
Nārāyaṇasya Daśāvatāra-Aṣṭamūrti-Nirdeśaḥ tathā Aśvaśirā-Rājopākhyānam
Philosophical-Discourse (theology of manifestation) with Didactic Narrative (royal instruction through yogic māyā)
Sous forme de dialogue, Pṛthivī interroge Varāha sur la nature de Nārāyaṇa : est-il entièrement descriptible, ou bien, en vérité, au-delà de l’affirmation et de la négation ? Varāha répond en énumérant les dix avatāra comme des « degrés » accessibles au chercheur, tout en affirmant que la forme suprême demeure invisible même aux devas. Il expose ensuite la manifestation octuple (aṣṭamūrti) de Nārāyaṇa, reliant la présence divine aux éléments et aux fonctions cosmiques, et montrant que la stabilité de la Terre est soutenue par des formes manifestées. Le chapitre se tourne vers un exemple : l’ascèse du roi Priyavrata après l’enseignement de Nārada, puis le récit du roi Aśvaśirā, qui demande aux sages Kapila et Jaigīṣavya comment adorer Hari. Par des transformations yogiques et une vision où tous les êtres emplissent le palais, les sages enseignent l’omniprésence : Viṣṇu doit être réalisé dans son propre corps et en toutes les créatures, fondant la dévotion sur une éthique de respect universel qui soutient l’équilibre de la Terre.
Verse 1
धरण्युवाच । योऽसौ नारायणो देवः परमात्मा सनातनः । भगवन् सर्वभावेन उताहो नेति शंस मे ॥ ४.१ ॥
Dharā (la Terre) dit : «Ce Nārāyaṇa — Dieu, le Soi suprême et éternel — ô Bienheureux, doit-on l’affirmer en tous points, ou l’approcher par le “pas ceci” (neti) ? Explique-le-moi.»
Verse 2
श्रीवराह उवाच । मत्स्यः कूर्मो वराहश्च नरसिंहोऽथ वामनः । रामो रामश्च कृष्णश्च बुद्धः कल्की च ते दश ॥ ४.२ ॥
Śrī Varāha dit : « Matsya, Kūrma et Varāha ; Narasiṁha, puis Vāmana ; Rāma et (Paraśu-)Rāma ; Kṛṣṇa ; Buddha ; et Kalkī — tels sont tes dix (avatāra) ».
Verse 3
इत्येताः कथितास्तस्य मूर्त्तयो भूतधारिणि । दर्शनं प्राप्तुमिच्छूनां सोपानानीव शोभते ॥ ४.३ ॥
Ainsi ont été décrites ces mūrti (formes manifestées) de Lui, ô Soutien des êtres; pour ceux qui désirent obtenir le darśana (vision) de Lui, elles brillent comme les degrés d’un escalier.
Verse 4
यत् तस्य परमं रूपं तन्न पश्यन्ति देवताः । अस्मदादिस्वरूपेण पूरयन्ति ततो धृतिम् ॥ ४.४ ॥
Cette forme suprême de Lui, les dieux ne la perçoivent pas. C’est pourquoi, en assumant des formes qui commencent par les nôtres, ils soutiennent et remplissent la fermeté et le courage.
Verse 5
ब्रह्मा भगवतो मूर्त्या रजसस्तमसस्तथा । याभिः संस्थाप्यते विश्वं स्थितौ संचाल्यते च ह ॥ ४.५ ॥
Brahmā — avec les mūrti du Seigneur associées à rajas et tamas — par elles l’univers est établi, et dans l’état de maintien (sthiti) il est aussi mis en mouvement.
Verse 6
त्वमेकाऽस्य देवस्य मूर्तिराद्या धराधरे । द्वितीया सलिलं मूर्तिस्तृतीया तैजसी स्मृता ॥ ४.६ ॥
Ô porteur de la Terre, tu es la première mūrti de cette divinité ; la seconde mūrti est comprise comme l’eau, et la troisième est rappelée comme la radiance du feu.
