
Dhruvatīrtha-māhātmyaṃ: Pitṛ-tarpaṇa-śrāddha-vidhiḥ santati-prabhāvaś ca
Ritual-Manual (Śrāddha/Tarpaṇa) with Ethical-Discourse on social conduct and lineage-responsibility
Varāha expose à Pṛthivī un épisode survenu à Dhruvatīrtha afin d’illustrer la « pitṛ-tṛpti » (satisfaction des ancêtres). Le roi Candrasena accomplit les rites, et un sage tri-kāla-jña voit divers groupes de pitṛs arriver et repartir selon que les descendants ont célébré le śrāddha et le tilodaka-tarpaṇa. Un être souffrant, assailli de créatures semblables à des moustiques, raconte que, par yoni-saṅkara et l’extinction de sa descendance, il demeure sans soutien rituel et donc sans élévation. Le sage enseigne alors la procédure du tarpaṇa : eau mêlée de sésame (tilamiśra-jala), darbha, récitation du gotra et du nom, et ordre pour le père/la mère puis les ancêtres plus élevés. Il avertit que des rites accomplis au mauvais moment, au mauvais lieu ou pour des destinataires impropres deviennent sans effet. En faisant en sorte qu’une femme négligée de la lignée domestique accomplisse correctement les rites, le récit montre la délivrance de l’être et présente Dhruvatīrtha comme un modèle pédagogique de conduite responsable et ordonnée, stabilisant la famille et, par extension, l’écologie sociale de Pṛthivī.
Verse 1
श्रीवराह उवाच ॥ पुनरन्यत्प्रवक्ष्यामि पितॄणां तृप्तिकारकम् ॥ ध्रुवतीर्थे पुरावृत्तं तच्छृणुष्व वसुन्धरे
Śrī Varāha dit : Je vais de nouveau exposer un autre récit qui procure la satisfaction aux ancêtres. Écoute, ô Vasundharā, ce qui advint jadis à Dhruva-tīrtha.
Verse 2
अस्यां पुर्यां तु राजा आसीद्धार्मिकः सत्यविक्रमः ॥ चन्द्रसेनेति नाम्ना च यज्वा दानहिते रतः
Dans cette cité vivait un roi—dharmaïque, d’une vaillance véridique—nommé Candrasena ; il accomplissait les yajña et se consacrait aux dons bienfaisants.
Verse 3
तस्य नार्यः शते द्वे तु कुलशीलवयोयुते ॥ तासां मध्येऽधिका चैका पतिव्रतपरायणा
Il avait deux cents épouses, pourvues de noble lignée, de bonne conduite et de jeunesse ; parmi elles, l’une se distinguait, entièrement vouée à l’idéal de la pativratā.
Verse 4
नाम्ना चन्द्रप्रभा चैव वीरसूर्वीरपुत्रका ॥ तस्या दासीशतस्यैका दासी नाम्ना प्रभावती ॥
Elle était connue sous le nom de Candraprabhā, fille de Vīrasūrvīra. Parmi ses cent servantes, il y en avait une nommée Prabhāvatī.
Verse 5
स्वदोषैः पतिताः सर्वे नरकं प्रति भामिनि ॥ सङ्करो नरकायैव कुलघ्नानां कुलस्य हि ॥
«Ô belle, tous, tombés par leurs propres fautes, vont vers l’enfer. En vérité, le mélange et le désordre social mènent à l’enfer, surtout pour ceux qui détruisent la lignée familiale.»
Verse 6
कदाचिदपि तस्याथो भ्रष्टः प्राणिजनो महान् ॥ सूक्ष्मः प्राणिसमूहो हि ध्रुवतीर्थे तदापतत् ॥
À un moment donné, de plus, une grande multitude d’êtres—déchus de leur état propre—, en vérité une assemblée subtile de créatures vivantes, descendit alors à Dhruva-tīrtha.
Verse 7
कृष्णरूपाश्चङ्क्रमन्तो मशकाकारसन्निभाः ॥ दृष्टास्ते ऋषिणा तत्र त्रिकालज्ञेन भामिनि ॥
«Ô belle, là un ṛṣi, connaisseur des trois temps, les vit : de forme sombre, allant et venant, semblables à des moustiques.»
Verse 8
तस्याः परिग्रहास्त्वेकोद्दिष्टाचारविहीनकाः ॥ तस्या पितृगणाः सर्वे अतीताः शतसङ्ख्यया ॥
Ses dépendants et proches, toutefois, étaient dépourvus de la conduite prescrite concernant le rite ekoddiṣṭa, l’offrande destinée à un défunt déterminé. Et tous ses groupes d’ancêtres (pitṛ-gaṇas) s’en étaient allés, au nombre de centaines.
Verse 9
षष्ठान्नकालभोक्ता पयोव्रतेन महात्मना ॥ मानैर्व्रतेन सा देवी सूर्यगत्या स्थितेन च ॥
Elle prenait sa nourriture au moment prescrit du sixième repas ; par le grand vœu du lait (payovrata) et par un vœu réglé par des observances fixes—accordé aussi à la course du soleil—la Déesse demeura établie dans la discipline.
Verse 10
चतुर्थांशावशेषश्च दिवसः पर्यवर्त्तत ॥ एके तत्र समायान्ति पितरो नभसोऽवनिम् ॥
Lorsqu’il ne restait plus qu’un quart du jour et que le jour poursuivait sa marche, certains Pitṛs, les ancêtres, vinrent là, descendant du ciel sur la terre.
Verse 11
अन्ये पूर्वोत्तराद्देशाद्दक्षिणात्पश्चिमात्तथा ॥ केचित्स्वभावतो हृष्टाः केचित्पुत्रैः स्वधाकृताः ॥
D’autres vinrent de la région du nord-est, ainsi que du sud et de l’ouest. Certains étaient joyeux par leur propre nature ; d’autres furent apaisés par les offrandes de svadhā accomplies par leurs fils.
Verse 12
हृष्टास्तुष्टा सुपुष्टाङ्गा गच्छन्तो दिवि सङ्घशः ॥ तपस्विनः स्नानरता रूक्षाः क्षामशरीरिणः ॥
Joyeux, comblés et bien nourris dans leurs membres, ils allèrent au ciel par groupes. (Certains étaient) des ascètes, voués aux bains rituels, austères, au corps amaigri.
Verse 13
वस्त्रालङ्कारपुष्टाङ्गा हृष्टा गच्छन्ति सङ्घशः ॥ तथाऽपरे नग्नदेहाः सुपुष्टा यान्ति तत्र वै ॥
Vêtus et parés, aux membres bien nourris, ils allaient joyeux par groupes. De même, d’autres—au corps nu mais bien portant—s’y rendirent aussi, assurément.
Verse 14
अन्ये यथागतं यान्ति आयान्ति पुनरेव हि ॥ यानैरुच्चावचैः केचिन्नानारूपैः खगैस्तया ॥
Les uns s’en vont tels qu’ils étaient venus, et, en vérité, reviennent encore. D’autres arrivent sur des véhicules de toutes sortes, sous des formes variées, portés dans les airs par cette voie.
