
Chapter 12 — श्रीहरिवंशवर्णनं (Śrī-Harivaṃśa-varṇana) | The Description of the Sacred Harivaṃśa
Agni expose la généalogie du Harivaṃśa à partir du lotus du nombril de Viṣṇu (Brahmā → Atri → Soma → Purūravas → Āyu → Nahuṣa → Yayāti), puis les lignées ramifiées qui aboutissent aux Yādava, avec Vasudeva comme le plus éminent. Le chapitre résume ensuite, de façon structurée, la līlā de l’avatāra de Kṛṣṇa : transfert d’embryons (dont Balarāma), manifestation à minuit, échange avec Yaśodā et violences de Kaṁsa. La Devī née du ciel prophétise la perte de Kaṁsa, est louée par des épithètes de Durgā, et une formule de mérite liée à la récitation aux trois sandhyā est donnée. Viennent les exploits de Vraja—Pūtanā, Yamala-Arjuna, Śakaṭa, Kāliya, Dhenuka, Keśin, Ariṣṭa et l’épisode de Govardhana—puis l’arc de Mathurā : Kuvalayāpīḍa, Cāṇūra–Muṣṭika et la mort de Kaṁsa. Le récit s’étend au siège de Jarāsandha, à la fondation de Dvārakā, à la défaite de Narakāsura, au retour du Pārijāta, et à l’épisode Pradyumna–Aniruddha–Uṣā, culminant dans le conflit Hari–Śaṅkara et la doctrine de la non-différence (abheda). Le chapitre se clôt sur la multiplication des Yādava et la promesse que la lecture du Harivaṃśa accomplit les buts désirés et mène à Hari.
Verse 1
इत्य् आदिमहापुराणे आग्नेये रामायणे उत्तरकाण्डवर्णनं नाम एकादशो ऽध्यायः अथ द्वादशो ऽध्यायः श्रीहरिवंशवर्णनं अग्निर् उवाच हरिवंशम्प्रवक्ष्यामि विष्णुनाभ्यम्बुजादजः ब्रह्मणोत्रिस्ततः सोमः सोमाज्जातः पुरूरवाः
Ainsi, dans l’Agni Purāṇa—au sein de l’Āgneya Rāmāyaṇa—le onzième chapitre est intitulé « Description de l’Uttara-kāṇḍa ». Commence maintenant le douzième chapitre, « Description du saint Harivaṃśa ». Agni dit : « J’exposerai la lignée de Hari. Du lotus né du nombril de Viṣṇu naquit l’Inengendré (Brahmā). De Brahmā vint Atri ; de lui, Soma ; et de Soma naquit Purūravas. »
Verse 2
तस्मादायुरभूत्तस्मान् नहुषो ऽतो ययातिकः यदुञ्च तुर्वसुन्तस्माद् देवयानी व्यजायत
De lui naquit Āyu ; de celui-ci, Nahuṣa ; de celui-ci, Yayāti. De Yayāti naquirent Yadu et Turvasu ; et de Yayāti naquit aussi Devayānī.
Verse 3
द्रुह्यं चानुं च पूरुं च शर्मिष्ठा वार्षपर्वणी यदोः कुले यादवाश् च वसुदेवस्तदुत्तमः
D’elle naquirent Druhyu, Anu et Puru. Śarmiṣṭhā, fille de Vṛṣaparvan, enfanta elle aussi une descendance ; et dans la lignée de Yadu apparurent les Yādava—parmi eux, Vasudeva fut le plus éminent.
Verse 4
भुवो भारावतारार्थं देवक्यां वसुदेवतः हिरण्यकशिपोः पुत्राः षड्गर्भा योगनिद्रया
Afin de descendre pour alléger le fardeau de la Terre, les six embryons—fils de Hiraṇyakaśipu—furent (placés) en Devakī par l’entremise de Vasudeva, grâce à Yog-nidrā, la puissance divine du sommeil mystique.
Verse 5
विष्णुप्रयुक्तया नीता देवकीजठरं पुरा अभूच्च सप्तमो गर्भो देवक्या जठराद् बलः
Autrefois, sous l’impulsion de Viṣṇu, l’embryon fut conduit dans le sein de Devakī ; et ce septième fœtus devint Bala (Balarāma), après avoir été transféré hors du ventre de Devakī.
