialogue suivant.

Shlokas

Verse 1

श्रीशुक उवाच तदा देवर्षिगन्धर्वा ब्रह्मेशानपुरोगमा: । मुमुचु: कुसुमासारं शंसन्त: कर्म तद्धरे: ॥ १ ॥

Śrī Śukadeva Gosvāmī dit : Lorsque le Seigneur délivra Gajendra, les demi-dieux, les sages et les Gandharvas, conduits par Brahmā et Śiva, louèrent cet acte de Hari et firent pleuvoir des fleurs sur le Seigneur et sur Gajendra.

Verse 2

नेदुर्दुन्दुभयो दिव्या गन्धर्वा ननृतुर्जगु: । ऋषयश्चारणा: सिद्धास्तुष्टुवु: पुरुषोत्तमम् ॥ २ ॥

Les timbales célestes retentirent; les Gandharvas dansèrent et chantèrent. Les grands sages, les Cāraṇas et les Siddhas offrirent des prières à Puruṣottama, la Personne Suprême.

Verse 3

योऽसौ ग्राह: स वै सद्य: परमाश्चर्यरूपधृक् । मुक्तो देवलशापेन हूहूर्गन्धर्वसत्तम: ॥ ३ ॥ प्रणम्य शिरसाधीशमुत्तमश्लोकमव्ययम् । अगायत यशोधाम कीर्तन्यगुणसत्कथम् ॥ ४ ॥

Hūhū, le meilleur des Gandharvas, avait été changé en crocodile par la malédiction du sage Devala. À présent, délivré par la grâce de la Personne Suprême, il reprit aussitôt une forme gandharva d’une beauté merveilleuse. Comprenant par la miséricorde de qui cela s’était accompli, il inclina la tête en hommage devant l’inaltérable Uttamaśloka et se mit à chanter des prières glorifiant Ses qualités dignes du kīrtana.

Verse 4

योऽसौ ग्राह: स वै सद्य: परमाश्चर्यरूपधृक् । मुक्तो देवलशापेन हूहूर्गन्धर्वसत्तम: ॥ ३ ॥ प्रणम्य शिरसाधीशमुत्तमश्लोकमव्ययम् । अगायत यशोधाम कीर्तन्यगुणसत्कथम् ॥ ४ ॥

Hūhū, le meilleur des Gandharvas, avait été changé en crocodile par la malédiction du sage Devala. À présent, délivré par la grâce de la Personne Suprême, il reprit aussitôt une forme gandharva d’une beauté merveilleuse. Comprenant par la miséricorde de qui cela s’était accompli, il inclina la tête en hommage devant l’inaltérable Uttamaśloka et se mit à chanter des prières glorifiant Ses qualités dignes du kīrtana.

Verse 5

सोऽनुकम्पित ईशेन परिक्रम्य प्रणम्य तम् । लोकस्य पश्यतो लोकं स्वमगान्मुक्तकिल्बिष: ॥ ५ ॥

Comblé par la miséricorde sans cause du Seigneur Suprême et ayant recouvré sa forme originelle, le roi Hūhū fit la circumambulation du Seigneur et Lui offrit ses hommages. Puis, sous les yeux des devas menés par Brahmā, il retourna à Gandharvaloka, délivré de toute réaction pécheresse.

Verse 6

गजेन्द्रो भगवत्स्पर्शाद् विमुक्तोऽज्ञानबन्धनात् । प्राप्तो भगवतो रूपं पीतवासाश्चतुर्भुज: ॥ ६ ॥

Parce qu’il fut touché directement par les mains du Seigneur Suprême, Gajendra, roi des éléphants, fut aussitôt délivré de l’ignorance et des liens matériels. Il obtint ainsi la sārūpya-mukti, un corps semblable à celui du Seigneur, vêtu de jaune et pourvu de quatre bras.

Verse 7

स वै पूर्वमभूद् राजा पाण्ड्यो द्रविडसत्तम: । इन्द्रद्युम्न इति ख्यातो विष्णुव्रतपरायण: ॥ ७ ॥

Ce Gajendra avait autrefois été un vaiṣṇava et le roi du pays de Pāṇḍya, dans la région dravida. Dans sa vie précédente, il était connu sous le nom de Mahārāja Indradyumna, entièrement voué aux vœux offerts à Viṣṇu.

Verse 8

स एकदाराधनकाल आत्मवान् गृहीतमौनव्रत ईश्वरं हरिम् । जटाधरस्तापस आप्लुतोऽच्युतं समर्चयामास कुलाचलाश्रम: ॥ ८ ॥

Indradyumna Mahārāja se retira de la vie familiale et s’établit dans un āśrama sur Kula-ācala (les collines Malaya). Portant des mèches emmêlées comme un ascète, il pratiquait l’austérité et adorait sans cesse Hari. Un jour, observant un vœu de silence, il fut entièrement absorbé dans le culte d’Acyuta, en l’extase de l’amour dévotionnel.

Verse 9

यद‍ृच्छया तत्र महायशा मुनि: समागमच्छिष्यगणै: परिश्रित: । तं वीक्ष्य तूष्णीमकृतार्हणादिकं रहस्युपासीनमृषिश्चुकोप ह ॥ ९ ॥

À ce moment-là, par hasard, le grand sage Agastya, illustre et entouré de ses disciples, arriva en ce lieu. Voyant Mahārāja Indradyumna assis à l’écart, silencieux et n’accomplissant pas les rites d’accueil, le ṛṣi entra dans une grande colère.