Verse 15
समागच्छन्ति गच्छन्तीरयन्तश्चाशिषो मुदा ॥ केचिद्यथागता यान्ति क्रुद्धाः शापप्रदायिनः ॥
Ils se rassemblent et s’en vont, proférant avec joie des bénédictions. Mais certains repartent comme ils étaient venus : courroucés, dispensant des malédictions.
Verse 16
निर्गतोदरसूक्ष्माश्च गच्छन्ति सुविमानिताः ॥ सम्मानितास्तथान्ये तु पितरः श्राद्धपूजिताः ॥
Certains s’en vont—subtils et décharnés, le ventre creux—profondément humiliés. D’autres, au contraire, sont honorés : les Pères (pitṛs), vénérés par les offrandes de śrāddha.
Verse 17
महोत्सवमिवालक्ष्य विस्मितो मुनिरुत्थितः ॥ गते पितृगणे पुत्राः सकलत्रा गृहान्ययुः ॥
Le voyant comme s’il s’agissait d’une grande fête, le sage se leva, saisi d’étonnement. Quand la troupe des Pères se fut retirée, les fils—avec leurs épouses—retournèrent à leurs demeures.
Verse 18
निर्जनं ध्रुवतीर्थं तु वृत्तवेलमिवाभवत् ॥ तत्रैकान्ते कृशाङ्गोऽथ क्षुत्क्षामो गतिविह्वलः ॥
Alors Dhruvatīrtha devint désert, tel un rivage après le reflux. Là, dans un endroit retiré, se trouvait un homme au corps décharné—affamé et brisé par la faim, chancelant dans sa démarche.
Verse 19
न वाक्च श्रूयते तस्य क्षुद्रपक्षिरवो यथा ॥ को भवान्विकृताकारो वेष्टितो मशकैर्बहु ॥
On n’entendit de lui aucune parole distincte, mais seulement un bruit semblable au pépiement de petits oiseaux. «Qui es-tu, à l’aspect difforme, enveloppé par une multitude de moustiques ?»
Verse 20
न गच्छसि यथास्थानमागतस्तु निरुद्यमः ॥ यथावत्पृच्छते मह्यं कथयात्मविचेष्टितम् ॥
Tu ne retournes pas à ta place légitime ; et, étant venu ici, tu demeures sans effort ni initiative. Puisque tu t’es approché de moi en posant des questions comme il convient, raconte-moi le récit de tes propres actes et de ta condition.
Verse 21
ममाद्य नैत्यकं कर्म तीर्थेऽस्मिन्नश्यतेऽनिशम् ॥ इमानुच्चावचान् जन्तून् दृष्ट्वा मां मोह आविशत् ॥
«Aujourd’hui, mon rite quotidien et obligatoire semble être sans cesse troublé en ce gué sacré. En voyant ces êtres de tant d’espèces, la confusion m’a envahi.»
Verse 22
त्वां दृष्ट्वेदृक्स्वरूपं च क्रिया मे सा गता त्वयि ॥ विस्रब्धः कथयास्माकं करोमि च हितं तव ॥
«T’ayant vu dans un tel état, mon attention, durant ce rite, s’est tournée vers toi. Parle-moi sans crainte ; moi aussi, j’accomplirai ce qui t’est salutaire.»
Verse 23
जन्तुरुवाच ॥ बृहन्निमित्तमद्यैव पितॄणां तृप्तिकारकम् ॥ ध्रुवतीर्थे च यः श्राद्धं पुनः कुर्यात्तिलोदकम् ॥
L’être dit : «Aujourd’hui même se présente une grande occasion qui procure satisfaction aux Pères (Pitṛ). Et à Dhruvatīrtha, quiconque accomplit de nouveau le śrāddha, en offrant l’eau mêlée de sésame—»
Verse 24
तिलतृप्ताः दिवं यान्ति पितरस्तेन पुत्रिणः ॥ सोऽहं स्वान्तरिकादत्तस्तृप्त्यर्थस्तु बुभुक्षितः
«Rassasiés par les offrandes de sésame, les ancêtres de l’homme qui a un fils vont au ciel. Mais moi—privé au-dedans des offrandes, affamé et cherchant la satiété—je demeure non rassasié.»
Verse 25
योनिसंकरदोषेण नरकं समुपाश्रितः ॥ आशापाशशतैर्बद्धः शतवर्षैरिहागतः
«Par la faute du mélange illicite des lignées, j’ai pris refuge en enfer ; lié par des centaines de liens d’espérance, je suis venu ici pour cent ans.»
Verse 26
अगतिर्गमने मे स्यात्ते त्रितापैः समागतः ॥ सन्तानैः पुष्टवपुषो दत्तश्राद्धैः कृतोदकैः
«En avançant, je n’aurais aucun passage ; ainsi suis-je venu vers vous, accablé par les trois souffrances. (Seul) le secours vient des descendants au corps bien nourri, qui ont offert le śrāddha et accompli les libations d’eau.»
Verse 27
बलयुक्ता ययुः स्वर्गं निर्बलस्य कुतो गतिः ॥ येषां सन्ततिरक्षय्या तिष्ठत्येवं प्रजावती
«Ceux qui sont pourvus de force sont allés au ciel ; comment y aurait-il une voie pour celui qui est sans force ? Car ceux dont la lignée est impérissable demeurent ainsi, féconds en progéniture.»
Verse 28
दृष्टास्त्वया त्रिकालज्ञ दिव्यदृष्ट्या दिवं गताः ॥ ब्राह्मणानां च वैश्यानां शूद्राणां पितरस्तथा
«Ô connaisseur des trois temps, par ta vision divine tu as vu les ancêtres qui sont allés au ciel : ceux des brāhmaṇas, ceux des vaiśyas, et de même les ancêtres des śūdras.»
Verse 29
प्रतिलोमानुलोमानां शूद्राणां श्राद्धकर्मिणाम् ॥ सर्वेषां च त्वया दृष्टं येषां सन्ततिरव्यया
«Tu as vu aussi ceux issus d’unions pratiloma et anuloma, ainsi que les Śūdra qui accomplissent le śrāddha ; oui, tu as vu le cas de tous ceux dont la lignée demeure ininterrompue.»
Verse 30
एवं पृष्टः स विप्रेण कथयामास कारणम् ॥ पुनः पप्रच्छ तं जन्तुः कौतूहलसमन्वितः
«Ainsi interrogé par le brahmane, il exposa la cause ; puis, de nouveau, cet être, animé d’une vive curiosité, l’interrogea encore.»
Verse 31
तवापि सन्ततिस्तात नास्ति दैवाद्यथोचिताः ॥ यदि कश्चिदुपायोऽत्र मह्यं तव हितैषिणे
«Toi aussi, cher enfant, tu n’as point de descendance, par le fait du destin, ainsi qu’il en est advenu. S’il existe ici quelque remède, dis-le-moi, à moi qui veux ton bien.»
Verse 32
वद सर्वं करिष्यामि यदि सत्यं वचो मम ॥ ततः स कथयामास दुःस्थः पितृगणैर्वृतः
«Parle : je ferai tout, si ma parole est véridique.» Alors lui, misérable et entouré des troupes d’ancêtres, se mit à expliquer.
