
Divya-pramāṇa-kathana (Explanation of Divine Proofs / Ordeals and Evidentiary Procedure)
Le Seigneur Agni poursuit l’enseignement du Vyavahāra (droit judiciaire) en définissant les témoins dignes de foi et les catégories disqualifiées, tout en admettant un témoignage plus large pour les crimes urgents tels que le vol et la violence. Il affirme ensuite la gravité éthique du témoignage : taire la vérité ou proférer le mensonge détruit le mérite et entraîne un péché sévère, et le roi peut contraindre à témoigner par des peines croissantes. Le chapitre énonce des principes pour lever le doute—préférer le grand nombre, les vertueux et les plus qualifiés—et traite les contradictions et le parjure par des châtiments gradués (dont l’exil pour certains). Il passe ensuite de la preuve orale à la preuve documentaire, décrivant la rédaction des actes de dettes et d’accords, leur attestation, leurs corrections, leur remplacement en cas de détérioration et leur validation par reçus. Enfin, Agni expose les divya-pramāṇa (ordalies) pour les accusations graves—balance, feu, eau, poison et koṣa—avec conditions de procédure, mantras et convenance selon le rang social et la capacité physique, puis conclut par des serments « légers » pour les doutes mineurs (devant les divinités, aux pieds du guru et par le mérite iṣṭa–pūrta).
Verse 1
इत्य् आग्नेये महापुराणे व्यवहारो नाम त्रिपञ्चाशदधिकद्विशततमो ऽध्यायः अथ चतुःपञ्चाशदधिकद्विशततमो ऽध्यायः दिव्यप्रमाणकथनं अग्निर् उवाच तपस्विनो दानशीलाः कुलीनाः सत्यवादिनः धर्मप्रधाना ऋजवः पुत्रवन्तो धनान्विताः
Ainsi, dans l’Agni Mahāpurāṇa, s’achève le chapitre deux cent cinquante-trois, intitulé « Vyavahāra » (Procédure juridique). Commence maintenant le chapitre deux cent cinquante-quatre : « Exposé des preuves divines (Divya-pramāṇa) ». Agni dit : « Sont dignes d’être tenus pour fiables les ascètes, ceux qui ont l’esprit de don, de bonne lignée, véridiques en parole, éminents dans le Dharma, droits, pourvus de fils et dotés de richesse ».
Verse 2
पञ्चयज्ञक्रियायुक्ताः साक्षिणः पञ्च वा त्रयः यथाजाति यथावर्ण सर्वे सर्वेषु वा स्मृताः
Les témoins doivent être des personnes engagées dans l’accomplissement des cinq devoirs sacrificiels (pañca-yajña) ; ils seront au nombre de cinq ou de trois. On les choisira selon la communauté (jāti) et l’ordre social (varṇa) ; ou bien, à défaut, des personnes qualifiées de tous les groupes peuvent être admises en toute affaire, ainsi qu’il est enseigné.
Verse 3
स्त्रीवृद्धबालकितवमत्तोन्मत्ताभिशस्तकाः रङ्गावतारिपाषण्डिकूटकृद्विकलेन्द्रियाः
Les femmes, les très âgés, les enfants, les joueurs, les ivrognes, les déments, ceux qui sont sous accusation ou blâme, les gens de scène, les sectaires hérétiques, les faussaires et ceux dont les facultés sont diminuées sont tenus pour inaptes (dans les affaires juridiques formelles telles que le témoignage).
Verse 4
पतिताप्तान्नसम्बन्धिसहायरिपुतस्कराः अमाक्षिणः सर्वसाक्षी चौर्यपारुष्यसाहसे
Les déchus (patita), les proches, ceux qui vivent de sa nourriture (dépendants), les parents, les alliés, les ennemis et les voleurs ne sont pas recevables comme témoins ; toutefois, dans les affaires de vol, d’agression/violence et d’outrage par la force, n’importe qui peut témoigner.