Verse 7
चतुर्थी वायुमूर्तिः स्यादाकाशाख्या तु पञ्चमी । एतास्तु मूरतयस्तस्य क्षेत्रज्ञत्वं हि मद्धियाम् । मूर्त्तित्रयं तथा तस्य इत्येताश्चाष्टमूर्तयः ॥ ४.७ ॥
La quatrième est dite être la forme du Vent, et la cinquième est appelée Éther (Ākāśa). Ces formes du Seigneur doivent être comprises, selon mon entendement, comme indiquant son état de «kṣetrajña», le Connaisseur du Champ. De même, il possède une triade de formes : ainsi, ce sont les huit formes (aṣṭamūrti).
Verse 8
अभिव्याप्तिमिदं सर्वं जगन्नारायणेन ह । इत्येतत् कथितं देवि किमन्यच्छ्रोतुमिच्छसि ॥ ४.८ ॥
«Cet univers tout entier est entièrement pénétré par Nārāyaṇa»—ainsi cela a été énoncé. Ô Déesse, cela a été expliqué ; que désires-tu entendre encore ?
Verse 9
धरण्युवाच । नारदेनैवमुक्तस्तु तदा राजा प्रियव्रतः । कृतवान् किं ममाचक्ष्व प्रसादात् परमेश्वर ॥ ४.९ ॥
Dharaṇī dit : Ainsi interpellé par Nārada, le roi Priyavrata répondit alors : «Dis-moi : par la grâce (prasāda) du Seigneur suprême, qu’ai-je donc accompli ?»
Verse 10
श्रीवराह उवाच । भवतीं सप्तधा कृत्वा पुत्राणां च प्रदाय सः । प्रियव्रतस्तपस्तेपे नारदाच्छ्रुतविस्मयः ॥ ४.१० ॥
Śrī Varāha dit : T’ayant divisée (toi, la Terre) en sept parts et les ayant attribuées à ses fils, Priyavrata entreprit l’ascèse (tapas), saisi d’émerveillement par ce qu’il avait entendu de Nārada.
Verse 11
नारायणात्मकं ब्रह्म परं जप्त्वा स्वयम्भुवः । ततस्तुष्टमनाः पारं परं निर्वाणमाप्तवान् ॥ ४.११ ॥
Ayant récité en japa le Brahman suprême dont l’essence est Nārāyaṇa, Svayambhuva fut comblé intérieurement et atteignit l’autre rive : le nirvāṇa suprême.
Verse 12
शृणु चान्यद् वरारोहे यद्वृत्तं परमेष्ठिनः । आराधनाय यततः पुराकाले नृपस्य ह ॥ ४.१२ ॥
Écoute encore un autre récit, ô toi aux hanches gracieuses : l’épisode concernant Parameṣṭhin, comment jadis un roi s’efforça en vue de l’adoration et de la propitiation.
Verse 13
आसीदश्वशिरा नाम राजा परमधार्मिकः । सोऽश्वमेधेन यज्ञेन यष्ट्वा सुबहुदक्षिणः ॥ ४.१३ ॥
Il y eut un roi nommé Aśvaśirā, éminemment voué au dharma. Ayant accompli le sacrifice de l’Aśvamedha, il devint celui qui accordait des dakṣiṇā (dons rituels) en très grande abondance.
Verse 14
स्नातश्चावभृथिथे सोऽथ ब्राह्मणैः परिवारितः । यावदास्ते स राजर्षिस्तावद् योगिवरो मुनिः । आययौ कपिलः श्रीमान् जैगीषव्यश्च योगिराट् ॥ ४.१४ ॥
Puis, après s’être baigné lors du rite conclusif de l’avabhṛtha, ce roi-ṛṣi s’assit entouré de brāhmaṇa. Tandis qu’il demeurait assis, arriva le plus éminent des sages yogins : l’illustre Kapila, et Jaigīṣavya, souverain parmi les yogins.
Verse 15
ततस्त्वरितमुत्थाय स राजा स्वागतक्रीयाम् । चकार परया युक्तः स मुदा राजसत्तमः ॥ ४.१५ ॥
Alors, se levantant promptement, ce roi—le meilleur des rois—accomplit avec joie les rites habituels d’accueil, les exécutant avec la plus parfaite bienséance.
Verse 16
तावर्च्चितावासनगौ दृष्ट्वा राजा महाबलः । पप्रच्छ तौ तिग्मधियौ योगज्ञौ स्वेच्छयागतौ ॥ ४.१६ ॥
Voyant ces deux-là assis sur leurs sièges, dûment honorés, le roi puissant les interrogea : deux esprits pénétrants, connaisseurs du yoga, venus de leur plein gré.
