
प्रायश्चित्तानि (Expiations) — Association-Impurity, Purification Rites, and Graded Penance
Ce chapitre (Agni Purāṇa 170) systématise le prāyaścitta comme une « technologie du dharma » destinée à rétablir la pureté après une transgression, surtout lorsque le contact social et la participation rituelle transmettent la souillure. Puṣkara avertit qu’une fréquentation prolongée d’un patita (déchu du dharma) peut entraîner la chute en l’espace d’un an, tout en précisant que l’« association fautive » naît du service sacerdotal, de l’enseignement ou d’une relation sexuelle—et non du simple fait de partager un véhicule, un repas ou un siège. Le texte prescrit ensuite un protocole de purification : adopter la même observance que le déchu, accomplir des offrandes d’eau avec les parents sapinda, exécuter un geste rituel de type preta (renverser un pot d’eau), puis observer une discipline d’un jour et d’une nuit avec des relations sociales contrôlées. Le chapitre déroule enfin un catalogue gradué d’expiations—kṛcchra, tapta-kṛcchra, cāndrāyaṇa, parāka, śāntapana—associées à des impuretés précises (contact avec des caṇḍāla, ucchiṣṭa, cadavres, impureté menstruelle, dons impropres, professions interdites, manquements rituels). Il unit le repentir (anutāpa) au homa, au japa, au jeûne, au pañcagavya, aux bains et à la ré-initiation (restauration de l’upanayana/saṃskāra), afin de préserver l’ordre varṇāśrama et l’éligibilité rituelle.
Verse 1
इत्य् आग्नेये महापुराणे प्रायश्चित्तानि नाम एकोनसप्तत्यधिकशततमो ऽध्यायः अथ सप्तत्यधिकशततमो ऽध्यायः प्रायश्चित्तानि पुष्कर उवाच महापापानुयुक्तानां प्रायश्चित्तानि वच्मिते संवत्सरेण पतति पतितेन सहाचरन्
Ainsi, dans l’Agni Mahāpurāṇa s’achève le chapitre intitulé «Prāyaścitta (Expiations)», le cent soixante-neuvième. Commence maintenant le cent soixante-dixième chapitre : «Expiations». Puṣkara dit : «Je vais exposer les expiations pour ceux qui se livrent à de grands péchés. Celui qui fréquente un déchu (patita) devient déchu au bout d’un an par cette seule compagnie.»
Verse 2
याजनाद्ध्यापनाद्यौनान्न तु यानाशनासनात् यो येन पतितेनैषां संसर्गं याति मानवः
On contracte la faute de «fréquentation du déchu» en officiant à ses sacrifices, en lui enseignant, ou par union sexuelle avec lui—mais non par le seul fait de partager un véhicule, une nourriture ou un siège. Quel que soit le patita avec lequel on entre ainsi en relation, c’est par lui que l’on est dit entrer dans une telle association souillante.
Verse 3
स तस्यैव व्रतं कुर्यात्तत्संसर्गस्य शुद्धये पतितस्योदकं कार्यं सपिण्डैर् बान्धवैः सह
Il doit accomplir ce même vœu (vrata) afin de purifier la souillure née de son contact avec lui ; et le rite d’offrande d’eau (udaka) pour le «déchu» doit être accompli avec ses parents sapinda et les autres proches.
Verse 4
निन्दिते ऽहनि सायाह्णे ज्ञात्यृत्विग् गुरुसन्निधौ दासो घटमपां पूर्णं पर्यस्येत् प्रेतवत्पदा
Un jour tenu pour néfaste, vers la fin de l’après-midi, en présence des parents, des prêtres officiants (ṛtvij) et du précepteur (guru), un serviteur doit renverser du pied un pot rempli d’eau, selon la manière prescrite pour les rites concernant un preta (esprit du défunt).
Verse 5
अहोरात्रमुपासीतन्नशौचं बान्धवैः सह निवर्तयेरंस्तस्मात्तु ज्येष्ठांशम्भाषणादिके
Il doit observer la discipline rituelle pendant un jour et une nuit entiers ; alors cet état d’impureté (aśauca) cessera, avec les proches. C’est pourquoi, durant ce temps, il faut aussi éviter de parler aux aînés et toute interaction du même ordre.