Verse 33
इमे ये मम देहे तु भवन्ति मशकाः कृशाः ॥ सन्तानप्रक्षयादेते मम देहं समाश्रिताः
«Ces moustiques maigres qui naissent sur mon corps : parce que ma lignée s’est éteinte, ils ont pris demeure dans mon corps.»
Verse 34
तन्तुमन्त्रमहं तेषां मम तन्तुमयी सकृत् ॥ आस्ते नगर्या मध्ये तु चन्द्रसेनस्य वेश्मनि
«Je suis pour eux le “mantra-fil” ; mon propre être est une fois (lié) comme un fil.» Elle demeure au milieu de la cité, dans la maison de Candrasena.
Verse 35
महिष्याः प्रेषणे नित्यं दासी नाम्ना प्रभावती ॥ तस्या दासी कर्मकरी विरूपनिधिनामतः
Sous l’ordre constant de la reine se trouvait une servante nommée Prabhāvatī. Cette servante avait une ouvrière/servante, connue sous le nom de Virūpanidhi.
Verse 36
अस्माकं सन्ततेस्तन्तुस्तस्य श्राद्धकृते वयम् ॥ आशया बद्धहृदयाः श्राद्धतर्पणहेतवः
«Pour notre lignée, il est le “fil” de la continuité ; pour l’accomplissement de son śrāddha, nous agissons. Le cœur lié par l’espérance, nous œuvrons pour le śrāddha et les libations aux ancêtres.»
Verse 37
श्रुत्वैतत्स त्रिकालज्ञो मोहाविष्टोऽब्रवीदिदम् ॥ कथं निकृष्टयोन्या यद्दत्तं चापद्यते हविः
L’ayant entendu, le connaisseur des trois temps, saisi de trouble, dit : «Comment une oblation offerte par quelqu’un de “basse naissance” peut-elle devenir un haviḥ (offrande rituelle) légitime ?»
Verse 38
विधिरत्र कथं तस्या येन यूयं स पुत्रिणः ॥ प्रोवाच स त्रिकालज्ञं ज्ञानक्लिष्टं कृपान्वितम्
«Quelle est ici la règle, pour elle, par laquelle vous pourriez obtenir une descendance ?» Alors il s’adressa au connaisseur des trois temps, accablé par son propre savoir, mais plein de compassion.
Verse 39
पूर्वकर्मविपाकेन यां यां गतिमधोमुखीम् ॥ ऊर्ध्वां यां चापि पितरः पुत्रिणः पुत्रमीहते
Par la maturation des actes antérieurs, quelque destinée tournée vers le bas que l’on obtienne, et aussi quelque destinée élevée que les ancêtres—dits « pourvus d’un fils »—recherchent par le fils, tout cela suit la fruition du karma.
Verse 40
श्राद्धं पिण्डोदकं दानं नित्यं नैमित्तिकं तथा ॥ नान्या गतिः पितॄणां स्यात्पितरस्तेन पुत्रिणः
Le śrāddha, les offrandes de piṇḍa et d’eau, et les dons—tant réguliers (nitya) qu’occasionnels (naimittika)—il n’est pas d’autre voie pour les ancêtres. C’est pourquoi les ancêtres sont dits « pourvus d’un fils », car ils sont soutenus par le fils.
Verse 41
अपि स्यात्स कुलेऽस्माकं यो नो दद्याज्जलाञ्जलिम् ॥ नदीषु बहुतोयासु शीतलासु विशेषतः
Puissions-nous avoir, dans notre lignée, quelqu’un qui nous donne une poignée d’eau en libation, dans des rivières aux eaux abondantes, surtout dans des eaux fraîches.
Verse 42
विशेषात्तीर्थमध्ये तु तिलमिश्रं जलाञ्जलिम् ॥ रौप्यजुष्टजलेनाथ नाभिदघ्ने जले स्थितः
Et surtout, au cœur d’un tīrtha, qu’on offre une poignée d’eau mêlée de sésame, avec une eau associée à l’argent; puis, se tenant dans l’eau jusqu’au nombril.
Verse 43
दर्भपाणिस्त्रिस्त्रिगोत्रे पितृन्नाम समुच्चरन् ॥ तृप्यत्वेवं नाम शर्म स्वधाकारमुदाहरन्
Tenant l’herbe kuśa en main, pour les trois (offrandes) et pour les trois gotras, en prononçant les noms des ancêtres, qu’on dise : «Qu’ils soient ainsi rassasiés», et qu’on ajoute la formule «svadhā» avec le nom se terminant par «Śarman».
Verse 44
अदावेका॒ञ्जलिर्द्वे तु तिस्रो वै तर्पणे स्मृताः ॥ देवर्षिपितृसङ्घानां क्रमाज्ज्ञेयं विचक्षणैः
On se souvient de deux (offrandes) faites les paumes jointes, et de trois dans le tarpaṇa (libation). L’ordre—pour les assemblées des dieux, des ṛṣi et des ancêtres—doit être compris successivement par les discernants.
Verse 45
तृप्यध्वमिति चान्ते वै मन्त्रं मन्त्रप्रतिक्रियाः ॥ उदीरतामङ्गिरस आयान्तु न इतीरयेत्
À la fin, on doit réciter le mantra «Soyez rassasiés», comme l’acte conclusif prescrit des mantras. On doit prononcer : «Que les Aṅgirasa se lèvent ; qu’ils viennent à nous», ainsi.
Verse 46
एवं मातामहः शर्म गोत्रे पितामहस्तथा ॥ ऊर्ध्वं पितृभ्यो ये चेह ते पितर इहोच्यते
Ainsi, on récite le grand-père maternel—portant le nom «Śarman»—et de même le grand-père paternel avec le gotra. Ceux qui sont au-dessus des ancêtres immédiats et qui sont ici interpellés dans le rite sont appelés «pitaraḥ» en ce contexte.
Verse 47
मधुवातेति॒ ऋचं तद्वत्पूर्ववत्समुदीरयेत् ॥ पितामहीं प्रपितामहीं पत्याऽ मातृवत्स ह
De même, comme auparavant, on doit réciter la ṛk qui commence par «madhuvāte…». (On doit s’adresser) à la grand-mère et à l’arrière-grand-mère ; et (le faire) avec l’époux (associé), selon la manière employée pour la mère, en vérité.
Verse 48
एवं मातामहानां च पूर्ववत्क्रमशो बुधः ॥ नमो व इति मन्त्रेण प्रत्येकं त्रितयं त्रिषु
Ainsi aussi, pour les grands-pères maternels, le sage procède successivement comme auparavant. Avec le mantra qui commence par «namo vaḥ…», chaque triade (est offerte) parmi les trois (ensembles).
Verse 49
गोत्रोच्चारं प्रकुर्वीत असूर्यान्नाशयामहे ॥ गोत्राय पित्रे महाय शर्मणे चेदमासनम्
On doit prononcer l’énoncé du gotra (déclaration de lignée), en disant : «Nous dissipons ce qui est sans soleil, l’obscurité et l’inauspice». «Pour le gotra, pour le père, pour le Grand, pour Śarman : ce siège est offert».
