Adhyaya 147
Varaha PuranaAdhyaya 14767 Shlokas

Adhyaya 147: The Sacred Merit of Goniṣkramaṇa (the Tīrtha of the Cows’ Emergence/Release)

Goniṣkramaṇa-māhātmya

Tīrtha-māhātmya (Sacred Geography and Ritual Manual)

Dans un dialogue, Pṛthivī demande à Varāha de révéler un tīrtha encore plus secret et purificateur, au-delà de Rurukṣetra et de Hṛṣīkeśa. Varāha explique la cause cachée et la grandeur de Goniṣkramaṇa, haut lieu de l’Himalaya associé aux vaches Surabhī et aux longues austérités du sage Aurva. Lorsque Īśvara (Rudra) s’en approche, le tejas de Rudra brûle l’āśrama d’Aurva, et le rishi profère une malédiction capable d’ébranler les mondes. Un remède est alors prescrit : amener des vaches Surabhī pour baigner Aurva et neutraliser la malédiction de Rudra. Varāha systématise ensuite la discipline rituelle du site—bain, jeûne, circumambulation et observances limitées dans le temps—en reliant sources, banians et chutes d’eau à la maîtrise de soi, à la purification et au rétablissement de l’équilibre cosmique et environnemental.

Primary Speakers

VarāhaPṛthivī

Key Concepts

tīrtha-māhātmya and ritual efficacy (snāna, upavāsa, pradakṣiṇā)śāpa (curse) and prāyaścitta-like reversal through nonviolent, restorative actsAurva’s tapas and the politics of ascetic powersacred hydrology (dhārā, kuṇḍa, saras) as a model of purificationenvironmental-terrestrial balance framed through Pṛthivī-centered discourse

Shlokas in Adhyaya 147

Verse 1

अथ गोनिष्क्रमणमाहात्म्यम् ॥ धरण्युवाच ॥ अत्याश्चर्यं श्रुतं ह्येतद्रुरुक्षेत्रसमुद्भवम् ॥ हृषीकेशस्य महिमा त्वया य उपवर्णितः

Voici maintenant [le début] de la Māhātmya du Goniṣkramaṇa. Dharaṇī dit : «Vraiment, nous avons entendu ce récit merveilleux, né de Ruru-kṣetra. La grandeur de Hṛṣīkeśa que tu as décrite…».

Verse 2

अन्यच्च यत्परं गुह्यं क्षेत्रं परमपावनम् ॥ वक्तुमर्हसि देवेश परं कौतूहलं मम

Et de plus, ô Seigneur des dieux, daigne me dire quel est cet autre kṣetra sacré, suprêmement secret et très purificateur, car ma curiosité est extrêmement grande.

Verse 3

श्रीवराह उवाच ॥ शृणु भूमे प्रयत्नेन कारणं परमं मम ॥ गुह्यमस्त्यपरं चैव हिमशृङ्ग शिलोच्चये

Śrī Varāha dit : Écoute, ô Terre, avec une attention soutenue, ma raison suprême. Il existe aussi un autre secret sur le haut promontoire rocheux nommé Himaśṛṅga.

Verse 4

गोनिष्क्रमणकं नाम गावो यत्र प्रतारिताः ॥ यथा निष्क्रमणं प्राप्य सुरभीणां वसुन्धरे

On l’appelle Goniṣkramaṇaka, ô Vasundharā, là où les vaches furent poussées en avant ; et là, ayant atteint une issue, les vaches Surabhī purent se frayer un passage et sortir.

Verse 5

सप्ततिर्यत्र कल्पानि और्वो यत्र प्रजापतिः ॥ तपश्चचार परमं मम मायाबलान्वितः

Là, durant soixante-dix kalpas, Aurva, le Prajāpati, accomplit l’austérité suprême (tapas), pourvu de la puissance de ma māyā.

Verse 6

तस्यैवं वर्तमानस्य याति काले महत्तरे ॥ एवं हि तप्यमानस्य सर्वलोकस्य संशयः

Comme il persévérait ainsi, un temps immensément long s’écoula. En vérité, tandis qu’il brûlait ainsi dans l’austérité, le doute et l’inquiétude s’élevèrent pour tous les mondes.