Verse 6
ज्येष्ठांशम्प्राप्नुयाच्चास्य यवीयान् गुणतो ऽधिकः महापापोपपन्नानामिति ङ प्रायश्चित्तं वदामि त इति झ प्रेतवत् सदेति ख , ग , घ , ङ च प्रायश्चित्ते तु चरिते पूर्णं कुम्भमपां नवं
Dans ce cas, le cadet (frère ou parent) doit obtenir la part de l’aîné, étant supérieur en mérite (guṇa). Quant à ceux qui sont entachés de grands péchés—ainsi lisent les autorités—je vais énoncer l’expiation (prāyaścitta). (Certaines recensions lisent :) «qu’on le traite comme un preta (défunt/impur)», selon les leçons kha, ga, gha et ṅa. Lorsque l’expiation a été accomplie, on doit offrir un pot d’eau neuf et plein.
Verse 7
तेनैव सार्धं प्राश्येयुः स्नात्वा पुण्यजलाशये एवमेव विधिं कुर्युर्योषित्सु पपितास्वपि
Après s’être baignés dans un réservoir d’eau sacrée, ils doivent prendre la nourriture avec lui. De même, ce procédé prescrit doit être accompli aussi pour les femmes, même si elles sont en état de déchéance (pécheresses/exclues).
Verse 8
वस्त्रान्नपानन्देयन्तु वसेयुश् च गृहान्तिके तेषां द्विजानां सावित्री नानूद्येत यथाविधि
Ils doivent leur donner vêtements, nourriture et boisson, et les faire demeurer près de la maison. Pour ces dvija (les « deux-fois-nés »), la Sāvitrī (mantra Gāyatrī) ne doit pas être récitée de manière incorrecte, mais seulement selon la règle prescrite.
Verse 9
तांश्चारयित्वा त्रीन् कृछ्रान् यथाविध्युपनाययेत् विकर्मस्थाः परित्यक्तास्तेषां मप्येतदादिशेत्
Après leur avoir fait accomplir trois pénitences Kṛcchra selon la règle, on doit, conformément au rite, les faire réinitier par l’upanayana (restauration). Ceux qui sont tombés dans des actes interdits (vikarma) et ont été rejetés—cette même injonction doit aussi leur être prescrite.
Verse 10
जपित्वा त्रीणि सावित्र्याः सहस्त्राणि समाहितः मासङ्गोष्ठे पयः पीत्वा मुच्यते ऽसत्प्रतिग्रहात्
L’esprit concentré, après avoir récité en japa trois mille fois la Sāvitrī (mantra Gāyatrī), et après avoir bu du lait pendant un mois en compagnie des vaches (dans l’étable), on est délivré de la faute d’accepter des dons indus (asat-pratigraha).
Verse 11
ब्रात्यानां याजनं कृत्वा परेषामन्त्यकर्म च अभिचारमहीनानान्त्रिभिः कृच्छैर् व्यपोहति
Après avoir accompli le yājana (office sacerdotal) pour des brātya (exclus/irréguliers) et avoir célébré pour d’autres l’antya‑karman (rites funéraires), on efface le démérite issu de ces actes impropres en observant trois pénitences Kṛcchra.
Verse 12
शरणागतं परित्यज्य वेदं विप्लाव्य च द्विजः संवत्सं यताहारस्तत्पापमपसेधति
Un dvija (deux‑fois‑né) qui (i) abandonne celui qui a cherché refuge et (ii) viole ou profane le Veda, efface ce péché en vivant une année avec une nourriture strictement réglée (yatāhāra).
Verse 13
श्वशृगालखरैर् दष्टो ग्राम्यैः क्रव्याद्भिरेव च नरोष्ट्राश्वैर् वराहैश् च प्राणायामेन शुद्ध्यति
L’homme mordu par des chiens, des chacals ou des ânes—par des bêtes domestiques et aussi par des créatures carnivores—et encore par des hommes, des chameaux, des chevaux et des sangliers, se purifie par la pratique du prāṇāyāma (discipline du souffle).