Verse 17
भवन्तौ संशयं विप्रौ पृच्छामि पुरुषोत्तमौ । कथमाराधयेद् देवं हरिं नारायणं परम् ॥ ४.१७ ॥
Ô vous deux brāhmaṇas d’excellence, je vous interroge sur un doute : comment faut-il adorer comme il se doit le divin Hari—Nārāyaṇa, le Suprême ?
Verse 18
विप्रावूचतुः । क एष प्रोच्यते राजंस्त्वया नारायणो गुरुः । आवां नारायणौ द्वौ तु त्वत्प्रत्यक्षगतो नृप ॥ ४.१८ ॥
Les brahmanes dirent : «Ô roi, qui est donc celui que tu proclames Nārāyaṇa, le maître ? Car nous deux, nous sommes deux Nārāyaṇa, présents ici même sous tes yeux, ô souverain.»
Verse 19
अश्वशिरा उवाच । भवन्तौ ब्राह्मणौ सिद्धौ तपसा दग्धकिल्बिषौ । कथं नारायणावावामिति वाक्यमथेरितम् ॥ ४.१९ ॥
Aśvaśiras dit : «Vous deux êtes des brāhmaṇas accomplis, des siddha ; par l’ascèse vous avez consumé vos fautes. Comment donc peut-on dire : “nous sommes des Nārāyaṇa” ?»—telle fut la parole alors proférée.
Verse 20
शङ्खचक्रगदापाणिः पीतवासाऽ जनार्दनः । गरुडस्थो महादेवः कस्तस्य सदृशो भुवि ॥ ४.२० ॥
Janārdana, tenant la conque, le disque et la massue, vêtu de jaune, assis sur Garuḍa—ce grand Être divin : qui, au monde, pourrait lui être comparable ?
Verse 21
तस्य राज्ञो वचः श्रुत्वा तौ विप्रौ संहितव्रतौ । जहसतुः पश्य विष्णुं राजन्निति जजल्पतुः ॥ ४.२१ ॥
Ayant entendu les paroles de ce roi, les deux brahmanes, observant des vœux rigoureux, sourirent et dirent : «Ô roi, contemple Viṣṇu.»
Verse 22
एवमुक्त्वा स कपिलः स्वयं विष्णुर्बभूव ह । जैगीषव्यश्च गरुडस्तत्क्षणात् समजायत ॥ ४.२२ ॥
Après avoir ainsi parlé, ce Kapila devint lui-même Viṣṇu ; et Jaigīṣavya, sous la forme de Garuḍa, apparut à l’instant même.
Verse 23
ततो हाहाकृतं त्वासीत्तत्क्षणाद्राजमण्डलम् । दृष्ट्वा नारायणं देवं गरुडस्थं सनातनम् ॥ ४.२३ ॥
Alors, à l’instant même, le cercle royal (l’assemblée et le royaume) éclata en cris d’effroi, car ils virent Nārāyaṇa, le dieu éternel, assis sur Garuḍa.
Verse 24
कृताञ्जलिपुटो भूत्वा ततो राजा महायशाः । उवाच शम्यतां विप्रौ नायं विष्णुरथेदृशः ॥ ४.२४ ॥
Alors le roi, illustre, joignit les mains en un añjali révérencieux et dit : « Apaisez-vous, ô brahmanes ; celui-ci n’est pas Viṣṇu, ni d’une telle nature. »
Verse 25
यस्य ब्रह्मा समुत्पन्नो नाभिपङ्कजमध्यतः । तस्माच्च ब्रह्मणो रुद्रः स विष्णुः परमेश्वरः ॥ ४.२५ ॥
De son nombril semblable au lotus naquit Brahmā ; et de ce Brahmā naquit Rudra : Lui, en vérité, est Viṣṇu, le Seigneur suprême.
Verse 26
इति राजवचः श्रुत्वा तदा तौ मुनिपुङ्गवौ । चक्रतुः परमां मायां योगमायां विशेषतः ॥ ४.२६ ॥
Ayant entendu les paroles du roi, ces deux sages éminents mirent alors en œuvre une puissance suprême de manifestation, en particulier la yogamāyā.