Verse 7

न वरं प्रार्थयत्येष लाभालाभसमन्वितः ॥ सूचकोऽपि न विद्येत बलिकर्मसु संयतः

Il ne demanda aucun don, demeurant égal d’âme dans le gain comme dans la perte. Maîtrisé dans les rites d’offrande, il n’y avait en lui pas même un signe d’intérêt personnel.

Verse 8

अथ दीर्घस्य कालस्य कश्चिद्ब्रह्मयतिस्तदा ॥ तपस्तपस्यति मुनौ तस्मिन्शैলোच्चये धरे

Puis, après un long temps, parut un certain brahma-yati ; et sur cette haute éminence de la montagne, ce sage pratiqua les austérités (tapas).

Verse 9

ईश्वरोऽपि महाभागे तत्पार्श्वं समुपागतः ॥ गोनिष्क्रमेतिविख्याते तस्मिंस्तीर्थे महौजसि

Et Īśvara aussi, ô bienheureux, s’approcha de son côté, en ce puissant tīrtha renommé « Goniṣkrama ».

Verse 10

तन्निर्गतं ततो ज्ञात्वा और्वं सर्वे तपस्विनः ॥ महेश्वरो महातेजाः सम्भ्रमात्समुपागतः

Alors, ayant su qu’Aurva était apparu, tous les ascètes (tapasvins) se rassemblèrent ; et Maheśvara, d’un grand éclat, s’approcha avec hâte et gravité.

Verse 11

फलपुष्पसमाकीर्णा लक्ष्मीश्चैवोपजायते ॥ आश्रमं रूपसम्पन्नं फलपुष्पोपशोभितम्

Et la prospérité (Lakṣmī) s’éleva, le lieu étant jonché de fruits et de fleurs ; l’āśrama devint beau de forme, orné de fruits et de floraisons.

Verse 12

तच्च वै भस्मसाद्भूतं महारुद्रस्य तेजसा॥ दग्ध्वा तं चाश्रमं पुण्यमौरवस्य सुमहत्प्रियम्॥

Ce lieu, en vérité, fut réduit en cendres par l’éclat de Mahārudra, après qu’il eut brûlé ce saint āśrama, immensément cher à Aurva.

Verse 13

ईश्वरोऽपि ततः प्राप्तः शीघ्रमेव हिमालयम्॥ एतस्मिन्नन्तरे देवि गृह्य पुष्पकरण्डकम्॥

Alors Īśvara aussi parvint promptement à l’Himālaya. Cependant, ô Devī, prenant un panier de fleurs, (…)

Verse 14

आश्रमं समनुप्राप्त और्वोऽपि मुनिपुङ्गवः॥ शान्तो दान्तः क्षमाशीलः सत्यव्रतपरायणः॥

Aurva aussi—le plus éminent des sages—parvint à l’āśrama : paisible, maître de lui, patient de nature et voué aux vœux de vérité.

Verse 15

दृष्ट्वा स्वमाश्रमं दग्धं बहुपुष्पफलोदकम्॥ मन्युना परमाविष्टो दुःखनेत्रपरिप्लुतः॥

Voyant son propre āśrama brûlé—jadis riche de nombreuses fleurs, fruits et eaux—il fut saisi d’une colère extrême, les yeux inondés de chagrin.

Verse 16

उवाच क्रोधरक्ताक्षो वचनं निर्दहन्निव॥ येनैष चाश्रमो दग्धो बहुपुष्पफलोदकः॥

Les yeux rougis de colère, il proféra des paroles comme brûlantes : «Par qui cet āśrama, abondant en fleurs, fruits et eau, a-t-il été incendié ?»