Verse 6
सङ्क्रामितो ऽभूद्रोहिण्यां रौहिणेयस्ततो हरिः कृष्णाष्टम्याञ्च नभसि अर्धरात्रे चतुर्भुजः
Puis Hari fut transféré dans le sein de Rohiṇī, et ainsi (naquit comme) Rauhiṇeya. Et, au Kṛṣṇāṣṭamī, le huitième jour lunaire de la quinzaine sombre du mois de Nabhas (Bhādrapada), à minuit, Il se manifesta avec quatre bras.
Verse 7
देवक्या वसुदेवेन स्तुतो बालो द्विबाहुकः वसुदेवः कंसभयाद् यशोदाशयने ऽनयत्
L’enfant aux deux bras—loué par Devakī et Vasudeva—fut, par crainte de Kaṁsa, porté par Vasudeva et déposé sur la couche de Yaśodā.
Verse 8
यशोदाबालिकां गृह्य देवकीशयने ऽनयत् कंसो बालध्वनिं श्रुत्वा ताञ्चिक्षेप शिलातले
Prenant la petite fille de Yaśodā, il la porta sur la couche de Devakī. Kaṁsa, entendant la voix d’un enfant, la saisit et la jeta sur une dalle de pierre.
Verse 9
वारितोपि स देवक्या मृत्युर्गर्भोष्टमो मम श्रुत्वाशरीरिणीं वाचं मत्तो गर्भास्तु मारिताः
Bien que Devakī tentât de l’en empêcher, lui (Kaṁsa), pensant : «Ma mort est le huitième fœtus de Devakī», et après avoir entendu la voix sans corps, tua les fœtus issus d’elle.
Verse 10
समर्पितास्तु देवक्या विवाहसमयेरिताः सा क्षिप्ता बालिका कंसम् आकाशस्थाब्रवीदिदम्
Mais les enfants, remis par Devakī au moment de ses noces comme il l’avait exigé, furent précipités par Kaṁsa ; alors une fillette, demeurant dans le ciel, prononça ces paroles.
Verse 11
किं मया क्षिप्तया कंस जातो यस्त्वां बधिष्यति विष्णुनाभ्यब्जादज इति ख, चिह्नितपुस्तकपाठः सर्वस्वभूतो देवानां भूभारहरणाय सः
«Qu’a-t-on obtenu en me précipitant, ô Kaṁsa ? Car de moi est né celui qui te tuera.» (Ainsi lit une variante manuscrite marquée : «aja, né du lotus du nombril de Viṣṇu».) Lui—l’essence même des dieux—est venu pour ôter le fardeau de la terre.
Verse 12
इत्युक्त्वा सा च शुम्भादीन् हत्वेन्द्रेण च संस्तुता आर्या दुर्गा वेदगर्भा अम्बिका भद्रकाल्यपि
Après avoir ainsi parlé, elle tua Śumbha et les autres ; et Indra la loua—elle qui est la Dame Noble, Durgā, le Sein/l’Essence des Veda, Ambikā, et aussi Bhadrakālī.
Verse 13
भद्रा क्षेम्या क्षेमकरी नैकबाहुर् नमामि ताम् त्रिसन्ध्यं यः पठेन्नाम सर्वान् कामानवाप्नुयात्
Je me prosterne devant elle—Bhadrā (l’Auspicious), Kṣemyā (Dispensatrice de sûreté), Kṣemakarī (Artisane du bien-être) et Naikabāhuḥ (aux nombreux bras). Quiconque récite ces noms aux trois jonctions du jour obtient tous les buts désirés.
Verse 14
कंसो ऽपि पूतनादींश् च प्रेषयद्बालनाशने यशोदापतिनन्दाय वसुदेवेन चार्पितौ
Kaṁsa aussi dépêcha Pūtanā et d’autres afin de détruire l’enfant ; et les deux enfants avaient été confiés par Vasudeva à Nanda, l’époux de Yaśodā.
Verse 15
रक्षणाय च कंसादेर् भीतेनैव हि गोकुले रामकृष्णौ चेरतुस्तौ गोभिर्गोपालकैः सह
Et certes, pour leur protection—craignant Kaṁsa et ses semblables—les deux, Rāma et Kṛṣṇa, demeurèrent à Gokula avec les vaches et les jeunes gardiens de troupeaux.