Verse 50
गोत्रायै मातॄे मह्यै तु देव्यै चासनकर्मणि ॥ गोत्रः पितामहः शर्म गोत्रा मातामही मही
Dans l’acte d’offrir un siège, on dit : «Pour la gotrā (désignation féminine de la lignée), pour la mère et pour la Déesse : ceci est accompli». On énonce le gotra ; le grand‑père paternel est «Śarman» ; on énonce la gotrā ; la grand‑mère maternelle est «Mahī».
Verse 51
अर्घ्यपात्रसङ्कल्पे तु पिण्डदानेऽवनेजने ॥ गोत्रस्य पितुर्महस्य शर्मणोक्तस्य कर्मणि
Dans le saṅkalpa concernant le vase d’arghya, et dans le don des piṇḍa, et dans l’acte de lavage ou de purification—au sein du rite pour le gotra, pour le père vénérable, pour celui nommé «Śarman»—ces déterminations s’appliquent.
Verse 52
गोत्रायै मातुर्महायै देव्याश्चाज्ञेयकर्मणि ॥ आवाहने द्वितीया च चतुर्थी पूज्यकर्मणि
Pour la gotrā, pour la mère vénérable et pour la Dame honorée—dans les rites qu’il faut connaître et appliquer : dans l’invocation (āvāhana) on emploie le deuxième cas (accusatif) ; et dans l’adoration (pūjā) on emploie le quatrième cas (datif).
Verse 53
प्रथमा चाशिषि प्रोक्ता दत्तस्याक्षय्यकारिका ॥ श्राद्धपक्षे तथा षष्ठी अक्षय्यासनयोः स्मृता
Le premier cas (nominatif) est enseigné dans le cadre de la bénédiction (āśīs), car il rend le fruit de ce qui est donné non décroissant. De même, dans le contexte du śrāddha, on se souvient du sixième cas (génitif) au sujet des formules concernant l’«akṣayya» (résultat impérissable) et l’offrande du siège (āsana).
Verse 54
पितुरक्षयकाले तु पितॄणां दत्तमक्षयम् ॥ एवमेतत्तु पुत्रेण भक्तिपूर्वं द्विजेन तु ॥
Lorsque le père est entré dans l’état impérissable, l’offrande donnée aux Pitṛs devient inépuisable. Ainsi en est-il vraiment : accomplie par le fils avec dévotion, et par un dvija (deux fois né), la cérémonie porte un fruit durable.
Verse 55
कृत्वा श्राद्धं तु पितरो हृष्टा मुमुदिरे सदा ॥ जोषमास्स्व त्रिकालज्ञ गच्छामो नरकाय वै ॥
Ayant reçu le śrāddha, les ancêtres, ravis, se réjouirent sans cesse, mais dirent : «Demeure en paix, ô connaisseur des trois temps ; nous allons, en vérité, vers l’enfer».
Verse 56
पूर्वकर्मविपाकेन चिरं तु वसितुं मुने ॥ त्रिकालज्ञ उवाच ॥ ये मया चागता दृष्टास्तीर्थेऽस्मिन्पितरोऽथ वै ॥
«Par la maturation des actes antérieurs, ils doivent demeurer longtemps, ô sage.» Trikālajña dit : «Et ces ancêtres que j’ai vus venir à ce tīrtha, en vérité…».
Verse 57
बहवः स्वस्थमनसो बहवो दुःस्थमानसाः ॥ पुत्रदत्तं तथा श्राद्धं जग्रासोद्विग्नरूपिणः ॥
Beaucoup avaient l’esprit paisible, et beaucoup l’esprit tourmenté. Certains, d’apparence anxieuse, saisirent et prirent le śrāddha offert par le fils.
Verse 58
मौनेन गच्छतां तेषां किमेतद्वद निश्चितम् ॥ अगस्तिरुवाच ॥ अत्र यन्निश्चितं श्राद्धे पुत्रस्य विफलं भवेत् ॥
Comme ils s’en allaient en silence, dis avec certitude ce que cela signifie. Agastya dit : «Voici ce qui est établi ici : dans le śrāddha, si certaines fautes surviennent, le rite du fils peut devenir sans fruit».
Verse 59
नरस्य करणं किञ्चित्तन्मे निगदतः शृणु ॥ अदेशकाले यद्दत्तं विधिहीनमदक्षिणम् ॥
Écoute de ma bouche, tandis que je l’énonce, une règle de conduite pour l’homme : ce qui est donné en un lieu ou un temps inappropriés, sans le rite requis et sans la dakṣiṇā prescrite (honoraire sacré), est entaché de défaut.
Verse 60
अपात्रे मलिनं द्रव्यं महत्पापाय जायते ॥ अश्रद्धेयमपाङ्क्तेयं दुष्टप्रेक्षितमीक्षितम् ॥
Une richesse impure donnée à un destinataire indigne devient cause d’un grand démérite. De même, ce qui est offert sans foi, à celui qui est exclu de la juste commensalité, et ce qui est regardé sous un regard hostile ou corrompu.
Verse 61
तिलमन्त्रकुशैर्हीनमासुरं तद्भवेदिति ॥ वैरोचनाय देवेन वामनेन विभूतये ॥
«Ce (rite) qui est dépourvu de sésame, de mantras et d’herbe kuśa devient āsura, de nature asurique», ainsi est-il dit. Pour Virocana, par le dieu Vāmana, pour (son) investiture…
Verse 62
सच्छूद्रस्य च श्राद्धस्य फलं दत्तं पुरा किल ॥ तथा दाशरथी रामो हत्वा राक्षसमீश्वरम् ॥
En vérité, jadis fut accordé le fruit du śrāddha accompli par un śūdra vertueux. De même, Rāma, fils de Daśaratha, après avoir tué le seigneur des Rākṣasas…
Verse 63
रावणं सगणं घोरं तुष्टेन सह सीतया ॥ श्रुत्वा भक्तिं च राक्षस्यास्त्रिजटायास्त्रिलोककृत् ॥
(Il abattit) le redoutable Rāvaṇa avec ses troupes ; et, Sītā étant apaisée (ensuite), le Créateur des trois mondes, ayant entendu la dévotion de la rākṣasī Trijaṭā…
Verse 64
क्रोधाविष्टानि दानानि विधिपात्रयुतानि च ॥ पाक्षिशौचमनभ्यङ्गप्रतिश्रयमभोजनम्
Les dons faits sous l’emprise de la colère—même s’ils sont accompagnés des règles prescrites et de récipients appropriés—, ainsi que des observances telles que le rite de pureté lié aux oiseaux, l’abstention d’onction, le fait de prendre refuge comme vœu et le jeûne, sont mentionnés ici au sujet de la discipline rituelle.
Verse 65
त्रिजटे त्वत्प्रयच्छामि यच्च श्राद्धमदक्षिणम् ॥ तथैव शम्भुना दत्तं नागराजाय भक्तितः
«Ô Trijaṭā, je t’offre ce śrāddha dépourvu de dakṣiṇā (rétribution sacerdotale) ; de même, dit-on, c’est ce que Śambhu donna avec dévotion au roi des Nāgas.»
Verse 66
तुष्टेन वै वासुकये तन्मे निगदतः शृणु ॥ अनुज्ञाप्य व्रतं जन्तुर्वार्षिकी सकला क्रिया
«Lorsque Vāsuki fut satisfait—écoute-moi tandis que je le rapporte—, l’être, après avoir obtenu l’autorisation, entreprit le vœu ; et l’ensemble des rites fut accompli comme observance annuelle.»
