
गङ्गामाहात्म्यं (The Greatness of the Gaṅgā)
Poursuivant le courant du Tīrtha-māhātmya, le Seigneur Agni passe de la grandeur générale du pèlerinage à une exposition centrée sur la Gaṅgā, purificatrice suprême de la géographie sacrée. Le chapitre affirme que les terres traversées par la Gaṅgā deviennent saintes par nature, faisant de la géographie elle-même un véhicule du dharma. Agni place la Gaṅgā comme la ‘gati’ (refuge/voie) décisive pour les êtres en quête de la plus haute destinée, et souligne qu’un culte soutenu élève à la fois les lignées—ancêtres et descendants. Des actes simples de dévotion-rituel—la voir, la toucher, boire son eau, réciter ses louanges—sont exaltés comme hautement fructueux, surpassant même de longues pénitences; un mois de dévotion au bord du fleuve est tenu pour équivalent au fruit de tous les sacrifices. La dimension funéraire est mise en relief: des restes osseux déposés dans la Gaṅgā assurent une demeure céleste tant qu’ils y demeurent. Le chapitre s’achève sur une note d’universalité de la grâce: même les empêchés, tels les aveugles, obtiennent un statut quasi divin par le Gaṅgā-tīrtha, faisant du fleuve une voie ouverte vers bhukti et mukti.
Verse 1
इत्य् आग्नेये महापुराणे तीर्थयात्रा माहात्म्यं नाम नवाधिकशततमो ऽध्यायः अथ दशाधिकशततमो ऽध्यायः गङामाहात्म्यं अग्निर् उवाच गङामाहात्म्यमाख्यास्ये सेव्या सा भुक्तिमुक्तिदा येषां मध्ये याति गङ्गा ते देशा पावना वराः
Ainsi, dans l’Agni Mahāpurāṇa s’achève le cent-neuvième chapitre, intitulé « La grandeur du pèlerinage aux tīrtha ». Commence maintenant le cent-dixième chapitre, « La grandeur de la Gaṅgā ». Agni dit : « Je vais exposer la grandeur de la Gaṅgā. Elle doit être révérée ; elle accorde à la fois la jouissance mondaine et la délivrance. Les contrées au milieu desquelles coule la Gaṅgā sont excellentes et purifiantes ».
Verse 2
ह अग्निर् उवाच माहात्म्यं सर्वतीर्थानामित्यादिः, नैमिषं परमन्तीर्थं भुक्तिमुक्तिप्रदायकं इत्य् आग्नेये महापुराणे तीर्थयात्रामाहात्म्यमित्यन्तः पाठो झ पुस्तके नास्ति गतिर्गङ्गा तु भूतानां गतिमन्वेषतांअप्_११०००२अब् सदा गङ्गा तारयते चोभौ वंशौ नित्यं हि सेविता
Agni déclara : «(Ici commence) l’exposé de la gloire de tous les gués sacrés (tīrtha), etc.—“Naimiṣa est le tīrtha suprême, dispensateur à la fois de jouissance mondaine et de libération (mokṣa).”» (Dans l’Agni Mahāpurāṇa, la leçon finale se terminant par “tīrtha-yātrā-māhātmyam” ne se trouve pas dans le manuscrit ‘Jha’.) Pour les êtres qui recherchent la gati la plus haute, la Gaṅgā est véritablement refuge et voie. Toujours honorée, la Gaṅgā délivre sans cesse les deux lignées (ancêtres et descendants).
Verse 3
चान्द्रायणसहस्राच्च गङ्गाम्भःपानमुत्तमं गङां मासन्तु संसेव्य सर्वयज्ञफलं लभेत्
Plus que mille pénitences de Cāndrāyaṇa, boire l’eau de la Gaṅgā est suprême. Celui qui, avec dévotion, se met au service de la Gaṅgā durant un mois entier obtient le fruit de tous les sacrifices (yajña).
Verse 4
सकलाघहरी देवी स्वर्गलोकप्रदायिनी यावदस्थि च गङ्गायां तावत् स्वर्गे स तिष्ठति
La Déesse Gaṅgā efface tous les péchés et accorde le monde céleste. Aussi longtemps que les restes osseux d’un homme demeurent dans la Gaṅgā, aussi longtemps il séjourne au ciel.
Verse 5
अन्धादयस्तु तां सेव्य देवैर् गच्छन्ति तुल्यतां गङ्गातीर्थसमुद्भूतमृद्धारी सो ऽघहार्कवत्
Même les aveugles et d’autres, en se rendant au Gaṅgā-tīrtha, honoré jusque par les dieux, parviennent à l’égalité avec eux. Ce qui procède du gué sacré de la Gaṅgā confère prospérité et ôte le péché, tel le Soleil (qui dissipe les ténèbres).
Verse 6
दर्शनात् स्पर्शनात् पानात्तथा गङ्गेतिकीर्तनात् पुनाति पुण्यपुरुषान् शतशीथ सहस्रशः
Par le seul fait de la voir, de la toucher, d’en boire l’eau, et de chanter ou réciter les louanges de la Gaṅgā, elle purifie les hommes vertueux—par centaines et par milliers, encore et encore.
Darśana (seeing), sparśana (touching), pāna (drinking), and kīrtana (reciting/singing her praises) are explicitly listed as purifying acts.
It presents the Gaṅgā as both bhukti-mukti-dā (bestower of worldly enjoyment and liberation), where accessible devotional actions yield both material auspiciousness and ultimate spiritual release.
It states that the Gaṅgā, when continually worshipped, delivers both lines of ancestry—forefathers and descendants—highlighting intergenerational merit.
Yes. It notes that a concluding reading ending with “tīrtha-yātrā-māhātmyam” is not found in the ‘Jha’ manuscript, indicating a textual variant.