Verse 14
स्नातकव्रतलोपे च कर्मत्यागे ह्य् अभोजनं हुङ्कारं ब्राह्मणस्योक्त्वा त्वङ्करञ्च गरीयसः
Si un snātaka enfreint les observances qui lui sont prescrites ou abandonne les rites obligatoires, il doit pratiquer l’abhojana (jeûne). Avoir proféré la syllabe « huṅ » à l’encontre d’un brāhmaṇa, et aussi l’expression plus grave « tvaṅ‑kara », est une faute requérant expiation.
Verse 15
स्नात्वानश्नन्नहःशेषमभिवाद्य प्रसादयेत् अवगूर्य चरेक्षच्छ्रमतिकृच्छ्रन्निपातने
Après s’être baigné et s’être abstenu de nourriture pour le reste du jour, il doit offrir l’abhivādya (salutation respectueuse) et solliciter le prasāda (faveur/grâce) des aînés ou des divinités. S’étant rincé et purifié (avagūrya), qu’il avance avec prudence ; en cas de chute, il y a fatigue et épreuve.
Verse 16
कृच्छ्रातिकृच्छ्रं कुर्वीत विप्रस्योत्पाद्य शोणितं न युज्येतेति ख कृच्छ्रैर् विशुद्ध्यति इति ग , घ , ङ च नरोष्टविड्वराहैश्चेति ङ क्रूङ्कारमिति ख , घ , छ च ओङ्कारमिति ग , ङ च हङ्कारञ्चेति ख चाण्डालादिरविज्ञातो यस्य तिष्ठेत वेश्मनि
Si l’on fait couler le sang d’un brāhmane, on doit entreprendre la pénitence «kṛcchrātikṛcchra», plus rigoureuse que le kṛcchra. (Certaines recensions ajoutent : « autrement, cela n’est pas permis/approprié » ; d’autres lisent : « on est purifié par les pénitences kṛcchra ».) (Une recensión mentionne encore des impuretés liées aux humains, aux chameaux, aux porcs et aux sangliers.) Quelques leçons manuscrites prescrivent des énoncés expiatoires tels que « krūṅ », « oṃ » et « haṃ ». Si un hors‑caste inconnu (tel un caṇḍāla) séjourne dans la maison de quelqu’un, une purification/pénitence doit être accomplie.
Verse 17
सम्यग् ज्ञातस्तु कालेन तस्य कुर्वीत शोधनं चान्द्रायणं पराकं वा द्विजानान्तु विशोधनं
Lorsque (la faute ou l’impureté) est correctement établie avec son moment (et ses circonstances), on doit accomplir sa purification : soit la pénitence Cāndrāyaṇa, soit la pénitence Parāka ; tel est le moyen de purification des « deux‑fois‑nés » (dvija).
Verse 18
प्राजापत्यन्तु शूद्राणां शेषन्तदनुसारतः गुंडङ्कुसुम्भं लवणं तथा धान्यानि यानि च
Pour les Śūdra, le (mode de subsistance) est du type prājāpatya ; le reste doit être suivi conformément à cela. (Ils peuvent faire commerce de) guṇḍa, carthame (safflower), sel, ainsi que des grains disponibles.
Verse 19
कृत्वा गृहे ततो द्वारि तेषान्दद्याद्धुताशनं मृणमयानान्तु भाण्डानां त्याग एव विधीयते
Après avoir accompli (le rite) dans la maison, puis au seuil, on doit offrir ces choses (restes/objets utilisés) au Feu, Hutāśana. Quant aux récipients en terre cuite, seul leur abandon est prescrit.
Verse 20
द्रव्याणां परिशेषाणां द्रव्यशुद्धिर्विधीयते कूपैकपानसक्ता ये स्पर्शात्सङ्कल्पदूषिताः
Pour les restes des substances, une purification propre à la substance est prescrite—en particulier pour ceux qui s’attachent à ne boire que d’un seul puits et qui sont souillés par le contact en raison d’une intention (impure) formée en l’esprit.
Verse 21
शुद्ध्येयुरुपवासेन पञ्चगव्येन वाप्यथ यस्तु संस्पृश्य चण्डालमश्नीयाच्च स्वकामतः
On doit se purifier par le jeûne, ou bien en prenant le pañcagavya. Mais celui qui, après avoir touché un caṇḍāla, mange intentionnellement, contracte une impureté requérant expiation.