Verse 16
सर्वस्य जगतः पालौ गोपालौ तौ बभूवतुः कृष्णश्चोलूखले बद्धो दाम्ना व्यग्रयशोदया
Bien qu’ils fussent les protecteurs de l’univers entier, tous deux devinrent de simples gardiens de vaches; et Kṛṣṇa—lié à un mortier par une corde, par Yaśodā, affairée et inquiète—demeura ainsi attaché.
Verse 17
यमलार्जुनमध्ये ऽगाद् भग्नौ च यमलार्जुनौ परिवृत्तश् च शकटः पादक्षेपात् स्तनार्थिना
L’enfant en quête de lait se glissa entre les deux arjunas jumeaux et donna un coup de pied; alors les arjunas jumeaux se brisèrent et le chariot se renversa.
Verse 18
पूतना स्तनपानेन सा हता हन्तुमुद्यता वृन्दावनगतः कृष्णः कालियं यमुनाह्रदात्
Pūtanā—venue avec l’intention de le tuer—fut mise à mort par (Kṛṣṇa) lorsqu’il tétait son sein; et Kṛṣṇa, parvenu à Vṛndāvana, tira Kāliya du bassin de la Yamunā et le soumit.
Verse 19
जित्वा निःसार्य चाब्धिस्थञ् चकार बलसंस्तुतः क्षेमं तालवनं चक्रे हत्वा धेनुकगर्दभं
Après avoir vaincu et chassé ceux qui demeuraient dans les eaux, et loué par Balarāma, il rendit sûr le bois de Tālavana en tuant le démon-âne Dhenuka.
Verse 20
अरिष्टवृषभं हत्वा केशिनं हयरूपिणम् शक्रोत्सवं परित्यज्य कारितो गोत्रयज्ञकः
Après avoir terrassé Ariṣṭa, le démon-taureau, et Keśin, qui avait pris la forme d’un cheval, et après avoir mis de côté la fête de Śakra (Indra), il fit accomplir le « sacrifice de gotra », rite d’adoration de Govardhana et du clan ancestral.
Verse 21
पर्वतं धारयित्वा च शक्राद्वृष्टिर् निवारिता नमस्कृतो महेन्द्रेण गोविन्दो ऽथार्जुनोर्पितः
Ayant tenu la montagne élevée, il arrêta la pluie envoyée par Śakra (Indra) ; alors Mahendra s’inclina devant Govinda, puis Arjuna lui fut présenté en offrande.
Verse 22
इन्द्रोत्सवस्तु तुष्टेन भूयः कृष्णेन कारितः रथस्थो मथुराञ्चागात् कंसोक्ताक्रूरसंस्तुतः
Mais Kṛṣṇa, satisfait, fit de nouveau célébrer l’Indra-utsava ; puis, monté sur un char, il se rendit à Mathurā sur l’ordre de Kaṁsa, accompagné d’Akrūra qui le louait.
Verse 23
गोपीभिरनुरक्ताभिः क्रीडिताभिर् निरीक्षितः रजकं चाप्रयच्छन्तं हत्वा वस्त्राणि चाग्रहीत्
Sous le regard des gopī, attachées à lui et jouant, il tua le blanchisseur qui refusait de donner les vêtements, puis s’empara des étoffes.
Verse 24
सह रामेण मालाभृन् मालाकारे वरन्ददौ दत्तानुलेपनां कुब्जाम् ऋजुं चक्रे ऽहनद् गजं
Avec Rāma, le porteur de guirlandes accorda des grâces au fabricant de guirlandes. Il redressa aussi Kubjā, qui lui avait offert un onguent, et il abattit un éléphant.
Verse 25
मत्तं कुवलयापीडं द्वारि रङ्गं प्रविश्य च कंसादीनां पश्यतां च मञ्चस्थानां नियुद्धकं
À l’entrée même de l’arène, il pénétra dans le stade et y combattit l’éléphant Kuvalayāpīḍa, rendu furieux par le rut, tandis que Kaṃsa et les autres, assis sur l’estrade élevée, regardaient.
Verse 26
चक्रे चाणूरमल्लेन मुष्टिकेन बलो ऽकरोत् चाणूरमुष्टिकौ ताभ्यां हतौ मल्लौ तथापरे
Bala (Balarāma) engagea le lutteur Cāṇūra, et (Kṛṣṇa) affronta Muṣṭika ; par ces deux-là, Cāṇūra et Muṣṭika furent mis à mort, ainsi que les autres lutteurs.