Verse 67
यज्ञस्य योचिताः देया दक्षिणा नाददाद्द्विजः ॥ वृथाशपथकारा या देवब्राह्मणसन्निधौ
La dakṣiṇā convenant à un yajña doit être donnée ; le brāhmaṇa ne la donna pas. Et l’on blâme le fait de prêter un serment vain en présence des dieux et des brāhmaṇas.
Verse 68
अश्रोत्रियाणि श्राद्धानि क्रिया मन्त्रैर्विनापि च ॥ रात्रौ सवाससा स्नानं यथासत्त्वस्वरूपतः
Les śrāddhas accomplis pour des destinataires non śrotriya, et les rites exécutés même sans mantras ; ainsi que le bain nocturne en restant vêtu—selon sa propre disposition—sont ici énumérés parmi les pratiques irrégulières.
Verse 69
यः शिष्यो न नमेद्भक्त्या गुरुं ज्ञानप्रदायकम् ॥ तथैव प्राकृतं धर्ममग्रे गेयं करिष्यतः
Le disciple qui ne se prosterne pas avec dévotion devant le guru dispensateur de connaissance, de même n’accomplira qu’un dharma « ordinaire », récité ou montré plus tard comme simple formalité.
Verse 70
सर्वं तुभ्यं मया दत्तं नागराजाय वार्षिकम् ॥ इत्येतद्वै पुराणेषु सेतिहासेषु पठ्यते
«Tout cela, je te l’ai donné, à toi, roi des Nāgas, comme offrande annuelle.» Ainsi, en vérité, lit-on dans les Purāṇa et les Itihāsa.
Verse 71
तद्वदलिककरणं श्राद्धं दानं व्रतं तथा ॥ नोपतिष्ठति तेषां वै तेन नग्नादयस्त्वमी
De même, lorsque la tromperie est pratiquée, le śrāddha, le don (dāna) et les vœux (vrata) ne se maintiennent pas et ne deviennent pas efficaces pour eux ; c’est pourquoi on les range parmi les « nus et autres semblables », c’est‑à‑dire des êtres déficients sur le plan social et rituel dans ce propos.
Verse 72
मुषिताच्छिद्रकरणैस्तद्दानफलभोक्तृभिः ॥ यथा गतास्तथा ते तु श्राद्धहूतास्तु निष्फलाः
Par ceux qui volent et fabriquent des « défauts » (des failles frauduleuses), devenant les consommateurs du fruit de ce don, les conviés au śrāddha s’en vont comme ils sont venus ; en vérité, ils sont sans résultat pour l’officiant-donateur.
Verse 73
त्रिकालज्ञ उवाच ॥ षट्काले भोजनं त्वद्य नाहं भोक्तुमिहोत्सहे ॥ यावत्तृप्तिर्न ते भूयाद्दृष्ट्वा हन्त स्थिरो भव
Trikālajña dit : «Aujourd’hui, avec le repas aux six moments, je ne souhaite pas manger ici. Jusqu’à ce que ta satisfaction s’accroisse ; ayant vu cela, eh bien, demeure ferme».
Verse 74
तावत्कालं प्रतीक्षस्व यावदागमनं मम ॥ अस्मिंस्तीर्थे सदैवाहं दिवा रात्रमतन्द्रितः ॥
Attends jusqu’à mon retour. En ce tīrtha sacré, je demeure sans cesse—jour et nuit—sans aucune négligence.
Verse 75
सोऽहमद्य व्रतं त्यक्त्वा तव कारुण्यपूरितः ॥ गत्वाहमानयिष्यामि त्वयोक्तां तां वरां स्त्रियम् ॥
Ainsi, rempli de compassion pour toi, je mettrai aujourd’hui mon vœu de côté ; j’irai et ramènerai cette femme excellente dont tu as parlé.
Verse 76
अनया कारयिष्यामि श्राद्धं तु विधिना सह ॥ एवमुक्त्वा स षष्ठाशी मौनवाक्संययौ द्रुतम् ॥ राजा समीपगं दृष्ट्वा अकस्मादागतं ऋषिम् ॥
Par elle, je ferai accomplir le śrāddha selon la règle et le rite prescrits. Ayant ainsi parlé, cet ascète—se nourrissant du jeûne du sixième jour et retenant sa parole—partit promptement. Le roi, voyant le ṛṣi arriver soudain tout près…
Verse 77
क्षित्यास्तले विलुलितः पादौ कृत्वा तु मूर्द्धनि ॥ धन्योऽस्म्यनुगृहीतोऽस्मि यद्भवान्गृहमागतः ॥
Se prosternant à terre et posant les pieds (du sage) sur sa tête, le roi dit : «Je suis béni ; j’ai reçu ta grâce, puisque tu es venu dans ma demeure».
Verse 78
सदा यज्ञं करिष्यामि गृहमागमने तव ॥ अद्य मे सफलं जन्म यद्भवांस्त्वमिहागतः ॥
Chaque fois que tu viendras dans ma maison, j’accomplirai toujours un yajña. Aujourd’hui, ma naissance est devenue féconde, puisque tu es venu ici.»
Verse 79
इदं पाद्यमिदं चार्घ्यं मधुपर्कमिमां च गाम् ॥ गृहाण मुनिशार्दूल येनाहं शान्तिमाप्नुयाम् ॥
Voici l’eau pour laver les pieds ; voici l’offrande de respect (arghya) ; voici le madhuparka, et cette vache également. Reçois-les, ô tigre parmi les sages, afin que j’obtienne la paix.
Verse 80
तस्य तत्प्रतिगृह्याशु स मुनिस्त्वरितोऽब्रवीत् ॥ मदीयागमने राजन् शृणु त्वं कारणं महत् ॥
Ayant promptement accepté ces offrandes, le sage parla sans délai : «Ô roi, écoute la grande raison de ma venue».
Verse 81
तच्छ्रुत्वा कुरु तत्सर्वं येनाहं तोषितोऽभवम् ॥ एवमुक्तस्तु राजर्षिरब्रवीत्तं तपोधनम् ॥
«Après l’avoir entendu, accomplis tout cela, par quoi je serai satisfait.» Ainsi interpellé, le roi-sage s’adressa à cet ascète, riche en austérités.
Verse 82
तस्या दासी वरारोहा प्रभावत्यपि विश्रुता ॥ सापि देव्याः तु सहिता आयातु मम सन्निधौ ॥
«Et que sa servante—à la belle allure, connue sous le nom de Prabhāvatī—vienne aussi en ma présence, accompagnée de la reine».
Verse 83
ततश्चान्तःपुराद्देवी सदासी तत्र चागता ॥ क्षितौ विलुलिता साध्वी प्रणाममकरोदृषेः ॥
Alors la reine, avec sa servante, vint de l’intérieur du palais. La femme vertueuse se prosterna à terre et rendit hommage au rishi.