Verse 5
उभयानुमतः साक्षी भवत्येकोपि धर्मवित् अब्रुवन् हि नरः साक्ष्यमृणं सदशबन्धकम्
Même un seul témoin, agréé par les deux parties et connaissant le dharma/la loi, devient un témoin valable. Car l’homme qui retient son témoignage—bien qu’il sache—fait que (la faute de) ce témoignage devienne une dette, le liant sans cesse comme par dix entraves.
Verse 6
राज्ञा सर्वं प्रदाप्यः स्यात् षट्चत्वारिंशके ऽह्ननि न ददाति हि यः साक्ष्यं जानन्नपि नराधमः
Au quarante-sixième jour, le roi doit le faire tout perdre (par confiscation de tous ses biens). En vérité, cet homme le plus vil, bien qu’il sache (les faits), ne rend pas témoignage.
Verse 7
स कूटसाक्षिणां पापैस्तुल्यो दण्डेन चैव हि साक्षिणः श्रावयेद्वादिप्रतिवादिसमीपगान्
Il est en vérité égal aux faux témoins quant au péché et quant au châtiment ; c’est pourquoi l’on doit faire examiner (ou déposer) les témoins en présence du demandeur et du défendeur qui se tiennent à proximité.
Verse 8
ये पातककृतां लोका महापातकिनां तथा अग्निदानाञ्च ये लोका ये च स्त्रीबालघातिनां
Les mondes (sphères) qui reviennent aux pécheurs ordinaires, ainsi que ceux des grands pécheurs ; les mondes de ceux qui mettent le feu, et ceux des meurtriers de femmes et d’enfants — tout cela est (ici) exposé.
Verse 9
तान् सर्वान् समवाप्नोति यः साक्ष्यमनृतं वदेत् सुकृतं यत्त्वया किञ्चिज्जन्मान्तरशतैः कृतम्
Quiconque profère le mensonge en témoignage encourt tous ces (péchés et effets) ; et tout mérite que tu as amassé — fût-il minime — au cours de centaines de naissances, s’en trouve détruit ou perdu.
Verse 10
तत्सर्वं तस्य जानीहि यं पराजयसे मृषा द्वैधे बहूनां वचनं समेषु गुणिनान्तथा
Sache que tout cela appartient à celui que tu fais vaincre par le mensonge. En cas de doute, qu’on reçoive la parole du plus grand nombre ; de même, entre égaux, qu’on reçoive celle des vertueux.
Verse 11
गुणिद्वैधे तु वचनं ग्राह्यं ये गुणवत्तराः यस्योचुः साक्षिणः सत्यां प्रतिज्ञां स जयी भवेत्
Lorsqu’il y a doute quant à la crédibilité (aux qualités) des parties, il faut recevoir la parole de ceux qui possèdent des qualifications supérieures. Celui pour qui les témoins déclarent une affirmation (ou un engagement) véridique devient vainqueur dans le procès.
Verse 12
अन्यथा वादिनो यस्य ध्रूवस्तस्य पराजयः उक्ते ऽपि साक्षिभिः साक्ष्ये यद्यन्ये गुणवत्तराः
Si un plaideur soutient le contraire de ce qui est établi, sa défaite est certaine. Même si des témoins ont déjà déposé, si d’autres témoins sont supérieurs en fiabilité et en mérite, leur témoignage prévaut.
Verse 13
द्विगुणा वान्यथा ब्रूयुः कूटाः स्युःपूर्वसाक्षिणः पृथक् पृथग्दण्डनीयाः कूटकृत्साक्षिणस् तथा
Si les témoins antérieurs parlent autrement (en contredisant leur déposition précédente), ils doivent être tenus pour de faux témoins. Les faussaires du mensonge comme les témoins qui appuient cette fabrication doivent être punis séparément, chacun selon son acte.
Verse 14
विवादाद्द्विगुणं दण्डं विवास्यो ब्राह्मणः स्मृतः यः साक्ष्यं श्रावितो ऽन्येभ्यो निह्नुते तत्तमोवृतः
Pour le déni dans un litige, la peine est déclarée double; et un brāhmaṇa (qui commet une telle faute) doit être banni. Celui qui, après que d’autres ont entendu son témoignage, le renie ensuite, est dit enveloppé de ténèbres (tamas).