Verse 27
मथुराधिपतिं कंसं हत्वा तत्पितरं हरिः चक्रे यादवराजानम् अस्तिप्राप्ती च कंसगे
Après avoir tué Kaṃsa, souverain de Mathurā, Hari (Kṛṣṇa) établit le père de Kaṃsa comme roi des Yādavas ; et, dans l’affaire liée à Kaṃsa, il y eut aussi la récupération des ossements (des morts).
Verse 28
जरासन्धस्य ते पुत्र्यौ जरासन्धस्तदीरितः चक्रे स मथुरारोधं यादवैर् युयुधे शरैः
Les deux filles de Jarāsandha — à leur instigation — poussèrent Jarāsandha à assiéger Mathurā et à combattre les Yādavas par des volées de flèches.
Verse 29
रामकृष्णौ च मथुरां त्यक्त्वा गोमन्तमागतौ जरासन्धं विजित्याजौ पौण्ड्रकं वासुदेवकं
Rāma (Balarāma) et Kṛṣṇa, ayant quitté Mathurā, parvinrent au mont Gomanta ; et, après avoir vaincu Jarāsandha au combat, ils triomphèrent aussi de Pauṇḍraka Vāsudeva.
Verse 30
पुरीं च द्वारकां कृत्वा न्यवसद् यादवैर् वृतः भौमं तु नरकं हत्वा तेनानीताश् च कन्यकाः
Ayant fondé la cité de Dvārakā, il y demeura, entouré des Yādava. Après avoir terrassé Naraka, fils de Bhūma, il ramena aussi les jeunes princesses qu’il avait enlevées.
Verse 31
देवगन्धर्वयक्षाणां ता उवाच जनार्दनः षोदशस्त्रीसहस्राणि रुक्मिण्याद्यास् तथाष्ट च
À ces femmes issues des dieux, des Gandharva et des Yakṣa, Janārdana déclara : «Seize mille femmes — à commencer par Rukmiṇī — et, de plus, huit reines principales.»
Verse 32
सत्यभामासमायुक्तो गरुडे नरकार्दनः मणिशैलं सरत्रञ्च इन्द्रं जित्वा हरिर्दिवि
Accompagné de Satyabhāmā, Hari, le vainqueur de Naraka, monté sur Garuḍa, monta au ciel ; après avoir vaincu Indra, il emporta la montagne Maṇi ainsi que l’arbre Pārijāta.
Verse 33
पारिजातं समानीय सत्यभामागृहे ऽकरोत् सान्दीपनेश् च शस्त्रास्त्रं ज्ञात्वा तद्बालकं ददौ
Ayant apporté l’arbre Pārijāta, il le plaça dans la demeure de Satyabhāmā ; et, après avoir reçu de Sandīpani la science des armes et des astra (projectiles sacrés), il rendit l’enfant de ce maître.
Verse 34
जित्वा पञ्चजनं दैत्यं यमेन च सुपूजितः रजकञ्च प्रजल्पन्तमिति ख, चिह्नितपुस्तकपाठः अबधीत् कालयवनं मुचुकुन्देन पूजितः
Après avoir vaincu le daitya Pañcajana, il fut honoré avec grande vénération même par Yama. Il tua aussi Kālayavana—(selon une leçon manuscrite marquée : «et le blanchisseur qui parlait avec insolence»)—et fut révéré par Mucukunda.
Verse 35
वसुदेवं देवकीञ्च भक्तविप्रांश् च सोर्च्यत् रेवत्यां बलभद्राच्च यज्ञाते निशठोन्मुकौ
Il convient de vénérer Vasudeva et Devakī, ainsi que les brāhmaṇa dévoués; et de vénérer Balabhadra avec Revatī—ainsi les deux, Niśaṭha et Unmuka, doivent être reconnus comme nés du sacrifice (yajña).
Verse 36
कृष्णात् शाम्बो जाम्बवत्यामन्यास्वन्ये ऽभवन् सुताः
De Kṛṣṇa naquit Śāmba de Jāmbavatī; et de ses autres épouses naquirent d’autres fils.
Verse 37
तं मत्स्यं शम्बरायादान्मायावत्यै च शम्बरः
Il donna ce poisson à Śambara; et Śambara, à son tour, le donna à Māyāvatī.