Verse 84
समासीनां च विप्रेन्द्रः प्रोवाच विनताननाम् ॥ ध्रुवतीर्थे मयाश्चर्यं यद्दृष्टं कथयामि वः ॥
Alors le plus éminent des brahmanes s’adressa à ceux qui étaient assis là, le visage humble : « Au Dhruva-tīrtha, j’ai vu un prodige ; je vous dirai ce que j’ai contemplé. »
Verse 85
ये केचित्पितरो लोके लोकानां सर्वतः स्थिताः ॥ ये पूजिताः श्राद्धकृद्भिः पुत्रैः प्रीता दिवं ययुः ॥
«Quels que soient les Pitṛ (Pères, ancêtres) dans le monde, établis de toutes parts parmi les lokas : ceux que des fils honorent en accomplissant le śrāddha, satisfaits, atteignent le séjour céleste.»
Verse 86
एको वृद्धो नरस्तत्र सूक्ष्मप्राणिभिरावृतः ॥ क्षुत्क्षामदेहः शुष्कास्यो निर्गतोदरसूक्ष्मदृक् ॥
«Là se tenait un vieillard, seul, entouré d’êtres minuscules ; son corps était ravagé par la faim, sa bouche desséchée, son ventre creusé, et son regard faible et défaillant.»
Verse 87
निराशो गन्तुकामश्च पुनः स निरयेऽशुचौ ॥ कारुण्यात्स मया पृष्टः कस्त्वं ब्रूहि किमिच्छसि ॥
«Sans espoir et désirant s’en aller, il semblait retomber dans un enfer impur. Par compassion, je lui demandai : “Qui es-tu ? Dis-moi, que cherches-tu ?”»
Verse 88
तेनात्मकर्मजनितं मम कर्म निवेदितम् ॥ ततस्तत्रैव तच्छ्रुत्वा तस्य कारुण्ययन्त्रितः ॥
«Par lui me fut rapporté mon propre acte, né de mon action personnelle. Alors, sur-le-champ, l’ayant entendu, je fus ému et comme retenu par la compassion pour lui.»
Verse 89
तव दास्याश्च या दासी तस्यास्तन्तुः किलॊच्यते ॥ नाम्ना विरूपकनिधिस्तामानय वरानने ॥
«La servante qui appartient à ta servante—son lien est, dit-on, “Tantu”. Son nom est Virūpakanidhi ; amène-la ici, ô toi au beau visage.»
Verse 90
इति श्रुत्वानवद्याङ्गी तस्या आनयनेऽत्वरत् ॥ प्रेषयामास सर्वत्र तस्या आनयने बहून् ॥
L’ayant entendu, la femme aux membres sans reproche se hâta de la faire venir, et envoya en tous lieux de nombreuses personnes pour la ramener.
Verse 91
सेवकैः सा करे गृह्य आनीता मुनिसन्निधौ ॥ तां दृष्ट्वा मदिरामत्तां स मुनिः प्राह धर्मवित् ॥
Saisie par la main par des serviteurs, elle fut conduite en présence du sage. La voyant ivre de boisson, ce sage, connaisseur du dharma, prit la parole.
Verse 92
प्रत्ययार्थं तु तस्या वै मुनिः प्राह क्रियां प्रति ॥ पितॄणां च कृते दत्तं दानं वारि न वा स्वधा ॥
Pour s’en assurer dans son cas, le sage l’interrogea au sujet des rites : «A-t-on fait quelque don pour les Pères—offrande d’eau, ou oblation de svadhā ?»
Verse 93
तर्पणं चापि नो दत्तं पितॄणां चातिमुक्तिदम् ॥ सा नैवमित्युवाचेदं तं मुनिं संशितव्रतम् ॥
«Et l’on n’a pas non plus offert le tarpaṇa, qui accorde une grande délivrance aux Pères.» Elle répondit : «Il n’en est pas ainsi», à ce sage aux vœux austères.
Verse 94
न जानामि पितॄन्स्वान्वै क्रियां कार्यं च वै विभो ॥ इति ब्रुवाणां ता दासीं त्रिकालज्ञोऽभ्युवाच ह ॥
«Je ne connais pas mes propres ancêtres, ô Seigneur, ni le rite et le devoir qui doivent être accomplis.» Ainsi parlant, cette servante fut adressée par le sage qui connaît les trois temps.
Verse 95
सकौतुकाः महाभागाः श्राद्धदानं च नैव ह ॥ नगरस्थाश्च ते सर्वे ब्राह्मणा भावपूजिताः ॥ १०६ ॥ राज्ञा नीतास्तत्र तीर्थे श्राद्धार्थं मुनिना सह ॥ लोकैः परिवृतो राजा ध्रुवतीर्थं गतः प्रभुः ॥
Ces bienheureux, saisis de curiosité, se consacrèrent au don du śrāddha. Tous les brāhmaṇas demeurant dans la cité—honorés d’un respect sincère—furent conduits par le roi à ce gué de pèlerinage, avec le muni, pour accomplir le śrāddha. Entouré du peuple, le roi souverain se rendit à Dhruvatīrtha.
Verse 96
तत्र दृष्टः स वै जन्तुर्न च तन्तुर्विचेतनः ॥ मशकैर्वेष्टितः क्षुद्रैः क्षुधया चातिपीडितः ॥
Là, ils virent cet être—Tantu—privé de conscience, enveloppé de petits moustiques et cruellement accablé par la faim.
Verse 97
पत्नी च मथुरेशस्य नृपः सपुरसज्जनः ॥ सर्वे द्रक्ष्यथ माहात्म्यं पितॄणां सन्ततेः फलम् ॥
L’épouse du seigneur de Mathurā, et le roi avec les dignes gens de la cité : que vous contempliez tous la grandeur, le fruit issu de la continuité des offrandes aux ancêtres.
Verse 98
ततः श्राद्धं सरौप्यं च सवस्त्रं सविलेपनम् ॥ अर्चित्वा पिण्डदानेन करोत् वेषा च भक्तितः ॥
Alors elle accomplit le śrāddha avec des dons d’argent, avec des vêtements et des onguents ; après avoir honoré comme il convient les récipiendaires, elle l’exécuta par l’offrande des piṇḍa (boules de riz), et elle le fit avec dévotion.
Verse 99
अत्रैव सर्वे स्थित्वा वै माम् ईक्षथ सुखान्वितम् ॥ कारयित्वा यथासर्वं श्राद्धदानं हि तन्तुना ॥
Demeurez tous ici et contemplez-moi, pourvu de bien-être, lorsque le don rituel du śrāddha aura été accompli comme il se doit, en tout point, au nom de Tantu.
Verse 100
तस्य तद्वचनं श्रुत्वा राजपत्नी यशस्विनी ॥ कारयामास दास्या वै श्राद्धं सुबहुदक्षिणम् ॥
Ayant entendu ses paroles, la reine illustre fit accomplir par la servante un śrāddha, pourvu de dakṣiṇā (rétributions rituelles) très abondantes.