Verse 17

सोऽपि दुःखेन सन्तप्तः सर्वलोकान्भ्रमिष्यति॥ एवमौरवेन दत्ते तु शापे तस्मिन्महौजसि॥

«Lui aussi, consumé par la douleur, errera à travers tous les mondes.» Ainsi Aurva proféra cette malédiction contre ce puissant être, (…)

Verse 18

महाभयात्तु लोकानां न कश्चित्पर्यवारयत्॥ तत्क्षणादेव देवेशि ईशोऽपि जगतो विभुः॥

Mais, saisis d’une grande terreur, les mondes ne virent personne intervenir. À cet instant même, ô Devī, Īśa aussi—le Seigneur de l’univers—(…)

Verse 19

दह्यते स्म जगत्सर्वं स तु किञ्चिन्न चेच्छति॥ को वा प्रतिविधिस्तत्र यथा सर्वस्य सम्भवेत्॥

Le monde entier serait réduit en cendres; pourtant, lui ne désirerait rien (pour s’arrêter). Quel remède pourrait-il y avoir, par lequel le bien de tous fût assuré ?

Verse 20

एवमुक्ते मया क्रोधाद्दीक्षितस्तस्य चाश्रमः॥ दग्धोऽभवत्क्षणेनैव वयं तस्माद्विनिर्गताः॥

Quand j’eus ainsi parlé, son ermitage—par la colère—fut voué (à la destruction) et brûla en un instant ; alors nous en sortîmes.

Verse 21

एतद्दुःखेन सन्तप्तो मन्युना च परिप्लुतः॥ और्वः शशाप रोषेण तेन तप्ता वयं शिवे॥

Tourmenté par cette douleur et submergé de colère, Aurva—dans sa fureur—prononça une malédiction ; par elle nous fûmes affligés, ô Śivā.

Verse 22

ततोऽभ्रमद्विरूपाक्षः शं न प्राप्नोति कर्हिचित् ॥ अहं च परितप्तोऽस्मि आत्मत्वादीश्वरस्य च ॥

Alors Virūpākṣa erra et ne parvint jamais, en aucun temps, au bien-être ; et moi aussi je suis tourmenté, en raison de mon intime identité (ātmatva) avec le Seigneur.

Verse 23

तेन दाहेन संतप्तो न शक्नोमि विचेष्टितुम् ॥ पार्वत्या च ततः प्रोक्तः आवां नारायणं प्रति ॥

Brûlé par cette douleur ardente, je ne puis agir. Alors Pārvatī dit : «Allons vers Nārāyaṇa».

Verse 24

गच्छावस्तस्य वाक्येन सुखं यत्र भविष्यति ॥ ततो नारायणं गत्वा सह तेन तमौर्वकम् ॥

«Allons, selon sa parole, là où naîtra le bien-être». Puis, étant allés vers Nārāyaṇa avec lui, ils s’approchèrent de cet Aurvaka.

Verse 25

विज्ञापयामो रुद्रस्य शापोऽयं विनिवर्त्तताम् ॥ संतप्ताः स्म वयं सर्वे तस्माच्छापं निवर्त्तय ॥

«Nous présentons une requête : que cette malédiction de Rudra soit révoquée. Nous sommes tous affligés ; aussi, fais cesser la malédiction».

Verse 26

और्वोऽप्युवाच नोक्तं मे अनृतं तु कदाचन ॥ सुरभीगणमानिय गत्वैतं स्नापयन्तु वै ॥

Aurva dit aussi : «Jamais je n’ai proféré de mensonge. Amenez le troupeau de Surabhī et, vous y rendant, qu’ils le baignent véritablement».

Verse 27

रुद्रशापो निवृत्तः स्यात्तेनैव किल नान्यथा ॥ एतस्मिन्नन्तरे देवि मया गावोऽवतारिताः ॥

La malédiction de Rudra ne cesserait que par ce moyen—assurément, pas autrement. Entre-temps, ô Devī, j’ai fait descendre les vaches.

Verse 28

तच्च गोनिष्क्रमं नाम तीर्थं परमपावनम् ॥ तत्र स्नानं तु कुर्वीत एकरात्रोषितो नरः ॥

Et c’est le lieu de pèlerinage nommé Go-niṣkrama, souverainement purificateur. Un homme, après y avoir séjourné une nuit, doit s’y baigner.