Verse 38
मायावती मत्स्यमध्ये दृष्ट्वा स्वं पतिमादरात् पपोष सा तं चोवाच रतिस्ते ऽहं पतिर्मम
Māyāvatī, voyant son propre époux à l’intérieur du poisson, le nourrit avec tendresse; et elle lui dit : «Je suis ton aimée, et tu es mon époux».
Verse 39
कामस्त्वं शम्भुनानङ्गः कृतोहं शम्बरेण च हृता न तस्य पत्नी त्वं मायाज्ञः शम्बरं जहि
Tu es Kāma—que Śambhu fit Ananga (l’Incorporel). Moi aussi, j’ai été enlevée par Śambara. Tu n’es pas son époux; toi qui connais les arts de l’illusion (māyā), tue Śambara.
Verse 40
तच् छ्रुत्वा शम्बरं हत्वा प्रद्युम्नः सह भार्यया मायावत्या ययौ कृष्णं कृष्णो हृष्टो ऽथ रुक्मिणी
Ayant entendu cela, Pradyumna—après avoir tué Śambara—se rendit auprès de Kṛṣṇa avec son épouse Māyāvatī. Kṛṣṇa en fut ravi, et Rukmiṇī aussi.
Verse 41
प्रद्युम्नादनिरुद्धोभूदुषापतिरुदारधीः बाणो बलिसुतस्तस्य सुतोषा शोणितं पुरं
De Pradyumna naquit Aniruddha, à l’esprit noble, époux d’Uṣā. (Il y eut) Bāṇa, fils de Bali ; sa fille était Uṣā ; et Śoṇita était la cité de Bāṇa.
Verse 42
तपसा शिवपुत्रो ऽभूत् मायूरध्वजपातितः युद्धं प्राप्स्यसि वाण त्वं वाणं तुष्टः शिवोभ्यधात्
Par l’austérité (tapas), il devint comme un fils de Śiva ; pourtant il fut terrassé par celui dont l’étendard porte le paon. Śiva, satisfait, déclara à Bāṇa : «Ô Bāṇa, tu viendras au combat».
Verse 43
शिवेन क्रीडतीं गौरीं दृष्ट्वोषा सस्पृहा पतौ तामाह गौरी भर्ता ते निशि सुप्तेति दर्शनात्
Voyant Gaurī s’ébattre avec Śiva, Uṣā—prise de désir pour son propre époux—lui dit : «Gaurī, ton mari semble dormir la nuit», (le concluant) de ce qu’elle avait vu.
Verse 44
वैशाखमासद्वादश्यां पुंसो भर्ता भविष्यति गौर्युक्ता हर्षिता चोषा गृहे सुप्ता ददर्श तं
Au jour de Dvādaśī (douzième jour lunaire) du mois de Vaiśākha, il deviendra l’époux d’une femme. Et Uṣā—belle et toute joyeuse—alors qu’elle dormait dans sa demeure, le vit (en rêve/vision).
Verse 45
आत्मना सङ्गतं ज्ञात्वा तत्सख्या चित्रलेखया लिखिताद्वै चित्रपटादनिरुद्धं समानयत्
L’ayant reconnu comme celui qui était uni à elle dans son propre cœur, elle—par l’entremise de son amie Citralekhā—fit amener Aniruddha, identifié d’après le portrait peint sur la toile d’images.
Verse 46
तच् छ्रुत्वा इति ग, चिह्नितपुस्तकपाठः कृष्णपौत्रं द्वारकातो दुहिता वाणमन्त्रिणः कुम्भाण्डस्यानिरुद्धोगाद्रराम ह्य् उषया सह
Ayant entendu cela (selon la leçon indiquée par le manuscrit marqué), Aniruddha—petit-fils de Kṛṣṇa—vint de Dvārakā et se divertit avec Uṣā, fille du ministre de Bāṇa (Bāṇāsura), à savoir Kumbhāṇḍa.
Verse 47
वाणध्वजस्य सम्पातै रक्षिभिः स निवेदितः अनिरुद्धस्य वाणेन युद्धमासीत्सदारुणम्
Lorsque les gardes se précipitèrent, on le (Aniruddha) signala à Bāṇadhvaja ; et alors s’éleva un combat des plus terribles contre Bāṇa, l’adversaire d’Aniruddha.