Verse 15
स दाप्यो ऽष्टगुणम् दण्डं ब्राह्मणन्तु विवासयेत् वर्णिनां हि बधो यत्र तत्र साक्ष्यअनृतं वदेत्
Il doit être contraint de payer une peine au décuple—huit fois; mais un Brāhmaṇa doit, à la place, être banni. Car là où l’exécution de membres des (trois) varṇa s’ensuivrait, là il convient d’énoncer une contre-vérité comme témoignage.
Verse 16
यः कश्चिदर्थो ऽभिमतः स्वरुच्या तु परस्परं लेख्यं तु साक्षिमत् कार्यं तस्मिन् धनिकपूर्वकम्
Toute transaction conclue d’un commun accord selon la volonté des parties doit être consignée dans un écrit, appuyé par des témoins, et rédigé en présence du créancier.
Verse 17
समामासतदर्हाहर् नामजातिस्वगोत्रजैः सब्रह्मचारिकात्मीयपितृनामादिचिह्नितम्
Il convient d’y indiquer l’année et le mois, ainsi que le jour approprié, et d’identifier la personne par son nom, sa caste (jāti) et son propre gotra; avec les (noms des) condisciples brahmacārins, ainsi que le nom de son père et d’autres signes d’identification.
Verse 18
समाप्ते ऽर्थे ऋणी नाम स्वहस्तेन निवेशयेत् मतं मे ऽमुकपुत्रस्य यदत्रोपरिलेखितं
Une fois l’affaire conclue, le débiteur doit, de sa propre main, inscrire son nom (en signe de reconnaissance), en déclarant : « Ceci est mon assentiment — de tel, fils de tel — tel que cela est écrit ci-dessus dans ce document. »
Verse 19
साक्षिणश् च स्वहस्तेन पितृनामकपूर्वकम् अत्राहममुकः साक्षी लिखेयुरिति ते समाः
Et les témoins doivent, de leur propre main, en faisant précéder leur nom de celui de leur père, écrire dans le document : « Ici, moi, tel, suis témoin » ; ainsi doivent être rédigées ces attestations.
Verse 20
अलिपिज्ञ ऋणी यः स्यालेकयेत् स्वमतन्तु सः साक्षी वा साक्षिणान्येन सर्वसाक्षिसमीपतः
Si le débiteur est illettré, sa déclaration doit être mise par écrit ; et lui (le débiteur) doit servir de témoin, ou bien un autre (compétent) le fera, en présence de tous les témoins.
Verse 21
उभयाभ्यर्थितेनैतन्मया ह्य् अमुकसूनुना लिखितं ह्य् अमुकेनेति लेखको ऽथान्ततो लिखेत्
Puis, à la fin, le scribe doit écrire : « Ceci a été écrit par moi — tel, fils de tel — à la demande des deux parties, (et) pour tel. »
Verse 22
विनापि साक्षिभिर् लेख्यं स्वहस्तलिखितञ्च यत् तत् प्रमाणं स्मृतं सर्वं बलोपधिकृतादृते
Un acte écrit—même sans témoins—et tout ce qui est rédigé de la propre main : tout cela est tenu pour preuve valable, sauf s’il a été obtenu par la force ou par fraude.
Verse 23
ऋणं लेख्यकृतं देयं पुरुषैस्त्रिभिरेव तु आधिस्तु भुज्यते तावद्यावत्तन्न प्रदीयते
La dette constatée par un acte écrit doit être acquittée selon ce qui y est établi, sur la confirmation (ou l’exécution) fondée sur le témoignage de trois personnes. Mais le bien donné en gage (ādhi) ne peut être joui par le créancier que tant que cette dette n’est pas remboursée.
Verse 24
देशान्तरस्थे दुर्लेख्ये नष्टोन्मृष्टे हृते तथा भिन्ने च्छिन्ने तथा दग्धे लेख्यमन्यत्तु कारयेत्
Lorsque l’acte écrit est conservé dans un autre pays, est difficile à lire, a été perdu, effacé, volé, déchiré, coupé ou brûlé, il convient d’en faire établir un autre en remplacement.