Verse 29

गोलोकं च समासाद्य मोदते नात्र संशयः ॥ अथात्र मुञ्चते प्राणान्कृत्वा कर्म सुदुष्करम् ॥

Et, ayant atteint Goloka, il se réjouit—il n’y a là aucun doute. Puis, ici même, il abandonne les souffles vitaux, après avoir accompli une observance très difficile.

Verse 30

शंखचक्रगदायुक्तो मम लोके महीयते ॥ पञ्च धाराः पतन्त्यत्र मूले मूलवटस्य हि ॥

Pourvu de la conque, du disque et de la massue, il est honoré dans mon monde. Ici, cinq courants tombent à la racine du Mūlavaṭa, le banyan primordial.

Verse 31

तत्र स्नानं प्रकुर्वीत पञ्चरात्रोषितो नरः ॥ पञ्चानामपि यज्ञानां फलमाप्नोति मानवः ॥

Là, celui qui a séjourné cinq nuits doit accomplir le bain rituel ; l’être humain obtient aussi le fruit de cinq yajñas (sacrifices).

Verse 32

अथात्र मुञ्चते प्राणान्कृत्वा कर्म सुदुष्करम् ॥ पञ्चयज्ञफलं भुक्त्वा मम लोकं प्रपद्यते ॥

Alors, après avoir accompli ici une observance des plus difficiles, on dépose les souffles vitaux ; puis, ayant goûté le fruit des cinq yajña, on parvient à mon monde.

Verse 33

अस्ति पञ्चपदं नाम तस्मिन्क्षेत्रे परं मम ॥ मम पूर्वेण पार्श्वेण दृढाः पञ्च महाशिलाः ॥

Dans cette région sacrée suprême qui est mienne se trouve un lieu nommé Pañchapada. Sur son flanc oriental se dressent cinq grandes pierres, fermes et immuables.

Verse 34

मत्पूर्वां दिशमाश्रित्य तत्र ब्रह्मपदद्वयम् ॥ मध्ये तु तस्य कुण्डस्य शिला विस्तीर्णसंश्रिता ॥

Tournés vers l’orient, direction qui m’est associée, s’y trouvent deux « empreintes de pied de Brahmā ». Et au milieu de cet étang repose une dalle de pierre, large et bien établie.

Verse 35

ऊर्ध्वं नालपरिणाहं तत्र विष्णुपदं मम ॥ तत्र स्नानं तु कुर्वीत पञ्चरात्रोषितो नरः ॥

Au-dessus, sur une étendue mesurée d’un nāla, se trouve mon empreinte de Viṣṇu. L’homme qui y a séjourné cinq nuits doit s’y baigner rituellement.

Verse 36

यान्ति शुद्धांस्तु लोकांस्ते ये च भागवतप्रियाः ॥ अथात्र मुञ्चते प्राणान्युक्तः पञ्चपदे नरः ॥

Ceux qui sont chers aux bhāgavata (dévots du Seigneur) vont vers des mondes purs. Puis, ici, à Pañchapada, l’homme maîtrisé dépose ses souffles vitaux.

Verse 37

यत्र धारा पतत्येका पश्चिमां दिशमाश्रिता ॥ तत्र स्नानं तु कुर्वीत एकरात्रोषितो नरः ॥

Là où un unique filet d’eau tombe, tourné vers l’Occident—là, l’homme qui a séjourné une nuit doit accomplir le bain rituel.

Verse 38

ब्रह्मलोकमवाप्नोति ब्रह्मणा सह मोदते ॥ कौमुदस्य तु मासस्य शुक्लपक्षस्य द्वादशी ॥

Il atteint le monde de Brahmā et se réjouit avec Brahmā. (Cela concerne) le douzième jour lunaire de la quinzaine claire du mois nommé Kaumuda.

Verse 39

यज्ञानां वाजपेयानां फलं प्राप्नोति मानवः ॥ अथात्र मुञ्चते प्राणान्मम कर्मसु निष्ठितः ॥

L’être humain obtient le fruit des sacrifices Vājapeya. Puis, ici, demeurant ferme dans les rites qui me sont dédiés, il dépose les souffles de vie.