Verse 101
पट्टवस्त्रं तथा धूपं कर्पूरागुरुचन्दनम् ॥ तिलोत्तरं तथान्नं च बहुरूपं सपिण्डकम् ॥ ११४ ॥ कृते श्राद्धे पिण्डदाने स जन्तुः सुकृती यथा ॥ दिव्यकान्तिरदीनात्मा तथाभूतैः पृथक् पृथक् ॥ ११५ ॥ वेष्टितः शुशुभेऽतीव दीक्षितोऽवभृथे यथा ॥ स्वर्गागतैर्विमानैश्च छादितं तत्र वै नभः ॥
Étoffe de soie, encens, camphre, bois d’aloès et santal; offrandes au sésame, et aussi des mets de maintes sortes avec le piṇḍa : tout cela fut offert. Lorsque le śrāddha et l’offrande des piṇḍas furent achevés, cet être apparut comme riche de mérite : d’une splendeur divine, l’âme sans abattement, entouré—chacun selon sa forme propre—de tels êtres transfigurés. Ainsi ceint, il resplendit grandement, tel un consacré lors de l’ablution finale; et le ciel en ce lieu fut couvert de vimānas célestes venus du séjour des dieux.
Verse 102
तेषां मशकगात्राणां सुगात्राणां सुरूपिणाम् ॥ ततस्तुष्टमना जन्तुर्विमानं प्रेक्ष्य चागतम् ॥ ११७ ॥ गन्तुं स्वर्गमुवाचेदं त्रिकालज्ञं मुनिं नृपम् ॥ शृण्वन्तु वचनं सर्वे मदीयं पितृतुष्टिदम् ॥ ११८ ॥ तीर्थानि सरितः श्रेष्ठाः पर्वताश्च सरांसि च ॥ कुरुक्षेत्रं गया चैव स्थानान्यायतनानि च ॥
De ceux qui jadis avaient un corps de moustique, désormais aux membres gracieux et à la belle apparence, l’être, l’esprit satisfait, voyant le vimāna arrivé, parla afin de partir pour le ciel, s’adressant au muni connaisseur des trois temps et au roi : «Que tous entendent mes paroles, qui réjouissent les ancêtres : les tīrthas, les meilleurs fleuves, les montagnes et les lacs; ainsi que Kurukṣetra et Gayā, et d’autres stations sacrées et sanctuaires».
Verse 103
शुक्लप्रतिपदन्तं च तीर्थं प्राप्य ससत्वराः ॥ पितरः श्राद्धपिण्डादा आश्विने ध्रुवमास्थिताः ॥
Ayant atteint en hâte le tīrtha jusqu’au terme de la première journée de la quinzaine claire (śukla-pratipadā), les ancêtres—receveurs des piṇḍas du śrāddha—demeurent fermement présents durant le mois d’Āśvina.
Verse 104
कृत्वा प्रेतपुरीं शून्यां स्वर्गपातालमेव च ॥ इहमानाः स्वकं पुत्रं गोत्रतन्तुमथानुजम्
Ayant rendu déserte la cité des défunts, et ayant atteint le ciel ainsi que le monde souterrain, ils aspirent pourtant ici à leur propre fils—le fil de continuité de la lignée—et aussi à un parent plus jeune.
Verse 105
कन्यां गते सवितरि यः श्राद्धं सम्प्रदास्यति ॥ तर्पणं ध्रुवतीर्थे ते पितॄणां षोडशान्तरे
Quiconque, lorsque le Soleil est entré en Kanyā (la Vierge), offrira dûment un śrāddha—et le tarpaṇa au Dhruva-tīrtha—le fait pour les ancêtres, dans l’intervalle de seize jours.
Verse 106
सुतृप्ताः स्मो वयं शश्वद्यास्यामः परमां गतिम् ॥ एष एव प्रभावोऽत्र ध्रुवस्य कथितो मया
«Nous sommes pleinement rassasiés, et à jamais nous atteindrons l’état suprême.» Telle est, en vérité, l’efficacité ici de Dhruva (et de son tīrtha), ainsi que je l’ai exposé.
Verse 107
दृष्टो भवद्भिः सर्वं यदस्माकं सुदुरत्ययम् ॥ दुस्तरं तारितं पापं त्वत्प्रसादान्महामुने
Par vous, tout ce qui pour nous était extrêmement difficile à surmonter a été vu et compris. Le péché, difficile à franchir, a été traversé par votre grâce, ô grand sage.
Verse 108
इति विश्राव्य वचनं राजानं स ऋषिं जनान् ॥ राजपुत्रीं तथा दासीं स्वां सुतां शिवमस्तु वः
Ainsi, après avoir fait entendre ces paroles au roi, à ce ṛṣi et au peuple—y compris la fille du roi et aussi la servante, sa propre fille—il dit : «Qu’il y ait pour vous l’auspice».
Verse 109
आरुह्य वरयानं ते गताः स्वर्गं वृता सुरैः ॥ श्रीवराह उवाच ॥ ततः स राजशार्दूलः सगणः परिवारकैः
Montant sur l’excellent char aérien, ils gagnèrent le ciel, entourés des dieux. Śrī Varāha dit : Alors ce tigre parmi les rois, avec sa suite et ses serviteurs, (…)
Verse 110
दृष्ट्वा तीर्थस्य माहात्म्यं प्रणम्य ऋषिसत्तमम् ॥ प्रविष्टो नगरीं रम्यां संस्मरन्नित्यमच्युतम्
Ayant contemplé la grandeur du tīrtha et s’étant prosterné devant le plus excellent des ṛṣi, il entra dans la cité ravissante, se souvenant sans cesse d’Acyuta (Viṣṇu).
Verse 111
एतत्ते कथितं भद्रे माहात्म्यं मथुराभवम् ॥ स्मरणाद्यस्य पापानि नश्यन्ते पूर्वजन्मनि
Ô noble âme, ce māhātmya issu de Mathurā t’a été exposé ; par son souvenir, dit-on, les péchés d’une naissance antérieure s’évanouissent.
Verse 112
एतत्त्वयानाव्रतिने न चाशुश्रूषये तथा ॥ कथनीयं महाभागे यश्च नार्चयते हरिम्
Ô bienheureuse, tu ne dois pas le dire à celui qui n’est pas discipliné dans les observances, ni à celui qui n’est pas assidu au service ; ni à celui qui n’honore pas Hari.
Verse 113
तीर्थानां परमं तीर्थं धर्माणां धर्ममुत्तमम् ॥ ज्ञानानां परमं ज्ञानं लाभानां लाभ उत्तमः
C’est le tīrtha suprême parmi les tīrthas, le dharma le plus élevé parmi les dharmas ; la connaissance suprême parmi les connaissances, et le gain le plus excellent parmi les gains.
Verse 114
कथनीयं महाभागे पुण्यान्भागवतांसदा ॥ सूत उवाच ॥ एतच्छ्रुत्वा प्रभोर्वाक्यं धरणी विस्मयान्विता ।
Sūta dit : «Ô noble dame, il faut toujours célébrer les dévots méritants du Bhagavat. Ayant entendu les paroles du Seigneur, Dharaṇī (la Terre) fut remplie d’émerveillement.»
Verse 115
पप्रच्छ मुदिता देवी प्रतिमास्थापनं प्रति ।
La déesse, réjouie, interrogea au sujet de l’établissement d’une image (pratimā-sthāpana).
Verse 116
तस्मिन्क्षणे न च कृतं व्रतं जप्यं विमोहनात् ॥ कृपया परिभूतस्य कौतुकॆन निरीक्षता ।
En cet instant, par égarement, nul vœu ne fut observé ni aucune récitation (japa) accomplie ; et, par curiosité, l’on regarda celui qui avait été rabaissé, bien que la compassion fût présente.