Verse 25
सन्दिग्धार्थविशुद्ध्यर्थं स्वहस्तलिखितन्तु यत् युक्तिप्राप्तिक्रियाचिह्नसम्बन्धागमहेतुभिः
Afin d’éclaircir un sens douteux, on doit s’appuyer sur ce qui est écrit de sa propre main et le déterminer par les fondements suivants : raisonnement, vérification établie, procédure pratique, signes d’identification, lien contextuel et tradition faisant autorité (āgama).
Verse 26
लेख्यस्य पृष्ठे ऽभिलिखेत् प्रविष्टमधमर्णिनः धनी चोपगतं दद्यात् स्वहस्तपरिचिह्नितम्
Au verso de l’acte écrit, on doit inscrire la mention (c’est-à-dire le paiement ou le règlement) faite par le débiteur ; et le créancier, après avoir reçu le paiement, doit délivrer un reçu marqué de sa propre main (signature ou marque).
Verse 27
दत्वर्णं पाटयेल्लेख्यं शुद्ध्यै चान्यत्तु कारयेत् साक्षिमच्च भवेद्यत्तु तद्दातव्यं ससाक्षिकं
Après avoir complété les lettres manquantes ou corrigées, on fera lire à haute voix l’acte écrit; et, pour la rectification, on fera établir un autre acte neuf. Et tout ce qui doit être appuyé par des témoins doit être accompli et remis avec témoins.
Verse 28
तुलाग्न्यापो विषं कोषो दिव्यानीह विशुद्धये महाभियोगेष्वेतानि शीर्षकस्थे ऽभियोक्तरि
Ici, pour établir la pureté (l’innocence), les épreuves divines sont : la balance (pesée), le feu, l’eau, le poison et l’épreuve du koṣa ; elles sont employées dans les accusations graves, lorsque l’accusateur est une personne de haut rang.
Verse 29
रुच्या वान्यतरः कुर्यादितरो वर्तयेच्छिरः विनापि शीर्षकात् कुर्यान्नृपद्रोहे ऽथ पातके
Selon son choix, l’un (le bourreau) peut accomplir l’acte tandis que l’autre détourne la tête ; ou bien, même sans billot de décapitation, cela doit être exécuté dans les cas de trahison envers le roi et dans d’autres fautes graves.
Verse 30
नासहस्राद्धरेत् फालं न तुलान्न विषन्तथा नृपार्थेष्वभियोगेषु वहेयुः शुचयः सदा
On ne doit accepter ni un soc de charrue fût-il d’une valeur de mille, ni une balance pour la pesée, ni de même du poison. Dans les accusations et litiges touchant aux intérêts du roi, les hommes purs doivent toujours porter leur devoir avec droiture.
Verse 31
सहस्रार्थे तुलादीनि कोषमल्पे ऽपि दापयेत् शतार्धं दापयेच्छुद्धमशुद्धो दण्डभाग् भवेत्
Dans une affaire d’une valeur de mille, on fera payer au fautif ce qui concerne la balance, les poids et autres, et l’on imposera l’épreuve/charge du koṣa même si elle est minime. Si la mesure ou la transaction est pure, on lui fera payer la moitié de cent ; mais si elle est impure (frauduleuse ou défectueuse), il devient passible de châtiment (amende pénale).
Verse 32
सचेलस्नातमाहूय सूर्योदय उपोषितम् कारयेत्दर्वदिव्यानि नृपब्राह्मणसन्निधौ
Après avoir fait venir la personne—baignée sans ôter ses vêtements et à jeun au lever du soleil—on doit lui faire subir les épreuves au darbha, en présence du roi et des brahmanes.
Verse 33
तुला स्त्रीबालवृद्धान्धपङ्गुब्राह्मणरोगिणां अग्निर्ज्वलं वा शूद्रस्य यवाः सप्त विषस्य वा
Pour les femmes, les enfants, les vieillards, les aveugles, les boiteux, les brahmanes et les malades, l’ordalie se fait par la balance (pesée). Pour un Śūdra, elle peut se faire par le feu flamboyant; ou bien, à titre d’alternative, par le poison—à la mesure de sept grains d’orge.