Verse 40

वाजपेयफलं भुक्त्वा मम लोकं प्रपद्यते ॥ अस्ति कोटिवटं नाम तस्मिन्क्षेत्रे परं मम ॥

Après avoir goûté au fruit du Vājapeya, il parvient à mon monde. Dans ce suprême lieu sacré qui est mien se trouve un endroit nommé Koṭivaṭa.

Verse 41

पञ्चक्रोशं ततो गत्वा वायव्यां दिशि संस्थितः ॥ तत्र स्नानं तु कुर्वीत षष्ठकालोषितो नरः ॥

Après avoir parcouru cinq krośas depuis là, établi vers le nord-ouest, l’homme qui a séjourné six périodes (ṣaṣṭhakāla) doit s’y baigner rituellement.

Verse 42

बहुयज्ञस्य कोटीनां फलं प्राप्नोति निष्कलम् ॥ अथात्र मुंचते प्राणान्भूमे कोटिवटे शुभे ॥

On obtient, pleinement et sans reste, le fruit de crores d’innombrables sacrifices. Et si, ici, ô Terre, au Koṭivaṭa de bon augure, l’on abandonne le souffle de vie, on acquiert ce même mérite.

Verse 43

यज्ञकोटिफलं भुक्त्वा मम कोटिं प्रपद्यते ॥ अस्ति विष्णुसरो नाम तस्मिन्क्षेत्रे परं मम ॥

Après avoir goûté le fruit égal à des crores de sacrifices, on atteint mon état suprême. Il est, dans ce lieu saint, un endroit nommé Viṣṇusara, éminemment associé à moi.

Verse 44

पूर्वोत्तरेण पार्श्वेन पञ्चक्रोशं न संशयः ॥ मत्सरः पद्मपत्राक्षि अगाधं परिसंस्थितम् ॥

Sur le flanc nord-est, cela s’étend sur cinq krośas, sans aucun doute. Là se tient Matsara, ô toi aux yeux pareils à des pétales de lotus, établi, profond et insondable.

Verse 45

पञ्चक्रोशश्च विस्तारः पर्वतः परिमण्डलः ॥ तत्र भ्रमति यो भद्रे कुर्याच्चैव प्रदक्षिणम् ॥

Son étendue est de cinq krośas, et la montagne est de forme circulaire. Quiconque, ô douce dame, y chemine, doit aussi accomplir la pradakṣiṇā, la circumambulation révérencieuse.

Verse 46

तावद्वर्षसहस्राणि ब्रह्मलोके महीयते ॥ अथात्र मुंचते प्राणान्स्वकर्मपरिनिष्ठितः ॥

Pendant autant de milliers d’années, il est honoré dans le Brahmaloka. Puis, s’il abandonne ici le souffle vital, demeurant ferme dans ses propres actes, [tel est l’enseignement].

Verse 47

ब्रह्मलोकं समुत्सृज्य मम लोके महीयते ॥ तस्मिन्क्षेत्रे महाभागे आश्चर्यं शृणु सुन्दरि ॥

Après avoir quitté le Brahmaloka, on est honoré dans mon monde. Dans ce lieu sacré et fortuné, ô belle, écoute un prodige.

Verse 48

गवां वै श्रूयते शब्दो मम कर्मसुखावहः ॥ अथात्र ज्येष्ठमासस्य शुक्लपक्षस्य द्वादशी ॥

En vérité, on entend le mugissement des vaches, qui apporte la joie de mon rite. Et ici, le douzième jour de la quinzaine claire du mois de Jyeṣṭha, cela est particulièrement noté.

Verse 49

श्रूयते सुमहान्छब्दः स्वयमेतन्न संशयः ॥ एवं गोस्थलके पुण्ये महाभागवतः शुचिः ॥

On entend un son très puissant ; cela se produit de soi-même, sans aucun doute. Ainsi, dans le méritoire Gosthalaka, un dévot pur et grandement fortuné [agit en conséquence].