Verse 27
कपिलः पद्मनाभस्तु जैगीषव्यः प्रजापतिः । कमलस्थो बभौ ह्रस्वस्तस्य चाङ्के कुमारकः ॥ ४.२७ ॥
Kapila et Padmanābha, et Jaigīṣavya, le Prajāpati—assis sur un lotus—apparurent. Sur ses genoux se trouvait aussi un jeune garçon (kumāraka).
Verse 28
ददर्श राजा रक्ताक्षं कालानलसमद्युतिम् । नेत्थं भवति विश्वेशो मायैषा योगिनां सदा । सर्वव्यापी हरिः श्रीमानिति राजा जगाद ह ॥ ४.२८ ॥
Le roi le vit—aux yeux rouges, rayonnant comme le feu de la fin des temps. Alors le roi déclara : « Le Seigneur de l’univers n’est pas véritablement ainsi ; ceci est la māyā, toujours présente chez les yogin. Hari, le glorieux, est omniprésent. »
Verse 29
ततो वाक्यावसाने तु तस्य राज्ञो हि संसदि । मशका मत्कुणा यूका भ्रमराः पक्षिणोरगाः ॥ ४.२९ ॥
Puis, à la fin de ces paroles, dans l’assemblée du roi apparurent des moustiques, des punaises, des poux, des abeilles, des oiseaux et des serpents.
Verse 30
अश्वा गावो द्विपाः सिंहा व्याघ्रा गोमायवो मृगाः । अन्येऽपि पशवः कीटा ग्राम्यारण्याश्च सर्वशः । दृश्यन्ते राजभवने कोटिशो भूतधारिणि ॥ ४.३० ॥
Chevaux, vaches, éléphants, lions, tigres, chacals, cerfs et d’autres bêtes encore—ainsi que des insectes, domestiques et sauvages de toute sorte—se voient dans le palais royal, ô porteur des êtres, par millions.
Verse 31
तं दृष्ट्वा भूतसङ्घातं राजा विस्मितमानसः । यावच्चिन्तयते किं स्यादेतदित्यवगम्य च । जैगीषव्यस्य माहात्म्यं कपिलस्य च धीमतः ॥ ४.३१ ॥
Voyant cette multitude d’êtres, le roi eut l’esprit saisi d’étonnement. Tandis qu’il se demandait : « Qu’est-ce donc ? », puis l’ayant compris, il reconnut la grandeur de Jaigīṣavya et aussi celle du sage Kapila.
Verse 32
कृताञ्जलिपुटो भूत्वा स राजा अश्वशिरास्तदा । पप्रच्छ तावृषी भक्त्या किमिदं द्विजसत्तमौ ॥ ४.३२ ॥
Alors le roi Aśvaśiras, joignant les mains en un añjali de vénération, interrogea avec dévotion les deux sages : «Qu’est-ce donc, ô meilleurs des deux-fois-nés ?»
Verse 33
द्विजावूचतुः । आवां पृष्टौ त्वया राजन् कथं विष्णुरिहेज्यते । प्राप्यते वा महाराज तेनिदं दर्शितं तव ॥ ४.३३ ॥
Les deux brahmanes dirent : «Ô roi, puisque tu nous as interrogés : comment Viṣṇu est-il adoré ici, ou bien, ô grand roi, comment est-il atteint ? C’est pour cela que ceci t’a été montré.»
Verse 34
सर्वज्ञस्य गुणा ह्येते ये राजंस्तव दर्शिताः । स च नारायणो देवः सर्वज्ञः कामरूपवान् ॥ ४.३४ ॥
Ô roi, telles sont bien les qualités de l’Omniscient que tu as indiquées. Et cette divinité est Nārāyaṇa : omniscient, et doté du pouvoir de prendre des formes à volonté.
Verse 35
सौम्यस्तु संस्थितः क्वापि प्राप्यते मनुजैः किल । आराधनेन चैतस्य वाक्यमर्थवदिष्यते ॥ ४.३५ ॥
En vérité, cette présence douce et de bon augure—demeurant quelque part—peut être atteinte par les humains. Et par l’adoration (ārādhana) de Celui-ci, cette parole est tenue pour pleine de sens, c’est-à-dire confirmée par l’expérience.