Verse 22
द्विजश्चान्द्रायणं कुर्यात्तप्तकृच्छ्रमथापि वा भाण्डसङ्कलसङ्कीर्णश्चाण्डालादिजुगुप्सितैः
Si un dvija (deux-fois-né) est souillé par le contact d’objets tels que récipients et entraves liés à des exclus comme le caṇḍāla et à d’autres personnes blâmables, qu’il accomplisse la pénitence Cāndrāyaṇa, ou bien, à défaut, le Tapta-Kṛcchra.
Verse 23
भुक्त्वापीत्वा तथा तेषां षड्रात्रेण विशुद्ध्यति अन्त्यानां भुक्तशेषन्तु भक्षयित्वा द्विजातयः
Après avoir mangé ou bu ce qui leur est associé, on se purifie au bout de six nuits. Mais si des dvija consomment les restes déjà mangés par les antya (ceux de la dernière condition), la transgression est plus grave et requiert la purification prescrite.
Verse 24
व्रतं चान्द्रायणं कुर्युस्त्रिरात्रं शूद्र एव तु चण्डालकूपभाण्डेषु अज्ञानात्पिवते जलं
Si un Śūdra, par ignorance, boit de l’eau d’un puits d’un caṇḍāla ou de récipients appartenant à un caṇḍāla, qu’il entreprenne le vœu de Cāndrāyaṇa; ou, à défaut, une observance de trois nuits.
Verse 25
द्विजः शान्तपनं कुर्याच्छूद्रश्चोपवसेद्दिनं चण्डालेन तु संस्पृष्टो यस्त्वपः पिवते द्विजः
Un dvija doit accomplir l’expiation Śāntapana, et un Śūdra doit jeûner un jour. Mais le dvija qui, après avoir été touché par un caṇḍāla, boit de l’eau, est tenu d’accomplir l’expiation prescrite.
Verse 26
त्रिरात्रन्तेन कर्तव्यं शूद्रश्चोपवसेद्दिनं उच्छिष्टेन यदि स्पृष्टः शुना शूद्रेण वा द्विजः
Si un dvija (deux fois né) est touché par des restes (ucchiṣṭa), ou par un chien, ou par un Śūdra, qu’il observe une expiation de trois nuits; et que le Śūdra jeûne un jour.
Verse 27
स्पर्शसङ्कल्पभूषिता इति झ संसृष्ट इति क यदेति ख , ग , घ , ङ , छ च उपोष्य रजनीमेकां पञ्चगव्येन शुद्ध्यति वैश्येन क्षत्रियेणैव स्नानं नक्तं समाचरेत्
« Orné par l’intention au moment du contact » (jha) ; « mêlé/contaminé » (ka) ; et « lorsque/si tel est le cas » (kha, ga, gha, ṅa, cha aussi). Après avoir jeûné une seule nuit, on se purifie en prenant le pañcagavya. Le Vaiśya, et de même le Kṣatriya, doivent accomplir selon la règle le bain nocturne (bain du soir comme observance).
Verse 28
अध्वानं प्रस्थितो विप्रः कान्तारे यद्यनूदके पक्वान्नेन गृहीतेन मूत्रोच्चारङ्करोति वै
Lorsqu’un brāhmaṇa est parti en voyage, s’il se trouve dans une contrée sauvage sans eau, qu’il accomplisse la miction en utilisant la nourriture cuite qu’il a emportée.
Verse 29
अनिधायैव तद्द्रव्यं अङ्गे कृत्वा तु संस्थितं शौचं कृत्वान्नमभ्युक्ष्य अर्कस्याग्नेयश् च दर्शयेत्
Sans déposer cette substance, en la gardant sur son corps et en demeurant stable, il doit accomplir la purification (śauca) ; puis, après avoir aspergé la nourriture (en guise d’offrande), il doit la présenter à Sūrya (Arka) et à Agni dans la direction agneya (celle du feu).
Verse 30
म्लेच्छैर् गतानां चौरैर् वा कान्तारे वा प्रवासिनां भक्ष्याभक्ष्यविशुद्ध्यर्थं तेषां वक्ष्यामिनिष्कृतिं
Pour ceux qui ont fréquenté des mlecchas (étrangers), ou des voleurs, ou qui ont vécu en voyageurs dans une contrée sauvage, afin de se purifier quant à ce qu’il est permis ou interdit de manger, j’énoncerai leur niṣkṛti, le rite expiatoire.