Verse 48
श्रुत्वा तु नारदात् कृष्णः प्रद्युम्नबलभद्रवान् गरुडस्थोथ जित्वाग्नीन् ज्वरं माहेश्वरन्तथा
L’ayant appris de Nārada, Kṛṣṇa—accompagné de Pradyumna et de Balabhadra—monta sur Garuḍa ; puis, après avoir vaincu les feux, il dompta aussi la Fièvre Māheśvara, née de Mahādeva.
Verse 49
हरिशङ्करयोर्युद्धं बभूवाथ शराशरि नन्दिविनायकस्कन्दमुखास्तार्क्षादिभिर्जिताः
Alors s’engagea un combat entre Hari (Viṣṇu) et Śaṅkara (Śiva), avec des volées de flèches et de contre-flèches. Nandin, Vināyaka (Gaṇeśa), Skanda et les autres furent vaincus par Tārkṣya (Garuḍa) et ses alliés.
Verse 50
जृम्भते शङ्करे नष्टे जृम्भणास्त्रेण विष्णुना छिन्नं सहस्रं बाहूनां रुद्रेणाभयमर्थितम्
Lorsque Śaṅkara fut contraint de bâiller et rendu impuissant par Viṣṇu au moyen de l’arme Jṛmbhaṇa, mille des bras de Viṣṇu furent tranchés ; alors Rudra lui demanda l’assurance de sa sécurité.
Verse 51
विष्णुना जीवितो वाणो द्विबाहुः प्राब्रवीच्छिवम् त्वया यदभयं दत्तं वाणस्यास्य मया च तत्
Bāṇa, dont la vie avait été épargnée par Viṣṇu, fut alors adressé par le Śiva aux deux bras : «L’intrépidité que tu as accordée à ce Bāṇa, moi aussi je l’atteste comme le même don.»
Verse 52
आवयोर् नास्ति भेदो वै भेदी नरकमाप्नुयात् शिवाद्यैः पूजितो विष्णुः सोनिरुद्ध उषादियुक्
«En vérité, il n’y a aucune différence entre nous deux ; celui qui nous distingue atteindra l’enfer. Viṣṇu est vénéré par Śiva et par les autres dieux ; Il est cet Aniruddha, accompagné d’Uṣā et des autres.»
Verse 53
द्वारकान्तु गतो रेमे उग्रसेनादियादवैः अनिरुद्धात्मजो वज्रो मार्कण्डेयात्तु सर्ववित्
Mais, étant allé à Dvārakā, il vécut dans la joie parmi les Yādavas conduits par Ugrasena. Et Vajra, fils d’Aniruddha, devint omniscient—instruit en toutes choses—par l’enseignement de Mārkaṇḍeya.
Verse 54
बलभद्रः प्रलम्बघ्नो यमुनाकर्षणो ऽभवत् द्विविदस्य कपेर्भेत्ता कौरवोन्मादनाशनः
Il devint Balabhadra, le tueur de Pralamba ; celui qui détourna la Yamunā ; le destructeur du singe Dvivida ; et celui qui dissipa la folie—l’ivresse d’orgueil—des Kauravas.
Verse 55
हरी रेमेनेकमूर्तो रुक्मिण्यादिभिरीश्वरः पुत्रानुत्पादयामास त्वसंख्यातान् स यादवान् हरिवंशं पठेत् यः स प्राप्तकामो हरिं व्रजेत्
Hari, l’unique Seigneur manifesté en une seule forme, se divertit avec Rukmiṇī et les autres reines, et engendra d’innombrables fils — les Yādava. Quiconque récite le Harivaṃśa, ses désirs accomplis, parvient à Hari.
It legitimizes Kṛṣṇa’s avatāra through lineage mapping and then demonstrates dharma-restoration through a compressed sequence of Vraja, Mathurā, and Dvārakā episodes, ending with a recitation phala that frames the narrative as sādhanā.
The chapter articulates Hari–Śaṅkara abheda: Viṣṇu and Śiva are declared non-different, and sectarian distinction-making is condemned as spiritually harmful.
It links bhakti (Kṛṣṇa-līlā remembrance), dharma (tyrant-slaying and protection of society), and mantra-like practice (tri-sandhyā recitation of Devī names) with a phalaśruti promising both desired aims (bhukti) and attainment of Hari (mokṣa-oriented culmination).