Verse 117
सा चैकान्ते च दिवसे पानमांसरता सदा ॥ पुरुषेण सहासीना शय्यायां मदविह्वला ।
Et elle, toujours portée à la boisson et à la viande, s’assit avec un homme à l’écart, en plein jour, sur un lit, accablée par l’ivresse.
Verse 118
उवाच ते तदा विप्रोऽभवत्सन्तानजाः स्त्रियः ॥ आनीतास्तव पुष्ट्यार्थं यथेच्छसि तथा कुरु ॥ १०९ ॥ अगस्त्य उवाच ॥ स्नात्वैषा ध्रुवतीर्थे तु ब्रह्मणोक्तक्रमेण च ॥ करोतु तर्पणं चास्मिन्पूर्वोक्तविधिना त्वियम् ।
Alors le brāhmane te dit : «Des femmes nées dans ta lignée ont été amenées pour ta prospérité ; fais comme tu le souhaites.» Agastya dit : «Après s’être baignée à Dhruva-tīrtha et selon l’ordre rituel enseigné par Brahmā, qu’elle accomplisse ici le tarpaṇa conformément à la méthode énoncée plus haut.»
Verse 119
पितॄणां मुक्तिदं चान्यन्न भूतं न भविष्यति ॥ आषाढ्याः पञ्चमे पक्षे प्रतिपत्प्रभृतित्वथ ।
Rien d’autre n’a existé, ni n’existera, qui accorde la délivrance aux ancêtres comme ceci. Ensuite, au mois d’Āṣāḍha, dans le cinquième pakṣa, à partir de la pratipat (premier jour lunaire)…
Verse 120
पठति श्रद्धया युक्तो ब्राह्मणानां च सन्निधौ ॥ स पितॄंस्तर्पयेत्सर्वानभिगम्य गयाशिरे ।
S’il le récite avec foi, en présence de brāhmaṇas, alors—s’étant rendu à Gayāśiras—il doit apaiser tous les ancêtres par le tarpaṇa.
Verse 121
वेपथुः कोटराक्षश्च पृष्ठलग्नलघूदरः ॥ ऊरुचर्मास्थिरुक् त्रस्तो जृम्भमाणो भृशं कृशः ।
Tremblant, aux yeux creusés, le ventre maigre collé au dos; la peau pendant des cuisses, tourmenté par la douleur des os, effrayé, bâillant sans cesse—extrêmement émacié.
Verse 122
ते स्वधापूजितैः पुत्रैर्गच्छन्ति परमां गतिम् ॥ अद्य राज्ञस्तु पितरश्चन्द्रसेनस्य पूजिताः ।
Eux, honorés par leurs fils au moyen de l’offrande de svadhā, atteignent l’état suprême. Aujourd’hui, en vérité, les ancêtres du roi Candrasena ont été honorés.
Verse 123
स्थिताः एतावदेवं तु कालं यास्यामहेऽम्बुधौ ॥ नरके त्वप्रतिष्ठे तु निराशाः स्वेन कर्मणा ।
«Étant demeurés ainsi seulement pour un tel laps de temps, nous passerons dans les eaux. Mais, dans l’enfer instable, ils sont sans espoir—par leurs propres actes.»
Verse 124
पित्रे प्रथमतॊ दद्यान्मात्रे दद्यादथाचरन् ॥ गोत्रं माता नाम देवी तृप्यत्वेवं स्वदोच्चरन् ॥
On doit d’abord offrir (l’oblation) au père; ensuite, à la mère, en agissant ainsi. En prononçant le gotra et en disant : « Mère, nommée Devī, qu’elle soit satisfaite », puis en énonçant « svadhā », le rite s’accomplit ainsi.
Verse 125
वार्यपि श्रद्धया दत्तं तदानन्त्याय कल्पते ॥ श्रद्धया ब्राह्मणेनैव यथा श्राद्धविधिक्रिया ॥
Même l’eau, lorsqu’elle est donnée avec foi, devient propre à un mérite sans fin. Et le rite de Śrāddha doit être accompli par un brāhmane avec foi, selon la procédure prescrite.
Verse 126
सीतावाक्यप्रतुṣ्टेन तस्यै प्रादाद्वरं विभुः ॥ अशुचीनि गृहाण्येव तथा श्राद्धहवींषि च ॥
Satisfait des paroles de Sītā, le Seigneur lui accorda une grâce : (l’autorisation) concernant aussi les maisons impures, et de même les offrandes de Śrāddha.
Verse 127
मौनव्रतधरा यान्ति पुनः प्राप्यार्थहेतवे ॥ एवमेतन्महाप्राज्ञ यन्मां त्वां परिपृच्छसि ॥
Ceux qui portent le vœu de silence s’avancent (ainsi) et, de nouveau, atteignent leur but comme cause de ce qu’ils visent. Ainsi en est-il, ô très sage, de ce que tu m’interroges.
Verse 128
किं तद्वद यथाकार्यं येन सिद्धं भवेदिदम् ॥ त्रिकालज्ञ उवाच ॥ या सा ते राजमहीषी तामानय वराननाम् ॥
« Qu’est-ce donc ? Dis-moi ce qu’il faut faire pour que cela s’accomplisse. » Le connaisseur des trois temps dit : « Amène cette reine qui est la tienne, au beau visage. »
The chapter frames ethical responsibility through ritual order: descendants are depicted as accountable for sustaining social continuity (santati) and performing properly regulated offerings (tarpaṇa/śrāddha). The narrative uses the suffering being’s condition to argue that neglect, procedural impropriety, and social disorder (expressed via the yoni-saṅkara motif) produce instability, while disciplined, correctly timed and correctly addressed rites restore relational balance between living communities and ancestral lineages.
The text specifies a calendrical window connected with Āṣāḍha: “Āṣāḍhyāḥ pañcame pakṣe” beginning from śukla-pratipad up to the end of the bright fortnight (śukla-pratipad-anta). It also references Aśvin as a period in which pitṛs are described as ‘dhruvam āsthitāḥ’ (stably present) for receiving śrāddha and piṇḍa offerings, indicating seasonally intensified accessibility of pitṛs at Dhruvatīrtha.
Although presented as ritual instruction, the chapter implicitly links Pṛthivī’s stability to orderly human conduct: tīrtha spaces (rivers and crossings) function as managed ecological-religious zones where correct practices regulate community behavior (purity norms, timing, restraint, gifting). By portraying Dhruvatīrtha as a site where disciplined rites transform disorder into resolution, the text can be read as an early model of ‘ritual ecology’—a framework in which social regulation around water-sites contributes to terrestrial balance and communal sustainability.
A royal figure, King Candrasena, anchors the narrative’s administrative setting. The instructing authority is a tri-kāla-jña sage, and the dialogue later includes attribution to Agastya in the didactic section on when rites become ineffective (adeśa-kāla, vidhihīna, apātra). Epic-cultural references appear via Rāma, Sītā, Rāvaṇa, and Trijaṭā, and a Nāga figure Vāsuki is mentioned in an exemplum about ritual validity and permissions, situating the chapter within broader Sanskrit cultural memory.