Verse 34
तुलाधारणविद्वद्भिरभियुक्तस्तुलाश्रितः प्रतिमानसमीभूतो रेखां कृत्वावतारितः
Ensuite, instruit par des experts versés dans le rite de la pesée, l’accusé monte sur la balance; après l’avoir rendu égal au poids étalon, on trace une marque (ligne), puis on le fait descendre.
Verse 35
आदित्यचन्द्रावनिलो ऽनलश् च द्यौर्भूमिरापोहृदयं यमश् च अहश् च रात्रिश् च उभे च सन्ध्ये धर्मश् च जानाति नरस्य वृत्तम्
Le Soleil et la Lune, le Vent et le Feu, le Ciel, la Terre, les Eaux, le propre Cœur et Yama; le Jour et la Nuit, les deux crépuscules (aube et soir), et le Dharma lui-même—tous connaissent la conduite de l’homme.
Verse 36
त्वं तुले सत्यधामासि पुरा देवैर् विनिर्मिता सत्यं वदस्व कल्याणि संशयान्मां विमोचय
Ô Balance, tu es le séjour de la vérité, façonnée jadis par les dieux. Ô bienheureuse, dis la vérité et délivre-moi de tout doute.
Verse 37
यद्यस्मि पापकृन्मातस्ततो मां त्वमधो नय शुद्धश्चेद्गमयोर्ध्वम्मां तुलामित्यभिमन्त्रयेत्
«Si je suis auteur de péché, ô Mère, conduis-moi vers le bas; mais si je suis pur, conduis-moi vers le haut»—ainsi doit-on réciter ce mantra lors du rite de la pesée (tulā).
Verse 38
करौ विमृदितव्रीहेर्लक्षयित्वा ततो न्यसेत् सप्ताश्वप्त्यस्य पत्राणि तावत् सूत्रेण वेष्टयेत्
Après avoir marqué les deux mains avec des grains de riz écrasés, on doit ensuite accomplir la pose rituelle (nyāsa). Puis l’on enveloppera de fil sept feuilles d’aśvaptī.
Verse 39
त्वमेव सर्वभूतानामन्तश् चरसि पावक साक्षिवत् पुण्यपापेभ्यो ब्रूहि सत्यङ्गरे मम
Toi seul, ô Pāvaka (Feu), circules au-dedans du cœur de tous les êtres tel un témoin. Au sujet du mérite et du péché, dis la vérité à mes propres membres, ô Braise (Agni).
Verse 40
तस्येत्युक्तवतो लौहं पञ्चाशत्पलिकं समम् अग्निर्वर्णं न्यसेत् पिण्डं हस्तयोरुभयोरपि
Pour celui qui a été ainsi instruit, on doit placer comme un bloc dans les deux mains une masse de fer uniforme de cinquante palas, de couleur de feu.
Verse 41
स तमादाय सप्तैव मण्डलानि शतैर् व्रजेत् षोडशाङ्गुलकं ज्ञेयं मण्डलं तावदन्तरम्
En prenant cette mesure pour base, on doit progresser par centaines jusqu’à sept maṇḍalas. Un maṇḍala doit être compris comme seize aṅgulas, et l’intervalle entre les maṇḍalas doit être de la même étendue.
Verse 42
मुक्त्वाग्निं मृदितव्रीहिरदग्धः शुद्धिमाप्नुयात् अन्तरा पतिते पिण्डे सन्देहे वा पुनर्हरेत्
If the fire has been set aside, the (rice-grain) offering—made from crushed rice and not scorched—brings about purification. But if the rice-ball (piṇḍa) falls in the middle (of the rite), or if there is any doubt (about its correctness), it should be taken/removed again and repeated.
Verse 43
पवित्राणां पवित्र त्वं शोध्यं शोधय पावन सत्येन माभिरक्षस्व वरुणेत्यभिशस्तकम्
O Varuṇa—purest among the pure—O purifier, purify what is to be purified. By truth, protect me; thus is the (mantra) called the Abhiśastaka.