Verse 50

करोति शुभकर्माणि शीघ्रं मुच्येत किल्बिषात् ॥ एवं तेन महाभागे ईश्वरेण यशस्विनि ॥

Là, il accomplit des actes propices et se trouve vite délivré de la faute. Ainsi, ô très fortunée et illustre, par ce Seigneur, il en est ainsi ordonné et rapporté.

Verse 51

शापदाहो विनिर्मुक्तः सर्वैः सह मरुद्गणैः ॥ एतद्गोस्थलकं नाम सर्वशान्तिकरं परम् ॥

Délivré de la brûlure d’une malédiction, avec toutes les troupes des Maruts, cela fut accompli. On l’appelle Gosthalaka, suprême dispensateur d’apaisement universel.

Verse 52

कथितं देवि कार्त्स्न्येन तवानुग्रहकाम्यया॥ एषोऽध्यायो महाभागे सर्वमङ्गलकारकः॥

Ô Déesse, je te l’ai exposé entièrement, désirant te témoigner ma grâce. Ce chapitre, ô noble dame, engendre toute auspiciosité.

Verse 53

मम मार्गानुसाराणां मम च प्रीतिवर्धनः॥ श्रेष्ठानां परमं श्रेष्ठं मङ्गलानां च मङ्गलम्॥

Pour ceux qui suivent ma voie, cela accroît aussi ma satisfaction. C’est le meilleur parmi les meilleurs, et l’auspicieux parmi les choses auspiciées.

Verse 54

लाभानां परमो लाभो धर्माणां धर्म उत्तमः॥ लभन्ते पठमानाः वै मम मार्गानुसारिणः॥

C’est le gain suprême parmi les gains, le dharma le plus excellent parmi les dharmas. Ceux qui le récitent—oui, ceux qui suivent ma voie—en obtiennent les fruits.

Verse 55

तावद्वर्षसहस्राणि मम लोके महीयते॥ पतनं च न विद्येत पठमानो दिने दिने॥

Pendant autant de milliers d’années, il est honoré dans mon monde ; et pour celui qui le récite jour après jour, il n’y aura point de chute.

Verse 56

तारितानि कुलान्येभिः सप्त सप्त च सप्त च॥ पिशुनाय न दातव्यं न मूर्खाय शठाय च॥

Par ces enseignements, des lignées sont sauvées et conduites au-delà : sept, et sept, et encore sept. Il ne faut pas le donner à un calomniateur, ni à un sot, ni à un homme trompeur.

Verse 57

देयं पुत्राय शिष्याय यश्च जानाति सेवितुम्॥ एतन्मरणकाले तु न कदाचित्तु विस्मरेत्॥

Qu’on le transmette au fils, au disciple, et à celui qui sait le mettre en pratique. À l’heure de la mort, qu’on ne l’oublie jamais.

Verse 58

श्लोकं वा यदि वा पादं यदीच्छेत् परमां गतिम्॥ तत्क्षेत्रं तु महाभागे पञ्चयोजनमण्डलम्॥

Qu’il s’agisse d’un śloka entier ou même d’un quart de vers—si l’on désire la destination suprême—ce lieu sacré, ô noble dame, forme un cercle de cinq yojanas.

Verse 59

तिष्ठामि परया प्रीत्या दिशं पूर्वामुपाश्रितः॥ पश्चिमेन वहेद्गङ्गां निष्कामेन वसुन्धरे॥

Je demeure avec une joie profonde, ayant pris place du côté de l’orient. Du côté de l’occident coule la Gaṅgā, ô Terre, pour celui qui est sans désir.

Verse 60

एवं रहस्यं गुह्यं च सर्वकर्मसुखावहम्॥ एतत्ते परमं भद्रे गुह्यं धर्मसमन्वितम्॥

Ainsi, ceci est un secret, un enseignement caché, qui apporte l’aisance dans toutes les œuvres. C’est pour toi l’instruction suprême et secrète, ô dame de bon augure, imprégnée de dharma.

Verse 61

मम क्षेत्रं महाभागे यत्त्वया परिपृच्छितम्॥

Mon lieu sacré, ô noble dame — celui au sujet duquel tu as interrogé.