Verse 31
पुनः प्राप्य स्वदेशञ्च वर्णानामनुपूर्वशः कृच्छ्रस्यान्ते ब्राह्मणस्तु पुनः संस्कारमर्हति
Après être revenu dans son propre pays et avoir été rétabli, selon l’ordre prescrit, parmi les varṇa, à l’achèvement de l’expiation dite Kṛcchra, le brāhmane est de nouveau habilité à recevoir le rite purificatoire (saṃskāra).
Verse 32
पादोनान्ते क्षत्रियश् च अर्धान्ते वैश्य एव च पादं कृत्वा तथा शूद्रो दानं दत्वा विशुद्ध्यति
Lorsqu’il ne reste qu’un quart (de l’expiation prescrite), le kṣatriya est purifié ; lorsqu’il en reste la moitié, le vaiśya est purifié ; de même, le śūdra, n’ayant accompli qu’un quart puis ayant fait un don (dāna), devient purifié.
Verse 33
उदक्या तु सवर्णा या स्पृष्टा चेत् स्यादुदक्यया तस्मिन्नेवाहनि स्नाता शुद्धिमाप्नोत्यसंशयं
Si une femme de la même varṇa, alors qu’elle est en période menstruelle (udakyā), est touchée par une autre femme menstruée, alors—s’étant baignée ce jour-là même—elle obtient sans aucun doute la purification.
Verse 34
रजस्वला तु नाश्नीयात् संस्पृष्टा हीनवर्णया यावन्न शुद्धिमाप्नोति शुद्धस्नानेन शुद्ध्यति
Une femme en période menstruelle ne doit pas manger en cet état. Si elle a été touchée par une femme d’une varṇa inférieure, elle doit s’abstenir jusqu’à obtenir la purification ; elle est purifiée par un bain rituel accompli selon la règle.
Verse 35
मूत्रं कृत्वा व्रजन्वर्त्म स्मृतिभ्रंशाज्जलं पिवेत् अहोरात्रोषितो भूत्वा पञ्चगव्येन शुद्ध्यति
Si, après avoir uriné en chemin, une personne, par défaillance de vigilance, boit de l’eau (sans l’attention requise), alors, après être demeurée (en état d’expiation) un jour et une nuit, elle est purifiée par la prise ou l’usage du pañcagavya.
Verse 36
मूत्रोच्चारं द्विजः कृत्वा अकृत्वा शौचमात्मनः मोहाद्भुक्त्वा त्रिरात्रन्तु यवान् पीत्वा विशुद्ध्यति
Si un dvija (deux-fois-né), après avoir uriné, mange par égarement sans accomplir le śauca (purification personnelle), alors, en buvant une préparation d’eau d’orge (yava) durant trois nuits, il est purifié.
Verse 37
ये प्रत्यवसिता विप्राः प्रव्रज्यादिबलात्तथा भक्ष्यभोज्यविशुद्ध्यर्थमिति झ लोभाद्भुक्त्वेति ख , ग , घ , ङ , छ च अनाशकनिवृताश् च तेषां शुद्धिः प्रचक्ष्यते
Pour les brāhmanes qui ont entrepris une observance déterminée, et de même pour ceux que des circonstances telles que la vie d’errance/renoncement (pravrajyā) contraignent; et (pour ceux qui ont mangé) en pensant : « ceci est pour purifier ce qui est mangeable et buvable »; ainsi que (pour ceux qui ont mangé) par avidité; et encore pour ceux qui ont cessé le jeûne (l’ayant rompu) — leur purification (l’expiation prescrite) est maintenant exposée.
Verse 38
चारयेत्त्रीणि कृच्छ्राणि चान्द्रायणमथापि वा जातकर्मादिसंस्कारैः संस्कुर्यात्तं तथा पुनः
Il doit accomplir trois pénitences Kṛcchra, ou bien observer le vœu Cāndrāyaṇa; puis, de nouveau, il faut lui conférer selon la règle les saṃskāra (sacrements du cycle de vie) à commencer par le Jātakarman.