Verse 44
नाभिदघ्नोदकस्थस्य गृहीत्वोरू जलं विशेत् समकालमिषुं मुक्तमानीयान्यो जवो नरः
Standing in water up to the navel, he should grasp his thighs and plunge into the water; another man—swift—should, in the same time, release an arrow and bring it back (retrieve it).
Verse 45
यदि तस्मिन्निमग्नाङ्गं पश्येच्च शुद्धिमाप्नुयात् त्वं विष ब्रह्मणः पुत्र सत्यधर्मे व्यवस्थित
If one sees a body (or limb) sunk in that (water), he would obtain purification. You, O Viṣa, son of Brahmā, are established in the dharma of truth.
Verse 46
त्रायस्वास्मादभीशापात् सत्येन भव मे ऽमृतम् एवमुक्त्वा विषं सार्ङ्गं भक्षयेद्धिमशैलजं
“Protect me from this dreadful curse; by the power of truth, become nectar (deathless) for me.” Having said thus, one should ingest the poison called Sārṅga, the kind that arises from the Himālaya.
Verse 47
यस्य वेगैर् विना जीर्णं शुद्धिं तस्य विनिर्दिशेत् देवानुग्रान् समभ्यर्च्य तत्स्नानोदकमाहरेत्
Pour celui dont la digestion s’est accomplie sans que les besoins naturels du corps aient été correctement évacués, on doit énoncer la purification prescrite. Après avoir honoré dûment les divinités dispensatrices de grâce, qu’on apporte l’eau employée pour ce bain purificatoire.
Verse 48
संश्राव्य पापयेत्तस्माज्जलात्तु प्रसृतित्रयम् आचतुर्दशमादह्नो यस्य नो राजदैविकम्
Après l’avoir fait entendre (c’est-à-dire proclamé ou confessé publiquement), il doit accomplir l’expiation ; aussi doit-il boire trois prasṛtis d’eau, jusqu’au quatorzième jour, lorsque la faute n’est ni royale (contre le roi/l’État) ni « divine » (sacrilège envers les dieux).
Verse 49
व्यसनं जायते घोरं स शुद्धः स्यादसंशयम् सत्यवाहनशस्त्राणि गोवीजकनकानि च
Si un malheur effroyable s’abat (sur l’accusé ou le participant), qu’on le tienne pour purifié, sans aucun doute. (Parmi les ordalies/objets employés figurent) le véhicule porteur de vérité et les armes, ainsi qu’une vache, des semences et de l’or.
Verse 50
देवतागुरुपादाश् च इष्टापूर्तकृतानि च इत्येते सुकराः प्रोक्ताः शपथाः स्वल्पसंशये
Jurer par les divinités, par les pieds de son guru, et par les actes d’iṣṭa et de pūrta accomplis — tels sont, dit-on, les serments les plus aisés, à employer lorsque le doute est faible.
Qualified witnesses are described as ascetic, charitable, well-born, truthful, dharma-oriented, straightforward, possessing sons, and financially established; additionally, they should be engaged in the pañca-yajña duties, typically in groups of three or five.
Women, the very old, children, gamblers, intoxicated or deranged persons, censured/accused persons, performers, sectarians, forgers, and impaired persons are listed as disqualified; however, in cases like theft, violence/assault, and forcible outrage, broader testimony is allowed.
Withholding known testimony is treated as a serious offense: the king may impose severe forfeiture, and the person is equated with false witnesses in sin and punishment.
In doubt, the statement of the many is preferred; among equals, the virtuous; and when credibility differs, the testimony of those with superior qualifications prevails—even over earlier testimony if later witnesses are more reliable.
The chapter prescribes written instruments marked with date and identity details (name, jāti/varṇa markers, gotra, father’s name), debtor acknowledgment in his own hand, witness attestations, scribe’s colophon, and validity of self-written documents—except those produced by force or fraud.
The ordeals are balance (tulā), fire (agni), water (āpaḥ), poison (viṣa), and koṣa; they are applied in grave accusations, particularly when the accuser is of high standing, with procedural constraints and suitability rules.