Verse 62

तत्र त्वौर्वो महाभागे तप्यते समदर्शनः ॥ पद्मानां कारणादौर्वो गङ्गाद्वारमुपागतः

Là, ô grande Dame, Aurva—dont la vision est égale et impartiale—accomplissait des austérités. Pour la cause des lotus, Aurva parvint à Gaṅgādvāra.

Verse 63

महादाहेन सन्तप्तः शम्भुर्देवीमुवाच ह ॥ और्वस्य तु तपो दृष्ट्वा भीतैर्देवैरुदाहृतम्

Brûlé par la grande ardeur, Śambhu s’adressa à la Déesse. Et voyant l’austérité d’Aurva, les dieux—saisis de crainte—firent entendre leur appel.

Verse 64

सप्तसप्ततिः कल्याणि सौरभेया महौजसः ॥ तेनाप्लावितदेहाश्च परां निर्वृतिमागताः

Soixante-dix-sept, ô Dame de bon augure—des êtres Saurabheya d’une grande vigueur—leurs corps baignés par cela, atteignirent la suprême quiétude.

Verse 65

विमुक्तः सर्वसंसारान्मम लोकं च गच्छति ॥ ततो ब्रह्मपदं नाम क्षेत्रं गुह्यं परं मम

Délivré de tout lien du saṃsāra, on se rend aussi en mon séjour. Puis vient le lieu sacré nommé Brahmapada, secret et suprême, qui est mien.

Verse 66

उपवासं त्रिरात्रं तु कृत्वा कर्म सुदुष्करम् ॥ यावन्ति भ्रममाणस्य पदानि ननु सुन्दरि

Après avoir observé le jeûne de trois nuits—œuvre très difficile—(le mérite) est aussi nombreux que les pas de celui qui erre, en vérité, ô belle Dame.

Verse 67

तेजः श्रियं च लक्ष्मीं च सर्वकामान्यशस्विनि ॥ यावन्ति चाक्षराणि स्युरत्राध्याये मनस्विनि

Splendeur, prospérité, Lakṣmī et tous les buts désirés, ô illustre : on les obtient en nombre égal aux syllabes contenues dans ce chapitre, ô dame à l’esprit ferme.

Frequently Asked Questions

The text frames ascetic power (tapas) and divine power (tejas) as potentially destabilizing when expressed through anger or curse, and it emphasizes restoration through regulated ritual action and restraint. The prescribed remedy—bringing Surabhī cattle to bathe Aurva—functions as a nonviolent, reparative act that re-stabilizes the worlds, presenting purification as a socially and environmentally harmonizing process rather than mere personal merit.

The chapter specifies observances tied to Dvādaśī (12th lunar day): (1) in Kaumuda month (kaumudasya māsyasya), Śukla-pakṣa Dvādaśī, linked with Brahmapada bathing and vājapeya-like merit; and (2) in Jyeṣṭha month, Śukla-pakṣa Dvādaśī, when an auspicious spontaneous sound of cows is said to be heard in the sacred area. Durational markers include ekarātra (one night), pañcarātra (five nights), ṣaṣṭha-kāla (a six-period stay), and trirātra upavāsa (three-night fast).

Through Pṛthivī as interlocutor and through the tīrtha’s hydrological features (dhārā, kuṇḍa, saras), the narrative links moral disturbance (krodha, śāpa) to world-burning imagery and then resolves it via water-based purification and regulated movement across the landscape (bathing, circumambulation, timed residence). Sacred groves/trees (e.g., Mūlavaṭa, Koṭivaṭa) and waters are presented as stabilizing nodes, implying an early ethic where terrestrial sites are maintained through disciplined human conduct.

Key figures include the sage Aurva (an archetypal tapasvin), Īśvara/Rudra (Śambhu, Mahārudra), Nārāyaṇa (invoked as an authority to negotiate the curse’s reversal), Surabhī cattle (saurabheya-gaṇa), and Marut-gaṇas. A prajāpati named Aurva is also mentioned in connection with extended austerities, and the narrative situates these figures within a mythic-sacral history anchored to Gaṅgādvāra and Himalayan geography.