Verse 39
उपानहममेध्यं च यस्य संस्पृशते मुखं मृत्तिकागोमयौ तत्र पञ्चगव्यञ्च शोधनं
Si une sandale (upānaha) ou quelque substance impure touche la bouche, la purification doit s’y faire avec de l’argile et de la bouse de vache, et aussi par l’usage ou la prise de pañcagavya (les cinq produits de la vache).
Verse 40
वापनं विक्रयञ्चैव नीलवस्त्रादिधारणं तपनीयं हि विप्रस्य त्रिभिः कृछ्रैर् विशुद्ध्यति
Le rasage (pour des raisons impropres), le commerce (comme profession) et le port de vêtements bleus et autres semblables—tout cela est en vérité inconvenant pour un brāhmane; il s’en purifie en accomplissant trois pénitences Kṛcchra.
Verse 41
अन्त्यजातिश्वपाकेन संस्पृष्टा स्त्री रजस्वला चतुर्थे ऽहनि शुद्धा सा त्रिरात्रं तत्र आचरेत्
Une femme en période de menstruation, si elle est touchée ou souillée par une personne de la caste la plus basse (caṇḍāla/hors varṇa), est purifiée le quatrième jour ; ensuite, elle doit y observer la conduite prescrite (retenue et observance) durant trois nuits.
Verse 42
चाण्डालश्वपचौ स्पृष्ट्वा तथा पूयञ्च सूतिकां शवं तत्स्पर्शिनं स्पृष्ट्वा सद्यः स्नानेन शुद्ध्यति
Celui qui a touché un caṇḍāla ou un cuiseur de chiens, de même que du pus, une femme en impureté post-partum (sūtikā), un cadavre, ou quelqu’un ayant touché un cadavre, est purifié aussitôt par le bain.
Verse 43
नारं स्पृष्ट्वास्थि सस्नेहं स्नात्वा विप्रो विशुद्ध्यति रथ्यार्कद्दमतोयेन अधीनाभेर्मृदोदकैः
Si un brāhmaṇa touche un cadavre humain ou un os portant encore graisse ou restes de chair, il est purifié par le bain—qu’il use d’eau de la rue, d’eau tiédie par le soleil, d’eau boueuse ou d’eau prise au-dessous du nombril.
Verse 44
वान्तो विविक्तः स्नात्वा तु घृतं प्राश्य विशुद्ध्यति स्नानात् क्षुरकर्मकर्ता कृच्छ्रकृद्ग्रहणे ऽन्नभुक्
Celui qui a vomi doit demeurer à l’écart ; après le bain, il est purifié en prenant (en sirotant ou mangeant) du ghṛta, le ghee. Après le bain, celui qui accomplit la tonsure est purifié ; et lorsqu’on entreprend la pénitence Kṛcchra, on doit prendre la nourriture selon la règle de cette observance.
Verse 45
अपाङ्क्तेयाशी गव्याशी शुना दष्टस् तथा शुचिः कृमिदष्टश्चात्मघाती कृच्छ्राज्जप्याच्च होमतः
Celui qui a mangé ce qui le rend indigne de s’asseoir dans la rangée du repas rituel, celui qui a mangé du bœuf, celui qui a été mordu par un chien, et de même celui qui est atteint d’impureté ; celui qui a été mordu par des vers ou des insectes ; et même celui qui s’est donné la mort—tous sont purifiés par la pénitence Kṛcchra, par le japa prescrit et par le homa (offrande au feu).
Verse 46
होमाद्यैश्चानुतापेन पूयन्ते पापिनो ऽखिलाः
Par les rites commençant par le homa (offrande au feu) et aussi par un repentir venu du cœur, tous les pécheurs sont purifiés.
Officiating at their sacrifices (yājana), teaching them (adhyāpana), or sexual relations; not merely sharing conveyance, food, or a seat.
By prescribing graded penances (kṛcchra, cāndrāyaṇa, parāka, etc.), supported by bathing, pañcagavya, japa/homa, and—where required—formal restoration via upanayana and renewed saṃskāras.
The chapter explicitly states that sinners are purified not only by rites such as homa but also by heartfelt repentance, treating inner contrition as a necessary companion to external expiation.