Verse 36
किन्तु सर्वशरीरस्थः परमात्मा जगत्पतिः । स्वदेहे दृश्यते भक्त्या नैकस्थानगतस्तु सः ॥ ४.३६ ॥
Cependant, le Paramātman—Seigneur du monde—demeure en tous les corps. Par la dévotion (bhakti), on Le perçoit dans son propre corps ; pourtant, Il n’est enfermé en aucun lieu unique.
Verse 37
अतोऽर्थं दर्शितं रूपं देवस्य परमात्मनः । आवयोस्तव राजेन्द्र प्रतीतिः स्याद् यथा तव । एवं सर्वगतो विष्णुस्तव देहे जनेश्वर ॥ ४.३७ ॥
Ainsi a été manifestée la forme du Divin, le Soi suprême, avec le sens qu’elle vise, afin que, ô meilleur des rois, naisse en toi la juste compréhension entre nous. Ainsi Viṣṇu, l’Omniprésent, demeure dans ton corps, ô seigneur des hommes.
Verse 38
मन्त्रिणां भृत्यसङ्घस्य सुराद्या ये प्रदर्शिताः । पशवः कीटसङ्घाश्च तेऽपि विष्णुमया नृप ॥ ४.३८ ॥
Ô roi, les ministres et la multitude des serviteurs, ainsi que ceux qui ont été indiqués à commencer par les dieux — les animaux et même les essaims d’insectes — tous sont eux aussi Viṣṇu-maya, c’est-à-dire constitués et pénétrés par Viṣṇu.
Verse 39
भावनां तु दृढां कुर्याद् यथा सर्वगतो हरिः । नान्यत् तत्सदृशं भूतमिति भावेन सेव्यते ॥ ४.३९ ॥
Qu’on cultive une ferme conviction contemplative : «Hari est omniprésent». Avec l’attitude qu’aucun être ne Lui est égal, qu’on s’approche de Lui et qu’on Le serve dans cette disposition.
Verse 40
एष ते ज्ञानसद्भावस्तव राजन् प्रकीर्तितः । परिपूर्णेन भावेन स्मरन् नारायणं हरिम् ॥ ४.४० ॥
Ô roi, telle est la vraie disposition de la connaissance qui t’a été proclamée : en te souvenant de Nārāyaṇa, Hari, avec une intention intérieure pleine et indivise.
Verse 41
परिपूर्णेन भावेन स्मर नारायणं गुरुम् । पुष्पोपहारैर्धूपैश्च ब्राह्मणानां च तर्पणैः । ध्यानॆन सुस्थितेनाशु प्राप्यते परमेश्वरः ॥ ४.४१ ॥
Avec une disposition pleinement recueillie, souviens-toi de Nārāyaṇa, le maître vénérable. Par des offrandes de fleurs et d’encens, par des actes de tarpaṇa destinés à satisfaire les brāhmaṇas, et par une méditation ferme, on atteint sans délai le Seigneur suprême.
The text instructs that Nārāyaṇa is both approached through manifest forms (e.g., the ten avatāras) and ultimately understood as all-pervading. The didactic climax teaches that the divine is to be perceived within one’s own body and in all beings; therefore, devotion and conduct should be grounded in a comprehensive, non-exclusionary regard for living creatures and the world they inhabit.
No explicit tithi, lunar month, seasonal timing, or calendrical markers are stated. The narrative references ritual sequence elements (aśvamedha and avabhṛtha bathing) but does not anchor them to a specific time cycle.
Pṛthivī’s presence frames the discourse toward Earth-centered stability (dhṛti). Varāha’s account of manifested forms—especially the elemental and cosmic embodiments associated with aṣṭamūrti—presents the world as pervaded by Nārāyaṇa. The instruction to see all creatures as viṣṇumaya encourages restraint, protection of life, and an ethic compatible with sustaining terrestrial equilibrium rather than treating beings and habitats as merely instrumental.
The chapter references Priyavrata (a royal figure associated with ascetic practice), Nārada (as the instructing sage), King Aśvaśirā (the inquiring ruler), and the sages Kapila and Jaigīṣavya (who demonstrate yogamāyā). It also alludes to cosmological lineage motifs (Brahmā arising from the navel-lotus and Rudra from Brahmā) as part of the king’s doctrinal speech.