Verse 10

तस्मा इमं शापमदादसाधु- रयं दुरात्माकृतबुद्धिरद्य । विप्रावमन्ता विशतां तमिस्रं यथा गज: स्तब्धमति: स एव ॥ १० ॥

Alors le sage Agastya lança cette malédiction au roi : « Ce roi Indradyumna n’est point doux ; il est d’âme mauvaise et d’intelligence grossière. Il a offensé un brāhmaṇa ; qu’il entre donc dans le domaine des ténèbres et reçoive le corps lourd et muet d’un éléphant. »

Verse 11

श्रीशुक उवाच एवं शप्‍त्वा गतोऽगस्त्यो भगवान् नृप सानुग: । इन्द्रद्युम्नोऽपि राजर्षिर्दिष्टं तदुपधारयन् ॥ ११ ॥ आपन्न: कौञ्जरीं योनिमात्मस्मृतिविनाशिनीम् । हर्यर्चनानुभावेन यद्गजत्वेऽप्यनुस्मृति: ॥ १२ ॥

Śukadeva dit : Ô roi, après avoir ainsi maudit, le vénérable Agastya s’en alla avec ses disciples. Le rajarṣi Indradyumna, comprenant que telle était la volonté du Seigneur Suprême, accueillit cette malédiction comme une grâce.

Verse 12

श्रीशुक उवाच एवं शप्‍त्वा गतोऽगस्त्यो भगवान् नृप सानुग: । इन्द्रद्युम्नोऽपि राजर्षिर्दिष्टं तदुपधारयन् ॥ ११ ॥ आपन्न: कौञ्जरीं योनिमात्मस्मृतिविनाशिनीम् । हर्यर्चनानुभावेन यद्गजत्वेऽप्यनुस्मृति: ॥ १२ ॥

Puis il entra dans une naissance d’éléphant, qui d’ordinaire détruit la mémoire de soi. Pourtant, par la puissance de son adoration de Hari, même dans un corps d’éléphant il garda le souvenir de la manière de servir et de prier le Seigneur.

Verse 13

एवं विमोक्ष्य गजयूथपमब्जनाभ- स्तेनापि पार्षदगतिं गमितेन युक्त: । गन्धर्वसिद्धविबुधैरुपगीयमान- कर्माद्भ‍ुतं स्वभवनं गरुडासनोऽगात् ॥ १३ ॥

Après avoir délivré le roi des éléphants des mâchoires du crocodile—et du saṁsāra semblable à un crocodile—le Seigneur Padmanābha lui accorda la sārūpya-mukti et la condition de compagnon éternel. Devant les Gandharva, les Siddha et les autres devas qui chantaient Ses actes merveilleux, le Seigneur, assis sur Garuḍa, retourna à Sa demeure splendide, emmenant Gajendra avec Lui.

Verse 14

एतन्महाराज तवेरितो मया कृष्णानुभावो गजराजमोक्षणम् । स्वर्ग्यं यशस्यं कलिकल्मषापहं दु:स्वप्ननाशं कुरुवर्य श‍ृण्वताम् ॥ १४ ॥

Ô Mahārāja, je t’ai décrit la puissance merveilleuse de Kṛṣṇa, telle qu’elle se manifesta dans la délivrance du roi des éléphants. Ô meilleur des Kuru, ceux qui entendent ce récit deviennent dignes des mondes célestes, acquièrent la renommée de bhaktas, demeurent indemnes de la souillure du Kali-yuga et voient leurs mauvais rêves s’évanouir.

Verse 15

यथानुकीर्तयन्त्येतच्छ्रेयस्कामा द्विजातय: । शुचय: प्रातरुत्थाय दु:स्वप्नाद्युपशान्तये ॥ १५ ॥

Ainsi, ceux qui désirent leur propre bien—en particulier les dvija purs, et plus encore les brāhmaṇa vaiṣṇava—doivent se lever au matin et réciter ce récit sacré tel qu’il est, sans altération, afin d’apaiser les tourments des mauvais rêves et autres peines.

Verse 16

इदमाह हरि: प्रीतो गजेन्द्रं कुरुसत्तम । श‍ृण्वतां सर्वभूतानां सर्वभूतमयो विभु: ॥ १६ ॥

Ô meilleur des Kuru ! Hari, le Seigneur suprême, l’Âme suprême présente en tous les êtres et les pénétrant, satisfait, s’adressa à Gajendra devant tous ceux qui étaient là et écoutaient.

Frequently Asked Questions

The crocodile was King Hūhū, a Gandharva cursed by Devala Muni. The Bhāgavata presents his animal embodiment as the karmic and juridical effect of a brāhmaṇa’s śāpa, yet his deliverance shows that contact with the Lord overrides accumulated reactions and restores the soul’s higher destiny.

Sārūpya-mukti is liberation in which the devotee attains a form resembling the Lord’s, here described as four-armed and clad in yellow garments. Gajendra receives it because the Lord personally touches and rescues him, indicating both the intensity of his surrender and the Lord’s independent bestowal of grace upon a devotee.

The narrative frames the curse as arising from a perceived breach of etiquette toward Agastya Muni, but it also emphasizes divine orchestration: Indradyumna, being a devotee, accepts the curse as the Lord’s will. The theological point is that bhakti is not destroyed by adverse karma; rather, devotion can persist and mature through it.

Śukadeva states that hearing this account makes one fit for higher destinations, grants a devotional reputation, protects from Kali-yuga’s contamination, and prevents bad dreams. The text further recommends morning recitation—especially by the varṇas and particularly brāhmaṇa Vaiṣṇavas—as a practical śāstric remedy rooted in śravaṇa and smṛti.